Suzanne Buisson

Suzanne Buisson
Biographie
Naissance
Décès
(à 60 ans)
Auschwitz
Nom de naissance
Suzanne Lévy
Nationalité
Activités
Conjoint
Autres informations
Parti politique
Membre de

Suzanne Buisson, née Lévy, est une femme politique et une résistante française, née le à Paris 9e et morte en déportation à Auschwitz (Pologne) le [1].

Biographie

Militantisme

Née 23 rue Bellefond à Paris[2], elle passe son enfance à Dijon dans une famille modeste[3]. Elle revient à Paris à l'âge de seize, en 1899, pour travailler et subvenir aux besoins de sa famille[3]. Là, elle fréquente l'université populaire Le Réveil située dans le 1er et 2e arrondissements, rue Marie-Stuart[2]. En 1905, elle rejoint le Section française de l'Internationale ouvrière qu'elle fréquente jusqu'en 1920 et fait partie de leur délégation lors de la Internationale ouvrière socialiste à Vienne en 1931[3].

Elle est longtemps secrétaire Comité national des Femmes socialistes et rédactrice de la page des femmes dans l’hebdomadaire Le Populaire[3]. Elle s'intéresse particulièrement à la place de la femme à l'époque, éternelle mineure, et considère qu'il faut « affranchir les femmes de toutes les servitudes domestiques, et faire d'elles des êtres indépendants sentimentalement, économiquement et intellectuellement »[2].

Résistance

Lors de l'Exode de 1940, elle quitte Paris avec son époux, Georges Buisson et se réfugie à Lyon. Après avoir rencontré Léon Blum, elle décide de renouer les contacts avec ses anciennes connaissance socialiste pour tenir tête à Pétain. Elle rejoint Libération-Sud et entre en contact avec L'Insurgé, un mouvement de résistance clandestin de la région lyonnaise. En 1943, elle devient agent de liaison entre la zone occupée et la Zone libre pour le compte du Parti socialiste clandestin ainsi que des relations avec le Parti communiste français[2],[3].

Elle est arrêtée le 1er avril 1944 à Lyon[2]. Sa dernière adresse à Lyon est au 25 rue Marc Bernard[4]. On perd sa trace mais, grâce à une lettre de Marie-Louise Eymard, on sait qu'elle est enfermée à la prison Montluc[2]. Selon cette dernière, Suzanne Buisson ne livre aucun secret lors des ses interrogatoires[2]. Elle quitte la prison direction Fresnes le 12 mai après avoir été torturée[2]. Elle arrive finalement à Drancy le 28 juin 1944[2].

Juive et résistante, elle est déportée par le convoi n°76, en date du 30 juin 1944 du camp de Drancy vers Auschwitz[4]. Personne ne sait ce qu'il lui est arrivée à son arrivée à Auschwitz mais elle n'est pas rentrée de déportation[2].

Plaque en mémoire de Suzanne Buisson, érigée dans le square qui porte son nom, Paris 18e

Hommages

  • Léon Blum lui a rendu hommage dans Le Populaire du 2 février 1946 : « Elle était la militante accomplie, exemplaire, à qui le parti peut tout demander, qui ne recule jamais devant aucune charge, qui, d'ailleurs, est apte à les remplir toutes par le caractère vraiment absolu du dévouement et du désintéressement. [...] Dans la vie normale du parti, elle n'avait hésité devant aucune charge ; dans la lutte clandestine, elle n'a reculé devant aucun danger. »[5]
  • Un square porte son nom dans le 18e arrondissement de Paris[6].
  • Une école maternelle porte son nom à Châtenay-Malabry[7] ainsi qu'à Tremblay-en-France[8] et au Kremlin-Bicêtre[9]

Notes et références

  1. Archives de Paris en ligne, naissances 9e arrt, Acte no 1696 du 22/09/1883 avec mention marginale du décès (vue 22/31).
  2. a b c d e f g h i et j Dossin, 2018, p. 62-78
  3. a b c d et e « BUISSON Suzanne née LÉVY - Maitron », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr (consulté le 2 septembre 2019)
  4. a et b Voir, Klarsfeld, 2012.
  5. Le Populaire, 2 février 1946.
  6. « Square Suzanne-Buisson », sur www.paris.fr (consulté le 2 septembre 2019)
  7. « Ecole maternelle Suzanne Buisson à Châtenay-Malabry (92290) », sur www.journaldesfemmes.fr (consulté le 2 septembre 2019)
  8. « Ecole maternelle Suzanne Buisson à Tremblay-en-France (93290) », sur www.journaldesfemmes.fr (consulté le 2 septembre 2019)
  9. « Ecole maternelle Suzanne-Buisson | Ville du Kremlin-Bicêtre » (consulté le 2 septembre 2019)

Voir aussi

Bibliographie

  • Serge Klarsfeld, Le Mémorial de la déportation des Juifs de France, Paris, Beate et Serge Klarsfeld Nouvelle édition, mise à jour, avec une liste alphabétique des noms.FFDJF (Fils et Filles des Déportés Juifs de France), 2012.
  • Jean-Marc Binot, Denis Lefebvre et Pierre Serne, 100 ans, 100 socialistes, éd. Bruno Leprince,
  • Gérard Da Silva, Suzanne Buisson : socialiste, féministe, résistante, Paris, L'harmattan, , 225 p. (ISBN 978-2-343-16035-1, SUDOC 233723404)
  • Jean Maitron (dir.), , éd. de l'Atelier, cédérom, 1997, Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier français, éd. de l'Atelier, (lire en ligne)
  • Chantal Dossin, Elles étaient juives et résistantes, éditions Sutton, (ISBN 9782813811127)

Liens externes