Guercheville

Guercheville
Guercheville
La rue Grande.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Île-de-France
Département Seine-et-Marne
Arrondissement Fontainebleau
Canton Fontainebleau
Intercommunalité Communauté de communes des Terres du Gâtinais
Maire
Mandat
Gilles Augé
2014-2020
Code postal 77760
Code commune 77220
Démographie
Gentilé Guerchevillois
Population
municipale
274 hab. (2016 en diminution de 3,52 % par rapport à 2011)
Densité 30 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 15′ 37″ nord, 2° 33′ 31″ est
Altitude Min. 109 m
Max. 122 m
Superficie 9,21 km2
Localisation

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Liens
Site web guercheville77.fr

Guercheville est une commune française située dans le département de Seine-et-Marne en région Île-de-France.

Ses habitants sont appelés les Guerchevillois.

Géographie

Carte de Cassini.

Localisation

Le village est situé à 5 km au sud-ouest de Larchant et à 12 km à l'ouest de Nemours[1], dans le parc naturel régional du Gâtinais français.

Communes limitrophes

Communes limitrophes de Guercheville
Amponville Larchant
Fromont Guercheville
Burcy Garentreville Chevrainvilliers

Géologie et relief

Les limons de plateau, plus ou moins épais, reposent sur la masse filtrante du calcaire de Beauce, des sables de Fontainebleau et du calcaire de Brie.

La commune est située sur un plateau dont l'altitude varie entre 110 et 120 mètres. La topographie est donc relativement plane, avec de légères ondulations. En l'absence de tout bois ou bosquet, la vue s'étend jusqu'aux villages voisins; à l'ouest et au sud-ouest, l'horizon est marqué par les buttes de Rumont, Fromont et Burcy.

Hydrographie

La commune n’est traversée par aucun cours d'eau[2].

Voies de communication et transports

Transports

La commune est desservie par la ligne d’autocars No 184-008 (La Chapelle-la-Reine - Garentreville) du réseau des Cars Bleus[3].

Urbanisme

Occupation des sols

Le territoire de la commune se compose de 97,2 % de terres arables et 2,8 % de zones urbanisées[2]. Hormis les zones bâties et les routes et chemins, le territoire est occupé uniquement par des terres labourables de très bonne qualité.

Lieux-dits, écarts et quartiers

La commune compte 44 lieux-dits administratifs répertoriés[4].

Guercheville est formé de deux parties distinctes qui tendent à se rapprocher avec les nouvelles constructions : le bourg, implanté au centre du territoire et le Buisson (hameau).

Toponymie

Le nom de la localité est mentionné sous les formes Guicheriovilla vers 1080[5] ; Guichervilla en 1193[6] ; Guerchevilla en 1197[7] ; Guichiervilla en 1270[8] ; Guichieville en 1276[9] ; Guircheville en 1295[10] ; Guerzeville en 1300[11] ; Guichierville en 1346[12] ; Guecherville en 1369[13] ; Guercheville en Gastinois en 1384[14] ; Guarcheville en 1488[15] et en 1503[16] ; Garcheville en Gastinois, en 1546[17] ; Guercheville en Gàtinais en 1607[18].

Une guerche, du germanique werki (comme Werk ou work, « ouvrage »)[19], est un « ouvrage défensif, ouvrage fortifié », généralement en bois, bâti sur une butte naturelle ou artificielle. La commune de Guercheville se situe sur le plateau du Gâtinais sud. Des photographies aériennes révèlent des traces d’enclos de forme géométrique. Il s’agissait probablement de fossés permettant de protéger les fermes de l’époque de l’âge de fer (environ 800 à 52 avant J-C)[20].

Histoire

De l’Antiquité au Moyen Âge

Le territoire de Guercheville est occupé par l'homme depuis la préhistoire[21].

Il existait un menhir nommé la Pierre frite (synonyme de Pierre fichée), situé au chemin d'Aufferville, au sud-est du Buisson, en limite de la commune ; on y faisait à proximité, le feu de la Saint-Jean. Il a disparu au début du XXe siècle.

Sous l'Ancien Régime, le village de Guercheville et le hameau du Buisson constituaient des seigneuries différentes.

Les premiers seigneurs de Guercheville dont le nom soit connu appartiennent à la famille de Nemours.

En 1190, le roi Philippe-Auguste étant à Fontainebleau, confirme une donation faite par Philippe Ier de Nemours, en tant qu'exécuteur testamentaire de sa femme Aveline, à l'abbaye de Barbeau ; la donation consistait en une rente de 40 sous, froment et vin, à prendre chaque année à la Saint-Rémy en sa terre de Guercheville. Philippe était alors chambellan du roi.

La seigneurie de Guercheville fut transmise de père en fils, au ducs de Nemours successifs, Gauthier II, Philippe II et Gauthier III. Un fils de ce dernier, Jean, chanoine, devint seigneur de Guercheville ; à sa mort, son frère Philippe III lui succéda. On trouve encore, en 1366, un second Jean de Nemours.

Du Moyen Âge à la Renaissance

Par la suite, la terre de Guercheville changea maintes fois de propriétaires pour échoir à Antoinette de Pons, à la mort de sa mère Marie de Montchenu, le 10 mai 1589. Antoinette était l'une des femmes les plus célèbres de son temps et par sa beauté et par sa vertu.

En janvier 1594, le roi Henri IV érigea la terre et seigneurie de Guercheville en Marquisat. En février 1594, Antoinette, qui était veuve, consentit à épouser Charles Duplessis-Liancourt. La nouvelle marquise, pour éviter toute confusion pouvant lui paraitre offensante, avec la fameuse Gabrielle d'Estrées, Dame de Liancourt, prit le nom de marquise de Guercheville qu'elle conserva et rendit célèbre.

À la mort de Madame de Guercheville, le 5 janvier 1632 à Paris, son second fils Roger Duplessis-Liancourt hérita du marquisat et le garda 25 ans ;

De la Renaissance à la Révolution

Roger Duplessis-Liancourt vendit le marquisat le 1er mai 1657 à Henri Duplessis-Guénégaud, marquis de Plancy qui le revendit le 9 avril 1672 à Henri-Jules de Bourbon, prince de Condé. Le marquisat resta propriété de la maison de Condé jusqu'en 1732, date à laquelle il est acheté par Jeanne-Marie-Josèphe Guyon ; il est ensuite transmis à son neveu, puis aux descendants de celui-ci.

Le dernier marquis avant la Révolution est Armand-Jacques-François Guyon qui, adoptant les idées nouvelles, sacrifia son titre et devint maire de Guercheville et administrateur du district de Nemours.

Le hameau du Buisson a appartenu à différents seigneurs, dont le commandeur de Beauvais en 1391, la famille de Rogres qui le vendit à Christophe de Harlay, seigneur de Beaumont en 1601, l'abbaye de Cercanceaux en 1676, Louis-Christian de Montmorency-Luxembourg en 1750 et enfin Charles-François-Christian de Montmorency en 1787.

Époque contemporaine

Politique et administration

Le colombier, siège actuel de la mairie.

La commune faisait partie du canton de la Chapelle-la-Reine jusqu'en 2015.

Liste des maires

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1953 1959 Maxime Audebert   Agriculteur
1959 1983 Michel Augé   Agriculteur
1983 1995 Michel Herblot   Agriculteur
1995 2014 Claudine Chardon   Agricultrice
2014 En cours Gilles Augé[22]   Agriculteur

Jumelages

Les communes d'Amponville, Burcy, Fromont, Guercheville et Rumont se sont associées pour réaliser un jumelage avec deux communes tchèques, Holubice et Tursko, situées près de Prague.

L'accord a été signé avec Tursko en octobre 2011 et le sera avec Holubice dans le courant de l'année 2012.

Population et société

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[23]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[24].

En 2016, la commune comptait 274 habitants[Note 1], en diminution de 3,52 % par rapport à 2011 (Seine-et-Marne : +4,43 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
320267304319360370403401386
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
394373384375361347362350353
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
326297280278280257227228200
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015
202201175180189233276285277
2016 - - - - - - - -
274--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[25] puis Insee à partir de 2006[26].)
Histogramme de l'évolution démographique

Événements

Le marché du terroir et de produits artisanaux se déroule tous les ans, le dimanche de Pentecôte. Il s'accompagne d'expositions, animations, spectacles des ateliers théâtre…

Économie

  • Exploitations agricoles.

Le Village-Pilote

On a appelé ainsi l'importante opération de modernisation des équipements communaux, des exploitations agricoles et des habitations qui s'est déroulée dans les années 1960[27].

Le village ne comptait plus que 200 habitants en 1962 alors qu'il y en avait eu 280 en 1926 et plus de 400 au milieu du XIXe siècle. Comme partout, la population rurale préférait déserter la campagne pour chercher en ville une vie meilleure et plus confortable.

Les exploitations agricoles, principales sources de revenus de la commune, étaient de dimensions moyennes, de rentabilité insuffisante ; les habitations étaient, pour la plupart, vétustes et mal entretenues.

À cette époque, EDF commençait à développer sur une grande échelle l'opération "ferme-pilote" consistant à encourager la rénovation de l'habitat rural.

En 1959, un premier agriculteur fit appel au service agricole d'EDF et au Génie Rural pour moderniser son exploitation ; il fut rapidement suivi par trois autres agriculteurs. Cette opération de rajeunissement rural conduisait, toutefois, à un contraste avec la vétusté des structures communales.

Le 15 février 1963, le maire de Guercheville saisissait par courrier les différents services de l'État et du département pour « proposer d'entreprendre une action générale en faveur de la rénovation du village et faire de celui-ci un véritable "Village-Pilote" ». Le programme de l'opération, dont le coût s'élevait à 450 000 francs, était le suivant :

  • amélioration du réseau d'eau potable et création d'une citerne à incendie,
  • réfection totale de la voirie et des trottoirs,
  • renforcement du réseau de distribution publique d'électricité,
  • création d'une installation d'éclairage public moderne,
  • aménagements paysagers des trottoirs,
  • rénovation des logements et des bâtiments communaux,
  • achèvement de la modernisation des exploitations agricoles.

Les habitants du village s'associèrent avec enthousiasme à l'opération en assurant par leurs propres moyens certains travaux comme le creusement des tranchées.

L'inauguration eut lieu en septembre 1966 en présence de nombreuses personnalités.

Culture locale et patrimoine

L'église Notre-Dame-de-l'Assomption.
Le parc du château (plan cadastral de 1839).

Lieux et monuments

  • L'église Notre-Dame-de-l'Assomption Logo monument historique Classé MH (1947)[28] est constituée de deux parties distinctes. Le clocher et la première partie de la nef datent du XIIIe siècle, ce sont les vestiges de la chapelle de l'ancien château. Pendant la guerre de Cent Ans, l'église est tombée en ruine et le village abandonné ; vers le début du XVIe siècle, elle a été reconstruite et agrandie.
Une restauration des peintures murales effectuée entre 1982 et 1984 a permis de mettre au jour des fresques sur le mur nord de la nef. Quatre scènes sont figurées : saint Michel pesant les âmes, saint Louis, Adam et Ève et saint Michel terrassant le dragon.
Une sculpture représentant le Père Éternel était fixée à la voûte du chœur ; après en être tombée à la fin du XIXe siècle, elle est désormais déposée au musée de Nemours.
  • Il ne reste du château de Guercheville que le colombier. On trouve une description du château (avec donjon, fossés, pont-levis…) et de ses dépendances dans l'aveu [29] que Marie de Montchenu rend au roi en 1549, après l'acquisition de la seigneurie. L'ensemble était situé près de l'église et clos de murailles. Sa fille, Madame de Guercheville, y fait à plusieurs reprises des travaux de réparation, et reconstruit entièrement le colombier en 1627.
Le plan cadastral de 1839 fait apparaître un parc boisé au nord-est du château.
C'est à partir de 1850 que le château commença à être démoli et le parc déboisé, mais la partie du territoire qu'occupait ce dernier s'appelle encore le Parc aujourd'hui.

Personnalités liées à la commune

  • Antoinette de Pons[30], comtesse de La Roche-Guyon et marquise de Guercheville (vers 1560-16 janvier 1632) fut dame d'honneur de Marie de Médicis. Elle épousa Henri de Silly, comte de La Roche-Guyon, qui décède en 1586. Henri IV en devint éperdument amoureux, mais elle ne céda pas à ses avances et épousa en secondes noces Charles du Plessis-Liancourt.
    Antoinette est restée dans les mémoires comme pieuse et vertueuse, et d'une grande beauté.
    Elle portait une grande attention aux jésuites des colonies françaises d'Amérique et contribua notamment au financement et à la fondation de la colonie de l'île des Monts Déserts, dans le Maine actuel. Cette colonie fut néanmoins détruite par les Anglais, prétextant un non-respect des limites territoriales françaises.
  • Raymond Pochon (1925-2000) qui fut conseiller général du canton de La Chapelle-la-Reine pendant 30 ans, de 1964 à 1994, et maire de Boissy-aux-Cailles de 1965 à 1992 y est né et y passa sa jeunesse.

Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

Site de la mairie

Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références

  1. « Localisation de Guercheville » sur Géoportail (consulté le 11 juin 2018).
  2. a et b Site SIGES - Seine-Normandie consulté le 11 juin 2018
  3. Les cars bleus
  4. Site territoires-fr.fr consulté le 12 juin 2018 sous le code commune 77220
  5. Archives nationales, K 20, n° 5.
  6. Richemond, Nemours, I, p. XXVI.
  7. Richemond, Nemours, I, p. XXVII.
  8. Cartulaire de N.-D. de Paris, II, p. 300.
  9. Bibl. nat., ms. latin 9895, fol. 168.
  10. Archives nationales, S 5169.
  11. Archives nationales, K 1170, n° 10.
  12. Archives nationales, S 2102a.
  13. Longnon, Pouillés de Sens, p. 90.
  14. Archives nationales, P 131, fol. 116 v°.
  15. Archives nationales, S 263.
  16. Archives nationales,, S 2356b.
  17. Archives nationales, Y 92, fol. 171.
  18. Archives nationales, Y 146, fol. 243.
  19. Roger Brunet - 2016 - Trésor du terroir. Les noms de lieux de la France, (ISBN 2271092787).
  20. Etat des lieux du patrimoine bâti de Guercheville - page 7.
  21. Eugène Thoison, Guercheville. Notice historique - 1896, impr. Meaux A. Le Blondel
  22. « Annuaire des communes de Seine-et-Marne », sur um77.fr (Union des maires de Seine-et-Marne) (consulté en février 2019).
  23. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  24. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  25. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  26. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  27. Plaquette Guercheville, Édition Sodel
  28. « L'église. », notice no PA00087024, base Mérimée, ministère français de la Culture
  29. Acte qu'un vassal doit donner à son seigneur et par lequel il reconnait tenir de lui un héritage ou une acquisition.
  30. Eugène Thoison, Madame de Guercheville. Esquisse historique - 1891, impr. Fontainebleau Ernest Bourges