Louis Pasteur Vallery-Radot

Louis Pasteur Vallery-Radot
Illustration.
Le Professeur Pasteur Vallery-Radot, Paris médical : la semaine du clinicien, 1940, n° 116-118
Fonctions
Membre du Conseil constitutionnel
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Henri Monnet
Député de la Seine
Gouvernement IVe république
Biographie
Date de naissance
Date de décès (à 84 ans)

Joseph Louis Pasteur Vallery-Radot, connu sous le nom de Louis Pasteur Vallery-Radot[1], né le à Paris et mort le à Paris, est un médecin et homme politique français, biographe de son grand-père Louis Pasteur et éditeur de ses œuvres complètes.

Origines familiales et biographie

Il est le petit-fils de Louis Pasteur et de son épouse Marie. Sa mère, Marie-Louise Pasteur, avait épousé René Vallery-Radot, collaborateur au journal Le Temps et à la Revue des deux Mondes, secrétaire du Président du conseil de la IIIe République Charles de Freycinet et petit-neveu du romancier Eugène Sue et de Gabriel-Marie Legouvé, de l'Académie française

Études et carrière médicale

Louis Pasteur Vallery-Radot effectue ses études secondaires au Lycée Louis-le-Grand, et ses études de médecine à la faculté de médecine de Paris.

En 1907, il est externe et en 1911 interne des hôpitaux de Paris[2]. Il est médecin auxiliaire durant la guerre de 1914-1918, notamment lors de la bataille de l'Artois, colline de Lorette, où il tient un poste de secours[3].

Il est reçu docteur, prix de thèse, en 1918, puis médecin des hôpitaux de Paris en 1920. En 1927, il est professeur agrégé de médecine[4].

D'abord chef de service à Bicêtre, il l'est ensuite à Bichat en 1932, et à Broussais en 1946. Il donne leçons et conférences à Saint-Louis, à l'Institut Pasteur, et au Collège de France[2].

Il est élu en 1936 membre de l’Académie de médecine et est nommé en 1939 professeur à la faculté de Médecine de Paris[4]. Il occupe la chaire de pathologie médicale (1939), de thérapeutique médicale (1942), de clinique médicale (1945)[2]. Il est le professeur de Jean Hamburger et de Gabriel Richet.

Il est professeur honoraire en 1959[2]. Il meurt chez lui, 24, avenue Gabriel à Paris, le . Il est inhumé à Arbois (Jura). Son épouse Jacqueline est décédée en 1986.

Autres activités

Il œuvre à garder vivante la mémoire de son grand-père Louis Pasteur, annotant et publiant sa correspondance et lui consacrant plusieurs volumes[5]. Enfin il consacre un volume au musicien Claude Debussy dont il avait été depuis sa jeunesse l’un des admirateurs les plus proches et les plus enthousiastes.

Il joue un rôle actif dans la Résistance en tant que président du comité médical de la Résistance. Il est même recherché par la Gestapo[6]. À la Libération il occupe les fonctions de secrétaire général à la santé. Il est brièvement député RPF de Paris sous la IVe République, du au .

Le , Louis Pasteur Vallery-Radot est élu à l’Académie française, en même temps que Louis de Broglie et André Siegfried, par 15 voix contre 2 bulletins blancs, au fauteuil d’Édouard Estaunié. Deux mois après la Libération de Paris, il s'agit de la première élection depuis l'invasion allemande. L'Académie, dont une douzaine de membres décédés n'avaient pas été remplacés depuis quatre ans, dont plusieurs autres vivent en exil ou sont emprisonnés, ne peut réunir ce jour-là que dix-sept votants, soit moins que le quorum exigé. Ces trois élections sont malgré tout considérées comme valables et les trois nouveaux académiciens pourront même prendre part aux élections suivantes avant d'avoir été reçus en séance solennelle. Louis Pasteur Vallery-Radot est reçu le par Georges Duhamel, et recevra lui-même, en 1967, le successeur de Georges Duhamel, Maurice Druon.

Il est membre du Conseil de l’ordre de la Légion d’honneur, dont il est fait grand-croix par le général de Gaulle en personne en 1959.

En 1959, il est nommé membre du Conseil constitutionnel (jusqu'en 1965) par son ami, le nouveau président de l'Assemblée nationale, Jacques Chaban-Delmas.

Membre du Haut Tribunal militaire créé le par décision du général de Gaulle, en vertu de l'article 16 de la Constitution, il fait partie de cette juridiction lors du procès du général Jouhaud qui se déroule du 11 au et qui condamne l'accusé à la peine de mort. Il est encore membre de cette juridiction qui juge le général Salan du 15 au et qui le condamne à la détention criminelle à perpétuité. Ce verdict d’indulgence relative, qui met en fureur le général de Gaulle, est largement dû à Louis Pasteur Vallery-Radot. Ses relations de grande amitié avec le général de Gaulle en furent définitivement affectées et ils ne se revirent plus.

Travaux

Il remplit de nombreuses missions sanitaires internationales (Europe, Amériques, Japon, Afrique équatoriale française), surtout dans les années 1929-1938[2].

Ses recherches portent surtout sur les allergies et les maladies rénales. L'effet des antihistaminiques de synthèse est étudié dans son service en 1942, et en 1948, il propose avec Paul Milliez l'exanguino-transfusion, premier procédé d'épuration extra-rénale[2].

Il publie de nombreux articles et ouvrages à caractère scientifique, parmi lesquels plusieurs livres de réflexion sur la médecine[7], notamment en signalant les dangers de la spécialisation excessive « œillères que se mettent les médecins et les mènent parfois aux plus graves erreurs »[2].

Titres et distinctions

Publications

Histoire

Souvenirs et réflexions

  • Pour la terre de France, par la douleur et la mort, 1916
  • Les grands problèmes de la médecine contemporaine, fondateurs et doctrines, Flammarion, Bibliothèque de philosophie scientifique, 1936
  • Héros de l'esprit français, 1952
  • Science et Humanisme, avec Léon Bérard, 1956
  • Médecine à l'échelle humaine, 1959
  • Médecine d'hier et d'aujourd'hui, Paris, Albin Michel, coll. « Les savants et le monde », , 181 p. (notice BnF no FRBNF33129912)
  • Mémoires d'un non-conformiste, 1966 et 1970 (édition nouvelle)

Médecine

  • Maladies des reins, dans le Nouveau traité de Médecine de Vidal et Lemierre, 1929
  • Hypersensibilités spécifiques dans les affections cutanées, avec Mlle Heiman, 1930
  • Les phénomènes de choc dans l'urticaire, avec L. Rouquès, 1931
  • Maladies des reins, dans Précis de pathologie médicale, 1932
  • Les Migraines, avec Jean Hamburger, 1935
  • L’anaphylaxie expérimentale et humaine, avec G. Mauric et A. Holzter, 1937
  • Comment traiter l'asthme de l'adulte, 1953
  • Précis des maladies des reins, 1959
  • Traité d'allergie, 1963

Notes et références

  1. fut autorisé par décret du 4 septembre 1945 à ajouter à son patronyme légal celui de Pasteur
  2. a b c d e f et g Françoise Huguet, Les professeurs de la faculté de médecine de Paris, dictionnaire biographique 1794-1939, Paris, INRP - CNRS, , 753 p. (ISBN 978-2-222-04527-4), p. 354-355.
  3. Alain Larcan et Jean-Jacques Ferrandis, Le service de santé aux armées pendant la Première guerre mondiale, Paris, LBM, , 596 p. (ISBN 978-2-915347-63-0), p. 221-223.
  4. a et b Notice biographique de l'Académie française
  5. Pasteur inconnu, Les plus belles pages de Pasteur, Pasteur, images de ma vie.
  6. Voir sa notice sur le site de l'Académie française. On y écrit notamment : « Président de comité médical de la Résistance, et recherché par la Gestapo
  7. Quelques grands problèmes de la médecine contemporaine, Médecine à l’échelle humaine, Science et humanisme, Médecine d’hier et d’aujourd’hui.

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Laurent Vallery-Radot. La famille Vallery-Radot, 1575-2014, ascendances et alliances, les familles Süe Sauvan Legouvé et Pasteur, 2014. Consultable et chargeable en ligne sur le site de l'Institut Pasteur : http://www.sudoc.fr/183426673

Liens externes