Donald Trump

Donald Trump
Donald Trump en 2017.
Donald Trump en 2017.
Fonctions
45e président des États-Unis
En fonction depuis le
(6 mois et 28 jours)
Élection
Vice-président Mike Pence
Gouvernement Administration Trump
Prédécesseur Barack Obama
Biographie
Nom de naissance Donald John Trump
Surnom « The Donald »[1]
Date de naissance (71 ans)
Lieu de naissance Queens, New York, État de New York (États-Unis)
Nationalité Drapeau des États-Unis Américaine
Parti politique Parti de la réforme
(1999-2001)
Parti démocrate
(avant 1987 ; 2001-2009)
Parti républicain
(1987-1999 ; 2009-2011 ; 2012-)
Père Fred Trump
Mère Mary Anne MacLeod 
Conjoint Ivana Zelníčková (1977-1992)
Marla Maples (1993-1999)
Melania Knauss (depuis 2005)
Enfants Donald Trump, Jr.
Ivanka Trump
Eric Trump
Tiffany Trump
Barron Trump
Diplômé de Université de Pennsylvanie
Profession Homme d'affaires
Religion Presbytérianisme[2]
Résidence Maison-Blanche
(Washington, D.C.)

Signature de Donald Trump

Donald Trump
Présidents des États-Unis

Donald Trump, né le à New York (Queens), est un homme d'affaires, animateur de télévision et homme d'État américain, président des États-Unis depuis le .

Donald Trump travaille dans l'entreprise de son père, Elizabeth Trump & Son, pendant ses études à l’école de commerce de Wharton de l'université de Pennsylvanie. Il prend en 1971 la tête de l'entreprise familiale, qu'il renomme The Trump Organization.

Il bâtit son empire et sa notoriété sur des bâtiments prestigieux qui portent généralement son nom. Une partie de ses immeubles les plus connus — dont plusieurs gratte-ciel, parmi lesquels la Trump Tower — se trouvent dans l'État de New York, mais il en possède également dans d'autres pays. Propriétaire de casinos, de résidences de luxe et de terrains de golf, il réalise par ailleurs de nombreux investissements dans divers domaines (sports, médias et concours de beauté notamment).

Célébrité médiatique aux États-Unis dès les années 1980, impliqué dans le secteur du divertissement télévisuel, il est, de 2004 à 2015, l'animateur de l'émission de téléréalité The Apprentice.

Il devient de façon inattendue le nominé du Parti républicain à l'issue des primaires de 2016. Candidat singulier dans l'histoire politique américaine, Trump mène une campagne atypique, avec une équipe relativement réduite et un usage intensif des réseaux sociaux. Se présentant comme un adversaire de l'establishment et du politiquement correct, il se distingue par un ton très polémique, par un recours à des contre-vérités, par un discours populiste, réactionnaire, nationaliste, isolationniste, protectionniste et climato-sceptique et par des propositions radicales visant à réduire l'immigration. Sa candidature fait face à l'hostilité de la grande majorité des médias[3].

Sa victoire à l'élection de novembre 2016 face à la démocrate Hillary Clinton déjoue la plupart des pronostics. À sa prise de fonction, il est le président américain le plus âgé et le plus riche jamais élu. Il est également le premier candidat qui accède à la présidence sans jamais avoir exercé de fonction politique ou militaire.

En tant que président, tout en se distinguant par un style de gouvernance inhabituel, il signe une série de décrets qui provoquent de fortes polémiques, notamment sur l'immigration, et annonce le retrait des États-Unis de l'Accord de Paris sur le climat.

Donald Trump

Sommaire

Origines et jeunesse

Famille

Article connexe : Famille Trump.

Donald John Trump est né dans le quartier de Jamaica, dans l'arrondissement du Queens à New York. il a été baptisé et confirmé dans l’église presbytérienne de son quartier[2]. Quatrième d'une famille de cinq enfants, il est le fils de Fred Trump (1905-1999) et de son épouse Mary Anne Trump née MacLeod (1912-2000)[4],[5]. Il a deux frères et deux sœurs : Maryanne Trump Barry, Fred Jr., Elizabeth, et Robert. Fred Trump Jr., frère aîné de Donald Trump mort en 1981 en raison de son alcoolisme, ce qui a poussé Donald Trump à s'abstenir de consommer de l'alcool et des cigarettes[6].

La famille paternelle de Donald Trump est d'origine allemande tandis que sa famille maternelle est originaire d'Écosse. Ses grands-parents paternels venaient de Kallstadt. Frederick Trump, grand-père de Donald Trump, a fait fortune en gérant des restaurants et des pensions dans les villes champignons de Seattle et du Klondike. Fred Trump, père de Donald, né dans le Bronx, fait carrière comme promoteur immobilier sur la Côte Est[7],[8] tandis que Mary Anne Trump est née à Tong, sur l'île écossaise de Lewis[9]. Donald Trump est par ailleurs le neveu du scientifique John George Trump, qui a joué un grand rôle dans le développement de la radiothérapie[10].

Scolarité

Donald Trump à l'âge de 17 ans, pendant sa scolarité à l'École militaire de New York.

Donald Trump grandit dans une maison de style néo-Tudor dans le quartier chic de Jamaica Estates. Il est élève de la Kew-Forest School[11],[12]. À l'âge de treize ans — alors qu'il est, de son propre aveu, un adolescent difficile — il est envoyé par ses parents, qui espèrent ainsi canaliser son énergie, à l'École militaire de New York (New York Military Academy, ou NYMA)[13],[14].

Il est ensuite élève de l'université Fordham, dans le Bronx, à compter d'août 1964 et pendant deux ans. Puis il s'inscrit à la Wharton School de l'Université de Pennsylvanie, qui est à l'époque l'un des rares établissements aux États-Unis à proposer un cursus spécialisé dans l'immobilier[15],[16]. Pendant ses études, il travaille pour l'entreprise familiale, Elizabeth Trump & Son, qui porte le nom de sa grand-mère paternelle[17]. Il obtient en mai 1968 un Baccalauréat universitaire en économie[16],[18],[19].

Trump n'est pas envoyé sous les drapeaux pendant la guerre du Viêt Nam[20]. Pendant ses études, de 1964 à 1968, il obtient trois reports d'incorporation[21]. Puis, après avoir été jugé bon pour le service en 1966, il est réformé en octobre 1968[22]. Dans une interview accordée en 2015, il dit avoir été réformé en raison d'un problème articulaire au talon[23]. En 1969, il obtient un chiffre élevé à la loterie organisée pour la conscription, ce qui lui aurait de toutes manières permis d'échapper au service[22],[24],[25].

Carrière d'homme d'affaires

Article connexe : The Trump Organization.

Immobilier

Débuts

Pendant ses études, Donald Trump travaille pour l'entreprise de son père[26], Elizabeth Trump and Son[27], qui se spécialise dans la location de logements destinés à la classe moyenne new-yorkaise, dans les arrondissements de Brooklyn, Queens et Staten Island. Toujours pendant ses études, il collabore avec son père pour rouvrir un complexe d'appartements à Cincinnati[28].

Au début des années 1970, il devient président de l'entreprise familiale — tandis que son père prend le poste de président du conseil d'administration — qu'il rebaptise The Trump Organization[29],[30]. En 1973, les Trump père et fils sont visés par une enquête du Département de la Justice sur des soupçons de discriminations envers les aspirants locataires noirs. L'entreprise Trump signe finalement un accord par lequel elle accepte d'héberger des locataires présentés par la National Urban League[31],[32].

Expansion de ses activités

La façade de la Trump Tower à Midtown Manhattan.

Dans les années 1970, Donald Trump se lance dans une carrière de promoteur immobilier en solo, en se concentrant d'abord sur le marché de Manhattan. En 1978, il réalise sa première affaire importante en achetant des parts dans le Commodore Hotel à New York. L'hôtel, alors en partie vétuste, est rénové à grands frais, le chantier étant en grande partie financé par un prêt de 70 millions de dollars négocié par Fred Trump avec le groupe Hyatt. L'établissement rouvre ensuite sous le nom de Grand Hyatt Hotel[33],[34].

Le Wollman Rink à Central Park.

En 1978, il termine les négociations pour construire la Trump Tower, un gratte-ciel de 58 étages (202 mètres) situé à Midtown[35]. L'immeuble, achevé en 1983, héberge ensuite le penthouse qui sert de résidence principale à Donald Trump, ainsi que le siège social de la Trump Organization[36],[37] et un studio de télévision. La Trump Tower sert plus tard de décor à l'émission The Apprentice[38].

En 1986, Trump reprend les réparations du Wollman Rink, la patinoire publique de Central Park, qui avaient été commencées par un autre maître d'œuvre, et termine le chantier en trois mois, en économisant 750 000 dollars par rapport au budget de 1,95 million initialement prévu. Il gère pendant un an la patinoire, en reversant tous les bénéfices à des œuvres de charité, en échange de la concession de service[39].

En 1988, Trump acquiert pour 400 millions de dollars le Plaza Hotel, dont il confie la gestion et la rénovation à son épouse de l'époque, Ivana[40],[41]. Bien qu'importantes, les rentrées d'argent de l'hôtel s'avèrent insuffisantes pour compenser les dettes liées au coût des travaux[42]. En 1995, Trump le revend pour 325 millions de dollars au prince saoudien Al-Walid ben Talal[43].

Au fil des années, Donald Trump construit ou rachète de nombreux autres bâtiments — immeubles de logements ou de bureaux, hôtels de luxe et autres — y compris en dehors de New York (Trump World Tower, Trump Building, Trump International Hotel and Tower, Old Post Office Pavilion, etc)[44].

En 1985, il fait l'acquisition à Palm Beach (Floride) de la résidence de luxe Mar-a-Lago, pour la somme de 5 millions de dollars plus 3 millions pour le mobilier. Il en fait à la fois sa résidence d'hiver et un club privé dont le prix de la carte de membre s'élève à 150 000 dollars. Il achète à la même époque à Palm Beach, en association avec le PDG de Chrysler Lee Iacocca, un immeuble d'appartements qu'il rebaptise Trump Plaza of the Palm Beaches[45].

Il développe progressivement ses activités immobilières en dehors des États-Unis, et investit, avec un succès inégal, dans de nombreux pays comme le Canada, Israël, l'Inde, la Turquie, les Émirats arabes unis, le Panama, le Qatar, la Corée du Sud, l'Uruguay, le Royaume-Uni, l'Irlande, les Philippines, etc[46],[47].

Casinos à Atlantic City

The entrance of the Trump Taj Mahal, a casino in Atlantic City. It has motifs evocative of the Taj Mahal in India.
L'entrée du Trump Taj Mahal à Atlantic City.

Le groupe Holiday Corp finance la construction par Trump de l'hôtel-casino Trump Plaza, ouvert en 1984 à Atlantic City dans le New Jersey[48]. Trump en gère l'activité « jeux ». Les mauvais résultats du casino entraînent de vives tensions entre Trump et Holiday Corp[49]. Trump fait également l'acquisition à Atlantic City, pour la somme de 320 millions de dollars, d'un immeuble dont la construction avait été commencée par le groupe Hilton. Le chantier est achevé en 1985, et l'hôtel-casino-marina, dirigé par l'épouse de Donald Trump Ivana, ouvre sous le nom de Trump's Castle (rebaptisé ensuite Trump Marina Hotel Casino)[50].

En 1988, toujours à Atlantic City, Trump achète le casino Taj Mahal, alors en construction[51]. L'établissement, rebaptisé Trump Taj Mahal, rouvre en avril 1990 après un chantier dont le coût s'est élevé à un milliard de dollars, ce qui en fait à l'époque le casino le plus cher jamais construit[52],[53]. Financé à hauteur de 675 millions par des junk bonds[54] avec un taux d'intérêt à 14 %, l'établissement dépose le bilan l'année suivante[55]. En outre, le Trump Plaza comme le Trump's Castle sont victimes de la concurrence du Trump Taj Mahal, et doivent négocier en 1991 une restructuration financière avec leurs créanciers[56].

Le Taj Mahal redresse sa situation en octobre 1991 lorsque Trump cède 50 % de ses parts à ses créanciers, en échange d'une réduction de ses taux d'intérêts et d'un délai pour payer ses dettes[57]. Il est également contraint de vendre sa compagnie aérienne Trump Shuttle et son yacht Trump Princess[54],[58],[59]. L'établissement est racheté en 1996 et réorganisé sous la bannière de Trump Hotels & Casino Resorts[59] (rebaptisé ensuite Trump Entertainment Resorts), une filiale que Trump préside de mi-1995 à début 2009, et dont il occupe le poste de PDG de 2000 à 2005[60]. Trump Entertainment Resorts dépose le bilan en 2004 avec 1,8 milliards de dettes, puis à nouveau en 2009 avec 500 millions de dettes. Un nouveau plan de restructuration permet à Donald Trump de conserver 10 % des parts du Trump Taj Mahal et de ses autres casinos[59] : il continue en échange à accorder aux établissements l'utilisation de la marque Trump[61].

Le Trump Marina Hotel Casino est revendu en 2011 au groupe Landry's[62] ; victime de la crise des casinos d'Atlantic City, le Trump Plaza ferme en septembre 2014[63]. Après des années d'exploitation déficitaire, le Trump Taj Mahal est revendu en février 2016 à Carl Icahn, qui doit le fermer en octobre de la même année[64].

Terrains de golf

Une vue du Turnberry Hotel, dans l'Ayrshire en Écosse.

La Trump Organization gère plusieurs terrains de golf, aux États-Unis et dans le reste du monde ; le magazine Golfweek recense dix-huit terrains possédés ou gérés par le groupe[65]. Pour l'année 2015, Trump a déclaré à la commission électorale fédérale un revenu personnel d'environ 382 millions de dollars lié à ses activités dans le golf[66]. Donald Trump, lui-même grand amateur de golf, a déclaré que ces investissements représentent la partie de ses affaires à laquelle il est le plus attaché[67].

En 2006, Trump fait l'acquisition d'un terrain à Balmedie dans l'Aberdeenshire, en Écosse, où il crée un terrain de golf, malgré l'opposition de certains habitants de la région[68], sur une zone pourtant déclarée site d'intérêt scientifique particulier[69],[70]. L'affaire a fait en 2011 l'objet du documentaire You've Been Trumped, qui tourne autour du conflit entre Trump et les résidents[71]. L'homme d'affaires promet alors la création de 6 000 emplois locaux grâce à son terrain mais en 2016, il reconnaît n'en avoir généré que 200[72]. En juin 2015, il intente une action en justice pour empêcher la construction d'un parc éolien à proximité de son terrain de golf, mais il est finalement débouté par la cour suprême du Royaume-Uni[73],[74].

En 2012, il acquiert à Miami le Doral Golf Resort & Spa, qu'il rénove et rebaptise Trump National Doral ; ce terrain accueille le WGC-Cadillac Championship, tournoi annuel des World Golf Championships[75]. En 2015, il déclare qu'il s'agit de l'une de ses entreprises les plus rentables : le chiffre d'affaires du Trump National Doral est estimé, pour l'année 2014, à 49,4 millions de dollars[76].

En avril 2014, Trump fait l'acquisition du complexe sportif Turnberry, dans l'Ayrshire en Écosse, qui accueille régulièrement l'Open britannique hommes[77],[78]. Après un important chantier de rénovation, le complexe rouvre en juin 2016[79].

Autres investissements

Sports

Trump assistant à un match de baseball en 2009.

En septembre 1983, Trump fait l'acquisition des Generals du New Jersey, une équipe de football américain membre de l'United States Football League (USFL). Trump essaie alors de faire une concurrence directe à la National Football League et de forcer une fusion entre les deux championnats pour augmenter la valeur de ses investissements[80]. Après la saison de 1985, son équipe fusionne avec l'équipe des Houston Gamblers, mais connaît d'importants problèmes financiers. L'USFL finit par cesser ses activités en 1986[81].

Malgré son échec dans le football américain, Trump continue d'investir dans les sports, notamment dans le golf[81]. Il accueille par ailleurs plusieurs matchs de boxe au Trump Plaza d'Atlantic City, parmi lesquels, en 1988, le combat de Michael Spinks contre Mike Tyson, dont il est pendant un temps conseiller financier[81],[82],[83].

En 1989 et 1990, Trump donne son nom au Tour de Trump, une course cycliste qu'il voudrait équivalente au Tour de France et au Giro d'Italia. Il abandonne après la seconde édition, du fait des difficultés financières que connaissent alors ses principales entreprises. La course continue pendant plusieurs années sous le nom de Tour DuPont[84],[85].

En 2014, il tente sans succès d'acheter l'équipe des Bills de Buffalo après la mort de leur précédent propriétaire, Ralph Wilson[86].

Concours de beauté

De 1996 à 2015[87], Trump a été le propriétaire des concours de beauté Miss Univers, Miss USA, et Miss Teen USA[88]. Insatisfait des conditions de diffusion de ses concours sur CBS, il les transfère en 2002 sur NBC[89],[90].

En 2015, NBC et Univision mettent fin à leur relation avec le concours Miss Univers à la suite des propos polémiques de Trump à l'égard des immigrés clandestins mexicains dans le cadre de sa campagne présidentielle[91],[92]. Trump attaque alors Univision en justice, réclamant 500 millions de dollars à la chaîne pour rupture de contrat et diffamation[93],[94]. Le 11 septembre de la même année, Trump annonce qu'il est désormais le seul propriétaire de Miss Univers après avoir acheté les parts de NBC, avec laquelle le conflit a été réglé à l'amiable[95],[96]. Il revend peu après ses parts à William Morris/IMG. Le litige avec Univision est également réglé à l'amiable en février 2016[97].

Agence de mannequins

Donald Trump crée en 1999 une agence de mannequins, Trump Model Management, domiciliée dans le quartier de SoHo à Manhattan[98]. En liaison avec une autre société de son groupe, Trump Management Group LLC, l'agence fait venir après 2000 près de 250 mannequins étrangers pour les employer dans l'industrie américaine de la mode[99]. Dans le courant de l'année 2016, Trump Model Management traverse de graves difficultés, plusieurs mannequins et collaborateurs la quittant au moment de la campagne présidentielle de Donald Trump. La Trump Organization finit par fermer sa filiale en avril 2017[100].

Transports aériens

En 1989, Trump lance la compagnie aérienne Trump Shuttle, qui propose à ses clients un service de luxe[101]. L'entreprise ne parvient cependant pas à devenir bénéficiaire[102]. Dès 1992, il doit revendre cette filiale, en raison notamment des difficultés financières du casino Trump Taj Mahal[101]. En 2008, la Trump organization s'associe à la compagnie Sentient Flight Group pour proposer un service de jets privés[103].

Université Trump

Article détaillé : Université Trump.

En 2005, Donald Trump crée avec ses associés Michael Sexton et Jonathan Spitalny un institut de formation professionnelle, Trump University LLC, qui propose des cursus dans l'immobilier[104], facturés entre 1 500 et 35 000 dollars[105],[106]. L'État de New York lui ayant enjoint de cesser d'utiliser l'appellation « université », la société est rebaptisée en 2010 Trump Entrepreneurial Institute[107]. Trump est en outre personnellement mis en cause pour n'avoir pas demandé la licence nécessaire à l'ouverture d'une école[108].

En 2013, l'État de New York lance une procédure en justice en réclamant 40 millions de dollars à l'université Trump pour publicité mensongère[107],[109]. Deux actions collectives en justice sont parallèlement lancées contre Trump University LLC par d'anciens étudiants qui estiment avoir été floués[110]. Pendant sa campagne présidentielle, Trump proteste plusieurs fois contre le magistrat chargé des dossiers, le juge Gonzalo P. Curiel, qu'il accuse de partialité en raison de ses origines mexicaines[111],[112],[113]. Il revient ensuite sur ses déclarations en expliquant que ses doutes sur l'impartialité de Curiel sont dues non pas aux origines de ce dernier mais à son traitement de l'affaire[114],[115].

Le procès de la Trump University, prévu à San Diego le 28 novembre 2016[116], est finalement annulé, les parties ayant trouvé un accord à l'amiable dans les trois dossiers peu après la victoire de Trump à l'élection présidentielle. Bien que niant avoir commis un délit quelconque, Trump accepte, pour échapper à un procès qui se serait déroulé avant son investiture à la présidence des États-Unis, de verser 25 millions de dollars aux 6 000 plaignants et de payer 1 million de dollars d'amende pour avoir enfreint les lois sur l’éducation[117],[118],[119]. L'accord est trouvé une heure seulement avant l'audience du tribunal qui devait statuer sur une demande de report du procès déposée par Trump[120].

Commercialisation du nom Trump

L'un des traits les plus connus de Donald Trump est sa tendance à baptiser ou rebaptiser de son nom la plupart des lieux, des entreprises et des produits qui lui sont associés[121], et commercialiser sous cette étiquette les biens et services les plus divers. La marque Trump — déclinée en parfum Trump, thé Trump, vodka Trump, cravates Trump, matelas Trump, voire Trump Steaks  — lui rapporte ainsi 9,5 millions de dollars de royalties pour la période allant de début 2014 à mi-2015[122]. En 2011, des experts financiers de Forbes ont évalué la valeur de la marque Trump à 200 millions de dollars. Trump a contesté cette analyse et affirmé qu'elle en valait treize milliards[123].

Par ailleurs, de nombreuses entreprises paient pour bénéficier de la notoriété de la marque Trump[124], avec pour résultat que le nom figure sur des immeubles n'appartenant pas au groupe Trump. Selon Forbes, l'aspect licensing de l'empire Trump — géré par les enfants de Donald Trump — représente une valeur d'environ 562 millions de dollars[124].

Faillites

Donald Trump ne s'est jamais déclaré en faillite personnelle, mais plusieurs de ses hôtels et casinos, surendettés, ont fait faillite à six reprises entre 1991 et 2009, afin de pouvoir renégocier leurs dettes envers les banques et les actionnaires[125],[126]. C'est le cas du Trump Taj Mahal en 1991, du Trump Plaza Hotel and Casino en 1992, du Plaza Hotel en 1992, du Trump Castle Hotel and Casino en 1992, du Trump Hotels and Casino Resorts en 2004 et du Trump Entertainment Resorts en 2009[127],[128],[129]. Les entreprises de Donald Trump ont utilisé les dispositions du chapitre 11 de la loi américaine sur les faillites, ce qui leur a permis de continuer leurs activités pendant les négociations. Trump a revendiqué en 2011 avoir joué des possibilités légales en matière de faillite, afin de réduire ses dettes[130],[131].

À l'approche de l'élection présidentielle de 2016, le magazine The Economist[132], analysant la carrière d'homme d'affaires de Donald Trump, juge que ses résultats ont été globalement médiocres par rapport au reste du secteur immobilier et du marché boursier new-yorkais. Le journal rappelle que les informations sur l'empire financier de Trump sont lacunaires, du fait de son style de management à la fois opaque et très personnel, et met en doute les capacités de l'homme d'affaires à gérer une organisation plus importante que son groupe[121]. The Washington Post qualifie la carrière de Trump de mélange de rodomontades, d'échecs et de véritables succès, et souligne que, s'il possède un véritable don en ce qui concerne l'immobilier, ses expériences dans d'autres secteurs ont été moins convaincantes. Le journal conclut que le « génie » de l'homme d'affaires a consisté en premier lieu à créer une mythologie autour de sa personne et de son nom[133].

Fortune personnelle et impôts

Le Trump Hotel à Las Vegas, dont les vitres sont teintées d'or à 24 carats[134].

La liste Forbes des Américains les plus riches évalue en 1982 le patrimoine personnel de Donald Trump à environ 200 millions de dollars, en incluant sa part d'héritage de la fortune de son père[135]. Il est absent de cette liste entre 1990 et 1995 en raison d'importantes pertes financières[135]. Pendant sa campagne présidentielle, Trump a déclaré qu'il avait commencé sa carrière dans les affaires avec « un petit prêt d'un million de dollars » accordé par son père, qu'il a ensuite remboursé à ce dernier avec les intérêts[136].

Le 26 juin 2015, lors de l'annonce de sa candidature, Trump a publié un document estimant sa fortune à 8 737 540 000 dollars[137], commentant à cette occasion qu'il était « vraiment riche »[138]. Forbes a mis en doute cette affirmation, et estimé sa fortune réelle à 4,1 milliards[139].

En 2015, les déclarations controversées de Trump sur les immigrés clandestins lui ont fait perdre, selon Forbes, pour environ 125 millions de dollars de contrats avec des entreprises comme NBCUniversal, Univision, ou Macy's[140]. Sa campagne présidentielle a également eu un impact négatif sur son patrimoine, certains consommateurs ayant boycotté les produits et services de ses sociétés pour marquer leur opposition à sa candidature[141]. La fréquentation des hôtels et des casinos détenus par Trump a fortement baissé en 2016[142],[143].

En novembre 2016, Forbes estime son patrimoine personnel à 3,7 milliards de dollars et le classe 324e plus grande fortune mondiale et 113e fortune américaine[144].

Trump a, de manière répétée, refusé de rendre publique l'intégralité de ses déclarations fiscales[145],[146], y compris pendant sa campagne présidentielle de 2016. Il est le premier candidat à l'élection présidentielle américaine à s'y être refusé, depuis 45 ans[147].

En octobre 2016, les médias américains révèlent que Donald Trump a déclaré aux impôts en 1995 une perte de 916 millions de dollars. Causées par les faillites de trois de ses casinos et de sa compagnie aérienne, ainsi que par le rachat hasardeux du Plaza Hotel à Manhattan, ces pertes financières cumulées lui ont permis une déduction fiscale de ses revenus imposables, échelonnée sur une période de dix-huit ans. Il a pu ainsi réduire fortement, voire annuler, les sommes qu'il devait à l'administration fiscale[148]. Trump a reconnu la véracité de cette information, mais a refusé d'indiquer quelles années étaient concernées[149]. Interrogé pendant un débat présidentiel sur la déduction fiscale dont il a bénéficié, il déclare que le fait d'avoir eu recours à cette disposition prouve son intelligence[150].

En mars 2017, MSNBC publie les deux pages principales de la déclaration du couple Trump de 2005. Celles-ci indiquent qu'il a payé 38 millions de dollars d'impôts fédéral sur le revenu cette année-là, soit un taux effectif de plus de 25 %[151], en raison de l'application de l'« alternative minimum tax » (impôt minimum de remplacement), visant à empêcher que des contribuables profitent de niches fiscales pour payer peu ou pas d'impôt, et que Donald Trump souhaite faire supprimer[152]. Cette information ne répond toutefois que très partiellement aux interrogations soulevées dans les médias pendant la campagne présidentielle, concernant l'opacité maintenue par Trump sur sa situation fiscale pendant une période de 18 années consécutives[153].

Médiatisation et carrière dans les médias

Donald Trump se distingue, en tant qu'homme d'affaires, par une recherche constante de la publicité[121] : sa stratégie de communication se signale en outre par un goût prononcé pour l'hyperbole, qui l'amène à annoncer chacun de ses projets à grand renfort de superlatifs[46]. Depuis les années 1980, il fait l'objet aux États-Unis d'une forte médiatisation qui lui a permis de devenir une figure très familière du public américain. En 1987, il publie son autobiographie, Trump: The Art of the Deal, co-signée avec le journaliste Tony Schwarz  mais dont il n'aurait pas écrit une ligne[a]. Énorme succès de librairie, l'ouvrage reste pendant treize semaines en tête de la New York Times Best Seller list. C'est avec ce livre, dans lequel il vante ses qualités de businessman en se présentant comme un modèle de réussite à l'américaine, que l'homme d'affaires devient une célébrité nationale aux États-Unis[154],[155].

Sa notoriété lui vaut entre autres de faire des apparitions dans douze longs-métrages de cinéma et quatorze séries télévisées[156], généralement dans son propre rôle. On le voit ainsi dans des films comme Maman, j'ai encore raté l'avion (1992) ou Zoolander (2001), ainsi que dans des épisodes du Prince de Bel-Air (1996) ou de Sex and the City (1999), etc. Il a également joué un rôle secondaire dans le film Les Chenapans (1994) où il interprète un magnat du pétrole. Ses rôles lui ont permis de devenir membre de la Screen Actors Guild et de recevoir une pension annuelle de plus de 110 000 dollars[157],[158]. Fréquemment imité et parodié par les humoristes et caricaturistes américains, il anime par ailleurs pendant un temps sa propre émission de radio, intitulée Trumped![159],[160]. Dans le roman American Psycho de Bret Easton Ellis (1991), le protagoniste Patrick Bateman fait plusieurs fois allusion à Donald Trump, qu'il considère comme un modèle[161]. Bob Gale, scénariste de la série Retour vers le futur, dit s'être inspiré de Donald Trump pour imaginer le personnage de Biff Tannen, devenu milliardaire dans un futur alternatif dans Retour vers le futur 2[162].

Il est en outre souvent comparé à Charles Foster Kane, le personnage principal de Citizen Kane, chef-d'œuvre d'Orson Welles qu'il présente comme son film préféré[163].

The Apprentice

Donald Trump en compagnie du joueur de basket-ball Dennis Rodman pendant la participation de ce dernier à The Celebrity Apprentice, en 2009.
Articles connexes : The Apprentice et The Celebrity Apprentice.

En 2004, Trump devient le producteur exécutif et l'animateur de l'émission de téléréalité The Apprentice, diffusée sur NBC et dans laquelle des candidats s'affrontent pour obtenir un poste de cadre supérieur dans l'une des sociétés du groupe Trump. Les candidats sont tour à tour éliminés du jeu par Donald Trump lui-même, dont la phrase fétiche dans l'émission est « You're fired! » (Vous êtes viré !). La première année de The Apprentice rapporte à Trump 50 000 dollars par épisode (soit environ 700 000 dollars pour la première saison) mais, du fait du succès de l'émission, il est ensuite payé un million par épisode. L'émission donne également lieu à un spin-off, The Celebrity Apprentice[164]. Elle vaut en outre à Trump de recevoir en 2007 son étoile sur le Hollywood Walk of Fame pour sa contribution au divertissement télévisuel[165],[166]. En 2016, l'étoile est vandalisée pendant la campagne présidentielle de Trump[167].

World Wrestling Entertainment

À partir de la fin des années 1980, Donald Trump alimente sa notoriété médiatique en s'associant aux milieux du catch. Il loue à la World Wrestling Federation (WWF) le Trump Plaza d'Atlantic City pour l'organisation de WrestleMania IV le 1988-03-2727 mars 1988, puis pour WrestleMania V le 1989-04-022 avril 1989[168]. Au cours de ces deux éditions, la réalisation fait des gros plans sur lui au premier rang[168]. Le Trump Taj Mahal à Atlantic City a ainsi accueilli le championnat de la World Bodybuilding Federation, qui appartenait à l'époque à la World Wrestling Entertainment (appelée alors World Wrestling Federation)[169].

Trump apparaît en personne dans divers évènements organisés par la WWE, notamment en 2007 lors de la WrestleMania 23 pour les besoins d'un match appelé The Battle of the Billionaires (La Bataille des milliardaires) au cours duquel il soutient Bobby Lashley, tandis que Vince McMahon soutient l'adversaire de ce dernier, Umaga, chacun des deux hommes d'affaires ayant promis de se faire raser le crâne si son champion perdait le match. C'est finalement McMahon qui s'y plie, après la victoire de Lashley[170].

En 2009, Vince McMahon annonce qu'il vend RAW à Donald Trump[171] ; ce dernier devient alors propriétaire du spectacle de catch WWE Raw, qu'il rebaptise TRUMP RAW. Mais la semaine suivante, Vince McMahon rachète Monday Night Raw le double du prix vendu.

En 2013, Trump devient membre du WWE Hall of Fame en reconnaissance de son rôle dans la promotion de la World Wrestling Entertainment[172].

Linda McMahon, épouse de Vince McMahon et longtemps directrice de la WWE, verse 6 millions de dollars à Donald Trump pour sa campagne présidentielle et se voit nommée à la tête de la Small Business Administration (SBA) après sa victoire[173].

Ascension politique

Premiers engagements

Le président Ronald Reagan et Donald Trump, en 1987 à la Maison-Blanche.

Initialement démocrate, il est ensuite un fervent partisan du président Ronald Reagan et commence à s'engager en politique en 1987 au sein du Parti républicain. Dans la foulée du succès de son ouvrage The Art of the Deal , il songe à se présenter aux primaires républicaines de 1988, avec Oprah Winfrey sur son ticket[174] ; celles-ci sont remportées par George H. W. Bush, qui aurait un temps envisagé de constituer un ticket avec Donald Trump en tant que candidat à la vice-présidence[175].

Donald Trump quitte le Parti républicain en 1999[176] et rejoint le Parti de la réforme des États-Unis d'Amérique, fondé par Ross Perot. Il cherche à en obtenir l'investiture en vue de l'élection présidentielle de 2000, mais il renonce à son projet de candidature alors qu'il était crédité de 7 % d'intentions de vote[177],[178].

Entre 2001 et 2009, sous la présidence de George W. Bush, auquel il s'oppose, il est à nouveau enregistré comme électeur démocrate[179]. En 2005, il se définit comme un « mix » de démocrate et de républicain[180]. En 2008, il contribue au financement de la campagne pour l’investiture démocrate de Hillary Clinton[181]. En 2009, il s'inscrit au Parti républicain, et s'y réinscrit en 2012 après un interlude de plusieurs années sans affiliation politique[179].

Après avoir envisagé une candidature en tant qu'indépendant à l'élection présidentielle de 2012, il apporte son soutien au candidat républicain, Mitt Romney[182]. Après la réélection de Barack Obama, il appelle à « marcher sur Washington et arrêter cette mascarade »[183].

Élection présidentielle de 2016

Primaires républicaines

Trump annonce sa candidature aux primaires républicaines le , avec le slogan « Make America Great Again! » (« Rendons sa grandeur à l'Amérique ! ») — utilisé jadis par Ronald Reagan[184].

Donald Trump se présente en sauveur d'une Amérique moribonde, minée par la corruption de ses élites et par un système électoral inique. Lors du discours qui suit l'annonce de sa candidature, il insiste sur les 18 000 milliards de dollars de dette des États-Unis, qui souffrent selon lui d'avoir « des gouvernants qui ne comprennent pas », « moralement corrompus » et « qui bradent ce pays au point de l'anéantir ». Il estime que « le rêve américain est mort »[185],[186],[187].

L'annonce de sa candidature, alors créditée de moins de 5 % dans les sondages, suscite dans un premier temps l'indifférence générale, tandis que Jeb Bush apparaît comme le favori pour l'investiture républicaine[188],[189],[190]. Mais entre juillet et août, les sondages le placent en tête des primaires avec 17 % à 40 % des intentions de vote[191],[192],[193] ; un sondage établit qu'il est le candidat républicain le plus connu des membres et des sympathisants du parti[194]. Durant l'été 2015, il figure en tête des personnalités faisant l'objet d’une recherche sur Google et citées sur les réseaux sociaux[189]. Cet « effet Trump », inattendu, médiatise les primaires : le premier débat entre les candidats républicains, le , est focalisé sur sa personne et rassemble 24 millions de téléspectateurs, huit fois plus qu'en 2011[189],[195],[196]. Les doutes sur la pérennité de sa candidature disparaissent à la fin de l'été 2015[189] mais la plupart des commentateurs continuent de prédire sa défaite[197],[198]. Dès sa déclaration de candidature, il se singularise en utilisant Twitter de manière très polémique, et en se servant du réseau social pour attaquer, voire insulter, quiconque lui déplaît. En mai 2017, le Washington Post recense 331 personnes, groupes, lieux, organisations, institutions, etc, insultés par Trump sur Twitter, parfois à plusieurs reprises[199].

Donald Trump entouré de sympathisants, le 3 septembre 2015.

Dès le début de sa campagne, il revendique un discours « politiquement incorrect », notamment sur l'immigration. Il soulève une polémique en accusant les immigrés mexicains d'être des « criminels » et des « violeurs » que le gouvernement mexicain enverrait « activement » aux États-Unis, provoque un autre tollé en préconisant « l'arrêt total et complet de l'entrée des musulmans aux États-Unis » et se voit globalement reprocher des déclarations jugées sexistes, ou racistes[200],[201],[202],[203],[204],[205]. La campagne de Trump attire rapidement l'attention des médias internationaux, du fait de la personnalité atypique du candidat comme de ses déclarations fracassantes : il écrit ainsi sur Twitter que le réchauffement climatique est une invention des Chinois pour miner la compétitivité de l'économie américaine, suggère que la journaliste Megyn Kelly s'est montrée agressive avec lui parce qu'elle avait ses règles, ou moque publiquement le handicap d'un autre journaliste dont les questions lui avaient déplu[206].

En février 2016, après un score jugé décevant lors du caucus de l'Iowa (24,3 % des suffrages), il arrive largement en tête des primaires du New Hampshire (35,2 %), de Caroline du Sud (32,5 %) et du Nevada (45,8 %), renforçant ainsi son statut de favori[207],[208]. Lors du Super Tuesday du 1er mars 2016, il conforte son avance en remportant sept des onze États en jeu[209]. Tandis qu'il est notamment attaqué par Mitt Romney et John McCain, des comités d'action politique lancent une campagne contre lui en diffusant des publicités négatives s'élevant à plusieurs dizaines de millions de dollars[210]. Marco Rubio, favori du Parti républicain et l'un de ses principaux adversaires, se retire de la course le 15 mars 2016[211].

À la fin du mois, Chris Christie, gouverneur républicain modéré du New Jersey ayant abandonné la campagne, est la deuxième figure importante du Parti républicain à lui apporter son soutien, après Sarah Palin en janvier[212],[213]. Il est suivi par le sénateur Jeff Sessions, le premier parlementaire républicain à le faire[214]. Son ancien concurrent Ben Carson lui apporte son soutien au mois de mars, suivi, le mois suivant, par Rudolph Giuliani, le maire républicain de New York lors des attentats du 11 septembre 2001[215],[216].

Dans l'histoire récente des campagnes de primaires pour l'élection présidentielle américaine, il fait partie des candidats en position de favori des sondages ayant le moins dépensé d'argent[217],[218]. À la date du 10 mars 2016, il est ainsi, parmi les candidats républicains et démocrates, celui qui a dépensé le plus petit budget de campagne électorale, à savoir 27 millions de dollars (85 millions pour Marco Rubio, 96 millions pour Bernie Sanders, 104 millions pour Ted Cruz et 188 millions pour Hillary Clinton)[219]. Il dépense beaucoup dans ses courriers aux électeurs et ses produits dérivés, mais ne commande aucun sondage (alors que Hillary Clinton a dépensé 896 000 dollars dans le domaine pour le seul mois d’avril)[220] et dépense très peu en publicité ou en action militante sur le terrain, misant sur de grands meetings et un fort temps d'antenne dans les médias grâce à ses déclarations polémiques[221],[222] — il est probablement le candidat le plus suivi de l'histoire des campagnes politiques américaines[223].

Donald Trump remporte la primaire républicaine en Caroline du Sud.

Alors que le taux de participation aux primaires est en hausse, le politologue Alix Meyer souligne que Donald Trump « parvient à attirer une partie de l'électorat républicain qui ne se déplaçait pas auparavant pour les primaires »[224].

Au début du mois d'avril 2016, sa défaite dans le Wisconsin suscite des doutes quant à sa capacité à recueillir les 1 237 délégués nécessaires pour obtenir l'investiture, alors que John McCain s'était déjà imposé à ce stade en 2008 et que Mitt Romney était proche de la victoire en 2012[196],[225]. Ses partisans dénoncent alors des manœuvres de la part de l’establishment républicain, notamment concernant l'attribution de délégués dans certains États[226]. En mars, Donald Trump avait prédit des « émeutes », si des agissements de la part des dirigeants du Parti républicain devaient l'empêcher d'obtenir l'investiture[227], avant de brandir la menace d'une candidature indépendante de sa part, si l'un de ses concurrents venait à être désigné[225].

Il l'emporte dans l'État de New York, avec près de 60 % des suffrages, le 19 avril 2016[228]. Après cette large victoire, il devient le seul candidat capable de recueillir les 1 237 délégués nécessaires pour obtenir l’investiture dès le premier tour lors de la convention du Parti républicain en juillet[229]. Ses deux concurrents encore en lice, Ted Cruz et John Kasich, concluent ensuite un accord prévoyant le retrait de l'un des deux lors de certaines primaires en mai et juin pour éviter une dispersion des voix et tenter d'empêcher Donald Trump de recueillir les 1 237 délégués[230]. Mais sa large victoire (53 %) lors de la primaire de l'Indiana, le 3 mai suivant, conduit Ted Cruz (37 %) et John Kasich (8 %) à suspendre leur participation à la campagne, assurant ainsi à Donald Trump la nomination du Parti républicain[231],[232],[233].

Donald Trump, le 22 février 2016.

Reince Priebus, président du Comité national républicain, appelle alors son parti à s'unir derrière lui[234]. La quasi totalité des autres participants aux primaires républicaines se rallient ensuite à sa candidature[235]. Néanmoins, une cinquantaine de grands donateurs du Parti républicain au cours des dernières élections décident de ne pas lui apporter leur soutien, ce qui le contraint à trouver d'autres sources de financement[220]. Par ailleurs, George W. Bush fait savoir, en mai, qu’il ne soutiendra pas la candidature de Donald Trump et qu'il ne participera pas à la convention nationale républicaine, de même que son père, George H. W. Bush, et son frère Jeb Bush[236].

Le 25 mai 2016, il dépasse le nombre de délégués requis pour obtenir l'investiture du Parti républicain[237]. Dans la perspective d'un duel face à Hillary Clinton, une série de sondages le donne alors vainqueur ou à même hauteur[238]. Après s'être attaché les services du spin doctor Paul Manafort en mars, il remercie en juin son directeur de campagne, Corey Lewandowski, ce qui témoigne d’une « professionnalisation » de sa campagne selon Reince Priebus[239].

Le succès de sa candidature contredit la tactique envisagée par les stratèges du Parti républicain, pour qui les défaites successives de John McCain et Mitt Romney devaient pousser à davantage de modération afin de ne pas s'aliéner l'électorat hispanique, en pleine croissance[224]. Soufian Alsabbagh, spécialiste de la droite américaine, estime que Donald Trump incarne l'aboutissement d'un « mouvement de radicalisation » du Parti républicain à travers les candidatures successives de George W. Bush, John McCain et Mitt Romney[240]. D'après le politologue Alix Meyer, « il faut remonter à Barry Goldwater, en 1964, pour trouver un tel décrochage entre le candidat investi et l'appareil du parti dont il se réclame »[224] ; son confrère Marc Landy évoque quant à lui les profils de William Jennings Bryan en 1896 et de George McGovern en 1972[241]. Il faut également remonter à la candidature de Dwight D. Eisenhower en 1952 pour voir un novice en politique remporter l'investiture républicaine[242],[243]. Alors que les candidats populistes ou indépendants ont toujours connu un succès limité dans l'histoire électorale américaine[189], Donald Trump est, pour Howard Fineman, directeur éditorial global du Huffington Post, caractéristique de l'évolution de la société américaine : celle de l'argent roi et du spectacle[244]. Des analystes considèrent que son succès s'explique surtout par l'exaspération de la classe moyenne américaine, qui ne s'estime plus représentée par les « élites » de Washington[189], ainsi que par une montée en puissance aux États-Unis du populisme et du nationalisme[245]. Pour Alix Meyer, le Parti républicain, qui était déjà devenu le parti de l'électorat blanc au moins depuis la présidence de Ronald Reagan, s'affiche pour la première fois comme son défenseur sur le plan idéologique avec Donald Trump[246]. Selon certains politologues, c'est davantage l'orientation autoritariste des électeurs qui explique leur propension à soutenir Donald Trump[247].

Le politologue Marc Landy souligne que Donald Trump pratique « un populisme de divertissement, à la manière de Silvio Berlusconi, qui n’est pas dans les habitudes américaines », à travers « un niveau d’incivilités habituel dans beaucoup de médias, mais peu courant dans le domaine politique »[197], en insultant fréquemment ses adversaires[248],[249],[250], en leur donnant des surnoms (Ted « le menteur », Bush « le mou » ou « le petit » Marco) ou en alimentant des rumeurs à leur sujet comme la participation du père de Ted Cruz à l'assassinat du président John Fitzgerald Kennedy[197]. En août 2016, il est accusé d'appeler implicitement au meurtre de Hillary Clinton lors d'un meeting[251]. Ce style de discours entretient l'attention que les médias lui portent[197]. Par ailleurs, des affrontements entre ses partisans et ses opposants émaillent régulièrement ses meetings[252]. Le 18 juin 2016, alors qu'il est en meeting à Las Vegas, il échappe à une tentative d'assassinat de la part d'un Britannique de 19 ans qui avait tenté de s'emparer de l'arme d'un agent de service[253].

Campagne face à Hillary Clinton

Logo de campagne du ticket républicain Trump-Pence.
Donald Trump en août 2016.

Le 16 juillet 2016, Donald Trump annonce que le gouverneur de l'Indiana, Mike Pence, initialement soutien de Ted Cruz, sera son colistier à l'élection présidentielle[254],[243]. Le « ticket » est officiellement investi par le Parti républicain le 19 juillet 2016, lors de la convention de Cleveland. Donald Trump se félicite alors d'avoir obtenu « le plus grand nombre de voix jamais obtenues dans l’histoire du Parti républicain »[255] (plus de 14 millions[256]). De façon inattendue, Ted Cruz, arrivé en deuxième position de la primaire, refuse d'apporter son soutien au candidat républicain et appelle les électeurs américains à voter « selon leur conscience » lors de son discours à Cleveland[257]. Le discours d'investiture de Donald Trump se singularise par un tableau très sombre des États-Unis[258],[259],[260] et une rhétorique à la fois nationaliste et populiste[261]. La première soirée de la convention est un fort succès d'audience pour les télévisions qui la retransmettent, CNN bénéficiant notamment d'un gain de 200 % par rapport à celle de 2012[262].

Donald Trump (qui fête ses 70 ans le 14 juin 2016) et Hillary Clinton (69 ans le 26 octobre 2016) sont les candidats les plus âgés à entrer en campagne après Ronald Reagan, âgé de 73 ans lors de sa réélection en 1984[260].

Peu après son investiture, les sondages continuent de le donner au coude-à-coude avec la candidate démocrate[198],[263] alors que les deux candidats souffrent d'une mauvaise image dans l'opinion[264]. Tandis que les partisans de Donald Trump se disent préoccupés en priorité par l'immigration et le terrorisme, ceux de Hillary Clinton le sont par les inégalités sociales[265]. Les enquêtes d'opinion du mois d'août sont défavorables à Donald Trump[266] (entre 6 et 8 points de retard sur Hillary Clinton en moyenne[267],[268]). Dans le même temps, Paul Manafort démissionne de son équipe de campagne en raison de son implication supposée dans une affaire de corruption en Ukraine. Donald Trump crée alors un poste de « directeur général de campagne » qu'il confie à une personnalité à la fois atypique et controversée, Stephen Bannon, responsable du site d'extrême droite Breitbart News[269] ; dans le même temps, il promeut Kellyanne Conway, dont le profil est consensuel au sein de l'appareil républicain, au poste directrice de campagne[266],[267]. Immédiatement après ce remaniement, il exprime des « regrets » pour ses propos qui ont « pu blesser des gens personnellement »[265] et infléchit pour la première fois une de ses propositions contre l'immigration illégale[270]. Le 31 août 2016, à l'issue d'une visite au Mexique où il s'exprime aux côtés du président Enrique Peña Nieto, il réaffirme une ligne dure sur l'immigration, qu'il associe à une lourde insécurité aux États-Unis[271]. L'écart entre les deux discours qu'il tient cette même journée lui vaut des accusations de duplicité[272],[273]. En parallèle, il tente d'élargir son audience au sein de la communauté afro-américaine, traditionnellement très favorable aux démocrates[274]. Les sondages de septembre 2016 voient les intentions de vote en sa faveur se rapprocher de celles pour Hillary Clinton[275].

D'abord en net retard par rapport à Hillary Clinton, le rythme de sa récolte de fonds connaît une brusque hausse à l'été 2016, grâce à un nombre massif de petites donations de quelques dizaines de dollars réalisées en ligne, et tend ainsi à combler l'écart avec celui de son adversaire[276]. Tandis que les banques américaines refusent de lui prêter de l'argent en raison de ses mauvaises relations avec elles en tant qu'entrepreneur, ses plus importants donateurs sont des oligarques russes proches du Kremlin[277]. Les principaux bailleurs de fonds pro-républicains s'abstiennent de le financer et préfèrent soutenir les candidats aux élections législatives à venir[278]. Si Donald Trump bénéficie du soutien de la majorité des donateurs de Marco Rubio et surtout de Ted Cruz, ceux de Jeb Bush, John Kasich et Chris Christie financent davantage la campagne de Hillary Clinton[279].

L'équipe de Donald Trump diffuse ses premières publicités dans le cadre de l'élection générale en août 2016, alors que celle de Hillary Clinton a déjà dépensé 61 millions de dollars dans le domaine et que les deux autres candidats, Jill Stein et Gary Johnson, ont eux aussi réalisé des spots[221]. La majeure partie de ses dépenses est alors destinée aux déplacements et aux frais liés aux événements[221], tandis que son équipe demeure extrêmement réduite[278]. Convaincu qu'une partie importante de l'argent investi dans les campagnes électorales est gaspillée, il préfère s'assurer une publicité gratuite sur les réseaux sociaux et dans les médias grâce à l'attention qu'ils lui portent, ou se reposer sur les infrastructures du Parti républicain pour la logistique ou la collecte de fonds[278]. À la mi-septembre 2016, Donald Trump a dépensé 18,7 millions de dollars en publicité télévisuelle, alors qu'Hillary Clinton a dépensé 109,4 millions, et il a levé 205,8 millions de dollars de fonds, alors qu'Hillary Clinton en a levé 516,7 millions[280]. Il recueille le soutien de seulement 6 titres de presse, contre plus de 200 pour Hillary Clinton, d'après un décompte réalisé par Politico qui estime qu'« aucun candidat n'avait jamais reçu aussi peu de soutiens » dans la presse[281], avec laquelle il a instauré un nouveau type de relation[282].

Donald Trump en octobre 2016.

Certains observateurs font un rapprochement avec l'élection présidentielle de 1996 opposant Bill Clinton à Bob Dole au regard du retard pris très tôt dans les sondages par le candidat républicain et du fait que la plupart des candidats du parti au Congrès pour les élections suivantes considèrent également la présentielle comme perdue d'avance[283],[278]. Pour le politologue Dominique Moïsi, son duel face à Hillary Clinton représente le premier « face-à-face entre une démocrate interventionniste et un républicain isolationniste » depuis l'élection présidentielle de 1940 et la victoire de Franklin Delano Roosevelt sur le républicain Wendell Willkie[284].

Le premier débat télévisé entre les deux candidats le 27 septembre est dominé par Hillary Clinton[285]. Dans les trois semaines précédant le scrutin, la campagne du candidat républicain se radicalise[286] et celui-ci laisse entendre que les élections sont truquées, notamment en raison du parti pris des médias en faveur de sa rivale[287]. Cette attitude lui attire des critiques de la part du président Barack Obama[288],[289],[290].

Peu avant l'élection, le directeur du FBI révèle la découverte de nouveaux courriels justifiant de nouvelles investigations en direction d'Hillary Clinton dans l'affaire des e-mails la concernant[291],[292]. Parallèlement, Wikileaks relance les accusations à l'encontre de Bill Clinton et sa fondation[293] et accuse Clinton d'avoir été prévenue de certaines questions qui lui ont été posées lors des débats de la primaire démocrate[294]. Deux jours avant l'élection, le FBI annonce maintenir sa décision de ne pas poursuivre Hillary Clinton, estimant que les nouveaux e-mails n'apportent rien de nouveau, ce dont Donald Trump s'étonne, estimant que le FBI n'a pas vraiment pu examiner 650 000 e-mails en huit jours alors qu'il avait mis dix mois pour en examiner 33 000 précédemment[295]. Il déclare que, s'il est élu, il nommera un procureur spécial pour s'occuper de ce dossier[296],[297],[298].

Accusations de sexisme et d'agressions sexuelles

À quelques jours du deuxième débat qui doit opposer Donald Trump à Hillary Clinton, le Washington Post diffuse une vidéo, datant de 2005, dans laquelle on entend Trump — enregistré à son insu dans le studio de l'émission de télévision Des jours et des vies — se vanter de courir les jupons et affirmer à son interlocuteur que « Quand vous êtes une star, [les femmes] vous laissent faire, vous pouvez faire tout ce que vous voulez, les attraper par la chatte (« Grab them by the pussy »), faire ce que vous voulez. »[299]. La publication de cette vidéo ayant suscité des réactions outrées jusque dans les rangs du Parti républicain, y compris celle de son colistier Mike Pence, le candidat s'excuse pour ses propos[300], qu'il qualifie de « vantardises de vestiaires »[301].

Dans les jours qui suivent, plusieurs femmes accusent publiquement Donald Trump de leur avoir fait lourdement des avances, voire d'avoir eu à leur égard un comportement relevant de l'agression sexuelle[302], par exemple en leur imposant des attouchements ou en les embrassant de force[303]. Le candidat républicain nie s'être comporté de la sorte et riposte à sa façon lors du deuxième débat l'opposant à Hillary Clinton, le 9 octobre 2016 : il rappelle que des femmes ont accusé le mari de cette dernière, Bill Clinton, de les avoir agressées sexuellement ou violées, et fait venir quatre d'entre elles pour qu'elles assistent au débat[304]. En réaction, le rappeur will.i.am sort le 14 octobre une vidéo satirique intitulée Grab'm by the Pussy (Attrape-les par la chatte[305]) par laquelle il dénonce l'attitude méprisante et les commentaires sexistes de Trump à l'égard des femmes[306],[307].

Contre-vérités

Donald Trump en meeting à Fountain Hills (Arizona), en mars 2016.

Avant de se lancer dans la campagne présidentielle, Donald Trump avait développé dès les années 1980 le concept d'« hyperbole véridique », expliquant dans un de ses ouvrages : « Les gens veulent croire en ce qui est le plus formidable, le plus génial et le plus spectaculaire. J’appelle cela l’hyperbole véridique. C’est une forme innocente d’exagération — et une méthode de promotion très efficace »[308].

Pendant la campagne des primaires républicaines, il déclare, au sujet des attentats du 11 septembre 2001 : « J'ai vu, à New Jersey City, des milliers et des milliers de personnes musulmanes acclamer la chute des tours du World Trade Center », mais il n'existe aucune preuve de ces événements, que les autorités du New Jersey ont démentis[308]. Très actif sur Twitter durant la campagne présidentielle, il avance « Blancs tués par des Blancs : 16 %. Blancs tués par des Noirs : 81 % », graphique à l'appui. Il s'appuie sur une source (le « bureau des statistiques du crime de San Francisco ») qui n'existe pas et inverse en fait les chiffres puisque 82,4 % des Blancs assassinés l'ont été par des Blancs et 14,8 % par des Noirs[309],[310]. Il affirme que le « vrai taux de chômage aux États-Unis est de 42 % », en additionnant les « inactifs », mélangeant retraités, pré-retraités, mères au foyer, étudiants et lycéens pour parvenir à ce compte erroné[309],[311]. Donald Trump explique également que « la croissance américaine n'a jamais été négative » et que le taux de croissance du PIB américain est passé en négatif au premier trimestre 2015 sous la présidence de Barack Obama, ajoutant « que ça ne s'était jamais produit dans l'histoire ». Or la première affirmation est fausse, et pour la deuxième, les médias américains relèvent que cela s'est produit 42 fois depuis la deuxième guerre mondiale[312],[309]. Il affirme constamment durant la campagne que les élections sont « truquées » développant à se sujet plusieurs « théories du complot »[313]. Ce ne sont que quelques exemples[314]. Après sa victoire grâce à sa majorité au collège électoral mais avec plus de deux millions de voix de moins qu'Hillary Clinton dans le vote populaire, il écrit sur Twitter : « En plus d'avoir remporté le collège électoral, j'ai gagné le vote populaire si on déduit les millions de gens qui ont voté illégalement », sans avancer la moindre preuve[315],[316]. Le site Politifact trouve dans les déclarations de Donald Trump, pour l'année 2015, 76 % de mensonges complets ou partiels, ce qui le place en tête des personnalités politiques américaines dont les propos sont le plus souvent « archi-faux, faux ou plutôt faux »[308]. Donald Trump ajoute qu'il aurait fait campagne autrement s'il s'était agi de gagner le vote populaire et qu'Hillary Clinton a mal choisi les États où elle a fait campagne[317].

Après la victoire de Trump à l'élection présidentielle, Paul Krugman, Prix Nobel d'économie en 2008, souligne l'ignorance de l'Amérique dite « des élites » pour l'Amérique dite « profonde » et Margaret Sullivan , l'éditorialiste du Washington Post, paraphrase la thèse de Peter Thiel (investisseur de la Silicon Valley et soutien de Donald Trump) lorsqu'il explique que : « Les journalistes prennent toujours Trump au pied de la lettre mais sans le prendre au sérieux » alors que « ses électeurs, en revanche, le prennent au sérieux mais ne le prennent pas au pied de la lettre » et que donc, « par exemple, quand il propose de construire un mur à la frontière mexicaine, les journalistes exigent des détails, veulent savoir comment il va s’y prendre », alors que ses électeurs « comprennent qu’il ne veut pas vraiment édifier un mur et entendent simplement qu’il propose une politique migratoire plus saine et plus intelligente. »[318],[319].

Parti pris des médias

Plus de 76 % de la presse américaine soutient Hillary Clinton, contre moins de 5 % pour Donald Trump[320]. De nombreux titres de presse appelant traditionnellement à voter pour le candidat républicain s'opposent à lui[321]. En dépit du soutien du New York Post de Rupert Murdoch et de The National Enquirer durant la primaire républicaine, des articles extrêmement négatifs sont publiés quotidiennement sur le candidat Trump[322].

Après l'élection, des médias comme The New York Times et The Washington Post reconnaissent notamment n'avoir pas compris les aspirations du peuple[323],[324]. Paul Krugman souligne l'ignorance de l'Amérique dite « des élites » pour l'Amérique dite « profonde »[325].

Élection

Le 8 novembre 2016, Donald Trump remporte l'élection présidentielle. Il renverse la tendance annoncée en particulier en Floride, en Caroline du Nord, dans le Wisconsin et en Pennsylvanie, traditionnellement démocrates et qui lui apportent 74 grands électeurs[326]. Il s'impose dans la Rust Belt et se voit au total attribuer 306 grands électeurs contre 232 à sa rivale. Celle-ci obtient 2,87 millions de voix (2,1 points de pourcentage) de plus que lui[327],[328],[329]. Un tel cas de figure, dû au mode de scrutin indirect et à la pratique du winner takes all[b], s'est présenté seulement quatre fois dans le passé, lors des élections présidentielles de 1824, 1876, 1888 et 2000[330]. Selon une estimation du Monde, si au lieu du winner takes all, tous les grands électeurs étaient désignés à la proportionnelle dans chaque État, Hillary Clinton aurait remporté cette élection avec 260 grands électeurs, contre 257 pour Donald Trump[331]. L'écart en nombre de voix (mais pas en pourcentage) constitue un record historique pour ce système électoral, ce qui réactive les critiques à son égard ainsi que les appels à le réformer[332], y compris par Donald Trump[333]. Un scrutin au suffrage universel direct n'aurait cependant pas obligatoirement fait élire Hillary Clinton et aurait pu donner la victoire à Donald Trump, car les candidats auraient mis en œuvre une stratégie totalement différente, en faisant la même campagne dans tous les États[334],[333], au lieu de concentrer 90 % de leurs efforts sur une douzaine d'États seulement[335]. Par ailleurs, Donald Trump réalise le meilleur score en nombre de voix jamais obtenu par un candidat républicain à la présidence des États-Unis.

Cette victoire fait en tout cas démentir les projections. Sur un échantillon de 376 sondages publiés entre mai 2015 et novembre 2016, seulement 30 ont annoncé Donald Trump en tête[326] ; les derniers publiés annonçaient une avance d'environ 3,5 points de pourcentage à Hillary Clinton et une nette victoire pour celle-ci au niveau des grands électeurs[336],[337]. Tout au long de sa campagne, la plupart des politologues l'avaient donné perdant[338] et de nombreux commentateurs assurent que sa victoire est improbable voire impossible[339],[340]. Après cette élection, les médias américains, qui soutenaient Hillary Clinton à 75 % et Donald Trump pour moins de 5 %, font leur mea culpa, confessant avoir été incapables de capter le sentiment du pays profond[341],[342],[343],[323].

La candidate écologiste Jill Stein dépose des demandes de recomptage des voix dans trois États où les résultats ont été serrés[344], mais l'opération confirme la victoire de Trump dans le Wisconsin[345], et est annulée par la justice fédérale dans le Michigan[346].

Donald Trump devient le président le plus âgé et le plus riche jamais élu par les Américains pour un premier mandat, devant George Washington[347],[348], et le seul à exercer cette fonction sans avoir eu auparavant une expérience politique et/ou militaire[349].

Période de transition

Rencontre entre le président en fonction, Barack Obama, et son successeur, à la Maison-Blanche, le .

Le , alors que Donald Trump se voit attribuer 306 des 538 grands électeurs du collège électoral, désignant le président pour la Maison-Blanche, le Parti républicain est également sur le point de contrôler la Chambre des représentants, le Sénat et donc la Cour suprême[350]. Pour le politologue Vincent Michelot, « c'est du jamais-vu depuis les années 1930. Même Reagan a gouverné avec une majorité démocrate à la Chambre des représentants »[351]. Il s'agit de la sixième fois depuis 1900 que les Républicains ont la mainmise sur le Congrès et la Maison-Blanche[352].

Alors que son élection est suivie de manifestations dans des grandes villes américaines pour protester contre sa victoire[353], il adopte dans ses premières déclarations un ton ouvert et apaisé, y compris contre d'anciens adversaires qu'il avait durement attaqués au cours de sa campagne, Hillary Clinton en particulier[354] en précisant qu'il ne compte pas « nuire aux Clinton » car « cela diviserait vraiment beaucoup le pays »[355]. Dans la lignée de sa campagne, il continue de s'exprimer sur Twitter sur un ton polémique : il réagit ainsi aux manifestations en affirmant qu'il s'agit de « manifestants professionnels incités par les médias »[356], mais revient sur ses propos en louant la « passion » des manifestants « pour notre grand pays »[357]. Dans plusieurs tweets, il raille et contredit le New York Times au sujet du suivi de sa campagne et de la période de transition[358].

Il rencontre des hommes d'affaires indiens, ainsi que le président argentin Mauricio Macri et le Premier ministre japonais, Shinzo Abe, en présence de sa fille Ivanka, vice-présidente de sa société The Trump Organization[359]. Devant l'engagement répété de Donald Trump à se retirer de l'accord de partenariat transpacifique, le président chinois Xi Jinping invite les dirigeants de la zone Asie-Pacifique à soutenir l’accord régional de libre-échange concurrent que son pays leur a proposé[360]. La décision de Donald Trump explique, selon certains médias, la décision de John Key, Premier ministre néo-zélandais et « fervent artisan » de l'accord de partenariat transpacifique, de ne pas se représenter[361]. Peu après, Donald Trump s'entretient avec Tsai Ing-wen, présidente de Taïwan, ce qui constitue une première depuis la rupture des relations diplomatiques entre les deux États en 1979 ; cet échange entraîne une « protestation solennelle » du pouvoir chinois, suivie par la réaffirmation par la Maison-Blanche de son soutien à la politique de « la Chine unique »[362]. Sur Twitter, Donald Trump accuse ensuite la Chine de dévaluer sa monnaie pour mieux concurrencer les entreprises américaines et de « de bâtir un vaste complexe militaire en mer de Chine méridionale »[363].

Donald Trump et Shinzō Abe, le Premier ministre japonais, le 17 novembre 2016.

Le 13 novembre 2016, il annonce qu'il renoncera à son salaire de président (400 000 dollars annuels) et qu'il ne percevra que le dollar symbolique auquel l’oblige la loi[364].

Il achève la période de transition avec le plus faible taux d’approbation des deux décennies précédentes dans l'opinion publique pour un président des États-Unis[365]. Vincent Michelot souligne « le caractère exceptionnel » de la période de transition, menée avec une forte publicité contrairement aux habitudes et en entraînant un retard important dans les nominations : « Ceci est d’autant plus inquiétant que les ministres désignés ont en commun de n’avoir aucune expérience du secteur public. Et que certains de ses membres sont non seulement inexpérimentés, mais aussi hostiles à l’existence même du ministère qu’ils vont diriger »[366].

Élection par le collège électoral

Le scrutin de la présidentielle étant indirect aux États-Unis, l'élection définitive de Donald Trump n'est effective qu'à l'issue du vote du collège électoral[367]. Jusqu'à la réunion de celui-ci, le 19 décembre 2016, l'identité de nombreux grands électeurs républicains est révélée par des associations anti-Trump et plusieurs d'entre eux sont alors victimes de harcèlement et de menaces de mort afin qu'ils changent leur vote[368],[369]. Donald Trump obtient néanmoins le vote de 304 grands électeurs contre 227 à Hillary Clinton[370], deux votes seulement lui faisant défaut contre cinq à sa rivale démocrate[371].

Nominations

Article détaillé : Présidence de Donald Trump.

Durant la période de transition, Donald Trump s'entoure d'une équipe de transition et commence à désigner les membres de son futur gouvernement, dont les principaux postes sont attribués comme suit :

  • Secrétaire du Trésor (ministre des Finances) : Steven Mnuchin, ancien vice-président exécutif de Goldman Sachs devenu multimillionnaire, avant d'être nommé directeur financier de la campagne électorale de Donald Trump[372].
  • Procureur général (ministre de la Justice) : Jeff Sessions, sénateur républicain de l'Alabama classé parmi les élus les plus conservateurs du Congrès, connu pour son opposition à l'immigration, au mariage des personnes de même sexe et au droit à l'avortement. C'est aussi un partisan de l'usage de la torture par l'armée ainsi qu'un climato-sceptique convaincu[373].
  • Secrétaire d'État (ministre des Affaires étrangères) : Rex Tillerson, président-directeur général d'ExxonMobil, a été décoré en 2013 par Vladimir Poutine de l’ordre de l’Amitié, la plus haute distinction russe pour un civil[374].
  • Secrétaire du Commerce (ministre du Commerce et de l'Industrie) : Wilbur Ross, homme d'affaires et ancien banquier dont la fortune était estimée à 2,9 milliards de dollars en 2014, surnommé le « Roi de la faillite » en raison des nombreux rachats d'entreprises en difficulté, revendues un bon prix après restructurations et licenciements[375].
  • Secrétaire à l'Éducation (ministre de l'Éducation) : Betsy DeVos, femme d'affaires milliardaire mariée à Dick DeVos, classé 88e fortune américaine avec 5,1 milliards de dollars, c'est une militante très active en faveur de l'éducation religieuse financée par l'État[376].
  • Secrétaire à la Santé et aux Services sociaux (ministre de la Santé) : Tom Price, chirurgien et président républicain de la Commission budgétaire de la Chambre des représentants, c'est un adversaire de l'avortement et un farouche opposant à la réforme de l’assurance-maladie « Obamacare »[374].
  • Secrétaire au Travail (ministre du Travail) : Andrew Puzder, président-directeur général de CKE Restaurants, maison mère des chaînes de restauration rapide Carl’s Jr. et Hardee’s. C'est un farouche adversaire du relèvement du salaire minimum, de l’amélioration des conditions de travail des salariés dans la restauration et de la généralisation de la couverture santé[377].
  • Secrétaire aux Transports (ministre des Transports) : Elain Chao, ex-banquière internationale et ancienne secrétaire au Travail sous la présidence de George W. Bush.
  • Directeur du National Economic Council : Gary Cohn, directeur général adjoint de Goldman Sachs, présenté avant cela comme le favori pour succéder au PDG de la banque, Lloyd Blankfein. Il a pour rôle de coordonner la politique économique gouvernementale[378].

La nomination de financiers, d'hommes et de femmes d'affaires fortunés à des postes-clés, ainsi que la présence de nombreux lobbyistes au sein de l'équipe de transition sont dénoncées violemment par la sénatrice démocrate du Massachusetts, Elizabeth Warren. Dans une lettre datée du 15 novembre adressée à Donald Trump, elle l'interpelle en ces termes : « Vous aviez promis que vous ne seriez pas aux mains « des donateurs, des intérêts particuliers et des lobbyistes qui ont corrompu nos politiques depuis déjà trop longtemps » et que vous alliez « assécher le marais » à Washington. » Elle poursuit en constatant qu’il est « déjà en train d’échouer » en nommant « une kyrielle de banquiers de Wall Street, d’initiés de l’industrie et des lobbyistes au sein de [son] équipe de transition ». La sénatrice souligne que « 72 % des Américains, démocrates comme républicains, pensent que « l’économie américaine est truquée au bénéfice des riches et des puissants », et appelle le président-élu à exclure ces personnes de son équipe.

Lors d’une interview accordée le 13 novembre à la chaîne de télévision CBS, le milliardaire avait expliqué qu’il était difficile de trouver des gens pour travailler avec le gouvernement sans qu’ils aient des liens avec les lobbys, estimant que Washington était, « dans sa totalité », un « énorme lobby »[375].

En se basant sur les nominations connues au 13 décembre 2016, le site américain Quartz a calculé que les 17 membres du futur gouvernement Trump disposaient de 9,5 milliards de dollars, soit autant que les 109 millions d'Américains les plus pauvres[379].

Le 21 décembre, Carl Icahn est désigné au poste de conseiller spécial du président pour la réforme des régulations de l'économie. Homme d'affaires richissime, dont la fortune estimée à 20 milliards de dollars s'est entièrement bâtie à Wall Street, Icahn s'est fait une spécialité des prises de participation hostiles dans les entreprises en difficulté. En octobre 2015, il avait lancé un comité d’action politique en faveur de Donald Trump, doté de 150 millions de dollars. Au titre de conseiller spécial, il interviendra dans la désignation du nouveau président de la SEC, l'autorité de contrôle de la bourse américaine, prévue en janvier 2017[380].

Prises de position nationales et internationales

Dans les semaines suivant son élection, il fait en sorte de tenir ses promesses de campagne concernant la préservation d'emplois dans les entreprises manufacturières américaines[381]. Le 29 novembre 2016, le chauffagiste Carrier, qui prévoyait de délocaliser 1 400 emplois au Mexique, annonce qu'il va en préserver un millier dans le pays à la suite de négociations avec Donald Trump[382]. Le 28 décembre suivant, l’opérateur de téléphonie mobile Sprint Nextel fait savoir qu'il va rapatrier 5 000 emplois aux États-Unis et remercie Donald Trump pour son implication dans ce projet[383]. Le 3 janvier 2017, le groupe automobile Ford, menacé par le président élu d'importantes taxes d'importation, revient sur sa décision de construire une nouvelle usine au Mexique, préférant utiliser une partie des 1,6 milliard de dollars prévus pour le projet pour le développement d'un site dans le Michigan, durement frappé par la désindustrialisation[384].

Le 4 janvier 2017, sous la pression de Donald Trump, les parlementaires républicains renoncent à réduire les pouvoirs du Bureau d'éthique parlementaire, un organisme indépendant chargé d'enquêter sur les violations éthiques des élus[385],[386].

Après la décision de Barack Obama d'expulser 35 diplomates russes en raison de l'accusation d'ingérence de la Russie dans la campagne électorale, Donald Trump se montre sceptique et salue « l’intelligence » de Vladimir Poutine, qui a décidé de ne pas lancer de représailles[387]. Sur fond de crainte d'une nouvelle guerre froide, certains observateurs soulignent la volonté de Barack Obama de mettre en difficulté le président élu[388],[389].

Une fois élu, il demande à la Russie « une diminution de la violence en Ukraine et la restitution de la Crimée »[390].

Après son élection, Donald Trump continue de s'exprimer largement sur Twitter, y compris en matière diplomatique. Le 5 janvier 2017, l’agence de presse officielle chinoise Xinhua déplore ainsi son « obsession de la diplomatie Twitter »[391]. Après avoir contredit le principe de la Chine unique, ce qui occasionne des tensions avec le régime de Xi Jinping, il finit par le reconnaître lors d'un entretien avec ce dernier en février 2017, ce qui rassure également le Japon[392].

Le 11 janvier 2017, soit neuf jours avant l'investiture de Trump, le président mexicain, Enrique Peña Nieto, affirme, comme son prédécesseur Vicente Fox, que son pays ne paiera pas pour le mur promis par Trump lors de sa campagne et dont le coût serait estimé à 25 milliards de dollars. Il se dit néanmoins prêt à mener des négociations ouvertes avec le nouveau président, notamment sur les questions d'immigration[393].

Avant et après son élection, des responsables des institutions européennes telles que Donald Tusk (président du Conseil européen), Martin Schulz (président du Parlement européen) ou Pierre Moscovici (commissaire européen) expriment leur défiance à son égard[394],[395]. En janvier 2017, Donald Trump déclare que l'Union européenne est « un instrument au service de l'Allemagne ». Il qualifie le Brexit de « succès pour le Royaume-Uni ». Il considère que la crise migratoire en Europe et la position de l'Allemagne sur cette question sont à l'origine de leur départ[396].

Trump tient en outre des propos critiques envers l'OTAN, qu'il accuse de n'avoir pas su s'adapter à la menace terroriste. Il regrette par ailleurs que cinq États seulement respectent l'objectif de financement donné par l'Otan de 2 % du PIB[397].

Présidence des États-Unis

Article détaillé : Présidence de Donald Trump.

Investiture

Article détaillé : Investiture de Donald Trump.
Discours d'investiture du président Trump, après sa prestation de serment, le .

De nombreux artistes refusent de participer à l'investiture du nouveau chef de l'État les 19 et 20 janvier 2017. Le chanteur de country Toby Keith accepte de se produire sur scène, et la jeune lauréate de l'émission America's Got Talent, Jackie Evancho, chante l'hymne national après la prestation de serment.

Donald Trump devient officiellement le 45e président des États-Unis en prêtant serment au Capitole à Washington, D.C. le à 12 h EST (soit 18 h CET).

Une polémique éclate sur l'importance de la foule présente sur le Mall de Washington, D.C. le jour de son investiture, estimée par de nombreux médias comme étant très inférieure à celle ayant assisté à l'investiture de Barack Obama huit ans plus tôt[398] (les chiffres avancés sont de 250 000 personnes en 2017 contre 1,8 million en 2009)[399], ce que l'équipe du nouveau président réfute totalement, le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer déclarant : « Ce fut la plus grande foule ayant assisté à une investiture, point barre »[400],[401],[402] et la conseillère Kellyanne Conway expliquant promouvoir « les faits alternatifs »[400].

Dès le lendemain de son investiture, il est confronté à d'importantes manifestations de protestation, principalement féministes[403], dont la principale, la Marche des femmes sur Washington, D.C., réunit entre 500 000 et un million de personnes. Des manifestations similaires ont lieu dans 400 autres villes américaines et dans 70 pays, les organisateurs estimant qu’entre deux et trois millions de personnes y ont participé[404],[405]. Les investitures de présidents tels que Richard Nixon en 1973, Ronald Reagan en 1981 et George W. Bush en 2001 avaient elles aussi donné lieu à des manifestations, sans toutefois atteindre la même ampleur ; la manifestation précédente la plus importante n'avait ainsi réuni que 60 000 participants en 1973[406],[407],[408].

Simultanément, lors de sa visite au quartier général de la CIA, Donald Trump déclare être en guerre contre les journalistes qu'il qualifie d'« êtres humains les plus malhonnêtes sur terre »[409].

Cent premiers jours

Trump signant l'ordre exécutif qui relance les projets de construction de deux oléoducs.

Dès sa nomination, il signe un décret fédéral demandant aux agences gouvernementales de limiter les réglementations relatives à l'Obamacare[410]. Les premiers décrets signés par Donald Trump sont le retrait des États-Unis de l'Accord de partenariat transpacifique (TPP), le gel de l'embauche de fonctionnaires fédéraux, un décret consistant à interdire le financement d'Organisations non gouvernementales internationales qui soutiennent l'avortement[411], la relance des projets de construction de deux oléoducs, Keystone XL (du Canada aux États-Unis), qui avait été bloqué par Barack Obama pour des raisons environnementales, et Dakota Access (du Dakota du Nord à l'Illinois), préalablement abandonné en raison de la mobilisation de la tribu Sioux de Standing Rock et des organisations écologiques[412], ainsi que la sécurisation de « la frontière sud des États-Unis grâce à la construction immédiate d'un mur »[413].

Après son accession à la présidence, Trump continue d'utiliser Twitter pour annoncer certaines de ses positions, ou simplement pour réagir à l'actualité. Son usage intensif du réseau social — sur lequel il est suivi par plusieurs millions de personnes et qui lui sert notamment à contourner les médias traditionnels, qu'il juge trop critiques envers son action — lui vaut d'être qualifié par Le Monde de « premier président-Twitter des États-Unis »[414]. En pleine tension diplomatique entre les États-Unis avec le Mexique, il twitte pour pour dénoncer le déficit commercial américain avec le pays voisin et le refus du gouvernement mexicain de payer le mur de séparation entre les deux pays, suscitant l'annulation de sa rencontre avec le président Peña Nieto[415],[416]. De même, il affiche sur le réseau social son soutien à une manifestation contre l'avortement[417].

Le , lors de la journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l'Holocauste[418], il signe un décret interdisant l'entrée sur le territoire américain aux réfugiés de toutes nationalités pendant 120 jours, aux ressortissants irakiens, iraniens, soudanais, libyens, somaliens et yéménites pendant 90 jours, et indéfiniment aux ressortissants syriens, à l'exception des détenteurs de visa diplomatique et des membres d'institutions internationales. Les pays visés sont tous des pays majoritairement musulmans. Face au tollé, Donald Trump se justifie en expliquant lors d'une conférence de presse qu'il souhaite protéger les Américains des « terroristes islamistes radicaux ». Certains médias observent néanmoins une incohérence dans ces propos puisque l'Arabie saoudite, dont de nombreux ressortissants ont perpétré des attentats sur le sol américain, n'est pas visée par ce décret, probablement pour des raisons économiques[419]. Dans une interview sur une chaîne chrétienne, il souligne par ailleurs que dorénavant, les réfugiés chrétiens et d'autres minorités religieuses au Moyen-Orient, seront privilégiés par rapport aux réfugiés musulmans[420],[421]. L'Iran décide d'appliquer le principe de réciprocité et interdit à son tour l'entrée sur son territoire aux ressortissants américains jusqu'à ce que la décision de Trump soit levée[422]. Sa décision d'interdire l'entrée sur le territoire américain des ressortissants de ces sept pays musulman et des réfugiés du monde entier provoque des manifestations sur tout le territoire américain[423] et des protestations aux quatre coins du monde[424].

Trump et le Premier ministre canadien Justin Trudeau, le 13 février 2017.

L'État de Washington annonce le 30 janvier son intention de porter plainte contre le décret anti-immigration. Plusieurs entreprises dont le siège est situé dans cet État, dont Amazon et Expedia, indiquent qu'elles s’associeront à ce recours devant la cour fédérale de l’État[425]. Le 31 janvier, Trump limoge la ministre de la Justice par intérim Sally Yates, après qu'elle a critiqué publiquement le décret anti-immigration et ordonné aux procureurs fédéraux de ne pas le défendre devant les tribunaux[426].

Le 3 février, un juge fédéral de l'État de Washington rend une décision qui bloque l'exécution du décret anti-immigration sur l'ensemble du territoire américain, afin de permettre l'examen de la plainte déposée par le ministre de la Justice de cet État[427].

Donald Trump nomme son conseiller stratégique Stephen Bannon au sein du National Security Council, l'organe de décision au cœur du pouvoir pour les questions de sécurité nationale et de politique étrangère[428]. Stephen Bannon, qui a dirigé le site Breitbart News, est notamment réputé être un suprématiste blanc[429].

Le 13 février 2017, Donald Trump est contraint de forcer son conseiller à la sécurité nationale, Michael T. Flynn, à démissionner. Ce dernier est soupçonné d'avoir menti — notamment au vice-président Mike Pence — sur la nature de ses conversations téléphoniques de décembre 2016 avec l'ambassadeur de Russie aux États-Unis[430], et d'être potentiellement vulnérable à un chantage russe[431].

Le , un article du New York Times révèle qu'avant son élection à la Maison-Blanche, des membres de l'équipe de campagne de Trump, dont Paul Manafort, ont eu des contacts répétés avec de hauts responsables des services de renseignement russes. Selon le quotidien, les services de renseignement américains enquêteraient afin de déterminer si des membres de l'équipe de Donald Trump étaient de connivence avec les Russes pour influer sur le cours de l'élection[432].

Le , Andrew Puzder doit retirer sa candidature au poste de ministre du Travail, à la suite de révélations le conduisant à reconnaître qu'il avait employé au noir une femme de ménage en situation irrégulière pendant plusieurs années[433].

Le au matin, par une série de tweets, Donald Trump accuse son prédécesseur Barack Obama de l'avoir mis sur écoute dans sa Trump Tower durant la période de transition, en le traitant de « sale bonhomme » et de « malade », sans pour autant indiquer sur quoi se fondent ses allégations[434]. Cette absence de preuve est confirmée lors de l'audition des responsables du FBI et de la NSA par une commission du Congrès le 20 mars, où aucun élément n'est fourni pour étayer cette accusation[435].

Accusations de conflits d'intérêts

L'analyse des déclarations d'actifs de Donald Trump publiée en novembre 2016 par le Washington Post révèle qu'au moins 111 entreprises appartenant à Trump ont fait des affaires dans dix-huit pays et territoires à travers l’Amérique du Sud, l’Asie et le Moyen-Orient, certaines dans des pays avec lesquels les États-Unis entretiennent des relations financières ou diplomatiques délicates, comme l'Arabie saoudite, la Turquie, les Émirats arabes unis, la Chine, Israël, l'Azerbaïdjan, l’Indonésie ou le Panama.

Donald Trump dans le Bureau ovale en compagnie de sa fille Ivanka, en avril 2017.

En dépit du risque important de voir ces liaisons d'affaires devenir autant de sources de conflits d'intérêts, Trump annonce son refus de vendre ses actifs ou de les confier à un gestionnaire indépendant avant d'entrer à la Maison-Blanche, contrairement à la tradition suivie par la plupart des derniers présidents américains, de Reagan à Bush, préférant s'engager à laisser la gestion de ses entreprises à ses enfants et à des cadres[436].

Cette situation inédite place le conglomérat de Trump dans une double position sans précédent dans l'histoire présidentielle américaine, à la fois comme possible voie d'accès pour les intermédiaires en quête des faveurs de la présidence, et comme cible potentielle d'attaques ou de menaces à l'étranger. Pourtant, Donald Trump reconnaît lui-même comme « un petit conflit d'intérêt » le contrat de 10 millions de dollars conclu en 2014 avec le consortium turc Doğan Holding, devenu depuis un influent soutien du régime répressif d'Ankara. Les conseillers en éthique voient davantage ce contrat comme une source de revenus personnelle qui pourrait exposer Trump à des influences étrangères et faire pencher ses prises de décisions en tant que chef de l'exécutif.

D'autre part, de nombreux projets et biens immobiliers appartenant à Trump sont soutenus par des prêts consentis par de grandes banques étrangères, certaines allemandes ou chinoises comme la Bank of China, que Trump a pourtant régulièrement critiquée. Ainsi la Deutsche Bank, qui se trouve être le plus important créancier de Trump, est par ailleurs en cours de négociation pour le règlement éventuel de plusieurs milliards de dollars dans le cadre des abus liés à la crise des subprimes. La négociation de cette sanction est conduite avec le ministère de la Justice, lequel sera dirigé prochainement par des responsables nommés par Donald Trump.

La question des avoirs de Trump à l'étranger reste toujours en suspens, celui-ci ayant refusé d'autoriser l'audit financier de ses investissements ainsi que de fournir certains documents tels que sa déclaration de revenus, qui permettraient une meilleure connaissance de ses comptes à l'étranger[437],[438].

Le 24 décembre 2016, Trump annonce son intention de dissoudre sa fondation pour « éviter ne serait-ce que l'apparence d'un conflit d'intérêt ». Cette annonce n'a pourtant quasiment aucune portée, sa fondation étant déjà de fait inactive par ordre de la justice américaine. D'autre part, une telle décision ne changerait rien aux liens capitalistiques de Trump avec les centaines de sociétés réunies dans son conglomérat, « opaque et non coté »[439].

Le 11 janvier 2017, Donald Trump annonce les mesures destinées à empêcher d'éventuels conflits d'intérêts, notamment celle de placer la Trump Organization sous le contrôle d'un trust dirigé par deux de ses fils. Walter Shaub, directeur du Bureau pour l’éthique gouvernementale aux États-Unis (U.S. Office of Government Ethics), détaille longuement ce plan lors d'une conférence[440], le jugeant « totalement insuffisant » et déclarant qu'il « ne remplit pas les normes suivies par les personnes qu’il a nommées à son gouvernement, ni par chaque président depuis quatre décennies »[441]. Walter Shaub rappelle les recommandations faites à Donald Trump par le bureau : « Il doit céder ses parts. Rien d’autre ne permettra de résoudre ces conflits »[442].

Le 9 mars 2017, le Bureau des marques déposées de l'Administration d’État pour le commerce et l'industrie chinois donne son accord préalable à l'enregistrement de 38 marques déposées liées à Donald Trump, protégeant ainsi les droits de propriété intellectuelle du président américain et de sa famille en Chine. À l'instar du sénateur Ben Cardin, membre de la commission des affaires étrangères du Sénat, de nombreux sénateurs démocrates et des juristes estiment que l’accord de la Chine sur la « marque Trump » peut être considéré comme une forme d’avantage accordé par un gouvernement étranger, ce que la Constitution américaine interdit à un président en exercice[443]. En réponse à cette accusation de conflit d'intérêts, le responsable juridique de la Trump Organization déclare que le groupe cherchait à protéger ses droits en Chine depuis une dizaine d'années déjà. Pour autant, la demande d'enregistrement de ces marques commerciales a été déposée en avril 2016 par les avocats de Donald Trump, pour la plupart au nom de « Donald J. Trump »[444].

Le 12 juin 2017, les procureurs généraux du Maryland et du District de Columbia déposent plainte contre le président Trump, considérant qu'il est au centre d'une « violation sans précédent de la Constitution[445] ». Une plainte similaire avait été déposée le 23 janvier précédent par l'association Citizens for Responsibility and Ethics in Washington [446].

Le 14 juin 2017, 196 sénateurs et représentants démocrates au Congrès déposent une plainte basée sur l'article premier, section 9, clause 8 de la Constitution des États-Unis, dite clause des émoluments étrangers ou clause des titres nobiliaires. Cette clause interdit à toute personne occupant une fonction publique d'« accepter cadeau, émoluments, fonction ou titre de quelque sorte que ce soit d'un roi, prince, ou d'un État étranger » sans l'accord du Congrès. Dans leur plainte, ces élus rappellent que cette clause « a été adoptée pour s'assurer que les dirigeants de notre nation ne seraient pas corrompus par une influence étrangère ou qu'ils ne placeraient pas leurs intérêts financiers particuliers devant l'intérêt national », et que l'absence de coupure nette entre Trump et ses entreprises place celui-ci dans une situation de conflit d'intérêts permanent[447].

Politique intérieure

Le 24 mars, faute de majorité pour faire adopter le texte, Trump est contraint de retirer le projet de loi de réforme de la santé destiné à abroger la législation de protection sociale, dite « Obamacare »[448]. S'agissant de la promesse phare de sa campagne, cet échec est considéré de manière unanime comme le plus grave revers politique pour Trump par la presse américaine, laquelle parle de « débâcle », d'« humiliation » ou de « preuve d’incompétence »[449]. Le 4 mai, lors d'un nouveau vote, la Chambre des représentants adopte le projet d'abrogation de l'Obamacare[450]. Le nouveau projet d'assurance maladie, surnommé « Trumpcare », est ensuite soumis à l'approbation du Sénat : selon un rapport du bureau du budget du congrès, le texte présenté pourrait priver 23 millions d'Américains de couverture maladie à l'horizon 2026[451]. Mais en juillet 2017, deux sénateurs républicains annoncent leur intention de voter contre la nouvelle mouture de « Trumpcare », rendant impossible une majorité au Congrès pour le projet. Face à ce nouveau revers, Donald Trump renvoie à plus tard la réforme de l'assurance-santé en appelant simplement le Congrès à « abolir Obamacare »[452]. Fin juillet, une proposition d'abrogation partielle d'Obamacare est rejetée par le Sénat[453].

Par ailleurs, pendant les premiers mois de sa présidence, il prend un ensemble de mesures importantes sur le plan social et économique : il durcit l'accès des salariés aux comptes de retraite, autorise les entreprises de charbonnage à déverser leurs déchets dans les rivières et à exploiter les parcs naturels, annule l'obligation de déclarer les émissions de méthane, et restreint les fonds alloués aux organismes d'aide à l'avortement[454].

« Russiagate »

Article détaillé : Affaire du Russiagate.
Impeachment March, en juillet 2017

Le 31 octobre 2016, le FBI avait enquêté sur les supposés rapports entretenus entre Donald Trump et la Russie, sans en trouver.

James Comey, directeur du FBI, témoigne en janvier 2017 devant le Congrès pour affirmer l'ingérence de la Russie durant les élections américaines de 2016 et confirme qu'une enquête est en cours. Le 2 mars, face aux critiques dont il fait l'objet à la suite de révélations de la presse sur ses contacts avec l'ambassadeur de Russie, Jeff Sessions, le procureur général des États-Unis annonce se récuser de toute enquête sur la présumée ingérence russe dans l'élection présidentielle.

Le 9 mai 2017, Donald Trump limoge le directeur du FBI James Comey, alors chargé de l'enquête sur les éventuelles collusions de son équipe de campagne avec la Russie. Le 8 juin, lors d'une déposition devant la Commission judiciaire du Sénat, James Comey déclare « avoir fait l'objet de pressions » et affirme que le président l'a limogé afin de « modifier la façon dont l’enquête sur la Russie était conduite » sans en apporter de preuves. Le 9 juin, les avocats de Donald Trump annoncent porter plainte contre Comey pour divulgation d'informations confidentielles et le président accuse Comey « d'avoir menti lors de son audition devant le Congrès », se disant prêt à « contredire sous serment à 100 % » son témoignage. Le 13 juin, avant de témoigner à son tour, Jeff Sessions déclare n'avoir pas omis de déclarer une rencontre avec l’ambassadeur russe et dément les allégations de collusion entre Moscou et l’équipe de campagne de Donald Trump, les qualifiant de « mensonge détestable et consternant ». Des sénateurs de la commission l'accusent de « répondre évasivement » et de « faire obstruction » à leurs questions.

Le 14 juin, le Washington Post affirme que le procureur spécial Robert Mueller a ouvert une enquête sur Donald Trump pour entrave à la justice.
Le 15 juin, Trump qualifie dans un tweet les enquêtes en cours comme étant « la plus grande chasse aux sorcières de l'histoire politique américaine »
Le 18 juin, l'un de ses avocats affirme « qu'il n'existe pas d'enquête visant le président des États-Unis. Point à la ligne ».

Politique étrangère

Le 23 janvier 2017, l'un des premiers décrets signés par le président Trump concerne le retrait des États-Unis de l'accord de partenariat transpacifique.

Le secrétaire général de l'Otan, Jens Stoltenberg, et Donald Trump, le 12 avril 2017.

Deux jours plus tard, il signe un décret donnant le coup d'envoi de la construction du mur à la frontière mexicaine qu'il avait promis pendant sa campagne. Il préconise par ailleurs une meilleure entente avec la Russie, notamment dans le cadre de la lutte contre l'organisation État islamique[455].

À la suite du massacre de Khan Cheikhoun du 4 avril 2017, pour lequel le régime de Bachar al-Assad est accusé d'avoir utilisé l'arme chimique, il fait bombarder la base aérienne d'Al-Chaayrate.

Donald Trump en mai 2017, en compagnie du président égyptien Abdel Fattah al-Sissi et du roi Salman d'Arabie saoudite.

En vue de faire pression sur le régime nord-coréen, en réponse aux essais d'armes nucléaires et à l'usage d'armes balistiques, Trump annonce en avril 2017 l’envoi d’une « armada » vers la péninsule coréenne. La Corée du Nord se dit alors « prête à la guerre » et à répondre « à toute attaque nucléaire par le nucléaire »[456]. Mais alors que le commandement américain annonce l'envoi d'un groupe aéronaval, constitué du porte-avions USS Carl Vinson et de son escadre, depuis Singapour vers la péninsule coréenne, celui-ci se rend dans le port de Fremantle dans le sud de l’Australie, pour des exercices prévus de longue date avec la marine australienne[457].

Mi-mai 2017, il provoque une polémique en révélant, lors d'une rencontre à la Maison-Blanche avec le ministre des Affaires étrangères russe, Sergueï Lavrov, des informations jugées confidentielles sur les opérations menées par un « pays allié » contre l'organisation État islamique[458]. Le 12 juin 2017, le New York Times révèle qu'il s'agissait d'une opération de « hackeurs israéliens ayant pénétré une petite cellule de terroristes de Daesh en Syrie. C'est grâce à cette infiltration et au partage des informations récoltées que les services de renseignement américains ont appris que le groupe terroriste travaillait à la fabrication d'explosifs capables de tromper les scanners à rayons X des aéroports en les faisant ressembler exactement à des batteries pour ordinateurs portables[459]. En mars, le Département de la Sécurité intérieure des États-Unis avait annoncé l'interdiction d'embarquer en cabine des appareils électroniques pour les voyageurs à destination des États-Unis en provenance d'aéroports en Arabie saoudite, en Égypte, aux Émirats arabes unis, en Jordanie, au Koweït, au Maroc, au Qatar et en Turquie[460]

Fin mai 2017, Donald Trump effectue sa première tournée diplomatique. D'abord reçu en Arabie Saoudite, où il prend des positions à rebours de celles de son prédécesseur, en s'alignant sur la vision saoudienne de la région et en dénonçant le rôle de l'Iran[461]. Il se rend ensuite en Israël où il affirme sa foi en l'alliance israélo-américaine, sans proposer de solution précise pour le conflit israélo-palestinien[462]. Alors qu'il s'était engagé durant sa campagne à le réaliser dès le tout début de son mandat, il reporte le transfert de l'ambassade des États-Unis de Tel-Aviv à Jérusalem, réclamé aussi bien par la droite israélienne au pouvoir qu'au sein des conservateurs américains, contre lequel les pays arabes mènent une campagne de lobbying[463]. Il assiste ensuite au sommet de l'OTAN puis à celui du G7, où son style et ses déclarations occasionnent des tensions avec les autres dirigeants. La réunion du G7 s'achève sans qu'aucune position commune sur le réchauffement climatique ait pu être trouvée[464].

Le , conformément à son programme électoral, il annonce le retrait des États-Unis de l'accord de Paris sur le climat, sans toutefois exclure de réintégrer le processus après renégociation, voire de conclure un « nouvel accord qui protège » les États-Unis[465],[466]. En outre, il ne prévoit pas de sortie de l'accord avant fin 2020[465]. Il justifie sa décision par une volonté de défendre l'économie américaine, en s'appuyant sur des données jugées mal interprétées ou erronées[467]. Cette annonce provoque de vives critiques aux États-Unis, notamment de la part de Barack Obama et de milieux d'affaires[468],[469],[470],[471],[472],[473],[474],[471]. Ce choix est également condamné par la quasi-totalité des dirigeants de la planète[475],[476]. En août 2017, les États-Unis confirment leur présence à la conférence de Bonn sur le climat[465].

Retards dans les nominations, limogeages et démissions

Les principaux postes mis à part, l'administration de Donald Trump se distingue par un important retard dans la désignation de ses hauts fonctionnaires : en juin 2017, seuls 123 des 558 postes-clés ont été pourvus[477]. Ce retard est dû à la fois aux manœuvres d'obstruction et à l'opposition des sénateurs démocrates aux candidats proposés par l'administration Trump[478],[479],[480], et aussi aux défections auxquelles celle-ci est confrontée et à la stratégie de Trump, qui souhaite réduire l'appareil étatique et privilégier certaines agences par rapport à d'autres[481]. À la fin juillet 2017, la Maison-Blanche n'a proposé de candidats que pour 218 des 575 postes de haut rang, la nomination de divers candidats ayant en outre été refusée par le Sénat[482]. Au bout de deux mois, il faut remonter à George Bush père pour trouver un retard plus important dans la mise en place d'une administration. De nombreuses agences fédérales fonctionnent dès lors au ralenti, avec des dirigeants provisoires[481].

Entre janvier et août 2017, l'entourage proche de Donald Trump à la Maison Blanche connaît onze départs, soit un total inédit en six mois de présidence. À ceux de Michael T. Flynn et d'Andrew Puzder, viennent s'ajouter d'autres démissions de collaborateurs haut placés, dont fin juillet du chef de cabinet de la Maison-Blanche, Reince Priebus[483]. Fin juillet également, le directeur de communication, Sean Spicer, est remplacé par Anthony Scaramucci, lui-même contraint à la démission dix jours plus tard. Ces départs et limogeages à répétition s'expliquent pour une bonne partie par l'enquête sur les liens entre son équipe de campagne et la Russie, ainsi que par ses échecs au Congrès et par des rivalités internes[484],[485].

Communication et rapport avec les médias

Après son investiture, Donald Trump continue à utiliser de façon régulière les réseaux sociaux, qui constituent selon lui un moyen de s'adresser directement aux citoyens sans passer par le biais des médias[486]. Le compte officiel Twitter de la Maison-Blanche et du président américain, @Potus, est administré par Dan Cavino, son assistant et responsable des réseaux sociaux. Donald Trump continue néanmoins à utiliser son compte Twitter personnel, @RealDonaldTrump, notamment pour critiquer les actions de ses opposants et des médias, ainsi que pour rappeler son agenda[487]. Mais les tweets qu'il émet peuvent avoir une incidence diplomatique : Donald Trump a ainsi provoqué des réactions de la part des autorités chinoises en tweetant de manière très directe son opinion vis-à-vis de la politique commerciale et militaire de la Chine[488].

Entre janvier et avril 2017, le Centre Shorenstein  sur les médias et la politique de l’université Harvard examine ce que les journalistes de dix grands médias ont publié par écrit sur Donald Trump durant les cent premiers jours de sa présidence. De cette étude, il ressort que[489],[490] :

  • Trump domine la couverture médiatique. Il est le sujet de 41 % de toutes les nouvelles (trois fois plus que pour les précédents présidents américains).
  • Son aptitude à présider est mise en doute plus souvent en Europe qu'aux États-Unis.
  • La couverture journalistique crée un nouveau standard en matière de presse défavorable. Pas un seul media n'est plus positif que négatif.
  • Globalement, le ton est négatif dans 80 % des nouvelles (57 % négatif pour George W. Bush, 60 % pour Bill Clinton).
  • Le ton négatif s'élève à 93 % pour CNN et NBC, à 91 % pour CBS, à 87 % pour le New York Times, à 83 % pour le Washington Post, à 70 % pour le Wall Street Journal, à 52 % pour Fox News ; en Europe, le ton négatif atteint un record de 98 % pour ARD, de 84% pour le Financial Times et de 74 % pour la BBC.
  • Les trois sujets les moins contestés par les journalistes sont l'économie (54 % de ton négatif), la menace terroriste (70 %) et les autres affaires de politique intérieure (72 %)[489].

Commentant cette étude, plusieurs médias rappellent qu'une tonalité négative ne signifie pas que le traitement de l'information soit biaisé[491],[492]. Par ailleurs, le Washington Post souligne, en commentant cette étude, que : « quand on fait des choses controversées – et les sondages montrent qu'une énorme quantité des choses que fait Trump le sont – on se retrouve critiqué par certaines personnes. Et quand on promet d'accomplir des choses extraordinaires et que les résultats contredisent vos promesses, il est difficile de couvrir cela comme une victoire. »[493]

Le 26 juin 2017, trois journalistes de CNN sont contraints à la démission à la suite d'un de leurs articles qui donnait de fausses informations (fake news) sur Donald Trump[494].

Positions politiques

Donald Trump en meeting à Phoenix, en août 2016.

Donald Trump se définit comme un « républicain conservateur »[495], mais les commentateurs et les enquêtes d'opinion indiquent qu'il est beaucoup moins perçu comme un véritable conservateur (true conservative) ou comme une personne religieuse (religious) que les autres personnalités du Parti républicain[496]. Il indique être « totalement flexible sur beaucoup, beaucoup de sujets », et revendique sa capacité à être « imprévisible », ce qui le conduit régulièrement à changer de position[497].

Il est parfois jugé sans « aucun équivalent dans l’histoire politique américaine »[498],[499],[500],[501] ou « inclassable »[502]. Soufian Alsabbagh le présente comme « un candidat nativiste-nationaliste »[240]. L'historien Serge Berstein estime qu'il « pratique le populisme de la même manière que les partis populistes européens »[503] ; Soufian Alsabbagh, s'il souligne ses différences avec ces derniers, estime que son électorat partage des « motivations profondes » avec les leurs[240]. L’historien Robert Paxton juge qu'il ne représente pas « un extrémisme de droite, mais [...] un extrémisme du centre, qui prône la suprématie de l'individu »[504]. Pour Hadrien Desuin, Trump représente un populisme nouvelle génération : « ultra-libéral en économie, il défend un État fort dans les domaines de la défense, de l'immigration et de la politique étrangère ». Pour certains universitaires comme Robert Kagan ou Pierre de Senarclens, il incarne un nouveau fascisme[505].

Certains analystes le comparent à George Wallace, candidat indépendant à la présidence en 1968[506],[507],[508],[509],[240], ou à Andrew Jackson, septième président des États-Unis[510],[284],[511]. Le seul président américain auquel Donald Trump se réfère dans son discours d'investiture par le Parti républicain est Richard Nixon à travers la reprise de son slogan « Law and order » (« La loi et l'ordre »), ce qui est perçu comme un changement important dans un parti habitué à se référer essentiellement à Ronald Reagan, et vise à mettre l'accent sur le thème de la sécurité nationale[258],[512]. Bien qu'ayant des idées souvent opposées à celles de Ronald Reagan, tous deux sont parfois comparés car ils ont en commun de venir du milieu du spectacle, de ne pas être pris au sérieux par les élites et les médias lorsqu'ils lancent leur candidature pour la Maison-Blanche, et de susciter une grande incompréhension avec leur élection[513],[514].

Il reprend par ailleurs des théories du complot sur des sujets divers[515],[516],[517] : Conspiracy Watch juge qu'il « peut être vu à plusieurs titres comme l’héritier direct de ce courant « pseudo-conservateur » analysé en son temps par l’historien Richard Hofstadter dans sa célèbre conférence sur le style paranoïaque dans la politique américaine », à savoir « un courant extrémiste de droite » qui n'avait plus été représenté à ce niveau depuis la candidature de Barry Goldwater en 1964[518]. Certains observateurs voient dans sa propension au mensonge une manifestation de l'ère post-vérité, dans la lignée de la campagne du référendum sur l'appartenance du Royaume-Uni à l'Union européenne[519],[520],[521],[522] ; le concept d'« hyperbole vraie », issu de son ouvrage The Art of the Deal (1987) et né de la plume de son nègre Tony Schwarz , est considéré comme une théorisation de cette technique qu'il a mise en pratique tout au long de sa carrière d'homme d'affaires[523],[524].

Ses biographes soulignent l'importance dans sa formation idéologique des sermons de Norman Vincent Peale à l'église Collégiale Marble de New York, qu'il n'a jamais cessé de fréquenter depuis son enfance, en particulier dans son rapport à la vérité et à la réussite matérielle[525].

Vie privée

Donald Trump, Melania Trump, Ivanka Trump et Jared Kushner en Israël, en 2017.

En 1977, il épouse Ivana Zelníčková, athlète et mannequin tchécoslovaque, qu'il rencontre en 1976 dans le bar Maxwell’s Plum[526]. Ils ont ensemble trois enfants : Donald Trump Jr. (né le ), Ivanka Trump (née le ) et Eric Trump (né le ). Ils divorcent en 1992. Donald Jr, Ivanka et Eric ont tous trois occupé des postes dans l'empire financier de leur père ; Ivanka et Eric les ont quittés pour travailler à la Maison-Blanche.

Donald Trump dément la rumeur d'une relation qu'il aurait entretenue avec Carla Bruni en 1991[527], rumeur qu'il aurait lui-même lancée[528].

Le 21 décembre 1993, il épouse l'actrice et présentatrice de télévision Marla Maples, avec qui il a une fille, Tiffany (née le ). Le couple se sépare en 1997[529] et divorce le .

Depuis le , il est marié à Melania Knauss, mannequin originaire de Slovénie avec laquelle il a un fils, Barron Trump, né le .

Par son fils Donald Jr et son épouse Vanessa Haydon Trump, il est grand-père de Kai Madison Trump (née le ), Donald John Trump III (né le ), Tristan Milos Trump (né le ), Spencer Frederick Trump (né le ) et Chloe Sophia Trump (née le ). Sa fille Ivanka et l'époux de cette dernière, Jared Kushner, lui ont donné trois autres petits-enfants : Arabella Rose Kushner (née le ), Joseph Frederick Kushner (né le ) et Theodore James Kushner (né le ).

Donald Trump est un protestant presbytérien, et déclare aller à la Collégiale Marble de New York, une des plus anciennes églises des États-Unis, située au cœur de Manhattan, où il a été influencé par son pasteur Norman Vincent Peale, apôtre de la pensée positive[530].

Dans la culture

Objet d'une médiatisation constante aux États-Unis dès les années 1980, Trump est depuis cette époque l'une des figures de la culture populaire américaine.

Lise Wajeman, professeure de littérature comparée, relève peu après l'élection présidentielle de 2016 qu'« en quelques mois s’est forgée sur la Toile une sorte d’anthologie éparse des avatars de Trump dans les séries, films, bandes dessinées, romans », en particulier chez ses opposants, ce qui répond selon elle « à une triple nécessité : comprendre d’où le phénomène vient, imaginer où il va, essayer de le combattre »[531].

Peinture

L'étoile de Donald Trump au Walk of Fame.

En 1989, le peintre Ralph Wolfe Cowan réalise un portrait de Donald Trump sur commande de ce dernier ; le tableau est exposé à la bibliothèque de Mar-a-Lago, le club privé de Donald Trump à Palm Beach, en Floride[532].

Lors des primaires républicaines de 2016, l'artiste Illma Gore  partage sur un réseau social un portrait de Donald Trump intitulé comme son slogan de campagne Make America Great Again, qui le représente nu avec un micropénis, ce qui vaut à l'artiste des menaces de poursuites judiciaires de la part de l'équipe de Donald Trump[533],[534] et d'être agressée physiquement par un supporteur du candidat républicain[535]. Le tableau est ensuite exposé dans une prestigieuse galerie londonienne[536].

À la même période, l’artiste Mindaugas Bonanu réalise une peinture sur le mur d'un petit restaurant de Vilnius, qui représente un baiser entre Donald Trump et Vladimir Poutine sur le modèle du célèbre baiser entre Léonid Brejnev et Erich Honecker ; l'œuvre bénéficie d'une large communication virale[537].

Littérature

Dans le roman American Psycho de Bret Easton Ellis (1991), Donald Trump est cité à plusieurs reprises par le protagoniste Patrick Bateman, qui le considère comme un modèle[161]. A posteriori, des œuvres de fiction uchroniques ou dystopiques sont présentées comme des anticipations de l'élection de Donald Trump, telles que Le Complot contre l'Amérique de Philip Roth (2004) ou Cela ne peut arriver ici de Sinclair Lewis (1935) ; un rapprochement est également fait avec le personnage de Lex Luthor, ennemi de Superman élu président des États-Unis[538],[539],[540],[541],[542]. Dans La Parabole des talents, roman dystopique d'Octavia E. Butler publié en 1998, le sénateur Andrew Steele, dont les partisans s’assemblent afin de brûler des sorcières — ce qu'il condamne « dans un langage si doux que ses partisans étaient libres d’entendre ce qu’ils voulaient entendre » —, utilise le slogan de Ronald Reagan repris par Donald Trump, « Make America Great Again »[531],[543].

Cinéma

Donald Trump a effectué de nombreux caméos dans des œuvres cinématographiques, la plupart du temps en jouant son propre rôle[544] :

En octobre 2016, pendant la campagne présidentielle, le cinéaste Michael Moore sort un film intitulé Michael Moore in TrumpLand qui, contrairement à ce que le titre peut laisser entendre, n'est pas une attaque frontale contre Donald Trump mais un plaidoyer pour Hillary Clinton[551],[552],[553].

Musique

En 1990, le groupe The Time sort une chanson intitulée Donald Trump (Black Version), écrite par Prince[554].

Le 19 octobre 2016, quelques heures avant le dernier débat télévisé entre Hillary Clinton et le milliardaire, le rappeur Eminem diffuse via ses compte Twitter et Facebook une chanson intitulée Campaign Speech (Discours de campagne) dans laquelle il s'en prend violemment au candidat républicain[555],[556],[557].

Télévision

Donald Trump a effectué de nombreux caméos dans des œuvres télévisuelles, en général dans son propre rôle[544] :

En 2000, un épisode des Simpsons, Les Simpson dans 30 ans, prédit son élection comme président des États-Unis : Lisa Simpson lui succède en 2030 après un bilan catastrophique[569],. Interrogé durant la campagne des primaires républicaines de 2016, le scénariste Dan Greaney indique que cette idée « est apparue logiquement comme la dernière étape avant de toucher le fond. Elle a été exploitée parce qu'elle était cohérente avec la vision d'une Amérique devenue folle »[571].

Le 3 avril 2004, Ben Harper et Jack Johnson ont joué avec Toots and the Maytals dans Saturday Night Live (saison 29, épisode 16), un épisode avec Donald Trump comme invité principal,[566].

La 2 327e étoile lui est décernée en 2007 sur le Hollywood Walk of Fame, au titre de son émission de téléréalité The Apprentice[122]. Pour dénoncer la proposition de Trump d'édifier une muraille à la frontière mexicaine, l'artiste urbain Plastic Jesus s'est servi de cette étoile pour une œuvre éphémère, en l'entourant d'un mur fait de planches de bois, haut d’une quinzaine de centimètres et surmonté de fils barbelés[572].

Dans la saison 5 de la série télévisée Scandal, le personnage de Hollis Doyle est inspiré de Donald Trump.

Sa candidature à l'élection présidentielle de 2016 puis sa victoire en font un personnage très récurrent des sketches lors des shows télévisés américains[573]. Parmi ces nombreuses caricatures, celle du Saturday Night Live portée par Alec Baldwin dans le rôle de Donald Trump rencontre un grand succès aux États-Unis et dans le reste du monde[574],[575],[576], au point que les sketches sur Donald Trump et son entourage (notamment Kellyanne Conway[577], Sean Spicer[578], Stephen Bannon[579] et le président russe « ami » de Trump Vladimir Poutine[580]) font partie des chroniques phares de l'émission[581]. Donald Trump lui-même a vertement critiqué l'émission à plusieurs reprises sur Twitter[582].

Jeu vidéo

Dans Donald Trump's Real Estate Tycoon, un jeu de simulation économique de spéculation immobilière sorti en novembre 2002, le but du joueur est de devenir plus riche que Donald Trump. Ce dernier a prêté sa voix aux deux versions du jeu[583].

Distinctions et hommages

Ouvrages

  • (en) Donald J. Trump avec Tony Schwartz, Trump: The Art of the Deal, Ballantine Books, , 384 p. (ISBN 978-0345479174) ; traduction en français : Donald J. Trump avec Tony Schwartz, Trump par Trump, Éditions de l'Archipel, , 336 p. (ISBN 978-2809822038)
  • (en) Donald J. Trump avec Meredith McIver, How to Get Rich, Ballantine Books, , 320 p. (ISBN 978-0345481030) ; traduction en français : Comment devenir riche, François Bourin éditeur, 2005
  • (en) Donald J. Trump, Time to Get Tough: Make America Great Again!, HarperBusiness, , 384 p. (ISBN 978-0061547843)
  • (en) Donald J. Trump, Think Like a Champion: An Informal Education in Business and Life, Running Press Miniature Editions, , 192 p. (ISBN 978-0762438563) ; traduction en français : Penser comme un champion : Guide d'éducation informelle sur l'art de mener sa vie et ses affaires, François Bourin éditeur, 2009
  • (en) Donald J. Trump, Think Big: Make It Happen in Business and Life, Regnery Publishing, , 256 p. (ISBN 978-1621574958)
  • (en) Donald J. Trump, Crippled America : How to Make America Great Again, (ISBN 9781501137969) ; traduction en français : Donald J. Trump, L'Amérique paralysée: Pour que l'Amérique redevienne forte, Editions du Rocher, , 274 p. (ISBN 978-2268084855)
  • Donald J. Trump, Les 7 propositions de Donald Trump : Make America Great Again, 2016 ; traduit en français (ASIN B01LA7JPWU)

Notes et références

Notes

  1. Schwartz, nègre de Trump pour les besoins de The Art of the Deal, dit avoir rédigé du début à la fin ce livre, dont l'homme d'affaires n'aurait pas écrit une ligne. Ses propos sont confirmés par l'éditeur, qui déclare : « Trump n'a même pas écrit une carte postale pour nous. ». Trump fournit quant à lui des réponses contradictoires : « Tony a été très bon. Il était le co-auteur. [...] Il n'a pas écrit le livre, c'est moi qui ai écrit le livre. J'ai écrit le livre. C'était mon livre... » : cf. Donald Trump’s Ghostwriter Tells All, The New Yorker, 25 juillet 2016.
  2. Bien que ne prévoyant pas le winner takes all dans chaque arrondissement, le mode de scrutin municipal de Paris, Lyon et Marseille présente des similitudes avec le mode de scrutin présidentiel américain (notamment la possibilité d'aboutir à l'élection d'un candidat ayant obtenu moins de voix populaires que son adversaire).
  3. Scène coupée de la version cinéma mais visible sur le DVD.

Références

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  288. Celui déclare, lors d'un meeting de soutien à son ancienne secrétaire d'État, tenu le 15 octobre à Cleveland : « Donald Trump menace d’emprisonner ses opposants politiques. Ou de faire taire les médias. Il salue l’ingérence des Russes dans notre processus électoral, et suggère maintenant que si la campagne ne se déroule pas comme il l’entend, ce n’est pas à cause de ce qu’il a dit, mais parce que l’élection est truquée et que c’est une imposture. Vous savez, certains pays fonctionnent comme ça, et ce sont des tyrannies qui pratiquent l’oppression »
  289. Le président estime également que « la démocratie est en jeu. Le savoir-vivre est en jeu dans cette élection. La tolérance est en jeu. La courtoisie est en jeu. L’honnêteté est en jeu. L’égalité est en jeu. ».
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Voir aussi

Bibliographie

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  • David Da Silva, Trump et Hollywood, t. 1 : L'arrivée au pouvoir, LettMotif, (ISBN 978-2-36716-211-9)
  • Evelyne Joslain, Trump : Pour le meilleur et pour le pire, Presse de la Délivrance, (ISBN 979-1095502043).
  • Laure Mandeville, Qui est vraiment Donald Trump, Les Équateurs, (ISBN 978-2849904763).
  • Anne Toulouse, Dans la tête de Donald Trump, Stock, , 180 p. (ISBN 978-2234081949)
  • Frank N. Mitchell, La place de Donald Trump dans l'histoire : Ce que personne ne sait, Aquilion, , 112 p. (ISBN 978-2951741553)

Liens externes

  • The Trump Organization
  • (en) Biographie sur le site de la Maison-Blanche
  • Office of the President-Elect
  • Donald Trump sur Twitter
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