The New York Times

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Image illustrative de l'article The New York Times
La une du New York Times du 29 juillet 1914, annonçant la déclaration de guerre de l'Autriche-Hongrie contre la Serbie.

Pays Drapeau des États-Unis États-Unis
Langue Anglais
Périodicité Quotidien
Format Grand format (broadsheet)
Genre Généraliste
Diffusion 1 160 000 ex.
Fondateur Henry Jarvis Raymond et George Jones 
Date de fondation 1851
Ville d’édition New York

Directeur de la rédaction Arthur Ochs Sulzberger, Jr.
Rédacteur en chef Dean Baquet
ISSN 0362-4331
Site web nytimes.com

The New York Times, abrégé en NY Times, NYT ou Times, est un quotidien new-yorkais distribué internationalement et l'un des plus prestigieux journaux américains.

Le groupe de presse The New York Times Company en est l'actionnaire unique depuis 2003[note 1]. Il possède 18 autres journaux dont le New York Times International Edition — anciennement International Herald Tribune, de 1967 à 2013 — et le Boston Globe.

Surnommé « The Gray Lady » pour sa mise en page immuable et le caractère circonspect de sa ligne éditoriale[1], le New York Times est considéré comme un journal de référence par les démocrates et les républicains modérés. Fondé en 1851, il a été récompensé par 122 prix Pulitzer[2] et employait 1 150 journalistes en 2010[3].

Sa devise, affichée dans le coin supérieur gauche de la première page, est « All the News That's Fit to Print » (« Toutes les nouvelles qui méritent d'être imprimées »). Elle date du rachat du journal par Adolph Ochs en 1896 et fait référence à sa volonté de se différencier des quotidiens qui pratiquaient le journalisme jaune, comme le New York World et le New York Journal[4].

Depuis 1992, le directeur de publication est Arthur Ochs Sulzberger, Jr., arrière-petit-fils d'Adolph Ochs. Le contrôle de la direction du journal est assuré par le Trust familial Ochs-Sulzberger.

Histoire du journal

L'entrée du siège du journal.

Le quotidien est fondé le par le banquier George Jones  et le journaliste et homme politique Henry Jarvis Raymond. Il s'intitule alors New-York Daily Times. Le titre est rebaptisé New-York Times en 1857 et le tiret est abandonné en 1896[5].

Les éditions du dimanche du New York Times débutent en 1861 pour offrir une couverture plus complète des événements liés à la guerre de Sécession. Le journal gagne son premier prix Pulitzer en 1918 pour ses articles sur la Première Guerre mondiale[2].

En 1942, le journal commence à publier ses célèbres mots croisés dans l'édition du dimanche. À partir de 1950, leur parution devient quotidienne, la difficulté des grilles s'accroissant à mesure que la semaine avance.

Le journal acquiert la station de radio de musique classique WQXR en 1944, à la demande de son propriétaire, John V. L. Hogan , qui refuse la proposition de rachat du New York Post. C'est aujourd'hui l'une des plus grandes et prestigieuses radios de la région new-yorkaise.

En 1946, le New York Times introduit une section mode et lance une édition internationale qui s'arrête en 1967 lors de la reprise de l'International Herald Tribune en collaboration avec le Washington Post.

La section op-ed, abréviation de « opposite the editorial page », paraît à partir de 1970. Contrairement à l'éditorial, elle est signée — par des journalistes du quotidien ou des écrivains indépendants — et reflète des opinions sans liens avec le comité de rédaction du journal.

La version en ligne du New York Times est lancée en 1996. Les lecteurs du monde entier peuvent ainsi accéder gratuitement aux articles les plus récents. Le , une édition en chinois est également proposée sur internet[6].

Le New York Times annonce en octobre 2014 qu'il va supprimer une centaine de postes de journalistes[7], et ce malgré une hausse de ses résultats financiers.

En Amérique du Nord, les organes de presse écrite soutiennent traditionnellement un candidat aux élections. Lors des élections municipales de 2005 à New York, le New York Times apporte son soutien au républicain progressiste Michael Bloomberg contre le candidat démocrate Fernando Ferrer. Pour les élections présidentielles, son choix se porte généralement sur le candidat du Parti démocrate (1988, 1992, 1996, 2000, 2004 et 2008)[8].

Lors de l'élection présidentielle de 2016, le journal soutient Hillary Clinton[9]. Ce choix — qui est également celui de la très grande majorité de la presse[10],[11] — lui est vertement reproché par Donald Trump qui juge sa couverture de la campagne présidentielle « très médiocre et très imprécise » et aussi « malhonnête »[12]. Quelques jours après l'élection, Arthur Ochs Sulzberger, Jr., directeur de la publication, et Dean Baquet, directeur de la rédaction, promettent dans une lettre ouverte adressée à leurs lecteurs de réaffirmer la mission fondamentale du journalisme en rapportant « honnêtement ce qui se passe en Amérique et dans le monde, sans crainte ni faveur »[13].

Après la victoire de Trump, le journal investit 5 millions de dollars pour créer un bureau spécial d’investigation basé à Washington, afin de couvrir exclusivement la Maison-Blanche. Ce qui est décrit comme le déploiement d'une « artillerie lourde » s’inscrit dans un contexte général de crise de la presse américaine où les plus grands titres de presse ont été fragilisés pour avoir été incapables d'anticiper la victoire du candidat républicain[14]. Si le président américain qualifie le journal de « honte pour les médias », le suivi accru de Donald Trump est une aubaine financière pour le quotidien qui a gagné 348 000 abonnés en ligne de mai à juillet 2017[14].

Sièges successifs

image de la façade principale du siège du New York Times
Le siège du quotidien.

Le premier siège du New York Times est situé 113 Nassau Street, dans le Financial District de Manhattan. En 1854, il se déplace au 138 Nassau Street, et en 1858, il déménage à nouveau pour le 41 Park Row, devenant le premier journal new-yorkais à s'installer dans un immeuble spécialement construit pour lui.

En 1904, le journal déménage au 1475 Broadway, au coin de la 42e rue, sur une place nommée Longacre Square. Adolph Ochs, propriétaire du journal depuis 1896, convainc le maire George Brinton McClellan Jr. d'y construire une station de métro. La place est alors renommée Times Square, en référence au titre du journal. L'immeuble est aujourd'hui connu sous le nom One Times Square. En 1907, le New York Times y institue une tradition : à 23 h 59 le soir du Nouvel An, une boule horaire lumineuse, Times Square Ball, descend depuis le toit de l'immeuble.

En 1913, le journal s'installe pour près d'un siècle dans des locaux plus vastes, au 229 West de la 43e rue, toujours sur Times Square.

Au printemps 2007, il déménage dans le New York Times Building, situé trois blocks plus au sud, au 620 8th Avenue, entre les 40e et 41e rues. Deux ans plus tard, confronté à un manque de liquidités, le journal cède en crédit-bail 21 des 25 étages qu'il possède et reçoit 225 millions de dollars[15]. L'immeuble One Times Square a, lui, été revendu en 1961.

Abonnés

Pour l'année 2004, le New York Times annonce :

  • 1 124 700 abonnés quotidiens ;
  • 1 669 700 abonnés du dimanche.

Organisation

Le journal comporte trois sections principales, chacune contenant plusieurs sous-sections :

  • Informations : inclut des sections dédiées aux nouvelles internationales, aux nouvelles nationales, aux affaires, à la technologie, aux sciences, à la santé, aux sports, à la région new-yorkaise, à l'éducation, au temps, et aux annonces nécrologiques.
  • Opinion : inclut des pages dédiées aux éditoriaux, Op-ed et aux lettres adressées à la rédaction.
  • Suppléments : inclut des sections qui portent sur les arts, la littérature, le cinéma, le théâtre, les voyages, un guide de la ville de New York, les restaurants et les vins, la maison et la décoration et les dessins. Le journal publie aussi une revue hebdomadaire et une section intitulée Week in Review. Le dimanche apparaît le New York Times Best Seller list, prestigieuse liste de meilleures ventes.

Les articles du journal sont traduits et repris par plusieurs journaux d'autres pays. Le quotidien français Le Figaro publie chaque semaine une sélection d'articles du New York Times en version française.

Prix

Depuis 1918, le New York Times a reçu 122 prix Pulitzer dont un nombre record de 7 pour l'année 2002[2].

En 2000, le supplément The Science Times reçoit le prix Mary-Woodard Lasker pour le bien public.

En 2013, le New York Times reçoit le premier prix multimédia de Pictures of the Year International pour son documentaire Snowfall: The Avalanche at Tunnel Creek[16].

Controverses

Controverses historiques

Le journal, comme beaucoup d'autres, a été accusé au cours de son histoire de donner trop ou pas assez d'importance à certains événements.

Parmi les principales controverses, celles avant et pendant la Seconde Guerre mondiale d'avoir minoré les accusations contre le Troisième Reich d'expulser puis de tuer les Juifs, en partie car l'éditeur du New York Times, juif lui-même, craignait que le journal apparaisse comme prenant parti pour la « cause juive ».

Une autre sérieuse charge portée contre le journal fut sa couverture de l'Union soviétique par son correspondant Walter Duranty, accusé d'avoir aidé à masquer la famine en Ukraine organisée par Staline dans les années 1930.

Dans les années 1980, le journal fut aussi accusé par l'organisation Fairness and Accuracy in Reporting  et par les spécialistes des médias Noam Chomsky et Edward Herman de donner une couverture biaisée des événements en Amérique centrale et Amérique du Sud, particulièrement en insistant sur la violation des droits de l'homme commises au Nicaragua au détriment de celles perpétrées pendant les guerres civiles au Salvador et au Guatemala ou sous la dictature au Honduras.

Le journal est aussi accusé de médiatiser systématiquement les informations compromettantes pour les ennemis des États-Unis, et inversement de minorer les crimes de la politique étrangère des États-Unis et de leurs alliés[17].

Jusqu'en 2004, le New York Times avait également pour politique éditoriale de ne jamais employer l'expression « génocide arménien », bien qu'ayant publié plusieurs douzaines d'articles sur le sujet.

Controverses récentes

Le New York Times, confronté à une baisse catastrophique de ses recettes publicitaires a inclus le 5 janvier 2009, pour la première fois de sa une, une annonce commerciale. Il brise ainsi le tabou qui voulait que la première page soit réservée aux informations « pures ».

Affaire Judith Miller

En juin 2004, le journal a publié un éditorial dans lequel la rédaction reconnaît avoir diffusé des informations sans les vérifier suffisamment, et même des nouvelles fausses, en se basant sur des informations fournies par l'administration du président George W. Bush dans le cadre de la préparation de la guerre d'Irak du printemps 2003. Cinq des six articles mis en cause étaient signés ou cosignés par Judith Miller.

Considérée comme une reporter sans scrupules selon les uns ou comme la championne de la liberté d'expression selon les autres, elle avait préféré être incarcérée durant l'été 2005 plutôt que de compromettre ses sources dans l’affaire Plame-Wilson. Détenue pendant 85 jours, elle a reçu le soutien de sa rédaction pendant sa détention, notamment celui d'Arthur Ochs Sulzberger, Jr., directeur de la publication.

Elle a été désavouée publiquement après sa libération, aussi bien par les responsables de la rédaction que par des confrères du journal, qui estimaient qu'elle n'avait pas été honnête à propos de ses sources. Ainsi, trois rédacteurs dépeignirent Judith Miller comme une « semeuse de zizanie », alors que dans un courriel au personnel, Bill Keller, le directeur de la rédaction, estimait qu'elle semblait « avoir trompé » le responsable du bureau de Washington, ce qu'elle a démenti.

Dans un article, la chroniqueuse Maureen Dowd n'hésite pas à qualifier Judith Miller de « femme de destruction massive » et dénonce son manque de discernement quand elle avait relayé les affirmations de la Maison-Blanche sur l'existence d'armes de destruction massive en Irak[18].

Le journal reproche principalement à Judith Miller son manque de rigueur dans sa couverture de l'avant-guerre en Irak au début des années 2000.

L’affaire Jayson Blair

En 2003, un des jeunes journalistes du New York Times, Jayson Blair, avait inventé et plagié plusieurs articles. Il avait été licencié entraînant avec lui ses deux rédacteurs en chef.

Tribune de John McCain

En juillet 2008, le New York Times refuse de publier une tribune de John McCain, candidat républicain à la présidence, une décision qui a particulièrement irrité son équipe de campagne[19].

Responsables

Directeurs de la publication

Directeurs de la rédaction

Notes et références

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « The New York Times » (voir la liste des auteurs).

Notes

  1. The Washington Post Company, qui édite le Washington Post, s'est retirée de l'actionnariat en 2003.

Références

  1. (en) « The Gray Lady Reaches 100 », Life, 17 septembre 1951.
  2. a, b et c Liste des prix Pulitzer attribués au New York Times 
  3. (en) « Did You Know? Facts about The New York Times » [archive], nytimes.com, mars 2010.
  4. (en) History of the New York Times, 1851-1921, Elmer Holmes Davis, 1921 (p. 155–178).
  5. (en) « It Can Hyphen Here: Why the New-York Historical Society Includes a Hyphen », New-York Historical Society, 15 janvier 2013.
  6. « Une édition du New York Times en chinois », Le Figaro, 28 juin 2012.
  7. « Le New York Times va supprimer une centaine de postes de journalistes », Le Monde, 1er octobre 2014.
  8. (en) « New York Times Endorsements Through the Ages », The New York Times, 1er novembre 2010.
  9. « Le New York Times apporte son soutien à Hillary Clinton », bfmtv.com, 24 septembre 2016.
  10. « L’élection de Trump n’est pas une surprise », entretien avec Dominique Reynié, lesechos.fr, 9 novembre 2016.
  11. « Donald Trump a mis une claque au Parti des médias », entretien avec Brice Couturier, lefigaro.fr, 11 novembre 2016.
  12. « De retour sur Twitter, Donald Trump accuse le New York Times d'être « malhonnête » », directmatin.fr, 13 novembre 2016.
  13. (en) « To Our Readers, From the Publisher and Executive Editor », nytimes.com, 13 novembre 2016.
  14. a et b Comment Trump est devenu le meilleur ennemi du New York Times, lesinrocks.com, 25 juillet 2017
  15. « Le New York Times vend son siège social », Le Figaro, 9 mars 2009.
  16. (en) « Prize-Winning Photos and Lingering Questions », Lens, blog du New York Times consacré au photojournalisme, 28 février 2013.
  17. La Fabrication du consentement : De la propagande médiatique en démocratie, Noam Chomsky et Edward Herman, éditions Agone, 2008.
  18. (en) « Woman Of Mass Destruction », nytimes.com, 22 octobre 2005.
  19. « Le New York Times refuse de publier en l'état une tribune de John McCain », Le Monde, 22 juillet 2008.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes