Olympe de Gouges

Olympe de Gouges
Marie-Olympe-de-Gouges.jpg
Portrait d'Olympe de Gouges attribué à Alexandre Kucharski. Pastel sur parchemin, vers 1788. 45,5 x 37,5 cm, collection privée.
Biographie
Naissance
Décès
(à 45 ans)
Paris
Nom de naissance
Marie Gouze
Pseudonymes
Olympe de Gouges
Marie-Olympe
Nationalité
Activités
Enfant
Pierre Aubry de Gouges ()
Autres informations
Domaine
Religion
Archives conservées par
Atria Institute pour histoire feminin (en)
Prononciation
Œuvres principales
signature d'Olympe de Gouges
signature

Marie Gouze, dite Olympe de Gouges Écouter, née le à Montauban et morte guillotinée le à Paris, est une femme de lettres française, devenue femme politique. Elle est considérée comme une des pionnières du féminisme français.

Auteure de la Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, elle a laissé de nombreux écrits en faveur des droits civils et politiques des femmes et de l’abolition de l'esclavage des Noirs.

Elle est souvent prise pour emblème par les mouvements pour la libération des femmes.

Biographie

Montauban

Née le à Montauban, Marie Gouze[1] a été déclarée fille de Pierre Gouze, bourgeois de Montauban maître boucher[2] — il n’a pas signé au baptême car absent — et d’Anne Olympe Mouisset, fille d'un avocat issu d'une famille de marchands drapiers[note 1], mariés en 1737[3]. Cette dernière, née en 1712, était la filleule du marquis Jean-Jacques Lefranc de Pompignan (le père d'Anne avait été le précepteur de Jean-Jacques), né en 1709, avec qui elle aurait entretenu une relation amoureuse. Selon le député Jean-Baptiste Poncet-Delpech et d’autres, « tout Montauban » savait que Lefranc de Pompignan était le père adultérin de la future Marie-Olympe de Gouges[4].

Le , à l’âge de dix-sept ans et demi, Marie Gouze fut mariée à un traiteur parisien de trente ans son aîné, Louis-Yves Aubry, officier de bouche de l'Intendant de la généralité de Montauban et probablement un important client de la boucherie des Gouze. Quelques mois plus tard, la jeune femme donna naissance à un fils, Pierre. Homme grossier et inculte, son mari mourut en 1766, emporté par une crue du Tarn[5]. La loi française interdisant à une femme autrice de publier un ouvrage sans le consentement de son époux, elle ne se remaria jamais, conservant ainsi sa liberté de publication. Elle qualifiait le mariage religieux de « tombeau de la confiance et de l’amour »[6]. Madame Aubry portait couramment les prénoms de « Marie-Olympe » (signant plusieurs textes ainsi) ou plus simplement d’« Olympe », ajoutant une particule à son patronyme officiel « Gouze » que l’on trouve parfois écrit « Gouges », graphie adoptée par certains membres de sa famille dont sa sœur aînée Mme Reynard, née « Jeanne Gouges », épouse d’un médecin[7].

Rien ne la rattachant à Montauban, sinon sa mère qu’elle aida financièrement par la suite[note 2], elle rejoignit sa sœur aînée à Paris. Au début des années 1770, elle vécut à Paris avec son fils à qui elle fit donner une éducation soignée. Pendant ce séjour à la Cour, elle changea de nom : ce ne fut plus Marie Gouze, mais Olympe de Gouges[8].

Paris et le théâtre

Anonyme, portrait d'Olympe de Gouges.Mine de plomb et aquarelle, dix-huitième siècle. Musée du Louvre.
Anonyme, Olympe de Gouges. Mine de plomb et aquarelle, dix-huitième siècle. Musée du Louvre.

Elle avait rencontré un haut fonctionnaire de la marine, Jacques Biétrix de Rozières, alors directeur d’une puissante compagnie de transports militaires en contrat avec l'État[note 3]. Lorsqu'il lui proposa de l’épouser, elle refusa mais leur liaison dura jusqu'à la Révolution. Grâce au soutien financier de son compagnon, elle put mener un train de vie bourgeois, figurant dès 1774 dans l’Almanach de Paris ou annuaire des personnes de condition. Elle demeura rue des Fossoyeurs, aujourd'hui rue Servandoni, au no 18-22. Issue par sa mère de la bourgeoisie aisée de Montauban, Olympe de Gouges avait reçu une éducation qui lui permit de s'adapter aux usages de l'élite parisienne. Dans les salons qu’elle fréquentait, elle fit la rencontre de plusieurs hommes de lettres et elle s'essaya également à l'écriture. Sa filiation supposée avec Jean-Jacques Lefranc de Pompignan, dramaturge dont la pièce Didon avait été un grand succès, est également une motivation probable à son entrée dans la carrière littéraire. Elle revendiquait l’héritage de son talent dramatique. Menant une vie luxueuse et galante de manière assez ostentatoire, elle acquit une réputation de courtisane entretenue par les hommes dans un contexte où la femme libre était assimilée à une prostituée[9].

Support privilégié des idées nouvelles, le théâtre demeurait à cette époque sous le contrôle étroit du pouvoir. Olympe de Gouges monta sa propre troupe, avec décors et costumes. C'était un théâtre itinérant qui se produisait à Paris et sa région. Le marquis de la Maisonfort raconte dans ses Mémoires comment, en 1787, il racheta le « petit théâtre » d'Olympe de Gouges, conservant d'ailleurs une partie de la troupe dont faisait partie le jeune Pierre Aubry, son fils.

Indépendamment de son théâtre politique qui fut joué à Paris et en province pendant la Révolution, la pièce qui rendit célèbre Olympe de Gouges est L’esclavage des noirs, ou l’heureux naufrage, publié sous ce titre en 1792[10] mais inscrite au répertoire de la Comédie-Française le 30 juin 1785 sous le titre de Zamore et Mirza, ou L’heureux naufrage[11]. Cette pièce audacieuse dans le contexte de l'Ancien Régime, avait été acceptée avec une certaine réticence par les comédiens du Théâtre français qui étaient dépendants financièrement des protections que leur accordaient les gentilshommes de la chambre du roi[note 4]. L'utopie humaniste d'Olympe de Gouges[12] qui imprègne ce texte lui aura valu de multiples menaces de mort, notamment de la part des propriétaires d'esclaves.

La pièce d’Olympe de Gouges, dont le but avoué était d’attirer l’attention publique sur le sort des Noirs esclaves des colonies, mêlait modération et subversion dans le contexte de la monarchie absolue. Le « Code noir » édicté sous Louis XIV était alors en vigueur et de nombreuses familles présentes à la cour tiraient une grande partie de leurs revenus des denrées coloniales, qui représentaient la moitié du commerce extérieur français à la veille de la Révolution. En septembre 1785, Olympe de Gouges qui s’était plainte de passe-droits et craignait de voir sa pièce reléguée aux oubliettes, se plaignit des comédiens. L’un d’eux, Florence, se sentit insulté et s’en plaignit à son entourage. Le baron de Breteuil et le maréchal de Duras, gentilshommes de la Chambre et ministres, se saisirent de l'occasion pour s'accorder à envoyer Olympe de Gouges à la Bastille et retirer la pièce anti-esclavagiste du répertoire du Français. Grâce à diverses protections, notamment celle du chevalier Michel de Cubières dont le marquis son frère[note 5] était un favori de Louis XVI, la lettre de cachet fut révoquée.

Avec la Révolution française, la Comédie-Française devint plus autonome grâce notamment à Talma et Thérèse Vestris, et la pièce sur l’esclavage, inscrite quatre ans plus tôt au répertoire, fut enfin représentée. Malgré les changements politiques, l'idéologie coloniale restait très présente, et Olympe de Gouges, soutenue par ses amis de la Société des amis des Noirs, continua à faire face au harcèlement, aux pressions et même aux menaces. En mars 1792 grâce à l'élection à la mairie de Paris, en novembre 1791 d'un Jacobin, membre actif de la Société des Amis des Noirs, Jérôme Pétion, elle réussit à faire éditer le texte de la pièce. EN avril 1790 dans ses adieux aux Français elle annonça qu'elle venait d'écrire une seconde pièce abolitionniste, intitulée le Marché des Noirs. Mais elle la proposa sans succès en décembre de la même année [note 6]. Le 22 juillet 1793, surlendemain de son arrestation, puis le jour même de sa condamnation à mort le 2 novembre, elle invoqua sa pièce De l'esclavage des Nègres, pour preuve de son patriotisme et de son combat de toujours contre la tyrannie[13].

Essais sur la question coloniale

En plus de ces deux pièces de théâtre antiesclavagistes, Olympe de Gouges publia en février 1788 des Réflexions sur les hommes nègres,

« L’espèce d’hommes nègres, écrivait-elle avant la Révolution, m’a toujours intéressée à son déplorable sort. Ceux que je pus interroger ne satisfirent jamais ma curiosité et mon raisonnement. Ils traitaient ces gens-là de brutes, d’êtres que le Ciel avait maudits ; mais en avançant en âge, je vis clairement que c’était la force et le préjugé qui les avaient condamnés à cet horrible esclavage, que la Nature n’y avait aucune part et que l’injuste et puissant intérêt des Blancs avait tout fait[14]. »

Ce texte la mit en contact avec la Société des Amis des Noirs dont elle ne put cependant être membre[note 7] en raison de ses cotisations élevées et de son règlement intérieur exclusif[15]. En janvier 1790, soit près de deux ans après la naissance de cette société, elle nia — en réponse aux imputations d'un colon — avoir jamais voulu en faire partie :

« Ce n’est pas la cause des philosophes, des Amis des Noirs que j’entreprends de défendre mais la mienne propre, et vous voudrez bien me permettre de me servir des seules armes qui sont en mon pouvoir... Je puis donc vous attester, Monsieur, que les Amis des Noirs n’existaient pas quand j’ai conçu ce sujet, et vous deviez plutôt présumer, si la prévention ne voue eût pas aveuglé, que c’est peut-être d’après mon drame que cette société s’est formée, ou que j’ai eu l’heureux mérite de me rencontrer noblement avec elle »[16].

Dans la brochure elle nia connaître, « M. de La Fayette », « ce héros magnanime », autrement que de « réputation ». En février 1788 Lafayette fut pourtant un des membres fondateurs de cette société, et elle n'aurait évidemment pas manqué de le croiser. Si au début de l'année 1790 elle n'était pas membre de la Société des Amis des Noirs[17] il se peut qu'elle y soit entrée au deuxième semestre 1790 : Brissot affirma en 1793 dans ses mémoires, sans en dater le fait, qu'elle y fut admise[18]. Dans les archives de la Société, pour la tranche chronologique 19 février 1788-11 juin 1790, son nom est seulement mentionné deux fois, en janvier et avril 1790 ; et ce comme une abolitionniste extérieure à la Société[19]. Cette adhésion relativement tardive coïnciderait avec l'écriture de sa seconde pièce de théâtre antiesclavagiste,le Marché des Noirs. Comme antiesclavagiste elle est citée en 1808 par un ancien adhérent actif, l’abbé Grégoire, dans la « Liste des Hommes courageux qui ont plaidé la cause des malheureux Noirs » en préambule de De La littérature des Nègres. Les 69 personnes qui y figuraient n'avaient pas toutes appartenu à cette Association. De décembre 1789 à mars 1790 elle écrit deux lettres et un mémoire à propos du montage de sa pièce, Zamor et Mirza : "lettre de Mme de Gouges, auteur de l’esclavage des nègres au public" (Chronique de Paris, 19 décembre 1789) ; « lettre aux littérateurs français » (Le Courrier de Paris, le Fouet national 2 mars 1790), Mémoire pour Mme de Gouges contre les Comédiens-Français(mars 1790). Le 24 avril 1790 en proie provisoirement au découragement sur la révolution en général et la question de l'esclavage en particulier, elle annonça une mise en congé et écrivit :

« Par ailleurs qu'ai-je dit aux colons ? Je les ai exhortés à traiter leurs esclaves avec plus de douceur et de générosité. Mais ils ne veulent pas perdre la plus légère partie de leurs revenus. Voilà le sujet de leurs craintes, de leur rage, de leur barbarie. »[20]

On ne contestera pas la modération de ce texte. Mais il faut le remettre dans le contexte de son quasi-isolement et de l'échec du montage de Zamor et Mirza dont elle dut tenter, sans résultat, d'en adoucir le ton face au maire de Paris, Bailly, très lié au club Massiac.

Pour la première fois à la mi-septembre 1791 dans le postambule de sa fameuse déclaration des droits de la femme et de la citoyenne en même temps qu'elle plaidait le remplacement du mariage patriarcal et marital, par un "Contrat social de l'homme et de la femme", acceptant le principe du divorce, elle donna un avis sur l'infériorisation des mulâtres, propriétaires d'esclaves, par les Blancs :

« Il était bien nécessaire que je dise quelques mots sur les troubles que cause, dit-on, le décret en faveur des hommes de couleur, dans nos iles... Les Colons prétendent régner en despotes sur des hommes dont ils sont les pères et les frères ; et méconnoissant les droits de la nature, ils en poursuivent la source jusque dans la plus petite teinte de leur sang. Ces colons inhumains disent : notre sang circule dans leurs veines, mais nous le répandrons tout (sic), s’il le faut, pour assouvir notre cupidité, ou notre aveugle ambition[21]. »

Elle défendait chaleureusement les droits des mulâtres, enfants naturels issus d'une relation sexuelle illégitime entre une esclave et un blanc. Elle invoquait implicitement par solidarité avec eux sa propre naissance illégitime, et explicitement sa foi dans le droit naturel. A ce titre elle approuvait avec ses imperfections le décret amendé du 15 mai 1791, voté par tout le côté gauche antiségrégationniste - Robespierre excepté - de l'assemblée constituante ; soit un accord mitoyen qu'elle estimait « dicté par la prudence et par la justice »[22]. Elle stigmatisait également sans les nommer, Barnave, les Lameth, leurs complices à l'assemblée nationale qui tentaient de faire abroger le décret du 15 mai comme ils y réussiront finalement le 24 septembre 1791 : « Il n'est pas difficile de deviner les instigateurs de ces fermentations incendiaires : il y a dans le sein même de l'Assemblée nationale : ils allument en Europe le feu qui doit embraser l'Amérique »[23].

La Révolution française

Frontispice de la brochure Remarques patriotiques... Cette allégorie figure Louis XVI en grand costume de sacre, assis sur un char tiré par un coq et un mouton, tandis qu'une jeune femme (vraisemblablement Olympe de Gouges elle-même) tend la brochure à Marie-Antoinette. Paris, BNF, 1789.
Plaque au 4 rue du Buis, où vécut Olympe de Gouges.
Plaque au 18 rue Servandoni, où vécut Olympe de Gouges.

En 1788, le Journal général de France publia deux brochures politiques d’Olympe de Gouges, dont son projet d’impôt patriotique développé dans sa célèbre Lettre au Peuple[24]. Dans sa seconde brochure, les Remarques patriotiques, par l’auteur de la Lettre au Peuple[25], elle développait un vaste programme de réformes sociales et sociétales. Ces écrits furent suivis de nouvelles brochures qu’elle adressait épisodiquement aux représentants des trois premières législatures de la Révolution, aux Clubs patriotiques et à diverses personnalités dont Mirabeau, La Fayette et Necker qu’elle admirait particulièrement.

Ses propositions étaient proches de celles des hôtes d'Anne-Catherine Helvétius, qui tenait un salon littéraire à Auteuil, et où l’on défendait le principe d’une monarchie constitutionnelle. En 1790, elle s'installa elle-même à Auteuil, dans la rue du Buis, et y demeura jusqu'en 1793.

Commentant la limitation du droit de vote et d'élégibilité aux citoyens riches et propriétaires imposée par les Feuillants en septembre 1791, elle écrivit :

« Fuyez cette horde confuse, ce mélange effroyable de feuillants, d’aristocrates, d’Emissaires de Coblentz, des brigands de tout genre, de tout état, de toute espèce & qui ne fondent leur fortune que sur celle de citoyens propriétaires »[26].

A ses débuts dans le conflit girondins/Montagnards elle s'engagea pour les seconds contre les premiers : comme Robespierre et Marat elle s'oppose à la guerre d'attaque plaidée par Brissot, Vergniaud (pourtant son ami)-, Guadet et Condorcet. Ainsi écrit-elle quelques jours avant la déclaration de guerre du 20 avril 1792 :

... il faut convaincre, et rendre à chacun la liberté de délibérer sur le sort de son pays […] voilà ma motion, et je m’oppose, comme M. Robespierre, au projet de la guerre...[27]

En mars 1792 elle critiqua ironiquement Brissot :

« Je ne suis pas tout - à - fait l’ennemie des principes de M. Brissot, mais je les crois impraticables [ …] Il est aisé même au plus ignorant, de faire des révolutions sur quelques cartons de papier ; hélas l’expérience de tous les peuple & celles que font les Français, m’apprennent que les plus savants & les plus sages n’établissent pas leurs doctrines sans produire des maux de toutes espèces. »[28]

Cependant, en octobre 1792 de par ses relations avec le marquis de Condorcet et son épouse née Sophie de Grouchy, elle rejoignit les Girondins. Elle fréquentait les Talma, le marquis de Villette et son épouse, également Louis-Sébastien Mercier et Michel de Cubières, secrétaire général de la Commune après le 10 août, qui vivait avec la comtesse de Beauharnais, autrice dramatique et femme d’esprit qui tenait un salon rue de Tournon. Avec eux, elle devint républicaine comme beaucoup de membres de la société d’Auteuil qui pratiquement tous s’opposèrent à la mort de Louis XVI. Sous le choc de la découverte de l'armoire de fer, fin novembre 1792 elle écrivit une pièce de théâtre républicaine, la France sauvée ou le tyran détrônée, qui se déroulait la veille du 10 août 1792 :

« Madame Elisabeth : (…) Je ne peux être unie qu’à un roi, simple citoyen. Vous pouvez prétendre à mon cœur dans le silence mais vous ne serez jamais mon époux.

« - Barnave : Songez madame qu’un représentant du peuple, un Barnave, vaut les Rois que vous citez. Je ne diffère d’avec eux que par cet esprit de politique, de trahison (…) Que me manquerait-il encore pour vous mériter ?

« - Madame Elisabeth : Le sang royal !

« - Barnave : Songez que j’ai racheté ce sang, par celui que j’ai fait couler, l’Amérique fume encore de ce sang que vous me reprochez. Cruelle, quand j’ai conservé peut-être seul le trône à votre frère, vous me reprochez ma naissance. Avez-vous pu oublier qu’il n’a dépendu peut-être que de moi, d’abolir la royauté en France ? (...)

« (…) Et la révision de la Constitution, n’est-elle pas mon ouvrage ? Et les agitations perpétuelles de la France et de l’Amérique ne me donnent-elles pas le droit de vous obtenir ? »[29]


Cet extrait constituait à nouveau une condamnation de la constitution de septembre 1791 et de son fondateur Barnave : celui-ci avait trahi les principes en imposant le suffrage censitaire, le marc d'argent et la révocation le 24 septembre des droits des mulâtres ; ce par amour pour la soeur de Louis XVI, Madame Elisabeth. Celle-ci ne l'en écondusait pas moins du fait de ses origines roturières.

Le 16 décembre 1792, Olympe de Gouges se proposa d'assister Malesherbes dans la défense du roi devant la Convention, mais sa demande fut rejetée avec mépris[6]. Le 18 janvier 1793 elle renonça à toute sa philosophie abolitionniste : en cas de victoire du sursis à l'exécution de Louis XVI auquel elle appelait de ses voeux, tous les membres de la famille royale devaient face à l'ennemi aux frontières, servir d'otages, y compris les deux enfants innocents.

« Le fils de Louis est innocent, mais il peut prétendre à la couronne, et je veux lui ôter toute prétention. Je voudrais donc que Louis, que sa femme, ses enfants et toute sa famille fussent enchaînés dans une voiture et conduits au milieu de nos armées, entre le feu de l’ennemi et notre artillerie. Si les brigands couronnés persistent dans leurs crimes, et refusent de reconnaître l’indépendance de la république française, je briguerai l’honneur d’allumer la mèche du canon qui nous délivrera de cette famille homicide et tyrannique. »[30].

Lors de la rupture à la Convention Robespierre-Pétion en novembre 1792 elle prit parti pour Pétion. Chez les Montagnards en fait ce fut à l'automne 1792 surtout Maximilien Robespierre, Marat et Bourdon de l'Oise qu'elle attaqua. En mars 1793 elle prit ses distances avec les Girondins et appela, au nom de la République, tous les courants politiques de la Convention Nationale à s'unir :

« Montagne, Plaine, Rolandistes, Brissotins, Buzotins, Girondistes, Robespierrots, Maratistes, disparaissez épithètes infâmes ! Disparaissez à jamais et que les noms de législateurs vous remplacent pour le bonheur du peuple, pour la tranquillité sociale et pour le triomphe de la patrie. »[31]

Égalité des sexes

Elle considérait que les femmes étaient capables d’assumer des tâches traditionnellement confiées aux hommes et, dans pratiquement tous ses écrits, elle demandait qu’elles fussent associées aux débats politiques et aux débats de société. S’étant adressée à Marie-Antoinette pour protéger « son sexe » qu’elle dit malheureux, elle rédigea une Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, calquée sur la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789, dans laquelle elle affirmait l’égalité des droits civils et politiques des deux sexes, insistant pour qu’on rendît à la femme des droits naturels que la force du préjugé lui avait retirés. Ainsi, elle écrivait : « La femme a le droit de monter sur l’échafaud ; elle doit avoir également celui de monter à la Tribune. » La première, elle obtint que les femmes fussent admises dans une cérémonie à caractère national, « la fête de la loi » du 3 juin 1792, puis à la commémoration de la prise de la Bastille le 14 juillet 1792.

Son combat pour les femmes se poursuivit dans ses productions théâtrales[32], notamment dans Le Couvent ou les vœux forcés (1790). Alors qu'à l'Assemblée constituante les députés débattent de l'utilité des couvents et de la liberté des femmes, elle les écoute attentivement, n'hésitant pas à prendre des notes afin d'emprunter leurs idées et de les transmettre à ses personnages. L'un d'entre eux, l'abbé Gouttes, deviendra d'ailleurs le héros de sa pièce à travers le personnage du curé[33].

Parmi les premiers, elle demanda l’instauration du divorce en février 1790, dans une pièce de théâtre, nécessité du divorce, puis en février 1792 dans un essai,le Bon sens du Français. Ce principe fut finalement adopté par l'assemblée législative le 20 septembre 1792. Elle demanda également la suppression du mariage religieux, et son remplacement par une sorte de contrat civil signé entre concubins et qui prendrait en compte les enfants issus de liaisons nées d’une « inclination particulière[6] ». En 1790 elle inséra dans une motion au duc d'Orléans un plaidoyer pour le droit au divorce et un statut équitable pour les enfants naturels en fait surtout consacré au second point[34]. C’était, à l’époque, véritablement révolutionnaire, de même son engagement en faveur de la libre recherche de la paternité et la reconnaissance d’enfants nés hors mariage. Elle fut aussi une des premières à théoriser, dans ses grandes lignes, le système de protection maternelle et infantile que nous connaissons aujourd’hui et, s’indignant de voir les femmes accoucher dans des hôpitaux ordinaires, elle demandait la création de maternités. Sensible à la pauvreté endémique, elle recommandait enfin la création d’ateliers nationaux pour les chômeurs et de foyers pour mendiants. [35] Toutes ces mesures préconisées « à l’entrée du grand hiver » 1788-1789 étaient considérées par Olympe de Gouges comme essentielles, ainsi qu’elle le développe dans Une patriote persécutée, son dernier écrit avant sa mort.

La fin

Olympe de Gouges à l’échafaud.

En 1793, elle s’en était vivement prise à ceux qu’elle tenait pour responsables des massacres des 2 et 3 septembre 1792 : « Le sang, même des coupables, versé avec cruauté et profusion, souille éternellement les Révolutions ». Elle désignait particulièrement Marat, qu'elle traite d'« avorton de l'humanité »[36], l’un des signataires de la circulaire du 3 septembre 1792 proposant d’étendre les massacres de prisonniers dans toute la France. Soupçonnant Robespierre, selon elle « l'opprobre et l'exécration de la Révolution »[36], d’aspirer à la dictature, elle l’interpella dans plusieurs écrits, ce qui lui valut une dénonciation de Bourdon de l'Oise au club des jacobins.

Dans ses écrits du printemps 1793, elle dénonça la montée en puissance de la dictature montagnarde, partageant l’analyse de Vergniaud sur les dangers de dictature qui se profilait, avec la mise en place d’un Comité de salut public, le 6 avril 1793, qui s’arrogeait le pouvoir d’envoyer les députés en prison. Après la mise en accusation du parti girondin tout entier à la Convention, le 2 juin 1793, elle adressa au président de la Convention une lettre où elle s’indignait de cette mesure attentatoire aux principes démocratiques (9 juin 1793), mais ce courrier fut censuré en cours de lecture. Ici aussi elle garda ses distance avec la Gironde en dédicaçant, au nom de l'unité de la Convention, voire de ses conviction idéologiques, son affiche à Danton qu'elle avait ménagé -au contraire des Brissotins- à l'automne 1792 :

"C’est toi Danton que je choisis pour le défenseur des principes que j’ai développés à la hâte et avec abondance de cœur dans cet écrit. Quoique nous différions dans la manière de manifester notre opinion, je ne te rends pas moins la justice qui t’est due, et je suis persuadée que tu me la rends aussi ; j’en appelle à ton profond discernement, à ton grand caractère ; juges-moi. Je ne placarderai pas mon testament ; je n’incendierai pas le peuple de Paris ni les départements ; je l’adresse directement, et avec fermeté, aux jacobins, au département, à la commune, aux sections de Paris, où se trouve la majorité saine des bons citoyens, qui, quels que soient les efforts des méchants, sauvera la chose publique."

Elle s'accordait bien avec "le défenseur de principes" sur trois mesures qu'il avait demandées, parfois avec succès, depuis le mois de mars 1793. Ainsi en fut-il du vote demandé par Danton de la libération des prisonniers pour dettes le 9 mars 1793, qui constituait sept ans plus tôt le thème de deux pièces de théâtre d'Olympe de Gouges,Le mariage inattendu de Chérubin et L’homme généreux. Suivit au printemps 1793 sa requête, le 5 avril, pour l'obtention d'un abaissement du prix du pain pour les pauvres à corriger par une taxe sur les riches, puis, les 27 avril et 8 mai, celle pour un impôt sur les riches. Or quatre ans plus tôt, dans les remarques patriotiques de décembre 1788, Olympe de Gouges préconisait une panoplie d’impôts sur les signes extérieurs de richesse et un impôt volontaire à proportion du salaire. Deux mois après la chute de la Gironde, ce fut sous la Présidence de Danton (25 juillet-8 août 1793), que le 27 juillet, la Convention montagnarde( sur demande de l'abbé Grégoire) supprima le versement de primes aux négriers. La lettre du 1er août 1793, adressée par Olympe de Gouges du fond de sa prison à ce Président de la Convention, avait peut-être trait à l'esclavage et à la traite[37]. Les 15 et 16 Pluviôse an II-3 et 4 février 1794 "le défenseur des principes" en clamant fermement la nécessité d'émanciper sans délai tous les Noirs des colonies, rendit implicitement hommage au combat abolitionniste d'Olympe de Gouges et à son appel unitaire du 9 juin 1793. Par ailleurs elle admettait implicitement le bien-fondé de la création, le 10 mars 1793, du tribunal révolutionnaire. Danton, son fondateur, souligna, de par son exclamation célèbre, "soyons terribles pour dispenser le peuple de l'être", que cette nouvelle institution préviendrait de nouveaux "massacres de septembre" ; ces massacres elle les avait abhorrés. Sophie Mousset relève qu'Olympe de Gouges, toute occupée en juin 1793 à défendre la démocratie politique, ne s'est pas aperçue, de la création par les Montagnards du vote le 28 juin 1793 d'« une loi de soutien aux mères célibataires, et accès plein et entier à la citoyenneté des enfants abandonnés » qu'elle avait toujours appelé de ses vœux[38].

D'après Annette Rosa, après la chute de la Gironde les Montagnards cherchèrent à oublier Olympe de Gouges[39]. Mais le 20 juillet 1793 elle se mit en contravention avec la loi de mars 1793 relative à l'interdiction des écrits remettant en cause le principe républicain. Ainsi sous le titre de Les Trois urnes ou le Salut de la patrie, par un voyageur aérien composa-t-elle une affiche qui demandait une élection à trois choix : république une et indivisible, république fédéraliste, retour à la monarchie constitutionnelle[6]. Pour avoir proposé ce troisième choix elle fut arrêtée par les Montagnards le 20 juillet 1793, jour de l'affichage du texte, et déférée le 6 août 1793 devant le tribunal révolutionnaire qui l’inculpa.

Malade des suites d’une blessure infectée reçue à la prison de l'Abbaye et réclamant des soins, elle fut envoyée à l’infirmerie de la Petite-Force, rue Pavée dans le Marais, et partagea la cellule d’une condamnée à mort en sursis, Mme de Kolly, qui se prétendait enceinte[note 8]. En octobre suivant, elle mit ses bijoux en gage au Mont-de-Piété et obtint son transfert dans la maison de santé Mahay, sorte de prison pour riches où le régime était plus libéral et où elle eut, semble-t-il, une liaison avec un des prisonniers. Désirant se justifier des accusations pesant contre elle, elle réclama sa mise en jugement dans deux affiches qu’elle avait réussi à faire sortir clandestinement de prison et à faire imprimer. Ces affiches – « Olympe de Gouges au Tribunal révolutionnaire » et « Une patriote persécutée », son dernier texte – furent largement diffusées et remarquées par les inspecteurs de police en civil qui les signalent dans leurs rapports.

Traduite au Tribunal au matin du 2 novembre, soit quarante-huit heures après l’exécution de ses amis Girondins, elle fut interrogée sommairement. Privée d’avocat, elle se défendit avec adresse et intelligence. Condamnée à la peine de mort pour avoir tenté de rétablir un gouvernement autre que « un et indivisible », elle se déclara enceinte. Les médecins consultés se montrèrent dans l’incapacité de se prononcer, mais Fouquier-Tinville décida qu’il n’y avait pas grossesse[note 9]. Le jugement était exécutoire, et la condamnée profita des quelques instants qui lui restaient pour écrire une ultime lettre à son fils, laquelle fut interceptée[40]. D’après un inspecteur de police en civil, le citoyen Prévost, présent à l’exécution, et d’après le Journal de Perlet ainsi que d’autres témoignages, elle monta sur l'échafaud avec courage et dignité, contrairement à ce qu'en disent au XIXe siècle l'auteur des mémoires apocryphes de Sanson et quelques historiens dont Jules Michelet. Elle s'écrie devant la guillotine : « Enfants de la Patrie vous vengerez ma mort. » Elle avait alors 45 ans. Elle est la deuxième femme (après Marie-Antoinette) a avoir été guillotinée pendant la révolution[41].

Son fils, l'adjudant général Aubry de Gouges, par crainte d'être inquiété, la renia publiquement dans une « profession de foi civique »[note 10]. Le procureur de la Commune de Paris, Pierre-Gaspard Chaumette évoque :

« [cette] virago, la femme-homme, l’impudente Olympe de Gouges qui la première institua des sociétés de femmes, abandonna les soins de son ménage, voulut politiquer et commit des crimes… Tous ces êtres immoraux ont été anéantis sous le fer vengeur des lois. Et vous[note 11] voudriez les imiter ? Non ! Vous sentirez que vous ne serez vraiment intéressantes et dignes d’estime que lorsque vous serez ce que la nature a voulu que vous fussiez. Nous voulons que les femmes soient respectées, c’est pourquoi nous les forcerons à se respecter elles-mêmes. »

Postérité

Portrait de Pierre Aubry de Gouges.

Olympe de Gouges a laissé un fils, Pierre Aubry de Gouges, qui, au début de la Révolution vivait en concubinage avec Marie-Hyacinthe Mabille qu’il épousa après la Terreur et dont il eut au moins deux filles et trois fils. Au début du Consulat, il fut confirmé dans le grade de chef de brigade et chargé par Bonaparte d’un commandement en Guyane française. La famille débarqua à Cayenne en , au moment où le gouverneur Victor Hugues rétablissait l’esclavage qu’Olympe de Gouges avait vainement combattu. Pierre Aubry de Gouges expira quelques mois plus tard, le 17 pluviôse an XI à Macouria, sans doute de la malaria. Son épouse se remaria avec le citoyen Audibert, originaire de Marseille, et quelques années plus tard, elle dut fuir la Guyane conquise en 1809 par les Portugais, dans un climat de violence. Elle embarqua pour la France sur un navire, l'Éridan, qui fut capturé et détourné par un corsaire anglais. Pendant ces événements, Mme Aubry mourut à bord, et son corps fut jeté à la mer. Ses fils retournèrent plus tard en France. Une des petites-filles d’Olympe, Anne-Hyacinthe-Geneviève, épousa un capitaine anglais, William Wood, et sa sœur Charlotte épousa un riche Américain, Robert Selden Garnett  (1789-1840), membre du Congrès de 1820 à 1827, et propriétaire de plantations en Virginie. Les descendants connus d’Olympe de Gouges, aux États-Unis, en Tasmanie et en Australie conservent des portraits de famille et le procès-verbal d’exécution de leur ancêtre.

Aucun article de fond, aucune recherche sérieuse n'a été ainsi consacrée à Olympe de Gouges par la revue de référence de la Société des études robespierristes (AHRF) dont le premier numéro consacré aux femmes est publié en 2006[42]. Cette absence prolongée de repères historiographiques solides a contribué au dédain dont Olympe de Gouges fut et est encore l’objet[43]. Cependant, la méconnaissance de la psychologie du personnage[note 12] a contribué à susciter des interrogations sur sa santé mentale. Il a par exemple été soutenu qu’elle ne savait pas véritablement lire ni écrire, alors qu’on dispose de quelques-unes de ses lettres écrites à la prison de l'Abbaye, mais certes avec des fautes de style ou d'orthographe. Elle était abonnée à divers journaux et un portrait la représente un livre à la main[44].

L’hostilité à l’égard de femmes engagées comme le fut Olympe de Gouges a souvent été le fait d’autres femmes, ainsi qu’elle le déplorait déjà en son temps. Elle déclare, dans une de ses pièces de théâtre :

« Les femmes n’ont jamais eu de plus grands ennemis qu’elles-mêmes. Rarement on voit les femmes applaudir à une belle action, à l’ouvrage d’une femme[45]. »

Dans le postambule de sa Déclaration des droits de la femme (septembre 1791), elle émet l'idée que l’infériorité contrainte de la femme l’a amenée à user de ruse et de dissimulation : « Les femmes ont fait plus de mal que de bien. La contrainte et la dissimulation ont été leur partage. Ce que la force leur avait ravi, la ruse le leur a rendu ; elles ont eu recours à toutes les ressources de leurs charmes, et le plus irréprochable ne leur résistait pas. Le poison, le fer, tout leur était soumis ; elles commandaient au crime comme à la vertu. Le gouvernement français, surtout, a dépendu, pendant des siècles, de l’administration nocturne des femmes ; le cabinet n’avait point de secret pour leur indiscrétion ; ambassade, commandement, ministère, présidence, pontificat, cardinalat ; enfin tout ce qui caractérise la sottise des hommes, profane et sacré, tout a été soumis à la cupidité et à l’ambition de ce sexe autrefois méprisable et respecté, et depuis la révolution, respectable et méprisé ». Elle exhortait donc les femmes de son temps à réagir : « Femmes, ne serait-il pas grand temps qu’il se fît aussi parmi nous une révolution ? Les femmes seront-elles toujours isolées les unes des autres, et ne feront-elles jamais corps avec la société, que pour médire de leur sexe et faire pitié à l’autre ? »[46].

Hommages

Reconnaissance et célébration

Marie-Olympe de Gouges sort de l’anecdote de la petite histoire après la fin de la Seconde Guerre mondiale. Étudiée particulièrement aux États-Unis, au Japon et en Allemagne, son indépendance d’esprit et ses écrits en font une des figures de la fin du XVIIIe siècle[44]. Elle est considérée comme la première féministe française[47].

En France, quelques érudits régionalistes, entre autres, se sont intéressés au personnage (se basant notamment sur la publication en 1912 du tome X du Répertoire général des sources manuscrites de l'histoire de Paris pendant la Révolution française d'Alexandre Tuetey qui recense les actes du procès d'Olympe de Gouges, ses lettres[48]), ce qui n'empêche pas des historiens comme Alain Decaux de continuer dans son Histoire des Françaises en 1972 à manifester une certaine hostilité à son égard[49]. C’est après la parution (1981) de la biographie d’Olivier Blanc qui a exhumé les sources manuscrites, entre autres notariales, et lors de la préparation du bicentenaire de la Révolution de 1789, que les textes d’Olympe de Gouges ont été joués et édités[44]. De nombreux articles universitaires et notamment ceux de Gabrielle Verdier (États-Unis) et de Gisela Thiele-Knobloch (Allemagne) ont dégagé l’intérêt de l’œuvre dramatique d’Olympe de Gouges qui aborde des thèmes nouveaux comme l’esclavage (Zamore et Mirza), le divorce (Nécessité du divorce), la prise de voile forcée (Le Couvent) et autres sujets sensibles à son époque.

Depuis octobre 1989, à l’initiative de l’historienne Catherine Marand-Fouquet, plusieurs pétitions ont été adressées à la présidence de la République demandant la panthéonisation d’Olympe de Gouges. Jacques Chirac, conseillé par Alain Decaux, n’a pas donné suite. En novembre 1993, elle engage une manifestation devant le Panthéon de Paris pour commémorer le bicentenaire de l’exécution d’Olympe de Gouges. Cette manifestation s’inscrit aussi dans la revendication de la parité. En 1992 dans Triomphe et mort du droit naturel en Révolution (1789-1795-1802), Florence Gauthier évoque le personnage en tant qu'auteur d'une déclaration des droits de la femme et de la citoyenne. Cas unique, semble-t-il, dans un doctorat d'histoire, soutenu en 1998 et publié en 2002 sur le mouvement anti-esclavagiste français de cette période, Jean-Daniel Piquet a abordé le cas d'Olympe de Gouges dans son apport et ses limites : son caractère pionnier dans cet engagement, confirmé en septembre 1791 dans un préambule à sa déclaration des droits de la femme et de la citoyenne (même si dans ce dernier texte cela concernait uniquement la question des mulâtres), allait de pair avec une répugnance à admettre en 1792 le droit au recours à la violence de la part des mulâtres et des esclaves de Saint-Domingue pour défendre leurs droits ; droit pourtant admis par un nombre ascendant de patriotes.

« C’est à vous, actuellement, eſclaves, hommes de couleur, à qui je vais parler ; j’ai peut-être des droits incontestables pour blâmer votre férocité : cruels, en imitant les tyrans, vous les justifiez (...) Quelle cruauté, quelle inhumanité ! La plupart de vos maîtres étaient humains et bienfaisants et dans votre aveugle rage vous ne distinguez pas les victimes innocentes de vos persécuteurs. Les hommes n’étaient pas nés pour les fers et vous prouvez qu’ils sont nécessaires. Je ne me rétracte point j’abhorre vos tyrans, vos cruautés me font horreur »[50].

Ce texte lui valut par lettre le persiflage en avril 1792 de l'adjoint du maire Pétion, Manuel :

« ... Mme de Gouges a voulu aussi concourir à la rédemption des Noirs ; elle pourra trouver des esclaves qui ne veulent pas de leur liberté »[51].

En fait, elle s'exprime aussi peut-être par haine absolue de la violence : contrairement à ce que tout le monde croyait elle n'a pas toujours soutenu les Girondins contre les Montagnards. En avril 1792, elle donne ainsi ostensiblement raison à Robespierre dans son combat contre le bellicisme européen des Brissotins. Jean-Daniel Piquet a également signalé que son nom figure en 1808 dans une liste introductive à l'œuvre anti-esclavagiste de l'abbé Grégoire De la littérature des Nègres. Cette liste constituait une dédicace à tous ceux qui avaient mené le combat pour la cause des Noirs et des sang-mêlés[52]. Par ailleurs, ajoute-t-il, en 1853, dans son roman Ingénue, Alexandre Dumas la décrit aussi sous cet aspect. Un chapitre entier, Le Club Social, traite de la dénonciation de l'esclavage et fournit un panorama étendu du mouvement abolitionniste à la veille de la Révolution française (1788). Olympe de Gouges, auteur de Zamor et Mirza, y a droit à un paragraphe. Le débat a été esquissé. En 2003, en réponse à l'auteur dans deux travaux différents, Olivier Blanc estima que ce dernier n'avait pas suffisamment pris en compte les risques d'embastillement qu'elle prenait sous l'Ancien Régime[53] et releva aussi que l'accord sur la mention de son nom par l'abbé Grégoire en 1808 témoignait à coup sûr de l'importance du combat d'Olympe de Gouges sur les questions coloniales[54]. Ni le pamphlet de 1792 contre l'insurrection de Saint-Domingue ni la réaction de Manuel, relevés par Jean-Daniel Piquet, n'étaient cependant évoqués par Olivier Blanc.

Controverses

En 2013, est publié dans Marianne un article de la journaliste Myriam Perfetti favorable à la panthéonisation d'Olympe de Gouges[55]. Cet article est contesté par Florence Gauthier, maîtresse de conférence spécialiste d'histoire moderne, histoire des révolutions et histoire des colonies françaises esclavagistes qui refuse de voir en Gouges l'anticipatrice des mesures sociales du XXe siècle, mesures votées au contraire par la Convention montagnarde en 1793-1794[56]. Il en résulte une vigoureuse réaction d'Olivier Blanc[57], ce qui amène Florence Gauthier à lui répondre[58]. Une nouvelle réplique de la rédaction du Nouvel Observateur (en la personne de Sylvia Duverger) et d'Olivier Blanc ont suivi[59],[60]. Dans l'Obs d'autres articles et interviews d'Olivier Blanc et de Sylvia Duverger suivront les années suivantes et dans le Hufftington Post Jean-Marc Schiappa en 2016 suivra l'argumentaire de Florence Gauthier[61]. Les principaux arguments développés par Florence Gauthier sont les suivants : la question du droit de vote est présentée de façon erronée alors que certaines femmes en tant que cheffes de maisonnée pouvaient voter depuis le Moyen Âge dans les assemblées villageoises et urbaines. C'est la mise en place par l'Assemblée constituante en 1791 d'un système électoral censitaire qui exclut de fait les pauvres et les femmes alors même que de nombreuses femmes ont pu, dans les premiers temps de la Révolution, mettre en œuvre leurs droits civiques dans les assemblées primaires populaires. D'après F. Gauthier, Gouges ne dénonce jamais dans ses écrits le système censitaire défavorable, certes aux femmes, mais surtout aux pauvres. Par ailleurs, F. Gauthier s'interroge sur la politique de liberté illimitée du commerce associée à la loi martiale mise en place à différentes reprises au cours du XVIIIe siècle et réactivée pendant la Révolution française : cette pratique implique une spéculation sur les matières premières (grains) et la création de crises de subsistance. Elle avance des arguments pour prouver que Gouges est favorable à cette politique. Elle aurait en attaquant la Montagne en juin 1793 rejeté la constitution de l'an I. Enfin, elle tempère les positions antiesclavagistes d'Olympe de Gouges : d'après elle, Gouges vise plus à une amélioration des conditions de vie qu'à une remise en cause réelle du système colonial. Cela se perçoit particulièrement après le débat de mai 1791 où elle aborde uniquement la question des colons « libres de couleur » et ignore l'esclavage et la critique du système colonial. Florence Gauthier considère donc qu'Olympe de Gouges « a pris la défense d’une société monarchique et d’une aristocratie des riches »[62],[63]. Par ailleurs ajoute-t-elle il n'existe aucune source permettant de dire que Robespierre, ait joué le moindre rôle dans son arrestation et sa condamnation à mort. Les minutes de son procès n'indiqueraient jamais qu'elle ait été arrêtée et guillotinée pour son militantisme féministe mais pour « ses écrits contre la souveraineté du peuple »[64]. Jean-Marc Schiappa suit mais récuse en plus toute intention progressiste à sa déclaration des droits de la femme, du fait qu'elle était postérieure à Varennes et à la fusillade du Champs de Mars puis dédicacée à la reine.

A propos des femmes Sylvia Duverger s'étonne que Florence Gauthier n'ait pas remarqué le sexe exclusivement masculin des élus aux Etats-Généraux. Elle ajoute qu'au début 1790 un futur conventionnel girondin Charles de Villette protesta contre l'exclusion des femmes des assemblées politiques. Dans sa première réponse Olivier Blanc s'étonne de l'absence de documentation de l'article de Florence Gauthier : aucune publication qui lui permette de dire qu'elle ait adhéré à la constitution de 1791. Au contraire elle exprime des réserves sur ses imperfections le 5 septembre 1791 dans repentir de Mme de Gouges puis dans Le bon sens français. Jusqu'à sa mort ajoute-t-il ses revenus étaient très faibles à la différence de beaucoup de Montagnards.

D'après Olivier Blanc (qui refuse de répondre à Jean-Marc Schiappa) c'est par strict respect de la loi et par attachement à l'égalité hommes/femmes qu'Olympe de Gouges participe à la fête du 3 juin 1792 commémorant la mort du maire d'Etampes, Simonneau. La journée du 10 août 1792 constituerait un soulagement pour elle. S'agissant des mesures sociales, il cite une pièce de théâtre de février 1790, Nécessité du divorce, en faveur de cette liberté soit deux à trois ans avant sa promulgation en septembre 1792. Olivier Blanc souligne la convergence de vue radicale à la Convention sur la question coloniale qui existerait entre Olympe de Gouges et les Girondins, souvent Amis des Noirs, qui aurait abouti au décret du 16 pluviôse an II : "l'extraordinaire rapport que Jérôme Pétion a préparé en vue de l'abolition"[65]. Convergence qu'on retrouverait sur les droits des femmes défendus par Charles de Villette, Pierre Guyomar et Nicolas Condorcet.

En revanche, à propos de la responsabilité de Robespierre dans l'arrestation et la condamnation à mort d'Olympe de Gouges après juin 1793, Olivier Blanc n'informe que des accusations antérieures de tyrannie, d'orgueil et d'ambition qu'elle porta contre lui. Il ne répond pas non plus quant aux PV de l'arrestation et de la condamnation d'Olympe de Gouges, qui n'invoqueraient jamais le délit de féminisme. Il ne commente pas non plus les attaques d'Olympe de Gouges contre l'insurrection d'esclaves et de gens de couleur[note 13].

Florence Gauthier ne source ni ne reproduit l'opinion qu'Olympe de Gouges exprima sur la seule question des droits des hommes libres de couleur[66]. La considérant comme girondine, elle et Olivier Blanc assurent qu'elle fut membre fondatrice de la Société des amis des Noirs en 1788, mais ignorent ses dénégations de 1790, que Jean-Daniel Piquet avait relevées. S'agissant de sa participation à la fête de la mort de Simonneau, le 3 juin 1792 elle rapporte cette phrase : « Les femmes, à la tête du cortège national, confondront les partis destructeurs et les factieux frémiront. » Mais à nouveau Florence Gauthier ne référence pas ; pas de référence ni même de citation quant à un rejet d'Olympe de Gouges en juin 1793 de la constitution de l'an I et de la nouvelle politique sociale des Montagnards.

L'épithète Girondins mise en relief par Olivier Blanc, pour qualifier les féministes et les amis d'Olympe de Gouges tels que Charles de Villette, Pierre Guyomar, Condorcet a suscité débat. En 1975, Jacqueline Chaumié listait le groupe des Brissotins à la Convention dans lequel elle dénombrait 137 conventionnels, à partir des listes de proscritions établies par les Montagnards de mai à octobre 1793 ; et ce sans en faire un groupe homogène[67]. Elle n'assimile que par les décrets montagnards de proscription les députés expulsés en mai-juin 1793 aux 73 conventionnels qui pétitionnèrent contre ces exclusions sans partager les opinions des expulsés. N'ayant jamais été inquiétés, les noms de Villette et Guyomar n'étaient pas insérés dans les listes statistiques de Jacqueline Chaumié. Robert et Elisbeth Badinter, biographes en 1989 de Condorcet relevèrent que dès janvier 1793,lors du procès du roi il prit ses distances avec le coeur du mouvement brissotin évincé de la Convention les 31 mai et 2 juin : il vota contre l'appel au peuple, ne vota pas la mort certes mais sur des bases strictement abolitionnistes et non d'une crainte de l'Europe évoquée par les autres Brissotins, s'abstint sur le sursis, ne se prononça pas en avril sur la mise en accusation de Marat et vota même avec la Montagne, le 28 mai, contre le rétablissement de la Commission des Douze. Sont compris dans les listes du seul fait de leurs exécutions à l'automne 1793 deux députés éphémères, Kersaint et Pierre Manuel qui démissionnèrent en janvier 1793 à l'annonce de la condamnation à mort de Louis XVI. Certaines historiennes - Anna Rosa, Benoite Groult- avaient relevé l'antiféminisme de plusieurs Brissotins, Isnard, Gammon, Buzot, Gorsas au printemps 1793 relayés à l'automne par les Montagnards, Chabot, Basire et Fabre d'Eglantine[68] puis de Lanjuinais au printemps 1795 qui prolonge celui d'Amar exprimé à l'automne 1793[69]. A l'inverse parmi les classiques du féminisme révolutionnaire, est souvent cité, le chapitre "femmes" par le montagnard jacobin, Joseph Lequinio inséré dans son livre, Les Préjugés détruits(novembre 1792).

Panthéonisation

Comme au début des années 1990, le nom d'Olympe de Gouges circule parmi les « panthéonisables »[70]. Néanmoins, après l'annonce du 21 février par le président de la République des quatre personnalités entrant au Panthéon en 2014[71], sa popularité fait toujours d'elle une candidate à une entrée dans un futur proche[réf. nécessaire][72].

Odonymie

Le théâtre Olympe-de-Gouges à Montauban.
Son buste surmontant la déclaration des droits de la femme, salle des quatre colonnes du palais Bourbon.

De nombreuses municipalités françaises ont rendu hommage à Olympe de Gouges en donnant son nom à des établissements scolaires, des voies publiques, des bâtiments publics, dont la place Olympe-de-Gouges à Paris, le « centre Olympe de Gouges » (maternité et gynécologie) du CHRU de Tours, les « rue Olympe-de-Gouges » à Alfortville, Amiens, Asnières-sur-Seine, Belfort, Besançon, Billère, Dijon, Évreux, Gennevilliers, Les Sables-d'Olonne (anc. rue François Villon de Château-d'Olonne), Libourne, Lille, Nantes, Prades-le-Lez, Rennes, Reims, Saint-Denis, Saint-Herblain, Sainte-Luce-sur-Loire, Saint-Martin-d'Hères, Vitry-sur-Seine, les collèges « Olympe de Gouges » à Cadaujac et Sainte-Pazanne, la « médiathèque Olympe-de-Gouges » pôle d'excellence sur l'égalité de genre à Strasbourg, le « théâtre Olympe-de-Gouges » à Montauban, etc. Chaque année à la Fête de l'Humanité, une allée porte son nom.

Le , Christiane Taubira, ministre de la Justice, a baptisé « Olympe de Gouges » le bâtiment des services centraux du ministère de la Justice, situé au 35, rue de la Gare, dans le 19e arrondissement de Paris. En 1989, Nam June Paik a créé une œuvre intitulée Olympe de Gouges in La fée électronique. Cette œuvre, commandée par la municipalité de Paris à l’occasion du bicentenaire de la Révolution française, est aujourd'hui exposée au musée d'Art moderne de la ville de Paris.

Le , un buste d'Olympe de Gouges est installé dans la salle des Quatre-Colonnes du palais Bourbon, siège de l'Assemblée nationale. C'est la première représentation d'une femme politique parmi les œuvres d'art présentées dans l'édifice[73],[74].

Le , l'Université Bordeaux Montaigne renomme un amphithéâtre à son nom[75].

Œuvres

Théâtre

  • Le Mariage inattendu de Chérubin, Séville et Paris, Cailleau, 1786. (Lire le texte).
  • L’Homme généreux, Paris, chez l’auteur, Knapen et fils, 1786.
  • Le Philosophe corrigé ou le cocu supposé, Paris, 1787.
  • Zamore et Mirza, ou l’heureux naufrage, 1784.
  • Molière chez Ninon, ou le siècle des grands hommes, 1788.
  • Bienfaisance, ou la bonne mère suivi de La bienfaisance récompensée, 1788.
  • Œuvres de Madame de Gouges, dédié à Monseigneur le duc d’Orléans, 2 volumes, Paris, chez l’auteur et Cailleau, (février) 1788 (recueil des premières pièces imprimées avec préfaces et postfaces, dont Zamore et Mirza et Réflexions sur les hommes nègres).
  • Œuvres de Madame de Gouges, dédié à Monseigneur le prince de Condé, 1 volume, Paris, chez l’auteur et Cailleau, septembre 1788.
  • Le Marché des Noirs, manuscrit déposé et lu à la Comédie-Française, 1790.
  • Le Nouveau Tartuffe, ou l’école des jeunes gens, manuscrit déposé et lu à la Comédie-Française, 1790.
  • Les Démocrates et les aristocrates, ou les curieux du champ de Mars, 1790.
  • La Nécessité du divorce, manuscrit conservé à la Bibliothèque nationale, 1790.
  • Le Couvent, ou les vœux forcés Paris, veuve Duchesne, veuve Bailly et marchands de nouveautés, octobre 1790.
  • Le Marché des Noirs, manuscrit, décembre 1790.
  • Mirabeau aux Champs Élysées, Paris, Garnery, 1791.
  • L’Esclavage des Noirs, ou l’heureux naufrage, Paris, veuve Duchesne, veuve Bailly et les marchands de nouveautés, 1792. (Lire le texte).
  • La France sauvée, ou le tyran détrôné, manuscrit, 1792.
  • L’Entrée de Dumouriez à Bruxelles, ou les vivandiers, 1793.

Écrits politiques (brochures, affiches, articles, discours, lettres)

  • Réflexions sur les hommes nègres, 1788.
  • Lettre au Peuple ou projet d’une caisse patriotique, par une citoyenne, septembre 1788.
  • Remarques patriotiques par la Citoyenne auteur de la Lettre au peuple, Paris, décembre 1788.
  • Le Bonheur primitif de l’homme, ou les rêveries patriotiques, Amsterdam et Paris, Royer, 1789.
  • Dialogue allégorique entre la France et la Vérité', dédié aux États Généraux, (avril) 1789.
  • Le Cri du sage, par une femme, Paris, (mai) 1789.
  • Avis pressant, ou Réponse à mes calomniateurs, Paris, (mai) 1789.
  • Pour sauver la patrie, il faut respecter les trois ordres, c’est le seul moyen de conciliation qui nous reste, Paris, juin 1789.
  • Mes vœux sont remplis, ou Le don patriotique, par Madame de Gouges, dédié aux États généraux, Paris, juin 1789.
  • Discours de l’aveugle aux Français, par Madame de Gouges, Paris, 24 juin 1789.
  • Lettre à Monseigneur le duc d’Orléans, premier prince du sang, Paris, juillet 1789.
  • Séance royale. Motion de Mgr le duc d’Orléans, ou Les songes patriotiques, dédié à Mgr le duc d’Orléans, par Madame de Gouges, 11 juillet 1789.
  • L’Ordre national, ou le comte d’Artois inspiré par Mentor, dédié aux États généraux, Paris, juillet-août 1789.
  • Lettre aux représentants de la Nation, Paris, L. Jorry, (septembre) 1789 (« Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon cœur »).
  • Action héroïque d’une Française, ou la France sauvée par les femmes, par Mme de G…, Paris, 10 septembre 1789.
  • Le Contre-poison, avis aux citoyens de Versailles, Paris, octobre 1789.
  • Lettre aux rédacteurs de la Chronique de Paris, 20 décembre 1789.
  • Réponse au Champion américain, ou Colon très aisé à connaître, Paris, 18 janvier 1790.
  • Lettre aux littérateurs français, par Madame de Gouges, Paris, février 1790.
  • Les Comédiens démasqués, ou Madame de Gouges ruinée par la Comédie française pour se faire jouer, Paris, 1790.
  • Départ de M. Necker et de Mme de Gouges, ou Les adieux de Mme de Gouges aux Français, Paris, 24 avril 1790.
  • Projet sur la formation d’un tribunal populaire et suprême en matière criminelle, présenté par Mme de Gouges le 26 mai 1790 à l’Assemblée nationale, Paris, Patriote français, 1790.
  • Bouquet national dédié à Henri IV, pour sa fête, Paris, juillet 1790.
  • Œuvres de Madame de Gouges, Paris, 1790 (recueil factice des écrits politiques de 1788 à 1790).
  • Le Tombeau de Mirabeau, avril 1791.
  • Adresse au roi, adresse à la reine, adresse au prince de Condé, Observations à M. Duveyrier sur sa fameuse ambassade, par Mme de Gouges, Paris, (mai) 1791.
  • Sera-t-il roi ne le sera-t-il pas ?, par Madame de Gouges Paris, juin 1791.
  • Observations sur les étrangers, juillet 1791.
  • Repentir de Madame de Gouges, Paris, lundi 5 septembre 1791.
  • Les Droits de la femme. À la reine, signé « de Gouges ». Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, septembre 1791.
  • Le Prince philosophe (conte oriental), Paris, Briand, 1792.
  • Le Bon Sens du Français, 17 février 1792.
  • Lettre aux rédacteurs du Thermomètre du Jour, 1er mars 1792.
  • L’Esprit français ou problème à résoudre sur le labyrinthe de divers complots, par madame de Gouges, Paris, veuve Duchesne, 22 mars 1792.
  • Le Bon Sens français, ou L’apologie des vrais nobles, dédié aux Jacobins, Paris, 15 avril 1792.
  • Grande éclipse du soleil jacobiniste et de la lune feuillantine, pour la fin d’avril ou dans le courant du mois de mai, par la LIBERTE, l’an IVe de son nom, dédié à la Terre (avril) 1792.
  • Lettre aux Français, avril 1792.
  • Lettres à la reine, aux généraux de l’armée, aux amis de la constitution et aux Française citoyennes. Description de la fête du 3 juin, par Marie-Olympe de Gouges, Paris, société typographique aux Jacobins Saint-Honoré, juin 1792.
  • Œuvres de Madame de Gouges, 2 vol., Paris, veuve Duchesne (textes et théâtre politiques de 1791 et 1792).
  • Pacte national par marie-Olympe de Gouges, adressé à l’Assemblée nationale 5 juillet 1792.
  • Lettre au Moniteur sur la mort de Gouvion, 15 juillet 1792.
  • Aux Fédérés, 22 juillet 1792.
  • Le Cri de l’innocence (septembre) 1792.
  • La Fierté de l’innocence, ou le Silence du véritable patriotisme, par Marie-Olympe de Gouges (septembre) 1792.
  • Les Fantômes de l’opinion publique. L’esprit qu’on veut avoir gâte celui qu’on a, Paris, (octobre) 1792.
  • Réponse à la justification de Maximilien Robespierre, adressé à Jérôme Pétion, par Olympe de Gouges, novembre 1792.
  • Pronostic sur Maximilien Robespierre, par un animal amphibie (signé « Polyme »), 5 novembre 1792.
  • Correspondance de la Cour. Compte moral rendu et dernier mot à mes chers amis, par Olympe de Gouges, à la Convention nationale et au peuple, sur une dénonciation faite contre son civisme aux Jacobins par le sieur Bourdon, Paris, novembre 1792.
  • Mon dernier mot à mes chers amis, décembre 1792.
  • Olympe de Gouges défenseur officieux de Louis Capet, de l’imprimerie de Valade fils aîné, rue Jean-Jacques Rousseau, 16 décembre 1792.
  • Adresse au don Quichotte du Nord, par Marie-Olympe de Gouges, Paris, Imprimerie nationale, 1792.
  • Arrêt de mort que présente Olympe de Gouges contre Louis Capet[76], Paris, 18 janvier 1793.
  • Complots dévoilés des sociétaires du prétendu théâtre de la République, Paris, janvier 1793.
  • Olympe de Gouges à Dumouriez, général des armées de la République française, Paris, 22 janvier 1793.
  • Avis pressant à la Convention, par une vraie républicaine, Paris, 20 mars 1793.
  • Testament politique d’Olympe de Gouges, 4 juin 1793[77].
  • Œuvres de Madame de Gouges, 2 volumes, Paris, 1793 (écrits politiques de 1792 et 1793).
  • Les Trois Urnes, par un voyageur aérien[78], (19 juillet) 1793.
  • Olympe de Gouges au Tribunal révolutionnaire, paru dans la première quinzaine d'août 1793.
  • Une patriote persécutée, à la Convention nationale, signé « Olympe de Gouges », 21 septembre 1793.

Éditions modernes

  • Benoîte Groult, Ainsi soit Olympe de Gouges : la Déclaration des droits de la femme et autres textes politiques, Grasset, , 157 p. (ISBN 9782253177500)
  • Écrits politiques, présentés par Olivier Blanc, vol. I (1789-1791), vol. II (1792-1793), Paris, Côté Femmes Éditions, 1993.
  • Théâtre politique, « Préface » de Gisela Thiele-Knobloch, Paris, Côté Femmes Éditions, 2 vol., 1991 (ISBN 2-907883-34-8) et 1993 (ISBN 2-907883-59-3).
  • Œuvres complètes, deux tomes présentés par Félix-Marcel Castan, Montauban, éditions Cocagne :
    • Tome I Théâtre.
    • Tome II Philosophie.
  • Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne, Paris, Mille et une nuits, Paris (ISBN 2842057465).
  • Femmes, réveille-toi ! : Déclaration des droits de la femme et de la citoyenne et autres écrits (préf. Martine Reid), Gallimard, coll. « Folio 2€ », , 99 p. (ISBN 9782070457427)
  • Zamor et Mirza édition avec préface de 1792, Paris, Editions Coté-Femmes, 1989, présentée par Eleni Varikas.
  • Olympe de Gouges, Œuvres présentées par Benoîte Groult, Paris, Mercure de France, 1986.

Bibliographie

Biographies, études

  • Daniel Bensaïd, Moi la Révolution, Paris, Gallimard, 1989.
  • Olivier Blanc, Olympes de Gouges, Paris, Éditions Syros, 1981.
  • Olivier Blanc, « Olympe de Gouges : une femme de libertés » : coédition Syros et Alternatives, Paris, 1989, 236 p. + 8 p. de planches illustrées.
  • Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges : une humaniste à la fin du XVIIIe siècle, Cahors, éditions René Viénet, 2003 (ISBN 2849830003). Liste complète des écrits publiés par Olympe de Gouges de 1786 à 1793, nombreux manuscrits inédits, bibliographie critique, index, cahier d’illustrations de huit pages en noir et en couleur[79].
  • Olivier Blanc, « Une humaniste au XVIIIe siècle : Olympe de Gouges », dans 1789-1799 : combats de femmes. Les révolutionnaires excluent les citoyennes, Évelyne Morin-Rotureau (dir), Paris, Éditions Autrement, 2003, p. 14-34.
  • Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges : 1748-1793 des droits de la femme à la guillotine, Paris, Tallandier, 2014 (ISBN 9791021004290).
  • (en) Gregory S. Brown, « The Self-Fashionings of Olympe de Gouges, 1784-1789 », Eighteenth-Century Studies, The Johns Hopkins University Press, vol. 34, no 3,‎ , p. 383-401 (DOI 10.1353/ecs.2001.0019).
  • Marie-Paule Duhet, Les femmes et la Révolution 1789-1794, Paris, Gallimard, coll Archives, 1971.
  • Michel Faucheux, Olympe de Gouges, Gallimard, , 275 p. (ISBN 9782072693878)
  • Léopold Lacour, Trois femmes de la Révolution : Olympe de Gouges, Théroigne de Méricourt, Rose Lacombe, Paris, Plon, Nourrit et Cie, , 432 p. (lire en ligne).
  • Catherine Marand-Fouquet, La Femme au temps de la Révolution, Paris, Stock, 1989.
  • Catherine Masson, « Olympe de Gouges, anti-esclavagiste et non-violente », Women in French Studies, vol. 10,‎ , p. 153-165.
  • Sophie Mousset, Olympe de Gouges et les droits de la femme, Paris, Le Félin, 2003 (ISBN 2866454952).
  • (en) Giulia Pacini, « « Celle dont la voix publique vous a nommé le père » : Olympe de Gouges's Mémoire de Madame de Valmont (1788) », Women in French Studies, vol. 9,‎ , p. 207-219 (DOI 10.1353/wfs.2001.0028).
  • Michelle Perrot, Des femmes rebelles - Olympe de Gouges, Flora Tristan, George Sand, Elyzad poche, 2014.
  • Jean-Daniel Piquet, L'Émancipation des Noirs dans la Révolution française (1789-1795), Paris, Karthala, 2002.
  • Annette Rosa, Citoyennes. Les femmes et la Révolution française, Paris, Messidor, 1988.
  • (en) Carol Lynn Sherman, Reading Olympe de Gouges, New York, Palgrave Macmillan, coll. « Palgrave Pivot », , VI-116 p. (ISBN 978-1-137-34645-2 et 978-1-349-46694-8, présentation en ligne).
  • Jürgen Siess, « Un discours politique au féminin : le projet d’Olympe de Gouges », Mots : Les Langages du politique, ENS Éditions, no 78,‎ , p. 9-21 (lire en ligne).
  • Anne Soprani, La Révolution et les femmes de 1789 à 1796 Paris, M Éditions, 1988.
  • René Tarin, « L'Esclavage des noirs, ou la mauvaise conscience d'Olympe de Gouges », Dix-huitième Siècle, Paris, Presses universitaires de France, no 30,‎ , p. 373-381 (lire en ligne).
  • (en) Janie Vanpée, « Performing Justice : The Trials of Olympe de Gouges », Theatre Journal, The Johns Hopkins University Press, vol. 51, no 1,‎ , p. 47-65 (DOI 10.1353/tj.1999.0018).
  • (en) Janie Vanpée, « Reconfiguring Family Legitimacy : Olympe de Gouge’s L’Esclavage des Noirs », Women in French Studies, vol. 5 « Women and Theater »,‎ , p. 106-116 (DOI 10.1353/wfs.2014.0005).
  • Gabrielle Verdier, « Olympe de Gouges et le divorce sur la scène révolutionnaire : adieu au mariage d'Ancien Régime ? », Dalhousie French Studies, vol. 56 « Le mariage sous l'Ancien Régime »,‎ , p. 154-164 (lire en ligne).

Romans

  • Geneviève Chauvel, Olympe[80], Paris, Éditions Olivier Orban, 1989
  • Maria-Rosa Cutrufelli, J'ai vécu pour un rêve, Les derniers jours d'Olympe de Gouges, Éditions Autrement, 2008.
  • Joëlle Gardes, Olympe de Gouges. Une vie comme un roman[81], Paris, Éditions de l’Amandier, 2008
  • Caroline Grimm, Moi, Olympe de Gouges, Paris, Calmann-Lévy, 2009 (ISBN 978-2-70213-989-9).

Théâtre

  • Terreur-Olympe de Gouges de Elsa Solal, mise en scène Sylvie Pascaud avec Anne-Sophie Robin, Martial Jacques, Gilles Nicolas, Alain Granier. Théâtre du Lucernaire, 2013.
  • La Colère d'Olympe de Darja Stocker (titre original : Zornig geboren), traduit de l'allemand par Charlotte Bomy, coll. bilingue Nouvelles Scènes, PUM, Toulouse, 2012.
  • Olympe de Gouges, dramaturgie et mise en scène Jean-Pierre Armand assisté par Marie Jean, créé le 6 novembre 2012 à la Cave Poésie de Toulouse par la Compagnie Théâtre du Cornet à dés. Textes de Gilbert Geraud d’après les écrits politiques d'Olympe de Gouges ; documentation de Evelyne Romain, Rotureau et Olivier ; images vidéos : Bruno Wagner ; lumières et régie générale : Gérard Bruneau ; son : Jean Rigaud ; scénographie : Olivier Hebert ; accessoires scéniques : Annie Giral ; costumes : Marianne Levasseur ; enregistrement : Studio de la Manne.
  • Olympe de Gouges, j'ai dit ! de Giancarlo Ciarapica, créé au festival d'Avignon 2010, publié chez Christophe Chomant éditeur.
  • Olympe de Gouges, l’oubliée de l’histoire de Wenta, crée à la mairie du 4e arrondissement de Paris à l’occasion de l’inauguration de la place Olympe de Gouges, le 8 mars 1993.
  • Et… cris, Olympe de Gouges (1748-1793) de Claude Darvy et Danielle Netter[82].
  • J’ai rêvé la Révolution de Catherine Anne, créé au Théâtre des Quartiers d'Ivry[83] en 2018. « […] Le sentiment que l’action peut se dérouler aujourd’hui, dans un autre pays, fait place, peu à peu, à la conscience que cela a eu lieu autrefois, ici. J’ai choisi cette ambivalence, cette tension, et l’épure d’une pièce intimiste pour évoquer la figure et les derniers jours d’une femme, guillotinée en novembre 1793 pour ses idées et ses écrits, Olympe de Gouges. » (C. Anne[83])

Bande dessinée

  • Catel et José-Louis Bocquet, Olympe de Gouges, Paris, Casterman, 2012, 488 p. (ISBN 978-2-20303-177-7). Roman graphique complété par une documentation comportant une chronologie, trente-neuf notices biographiques et une bibliographie sur Olympe de Gouges, son temps et les personnages qu'elle a côtoyés.

Notes et références

Notes

  1. Son grand-père est dit « maître tondeur de draps ».
  2. Par l’intermédiaire du banquier Delon de Lormière.
  3. Depuis la mort de son père Angeli Biétrix, il codirigeait cette société avec son frère Biétrix de Saulx.
  4. C’est grâce à la protection de Charlotte Béraud de La Haye, marquise de Montesson, femme influente du courant des Lumières, et épouse morganatique du duc d’Orléans, que la pièce avait été reçue. Elle-même auteur dramatique, Charlotte de Montesson avait créé chez elle, dans son hôtel de la Chaussée d’Antin, un théâtre de société dont, selon l’auteur des « Mémoires de la marquise de Créqui », elle avait confié la direction au chevalier de Saint-George, fils d’une esclave affranchie.
  5. Le marquis Simon de Cubières, écuyer cavalcadour du roi, célèbre pour ses travaux en botanique et horticulture.
  6. Le manuscrit de cette pièce a été brûlé au lendemain de son exécution, sur ordre de Fouquier-Tinville au président de la section du Pont-neuf, avec les autres papiers saisis chez elle (« pour ne pas contaminer l’esprit public »).
  7. Ce lobby des abolitionnistes fut créé, sur le modèle anglais, en 1788 par Brissot, le député girondin, qui d’ailleurs parle élogieusement d’Olympe de Gouges dans ses lettres inédites.
  8. Condamnée en mai 1793 avec son mari, le fermier général Pierre Paul, baron de Kolly (1751-1793) pour complot contre-révolutionnaire, décapitée le 15 brumaire suivant.
  9. Fouquier-Tinville a été condamné à mort pour avoir, entre autres choses, envoyé des femmes enceintes à l’échafaud (acte d’accusation de Fouquier-Tinville en l’an III).
  10. Napoléon, éclairé par Fanny de Beauharnais et Mme de Montesson sur cette triste affaire, semble lui avoir tenu rigueur de son attitude en l'envoyant en commandement en Guyane.
  11. S’adressant aux républicaines.
  12. Elle aimait plaisanter, ainsi qu’on s'en rend compte à la lecture de ses textes et de son aveu même, et souvent telle gasconnade ou provocation de sa part, ainsi les défis en duels qu’elle lance à des hommes, ne sont-ils pas à prendre avec trop de sérieux.
  13. Cette préface est absente de son édition des Ecrits Politiques de 1993.

Références

  1. (en) « Olympe de Gouges | Biography, Importance, Death, & Facts », sur Encyclopedia Britannica (consulté le 5 août 2019).
  2. Marc de Jode, Monique Cara et Jean-Marc Cara, Dictionnaire universel de la Franc-Maçonnerie, Larousse, (ISBN 978-2-03-586136-8).
  3. Sophie Mousset, Olympe de Gouges et les droits de la femme, Éditions du Félin, , p. 25.
  4. Carmen Boustani et Edmond Jouve, Des femmes et de l'écriture : Le bassin méditerranéen, Paris, Karthala, , p. 175-176.
  5. Paul Noack, op. cit., p. 22.
  6. a b c et d Olivier Blanc, « Celle qui voulut politiquer », Le Monde diplomatique,‎ (lire en ligne).
  7. Emmanuel Melmoux et David Mitzinmacker, 100 personnages qui ont fait l'histoire de France, Éditions Bréal, , p. 146.
  8. Paul Noack, Olympe de Gouges, 1748-1793 : Courtisane et militante des droits de la femme, Éditions de Fallois, , p. 31.
  9. Simon Guibert, Olympe de Gouges, la révolte d'une femme, E-dite, , p. 59.
  10. Olympe de Gouges, L’Esclavage des Noirs, ou l’heureux naufrage : Drame en trois actes, en prose, Paris, , 90 p. (lire en ligne).
  11. Olympe de Gouges, Zamore et Mirza ; ou l’heureux naufrage : Drame Indien en trois actes, et en prose, , 99 p. (lire en ligne).
  12. Audrey Viguier, « Glissements et variantes sémantiques dans Zamore et Mirza ou L’Esclavage des Noirs (1784) d’Olympe de Gouges », Nottingham French Studies, no 53.3,‎ , p. 314-328.
  13. Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges, une humaniste à la fin du XVIIIème siècle, Paris, Editions René Vienet, 2003, p. 204 et 218.
  14. Olympe de Gouges, L’Esclavage des Nègres : version inédite du 28 décembre 1789 suivi de Réflexions sur les hommes nègres, février 1788 étude et présentation de Sylvie Chalaye et Jacqueline Razgonnikoff, Paris, L’Harmattan, coll. Autrement Même, 2006.
  15. Olympe de Gouges, L'esclavage des noirs ou L'heureux naufrage, Côté-femmes éditions, , p. 15.
  16. Réponse au Champion américain, ou Colon très aisé à connaître, Paris, 18 janvier 1790.
  17. Jean-Daniel Piquet, L'émancipation des Noirs dans la Révolution francaise 1789-1795) Paris, Karthala, 2002, p. 136.
  18. Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges, une humaniste à la fin du XVIIIe siècle, Paris, Vienet, 2003, p. 91.
  19. Marcel Dorigny, Bernard Gainot, La Société des Amis des Noirs 1788-1999 contribution à l’histoire de l’abolition de l’esclavage, Paris, UNESCO, 1998. p. 265 & 283.
  20. Départ de M. Necker et de Mme de Gouges, adieux aux Français dans Benoite Groult, Ainsi soit Olympe de Gouges. La déclaration des droits de la femme et autres textes politiques, Paris, Bernard Grasset, 2013, p. 150 ; Olympe de Gouges Ecrits politiques tome I, présentés par Olivier Blanc, p. 149 ; Les éditions en 1986 et 2013 par Benoite Groult ont coupé de plusieurs pages l'opuscule publié en 1993 par Olivier Blanc.
  21. Jean-Daniel Piquet, L'Emancipation des Noirs... p. 137 ; Benoîte Groult, Ainsi soit..., p.174-175 ; "forme du contrat social de l'homme et de la femme" ( p. 171-176).
  22. Benoîte Groult, Ainsi soit..., p.175. Jean-Daniel Piquet, L'Emancipation des Noirs,..., p. 137.
  23. Benoîte Groult, Ainsi soit..., p.174.
  24. Olympe de Gouges « Lettre au peuple, ou Projet d'une caisse patriotique ; par une citoyenne », 1788, i + 31 p.
  25. Olympe de Gouges « Remarques Patriotiques, par la Citoyenne, Auteur de la Lettre au Peuple » 48 p. (aussi ici).
  26. Olympe de Gouges,Grande éclipse du soleil et de la lune feuillantine pour la fin d’avril ou le courant du mois de mai ; par la liberté l’an IV de son nom, dédiée à la terre.
  27. Olympe de Gouges, Le bon sens français ou l’apologie des vrais nobles, dédié aux jacobins, 15 avril 1792.
  28. Olympe de Gouges, Zamor et Mirza, Paris, Editions côté femmes, 1989, préface de Eleni Varikas.
  29. Olympe de Gouges, Œuvres présentées par Benoîte Groult, Paris, Mercure de France 1986, p. 162-163.
  30. Arrêt de mort que présente Olympe de Gouges contre Louis Capet, Paris, 18 janvier 1793.
  31. Olympe de Gouges, Avis pressant à la Convention, par une vraie républicaine, Paris, 20 mars 1793. Olivier Blanc, Marie - Olympe De Gouges, une humaniste à la fin du XVIIIème siècle, Paris, Éditions René Vienet, 2003, p. 194.
  32. « Les femmes de la liberté », sur liberation.fr (consulté le 23 août 2019).
  33. Audrey Viguier, « L’abbé Gouttes et le curé du Couvent ou les vœux forcés d’Olympe de Gouges (1790) », The French Review, no 85.6,‎ , p. 92-101.
  34. Benoîte Groult, Ainsi soit..., p. 177-178.
  35. Projet d'un second théâtre et d'une maternité, 1789 dans Benoite Groult, Ainsi soit..., p.118-126.
  36. a et b Emma Demeester, « Olympe de Gouges, une victime de la Révolution », La Nouvelle Revue d'Histoire, no 72, mai-juin 2014, p. 15-17.
  37. Catel et Bocquet, Olympe de Gouges, Casterman, Ecritures p.383.
  38. Sophie Mousset, Olympe de Gouges et les droits de la femme, Paris, Editions du Félin-Kiron, Pocket, p. 114.
  39. Annette Rosa, Citoyennes. Les femmes et la révolution française, Paris, Messidor, 1989, p. 103.
  40. Olivier Blanc, La Dernière Lettre, prisons et condamnés de la Révolution, Paris, R. Laffont, 1985.
  41. Nicole Pellegrin, « Les disparues de l’histoire », sur Le Monde diplomatique, (consulté le 1er novembre 2008).
  42. Sous la direction de Christine Fauré et Raymonde Monnier, AHRF, no 344, avril-juin 2006. Elle y est quand même évoquée dans la contribution d'Olivier Blanc, « Cercles politiques et “salons” du début de la Révolution (1789-1793) », p. 63-92. Toutefois Florence Gauthier et Jean-Daniel Piquet qui ont reconnu le rôle d'Olympe de Gouges (voir reconnaissance et célébrations) sont membres de la Société des études robespierristes et collaborent aux AHRF. Florence Gauthier a republié les œuvres complètes de Robespierre en y ajoutant des inédits.
  43. Voir Monselet, Les Oubliés et les dédaignés. Figures littéraires de la fin du XVIIIe siècle, Paris, Poulet-Malassis et De Broise, 1846.
  44. a b et c Documentaire de Séverine Liatard et Séverine Cassar, « Olympe de Gouges, une femme du XXIe siècle », émission La Fabrique de l'histoire sur France Culture, 17 septembre 2013.
  45. Mirabeau aux Champs-Élysées, préface.
  46. Lettre au Roi, lettre à la reine, Paris, 1792, p. 8.
  47. « VIDÉO. Olympe de Gouges, première féministe de France et… de Google ! », Le Point, 7 mai 2014.
  48. Olivier Blanc, op. cit., p. 250.
  49. Olivier Blanc, op. cit., p. 45.
  50. Olympe de Gouges, Zamor et Mirza, Paris, Edition Côtes femmes, 1989, préfacée par Eleni Varikas.
  51. Jean-Daniel Piquet, L'Émancipation des Noirs dans la pensée et le processus révolutionnaire français (1789-1795), doctorat nouveau régime soutenu en octobre 1998 à Paris VIII-Saint-Denis ; L'Émancipation des Noirs dans la Révolution... p. 139.
  52. Jean-Daniel Piquet.
  53. Olivier Blanc, « Une humaniste au XVIIIe siècle : Olympe de Gouges », 1789-1799 : combats de femmes. Les révolutionnaires excluent les citoyennes, Évelyne Morin-Rotureau (dir.), Paris, Éditions Autrement, 2003, p. 14-34.
  54. Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges, une humaniste à la fin du XVIIIe siècle, Paris, Vienet, 2003.
  55. Myriam Perfetti, « Olympe de Gouges : une femme contre la Terreur », Marianne,‎ (lire en ligne, consulté le 9 octobre 2016).
  56. Florence Gauthier, « Olympe de Gouges, histoire ou mystification ? », Le Canard républicain,‎ (lire en ligne).
  57. Olivier Blanc, « Olympe de Gouges, une féministe, une humaniste, une femme politique », Le Nouvel Observateur,‎ (lire en ligne).
  58. Florence Gauthier, « Réponse à Monsieur Olivier Blanc à propos de la mystification de la figure d’Olympe de Gouges », Le Canard républicain,‎ (lire en ligne).
  59. Sylvia Duverger, « Olympe de Gouges, une femme persécutée qui n'avait que l'humanité à opposer au cynisme », Le Nouvel Observateur, 22 novembre 2013.
  60. Olivier Blanc, « Réponse à la réponse de Florence Gauthier sur Olympe de Gouges et les bonnets rouges de la démagogie », Ibid.
  61. Jean-Marc Schiappa, Olympe de Gouges, une imposture historique, huffingtonpost.fr, 19/08/2016.
  62. Florence Gauthier, « Olympe de Gouges, histoire ou mystification ? », sur https://www.lecanardrépublicain.net, (consulté le 11 mai 2019).
  63. Florence Gauthier, « Réponse à Monsieur Olivier Blanc à propos de la mystification de la figure d’Olympe de Gouges », sur https://www.lecanardrépublicain.net, (consulté le 11 mai 2019).
  64. Elle s'appuie pour l'écrire sur Marie-Paule Duhet, Les femmes et la Révolution 1789-1794, Paris, Gallimard, coll Archives, 1971, p.83.
  65. À notre connaissance, si Pétion prépara un rapport parlementaire antiesclavagiste, ce fut seulement le 9 avril 1790, à l'assemblée constituante. Encore le limita-t-il à la traite des Noirs, selon les consignes de la Société des amis des Noirs à laquelle il appartenait.
  66. Jusqu'à plus ample connaissance elle n'a commenté le débat colonial de mai 1791 sur les droits des mulâtres, que dans "Forme du Contrat social de l'homme et de la femme" inséré dans le postambule de la déclaration des droits de la femme, BenoÎte Groult Ainsi soit Olympe de Gouges...(2013), p. 174-175.
  67. Jacqueline Chaumié, « Les girondins » dans Albert Soboul (dir) Actes du colloque Girondins et Montagnards, Paris, Société des Etudes robespierristes, 1980.
  68. Anna Rosa, Femmes en révolution op cit.
  69. Benoite Groult, Ainsi soit...
  70. Martin Malvy, « Olympe de Gouges au Panthéon », Libération.fr,‎ (lire en ligne).
  71. « Deux femmes et deux hommes au Panthéon », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  72. Véronique Haudebourg, « Olympe de Gouges n'ira pas au Panthéon cette fois-ci », sur france3.fr, France 3 Midi-Pyrénées, (consulté le 7 mai 2014).
  73. « Olympe de Gouges entre enfin à l’Assemblée », lesnouvellesnews.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 17 novembre 2016).
  74. Le Figaro, article sur Olympe de Gouges par Elena Scappaticci.
  75. « Relevé de délibérations du conseil d'administration », sur Université Bordeaux Montaigne, (consulté le 18 mars 2019).
  76. Voir sur litteratureaudio.com.
  77. Testament politique, Olympe de Gouges, Audiocite.net (enregistrement sonore).
  78. .
  79. Isabelle Brouard-Arends, « Olivier Blanc, Marie-Olympe de Gouges. Une humaniste à la fin du XVIIIe siècle, Cahors, Éditions René Viénet, 2003, 272 p. », Clio. Femmes, Genre, Histoire,‎ , p. 303–304 (ISSN 1252-7017, lire en ligne, consulté le 9 octobre 2016).
  80. Le portrait de couverture représente la comtesse Skavronskia, par Élisabeth Vigée-Lebrun.
  81. Le portrait de couverture, miniature par Mme Doucet de Suriny exposée au Salon de l'an IV, représente Julie Candeille.
  82. Spectacle disponible sur ce site.
  83. a et b Voir sur le site du théâtre.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes