Jean-Marie Lustiger

Jean-Marie Lustiger
Image illustrative de l’article Jean-Marie Lustiger
Jean-Marie Lustiger sur le parvis de
Notre-Dame de Paris le 15 août 1988.
Biographie
Nom de naissance Aron Lustiger
Naissance
à Paris
Ordination sacerdotale par
Émile Blanchet
Décès (à 80 ans)
à Paris
Cardinal de l’Église catholique
Créé
cardinal
par le
pape Jean-Paul II
Titre cardinalice Cardinal-prêtre de Santi Marcellino e Pietro (1983-1994)
Cardinal-prêtre de Saint-Louis-des-Français (1994-2007)
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale par le
card. François Marty
Dernier titre ou fonction Archevêque émérite de Paris
Ordinaire des Orientaux de France
Archevêque de Paris
Évêque d'Orléans
Autres fonctions
Fonction laïque

Blason
« Tout est possible à Dieu » (Mt 19,26)
(it) Notice sur www.vatican.va
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Aron Jean-Marie Lustiger, né le à Paris et mort le à Paris, est un prélat de l'Église catholique, archevêque de Paris de 1981 à 2005, créé cardinal (dans l'ordre des cardinaux-prêtres) par Jean-Paul II en 1983. Il devint membre de l'Académie française en 1995.

Biographie

Jeunesse et conversion

Aron Lustiger[1] est né dans le 12e arrondissement de Paris[2]. Il est le fils de Charles (Karl) Lustiger (né le 5 août 1899 à Żarnowiec en Pologne et mort le 9 novembre 1982 à Amiens[3]) et de Gisèle (Gissel Léa[4]) Lustiger (née Jachet-Lustig le 14 août 1903[5] à Będzin et morte le 16 février 1943 à Auschwitz[6]). Ses parents sont issus d'une famille juive ashkénaze originaire de Pologne - à Będzin en Haute-Silésie où son père était boulanger[7] et son grand-père rabbin[8] -, arrivés en France au début du siècle pour Gisèle et en 1918 pour Charles, tiennent un commerce de bonneterie rue Simart[9] et habitent rue Delambre[2]. Il grandit sur la butte Montmartre jusqu'à ce que ses parents s'installent rue Jules-Chaplain dans le quartier Notre-Dame-des-Champs[9] ; il fait ses études au lycée Montaigne à Paris, où il apprécie l'enseignement qui lui est dispensé[10],[9]. Vers 10 ou 12 ans il découvre une Bible protestante[9]. Il découvre également l’antisémitisme dont il est victime : « À la porte du lycée Montaigne, je me suis fait casser la figure parce que juif. Quand je m'approchais des garçons qui discutaient entre eux, ils me disaient : « Ça ne te regarde pas, tu es un sale juif. »[11] Il en fait aussi l'expérience à travers la littérature et à l’occasion d’un voyage en Allemagne en 1936 et 1937, dans une famille protestante, où il apprend la langue et découvre, en même temps que le national-socialisme, les premiers Allemands chrétiens anti-nazis[2]. En 1939, sa santé fragile l'oblige à effectuer un long séjour à l'Hôpital maritime de Berck.

La Seconde guerre mondiale pousse ses parents à l'envoyer, avec sa sœur Arlette, se réfugier à Orléans, fin . Ils seront recueillis et hébergés par Suzanne Combes, jeune professeur de lettres classiques à l'école du Bourdon-Blanc et future directrice de cet établissement catholique d'enseignement. Aron, devenu élève du lycée Pothier (établissement public), fréquentera assidûment le 14 rue Sainte-Anne, siège des Œuvres diocésaines, dirigées par Henri Feuillâtre (« le Père Feu »), également aumônier du lycée. La mère des deux enfants placés à Orléans continue à tenir son commerce de bonneterie-mercerie à Paris[12]. Le Nouveau Testament s’impose à lui comme étant l’aboutissement de l’Ancien Testament. Pendant la Semaine sainte 1940, au cours d'une visite de la cathédrale d'Orléans, Aron Lustiger ressent le désir de se convertir au catholicisme. « Là, témoignera-t-il, j'ai eu l'intuition que ce que je pensais de la condition juive trouvait dans la figure du Messie son sens et un certain aboutissement »[13]. Toute sa vie, il expliquera que son christianisme n'a jamais signifié un renoncement à son identité juive. Le , à l'âge de 14 ans, il reçoit le baptême à Orléans, en même temps que sa sœur Arlette, et malgré l'opposition de leurs parents[13]. Aron devient chrétien sous les noms de baptême de Jean et de Marie (qui étaient au pied de la Croix) et qui comme son prénom Aron sont aussi des prénoms d'origine hébraïque[2]. Il expliquera plus tard qu’il n’a jamais renoncé au prénom d’Aron et que le grand prêtre qui porte ce nom dans la Bible est aussi vénéré comme saint par l’Église catholique[14].

Peu de temps après, les parents Lustiger se convertissent à leur tour à Orléans pour tenter de se protéger, quelques jours après la promulgation des lois antisémites de Vichy, le 31 octobre 1940[13]. Toutefois, sa mère est arrêtée le 10 septembre 1942, pour infraction au port de l'étoile jaune (selon le biographe Henri Tincq[13]) ou sur dénonciation de son employée de maison (selon le cousin d’Aron, l'historien allemand Arno Lustiger) : cette jeune femme, en relation intime avec un membre de la Milice, était avide de récupérer son appartement. Gisèle Lustiger est alors internée à Drancy puis déportée, par le Convoi No. 48, en date du 13 février 1943[15], vers le camp d'extermination d’Auschwitz où elle est gazée à son arrivée le et non le [2],[12], comme l'indiquent certaines sources. La famille n’aura la confirmation de son décès qu’en 1946.

Après avoir passé son baccalauréat en , Jean-Marie rejoint clandestinement son père travaillant dans une usine de Decazeville dans l'Aveyron dans l'espoir d'y trouver un repli pour sa famille[13]. Découverts, Jean-Marie est protégé par l'abbé Bezombes, haute figure de la Résistance, et son père par l'École jésuite de Purpan jusqu'à la Libération. Ce dernier n’acceptant toujours pas la conversion de son fils, essaie en vain, au lendemain de la guerre, de le persuader de renoncer au catholicisme[2],[12].

Après avoir terminé ses études secondaires au lycée d'Orléans, il s'inscrit à l'université de Paris, afin de suivre des études de lettres à la Sorbonne[16].

Carrière ecclésiastique

Sa vocation sacerdotale le conduit à entrer au séminaire d'Issy-les-Moulineaux puis au séminaire des Carmes de l'Institut catholique de Paris en 1946, malgré l'opposition de son père[9]. Il est ordonné prêtre le à l'âge de 27 ans, dans l'église du séminaire des Carmes.

De 1954 à 1969, il est responsable de l'aumônerie des étudiants de Paris, connue sous le nom de Centre Richelieu[16], rassemblant les étudiants en lettres et sciences de la Sorbonne ainsi que de quelques grandes écoles (École spéciale d'architecture, ENS de Fontenay-Saint-Cloud, École des chartes). Son charisme attire nombre d’étudiants et professeurs. Puis Mai 68 embrase l'université. Il affirme alors : « Il n'y a pas de place pour l'Évangile dans cette foire »[10]. Il passe alors une année d’études aux États-Unis[9].

En 1969, il est nommé curé de la paroisse Sainte-Jeanne-de-Chantal, dans le 16e arrondissement de Paris, et a comme vicaire l'abbé André Vingt-Trois, son futur successeur à la tête de l'archevêché de Paris. Il renouvelle profondément la liturgie, commandant au sculpteur Jean Touret des œuvres marquantes (une grande croix, un autel et des panneaux en bois) — il refera appel à Jean Touret pour l'autel de Notre-Dame de Paris. On retrouve en libre accès dans l'oratoire du Collège des Bernardins une statue et un panneau de tabernacle[17] sculptés par l'artiste et ayant appartenu au cardinal. Avec l'organiste titulaire Henry Paget, il renouvelle l'orgue en en confiant la maîtrise à Alfred Kern. Avec Henry Paget, il écrit des chants liturgiques importants qui seront enregistrés (Veilleur où en est la nuit !). L'enseignement paroissial est organisé. Des personnalités comme les pères Thomas Kowalski, Bernard Violle et Georges Marion animent ce qui devient un lieu où se regroupent à la fois des paroissiens et des fidèles qui avaient connu l'abbé Lustiger en son étape d'aumônier. Ses sermons sont publiés chez Fayard sous le titre Sermons d'un curé de Paris en 1977. En 1981, l'ouvrage allait être envoyé au pilon avant que l'éditeur ne revienne sur sa décision. Cette étape a constitué les préliminaires d'une action diocésaine plus importante.

Le , il est nommé évêque d'Orléans par le nouveau pape Jean-Paul II, et, le , il reçoit l'ordination épiscopale par l'imposition des mains du cardinal François Marty, alors archevêque de Paris[16]. Il choisit comme devise « Tout est possible à Dieu »[18]. Il n'occupera que quinze mois le siège d’Orléans.

Il est nommé archevêque de Paris le et intronisé le , succédant au cardinal François Marty[16]. Deux ans plus tard, le , il est créé cardinal par le pape Jean-Paul II[16], avec le titre de cardinal-prêtre de Santi Marcellino e Pietro attaché à l'église romaine du même nom. En 1994, après le décès du cardinal Marty, il reçoit le titre de Saint-Louis des Français traditionnellement accordé au cardinal archevêque de Paris.

Jean-Paul II et lui ont de nombreux points communs — ils parlent le polonais[19] et le français, ils appartiennent à la même génération — mais surtout ils ont une analyse souvent très proche de la situation ecclésiale et mondiale.

Le cardinal Lustiger fut une figure très remarquée de l'Église universelle, même si ses chances de succéder à Jean-Paul II étaient très faibles au conclave de 2005.

Le pasteur et l'homme

Jean-Marie Lustiger par Erling Mandelmann en 1987.

L'intuition fondamentale qui a guidé l'action et la vie de Lustiger fut que la foi dans le Christ était pour l'homme la seule chance d'être vraiment libre et d'avoir une raison d'espérer. Il s'est donc engagé sur tous les fronts pour la défense de la liberté intérieure et religieuse de l'homme, face aux totalitarismes des États, des idéologies, de la pensée unique et des médias[20]. Il était opposé aussi au cléricalisme[21].

Il mit en place une série de réformes au sein du diocèse de Paris : en 1984, il fonde la maison Saint-Augustin[22]. Il s'agit d'offrir à des jeunes hommes chrétiens la possibilité de faire une année de refondation spirituelle et de discernement afin qu'ils réfléchissent dans le but de décider ou non d'entrer au séminaire. La maison Saint-Augustin est la première du genre en France ; elle a très rapidement accueilli des jeunes d'autres diocèses, dispersion des séminaristes dans de petits centres de formation au sein de Paris, de préférence à un grand séminaire unique), fondation d'une faculté de théologie indépendante au sein de l'École cathédrale de Paris, distincte de l'Institut catholique (dont l'idéologie ne lui semblait pas la bonne), en 1984. Il encouragea un renouveau des paroisses de Paris, la construction de sept nouvelles églises et la mission de communautés nouvelles au sein du diocèse (Communauté de l'Emmanuel, Communauté du Chemin Neuf). Passionné de philosophie et de sociologie, son souci de comprendre les enjeux de notre temps se traduit notamment par la création avec le Bâtonnier de Paris des cycles « Droit, liberté et foi » associant depuis 1992 le Barreau de Paris et le Diocèse de Paris[9]. À la demande du Saint-Siège, le cardinal Lustiger fut, jusqu'en , l'évêque accompagnateur de la Communauté de l'Emmanuel sur le plan international[réf. nécessaire].

Il réorganise des structures diocésaines de solidarité avec notamment la création de la Fondation Notre-Dame en 1992, qui soutient l’association Aux captifs la libération, la fondation et l'accompagnement de l'association Tibériade pour l’accueil des malades du SIDA et de plusieurs autres associations caritatives dont Août Secours Alimentaire, la Maison Jeanne Garnier pour les soins palliatifs, l’Association Sainte-Geneviève pour le logement, etc.[9]

Initié en 2002 mais terminé après sa mort, c'est en 2009 que sera inauguré la restauration du Collège des Bernardins dont il fut l'instigateur[23],[24]

Jusqu'à la fin de son épiscopat, le cardinal Lustiger a pris des mesures[Lesquelles ?], parfois très fermes, pour assurer la discipline de son clergé et la fidélité au magistère pontifical de l'enseignement dispensé dans le diocèse, en particulier dans les facultés de théologie[25].

Lustiger a, au cours de sa mission à Paris, institué des structures diocésaines qui entrent en concurrence avec les structures équivalentes existant au niveau interdiocésain ou national, comme la création d'un séminaire parisien autonome.

La radio du diocèse de Paris, Radio Notre-Dame, participa en 1996 à la fondation de la Communauté Francophone des Radios Chrétiennes (COFRAC[26]), indépendamment du réseau des Radios chrétiennes en France (RCF), pourtant voulu par les évêques de France[27]. Le cardinal Lustiger fonda également la télévision KTO en 1999.

Cette liberté lui était permise par les moyens importants du diocèse de Paris. Elle s'était aussi imposée à lui comme un devoir de sa mission d'évêque, seul responsable de son diocèse[28]. Sa lucidité et sa hauteur de vues lui avaient fait comprendre qu'il n'avait pas d'autre choix pour secouer la lourdeur des structures administratives et lutter contre la sclérose des idéologies qui étouffent le catholicisme français. Ayant à cœur de rendre à la liturgie sa dignité et sa beauté, il a soutenu la refonte de la maîtrise de Notre-Dame de Paris et la création d'une école de formation professionnelle incluant l'animation des offices à la cathédrale, permettant ainsi un nouveau déploiement de la tradition de l'Église dans la cathédrale Notre-Dame de Paris. Il commanda un nouveau mobilier liturgique pour le chœur de Notre-Dame et fit créer des vêtements liturgiques nouveaux avec le souci de la beauté et de la lisibilité des signes. Fréquemment, le dimanche soir, il prêchait et célébrait la messe dans sa cathédrale. Capable de s'emparer de sujets peu consensuels, mais fondamentaux dans leur portée, il lança l'ouverture de la procédure de béatification de Jacques Fesch.

Ceux qui ont eu l'occasion de s'entretenir avec lui ont été frappés par la profondeur de sa pensée et par cette simplicité qui faisait que son interlocuteur avait d'emblée l'impression d'être considéré comme un égal, respecté dans son altérité et avec qui il y avait des choses à faire. Une conversation interrompue depuis des mois pouvait reprendre, comme si elle ne s'était jamais arrêtée[29].

Lustiger était membre de droit du Conseil permanent de la Conférence des évêques de France.

Homme d'arts, de lettres et de communication

Il publie une vingtaine d'ouvrages à partir de 1978. Il s'attelle également à lancer de nouveaux médias : Radio Notre-Dame juste après la légalisation des radios libres en 1981, la chaîne de télévision KTO en 1999, le bulletin hebdomadaire du diocèse de Paris : Paris Notre-Dame[16],[30].

Son discernement spirituel apparaît dans ses nombreux discours, interviews, déclarations, et ses homélies[9]. Ses prises de position sur le cinéma, l'art, les commandes d'œuvres modernes qu'il passe pour Notre-Dame ou l'archevêché font l'objet de débats non seulement dans la presse, mais aussi avec les autorités politiques[31].

Le cardinal Lustiger est élu à l'Académie française, le , au fauteuil 4, succédant au cardinal Decourtray[16]. C'est son ancien conseiller, le philosophe Jean-Luc Marion, qui est élu à son fauteuil en 2009.

Rôle dans les relations judéo-catholiques

De par ses ascendances juives, le cardinal Lustiger a joué un rôle pionnier dans les relations entre la communauté juive et le Saint-Siège[32]. Conseiller de Jean-Paul II puis de Benoît XVI, il a exercé un rôle d'influence très important sous le pontificat de Jean-Paul II.

Secondé par le cardinal Decourtray, il noue les contacts les plus délicats pour tenter de régler, en 1987, l'affaire des « carmélites polonaises » installées dans le camp d'Auschwitz - où sa mère a été assassinée-, qui contribue à une tension forte entre juifs et catholiques. Les religieuses finiront par quitter le camp en 1994. De ce dénouement, le cardinal gagne la reconnaissance d’une partie du monde juif. Lustiger sera ainsi l’un des inspirateurs de la déclaration de « repentance » de l’épiscopat français en à Drancy et l'un des principaux artisans du succès de la visite du pape à Jérusalem en l’an 2000, avec les visites au mémorial de la Shoah de Yad Vashem et au mur des Lamentations qui fut un pèlerinage de la mémoire, ainsi que la reconnaissance de la dette chrétienne aux « frères aînés » juifs.

En 2004, le cardinal Lustiger et le rabbin Israel Singer, président du Congrès juif mondial, sont à l’origine des « Rencontres internationales judéo-catholiques de New York ». Une trentaine de participants se retrouvent pour ce dialogue entre des juifs orthodoxes et les plus hautes autorités de l’Église catholique[33],[34].

En , il représente le pape Jean-Paul II[35], lors des cérémonies du 60e anniversaire de la libération du camp d'Auschwitz. Puis, en , il est présent à celui de Birkenau aux côtés du pape Benoît XVI[36].

Après sa mort, le Congrès juif mondial a tenu à rendre hommage à sa « très grande figure morale » et son action positive en faveur des relations entre judaïsme et christianisme[37].

Sens, la revue de l’Amitié judéo-chrétienne de France, a publié plusieurs numéros sur le Cardinal Lustiger[32]

Rôle politique

Rencontre du pape Jean-Paul II avec le cardinal Franjo Kuharć, archevêque de Zagreb, en présence du cardinal Lustiger, en Bosnie-Herzégovine, avril 1997

Pour le cardinal Lustiger, l’évêque doit faire en sorte d’être un interlocuteur crédible du monde politique, en tant que représentant des croyants de sa confession et de la force sociale qu’ils constituent. Sans avoir de fonction politique, il joue un rôle dans l'espace politique, et, dans cette optique, il discute avec les présidents François Mitterrand et Jacques Chirac[38]. En 1984, il mène la contestation contre la volonté du président Mitterrand de supprimer l’indépendance de l’école privée catholique. Un million de défenseurs de l’école libre sont dans les rues, contribuant au retrait du projet de loi Savary. De même, Lustiger prendra des positions de défense de l’embryon, contre l’euthanasie et le clonage.

Ses engagements au service des chômeurs et des immigrés marquent, sur les grandes questions de société, un dépassement courageux de la timidité de l’Église de France, encore emprisonnée dans une lecture étroite du principe de laïcité de l’État. Cela ne l’empêche pas de défendre la loi de séparation de l’Église et de l’État dès 1989, lors de la crise causée par le port du voile islamique dans les établissements publics, notamment scolaires.

Fidèle en cela à l’attitude de l’Église catholique à l'égard de la Révolution française, il refuse de s'associer à l’hommage rendu par les autorités françaises à l’abbé Grégoire en 1989, au moment du transfert des cendres de ce dernier au Panthéon, décidé par François Mitterrand.

Avant la présidentielle de 1995, il écarte le très médiatique abbé de La Morandais, aux prises de positions plus ou moins éloignées de la doctrine catholique[réf. nécessaire], du poste qu’il s’attribuait d'« aumônier des politiques ». Il crée alors le SPEP (Service pastoral d’études politiques) à la tête duquel il nomme le recteur de Sainte-Clotilde, Antoine de Vial.

En 2003, il critique la volonté de Nicolas Sarkozy de revenir sur la loi de séparation des Églises et de l'État et d’organiser l’Islam de France comme s’il s’agissait d’une religion d’État. Interrogé par la « commission Stasi » sur la laïcité, il demande de ne pas toucher au « compromis à la française » et se prononce contre une loi interdisant le port du voile à l’école : « Il ne faut pas prendre des mesures législatives qui ne peuvent être appliquées.»[39].

Le jeudi sur RTL, le cardinal Lustiger annonce son soutien au projet de loi relative au développement et à la promotion du commerce et de l'artisanat, visant à l’abrogation du chômage du lundi de Pentecôte : « En ce qui concerne le lundi de Pentecôte, de fait, ça ne pose pas de problème théologique ni religieux », soulignant toutefois qu'une consultation des autorités religieuses était nécessaire, « étant donné que ça repose sur des usages légalement et historiquement fixés ».

Maladie et adieux

Lorsqu'il atteignit l'âge de 75 ans, selon le code de droit canon[40], Lustiger présenta sa renonciation à son office d'archevêque de Paris au pape Jean-Paul II, mais c'est seulement en , alors que l'archevêque avait atteint l'âge de 78 ans, que la démission fut acceptée, et André Vingt-Trois nommé nouvel archevêque de Paris. Selon la coutume, le cardinal Lustiger portait depuis lors le titre d'archevêque émérite de Paris[16]. Il s'installe dans la Maison de retraite Marie-Thérèse destinée aux prêtres des diocèses de Paris et alentour[9]

En , il annonça aux prêtres et diacres de Paris qu'il était atteint d'« une maladie grave dont le traitement a commencé ». Le , il fit une brève apparition à l'Académie française pour adresser ses adieux aux « Immortels ». « Vous ne me reverrez pas », leur déclara-t-il. Sa dernière apparition en public remontait au , quand il avait concélébré la messe d'obsèques de l'abbé Pierre à Notre-Dame de Paris. Il meurt à l'âge de 80 ans, le dimanche à 19 h 30, à la Maison médicale Jeanne Garnier (15e arrondissement de Paris), un établissement de soins palliatifs dépendant de la fondation des Dames du Calvaire, qu'il avait lui-même créé en son temps[9], où il avait été admis le afin de soigner le cancer des os et du poumon dont il souffrait depuis plusieurs années[8].

Obsèques et hommages

Plaques mémorielles du jardin Aron Jean-Marie Lustiger à l’abbaye Sainte-Marie de la Résurrection d'Abu Gosh en Israël.

L'annonce de sa mort a suscité les hommages de nombreuses personnalités du monde politique et religieux, parmi lesquelles on note le pape Benoît XVI[41], le Congrès juif mondial, le président de la République française Nicolas Sarkozy[42], le Parti communiste français ou encore d'autres figures de gauche comme Bertrand Delanoë, Jean Glavany ou Jack Lang.

Ses obsèques furent célébrées le en la cathédrale Notre-Dame de Paris par l'archevêque André Vingt-Trois, en présence de nombreuses personnalités, parmi lesquelles le représentant du pape le cardinal Paul Poupard, le président Nicolas Sarkozy, le Premier ministre François Fillon, les ministres Michèle Alliot-Marie, Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet et Roger Karoutchi, les présidents de l'Assemblée nationale, Bernard Accoyer, et du Sénat, Christian Poncelet, le président de la région Île-de-France, Jean-Paul Huchon, Bernadette Chirac représentant l'ancien président Jacques Chirac, l'ancien président polonais Lech Wałęsa, plusieurs membres de l'Académie française (dont Hélène Carrère d'Encausse, secrétaire perpétuel, et Maurice Druon, secrétaire honoraire), mais aussi 500 prêtres, 50 évêques, 16 cardinaux et plusieurs prélats, représentants des Églises catholiques d'Orient. La foule rassemblée fut estimée à environ 5 000 personnes[43].

Dans son discours d'hommage, l'écrivain Maurice Druon a qualifié le cardinal Lustiger de « fils, non pas du hasard, mais de l'exception » et salué en lui « notre frère supérieur ».

De ses obsèques, il disait par avance, avec le franc-parler dont il était capable dans l'intimité comme en public : « Je m'en fous, ils feront ce qu'ils voudront. » Il lui importait davantage d'obtenir du Ciel la permission — « dans trente ans » — de regarder sur la Terre « comment les choses auront évolué… [44]» Cela ne l'a pas empêché de prévoir par la suite, quelque temps avant sa mort, certains gestes hautement symboliques pour ses funérailles. Lors de la levée du corps, avant l'entrée dans la cathédrale et la liturgie catholique, de la terre recueillie en Israël fut déposée sur son cercueil ; son cousin Arno Lustiger et son arrière-petit cousin Jonas Moses-Lustiger, toujours de confession juive, récitèrent le Psaume 113 (112) en hébreu, et le Kaddish, prière juive notamment des endeuillés. Ainsi étaient symbolisée son espérance de voir judaïsme et christianisme engagés « du même côté », comme il le disait, dans le combat pour l'homme, enraciné dans la même foi au Dieu unique et la même espérance dans les promesses du Messie.

Jardin à la mémoire de Jean-Marie Lustiger au couvent bénédictin d'Abu Gosh, en Israël.

Le cardinal Lustiger est inhumé dans la crypte de Notre-Dame de Paris, dans le caveau des archevêques de Paris.

Une plaque a été apposée dans la cathédrale à la demande du cardinal Lustiger avec le texte suivant :

« Je suis né juif. J’ai reçu le nom de mon grand-père paternel, Aron. Devenu chrétien par la foi et le baptême, je suis demeuré juif comme le demeuraient les Apôtres. J’ai pour saints patrons Aron le Grand Prêtre, saint Jean l’Apôtre, sainte Marie pleine de grâce. Nommé 139e archevêque de Paris par Sa Sainteté le pape Jean-Paul II, j’ai été intronisé dans cette cathédrale le 27 février 1981, puis j’y ai exercé tout mon ministère. Passants, priez pour moi. »

— † Aron Jean-Marie cardinal Lustiger, Archevêque de Paris

Secrétaires particuliers

Nom Dates comme secrétaire Responsabilité actuelle
Maurice de Germiny 1981 - 1984[45] Évêque émérite de Blois
Philippe Brizard 1984 - 1986 Recteur de Maison d'Ananie
Pierre d'Ornellas 1986 - 1991 Archevêque de Rennes
Louis de Romanet 1991 - 1994[46]? Curé de Chancelade, vicaire général de la congrégation des chanoines réguliers de Saint-Victor
Étienne de Mesmay 1994 ? - 1996[47]? Vicaire de Saint-Séverin
Jacques Fournier 1996 - Retiré
Jacques Ollier 1997 - 2000 Curé de Saint-Étienne-du-Mont
Matthieu Rougé 2000 - 2003[48] Évêque de Nanterre
Benoist de Sinety 2003 - 2005[49] Vicaire général du diocèse de Paris

Distinctions

Œuvres

  • 1978 Sermons d’un curé de Paris (Fayard)
  • 1981 Pain de vie et peuple de Dieu (Le Critérion)
  • 1985 Osez croire (Le Centurion)
  • 1985 Osez vivre (Le Centurion)
  • 1986 Premiers pas dans la prière (Nouvelle Cité)
  • 1986 Prenez place au cœur de l’Église (Office chrétien des handicapés)
  • 1987 Six sermons aux élus de la Nation, 1981-1986 (Le Cerf)
  • 1987 Le Choix de Dieu. Entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton (Éditions de Fallois)
  • 1988 La Messe (Bayard)
  • 1990 Dieu merci, les droits de l’homme (Critérion)
  • 1990 Le Sacrement de l’onction des malades (Le Cerf)
  • 1990 Le Saint-Ayoul de Jeanclos (en collaboration avec Alain Peyrefitte) (Fayard)
  • 1991 Nous avons rendez-vous avec l’Europe (Mame)
  • 1991 Dare to rejoice (Compilation américaine) (Our Sunday visitor)
  • 1992 Petites paroles de nuit de Noël (Éditions de Fallois)
  • 1995 Devenez dignes de la condition humaine (Flammarion)
  • 1997 Le Baptême de votre enfant (Fleurus)
  • 1997 Soyez heureux (Éd. Nil)
  • 1999 Pour l'Europe, un nouvel art de vivre (PUF)
  • 2000 Les prêtres que Dieu donne (Desclée de Brouwer)
  • 2001 Comme Dieu vous aime. Un pèlerinage à Jérusalem, Rome et Lourdes (Parole et silence)
  • 2002 La Promesse (Parole et Silence)
  • 2004 Comment Dieu ouvre la porte de la foi (Desclée de Brouwer)
  • 2005 Contempler l'Apocalypse (Parole et Silence)

Écrits

Memorandum : Né à Paris de parents juifs d'origine polonaise, Aaron Lustiger demande le baptême à l'âge de 14 ans et prend le nom de Jean-Marie. Devenu prêtre[50], il est aumônier de jeunes[51], curé de paroisse[52], puis évêque d'Orléans[53] et archevêque de Paris[54]. Créé cardinal le par le pape Jean-Paul II, il est élu à l'Académie française le .

Que ton règne vienne

« Oui, le règne de Dieu demandé, espéré, attendu, c'est aussi son règne parmi les païens, les nations qui ne connaissent pas Dieu, l'Unique (cf. Lc 11, 1-4).

La question que nous nous posons au sujet de l'incroyance est déjà présente à la conscience d'Israël : comment, pourquoi Dieu, le Seigneur du monde, n'est-il pas adoré par tous les hommes ? C'est parce qu'ils sont prisonniers de leurs idoles. L'obscurcissement de leur intelligence, l'endurcissement de leur cœur les enferment dans leur péché. Ils sont esclaves de l'Adversaire des hommes, homicide depuis le commencement.
Dieu fera venir son règne en délivrant l'homme de l'impuissance où il se trouve à le connaître. Le peuple choisi deviendra fidèle et saint. Bien plus, toutes les nations accéderont à la connaissance du Dieu vivant et vrai, et elles participeront, dans la communion au Dieu trois fois saint, à la même sainteté. Car Dieu répand son Esprit Saint et change les cœurs de pierre en cœur de chair (Ez 11, 19 ; 36, 26).

Espérance folle ? Non. Œuvre de Dieu qui retourne le cœur de l'homme dans un univers enfin réconcilié. Voilà le règne de Dieu.

Le règne de Dieu vient par et dans le Christ Sauveur qui accomplit parfaitement la sanctification du nom de Dieu et la délivrance, la libération de tous les hommes.
Jésus choisit ses disciples dans sa prière en les recevant du Père des cieux. Et les disciples, à leur tour, vont participer à l'avènement du règne de Dieu en l'annonçant, sur la parole du Fils, par la puissance de l'Esprit. »

— Card. Jean-Marie Lustiger. Prier avec Jésus, Genève, Ad Solem, 2013, p. 57-59.

Dieu le père

Commentaire selon saint Matthieu (Mt 6, 7-15) :

Dire « Notre Père »

« Dans quel état d'esprit sommes-nous quand nous voulons prier et que les premiers mots qui nous viennent sont ceux que Jésus a enseignés à ses disciples : « Notre Père » ?
À qui nous adressons-nous ? Le ciel paraît vide. Dieu semble insaisissable. Entend-il ? Existe-il seulement ? Notre foi, condition de la prière, n'est-elle qu'un cri sans écho dans la nuit ? Le malheur demeure. Les coups qui frappent les hommes sont inesquivables. Dieu va-t-il y remédier ? À quoi bon prier ? Reste-t-il une espérance, et si oui laquelle ? Dans un monde sans amour, comment aimer Dieu que l'on ne voit pas, alors que l'on aime si mal ses frères que l'on voit ?

La prière est un défi. Elle est épreuve de la foi dans un monde oublieux de Dieu. Elle est épreuve de l'espérance dans la condition souffrante. Elle est épreuve de l'amour qui doit purifier les cœurs de la haine.
Jésus nous incite à affronter ce défi et à surmonter ces épreuves. Il nous dit : « Vous donc, priez ainsi : "Notre Père..." », et non comme les païens qui répètent des mots ni comme les hypocrites qui se font voir. Les disciples, eux, savent que le Père voit dans le secret.
Dans l'Ancien Testament, lors de trois grandes fêtes de pèlerinage, Israël montait au Temple pour « être vu de Dieu », pour entrer dans le secret de Dieu. La prière du Christ nous place sous le regard du Père des Cieux, nous mettant dans une intimité avec Dieu tout autrement que le grand prêtre accédant seul, une fois l'an dans le Saint des Saints. »

— Prier avec Jésus, Genève, Ad Solem, 2013, p. 41-42.

De famille juive, Aron Jean-Marie Lustiger s'est converti au catholicisme en 1940[55]. Il a été nommé archevêque de Paris en 1981 et créé cardinal en 1983[56].

Peinture manuscrite enluminée arménienne du XIVe siècle par Sargis Pitsak . La première page de l'Évangile de Marc, Cod. 2627, fol. 436 r. (Matenadaran).

Commentaire selon saint Marc (10, 46-52) :

Lève-toi, il t'appelle !

« Saint Marc rapporte avec soin l'attitude de l'aveugle de Jéricho[57]. Rappelez-vous le cri de cet homme : « Jésus, Fil de David, aie pitié de moi ! » L'Orient Chrétien, des Églises de Byzance au monachisme, a chargé ces mots de toute la tradition spirituelle de la prière, donnant son contenu le plus fort à cette simple phrase incessamment répétée, les yeux fixés sur Jésus, le Sauveur du monde (Prière du cœur).

« Appelez-le », ordonne Jésus. Chacun de nous peut se dire que Jésus prononce pour lui cet ordre, et prendre pour lui l'encouragement de l'Église dans le « Courage lève-toi, il t'appelle » de ceux qui entourent Bartimée[58]. Et chacun de nous peut faire son geste quand, rejetant son manteau pour ne pas avoir d'entrave, il se précipite vers Jésus.
Chacun peut entendre pour lui cet appel à sa propre liberté : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » Voilà la question que Jésus nous pose : Que veux-tu que je fasse pour toi ? « Que je retrouve la vue », répond l'aveugle. La seule prière qui est exaucée sur le champ, c'est celle qui demande la Lumière, car Dieu est Lumière. « Va, ta foi t'a sauvé. » Et Bartimée voit Jésus et le suit sur son chemin qui monte vers sa Passion. »

— Card. Jean-Marie Lustiger. Homélie du 26 mai 1988, Cathédrale Notre-Dame de Paris, Archidiocèse de Paris.

Hommages

Le jardin Aron Jean-Marie Lustiger à l’abbaye Sainte-Marie de la Résurrection d'Abu Gosh[59].

Le , le Conseil de Paris décide de donner au Petit-Pont, près de la cathédrale Notre-Dame, le nouveau nom de Petit-Pont-Cardinal-Lustiger[60].

Le , dans les jardins de l'abbaye Sainte-Marie de la Résurrection d'Abu Gosh, en Israël, est inauguré le mémorial du cardinal Jean-Marie Lustiger, dû à l'initiative du Conseil représentatif des institutions juives de France, en présence de son président Richard Prasquier, qui exprime la « volonté des juifs d’honorer le cardinal », et de 150 personnes dont le grand-rabbin René-Samuel Sirat et le cardinal André Vingt-Trois[61].

Lors du jubilé des 850 ans de la cathédrale Notre-Dame de Paris, une des neuf nouvelles cloches est baptisée "Jean-Marie" en son honneur. Elle se situe actuellement dans la tour nord de l'édifice[62]'[63].

Publications

  • Pain de vie et peuple de Dieu, Centurion, , 80 p. (ISBN 978-2-903702-03-8)
  • Le Choix de Dieu. Entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, Editions de Fallois, , 473 p. (ISBN 978-2-87706-000-4)
  • La Messe, Bayard Jeunesse, coll. « Liturgie Prière », , 182 p. (ISBN 978-2-227-06703-5)
  • Le Choix De Dieu, Le Livre de Poche, coll. « Littérature & Documents », , 603 p. (ISBN 978-2-253-04914-2)
  • Nous avons rendez-vous avec l'Europe, Mame, coll. « Autres Réflexions », , 209 p. (ISBN 978-2-7289-0453-2)
  • Sermons d'un curé de Paris 1975-1977, Fayard, , 247 p. (ISBN 978-2-213-59564-1)
  • Soyez heureux : Entretiens sur le bonheur et les Béatitudes, [Matthieu, V, 3-12], Editions Nil, (ISBN 978-2-84111-083-4)
  • Comme Dieu vous aime. En pèlerinage à Jérusalem, Rome, Lourdes, Parole et Silence, , 134 p. (ISBN 978-2-84573-064-9)
  • La Promesse, Parole et silence, coll. « Essais de l’école cathédrale », , 222 p. (ISBN 978-2-84573-149-3)
  • Soyez heureux : Entretiens sur le bonheur et les béatitudes, Points, coll. « Points sagesses », , 140 p. (ISBN 978-2-02-096703-7)
  • Cardinal Jean-Marie Lustiger et Jean Duchesne, Prier avec Jésus : Entretiens sur le Notre Père, Paris, Ad Solem, coll. « Spiritualité », , 133 p. (ISBN 979-10-90819-64-1)

Notes et références

  1. Aron et non Aaron, d'après la plaque du cercueil et la feuille de messe diffusée lors des funérailles à Notre-Dame de Paris, le 10 août 2007
  2. a b c d e et f Sophie de Ravinel, « Le cardinal Lustiger est mort », Le Figaro du 5 août 2007
  3. (en) Karol Charles v Becalel Lustiger Karol Charles v Becalel Lustiger. geni.com.
  4. (en) Gissel Léa Lustiger. gw.geneanet.org.
  5. Serge Klarsfeld. Le Mémorial de la déportation des Juifs de France. Beate et Serge Klarsfeld: Paris, 1978. Nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms.FFDJF (Fils et Filles des Déportés Juifs de France), 2012.
  6. (en) Gisèle Lustiger. geni.com. Cette référence donne comme date de naissance 1905, ce qui semble inexact.
  7. « Les dates du cardinal Jean-Marie Lustiger », chronologie dans La Croix du 3 mai 2007
  8. a et b Jean-Marie Guenois, Le cardinal Lustiger est mort, in La Croix, 6 août 2007 Le cardinal Lustiger est mort - Religion - la-Croix.com
  9. a b c d e f g h i j et k « La vie du cardinal Jean-Marie Lustiger », sur www.paris.catholique.fr (consulté le )
  10. a et b L'adieu à Jean-Marie Lustiger, par Henri Tincq dans Le Monde du 6 août 2007.
  11. Entretien au quotidien israélien Yediot Aharonot, publié en 1982 par la revue Le Débat
  12. a b et c Robert Serrou, Lustiger "Cardinal, juif et fils d'immigré", Perrin, 1996, 2001
  13. a b c d et e Jean-Marie Guénois, « Les parents du cardinal Lustiger avaient été baptisés », sur LEFIGARO, (consulté le )
  14. Interview avec Serge Moati sur KTO, 2006 (vérifier) : http://www.ktotv.com/video.php3?numero=1140
  15. Voir, Klarsfeld, 2012.
  16. a b c d e f g et h Notice biographique de l'Académie française
  17. « Panneaux, photo 19 et 20 », sur Jeantouret.fr (consulté le )
  18. Matth. 19, 26, cf. message de Mgr Jean-Marie Lustiger lors de son ordination épiscopale à Orléans, le 8 décembre 1979 (http://www.catholique-orleans.cef.fr/index.php?dlm/4/27) et id., “Le choix de Dieu: Entretiens avec Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, Éditions du Fallois 1987, p. 395-396 (http://www.araldicavaticana.com/extraits_du_livre_du_cardinal_lu.htm)
  19. Auquel Jean-Marie Lustiger ajouter le yiddish
  20. L'effondrement de la démocratie, autoritarisme et totalitarisme dans l'Europe.
  21. Jean-Marie Lustiger fit souffler un vent tonique sur l'institution.
  22. « Le séminaire de Paris et la maison Saint-Augustin », sur seminairedeparis.fr,
  23. Collège des Bernardins, « Jean-Marie Lustiger homme de mémoire et d'avenir », sur collegedesbernardins.fr (consulté le )
  24. Liberation, « Les grands travaux de Mgr Lustiger », sur liberation.fr,
  25. THÉOLOGIE : La prédication, lieu de la théologie de Jean-Marie Lustiger.
  26. Cofrac - Communauté francophone de radios chrétiennes
  27. La FFRC - FFRC - Fédération Française des Radios Chrétiennes
  28. Code de droit canonique, 1983, can. 455 § 4 : "La compétence de chaque évêque diocésain demeure entière dans les cas pour lesquels ni le droit universel, ni un mandat particulier du Siège Apostolique ne donne pouvoir à la Conférence épiscopale […] ; ni la Conférence épiscopale, ni son président ne peuvent agir au nom de tous les évêques si tous et chacun des évêques n'ont pas donné leur consentement."
  29. Jean-Marie Lustiger, un colosse aux pieds d'argile.
  30. Jean-Marie Guenois, « Paris, un diocèse profondément remodelé par Jean-Marie Lustiger », La Croix, 6 août 2007
  31. Jack Lang, ancien ministre de la Culture, message de condoléances : « Même si parfois nos convictions respectives nous ont conduit à exprimer des vues divergentes sur la liberté cinématographique à propos du projet de film de Scorsese La dernière tentation du Christ ou sur la panthéonisation de l'abbé Grégoire, j'ai toujours rencontré en lui une immense ouverture d'esprit, un sens aigu de l'humain, une passion de l'universalisme, un extrême raffinement intellectuel. »
  32. a et b « Documentaire : Aron Jean-Marie Lustiger », sur www.ajcf.fr (consulté le )
  33. : : : DICI : : :
  34. Richard Prasquier, président du Conseil Représentatif des Institutions juives de France (CRIF) : « Mgr Jean-Marie Lustiger a joué un rôle historique considérable dans l'amélioration des relations entre juifs et catholiques. Les journées judéo-catholiques, créées à l'initiative de Lustiger, et qui se déroulent chaque année à New York, sont ainsi des « moments forts » qui « ont permis de faire dialoguer les juifs orthodoxes et les cardinaux ». »
  35. Article de l'agence de presse Zenit lors du voyage de Lustiger en janvier 2005, http://www.zenit.org/article-9568?l=french
  36. Article de mai 2006 de l'agence de presse Zenit.
  37. Maram Stern, secrétaire général adjoint du Congrès juif mondial (Communiqué du lundi 6 août) : « Le monde juif perd « l'un de ses meilleurs amis » et la France « une très grande figure morale » ». Le cardinal Lustiger « a toujours été conscient des dangers que représentaient pour les juifs l'antisémitisme, la persécution et la haine et il les a combattus avec toute son énergie ». « Avec le regretté pape Jean-Paul II, le cardinal Lustiger a été l'artisan du renforcement du dialogue en faveur d'une meilleure compréhension entre catholiques et juifs tant au niveau institutionnel qu'à un niveau personnel ». « Le monde chrétien a perdu une de ses personnalités les plus remarquables, la France a perdu une très grande figure morale et spirituelle et le monde juif un de ses meilleurs amis. » Richard Prasquier, président du Conseil représentatif des institutions juives de France. Déclaration à l'Associated Press du lundi 6 août : « (Le cardinal Lustiger) a partagé de par son origine le destin des juifs pourchassés pendant la période de la guerre. Il a perdu sa mère. Il a senti directement l'horreur et l'inanité de l'antisémitisme ». Il a joué « un rôle exceptionnel par sa propre vie, par les initiatives dont il a été à l'origine et par sa proximité avec les papes, aussi bien Jean-Paul II que Benoît XVI ».
  38. Article du Monde développant le caractère politique des interventions du cardinal, https://www.lemonde.fr/web/article/0,1-0@2-3382,36-942169@51-942139@45-1,0.html
  39. La Croix, 24 septembre 2003
  40. canon 401 § 1.
  41. Communiqué de Benoit XVI
  42. Le Cardinal Lustiger était « une grande figure de la vie spirituelle, morale, intellectuelle et naturellement religieuse de notre pays (…). Jean-Marie Lustiger ne se donna jamais à moitié (…) Cardinal, il fut le relais inlassable de l'esprit de la génération de Jean Paul II, en particulier à l'occasion des Journées mondiales de la jeunesse à Paris en 1997, dont il fut l'artisan principal (…). Le parcours spirituel du cardinal Lustiger restera à la fois un exemple et un grand mystère (…). Je m'associe à la peine des catholiques de France, des religieux et des religieuses, des prêtres et des évêques, qui savent gré au cardinal Lustiger d'avoir toujours cherché à conforter les valeurs morales, la force spirituelle et l'exigence intellectuelle du catholicisme français. » Communiqué du dimanche 5 août.
  43. Édition Spéciale, numéro réalisée en hommage au cardinal, sur sa vie et la marque qu'il a laissé.
  44. Interview avec Serge Moati sur KTO : http://www.ktotv.com/video.php3?numero=1140
  45. > « Mgr Maurice de Germiny - Église catholique en France », sur Église catholique en France (consulté le ).
  46. http://www.lemondedesreligions.fr/archives/2007/09/01/debat-le-retour-de-la-messe-en-latin,8918003.php
  47. Marianne Dubertret, « Jean-Marie Lustiger : « Je suis une provocation vivante » », La Vie,‎ (lire en ligne)
  48. http://www.acteursdavenir.net/bibli
  49. « 1ère Lettre du Curé - Église Saint Germain des Prés », sur Église Saint Germain des Prés (consulté le ).
  50. 17 avril 1954, ordination sacerdotale.
  51. aumônier parisien de la paroisse universitaire de la Sorbonne et des grandes écoles. Directeur du centre Richelieu en 1959.
  52. Septembre 1969, curé de sainte Jeanne de Chantal, Paris XVI.
  53. 10 novembre 1979, ordonné le 8 décembre 1979.
  54. Nommé le 31 janvier 1981, archevêque.
  55. Mgr Lustiger : l’histoire d’une conversion inattendue.
  56. Les parents du cardinal Lustiger avaient été baptisés.
  57. Bartimée, l’aveugle de Jéricho.
  58. Qui est Bartimée ? Qui est Jésus ?.
  59. « Israël / Chrétienté - Décès du Père Charles Galichet, , père abbé d'Abu Gosh », sur CRIF,
  60. Inauguration du “Petit Pont – Cardinal Lustiger”.
  61. Inauguration du mémorial Lustiger en Israël.
  62. Arrivée des nouvelles cloches à Notre-Dame de Paris.
  63. Notre-Dame : les nouvelles cloches sont bénies.

Annexes

Bibliographie

  • Jean-Marie Lustiger et Hans Urs von Balthasar (Préface), Osez croire, Osez vivre, Folio ; Edition internationale, , 544 p. (ISBN 978-2-0703-2357-9)
  • Jean-Marie Lustiger, Jean-Louis Missika et Dominique Wolton, Le Choix de Dieu : Entretiens, Editions de Fallois, , 478 p. (ISBN 978-2-8770-6000-4)
  • Cardinal Jean-Marie Lustiger, Sermons d'un curé de Paris (1975-1977), Fayard, , 247 p. (ISBN 978-2-2135-9564-1)
  • Robert Serrou, Lustiger, Cardinal, juif et fils d'immigré, Librairie Académique Perrin, , 316 p. (ISBN 978-2-262-00026-4)
  • jean-marie Lustiger, Une pensée par jour, Mediaspaul, , 112 p. (ISBN 978-2-7122-1021-2)
  • Jean-Luc Marion, Éloge du cardinal Lustiger, Académie française, , dans Communio, t. XXXV, 2010
  • Jean-Marie Lustiger, Jean-Marie Lustiger, témoin de Jean-Paul II : Articles, conférences, entretiens, homélies ... 1980-2007, Parole et Silence, , 196 p. (ISBN 978-2-8457-3978-9)
  • Henri Tincq, Jean-Marie Lustiger, Paris, Grasset, coll. « Documents Français », , 368 p. (ISBN 978-2-246-74681-2).

Filmographie

Liens externes