Ordre national du Mérite (France)

Ordre national du Mérite
Illustration.
Avers
Seconde illustration.
Revers
Médaille de chevalier de l'ordre national du Mérite.
Conditions
Décerné par Drapeau de la France France
Type Ordre honorifique civil et militaire
Décerné pour Mérites distingués rendus à la nation française
Éligibilité Militaires ou civils
Détails
Statut Toujours décerné
Grades Chevalier
Officier
Commandeur
Grand officier
Grand-croix
Statistiques
Création Charles de Gaulle
Première attribution
Membres Au 31 décembre 2012 :
Chevaliers : 153 329
Officiers : 31 614
Commandeurs : 5 078
Grands officiers : 298
Grands-croix : 137
Grand maître : 1
Ordre de préséance
Illustration.
Ruban de chevalier de l'ordre du mérite

L'ordre national du Mérite est un ordre honorifique français institué le par le général de Gaulle[1]. Il récompense les mérites distingués, militaires ou civils, rendus à la nation française. Il remplace d'anciens ordres ministériels et coloniaux.

Sa création permet de revaloriser l'ordre national de la Légion d'honneur créé par Napoléon Bonaparte le pour récompenser les mérites éminents.

Il comprend également trois grades : chevalier, officier et commandeur ainsi que deux dignités : grand officier et grand-croix.

La nomination dans l'ordre national du Mérite peut se faire par proposition ministérielle ainsi que par la procédure d'initiative citoyenne.

Historique

Le contexte de sa création est rapporté par Alain Peyrefitte. Lors du conseil des ministres du 14 novembre 1963, le président Charles de Gaulle, sur recommandation du grand chancelier Georges Catroux, craignant « l'inflation des décorations », il fut décidé de créer l'ordre national du Mérite et de supprimer 17 ordres ministériels, qui n'étaient pas contrôlés par la chancellerie de la légion d'honneur. Il y eu des plaidoyers de André Malraux pour sauver l'ordre des arts et des lettres, puis de Christian Fouchet pour les palmes académiques et de Edgard Pisani pour le mérite agricole, qui furent conservés. Georges Pompidou fit un plaidoyer sans succès pour conserver les anciens ordres du mérite, arguant que le mérite social, postal, sportifs… sont des ordres accessibles à tous mais le nouvel ordre du mérite serait inatteignable pour eux, privilégiant les hommes politiques, les officiers supérieurs et les hauts fonctionnaires, comme marchepied avant la légion d'honneur[2].

Pompidou déclara que le général avait été persuadé par Catroux en adoptant la symbolique historique de la nation, liée aux trois grands monarques français : Napoléon qui créa la légion d'honneur au camp de Boulogne et Louis XIV qui créa l'Ordre royal de Saint-Louis, Catroux ayant dans son bureau deux tableaux représentant les premières attributions de ces ordres. Peyrefitte déclara que c'est l'un des cas où la vision historique de De Gaulle et la vision pragmatique de Pompidou s'opposèrent, ayant la préférence pour ce dernier[2].

Le décret de création de l'ordre national du Mérite a la particularité de porter les signatures de trois présidents de la République française. Il est signé du président Charles de Gaulle, de Georges Pompidou alors Premier ministre et de Valéry Giscard d'Estaing, ministre des Finances et de l'Économie de l'époque[3].

Application

L'ordre national du Mérite ainsi arrive en quatrième position dans la hiérarchie des décorations, derrière la médaille militaire, l'ordre de la Libération et l'ordre national de la Légion d'honneur.

Cet ordre remplace ainsi 17 décorations, qui devinrent des ordres en extinction, ils ne sont pas abrogés :

Ces ordres ministériels font l'objet d'un arrêt d'attribution ou de promotion depuis le 1er janvier 1964, mais les titulaires actuels survivants des grades et dignités desdits ordres continuent à jouir des prérogatives y étant attachées, et ce d'après l'article 38 du décret no 63-1196 portant création d'un Ordre National du Mérite. En foi de quoi, même si ces ordres ministériels sont effectivement placés en extinction depuis 1964, ils ne sont pas éteints tant qu'il reste au moins un survivant dans chaque ordre. De surcroît, aucun décret instituant ces 17 ordres ministériels n'a été abrogé par aucun autre texte de loi en vigueur. Les membres survivants de l'un de ces ordres ont toujours le droit de porter leur décoration, ceci est garanti par le décret no 63-1196.

Quatre ordres ont toutefois subsisté en raison notamment de l'ancienneté ou de circonstances particulières : l'ordre des Palmes académiques, l'ordre du Mérite agricole, l'ordre du Mérite maritime et l'ordre des Arts et des Lettres.

Contingents

Pour les ressortissants français, les contingents de croix de l'ordre national du Mérite pour la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2020, sont fixés à 5038 croix par le décret 2018-29 du 19 janvier 2018[4], soit :

À titre civil
  • 2544 chevaliers
  • 538 officiers
  • 106 commandeurs
  • 8 grands officiers
  • 4 grand'croix

Total 3200 croix.

À titre militaire
  • 1342 chevaliers
  • 380 officiers
  • 70 commandeurs
  • 6 grands officiers
  • 2 grand'croix

Total 1838 croix.

Pour les ressortissants étrangers, le contingent de croix de l'ordre national du Mérite pour la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2020, est fixé par le décret 2018-30 du 19 janvier 2018[5], soit :

  • 200 chevaliers
  • 94 officiers
  • 40 commandeurs
  • 4 grands officiers
  • 2 grand'croix

Total 340 croix.

Le nombre total de croix pour l'ensemble des ressortissants français et étrangers pour la période 2018-2020 est donc fixé par ces deux décrets à 5378 croix.

Insignes

Le colonel Aziz Meliani, dignitaire de l’ordre, portant les insignes de son rang à l’occasion d’une cérémonie à la nécropole nationale de Strasbourg-Cronenbourg , le .

L'insigne, qui fut créé par le sculpteur-médailleur français Max Leognany, est une étoile à six branches doubles, émaillées de bleu, en argent pour les chevaliers, en vermeil pour les officiers. Le centre de l'étoile est entouré de feuilles de laurier entrecroisées et représente l'effigie de la République, entourée d'un cercle portant les mots : République française. Elle est surmontée d'une couronne d'attache de feuilles de chêne entrecroisées, en argent pour les chevaliers, en vermeil pour les officiers. Le revers porte deux drapeaux tricolores entrecroisés, entourés d'un cercle portant l'inscription : Ordre national du Mérite et la date de fondation de l'ordre : . L'insigne est suspendu à un ruban en moire bleu de France. Selon Pompidou, la couleur fut une suggestion de Catroux, arguant la symbolique du bleu de France et étant de même couleur que l'Ordre du Saint-Esprit[2].

Les autres éléments distinctifs sont les suivants selon les grades :

  • l'insigne comporte une rosette pour les officiers ;
  • celui des commandeurs est suspendu à une cravate ;
  • les grands officiers portent la croix d'officier mais aussi une plaque en argent sur le côté droit de la poitrine ;
  • les grands-croix portent la même plaque, mais en vermeil, sur le côté gauche de la poitrine ; la croix « se porte en écharpe », suspendue au bas — donc à gauche — d’un large ruban bleu qui passe sur l'épaule droite.

Ces décorations officielles sont frappées notamment par la Monnaie de Paris[réf. nécessaire].

Port des différents grades.

Avantages

Les filles, petites-filles et arrière-petites-filles des décorés français peuvent demander à intégrer les maisons d'éducation de la Légion d'honneur[6], des établissements d’enseignement public destinés aux descendantes de décorés. Elles accueillent 1 000 jeunes filles en internat, de la 6e aux classes préparatoires et BTS. Le suivi pédagogique personnalisé, les effectifs réduits par classe (25 élèves en moyenne), le système des récompenses et la qualité de la vie scolaire participent aux résultats obtenus chaque année, avec un taux de réussite de 100% au brevet et au baccalauréat[réf. nécessaire].

Récipiendaires

Le président de la République française est le grand maître de l'ordre. Le grand chancelier de la Légion d'honneur est chancelier de l'ordre national du Mérite. Depuis 1974, tous les Premiers ministres sont élevés, par le président de la République, à la dignité de grand-croix de l'ordre national du Mérite après six mois de fonction[7].

Chevalier Officier Commandeur Grand officier Grand-croix
Ordre national du merite chevalier FRANCE.jpg Ordre national du Mérite (officier).jpg O.N.M. ordre National du Mérite.jpg Ordre national du mérite grand-officier.jpg Echarpe grand croix nom.jpg|Plaque Grand-croix ordre national du mérite.jpg
Ordre national du Merite Chevalier ribbon.svg Ordre national du Merite Officier ribbon.svg Ordre national du Merite Commandeur ribbon.svg Ordre national du Merite GO ribbon.svg Ordre national du Merite GC ribbon.svg

Notes et références

  1. Décret no 63-1196 du 3 décembre 1963 portant création d'un ordre national du Mérite, JORF no 284 du 5 décembre 1963, p. 10834–10837, sur Légifrance.
  2. a b et c Alain Peyrefitte, C'était de Gaulle : 2, "La France reprend sa place dans le monde" [1963-1966], De Fallois, , VI « Tout aurait été balayé », « 3. « C'est une perpétuelle improvisation » »
  3. Fédération sportive et culturelle de France (FSCF), « Une décoration ? Pourquoi pas ! », Les Jeunes, no 2502,‎ , p. 32
  4. Décret n° 2018-29 du 19 janvier 2018 fixant les contingents de croix de l'ordre national du Mérite (ressortissants français) pour la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2020
  5. Décret n° 2018-30 du 19 janvier 2018 fixant le contingent de croix de l'ordre national du Mérite (ressortissants étrangers) pour la période du 1er janvier 2018 au 31 décembre 2020
  6. « Ordre national du Mérite », Annuel,‎ (lire en ligne, consulté le 1er décembre 2018)
  7. Décret no 63-1196 du 3 décembre 1963 portant création d'un ordre national du Mérite, article 5 du 23 décembre 1974

Voir aussi

Bibliographie

  • Anne de Chefdebien (dir.), Nicolas Botta-Kouznetzoff (dir.), Dominique Antérion, Paul H. Demogé, Guy Deploige, Jean-François Dubos, Tom Dutheil, Marcel Joussen-Anglade, André Marchand et Patrick Spilliaert (préf. François Hollande, président de la République, grand maître de l'ordre de la Légion d'honneur et de l'ordre national du Mérite / général d'armée Jean-Louis Georgelin, grand chancelier de la Légion d'honneur), De Gaulle et le Mérite : création d'un ordre républicain, HM éditions, , 112 p., 220 x 270 mm (ISBN 2-903104-25-5).
  • Olivier Matthey-Doret, « L'ordre national du Mérite absorbe les ordres ministériels 1963/2003 », étude présentée dans le cadre de l'Académie des sciences, arts et belles-lettres de Dijon, section Héraldique et Numismatique
  • Dr. Françoise Serodes, L'Ordre national du Mérite, Paris, Nane editions, 2011.

Articles connexes

Liens externes

  • « Association nationale des membres de l'ordre national du Mérite », sur anmonm.com (consulté le 12 décembre 2011) : « Le 27 juillet 1972 est créée la « Société d'Entraide des membres de l’Ordre National du Mérite » devenue, le 26 octobre 1974, « Association des membres de l’ordre mational du Mérite », dont le siège social est fixé 163 rue Saint-Honoré, à Paris 1er. Le 20 septembre 1977, l’Association des membres de l’ordre mational du Mérite devient « Association nationale des membres de l'ordre national du Mérite », dont l’acronyme est : ANMONM. »
  • « Ordres nationaux », sur reserve.marine.defense.gouv.fr (consulté le 7 décembre 2011) : « L’ordre national du Mérite a été créé par décret n°63-1196 du 3 décembre 1963. L’ordre national du Mérite est destiné à récompenser les mérites distingués acquis soit dans une fonction publique, civile ou militaire, soit dans l'exercice d’une activité privée. »
  • Site et forum sur les décorations militaires et civiles françaises (Ordres et médailles)
  • "Ordre national du Mérite" sur le site de la grande chancellerie de la Légion d'honneur