Henri Dreyfus-Le Foyer

Henri Dreyfus-Le Foyer
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Henri Dreyfus-Le Foyer, est un professeur de philosophie français.

Son nom est resté célèbre parce qu'on a reproché à Jean-Paul Sartre qui a été son successeur au Lycée Condorcet, d'avoir profité de son éviction en raison du statut des Juifs édicté le 3 octobre 1940 par le Régime de Vichy.

Biographie

Selon Jean Daniel, il était le petit-neveu du capitaine Dreyfus, erreur qui a été corrigée, depuis[1].

Pendant la guerre, la propriété de la famille du député de Paris, Dreyfus-Le Foyer, ne fut pas confisquée et volée par les Allemands comme celles d'Alphonse Kahn et des Goujon-Reinach, mais sauvée par la municipalité qui mit tous leurs biens à l'abri[2].

Selon Pierre Dortiguier, Henri Dreyfus-Le Foyer, normalien (1919L), « médecin et philosophe, fut professeur au Lycée Henri-IV[3] ». Au cours d'études de médecines dreyfus-La Foyer avait fait un thèse intitulée Le Vertige. Un autre médecin est son frère Pierre Dreyfus-Le Foyer, chirurgien en pneumonectomie à l'hôpital Laennec, qui se réfugia en 1940 en Creuse dans une clinique de Guéret[4]. Fils de Abraham Albert Dreyfus, négociant, et Marie Loevel (sœur de l'écrivain Maurice Level et cousine germaine de Marcel Schwob), ils furent tous deux adoptés par le second époux de leur mère, l'Avocat et homme politique (député Paris 1909-1910) Lucien Le Foyer, par Jugement du 1er juin 1932, d'où l'adjonction du nom Le Foyer à leur patronyme de naissance.

Il était professeur de philosophie en khagne au Lycée Condorcet à Paris en 1940 lorsque la France est envahie et occupée par l'armée allemande, et il obtint d'abord de Vichy le 30 octobre de quitter son poste à Paris pour être affecté « en repliement » au Lycée Ampère à Lyon en zone libre[5]. En même temps, Ferdinand Alquié est nommé comme suppléant pour le remplacer à Paris au Lycée Condorcet, en plus de son propre service maintenu comme professeur titulaire au lycée Rollin (aujourd'hui Jacques-Decour). Peu après, Henri Dreyfus-Le Foyer reçoit du lycée Ampère la « circulaire concernant le statut des Israélites » puis un arrêté : « Monsieur Dreyfus-Le Foyer Henri, professeur de philosophie au lycée Condorcet, en repliement au lycée Ampère à Lyon, est admis à faire valoir ses droits à la retraite à dater du 20 décembre 1940. […] Par suite de nécessités de service, il sera pourvu définitivement au remplacement de Monsieur Dreyfus-Le Foyer à partir de la même date ». À la rentrée 1941, c'est Jean-Paul Sartre, alors professeur au Lycée Pasteur de Neuilly, qui obtient ce poste à Paris en classe préparatoire.

Henri Dreyfus-Le Foyer s'installe alors à Lyon, puis dans le département des Hautes-Alpes où il passera la guerre.

Par la suite, il enseigne encore comme professeur de philosophie dans la khâgne du Lycée Henri-IV à Paris (-1955-), aux côtés d'Henri Birault (khâgne), ainsi que de Maurice Savin et Etienne Borne (hypokhâgne).

En 1966, son Traité de philosophie générale a reçu le prix Broquette-Gonin de littérature, attribué par l'Académie française.

Œuvres

  • Henri Dreyfus-Lefoyer, ingénieur des arts et manufactures, Cours d'Algèbre. Livre I: calcul algébrique, 1926
  • Maurice Daurolle, H. Dreyfus-Le Foyer, Traité de dissertation philosophique, classe de philosophie et première supérieure, Paris, 1947. Réédition 1950, Delagrave.
  • Traité de philosophie générale, Paris, Armand Colin, 1965, collection U.

Notes et références

  1. Ingrid Galster, "Résistance intellectuelle et soutien passif de Vichy? Réflexions sur un paradoxe dans l’itinéraire de Jean-Paul Sartre", in: Albrecht Betz et Stefan Martens (eds), Les Intellectuels et l'Occupation. 1940-1944. Autrement, 2004, p. 161.
  2. François Boulet, Leçon d'histoire de France Saint-Germain-en-Laye: Des antiquités nationales, Paris, Les Presses franciliennes, 2006, p. 349.
  3. Pierre Dortiguier.
  4. Françoise Verny, Serons-nous vivants le 2 janvier 1950?
  5. Par arrêté du 30 octobre 1940 fait à Vichy, Henri Dreyfus-Le Foyer est nommé, à titre provisoire, professeur agrégé de philosophie au lycée Ampère à Lyon. Il reste titulaire de la chaire à Condorcet jusqu'au 20 décembre 1940.

Base Léonore

Bibliographie

  • Ingrid Galster, Sartre, Vichy et les intellectuels. L'Harmattan, 2001.
  • Ingrid Galster, Sartre et les juifs. La Découverte, 2005.
  • Ingrid Galster, "Sartre pendant l'Occupation. Réponse à une diffamatioin", in Commentaire, no 114, été 2006, p. 463–467.