Simone Veil

Simone Veil
Illustration.

Simone Veil en 1984.
Fonctions
Membre du Conseil constitutionnel français

(9 ans)
Président Roland Dumas
Yves Guéna
Pierre Mazeaud
Prédécesseur Jean Cabannes
Successeur Renaud Denoix de Saint Marc
Ministre d'État
Ministre des Affaires sociales,
de la Santé et de la Ville

(2 ans, 1 mois et 11 jours)
Président François Mitterrand
Premier ministre Édouard Balladur
Gouvernement Balladur
Prédécesseur René Teulade (Affaires sociales)
Bernard Kouchner (Santé)
Bernard Tapie (Ville)
Successeur Élisabeth Hubert (Santé)
Jacques Barrot (Dialogue social)
Présidente du Parlement européen

(2 ans, 6 mois et 1 jour)
Élection
Prédécesseur Emilio Colombo
Successeur Piet Dankert
Députée européenne

(13 ans, 8 mois et 13 jours)
Élection 10 juin 1979
Réélection 17 juin 1984
15 juin 1989
Législature 1re, 2e et 3e
Successeur Jean-Marie Vanlerenberghe
Ministre de la Santé[N 1]

(5 ans, 1 mois et 6 jours)
Président Valéry Giscard d'Estaing
Premier ministre Jacques Chirac
Raymond Barre
Gouvernement Chirac I
Barre I, II et III
Prédécesseur Michel Poniatowski
Successeur Jacques Barrot
Biographie
Nom de naissance Simone Annie Liline Jacob[1]
Date de naissance
Lieu de naissance Nice (France)
Date de décès (à 89 ans)
Lieu de décès Paris 7e (France)
Sépulture Panthéon
Nationalité Française
Parti politique UDF (1995-1997)
UDI (2012-2017)
Entourage André Jacob (père)
Denise Vernay (sœur)
Antoine Veil (mari)
Jean Veil (fils)
Pierre-François Veil (fils)
Diplômée de IEP de Paris
ENM
Profession Magistrate

Signature de
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Simone Veil [simɔn vɛj][N 2] Écouter, née Simone Jacob le à Nice (Alpes-Maritimes) et morte le à Paris, est une magistrate et une femme d’État française.

Née dans une famille juive aux origines lorraines, elle est déportée à Auschwitz à l'âge de 16 ans, durant la Shoah, où elle perd son père, son frère et sa mère. Rescapée avec ses sœurs Madeleine et Denise, elles aussi déportées. Simone Jacob épouse Antoine Veil en 1946 puis, après des études de droit et de science politique, entre dans la magistrature comme haut fonctionnaire.

En 1974, elle est nommée ministre de la Santé par le président Valéry Giscard d'Estaing, qui la charge de faire adopter la loi dépénalisant le recours à l'interruption volontaire de grossesse (IVG), loi qui sera ensuite couramment désignée comme la « loi Veil ». Elle apparaît dès lors comme icône de la lutte contre la discrimination des femmes en France.

Elle est la première présidente du Parlement européen — nouvellement élu au suffrage universel —, une fonction qu’elle occupe de 1979 à 1982. De façon générale, elle est considérée comme l'une des promotrices de la réconciliation franco-allemande et de la construction européenne.

De 1993 à 1995, elle est ministre d'État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville au sein du gouvernement Édouard Balladur. Elle siège au Conseil constitutionnel de 1998 à 2007, avant d'être élue à l'Académie française en 2008.

Sur décision du président Emmanuel Macron, Simone Veil fait son entrée au Panthéon avec son époux le .

Biographie

Origines familiales

La famille Jacob est originaire de Bionville-sur-Nied, village de Lorraine. Le père de Simone, l'architecte André Jacob, obtient en 1919 le second grand prix de Rome[2],[3],[4].

Le , il épouse dans le 9e arrondissement de Paris Yvonne Steinmetz, fille d'un fourreur de la capitale[N 3],[5], bachelière et étudiante en chimie. André Jacob exige avec succès qu'elle abandonne ses études après leur mariage[5].

La famille de Simone est explicitement juive, mais non pratiquante et « très laïque »[6] : « Mon appartenance à la communauté juive ne m'a jamais fait problème. Elle était hautement revendiquée par mon père, non pour des raisons religieuses, mais culturelles », écrit Simone Veil dans son autobiographie. « À ses yeux, si le peuple juif demeurait le peuple élu, c’était parce qu’il était celui du Livre, le peuple de la pensée et de l’écriture. »[7]

Enfance (1927-1940)

Après la naissance de deux filles, Madeleine et Denise, la famille Jacob quitte Paris pour s'installer à Nice sur la Côte d'Azur[5]. Un fils, Jean, naît en 1925[5]. La benjamine, Simone, naît le [5].

Du fait de la crise de 1929, la famille Jacob est contrainte de quitter son appartement du 50, avenue Georges-Clemenceau, pour un autre plus petit, rue Cluvier[5],[8]. Lorsque la crise s'aggrave, les commandes aux architectes comme son père se raréfient, et sa mère tricote pour les enfants de familles démunies[pas clair][5].

En 1937, Simone entre en sixième au lycée de jeunes filles (lycée Albert-Calmette depuis 1962), où elle fait ses études secondaires jusqu'au baccalauréat (en 1944).

Seconde Guerre mondiale

Le , le Royaume-Uni11 h), puis la France17 h) entrent en guerre contre l'Allemagne qui vient d'attaquer la Pologne. Le 10 mai 1940, l'armée allemande lance une offensive sur le front Ouest. Les armées franco-britanniques sont très vite mises en déroute. Le 14 juin, l'armée allemande entre dans Paris alors que le gouvernement français de Paul Reynaud s'est réfugié à Bordeaux. Le 16 juin, Reynaud est remplacé par le maréchal Pétain comme président du Conseil.

De la défaite (juin 1940) au premier statut des Juifs (octobre 1940)

Le , les enfants Jacob sont envoyés vers Toulouse, où ils séjournent quelque temps chez leur oncle[9].

Ils rentrent ensuite à Nice.

Lorsque l'armistice est signé le par le gouvernement Pétain, la France est soumise à une occupation partielle : Nice se retrouve dans la zone non occupée. André Jacob est accablé[5], mais il ne pense pas que les Juifs aient quoi que ce soit à craindre[10]

Le , l'Assemblée nationale, c'est-à-dire l'ensemble des députés et des sénateurs, réunie à Vichy, accorde à une écrasante majorité des présents[11] les pleins pouvoirs au maréchal Pétain, qui devient peu après chef de l'État, renommé « État français ».

Le , le gouvernement de Pierre Laval met en place le premier statut des Juifs qui instaure à leur encontre des mesures d'interdiction professionnelle et l'obligation de se déclarer, de se faire « recenser »[5]. André Jacob effectue les démarches obligatoires — ce à quoi Simone déclarera plus tard s’être alors opposée[12] — ; il perd le droit d'exercer sa profession d'architecte[5]. Yvonne Jacob passe ses journées à chercher de la nourriture pour sa famille[5].

La vie dans Nice non occupée (1940-novembre 1942)

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Simone Jacob (première à gauche, dernier rang) au lycée Albert-Calmette de Nice pendant l'année scolaire de 1941-1942.

Simone Jacob poursuit sa scolarité au lycée de jeunes filles, tout en participant au mouvement scout[13] au sein de la Fédération française des éclaireuses (FFE), dans laquelle toute sa famille s'investit aussi[14]. Simone considère les scouts comme une deuxième famille.

Les Jacob y côtoient Nicole Clarence, cheftaine de Jean[15] et future résistante.

Éclaireuse au groupe Nice IV de la section neutre de la FFE, Simone reçoit le totem « Lièvre astucieux »[16].

Une photographie d'elle en éclaireuse, de Karel Egermeier (« Aiglon »), sera publiée en 1945 dans le calendrier FFE[17].

Période de l'occupation italienne (novembre 1942-septembre 1943)

En novembre 1942, à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord, l'armée allemande occupe la zone libre, laissant cependant les départements à l'est du Rhône (sauf les Bouches-du-Rhône) à l'occupation italienne.

Pour les Juifs de Nice, la situation ne subit pas de changement, car l'armée italienne, qui occupait déjà Menton depuis 1940, n'applique pas les mesures antisémites du régime nazi, contrairement à l'armée allemande.

Le , alors que les Alliés viennent de débarquer en Calabre, le gouvernement italien du maréchal Badoglio, qui a arrêté Mussolini, signe secrètement l'armistice avec les Alliés. Cet armistice est annoncé le 8 septembre par l'armée américaine, sans l'aval de Badoglio, prenant l'armée italienne au dépourvu et permettant aux Allemands d'occuper l'Italie jusqu'à la ligne de front. La zone d'occupation italienne en France est abandonnée et passe sous occupation allemande.

Période de l'occupation allemande

La Gestapo commence alors son travail à Nice sous la direction d'Alois Brunner.

André Jacob, venant d'apprendre l'arrestation d'une famille proche, prévient Denise et Madeleine, qui se trouvent dans un camp d'éclaireuses[Quand ?]. Denise rejoint le mouvement Franc-tireur dans la région de Lyon, tandis que Madeleine rentre à Nice.

En novembre, Simone, disposant de faux-papiers au nom de « Jacquier » que ses parents se sont procurés, cesse d'aller au lycée pour travailler à la bibliothèque municipale, et, à la demande de sa mère, trouve un hébergement chez sa professeure de lettres, Mme de Villeroy[18].

En mars 1944, elle passe tout de même son baccalauréat.

Période de la déportation

Les arrestations du 30 mars 1944

Le , alors qu'elle va, avec un ami, rejoindre les filles de sa classe pour fêter la fin des épreuves du baccalauréat, ce que sa famille lui avait interdit[19], elle est contrôlée dans le centre-ville de Nice par deux Allemands en civil qui détectent la falsification de sa carte d'identité et l'arrêtent. Son camarade et elle sont emmenés à l'hôtel Excelsior[20], quartier général des Allemands, qui sert aussi de lieu de regroupement des Juifs arrêtés. Le garçon, à qui Simone Jacob a eu le temps de glisser l'adresse de Madame de Villeroy (boulevard Carabacel), pour la prévenir et tenter d'informer sa famille[8],[21]. Mais il est filé par la Gestapo, et dans les heures qui suivent, Jean, Madeleine et Yvonne, qui se trouvent dans l'immeuble du boulevard Carabacel, sont eux aussi appréhendés[22].

Tous quatre sont envoyés au camp de camp de Drancy, d'où les trois femmes partent pour Auschwitz par le convoi n° 71 du 13 avril 1944.

Le camp d'Auschwitz-Birkenau (avril-juillet 1944)

Le , deux semaines après leur arrestation, Simone, Madeleine et Yvonne partent de Drancy par le convoi no 71[23], où se trouvent également Anne-Lise Stern, Ginette Kolinka et Marceline Rosenberg, qui deviendra sa meilleure amie dans le camp[24], vers le camp d'Auschwitz-Birkenau, principal camp d'extermination nazi, où elles arrivent le au soir, après deux jours et demi de transport dans des wagons « étouffants, surpeuplés » dans lesquels s'entassaient des personnes de tous âges.

« Cette arrivée nocturne n'était pas due au hasard, elle contribuait à désorienter les nouveaux venus. On nous a débarqués sur un quai avec des lumières violentes, des projecteurs. Les SS étaient là, les chiens aboyaient, et puis des êtres tout à fait étonnants ont surgi. Ils ressemblaient à des bagnards. […] Les wagons s'ouvraient avec fracas, les SS hurlaient « Raus, raus ! »[25] »

Un prisonnier parlant français lui conseille de dire qu'elle a 18 ans, afin de passer la sélection et d'éviter l'extermination. Elle est effectivement sélectionnée pour le travail, reçoit le matricule 78651, qui lui est tatoué sur le bras. Le travail consiste alors à « décharger des camions d'énormes pierres » et à « creuser des tranchées et aplanir le sol ».

Une ancienne prostituée devenue kapo lui sauve la vie en la mutant dans une annexe d'Auschwitz, lui disant : « Tu es trop belle pour mourir ». Elle accepte, à condition que sa mère et sa sœur la suivent[10]. Simone, ainsi que sa mère et sa sœur, sont transférées en juillet dans le camp annexe de Bobrek, à cinq kilomètres de Birkenau.

Le camp de Bobrek (juillet 1944-janvier 1945)

Mis à part la menace, à la moindre incartade, d'un retour à Birkenau, le régime de vie à Bobrek était si différent de celui de Birkenau que les déportés surnommaient ce camp le « sanatorium »[26].

La marche vers Gleiwitz, le transfert à Bergen-Belsen et la libération

Lors de l'évacuation du camp de Bobrek devant l'avancée de l'Armée rouge, le , les SS emmènent leurs prisonniers dans une marche de la mort de 70 kilomètres de Bobrek à Auschwitz, puis à Gleiwitz.

Ils les transfèrent ensuite en train lors d'un voyage de huit jours où les prisonniers ne reçoivent ni eau — sauf la neige fondue au fond de leur gamelle —, ni nourriture — sauf les morceaux de pain jetés par les habitants apitoyés des villes traversées[27] — au camp de Dora, puis à celui de Bergen-Belsen, où les trois femmes arrivent le [28]. Simone est affectée à la cuisine.

Sa mère meurt du typhus en . Sa sœur Madeleine, atteinte également, est sauvée de justesse grâce à l'arrivée des troupes britanniques le .

Destin des autres membres de la famille Jacob

André et Jean sont déportés en Lituanie par le convoi n° 73 du 15 mai 1944[29]. Ils meurent en déportation. Simone Veil ne saura jamais ce qu'ils sont vraiment devenus.

Denise, arrêtée à Lyon pour faits de résistance, est déportée à Ravensbrück, d'où elle rentrera.

Simone Veil et la déportation

Après son retour en France, elle est prête à parler de ce qu'elle a vécu, mais elle a l'impression que presque personne ne veut l’entendre[N 4].

Simone Veil évoque la déportation de sa famille dans un documentaire du [31].

Elle insiste sur la spécificité juive de la Shoah[32].

Retour en France

Simone Jacob est de retour en France le à Paris au centre d'accueil de l'hôtel Lutetia[N 5] et apprend qu'elle a été reçue au baccalauréat[34], seule de toute l'Académie à l'avoir passé en , la veille de son arrestation[N 6]. Elle s'inscrit, en 1945, à la faculté de droit de Paris et à l'Institut d'études politiques de Paris, où elle rencontre, pendant un séjour au ski[35], Antoine Veil (1926-2013), futur inspecteur des finances et chef d'entreprises, qu'elle épouse le [36]. Elle l'accompagne à Wiesbaden puis à Stuttgart, où il est nommé, l'aidant à préparer le concours de l'ENA, lui rédigeant des notes[réf. nécessaire]. Devant l'étonnement de ses proches, elle explique qu'il faut faire la distinction entre les nazis responsables de la Shoah, qui aurait pu arriver « n'importe où », et les Allemands dans leur ensemble[37]. Elle et son mari se posent ainsi en précurseurs de l'amitié franco-allemande[38]. Toutefois, le couple vit dans cette zone d'occupation américaine presque comme les Américains, « en totale autarcie »[39].

Sa sœur Madeleine meurt avec son fils Luc en 1952, à la suite d'un accident de la route, alors qu'elle rentrait de Stuttgart, où elle était allée rendre visite à Simone[40]. Ce nouveau drame est vécu douloureusement, puisque Madeleine était la seule personne avec qui elle pouvait parler et partager l'expérience de la déportation.

Du mariage de Simone et Antoine naissent trois fils : Jean (né le ), avocat d'affaires, Claude-Nicolas, médecin (1948-2002)[41], Pierre-François (né le ), avocat et président du Comité français pour Yad Vashem[42],[43], marié en premières noces à Agnès Buzyn ; puis douze petits-enfants[44],[45].

Carrière judiciaire

Munie de sa licence de droit et de son diplôme de l'Institut d'études politiques de Paris, elle renonce à la carrière d'avocate (son mari réprouvant cette idée)[10] et passe avec succès, en 1956, le concours de la magistrature. Elle occupe dès lors un poste de haut fonctionnaire dans l'administration pénitentiaire au ministère de la Justice, où elle traite d’affaires judiciaires. Pendant la guerre d'Algérie, missionnée par Edmond Michelet, ministre de la Justice[46], elle réussit à faire transférer en France des prisonnières algériennes exposées aux mauvais traitements et aux viols[47] et des hommes menacés de la peine capitale[48]. Elle fait obtenir la détention au titre de régime politique aux milliers de membres du FLN internés en France[49]. Elle passe en 1964 aux affaires civiles. En 1969, elle entre au cabinet de René Pleven, ministre de la Justice[38].

Membre du Syndicat de la magistrature[50], elle devient en 1970 la première femme secrétaire générale du Conseil supérieur de la magistrature (CSM)[6].

Alors que seulement 40 % des Françaises de l'époque travaillent, et encore moins dans les cercles de la bourgeoisie parisienne, la carrière professionnelle de Simone Veil suscite un certain étonnement. Elle reste toutefois très présente auprès de ses enfants adolescents ou jeunes adultes[51].

Parcours politique

Dans ses mémoires, Simone Veil mentionne une action politique de sa part dès 1971 au conseil d'administration de l'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF)[52] — où elle est la première femme à être nommée[51]. À ce poste, elle surprend en s'opposant notamment à la diffusion du documentaire sur l'Occupation, Le Chagrin et la Pitié, qu'elle juge injuste et partisan[53].

Évoluant dans un milieu proche du MRP, dont son mari est membre, elle est libérale et ouverte sur les questions de société. Elle s'enthousiasme pour Pierre Mendès France et vote plusieurs fois pour la SFIO. Elle regarde avec bienveillance Mai 68, affirmant : « Contrairement à d'autres, je n'estimais pas que les jeunes se trompaient : nous vivions bel et bien dans une époque figée ». Lors de l'élection présidentielle de 1965, elle vote au premier tour pour Jean Lecanuet et à celle de 1969, pour Georges Pompidou[38],[51].

Ministre de la Santé

À la suite de la mort en cours de mandat du président Georges Pompidou, elle soutient la candidature de Jacques Chaban-Delmas à l'élection présidentielle anticipée[54]. Après l'élection de Valéry Giscard d'Estaing à la présidence de la République, elle est nommée ministre de la Santé dans le gouvernement Jacques Chirac, poste qu'elle conserve sous les gouvernements Raymond Barre. Elle est la deuxième femme à devenir ministre de plein exercice, après Germaine Poinso-Chapuis en 1947[51].

Elle est chargée de présenter au Parlement le projet de loi sur l'interruption volontaire de grossesse (IVG)[55], qui dépénalise l'avortement[56]. Ce combat lui vaut des injures[57] et des menaces de la part de l'extrême droite et d'une partie de la droite parlementaire, comme l'a rappelé Jean d'Ormesson en l'accueillant à l'Académie française. Dans un discours devant les députés, elle soutient que « l'avortement doit rester l'exception, l'ultime recours pour des situations sans issue »[58]. Le texte est finalement adopté à l'Assemblée nationale le [59]. La loi est ensuite adoptée au Sénat deux semaines plus tard. Elle entre en vigueur le .

Elle s'oppose aussi à la banalisation de l’avortement dont elle considère qu'il « restera toujours un drame »[60] et précise au sujet de sa loi que « si elle n'interdit plus, elle ne crée aucun droit à l'avortement »[61].

Simone Veil revoit également la « carte hospitalière » en fermant notamment des établissements à faible activité, rééquilibre les comptes de l'Institut Pasteur et met en place des aides financières à destination des mères d'enfants en bas âge[62]. Elle est aussi à l'origine d'une loi d'orientation en faveur des handicapés[38].

En 1976, elle-même fumeuse[N 7], elle fait adopter la loi française de lutte contre le tabagisme : restrictions à la publicité, premières interdictions de fumer dans certains lieux (locaux qui reçoivent des mineurs, hôpitaux ou locaux où l'on manipule l'alimentation) et avertissements sanitaires sur les paquets[63],[64].

Comme ministre, elle reste connue pour son fort caractère et son exigence à l'égard de ses collaborateurs[51].

Elle met en échec, avec d'autres membres du gouvernement, le projet de retour forcé de 100 000 Algériens par an prôné par Valéry Giscard d'Estaing, dont la politique d'aides financières au retour a échoué[65].

En 1977, elle envisage un temps de se présenter à la mairie de Paris. L'année suivante, en 1978, elle fait partie des candidats éventuels pour la fonction de Premier ministre[38].

Elle fait voter en une loi attribuant à l'État le soin de fixer le numerus clausus des étudiants en médecine en fonction des « besoins de santé » de la population alors que celui-ci était, depuis son instauration en 1971, calculé par les CHU en fonction de la capacité des services hospitaliers à accueillir les étudiants pour leur formation clinique[66].

Au Parlement européen et pour la construction de l'Union européenne

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Simone Veil présidant une séance du Parlement européen à Strasbourg en 1979.

À la demande du président Valéry Giscard d'Estaing, elle conduit la liste Union pour la démocratie française (UDF) aux élections européennes de 1979, les premières au suffrage universel. À la suite de la victoire relative de l'UDF (27,61 % des suffrages et 25 élus), elle quitte le gouvernement.

Le , alors que les députés RPR français ont soutenu une autre candidature que la sienne aux deux premiers tours de scrutin, elle est élue présidente du Parlement européen au troisième tour, avec 192 voix, contre 133 au socialiste Mario Zagari et 47 au communiste Giorgio Amendola[67]. Au début de l'année 1982, elle est sollicitée pour briguer un second mandat, mais ne bénéficiant pas du soutien des députés RPR, elle retire sa candidature avant le troisième tour de scrutin afin de ne pas faciliter l'élection du candidat socialiste, qui l'emportera néanmoins grâce aux divisions de la droite française[68]. À l'époque, le Parlement européen a peu de pouvoirs, mais Simone Veil lui donne notamment plus de visibilité dans le domaine des droits de l'homme[51]. Elle soutient la proposition d'Yvette Roudy de créer une Commission des droits des femmes[69]. En 1981, elle reçoit le prix International Charlemagne.

Après avoir quitté la présidence du Parlement européen, elle poursuit son engagement actif dans la vie politique européenne, à la tête du service juridique du Parlement[70] puis, en 1984, avec Jacques Chirac, elle impose à l'opposition une liste unique, dénommée Union pour la France en Europe (UFE), aux élections européennes de 1984. La liste qu'elle conduit obtient 43,02 % des voix et 41 sièges de députés européens le . Elle préside alors le groupe libéral au Parlement européen pendant toute la législature. Lors des élections européennes de 1989, elle présente une liste centriste dissidente à la liste d'union RPR et UDF, qui recueille 8,43 % des voix et sept députés européens. Valéry Giscard d'Estaing lui succède alors à la présidence du groupe libéral[38].

Invitée à l'émission L'Heure de vérité, elle déclare qu'elle est « à gauche pour certaines questions, à droite pour d'autres ». Elle participe à la campagne de Raymond Barre pendant l'élection présidentielle de 1988[71]. Après la réélection de François Mitterrand, elle déclare qu'« il n'y a pas d'obstacle de principe à gouverner avec les socialistes », rencontre Michel Rocard, qui souhaite l’intégrer dans son gouvernement, mais le président fait échouer cette possibilité[38].

En 1983, elle crée, avec son mari, le club Vauban, un cercle de réflexion qui vise à dépasser les clivages politiques, les réunions de ce club ayant lieu dans leur appartement de la place Vauban[10].

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Simone Veil, en 1993.

En 1996, elle est nommée membre de la Commission internationale pour les Balkans, sous l’autorité de Leo Tindemans.

Elle a conduit également le Groupe de haut niveau sur la libre circulation des personnes. Parallèlement, Simone Veil soutient de nombreuses associations à vocation européenne, comme le Fonds européen pour la liberté d’expression, ELSA France ou encore la Fondation européenne de la science, dont elle est présidente d’honneur[70].

Dans l'opposition

Lors des élections législatives de 1988, alors que certaines personnalités de l'UDF, notamment Jean-Claude Gaudin à Marseille, passent des accords de désistements locaux avec le FN et que Charles Pasqua (RPR) évoque des « préoccupations » et des « valeurs » semblables, Simone Veil déclare qu'« entre un Front national et un socialiste, [elle votera] pour un socialiste »[72].

Début 1990, elle qualifie d’« inadmissible » la création de fichiers informatisés des Renseignements généraux, décidée par le gouvernement Michel Rocard[73]. Le projet est retiré en et promulgué, sous une forme nouvelle, par le gouvernement Cresson l'année suivante[74].

Ministre d'État, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville

En , Simone Veil est nommée ministre d'État, ministre des Affaires Sociales, de la Santé et de la Ville dans le gouvernement Édouard Balladur. À ce poste, elle met notamment en place le praticien adjoint contractuel (PAC). Soutien d'Édouard Balladur à l'élection présidentielle de 1995, elle quitte le gouvernement à la suite de la victoire de Jacques Chirac. Elle adhère ensuite à l'UDF, qu'elle quitte deux ans plus tard, en 1997[75].

En 1996, alors que le nombre de femmes dans les assemblées plafonne à 6 %, elle signe une pétition dans L'Express, initiée par Yvette Roudy et intitulée « Manifeste pour la parité », réunissant cinq femmes politiques de gauche et cinq de droite. La loi Jospin de 2000 sur la parité reprend l'essentiel des propositions avancées[69].

Membre du Conseil constitutionnel

Nommée membre du Conseil constitutionnel par le président du Sénat, René Monory, en , elle fait partie de la haute juridiction jusqu'en . Elle sort de son devoir de réserve en 2005, pour appeler à voter « oui » au référendum français sur le traité établissant une constitution pour l'Europe.

Retrait progressif de la vie publique

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Simone Veil lors de la campagne des élections municipales de 2008 à Paris.

Le , tout juste libérée de son devoir de réserve lié à son mandat de membre du Conseil constitutionnel, elle annonce sa décision de soutenir Nicolas Sarkozy à l’élection présidentielle de 2007. À l’annonce de la création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale par le candidat de l’UMP en cas de victoire, elle affirme qu’elle aurait préféré un ministère « de l’Immigration et de l'Intégration[N 8] » ; son soutien à Nicolas Sarkozy n’est toutefois pas remis en cause : « Nicolas est gentil. Il peut être brutal dans son expression, mais les gens ont tort de douter de son humanité. C’est un ami fidèle. Pour moi, c’est important. Quand on choisit un président, on a envie de quelqu’un qui ait ces qualités-là. Ce n’est pas toujours le cas[76]. » Elle adresse par ailleurs de nombreuses critiques au candidat UDF, François Bayrou, l’accusant de ne représenter « que lui-même[76] ».

Le président de la République, Nicolas Sarkozy, annonce le qu’il l’a chargée de « mener un grand débat national pour définir les nouveaux principes fondamentaux nécessaires à notre temps, les inscrire dans le préambule de la Constitution », nommant la « diversité » qui « ne peut pas se faire sur une base ethnique »[77]. Le décret du portant création d’un comité de réflexion sur le préambule de la Constitution, qui prévoit la remise d’un rapport avant le [78], suscite l’opposition d’Anne-Marie Le Pourhiet, qui y voit un risque de « saper le principe d’égalité de tous devant la loi »[79].

Un sondage réalisé par l'Ifop en 2010 la présente comme la « femme préférée des Français », avec une note de 14,520[80].

Elle est présente aux côtés de Jean-Louis Borloo lors du congrès fondateur de l'Union des démocrates et indépendants (UDI), en [81]. La première carte d'adhérent présentée par l'UDI est à son nom[82].

Le , une photo relayée par BFM TV montre Simone Veil présente à un rassemblement de La Manif pour tous contre le mariage homosexuel et l'homoparentalité, drapeau à la main[83]. Son entourage confirme qu'elle est descendue en compagnie de son mari saluer les manifestants et explique que, si ce geste « ne vaut pas adhésion » aux slogans exprimés pendant la manifestation, il « exprime les réserves de Simone Veil à l'égard de l'ouverture du droit à l'adoption des couples homosexuels »[84]. Lors de son décès, la journaliste Anne Chemin argue que « nul ne sait s’il s’agit d’un engagement lucide et déterminé contre le mariage des couples homosexuels, car elle n’a jamais pris position publiquement sur cette question, à travers des textes ou des discours »[85]. De son côté, la journaliste Nadia Daam affirme alors, de manière plus catégorique, que Simone Veil était « physiquement et mentalement diminuée » et « que son état de santé ne lui permettait pas d'être maîtresse de ses décisions »[86].

Présidente de la fondation pour la mémoire de la Shoah

De 2001 à 2007, elle préside la Fondation pour la mémoire de la Shoah, dont elle est par la suite présidente d'honneur[87]. Elle s'oppose, le , à l’idée de confier la mémoire d’un enfant juif de France mort dans la Shoah à chaque élève de CM2 : « C’est inimaginable, insoutenable, dramatique et, surtout, injuste »[88].

Exemple de résilience, elle accepte le , sur la proposition d'Alain Genestar, directeur de Paris Match, de retourner à Auschwitz avec cinq de ses petits-enfants[89].

Membre de l'Académie française

Le , est éditée son autobiographie, intitulée Une vie. L’ouvrage a été traduit en une quinzaine de langues et vendu, en France, à plus de 550 000 exemplaires[90]. Il a obtenu le prix des Lauriers verts en 2009. Elle y donne entre autres son opinion sur Paul Touvier, dont elle dit que Georges Pompidou ne connaissait pas assez bien le dossier, et sur Maurice Papon, dont elle note l'absence du moindre remords, y compris pour la mort d’enfants déportés.

Une autre reconnaissance de son action publique est son élection parmi les « Immortels ». Le , invitée par Maurice Druon et François Jacob, Simone Veil présente sa candidature à l'Académie française au 13e fauteuil, celui de Pierre Messmer, Jean Racine et Paul Claudel[91]. Le , elle est élue au premier tour de scrutin par 22 voix sur 29 (5 bulletins blancs, 2 marqués d'une croix)[90],[92].

Son épée d'académicienne lui est remise au Sénat par Jacques Chirac le . Il s'agit d'un sabre léger datant du XIXe siècle, réalisé par le sculpteur tchèque Ivan Theimer[92]. Sur son épée d'Immortelle sont gravés le numéro de matricule qui avait été inscrit sur son bras à Auschwitz [numéro 78 651][93], ainsi que les devises de la République française et de l'Union européenne : « Liberté, Égalité, Fraternité » et « In varietate concordia »[94].

Simone Veil est reçue sous la Coupole de l'Institut de France le , en présence du président de la République Nicolas Sarkozy, protecteur de l'Académie, et de ses prédécesseurs Valéry Giscard d'Estaing (membre de l'Académie française depuis 2003) et Jacques Chirac. Lors de la cérémonie de réception, des militants anti-IVG ont protesté à proximité de l'Institut de France[95]. Jean d'Ormesson prononce le discours de réception, et Simone Veil l'éloge de son prédécesseur, l'ancien Premier ministre Pierre Messmer[96].

Dernières années, mort et inhumation

Après le décès de son mari et de sa sœur en 2013, Simone Veil se retire de la vie publique. En , elle est hospitalisée pour détresse respiratoire[97].

Simone Veil meurt à son domicile parisien de la place Vauban le , à quelques jours de son 90e anniversaire[98],[99],[100],[101],[102],[103]. Selon son fils Pierre-François, le dernier mot qu'elle ait prononcé avant de mourir est « merci »[104],[105].

Des personnalités de tous bords politiques comme Nicolas Dupont-Aignan, Christian Estrosi, Yves Jégo, Bernard-Henri Lévy, Florian Philippot, Laurence Rossignol ou encore Inna Shevchenko relaient des appels à son inhumation au Panthéon[106],[107],[108],[109]. Une pétition pour son entrée au Panthéon est lancée par l'association féministe Politiqu'elles et recueille plus de 110 000 signatures le [109],[110], tandis qu'une autre atteint les 120 000 signatures le même jour[109]. Cependant, deux de ses petites-filles, Déborah (âgée de 30 ans) et Valentine (âgée de 23 ans), estiment, le , que cette perspective « n'est pas à l'ordre du jour », estimant notamment, tout en trouvant « extrêmement touchant » le mouvement en faveur de l'entrée au Panthéon de leur grand-mère, que leurs grands-parents « n’auraient pas été très heureux d’être séparés après 65 ans de vie commune »[111]. Néanmoins, plusieurs médias ont rappelé que l'entrée au Panthéon n'était pas forcément synonyme d'inhumation et qu'une simple plaque commémorative à son nom, comme c'est le cas pour Aimé Césaire, pourrait y être apposée[112],[113].

Parmi les hommages rendus à Simone Veil à l'étranger, celui du président algérien Abdelaziz Bouteflika rappelle « la proximité et la solidarité que cette grande dame » […] a témoignées au peuple algérien « durant la terrible tragédie nationale qu'il a vécue », permettant à des Algériens prisonniers des Français d'éviter le couperet de la guillotine[114]. Angela Merkel, chancelière fédérale d’Allemagne, salue son engagement de plusieurs décennies dans « le processus d’unification européenne »[115].

Un hommage national a lieu le aux Invalides[116],[117],[118], où les honneurs militaires lui sont rendus en présence du président de la République, Emmanuel Macron[N 9], et de ses prédécesseurs Nicolas Sarkozy et François Hollande, Bernadette Chirac représentant son mari Jacques Chirac[119],[120]. Valéry Giscard d'Estaing n’est pas présent[121], de même que, un an plus tard, lors de la cérémonie d'entrée de Simone Veil au Panthéon. Le Premier ministre Édouard Philippe et ses prédécesseurs Édith Cresson, Alain Juppé, Lionel Jospin, Jean-Pierre Raffarin, Dominique de Villepin, François Fillon, Manuel Valls et Bernard Cazeneuve, les membres du gouvernement, des anciens ministres tels Ségolène Royal, Dominique Strauss-Kahn, Marisol Touraine, François Baroin, Rachida Dati, Michèle Alliot-Marie, Renaud Donnedieu de Vabres, Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet, Roselyne Bachelot et Arnaud Montebourg ainsi que des parlementaires et plusieurs chefs de gouvernement étrangers, dont le Belge Charles Michel, le Luxembourgeois Xavier Bettel et le Bulgare Boïko Borissov, la maire de Paris Anne Hidalgo, des membres de la Fondation pour la mémoire de la Shoah (dont Simone Veil resta la présidente d'honneur jusqu'à sa mort), les membres de l'Académie française et des personnalités médiatiques comme Alain Delon ou Claude Chirac sont également présents[122],[123],[124],[125]. Comme l'a souhaité la famille de Simone Veil, la cérémonie est ouverte aux anonymes[126],[127],[128].

À la fin de cet hommage, le président de la République annonce qu'en accord avec sa famille, Simone Veil reposera « avec son époux au Panthéon »[129],[130],[131],[132],[133]. Elle est la première personnalité, sous la Cinquième République, pour laquelle cette décision a été prise aussitôt après son décès[134],[135],[N 10].

L'enterrement se déroule au cimetière du Montparnasse (5e division), où elle est inhumée aux côtés de son époux, Antoine Veil, mort en [136]. Le grand-rabbin de France, Haïm Korsia, préside la cérémonie. Simone Veil avait demandé que le kaddish soit prononcé sur sa tombe[137],[138],[139],[140] ; celui-ci est récité par ses fils Jean et Pierre-François[141],[142], accompagnés par Haïm Korsia et Delphine Horvilleur, femme rabbin libérale symbolisant aux yeux de ses fils le combat de leur mère pour l'émancipation des femmes[143],[144],[145]. Marceline Loridan-Ivens, ancienne déportée et amie de Simone Veil, prend également la parole.

Entrée au Panthéon

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Le Panthéon et la rue Soufflot aménagés pour la cérémonie.
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Emmanuel J. Lévy
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Les cercueils de Simone et Antoine Veil reposant sous la coupole du Panthéon, veillés par des gardes républicains, le .
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Les tombeaux de Jean Moulin et d'André Malraux à gauche, des époux Veil au fond, de René Cassin et de Jean Monnet à droite.

Les 29 et 30 juin 2018, les cercueils des époux Veil, exhumés du cimetière du Montparnasse, sont exposés au mémorial de la Shoah[146]. La cérémonie au Panthéon se déroule le [147],[146]. Simone Veil devient la cinquième femme à y faire son entrée[148].

Le convoi est parti du mémorial de la Shoah. Il s'est ensuivi une longue procession vers le Panthéon en remontant la rue Soufflot. Le cortège s’est arrêté trois fois au cours de sa remontée. Trois arrêts pour rendre hommage aux trois grands combats menés par Simone Veil : celui pour les droits des femmes, marqué par l’adoption de la loi autorisant l’interruption volontaire de grossesse (IVG), en 1974 ; celui pour l’Europe, dont elle a été la première femme à prendre la présidence du Parlement, en 1979 ; celui pour la mémoire de la déportation, dont elle est rescapée. Des films sur l’Europe et la Shoah sont diffusés sur des écrans géants.

L'accompagnement musical, très prenant, commence par la Chanson de Marie (Song in Remembrance of Schubert, un chant traditionnel juif), jouée au violoncelle par Sonia Wieder-Atherton, se poursuit avec Nuit et Brouillard de Jean Ferrat. À l’arrivée sur la place du Panthéon, quatre-vingt-douze choristes entonnent Le Chant des Marais[149].

Le président de la République prononce ensuite un discours d’une trentaine de minutes[150].

Les cercueils, recouverts du drapeau français et portés chacun par huit gardes républicains, entrent par le portail monumental du Panthéon en présence du président Emmanuel Macron et de son épouse, des deux fils encore vivants du couple Veil, Jean Veil et Pierre-François Veil, et de leurs descendants, au son d’un solo de violoncelle de la suite no 5 de Jean-Sébastien Bach.

Les cercueils reposent dans la nef du Panthéon. Ils sont placés le dans le sixième caveau de la crypte, auprès de Jean Moulin, d'André Malraux, de René Cassin et de Jean Monnet.

Détail des mandats et fonctions

Au gouvernement

Au Parlement européen

Au Conseil constitutionnel

Autres fonctions

Résultats aux élections européennes

Les résultats ci-dessous concernent uniquement les élections où elle est tête de liste.

Année Liste Circonscription Unique tour Sièges obtenus
Voix % Rang
1979[153] UDF France entière 5 588 851 27,61 1re
25  /  81
1984[154] UDF-RPR 8 683 596 43,02 1re
41  /  81
1989[155] DVD 1 519 346 8,43 5e
7  /  81

Distinctions et décorations

Décorations

Décorations françaises

Simone Veil est nommée au grade de chevalier de l'ordre national du Mérite, avant 2001[156].

Le , elle est directement « élevée à la dignité de grand officier » de l'ordre national de la Légion d'honneur au titre de « ancien ministre, ancien membre du Conseil constitutionnel, membre de l'Académie française ; 51 ans d'activités professionnelles, de services civils et de fonctions électives »[157], décoration qu'elle reçoit le [158] puis « élevée à la dignité de grand-croix » le au titre de « ancienne ministre, ancienne présidente du Parlement européen, ancienne membre du Conseil constitutionnel, membre de l'Académie française »[158], décoration remise le [159]. Selon Le Figaro, c'est à la demande expresse de Roselyne Bachelot et avec l'accord de Nicolas Sarkozy, que le Code de la Légion d'honneur, de la médaille militaire et de l'ordre national du Mérite a été modifié, quelques semaines avant la promotion de Simone Veil, afin de lui permettre d'accéder directement à cette distinction sans passer par les grades inférieurs, distinction qu'elle avait refusée dans les années 1990 pour raisons personnelles[N 11],[161].

En tant qu'ancienne ministre chargée des Affaires sociales et de la Santé, elle est ex officio « titulaire de droit de l'échelon or de la médaille d'honneur de la santé et des affaires sociales »[162] créée en 2012.

Décorations étrangères

Simone Veil a reçu plusieurs décorations étrangères[159] :

Distinctions

À partir de 2009, Simone Veil est également membre du jury du prix pour la prévention des conflits, décerné annuellement par la Fondation Chirac[165]. Elle reçoit le prix Heinrich Heine 2010[166]. La même année, elle reçoit le prix européen des droits civiques des Sinti et des Roms pour son engagement en faveur de ces deux minorités[167].

Distinctions universitaires honorifiques

De nombreuses universités ou grandes écoles d'Europe, d'Amérique du Nord et d'Israël ont accordé à Simone Veil un titre de docteure honoris causa ou un autre diplôme honorifique :

Diplômes universitaires honorifiques
Pays Date Établissement Grade
Drapeau des États-Unis États-Unis Université de Princeton Docteure ès droit (LL.D.)[168]
Drapeau d’Israël Israël Institut Weizmann Docteure ès philosophie (HPh.D.)[169]
Drapeau d’Israël Israël Université Bar-Ilan Docteure honoris causa[170]
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni Université de Cambridge Docteure ès droit (LL.D.)[159]
Drapeau d’Israël Israël Université hébraïque de Jérusalem Docteure honoris causa[171]
Drapeau des États-Unis États-Unis Université Yale Docteure ès droit (LL.D.)[172]
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni Université d'Édimbourg Docteure honoris causa[173]
Drapeau des États-Unis États-Unis Université de Georgetown Docteure honoris causa[159]
Drapeau de l'Italie Italie Université d'Urbino Docteure honoris causa[159]
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni Université du Sussex Docteure ès droit (LL.D.)[174]
Drapeau des États-Unis États-Unis Université Yeshiva Docteure honoris causa[159]
Drapeau de la Belgique Belgique Université libre de Bruxelles Docteure honoris causa[175]
Drapeau de la France France American University of Paris Docteure honoris causa[176]
Drapeau des États-Unis États-Unis Université Brandeis Docteure ès lettres humaines (DHL)[177]
Drapeau de la Belgique Belgique Université d'Anvers Docteure honoris causa[159]
Drapeau du Royaume-Uni Royaume-Uni Université de Glasgow Docteure honoris causa[159]
Drapeau des États-Unis États-Unis Université de Pennsylvanie Docteure ès droit (LL.D.)[178]
Drapeau de l'Italie Italie Université de Cassino Docteure ès jurisprudence[179]
Drapeau du Canada Canada Université de Montréal Docteure honoris causa[180]
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie Université Saint-Clément-d'Ohrid de Sofia Docteure honoris causa[181]
Drapeau d’Israël Israël Université académique de Netanya Docteure honoris causa[159]
Drapeau de l'Italie Italie Université de Bologne Docteure honoris causa[159]
Drapeau d’Israël Israël Université Ben Gourion du Néguev Docteure ès philosophie (HPh.D.)[182]
Drapeau d’Israël Israël Université de Tel-Aviv Docteure honoris causa[159]
Drapeau du Japon Japon Université Meiji Docteure honoris causa[183]

Hommages

Portent le nom de Simone Veil les bâtiments et promotions suivantes :

de nombreux établissements scolaires :

des hôpitaux et universités :

  • l'hôpital public d'Eaubonne (Val d'Oise) (anciennement Roux Calmette Guérin) depuis sa réorganisation et sa fusion avec l'hôpital de Montmorency ;
  • le , Simone Veil a posé la première pierre du centre hospitalier de Blois ;
  • la faculté de médecine PIFO (Paris Île-de-France Ouest) appartenant à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines (UVSQ) depuis septembre 2012 ;
  • depuis , un amphithéâtre de la faculté de médecine d'Angers (Maine-et-Loire)[193] ;
  • une rue Simone Veil a été nommée en 2016 à Vesoul (Haute-Saône) dans l'espace de l'ancien hôpital Paul Morel dont elle avait inauguré l'agrandissement en 1975 en centre ville et qui est aujourd'hui transformé en écoquartier à la suite de l'ouverture en 2010 d'un nouvel hôpital intercommunal dans le quartier des Haberges à Vesoul ;
  • depuis le , le centre hospitalier de Vitré porte son nom ; proche de Pierre Méhaignerie, alors ministre de l'Agriculture et maire de la commune, elle en avait conseillé la construction en 1978, soit quarante ans auparavant[194],[195] ;
  • depuis le , date de la première pierre de l'IRM, l’hôpital de Valognes porte son nom ; elle avait inauguré l'établissement en 1977 en tant que ministre de la santé[196] ;
  • le centre hospitalier de Beauvais porte finalement le nom de Simone Veil après que le nom de l'ancien maire de Beauvais, Walter Amsallem fut aussi discuté [197] ;

dans l'enseignement supérieur :

des voies de circulation et lieux publics :

Par ailleurs :

Œuvres

  • Simone Veil, Clément Launay et Michel Soulé, L'Adoption : données médicales, psychologiques et sociales, Paris, Éditions sociales françaises, , 224 p. (BNF 33208741).
  • Simone Veil et Annick Cojean, Les Hommes aussi s'en souviennent : discours du , suivi d'Un entretien avec Annick Cojean, Paris, Stock, , 111 p. (ISBN 2-234-05720-5, BNF 39268205).
  • Simone Veil, Une vie, Paris, Stock, (réimpr. 2009), 397 p. (ISBN 978-2-234-05817-0, BNF 41149288).
    Les quatre premiers chapitres ont été édités sous le titre Une jeunesse au temps de la Shoah : extraits d’Une vie, Librairie générale française, coll. « Le Livre de poche », (ISBN 978-2-253-12762-8).
  • Simone Veil (préf. Robert Badinter), Mes combats : Les discours d'une vie, Paris, Bayard éditions, , 280 p. (ISBN 978-2-227-48937-0).
  • Simone Veil et David Teboul, L’Aube à Birkenau, Paris, Les Arènes, , 300 p. (ISBN 979-10-375-0090-8). Version Pocket : Les Arènes, 2019, 289 p. (ISBN 978-22-663-2040-5).
  • Simone Veil, Seul l'espoir apaise la douleur, Flammarion-INA, .

Voir aussi

Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Simone Veil.

Filmographie

Bibliographie

  • Michel Sarazin, Une femme Simone Veil, Paris, Robert Laffont, , 305 p. (ISBN 2-221-04809-1).
  • Maurice Szafran, Simone Veil : Destin, Paris, J'ai lu, coll. « Littérature Générale », , 316 p. (ISBN 2-277-24140-7).
  • Le texte complet des débats sur la loi du relative à l'interruption volontaire de grossesse, publiés au Journal officiel de 1974, consultable sur le site de l’Assemblée nationale.
  • Discours de Jean d'Ormesson pour la réception de Simone Veil à l'Académie française (texte).
  • L'histoire et le destin de Simone Jacob Veil, 1927 1946, Dominique Del Boca, éditions RDBF, 2012.
  • Simone Veil - L'interruption volontaire de grossesse, Débats historiques de l’Assemblée nationale (1974) réunis par Lola Caul-Futy dans un coffret de 4 CD audio, Frémeaux & Associés, 2011.
  • Mémorial de la Déportation des Juifs de France, Serge Klarsfeld. Nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms. FFDJF (Fils et filles de déportés juifs de France), 2012.
  • Laurent Pfaadt, Simone Veil, une passion française, City Editions, .
  • Christine Clerc, Les conquérantes : Douze femmes à l'assaut du pouvoir, Paris, Le Nil, , 381 p. (ISBN 978-2-84111-661-4).
  • Sarah Briand, Simone, éternelle rebelle, Fayard, .
  • Album de photos préfacé par Annick Cojean, Simone Veil et les siens, Grasset, 2018.
  • Dominique Missika, Les inséparables. Simone Veil et ses sœurs, Seuil, 2018.
  • Didier Chauvet, Simone Veil, un parcours dans la Shoah, L'Harmattan, 2022.

Livres audio

  • Simone Veil (auteur) et Antoinette Fouque (recueil des propos de l'auteur), Vivre l'histoire : entretiens, Paris, Éditions des femmes, coll. « Bibliothèque des voix », (BNF 38135167)
    Support : 1 cassette audio ; durée : non connue ; référence éditeur : non connue. La notice BNF précise la date de l'enregistrement audio : « 19851100 », ce qui peut se traduire par « novembre 1985 ».
  • Simone Veil (auteur) et Antoinette Fouque (recueil des propos de l'auteur), Vivre l'histoire : entretiens, Paris, Éditions des femmes, coll. « Bibliothèque des voix », (EAN 332-81-400-2016-8)
    Support : 1 disque compact audio ; durée : non connue ; référence éditeur : non connue.
  • Simone Veil (auteur et narratrice du chapitre 1) et Marie-Dominique Bayle (narratrice des chapitres 2 à 11 et du discours du 26-11-1974 constituant l'annexe), Une vie : texte intégtal, Paris, Audiolib, (ISBN 978-2-35641-020-7, BNF 41278282)
    Support : 1 disque compact audio MP3 ; durée : h 7 min. environ ; référence éditeur : non connue.
  • Grand entretien de l'INA Entretien de 5h30 réalisé en 2006, à retrouver dans un livre intitulé Seul l’espoir apaise la douleur (Flammarion )

Bande dessinée

  • Simone Veil - L'immortelle, scénario de Pascal Bresson, dessin d'Hervé Duphot, Marabulles, 2018 (ISBN 9782501117821) ; édition augmentée, 2020 (ISBN 9782501146852)

Articles connexes

Liens externes

  • Archives concernant sa fonction de présidente du Parlement européen, déposées aux Archives historiques de l’Union européenne, à Florence.
  • Fonds Simone VEIL (1882-2014) [56 mètres linéaires, 420 cartons]. Section : Département des archives privées; Cote : 688AP/1-688AP/420. Pierrefitte-sur-Seine : Archives nationales - site de Pierrefitte-sur-Seine, Archives nationales (présentation en ligne).
    Le fonds Simone Veil est le premier fonds d'archives privées entré directement sur le nouveau site des Archives nationales à Pierrefitte-sur-Seine en septembre 2012. Il a été complété fin 2013, par un important supplément en provenance du secrétariat particulier de Simone Veil, rue de Rome à Paris. Afin de rendre le classement du fonds cohérent les deux entrées ont été fusionnées au cours de l'année 2015. En avril 2018, quelques mois après le décès de Mme Simone Veil, un ultime complément d'archives en provenance de son domicile personnel est venu clore le fonds. Le fonds Simone Veil conserve principalement les archives de ses activités ministérielles au gouvernement de 1974 à 1979 et de 1993 à 1995, à la présidence de l'Europe de 1979 à 1982 ou comme députée au Parlement européen jusqu'en 1993, ainsi que les articles ou interviews publiés dans de nombreux médias au cours de sa longue carrière politique en France ou en Europe et à l'étranger. Plusieurs séries de discours, de correspondance et de dossiers thématiques ou documentaires cloturent l'ensemble du fonds.

Bases de données et dictionnaires

Notes et références

Notes

  1. Elle est successivement ministre de la Santé (1974-1977), ministre de la Santé et de la Sécurité sociale (1977-1978), puis ministre de la Santé et de la Famille (1978-1979).
  2. Prononciation en français de France retranscrite selon la norme API.
  3. Mairie du IXe arrondissement, mention sur acte de naissance no 207 d'André Jacob en date du .
  4. « On entend souvent dire que les déportés ont voulu oublier et ont préféré se taire. […] Si je prends mon cas, j'ai toujours été disposée à en parler, à témoigner. Mais personne n'avait envie de nous entendre. » - Entretien accordé à Annette Wierviorka en , cité en p. 170[30]
  5. Témoignage de Simone Veil sur la survie dans le système concentrationnaire[33].
  6. Elle explique dans ses mémoires les raisons de cette date d'examen surprenante : « Nous avions été prévenus, dès les premières semaines de l'année scolaire, que les épreuves du bac se dérouleraient non pas en juin, mais dès fin mars, et ne comporteraient que des épreuves écrites. Les autorités niçoises voulaient en effet clore l'année scolaire le plus tôt possible, par crainte d'un débarquement allié et des troubles qui en découleraient. » (Une vie, page 47)
  7. Son amie Gisèle Halimi raconte : « elle fumait en cachette ! On se cachait dans des bistrots des portes de Paris où personne ne pouvait nous reconnaître. ». Voir« Simone Veil : son amie Gisèle Halimi « pleure » une femme « gaie », « drôle », qui « savait choisir la cause juste » », sur Francetvinfo`, .
  8. « Je n’ai pas du tout aimé cette formule très ambiguë », déclare-t-elle dans une interview au journal Marianne (17 au 23 mars 2007).
  9. Après avoir passé les troupes en revue, Emmanuel Macron rejoint l'assistance pour l'entrée à 10 h 30 du cercueil, revêtu du drapeau tricolore et porté par des Gardes républicains, au son de la Marche funèbre de Chopin. Comme le veut la tradition, le cercueil est déposé à même le sol, sur un simple brancard de bois vernis, à l'exact centre de la cour, tandis que l'assistance observe une minute de silence. L'éloge funèbre est prononcé par Emmanuel Macron, précédé de celui des deux fils de Simone Veil. Le cercueil quitte la cour d'honneur des Invalides à 11 h 34 accompagné du Chant des déportés. cf. Roland Gauron, Alexis Feertchak, « Simone Veil sera la cinquième femme à entrer au Panthéon », sur lefigaro.fr, .
  10. Dans son discours lors de la cérémonie au Panthéon, Emmanuel Macron indique que cette décision ne fut pas seulement la sienne, mais celle de tous les Français (voir « VERBATIM. Le discours d’Emmanuel Macron lors de la cérémonie d’hommage à Simone Veil », Ouest-France.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )).
  11. « La ministre s'est aperçue il y a peu que Mme Veil, récemment élue à l'Académie française, n'avait pas la Légion d'honneur et a voulu réparer cette injustice compte tenu du parcours et de l'autorité morale de cette personnalité, dit-on dans l'entourage de Roselyne Bachelot »[160].

Références

  1. Bulletin de naissance.
  2. Veil 2007.
  3. « Les Prix de Rome d'Architecture », Journal des débats politiques et littéraires,‎ , p. 5 (lire en ligne, consulté le ).
  4. « Académie des Beaux-Arts », Le Figaro,‎ , p. 3 (lire en ligne, consulté le ).
  5. a b c d e f g h i j et k Clerc 2013, p. 43-47.
  6. a et b Claude Jacquemart et Jean-Baptiste Garat, « Simone Veil, survivante et immortelle », Le Figaro, 2 juillet 2017, p. 4.
  7. Anne Chemin, « Mort de Simone Veil », sur Le Monde, .
  8. a et b « Les cinq lieux marquants de l'enfance de Simone Veil à Nice », sur Nice-Matin, .
  9. Simone Veil, L’Aube à Birkenau, 2019, p. 59 (version Pocket). « Le , Papa nous a mis dans le train pour Toulouse. Nous devions rejoindre ma tante et mon oncle, mobilisé comme médecin dans un hôpital. Nous n'y sommes restés que quelques jours parce que mes oncle et tante ont aussitôt cherché à repartir pour Bordeaux. En juin 1940, les décisions pouvaient changer d'un jour à l'autre. Ils venaient d'entendre le général de Gaulle à la radio et voulaient essayer de rejoindre Londres. »
  10. a b c et d « Simone Veil, une vie de combats », Paris Match, semaine du 6 au 12 juillet 2017, pages 34-73.
  11. Sont absents : les députés communistes ; les parlementaires partis sur le Massilia ; les parlementaires mobilisés. 80 des présents votent contre, notamment Léon Blum et un seul député de droite, Henri de Kérillis.
  12. Patrice Trapier, « Simone Veil, une vie de peines et de combats », sur JDD, .
  13. « Réseau Baden Powell », sur reseau-bp.blog4ever.com (consulté le ).
  14. Simone Veil, Une Vie, Paris, Stock, , p.26.
  15. Missika, Dominique,, Les inséparables : Simone Veil et ses sœurs, Paris, Éditions le Seuil, 256 p. (ISBN 978-2-02-140054-0 et 2-02-140054-9, OCLC 1055643931, lire en ligne).
  16. Est parfois cité le totem « Lièvre agité ». Michel Sarazin, dans Une femme, Simone Veil (Paris, Robert Laffont, 1987, p. 23), mentionne « Balkis » (en référence à la reine de Saba), donné par Madeleine[pas clair] vers 1941-1942. Mais d'après les archives du Réseau Baden Powell et de la FFE, son totem était bien « Lièvre astucieux ». L’adjectif devant correspondre à une qualité de la personne, ce totem est effectivement plus plausible.
  17. Calendrier FFE, page du mois d’.
  18. Simone Veil, L’Aube à Birkenau, 2019, p. 63.
  19. Simone Veil, Une vie, Stock, 2007
  20. Rue Durante.
  21. Jocelyne Sauvard, Simone Veil, la force de conviction, Éditions de l'Archipel, (lire en ligne).
  22. Simone Veil, L’Aube à Birkenau, 2019, p. 67-68. « L'arrivée de ma famille à l'Excelsior m'a plongée dans le désespoir. Maman, elle, se montrait presque soulagée de me retrouver.[…] En voyant tous les gens qu'on conduisait par petits groupes, arrêtés dans les rues de Nice ou chez eux, nous avions le sentiment que le piège s'était refermé. Nous entrions dans la tragédie. »
  23. Klarsfeld, 2012.
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