Catherine Deneuve

Catherine Deneuve
Catherine Deneuve 1995.jpg
Catherine Deneuve en 1995.
Fonction
Ambassadeur de bonne volonté de l'UNESCO
-
Biographie
Naissance
(76 ans)
Paris
Période d'activité
À partir de
Nom de naissance
Catherine Fabienne Dorléac
Pseudonyme
Catherine Deneuve
Nationalité
Domicile
Activités
Père
Mère
Fratrie
Conjoint
Enfants
Autres informations
Distinctions
Films notables
Prononciation

Catherine Dorléac, dite Catherine Deneuve, est une actrice française née le à Paris.

Considérée comme l'une des plus grandes actrices françaises de sa génération et de la seconde partie du XXe siècle, elle est l'égérie de réalisateurs comme Jacques Demy, François Truffaut ou André Téchiné. Elle compte dans sa filmographie plusieurs autres grands noms de l'histoire du cinéma, comme Luis Buñuel, Roman Polanski, Mauro Bolognini, Robert Aldrich, Marco Ferreri, Dino Risi, Tony Scott, Manoel de Oliveira, Raoul Ruiz, Hirokazu Kore-eda ou encore Lars von Trier.

Elle obtient deux Césars de la meilleure actrice (pour Le Dernier Métro et pour Indochine), une nomination à l'Oscar de la meilleure actrice (pour Indochine) et un prix d'interprétation dans les trois plus grands festivals de cinéma : Cannes, Venise et Berlin.

Biographie

Famille

Le père de Catherine Dorléac est l'acteur Maurice Dorléac (1901-1979). Il travaille au théâtre et au cinéma mais également comme directeur de doublage à la Paramount Pictures. Sa mère, Renée Simonot (née en 1911 et dont Catherine utilise le véritable patronyme, « Deneuve », Simonot n'étant qu'un nom de scène), est une ancienne pensionnaire du théâtre de l'Odéon où sa grand-mère avait été souffleuse.

Née dans le 17e arrondissement de Paris, Catherine est la troisième des quatre filles de la famille ; ses trois sœurs sont Danielle (née le [1], fille du comédien Aimé Clariond), Françoise (née le , morte le dans un accident de voiture sur l'autoroute Esterel-Côte d'Azur) et Sylvie (née le ), toutes deux actrices. Elle grandit 146 boulevard Murat (16e arrondissement) et est scolarisée dans le quartier, au lycée Jean-de-La-Fontaine[2].

Petite fille, elle double comme sa sœur Françoise des voix d'enfant dans des films de la Paramount[3].

Débuts au cinéma

Catherine Deneuve débute au cinéma en 1956 sous le nom de Catherine Dorléac avec un petit rôle dans Les Collégiennes, un film d'André Hunebelle. « Je joue en uniforme de collège, et c'est là que j'apprends à nouer des cravates[4] », dira-t-elle.

Quatre ans plus tard, sa sœur Françoise lui dit : « Tu sais, ce serait amusant que tu fasses des essais. Je dois tourner cet été un film qui s'appelle Les portes claquent et le réalisateur, Jacques Poitrenaud, cherche une jeune fille pour jouer ma sœur. Tu devrais y aller »[5]. Après avoir obtenu l'accord de ses parents, elle passe des essais et elle est choisie pour le rôle. Elle n'est cependant pas intéressée par le métier[6]. Cet épisode l'amène pourtant à interrompre ses études, au cours de sa classe de seconde.

Le réalisateur Mel Ferrer lui trouve une ressemblance avec Audrey Hepburn et l'engage pour tourner L'Homme à femmes, avec Danielle Darrieux[6]. Les critiques saluent sa performance.

« La révélation du film, c'est une petite personne exquise qui s'appelle Catherine Deneuve.

Discrète, sans être empaillée, proprette sans être banale, ingénue sans être niaise, et jolie si jolie, sans en avoir l'air de le savoir. Elle devrait être, d'ici trois mois, la proie favorite des metteurs en scène, fatigués du style Saint-Germain-des-Prés. »

— France Roche, France-Soir (1960).

En 1961, elle rencontre Roger Vadim à l’Épi Club de Montparnasse. « Ce fut le coup de foudre. Vadim m'apprit à devenir femme, à me faire une personnalité et à vivre dans le bonheur[7] ».

Il lui offre un rôle dans Le Vice et la Vertu en 1962. Elle vit ensuite avec le cinéaste, de quinze ans son aîné, dont elle a un fils, Christian, né le .

Années 1960

Catherine Deneuve dans les années 1960.

Catherine Deneuve est choisie, dès 1961, par Jacques Demy pour tenir le rôle principal de son nouveau film, Les Parapluies de Cherbourg. Le film ne se fait que deux ans plus tard, l'actrice est alors enceinte et le réalisateur accepte de repousser le tournage du film[8]. Contrairement aux comédies musicales traditionnelles, Les Parapluies de Cherbourg est un film entièrement chanté, le souhait de Jacques Demy étant d'en faire un « opéra populaire »[9]. Sur la musique de Michel Legrand, Catherine Deneuve interprète Geneviève, une vendeuse de parapluies qui, sous la pression de sa mère, accepte d'épouser un riche bijoutier alors qu’elle est amoureuse, et enceinte, de Guy, un garagiste parti combattre en Algérie. Présenté au festival de Cannes de 1964, ce conte à la fois poétique et cruel reçoit un accueil triomphal et est récompensé par la Palme d'or[10]. Il connaît un immense succès critique et populaire, et lance définitivement la carrière de Catherine Deneuve : « Jacques Demy est le premier metteur en scène qui m'ait vraiment regardée, vue. Quelque chose m'a révélée, rassurée et confortée dans l'idée que je pouvais faire quelque chose auquel je ne croyais pas beaucoup, non pas parce que j'avais des doutes, mais parce que j'avais un doute beaucoup plus profond, sur l'idée qu'on peut faire quelque chose de particulier, qu'on est unique et qu'il m'a donné le sentiment que j'étais unique et qu'il m'avait choisie parce qu'il me trouvait différente, et ça confortait ma timidité et mon orgueil »[11].

Sur le tournage des Parapluies de Cherbourg, Catherine Deneuve rencontre le jeune réalisateur franco-polonais Roman Polanski qui vient de réaliser son premier long métrage, Le Couteau dans l'eau. Bien que « fascinée par ce personnage incroyable, avec ce regard très intense, tout le temps partout, incroyablement vivant », elle refuse de jouer dans l'adaptation qu'il a écrite de Naïves Hirondelles d'après Roland Dubillard, considérant qu'il s'agit d'un rôle d'idiote[12]. Alors qu'elle commence à regretter sa décision, le cinéaste lui propose un nouveau projet d'après un scénario original qu'il a co-écrit avec Gérard Brach et que Catherine Deneuve finit par accepter avec enthousiasme. Dans Répulsion, elle incarne une jeune femme schizophrène que la répugnance envers la sexualité entraîne au meurtre. Le réalisateur et son actrice deviennent proches pendant le tournage qui a lieu à Londres. Pour Roman Polanski, travailler avec elle est « comme danser le tango avec une cavalière particulièrement adroite ». Récompensé de l'Ours d'argent lors de la Berlinale 1965, le film rencontre un succès aussi bien critique que public. Le New York Times juge la performance de Catherine Deneuve « tout simplement splendide »[13]. Répulsion reste pour l'actrice un « merveilleux souvenir », grâce notamment à sa rencontre avec Polanski : « J'ai énormément d'affection pour lui. Je trouve que c'est quelqu'un qui a eu un destin extrêmement tragique, qui est doté d'une incroyable pour avoir surmonté tout ça... Et je ne pense pas seulement à la mort de sa femme, je pense à tout, à la mort de ses parents, au ghetto, au fait qu'il lui est interdit d'aller ou de travailler en Amérique, qu'il a été accusé de viol, je trouve que c'est un destin très noir. Mais il a surmonté tout cela »[14].

Catherine Deneuve s'illustre ensuite dans la comédie avec La Vie de château. Premier long métrage de Jean-Paul Rappeneau, ce dernier imagine l'histoire d'un couple que tout oppose durant la Seconde Guerre mondiale, : Jérôme, un homme tranquille et casanier, et Marie, jeune femme débordante d'énergie qui, excédée par le flegme de son mari, tombe sous le charme d'un résistant[15]. Le film qui marque sa rencontre avec Philippe Noiret est un grand succès public, attirant plus de 1,7 millions de spectateurs[16]. En 1967, l'actrice retrouve Jacques Demy pour le film musical Les Demoiselles de Rochefort dans lequel elle donne la réplique à sa sœur Françoise Dorléac autour d'une distribution internationale comprenant Gene Kelly, George Chakiris et Danielle Darrieux. Le film raconte l'histoire de sœurs jumelles, professeurs de danse et de musique, qui rêvent de monter à Paris et qui saisissent l'occasion lorsqu'une troupe de forains passe en ville. Aujourd'hui considéré comme un chef d’œuvre de l'histoire du cinéma[17],[18], à l'instar des Parapluies de Cherbourg, Les Demoiselles de Rochefort connaît un grand succès lors de sa sortie en salles et permet à Catherine Deneuve et Françoise Dorléac de se rapprocher : « J'ai un souvenir extraordinaire de ce tournage, surtout à cause de Françoise. Les Demoiselles ont beaucoup contribué à nous rapprocher physiquement. Même si nous nous téléphonions, nous vivions dans des univers différents, et finalement nous ne passions pas tellement de temps ensemble. Le film de Demy nous a permis de nous retrouver. En plus, comme nous sommes jumelles dans le film. cette relation a contribué à nous replonger dans l'atmosphère de notre adolescence »[19]. Le film restera cependant longtemps un souvenir malheureux pour Catherine Deneuve en raison du décès de Françoise Dorléac, survenu peu de temps après la sortie du film.

La même année sort dans les salles Belle de jour, libre adaptation du roman éponyme de Joseph Kessel confiée à Luis Buñuel par les producteurs Hakim qui ont souhaité le voir porter à l'écran avec Catherine Deneuve dans le rôle titre. Le réalisateur se montre séduit par la jeune comédienne dont il dira : « son genre m'a paru convenir pour le personnage : très belle, réservée et étrange ». Le film relate l'histoire d'une jeune bourgeoise timide, amoureuse de son mari et apparemment frigide, qui décide, à force de rêveries sado-masochistes, de combler son oisiveté en se prostituant. À cette époque, Catherine Deneuve joue souvent des rôles de jeunes femmes soumises aux conventions sociales[21]. Avec Belle de jour, cette image cinématographique de soumission à la tradition avec un érotisme parfois violent, mais jamais affiché, exprime les bouleversements sociaux en cours : « Quand Buñuel m'a proposé ce rôle, j'ai accepté sans hésiter, mais c'était aussi audacieux à l'époque et un peu risqué pour moi. J'avais 23 ans ; pour tout le monde, j'étais la jeune fille romantique des Parapluies de Cherbourg »[22]. Avec Belle de jour, Catherine Deneuve incarne le fantasme de la transgression, tout en respectant prudemment les conventions sociales. Elle forge son image et trouve un impact auprès du public à une époque de transition entre classicisme et modernité, tradition et émancipation[21]. Si sa rencontre avec le cinéaste figure parmi les plus importantes de sa vie, leurs relations pendant le tournage s'avèrent tendues en raison de leurs caractères opposés : « Ça a été un tournage très difficile pour moi, même si je n’ai jamais remis en cause l’admiration que j’avais pour le talent de Buñuel. Mais je crois qu’il voulait faire un film beaucoup plus audacieux sur le plan physique et je me suis braquée. Je pense que pour le film, c’était mieux. Je ne dis pas que j’ai eu raison, mais je crois que le fait d’avoir refusé les scènes de nudité qui n’étaient pas dans le scénario a servi le film : l’intensité érotique est passée autrement, elle s’est déplacée »[23]. D'abord interdit par la censure française puis autorisé au prix de coupures, Belle de jour attire plus de deux millions de spectateurs et remporte le Lion d'or à Venise[24].

Également en 1967, alors que doivent débuter les prises de vues de son nouveau film, la comédie Benjamin ou les Mémoires d'un puceau de Michel Deville, Catherine Deneuve doit faire face à la mort de sa sœur Françoise, tuée dans un accident de la route le à l'âge de 25 ans. Sa perte représente pour Deneuve « la déchirure la plus importante de ma vie ». Néanmoins, elle entreprend peu de temps le tournage de Benjamin « dans un véritable état d'anesthésie, en prenant beaucoup de calmants sans doute. Je ne sais pas vraiment comment j'ai pu. D'une certaine façon, j'ai dû sentir que le film m'aiderait à survivre... J'étais tellement détruite, je souffrais tant, que là au moins, j'avais l'impression que je serais entourée, que j'étais contrainte de faire des choses. Si je n'avais pas été obligée de me lever, de parler, d'accomplir certains gestes, je ne sais pas dans quoi j'aurais sombré. Tout valait mieux que de rester seule »[25]. Son film suivant, Manon 70 de Jean Aurel, adaptation contemporaine du roman Manon Lescaut de l'abbé Prévost sortie en 1968, n'est pas, de son propre aveu, une grande réussite[26]. La même année, elle tourne La Chamade, adaptation du roman éponyme de Françoise Sagan, sous la direction d'Alain Cavalier et dans lequel elle joue une jeune femme vénale qui hésite entre son amant mondain, un industriel fortuné, et un jeune intellectuel avec qui elle entreprend une liaison passionnelle.

Catherine Deneuve dans Folies d'avril en 1969.

Sur le tournage de Belle de jour, les frères Hakim proposent à François Truffaut de produire son prochain film à condition qu'il prenne pour vedette Catherine Deneuve. Dès leur première rencontre, le réalisateur est immédiatement séduit par l'actrice et l'imagine d'emblée dans le rôle principal de l'adaptation du roman Waltz into Darkness de William Irish qu'il souhaite faire : « Ce que j'aime en elle, c'est son mystère. Elle se prête admirablement aux rôles qui comportent un secret, une double vie. Catherine Deneuve ajoute de l'ambiguïté, à n'importe quelle situation, n'importe quel scénario, car elle donne l'impression de dissimuler un grand nombre de pensées secrètes qui se laissent deviner à l'arrière plan... »[27]. Suite à des différents avec les producteurs, Truffaut rachète les droits et se lance seul dans l'adaptation du roman qu'il rebaptise La Sirène du Mississipi. L'histoire est celle d'un amour passionnel entre un riche industriel français, joué par Jean-Paul Belmondo, et une usurpatrice, jouée par Deneuve. Le scénario, dont l'action se déroule entre la Réunion, la Côte d'Azur et l'Isère, est tourné dans l'ordre chronologique, le réalisateur ayant refusé d'écrire les dialogues à l'avance, comme l'expliquera plus tard Catherine Deneuve : « Il écrivait la veille au soir les dialogues du lendemain ; c'était assez périlleux, surtout sur un si long tournage, trois mois... On avait parfois des difficultés, on manquait de recul, on ne pouvait pas discuter les dialogues mais, en même temps, ce risque était passionnant »[28]. Le film sort en 1969 et, malgré un score de plus d'un million d'entrées, il est médiocrement accueilli par un public sans doute déçu de ne pas retrouver l'image de héros positif et désinvolte qui a tant fait pour le succès de Belmondo au cinéma.

À cette époque, l'actrice est vue comme « l'étoile la plus brillante du cinéma français »[29]. Le magazine Cinémonde estime que sa présence sur l'écran est à la fois « ravissante et poétique, mais elle peut être acérée et agressive. Elle est romantique et acide, voluptueuse et pure. Frigide, apparemment, et vicieuse à froid quand on personnage l'exige. Elle garde dans sa façon de se comporter dans les films une autonomie, une distance singulière et envoûtante que l'on ne croyait plus permises : celle de Greta Garbo »[30]. À l'instar de cette dernière, Catherine Deneuve s'évertue à préserver sa vie privée, ce qui lui permet, selon le magazine Paris Match, d'augmenter « le mystère que dégage la star et de renforcer son statut et son aura »[31]. L'actrice commence alors à susciter l'enthousiasme des studios américains. Elle participe à une superproduction au casting international, Mayerling de Terence Young, qui retrace la tragique histoire d'amour de l'archiduc Rodolphe d'Autriche et sa maîtresse Marie Vetsera. Après Brigitte Bardot et Jeanne Moreau, l'actrice est la seule star française à faire la une de Newsweek ainsi que celle de Look qui la proclame « the most beautiful woman in the world »[32]. Elle est ensuite engagée à Hollywood pour jouer dans la comédie Folies d'avril, aux côtés de Jack Lemmon. Ces deux expériences peu convaincantes ni pour la presse, ni pour elle-même, Catherine Deneuve prend ses distances avec le cinéma américain et refuse notamment d'incarner une James Bond girl dans Au service secret de Sa Majesté[33]. Elle accepte toutefois de tourner sous la direction d'Alfred Hitchcock dans le film d'espionnage The Short Night mais le projet, maintes fois repoussé, ne verra pas le jour et restera l'un des plus grands regrets de l'actrice[34].

Années 1970

Son ascension dans les années 1960 fait d'elle, à l'aube de la nouvelle décennie, l'une des vedettes françaises les plus célèbres, tant sur le plan national qu' international[35]. En 1970, elle confirme sa légitimité d'actrice avec le drame Tristana de Luis Buñuel, l'histoire d'une jeune femme recueillie par un notable de Tolède et qui finit aigrie, malade et amputée d'une jambe. Malgré le tournage difficile de Belle de jour, Catherine Deneuve est séduite par le scénario et travailler de nouveau avec le réalisateur lui semble important. L'expérience se révèle plus heureuse que la précédente : « Tristana est un de mes grands souvenirs. Le tournage s'est très bien passé. Buñuel était revenu en Espagne et j'étais attirée par le mystère de ce personnage féminin, son comportement, ses pulsions. La différence du cinéma avec le roman, c'est qu'on peut dire des choses avec les mots et en exprimer d'autres, en jouant. Dans Tristana, il y avait eu l'idée du mensonge et du détournement des mots. Les acteurs réagissent mieux quand on leur demande ce qui correspond à leur nature profonde. Voilà ce qui m'intéresse au cinéma »[36].

La même année, Catherine Deneuve tourne un nouveau film musical sous la direction de Jacques Demy, Peau d'âne. Inspiré du conte éponyme de Charles Perrault, le film reprend l'intrigue traditionnelle du conte : une princesse forcée d'épouser son père fuit son royaume en se dissimulant sous une Peau d'âne. Suscitant l'hostilité par son déguisement, elle parvient à conserver son secret jusqu'à sa rencontre fortuite avec le prince d'un château voisin. Le film tient une place particulière dans la carrière de Catherine Deneuve : « Comme les autres filles, j’aimais les histoires de fées et de sorcières, de rois et de princesses, de perles et de crapauds. Lorsque j’ai lu le scénario de Peau d’âne, j’ai retrouvé les émotions de ma lecture d’enfance, la même simplicité, le même humour, et, pourquoi ne pas le dire, une certaine cruauté qui sourd généralement sous la neige tranquille des contes les plus féériques »[37]. Considéré comme un film culte grâce à l'audace de ses thèmes et de son parti pris visuel, ainsi qu'à sa musique signée Michel Legrand, Peau d'âne est l'un plus grand succès populaire du réalisateur et de son actrice, avec plus de deux millions d'entrées.

À cette époque, le cinéma français traverse une période agitée sur le plan idéologique, les spectateurs étant devenu peu réceptifs aux valeurs bourgeoises, aux institutions ainsi qu'aux stars[38]. Or, depuis Belle de jour, l'image qu'incarne Catherine Deneuve est « fondamentalement conservatrice, ce qui explique le peu de succès de ses films dans les années 1970, dans la mesure où elle était en porte-à-faux avec le cinéma français plus politique et à dominante naturaliste de l'époque »[38]. En effet, le cinéma d'auteur français devient un cinéma engagé qui tente d'exprimer les bouleversements consécutifs à Mai 68[39]. Afin de s'éloigner de l'image de femme sophistiquée et glaciale qu'elle véhicule, l'actrice se tourne vers des coproductions franco-espagnoles et franco-italiennes, facilitées par sa relation avec Marcello Mastroianni, dont elle devient la compagne en 1970[39]. Aux côtés de ce dernier, elle tourne Liza sous la direction de Marco Ferreri. Son rôle est celui d'une femme du monde à la dérive qui, après s'être volontairement échouée sur un îlot loin de la civilisation, devient soumise à son amant, tue le chien de ce dernier avant de prendre sa place, adoptant son comportement et renonçant à toute dignité[40]. Si la prestation des acteurs est jugée remarquable par la critique, celle-ci se montre plutôt hostile à l'égard du film en général, qui ne rencontre pas les faveurs du public lors de sa sortie en 1971[40]. L'année suivante, alors enceinte de sa fille Chiara Mastroianni, Catherine Deneuve accepte de tenir un second rôle dans le film policier Un flic de Jean-Pierre Melville. Le but du réalisateur et de l'actrice est avant tout de faire connaissance avant un prochain film qu'ils comptent faire ensemble, l'adaptation d'un roman américain de série noire, mais la mort de Melville survenue en 1973 empêche sa réalisation[28]. Catherine Deneuve se montre ensuite enthousiaste par une proposition de Claude Sautet de jouer dans son film César et Rosalie mais, pour des raisons indépendantes de sa volonté, « un stupide problème entre agents », le réalisateur finit par engager Romy Schneider, avec qui il fera plusieurs films[41].

Sa quatrième et dernière collaboration avec Jacques Demy, L'Événement le plus important depuis que l'homme a marché sur la Lune, conte l'histoire d'un homme joué par Marcello Mastroianni qui se retrouve enceint de sa femme. Dès le départ, Catherine Deneuve émet des réserves sur le scénario et le résultat final est pour elle une déception : « La grâce n'était pas au rendez-vous. À plusieurs reprises, dans ma carrière, j'ai travaillé aussi sur des réalisations dont je devinais, sans pouvoir être plus précise, que ça n'était pas au point. Et parfois même, je n'arrivais pas à surmonter cette impression. Par ailleurs, il convient de tenir compte aussi de mes propres limites : j'ai parfois peur de décevoir. Et ça me paralyse. Je fais partie du type d'acteur qu'il faut pousser. J'ai tendance à en faire moins que trop. Dans L'Événement, quand je le revois, je m'agace. J'y ai adopté un ton qui était sans doute celui que demandait le scénario. Mais je considère que ça ne fonctionne pas bien. Et que c'est partiellement de ma faute »[42]. Suite à l'échec commercial du film, Jacques Demy souhaite réaliser Une chambre en ville, un nouveau projet entièrement chanté, à l'instar des Parapluies de Cherbourg. Il se heurte néanmoins au refus de Catherine Deneuve qui, à l'instar de Gérard Depardieu envisagé pour être son partenaire, tient à chanter elle-même et non plus à être doublée comme dans les films musicaux précédents : « À tort ou à raison, j'estimais que ma voix faisait partie de mon intégrité d'artiste »[42].

En 1974, l'actrice retrouve Marco Ferreri pour Touche pas à la femme blanche !, transposition loufoque de la bataille de Little Big Horn dans le quartier de Halles alors en destruction[43]. Elle y donne à nouveau la réplique à Marcello Mastroianni avant de se séparer de l'acteur. Vient ensuite La Femme aux bottes rouges de Juan Luis Buñuel, qui suit les étranges aventures d'un amateur d'art milliardaire et d'une jeune femme écrivain aux pouvoirs mystérieux et surnaturels[44]. L'insuccès se poursuit en 1975 avec Zig-Zig où elle joue aux côtés de Bernadette Lafont. Le tournage est l'un des plus chaotiques de sa carrière, le réalisateur Laszlo Szabo étant constamment ivre sur le plateau : « Je crois que je n'ai jamais été autant attaquée que pour Zig Zig. J'ai été totalement refusée en tant que prostituée, et je crois que mon personnage a profondément déplu au public. Et, bien sûr, le fait que je sois productrice, cette façon de vouloir assumer en même temps, on n'était pas prêt à me pardonner cela. Car il ne faut pas exagérer, Zig Zig n'est pas le plus mauvais film que j'ai fait. Je ne suis pas sûre que ce soit le meilleur, mais ce n'est en tout cas pas le plus mauvais. Cela dit, je pense que c'est un film insolite et même poétique. Et cet échec commercial ne m'empêchera pas de refaire des films avec de jeunes metteurs en scène, même inconnus, si le sujet me plaît »[45]. S'ensuit deux autres films qui ne marquent pas non plus les esprits, La Grande Bourgeoise de Mauro Bolognini[46], puis L'Agression de Gérard Pirès qui l'oppose à Jean-Louis Trintignant[47].

Le film, dans lequel elle vient perturber l'existence d'un parfumeur (joué par Yves Montand), est tourné au Venezuela, ce qui l'empêche de voir les rushes. Mais contrairement à Belle de jour, cela ne lui pose aucun problème. Ce film, qui fut un succès aussi bien critique que commercial, révèle le vrai potentiel comique de l'actrice, alors mésestimé jusque-là. Jean-Paul Rappeneau utilise l'impressionnant débit de paroles de l'actrice comme un élément rythmique, indispensable pour son film.

Elle accepte ensuite, la même année, un nouveau film américain, La Cité des dangers, avec Burt Reynolds. Elle se méfie tout d'abord du réalisateur Robert Aldrich dont la réputation avec les femmes n'est plus à faire. Il se montre charmant avec elle et Catherine Deneuve expérimente une nouvelle technique, la préparation avant le tournage, ce qui lui facilite grandement les choses[n 1],.

Elle joue ensuite pour Claude Lelouch, dans Si c'était à refaire, une femme qui fait la connaissance de son fils après seize ans passés en prison, puis dans deux autres films italiens, l'un avec Ugo Tognazzi et Jodie Foster, La Cabine des amoureux, l'autre sous la direction de Dino Risi, Âmes perdues.

En 1977, elle signe sans scénario définitif pour Il était une fois la Légion de Dick Richards, avec Gene Hackman. Elle regrette rapidement sa décision et refuse de parler du film ou du réalisateur dans ses interviews parce qu'elle n'aime pas dire quelque chose de désagréable sur quelqu'un[n 2],.

Cette même année, elle se voit proposer de donner la réplique à Philippe Noiret dans Coup de foudre que doit réaliser Robert Enrico. Le film, extrêmement coûteux, est arrêté au bout d'une semaine de tournage. Parce que c'est un projet qu'elle aime beaucoup, Catherine Deneuve se sent frustrée et ne tourne plus pendant près d'un an[n 3],.

En 1978, elle partage la vedette avec Jean-Louis Trintignant, Claude Brasseur et Michel Serrault dans L'Argent des autres de Christian de Chalonge. Elle se voit ensuite offrir par un jeune réalisateur, Hugo Santiago, le rôle principal de Écoute voir. Elle y joue une femme détective privé qui, engagée par un jeune châtelain et savant émérite (joué par Sami Frey), enquête sur de mystérieux individus membres d'une étrange secte. Elle considère le film comme raté et trouve son jeu trop sérieux[n 4]. Néanmoins, elle considère avoir enrichi son expérience grâce au film et ne le considère pas à regret[n 5],.

Le film suivant est Ils sont grands, ces petits, une comédie de Joël Santoni où elle et son frère, joué par Claude Brasseur, essayent de déjouer les plans d'un promoteur immobilier pour sauver leur propriété. Le tournage se déroule à Nice, ce qui est un vrai bonheur pour l'actrice qui considère le film comme une « vraie comédie » comme elle n'en avait plus fait depuis un moment[n 6],.

Elle retrouve ensuite Claude Lelouch pour le film À nous deux (1979), avec pour partenaires Jacques Dutronc et Jacques Villeret, puis Yves Robert la dirige dans une autre comédie qu'elle adore, Courage fuyons.

Années 1980

Catherine Deneuve inaugure la nouvelle décennie avec l'un des plus grands succès de sa carrière, Le Dernier Métro de François Truffaut. L'intrigue suit une équipe du théâtre qui, sous l'occupation, tente de monter une pièce, tandis que le directeur, juif, reste caché dans la cave à l'insu de tous. Douze ans après leur première collaboration, le réalisateur compose un personnage à l'opposé de celui de La Sirène du Mississippi, froid et vénéneux : « Truffaut trouvait que mon physique m’avait beaucoup servi. Il pensait que ce pouvait être un poids et un inconvénient. Il voulait me donner un rôle de maturité, le rôle d’une femme active, brusque, virile, une femme qui a à prendre une décision, une femme un peu brutale »[52]. Toutefois, le personnage qu'incarne l'actrice se prénomme à nouveau Marion, comme dans la Sirène, et le réalisateur va jusqu'à reprendre l'une des répliques de ce dernier, des phrases qui sont des déclarations à l’actrice : « Tu es belle, si belle que te regarder est une souffrance. – Hier, tu disais que c’était une joie ! – C’est une joie et une souffrance »[52]. Le film marque également la première collaboration entre Catherine Deneuve et Gérard Depardieu, ce dernier étant, du propre aveu de l'actrice, son partenaire favori : « Il y a quelque chose de tellement harmonieux chez Gérard que c'était impossible de ne pas être bien en tournant avec lui. C'est quelqu'un qui apporte énormément sur un plateau, indépendamment de ce qu'il apporte sur l'écran. C'est vraiment l'un des acteurs qui m'a le plus épatée. Il peut tout faire, c'est toujours évident... ». Leur admiration réciproque fait dire à Depardieu « Catherine est l'homme que j'aurais voulu être » et à Deneuve de répondre « Gérard est la femme que j'aurais voulu être ». Le Dernier Métro reçoit un accueil triomphal lors de sa sortie, avec plus de trois millions de spectateurs, et récolte dix César, dont celui de la meilleure actrice pour Catherine Deneuve. Le film fait d'elle à nouveau une valeur sûre du cinéma français et, selon la presse, qui s'impose comme « la star des records de beauté, d’efficacité, de rareté, de discrétion, de durée »[54].

Également en 1980, Catherine Deneuve tient le rôle principal de la comédie dramatique Je vous aime de Claude Berri où elle joue face à Serge Gainsbourg, avec lequel elle chante le titre Dieu fumeur de havanes, Gérard Depardieu, Jean-Louis Trintignant et Alain Souchon. L'année suivante, elle est à l'affiche du film policier Le Choix des armes d'Alain Corneau, aux côtés d'Yves Montand et de Gérard Depardieu. À cette époque, elle envisage un temps de mettre un terme à sa carrière d'actrice pour se consacrer à la production[55]. Vient finalement sa rencontre avec le réalisateur André Téchiné, avec qui elle fera huit films. Le premier d'entre eux est le drame psychologique Hôtel des Amériques, où elle joue face à Patrick Dewaere, sur un scénario qui aborde les thèmes de la rencontre, de l'amour passionné, mais aussi de la fatalité et de la solitude. Si l'actrice parvient à surprendre dans un rôle de victime romantique, le film n'obtient pas le succès escompté : « J'étais à la fois très triste mais pas trop étonnée de l'échec de Hôtel des Amériques. Le film était très beau mais si pessimiste, si dérangeant, que j'ai pu comprendre le rejet du public »[56]. Son film suivant, le polar Le Choc, qui l'oppose à Alain Delon, se révèle une expérience décevante. En raison des difficultés de relation entre l'actrice et son metteur en scène Robin Davis, c'est Delon qui assure la réalisation des scènes où apparaît sa partenaire.

En 1983, Catherine Deneuve joue dans la comédie d'aventures L'Africain de Philippe de Broca, avec Philippe Noiret à qui elle avait donné la réplique dans La vie de château. Elle y incarne une agent de voyage parisienne qui, alors qu'elle souhaite installer un club de vacances dans la Région des Grands Lacs, retrouve son ex-mari qui, lui, n'aspire qu'à fuir le monde civilisé et cette ex-épouse trop envahissante. L’Africain connaît un certain succès avec un peu plus de 1,7 million d’entrées. La même année sort dans les salles le film fantastique Les Prédateurs, premier long métrage de l'anglais Tony Scott, et dans lequel elle donne la réplique à David Bowie et Susan Sarandon. Il raconte le drame existentiel de la belle et élégante Miriam Blaylock, vampire de son état, condamnée à la vie éternelle[57]. Mélangeant les thèmes du vampirisme, de l'amour saphique et sacrificiel, de la séduction et la répulsion, Les Prédateurs, pourtant mal accueilli à sa sortie par la critique et le public, devient progressivement un film culte, notamment grâce à une scène d'amour entre Susan Sarandon et Catherine Deneuve, ce qui permet à cette dernière de devenir une icône pour les gays et les lesbiennes[58].

En 1984, Catherine Deneuve joue l'ancienne maîtresse d'un président de la République dans Le Bon Plaisir de Francis Girod, avec également Michel Serrault et Jean-Louis Trintignant. Le film évoque, dix ans avant que le fait soit officiellement révélé, par un procédé de roman à clef, l'existence de l'enfant cachée, Mazarine, du président d'alors François Mitterrand. La même année, Catherine Deneuve accepte de tenir un petit rôle dans Fort Saganne d'Alain Corneau, avec aussi Gérard Depardieu, le scénario étant l'un des plus beaux qui lui ait été donné de lire[59]. Également en 1984, l'actrice se laisse séduire par un rôle, à l'origine destiné pour une autre actrice, que lui propose le réalisateur Élie Chouraqui dans sa comédie dramatique Paroles et musiques, celui d'un personnage qui traduit « le lot de toutes les femmes qui se retrouvent seules avec des enfants et qui veulent maintenir une harmonie, protéger tout le monde, faire face et rester vibrantes. Des femmes qui veulent de l'amitié, de l'amour... l'amour total »[60]. Le film se révèle néanmoins être une déception pour Catherine Deneuve lorsqu'elle découvre le résultat final. En effet, le réalisateur, séduit par la complicité du duo que forme Christophe Lambert et Richard Anconina pendant le tournage, décide d'orienter son film différemment, alors que le scénario originel était davantage centré sur le personnage de l'actrice[61].

L'image publique de Catherine Deneuve durant cette décennie est également marquée par son incarnation de Marianne. En 1985, l'actrice accepte de prêter ses traits au symbole de la République à l'issue d'un sondage auprès des Français la désignant comme la plus belle femme de France : « J'ai toujours résisté à la momification. À l'exception du buste de Marianne : j'ai trouvé ça sympathique car c'était un sondage populaire et puis la République, c'est important pour moi »[62] . Elle fait par ailleurs reverser les droits qui lui sont dus au titre de la représentation de son image à Amnesty International. À cette époque, Catherine Deneuve refuse de nombreux projets au cinéma et ceux auxquels elle s'intéressent, comme une adaptation d'un polar de Jean-Patrick Manchette par Jean-Luc Godard, une adaptation de La Chambre bleue de Georges Simenon par Maurice Pialat ou encore une comédie originale sur la mode de Jean-Paul Rappeneau avec Isabelle Adjani, ne voient pas le jour. Elle retrouve finalement le chemin des plateaux en 1986 avec le film policier Le Lieu du crime d'André Téchiné où le réalisateur lui fait jouer « une femme disons déraisonnable, un peu folle, un peu immature » pour le plus grand plaisir de l'actrice : « J'étais emballée, j'ai eu le même genre de bonheur en lisant le scénario et en faisant ce film qu'en tournant Le Dernier Métro. J'avais une certitude, quant à moi et à ce que j'aime au cinéma, que c'était une vraie rencontre avec un rôle, avec un film, avec quelqu'un pour qui on a plus que de l'estime. Ça n'arrive pas souvent chez moi, car, même si j'aime mes films, je n'ai pas toujours cet état de plaisir au tournage, pas aussi intensément. Il n'y a pas eu une journée où je n'ai ressenti ce plaisir »[63]. Présenté en compétition lors de la 39e édition du festival de Cannes, le film séduit la critique et Catherine Deneuve est saluée pour sa performance. Ainsi, Cinématographe estime que l'actrice « accomplit une provincialisation bouleversante et trouve ici son meilleur rôle dans un emploi tragique. Les cheveux mouillés, elle atteint les paroxysmes anciens où savaient se montrer Ingrid Bergman et Anna Magnani »[64].

En 1987, Catherine Deneuve est à l'affiche du thriller Agent trouble de Jean-Pierre Mocky, tourné relativement rapidement et avec un petit budget. L'actrice accepte d'abîmer son image de star glamour en s'affublant de lunettes, d'une perruque rousse et d'un tailleur sobre pour incarner une sage conservatrice de musée qui se retrouve entraînée malgré elle dans une affaire d'état. Sa prestation fait de nouveau l'unanimité auprès de la critique. Première la trouve « parfaite, comme à l’accoutumée, menant tambour battant l’intrigue et le film. On la savait très à l’aise dans la comédie, et on s’étonne que les scénaristes ne pensent pas à elle plus souvent pour ce genre de composition »[65]. L'année suivante, Catherine Deneuve retrouve Gérard Depardieu pour la comédie dramatique Drôle d'endroit pour une rencontre, première réalisation de François Dupeyron. Elle y joue une femme abandonnée par son compagnon sur l'aire de repos d'une autoroute, une nuit d’hiver, et qui rencontre un automobiliste en panne : « J'ai eu une expérience difficile, mais qui s'est révélée quand même positive, avec François Dupeyron. Le scénario était magnifique. Le tournage a été très difficile, car il avait du mal à diriger ses acteurs. Après les prises, il ne savait pas exprimer ce qui n'allait pas. C'était un désarroi terrible, et j'ai pas mal souffert sur ce film, que j'aime beaucoup, avec ses erreurs et ses faiblesses. C'est un film très attachant et très original, mais le tournage a été très difficile »[66]. Malgré un accueil critique dithyrambique, le public n'est pas au rendez-vous. Les Cahiers du Cinéma estime que « Rarement couple de cinéma fut aussi synchrone dans son double jeu d’attirance et de répulsion. Dans Drôle d’endroit pour une rencontre, Catherine Deneuve et Gérard Depardieu donnent simultanément – et sublimement – l’impression d’être au sommet (de leur art), tout en laissant, sur les côtés, s’installer la sensation du vide, du trou béant. Ce point d’équilibre – qui est aussi, d’une certaine manière, un point limite – s’appelle tout simplement la perfection »[67].

Années 1990

Catherine Deneuve au festival de Cannes 1999.

Son interprétation remarquée d'une propriétaire de plantation d'hévéas dans l’Indochine française vue par Wargnier lui vaut un nouveau César en 1993 et également une première nomination à l'Oscar de la meilleure actrice. Elle reçoit ensuite la Coupe Volpi pour la meilleure interprétation féminine à la Mostra de Venise en 1998 pour son rôle de joaillière alcoolique dans Place Vendôme de Nicole Garcia.

Considérée dans le monde entier comme l'une des plus belles femmes et l'une des plus grandes actrices françaises de ces quarante dernières années, elle jouit d'une notoriété internationale et d'une filmographie exceptionnelle. La plupart des grands réalisateurs européens ont fait appel à elle, associant définitivement son nom à l'histoire du cinéma de la seconde moitié du XXe siècle.

En 1994, elle est ainsi vice-présidente du jury de Clint Eastwood, lors du 47e Festival de Cannes. Les autres jurés sont Pupi Avati (Italie), Guillermo Cabrera Infante (Cuba), Shin Sang-ok (Corée du Sud), Kazuo Ishiguro (Grande-Bretagne), Alexandre Kaïdanovski (Russie), Lalo Schifrin (Argentine) puis Marie-Françoise Leclère et Alain Terzian (France). Le jury attribue la Palme d'or à Pulp Fiction de Quentin Tarantino.

L'UNESCO la choisit comme ambassadrice de la préservation du patrimoine cinématographique en 1999.

Années 2000

Elle reçoit en 2002, en compagnie des sept autres actrices de Huit Femmes, l'Ours d'argent de la meilleure contribution artistique lors de la 52e Berlinale et le Prix de la meilleure actrice européenne aux European Film Awards.

En 2005, elle se voit décerner la Palme d'or d'honneur du 58e Festival de Cannes pour l'ensemble de sa carrière. En 2008, elle reçoit le Prix Spécial du 61e Festival de Cannes pour son rôle dans Un conte de Noël d'Arnaud Desplechin et pour l'ensemble de sa carrière. Cette récompense lui est attribuée par le jury présidé par Sean Penn et composé notamment de Natalie Portman, Alfonso Cuaron et Marjane Satrapi. Elle partage la distinction, ex æquo, avec Clint Eastwood.

Elle préside le jury de la 63e Mostra de Venise en 2006. Les autres membres du jury sont Bigas Luna (Espagne), Paulo Branco (Portugal), Park Chan-wook (Corée du Sud), Cameron Crowe (États-Unis), Tchoulpan Khamatova (Russie) et Michele Placido (Italie). Son jury attribue le Lion d'or au film Still Life, réalisé par Jia Zhangke.

Années 2010-2020

En 2010, elle retrouve François Ozon dans Potiche et fait montre à nouveau de son talent pour la comédie. En octobre 2014 elle préside le jury du 25e Festival du film britannique de Dinard. Son jury récompense de l'Hitchcock d'or le film The Goob de Guy Myhill. Les comédiennes Suzanne Clément et Léa Drucker figurent parmi les neuf membres de son jury.

Le , elle reçoit le Prix Lumière du Festival Lumière de Lyon, qui récompense une personnalité du cinéma pour l'ensemble de sa carrière[68].

À l'approche de la fin de la décennie, elle maintient un rythme de tournage important. Ainsi, en 2019, elle tient le haut de l'affiche dans quatre films : La Dernière Folie de Claire Darling de Julie Bertuccelli, L'Adieu à la nuit (présenté hors compétition au 69e Festival de Berlin) d'André Téchiné, Fête de famille de Cédric Kahn, et La Vérité d'Hirokazu Kore-eda (film d'ouverture de la 76e Mostra de Venise)[69].

Elle préside le jury du 45e Festival du cinéma américain de Deauville, en [70].

Le , durant le tournage du film De son vivant, elle est victime d'un accident vasculaire cérébral[71],[72]. Elle est immédiatement prise en charge dans l’établissement où elle tournait, l’hôpital de Gonesse, puis à la Fondation Adolphe-de-Rothschild[73]. Sa convalescence est plus longue que prévue et le projet de reprise du tournage du film est envisagé seulement pour l’été 2020[74].

Vie personnelle et familiale

Catherine Deneuve portant dans ses bras Chiara Mastroianni (1972).

Elle a vécu avec le réalisateur Roger Vadim, dont elle a eu un fils, Christian (né le ). Ils vivent rue Vineuse, près du Trocadéro, avant de déménager dans le Quartier latin[2].

Le , elle épouse à Londres le photographe David Bailey, dont elle se sépare en 1967, mais le divorce n'est prononcé qu'en 1972. Les témoins étaient Mick Jagger et Françoise Dorléac. Elle vit par la suite avec Marcello Mastroianni, avec qui elle a une fille, Chiara (née le , elle-même actrice), puis avec l'homme d'affaires Bertrand de Labbey, qui reste son agent, et avec l'homme de médias Pierre Lescure dans les années 1980.

Catherine Deneuve vit à Paris dans le quartier Saint-Sulpice[75], rue Bonaparte[2]. Elle est propriétaire d'un logement dans les immeubles Walter. Elle a été aussi propriétaire d'une maison à Guainville (Eure-et-Loir)[76], vendue en 2018[77].

Elle est longtemps habillée par Yves Saint Laurent, avec qui elle entretient une intense amitié, ce dernier la surnommant même son « porte-bonheur ». En janvier 2019, elle se sépare d'une partie de sa garde robe signée du créateur à l'occasion d'une vente aux enchères à Paris et sur Internet[77].

Approche de son travail d'actrice

Après avoir, entre autres, travaillé avec Michel Deville, Claude Lelouch, Élie Chouraqui, Jean-Pierre Mocky et Philippe Labro, Catherine Deneuve décide d'internationaliser à nouveau sa carrière. Elle avait auparavant déjà tourné avec Stuart Rosenberg et Robert Aldrich aux États-Unis ou encore Marco Ferreri, Sergio Citti, Mauro Bolognini et Dino Risi en Italie. Plus tard, elle est dirigée notamment à deux reprises par Manoel de Oliveira et une seule fois par Lars von Trier qui lui offre un second rôle remarqué dans Dancer in the Dark.

Après Hôtel des Amériques, elle poursuit sa collaboration avec André Téchiné qui la montre sous un nouveau jour dans Le Lieu du crime, Ma saison préférée, Les Voleurs et Les Temps qui changent entre autres. Chez Téchiné, Deneuve abandonne son statut de star pour jouer des rôles de femmes fragilisées par la vie, en proie au temps qui passe et à une certaine incapacité au bonheur.

Catherine Deneuve est une vedette respectée qui alterne aussi bien les films grand public tels Fort Saganne d'Alain Corneau, Le Bon Plaisir de Francis Girod, Indochine et Est-Ouest de Régis Wargnier, Belle Maman de Gabriel Aghion ou encore Huit Femmes et Potiche de François Ozon, que des œuvres d'auteur artistiquement ambitieuses comme Drôle d'endroit pour une rencontre de François Dupeyron, Généalogies d'un crime et Le Temps retrouvé de Raoul Ruiz, Le Vent de la nuit de Philippe Garrel, Pola X de Leos Carax, Un conte de Noël d'Arnaud Desplechin ou plus récemment Elle s'en va d'Emmanuelle Bercot.

Faisant le distinguo entre « vouloir être regardée » et « subir le regard des autres »[78], Catherine Deneuve a toujours refusé de jouer au théâtre, évoquant sa peur du public et du rapport frontal avec les spectateurs : « Je sais que c'est en contradiction avec mon métier, mais un regard posé sur moi me gêne. C'est sans doute pour ça d'ailleurs que je ne veux pas faire de théâtre. […] Tous les acteurs que je connais, et qui font du théâtre, me disent que c'est un moment extraordinaire et merveilleux, en dépit du trac, quand ils montent sur scène. Moi, ça me semble une chose impossible, surhumaine. »

Lorsque l'actrice se décide enfin, en 2009, à monter sur scène pour une lecture de Je me souviens de Georges Perec lors d'un festival culturel en Toscane, elle est sifflée par le public. Les manifestations de mécontentement — qui nécessiteront l'intervention de la police — ne visaient pas la qualité de son jeu, mais le fait que le spectacle soit proposé en langue française sans sous-titres, alors que les spectateurs ne s'y attendaient pas[80].

Sa défiance naturelle vis-à-vis du théâtre n'est cependant pas qu'anecdotique. L'actrice peut être considérée comme l'archétype de l'actrice de cinéma (en opposition à l'actrice de théâtre), et plus encore de la vedette — l'une des rares actrices françaises à pouvoir revendiquer ce statut. Le cinéaste Benoît Jacquot dit d'elle qu'elle « possède une puissance cinématographique à peu près sans égale »[81]. Son jeu est de nature plutôt minimaliste, préférant en faire moins que trop[82]. Arnaud Desplechin dit à ce sujet : « Dans ses manuscrits, Henri Beyle raturait chacune de ses phrases qui avait le mauvais goût de faire douze pieds ; il préférait retrancher un peu, ou ajouter une conjonction fade, pour obtenir neuf pieds ou treize, plutôt que la pompe d'un alexandrin et son hémistiche attendu. Voilà comment joue Catherine Deneuve[83]. »

Bien qu'elle ne possède pas la formation académique d'autres comédiennes (elle n'est jamais allée au Conservatoire, contrairement à nombre de ses consœurs — dont sa propre sœur), son jeu reste technique. Elle aime les contraintes et dit se sentir plus libre quand la scène à interpréter exige un plan séquence, de longs travellings ou des mouvements de caméra compliqués[78].

Sa voix (« la plus belle du cinéma français, avec celle de Jeanne Moreau, précise, grave comme il faut », a écrit Erik Orsenna[84]) est aussi l'un de ses outils privilégiés. L'actrice est connue pour son phrasé rapide et ses brusques changements de rythme. Le cinéaste Jean-Paul Rappeneau dit d'elle qu'elle est « la personne capable de dire le plus de mots dans le moins de secondes possible tout en ne perdant pas une seule syllabe »[85] et André Téchiné précise que « dans certains films, ses partenaires — et, parfois, ses metteurs en scène — ont du mal à la suivre.

Prises de position

Catherine Deneuve au festival de Cannes 2000.

Interruption volontaire de grossesse

En 1971, Catherine Deneuve signe le manifeste des 343 affirmant, dans l'objectif d'en obtenir la légalisation, avoir pratiqué l'avortement. L'actrice déclarera des années plus tard au magazine Psychologie : « Oui, c’est une expérience qui fait partie de la vie des femmes de ma génération. Aujourd’hui, on ne s’en rend pas compte, on banalise cela, mais à l’époque… C’est un acte déjà effroyable en soi, mais quand, en plus, il est interdit et qu’il faut le subir dans des conditions compliquées, c’est très culpabilisant. Et la culpabilité, c’est terrible ! On apprend à vivre avec, mais on ne s’en remet pas »[86].

Peine de mort

Dès les années 1980, Catherine Deneuve se joint aux mouvements pour l'abolition de la peine de mort en France. Elle prête sa voix à la version française d'un film d'Amnesty International contre la peine de mort et la torture.

En outre, elle reverse à cette organisation la totalité des revenus dus au titre de la représentation de son image à la suite de la réalisation de son buste pour Marianne.

Au début des années 2000, l'actrice vient remettre à l'Ambassade américaine à Paris, 500 000 signatures de Français demandant l'abolition de la peine capitale aux États-Unis. Catherine Deneuve participe ensuite en 2004 au second Congrès mondial contre la peine de mort, organisé à Montréal.

Immigrés

En 1997, Catherine Deneuve signe l'appel contre la loi Debré, initié par des cinéastes français, au motif que le loi abrogeait « la tradition d'hospitalité et encourageait la délation », et qu'elle « flattait ce qu'il y a de moins beau chez les hommes »[87].

Dissidents cubains

En 2003, Catherine Deneuve participe à une soirée de solidarité avec le peuple cubain « Cuba si, Castro no », organisée par Reporters sans frontières et l'association Sin Visa au théâtre du Rond-Point. Elle se déclare hostile au régime de Fidel Castro.

Après une projection des images du procès d'Arnaldo Ochoa Sánchez, Catherine lit l'extrait d'un discours de Fidel Castro prononcé en janvier 1959, rappelant ses contradictions et ses dérives dictatoriales[88].

Droits des femmes et féminisme

Lors de l’élection présidentielle de 2007, elle apporte son soutien à Ségolène Royal en cosignant la pétition « Un million de femmes s'énervent » qui dénonce le sexisme dont les signataires jugent que la candidate socialiste est victime[89].

Catherine Deneuve déclare ne jamais s'être véritablement considérée comme féministe. Elle explique cette absence d'implication par un manque de temps et d'envie à adhérer au mouvement. En 2017, ses prises de positions et réserves à l'encontre du mouvement #MeToo lui valent des critiques de la part de nombreuses féministes[90].

En janvier 2018, elle est cosignataire d'une tribune de cent femmes parue dans Le Monde « contre le puritanisme » en réaction au mouvement #MeToo, qui défend la « liberté » des hommes « d’importuner » les femmes et dénonçant un « féminisme qui prend le visage d’une haine des hommes et de la sexualité »[91],[92].

Cette tribune provoque des remous importants, y compris à l'international, d'autant plus que Catherine Deneuve est déjà très critiquée pour sa défense de Roman Polanski[93].

Quelques jours plus tard, elle précise toutefois que, tout en assumant ladite tribune, elle présente ses excuses auprès des victimes d'agression sexuelle qui auraient pu être choquées[94].

Mariage homosexuel

En mai 2013, en plein débat sur le mariage gay, interrogée sur le plateau de l'émission Le Petit Journal, Catherine Deneuve déclare être « perplexe » à propos de l'ouverture du mariage aux couples homosexuels. Elle dit : « Je ne comprends pas pourquoi on veut se marier quand tous les gens divorcent. C'est bizarre ».

Elle aurait préféré voir élargir le PACS. Elle affirme par ailleurs, son soutien à l'ouverture du droit à l'adoption pour les couples homosexuels[95].

L'actrice précise ensuite sa pensée dans le magazine Télérama : « J'avais dit mes doutes sur le mariage en général, institution dont les hétérosexuels cherchent plutôt à s'émanciper, vu la proportion de divorces. Le mariage a été inventé pour protéger la femme qui ne travaille pas. C'est un modèle ancien. Ça m'embête de voir maintenant la famille traditionnelle se dresser pour empêcher l'évolution de la société. Il faut apprendre à vivre avec la réalité d'aujourd'hui »[96].

François Hollande

En 2016, Catherine Deneuve signe une tribune qui dénonce le « Hollande bashing ». Défendant le bilan du président de la République, elle l'accompagne lors d'une tournée diplomatique en Malaisie et à Singapour du 26 au , afin de « faire rayonner le cinéma français »[97],[98]. Lors d’un entretien au journal de 20 heures de France 2, le 19 mars 2017, elle affirme à Laurent Delahousse : « Il y a un tel manque de respect pour la fonction, au-delà même de François Hollande, je trouve cela extrêmement choquant »[98].

Guerre du Viêt Nam

Le , le président des États-Unis Donald Trump fait déclassifier 2 891 documents en rapport avec l'assassinat du président John Fitzgerald Kennedy. Dans ces documents, la CIA affirme que, dans les années 1960, Catherine Deneuve, Jean-Paul Sartre et Simone de Beauvoir ont contribué à financer un « réseau de militants » qui « aidait les déserteurs »[99] de la guerre du Viêt Nam, dont Larry Cox  — par la suite devenu directeur d'Amnesty International à Londres —, activiste qui a refusé à trois reprises d'intégrer l'armée américaine et de partir au Viêt Nam[100].

Défense de l'environnement

En septembre 2018, à la suite de la démission de Nicolas Hulot du ministère français de l'Écologie, Catherine Deneuve signe, avec notamment Juliette Binoche, la tribune contre le réchauffement climatique intitulée « Le plus grand défi de l'histoire de l'humanité », qui paraît à la une du journal Le Monde avec pour titre « L'appel de 200 personnalités pour sauver la planète »[101].

Roman Polanski et Woody Allen

En mars 2017, Catherine Deneuve prend position sur la relance de l'affaire Polanski, accusé d'avoir violé une mineure de 13 ans en 1977[102]. Elle indique : « J'ai été ulcérée. J'ai trouvé cette affaire, née une fois encore des réseaux sociaux, tout à fait ignoble. Je regrette de le dire aux milliers de femmes qui ont signé cette pétition, mais la plupart ne connaissent pas bien l'histoire de Polanski. Dans cette histoire, alors que je suis féministe, je ne suis pas fière des femmes. Je ne suis pas fière d'être une femme »[103].

En septembre 2019, elle prend la défense du réalisateur américain Woody Allen, alors que d'anciennes accusations d'agressions sexuelles ont refait surface[104] et annonce qu'elle accepterait de tourner sous sa direction pourvu qu'un sujet lui convienne. Par la même occasion, elle renouvelle son soutien à Roman Polanski[105]. Cependant,elle condamne Harvey Weinstein[réf. nécessaire].

Filmographie

Avec plus d’une centaine de films à son actif et plus d’une soixantaine de réalisateurs l’ayant dirigée, Catherine Deneuve est devenue, à l’instar de Jeanne Moreau ou de Michèle Morgan, une des plus grandes actrices du cinéma français et même une des icônes de la culture française dans le monde. Sa filmographie est remarquable par son éclectisme et le choix réfléchi des réalisateurs.

Discographie

Album studio

Collaborations

Audiobooks pour les Éditions des femmes

Publications

Cet ouvrage reprend les six carnets de tournage qu'elle a tenus au cours de sa carrière.

Publicités

Dans les années 1970, Catherine Deneuve est l'égérie du parfum Chanel No 5.

En 1987, elle tourne dans le spot publicitaire pour la privatisation de la Compagnie financière Suez[106],[107]. La même année, elle crée sa propre marque de parfum, dont le logo est dessiné par Pierre Katz (designer) et lance le parfum Deneuve, qui remporte un FiFi Award.

En 1992, elle est l'égérie de la campagne publicitaire de la nouvelle ligne de soins d'Yves Saint Laurent (le soin précurseur de beauté).

En 2012, elle apparait dans un spot de l'agence Publicis, pour Orange et le Cinéday.

En 2014, à l'occasion de la campagne printemps-été de Louis Vuitton, rendant hommage aux muses de Marc Jacobs, elle apparaît dans une interview où elle raconte l'histoire qui la lie à son sac (modèle NN14)[108],[109].

Distinctions

Catherine Deneuve au festival de Cabourg 2013.

Oscars

BAFTA

Césars

David di Donatello

Festival de Berlin

Festival de Cannes

Festival de Venise

Festival de Saint-Sébastien

European Film Awards

Autres

Notes et références

Notes

  1. « Aldrich, j'avais un peu peur. On m'avait dit qu'il était très dur avec les femmes… Il a été absolument charmant avec moi. Mais alors, j'ai expérimenté quelque chose qui ne m'était jamais arrivé, même en France. Nous avons répété avant de tourner pendant une semaine autour d'une table d'abord. Et moi, qui n'avais jamais fait de théâtre, qui n'avais jamais fait ce qu'on appelle une lecture me suis rendu compte que c'était profitable. Cette situation m'a donné beaucoup d'aisance ensuite. Cela m'a facilité les choses au tournage. »
  2. « Je censure totalement. Parce que je n'aime pas dire des choses désagréables et je préfère ne rien dire. Parce que je suis quelqu'un de très véhément et il me serait difficile de faire semblant. Et comme ça s'est très très mal passé, du début jusqu'à la fin... J'ai été vraiment trahie, j'ai été contrainte... La seule chose que j'accepte de dire officiellement, c'est aux acteurs européens qui auraient l'occasion de tourner avec ce cinéaste : Attention. Attention, il faut un scénario définitif avant de signer. C'est la seule chose. »
  3. « C'était un projet que j'aimais beaucoup... Là, je me suis arrêtée près d'un an. À ce moment-là, ce n'était pas vraiment ma politique de rester si longtemps sans tourner. Mais après ce film, je trouvais que rien n'était assez bien. »
  4. « J'aurais dû jouer avec un peu moins de sérieux. Ça manquait de simplicité. »
  5. « Un film raté qui m'a cependant permis d'apprendre bien des choses. Tant que j'ai l'impression d'apprendre sur un plateau, ça me va. »
  6. « C'est une comédie, une vraie comédie comme je n'en avais pas fait depuis très longtemps. »

Références

  1. « Danielle Clariond », sur Les Gens du Cinema.com.
  2. a b et c Forum des images, « Les adresses de Catherine Deneuve », sur pariscinemaregion.fr (consulté le 20 mars 2020).
  3. Catherine Deneuve, Elle s'appelait Françoise..., Michel Lafon, , 47 p. (lire en ligne).
  4. Interview de Catherine Deneuve, Catherine Deneuve sans fard, la star raconte la femme, Elle, 2002.
  5. Interview de Catherine Deneuve, Elle s'appelait Françoise, 1996.
  6. a et b Interview de Catherine Deneuve, Ciné Revue, 1967.
  7. Interview de Catherine Deneuve, Ciné Télé Revue, 1962.
  8. Jean-Vic Chapus et Fernando Ganzo, « God Save the Queen », So Film, no 38,‎ , p. 32-42
  9. Dossier d'UniFrance Film, cité dans Taboulay 1996, p. 170.
  10. Louis Guichard, « La Croisette, sa muse », Télérama,‎
  11. « Spécial Jacques Demy », Cahiers du cinéma, no 438,‎
  12. Deneuve 2005, p. 253.
  13. (en) Bosley Crowther, « 'Repulsion' -- the 'Psycho' of '65; Movie on Insanity By Pole Opens at N.Y. Theatre », The New York Times,‎
  14. Deneuve 2005, p. 255-256.
  15. Jean-Baptiste Morain, « La Vie de château », Les Inrockuptibles,‎
  16. « Encore plus de cinéma avec Catherine Deneuve, Annie Girardot et Philippe Noiret les après-midi sur France 3 », France TV info,‎
  17. Serge Kaganski, « Pourquoi “Les Demoiselles de Rochefort” est l’un des plus beaux films du monde », Les Inrockuptibles,‎
  18. « Les Demoiselles de Rochefort : le chef d'oeuvre de Jacques Demy ce soir sur Arte », Première,‎
  19. Deneuve et Modiano 1996, p. 90.
  20. a et b David Mikanowski, « Pourquoi il faut absolument redécouvrir "Belle de jour", de Luis Buñuel », Le Point,‎
  21. Pierre de Boishue, « Catherine Deneuve, ensorcelante et lumineuse », Le Figaro,‎
  22. Philippe Azoury et Olivier Séguret, « À voix nue : Entretien avec Catherine Deneuve », Vanity Fair,‎
  23. Véronique Doduik, « Revue de presse de « Belle de jour » (Luis Buñuel, 1966) », Cinémathèque Française,‎
  24. Deneuve et Modiano 1996, p. 109-111.
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Voir aussi

Bibliographie

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Ouvrages

Documentaires

Articles connexes

Liens externes