Jacques Kohn

Jacques Kohn
Biographie
Naissance
Décès
(à 82 ans)
Jérusalem
Nationalité
Formation
Activité
Père
Autres informations
Distinction

Jacques (Chelomo[1]) Kohn (30 janvier 1929, Paris-14 janvier 2012, Jérusalem, Israël) est un magistrat, avocat général français qui a prononcé le réquisitoire lors du procès Villemin de 1993 et érudit juif, éditeur moderne de Rachi. C'est aussi un éducateur, issu d'une famille juive orthodoxe, dont le père, Samuel Kohn, résistant a été arrêté, le 7 février 1943, dans la Rafle de la rue Sainte-Catherine à Lyon et déporté à Auschwitz.

Éléments biographiques

Famille

Jacques Kohn est né à Paris, le 30 juin 1929. Son père Samuel Kohn, fondé de pouvoir dans une banque à Paris est né dans le 9e arrondissement de Paris[2],[3].

La mère de Jacques Kohn est Marguerite Samuel, de Colmar. Elle est née le 19 février 1907 à Saverne, Bas-Rhin et décédée en 1993[4].

Après la guerre, veuve, Maguerite Kohn est secrétaire de direction de l'École Yabné, au 60 Rue Claude-Bernard, dans le 5e arrondissement de Paris[5].

Jacques Kohn est l'aîné de sa famille. Il a 3 sœurs et un frère[6].

Jacques Kohn est l'époux d' Ellen Klopman . Ils ont 3 enfants.

Arrestation et déportation de son père

Le père de Jacques Kohn, Samuel Kohn, est arrêté le 7 février 1943, lors de la rafle de la rue Sainte-Catherine à Lyon, par la Gestapo, sous les ordres de Klaus Barbie.Il est transféré de Lyon vers le Camp de Drancy. Il est déporté par le Convoi No. 62, en date du 20 novembre 1943, à Auschwitz, où il est assassiné.

Éducation juive

Le père de Jacques Kohn, Samuel Kohn, est un membre actif de la synagogue orthodoxe non-consistoriale Adas Yereim, dans le 9e arrondissement de Paris. Le rabbin Elie Munk guide les enfants de Samuel Kohn, après sa déportation.

Après la guerre, Jacques Kohn passe deux ans à Cleveland, aux États-Unis, à la Yechiva de Telsz.

Études séculaires

Jacques Kohn fait ses études secondaires au Lycée Condorcet, dans son quartier, le 9e arrondissement de Paris.

Carrière de magistrat

Jacques Kohn devient juge d'instruction à Senlis puis à Mulhouse[3]. Il termine sa carrière en tant que procureur de la République à Dijon[3]. Il y est avocat général lors du procès Jean-Marie Villemin en 1993. Il critique alors sévèrement le premier juge de l'affaire, le juge Lambert[7] : « Il a accumulé des erreurs trop nombreuses pour qu'il me soit possible d'en dresser l' inventaire. »[8] Il requiert à cette occasion une peine d’au moins dix ans de prison contre Jean-Marie Villemin, meurtrier de Bernard Laroche mais n'obtient que cinq ans dont un an avec sursis[7].

L'étude de la Torah à Jérusalem

Après avoir vécu à Mulhouse de 1962 à 1990[3], il s'installe en 1999 à Jérusalem, où il consacre son temps à l'étude de la Torah et à son enseignement. Il publie une édition appréciée du Houmach avec le commentaire de Rachi aujourd'hui disponible en ligne sur le site Sefarim. Bien que pratiquant un judaïsme orthodoxe, il refuse l'idée de séparer hommes et femmes dans les autobus[9].

De formation juridique, Jacques Kohn répond en juriste à diverses questions liées au judaïsme, sous la forme de Responsa[10].

Jacques Kohn est décédé le 14 janvier 2012, à Jérusalem, à l'âge de 82 ans. Il est enterré au Mont des Oliviers.

Distinction

Il est nommé chevalier de la Légion d'honneur le 13 juillet 1993[11].

Ouvrages

  • Jacques Kohn, Houmach avec Rachi, Jérusalem, Librairie Gallia[12], ouvrage salué en 2009 par le magazine l'Arche d'édition « excellente quoique peu connue »[13]. Le commentaire de Rachi traduit par Jacques Kohn est disponible sur Sefarim[14]. Il s'agit d'une traduction non seulement rigoureuse mais aussi explicitée là où la pensée de Rachi n'est pas immédiatement compréhensible[15].

Bibliographie

  • Marguerite Kohn. Nous, les rescapés: le destin d'une famille juive française de stricte observance[16].

Notes et références

  1. Prénom de son grand-père paternel.
  2. Voir, Moché Catane. Salomon (Schlôme) Wolf Klein Grand Rabbin de Colmar et du Haut-Rhin (1814-1867). Bulletin de nos Communautés. 1955.
  3. a b c et d Voir, Jacques Kohn 1920-2012. Hommage de Jacky Dreyfus, Grand Rabbin honoraire du Haut-Rhin. 18 janvier 2012. judaisme.sdv.fr.
  4. Voir, (en) Marguerite Kohn. Geni.
  5. Voir, Rabbin Jacues Grunewald. La colo de Moosch: Être ou avoir été. judaisme.sdv.fr.
  6. Voir, R. Levy (Epinay). Lettre en hommage à Jacques Kohn Zal. 16 janvier 2012. chiourim.com.
  7. a et b Thierry Moser, « L’avocat des époux Villemin s’insurge contre le livre du juge Lambert », sur Dalloz-Actualités,
  8. « Affaire Grégory. Le juge Lambert est persuadé de l'innocence de Laroche »,
  9. « Et pourquoi ne pas séparer les hommes des femmes dans les bus ? », sur JSS News,
  10. Voir, Dernières réponses de JacquesKohn Z"L. cheela.org.
  11. « Décret du 13 juillet 1993 portant promotion et nomination », sur Legifrance
  12. Le Houmach est la désignation hébraïque du Pentateuque
  13. L'Arche, (présentation en ligne)
  14. « Sefarim »
  15. Rachi désormais accessible sur Internet
  16. Voir, Marguerite Kohn. Nous, les rescapés: le destin d'une famille juive française de stricte observance.

Articles connexes

Liens externes