Hirokazu Kore-eda

Hirokazu Kore-eda
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Hirokazu Kore-eda au Festival de Cannes 2015.
Naissance (56 ans)
Tokyo (Japon)
Nationalité Drapeau du Japon Japonaise
Profession Réalisateur,
scénariste
Films notables Maborosi,
Nobody Knows,
Still Walking
Tel père, tel fils,
Une affaire de famille

Hirokazu Kore-eda (是枝 裕和, Koreeda Hirokazu?) (né le à Tokyo) est un réalisateur japonais.

Il est notamment réputé pour son approche novatrice, non spectaculaire et quasiment documentaire du cinéma de fiction (trait commun à une série de jeunes réalisateurs japonais)[1].

Son cinéma, fait de chroniques familiales, affronte avec une grande douceur, le deuil, le mensonge, l'abandon, la culpabilité, la difficulté d'être parents, la solidarité des enfants. Par sa délicatesse, ses sentiments pudiques et ses qualités de mise en scène, Kore-eda est comparé à Ozu ou à Tchekov[2].

Sept de ses films ont été sélectionnés au Festival de Cannes : Distance en 2001 (en compétition officielle), Nobody Knows en 2004 (en compétition officielle), Air Doll en 2009 (dans la section Un certain regard), Tel père, tel fils en 2013 (en compétition officielle), Notre petite sœur en 2015 (en compétition officielle), Après la tempête en 2016 (à Un certain regard)[3]. Enfin, il remporte la Palme d'or en 2018 pour Une affaire de famille.

Biographie

Né à Tokyo, sa mère est cinéphile, et lui montre de nombreux films pendant son enfance dont ceux d'Ingrid Bergman, Joan Fontaine ou Vivien Leigh. Son père a été soldat de l'armée japonaise de Manchourie à l'âge de 20 ans. Il est fait prisonnier par les russes à la fin de la Seconde Guerre mondiale, puis envoyé en camp de travail en Sibérie, libéré au début 1950, mais il ne se remettra jamais de cette épreuve, ne trouvant pas de travail stable[4]. Kore-eda découvre le cinéma de Fellini, en particulier La Strada et les Nuits de Cabiria et européen Truffaut et Rossellini [5] alors qu'il étudie la littérature et l'écriture de scénarios à l'université Waseda sous la direction du professeur Iwamoto Kenji avec lequel il passe sa thèse consacrée à l'écriture de scénario. Il s'intéresse alors également au théâtre.

En tant que réalisateur de documentaires

À partir de 1987, il rejoint une société de production de films documentaires comme producteur assistant, puis comme réalisateur.
Son premier film documentaire "Mais ... à l’ère de la protection sociale" est centrée sur les femmes malades et incurables, sans moyen de subsistance. Il marque l'intérêt de Hirokazu Kore-eda pour la question de la responsabilité sociale et nationale et son engagement politique. Ses films documentaires sont remarqués en particulier en Allemagne et reçoivent de nombreux prix [6]. Depuis il combine son activité de réalisateur de documentaires (une vingtaine de films réalisés) avec celui de réalisateur de films de fiction.
Activité qu'il mêle avec une importante activité littéraire publiant une vingtaine de livres, de réalisation de publicités et de clips musicaux.

Réalisateur de films de fiction

Nourri de son travail de documentariste, son premier film de fiction Maborosi reçoit le Lion d'or, le prix Osella à la 52e Mostra de Venise en 1995, et inaugure la carrière d'un cinéaste régulièrement primé [7] dans de très nombreux festivals à travers le monde. Ainsi dés 1998 son second film After Life est présenté dans de nombreux festivals et remporte un vaste succès international. Il présente la vie joyeuse d'une « administration des limbes » post-mortem où les fantômes viennent déposer un souvenir éternel. A cette époque le producteur Shinji Somai associé à Masahiro Yasuda deviennent son producteur. En 2001, Distance est présenté en compétition officielle Festival international du film de Cannes. En 2004, Nobody knows obtient la palme du meilleur acteur au Festival de Cannes pour le jeune Yagira Yuya, 12 ans au moment du tournage. Inspiré d'un fait réel, une mère-enfant abandonne ses 5 enfants dans un appartement pendant 9 mois avant que les voisins ne s'en inquiètent. Le scénario écrit au moment du fait divers a été tourné 15 ans après les faits.
La direction d'acteurs des enfants de 4 à 12 ans révèle la subtilité du metteur-en-scène[2].

En 2008, Still Walking dessine le quotidien dans une famille ordinaire suite au décès d'un enfant. Les liens tragi-comiques décrits et tissés entre les personnages dans ce film entre douceur et cruauté, évoque l'univers de Tchekov[2]. En 2009, Hirokazu Kore-eda s'essaie à l'adaptation d'un manga de Ryusei Oda avec Air Doll, le film est présenté au Festival de Cannes dans la section un certain regard avec un succès mitigé. Le scénario d'une poupée gonflable, pourvu d'un coeur et d'une âme, qui s'affranchit de son créateur est une réflexion selon Kore-eda, « sur la solitude urbaine et le sens de la vie » [5].

En 2013, Tel père, tel fils reçoit le prix spécial du jury au 66ème festival du film de Cannes et au Japon, le prix du ministre de l'éducation, de la culture, des sports, de la science et de la technologie en 2013 pour sa réalisation. Interversion de deux bébés à la maternité, remis à deux familles, l'une riche, l'autre bohème provoque une réflexion sur ce que c'est qu'être père, du lien qui s'établit en le père et le fils quand l'erreur est révélée 6 ans après les naissances. En 2015, avec Notre petite sœur où trois jeunes femmes adaptent une enfant, Kore-eda aborde le problème des familles recomposées et l'acceptation et l'adoption des frères et sœurs entre eux. En 2017, Third Murder est un film judiciaire où un meurtrier change 3 fois d'aveux et préfère être condamné à mort pour donner sens à sa naissance et à sa présence au monde. En 2018, Une affaire de Famille reçoit la palme d'or, au 71e Festival international du film de Cannes, le film connait un succès international et crée un incident avec le premier ministre japonais qui ressent le film comme anti-japonais[8]. Une famille pauvre et modeste recueille une enfant battue, un soir d'hiver, lui offrant amour et tendresse... Le film divisé en deux parties yin et yang[9], remet en cause la légitimité de la famille traditionnelle japonaise, l'insolence du cinéaste jaillit au carrefour d'un dialogue lorsque à une femme-flic qui dit : « Toutes les petites filles veulent vivre chez leurs vraies mères », l’une des membres du clan réplique : « Ça, c’est ce que les mères croient… »[10]

Il tourne en France le film, intitulé (provisoirement) La Vérité sur Catherine, avec Catherine Deneuve, Juliette Binoche, Ludivine Sagnier et Ethan Hawke[11].

Style et thématique

Le cinéaste aborde souvent la thématique familiale, la filiation tant il semble interroger la figure paternelle absente. On loue surtout son humanisme, sa délicatesse, il est régulièrement comparé à Yasujirō Ozu[12],[13], pour lequel, il est parfois qualifié de "petit-fils". Sont aussi régulièrement vantés sa direction d'acteurs, notamment des non-professionnels, et son minimalisme (écriture blanche)[14]. Admirateur de Ken Loach et Hou Hsiao-hsien il pense que faire "un film c'est fixer son regard ou regarder quelque chose" [15]. Dans son travail, Kore-eda recherche l’équilibre entre la mémoire, l'imagination et l'observation, il a toujours affirmé ne pas vouloir dessiner un personnage de méchant". Il déclare que " réalisateur de documentaire pour la télévision, je suis devenu aujourd'hui un réalisateur de cinéma contemporain, mais j’ai toujours la même planification, l’écriture de scénario, la réalisation, le montage, selon mon style. J’ai toujours un cahier avec moi,à chaque fois que j’ai une idée, je l’y écris. En fonction de la réaction de l'acteur, je réécris le scénario immédiatement, j'écoute la conversation entre les acteurs et j'ajoute une interaction au script. Il ne faut pas remettre le script à l'enfant qui apparaît dans le film, il faut lui expliquer le dialogue de vives voix sur le lieu de travail et recréer le dialogue avec ses mots à lui" [16].

Filmographie - Fiction

Distinctions

Hirokazu Kore-eda au Festival du film international de Toronto en 2009.

Notes et références

  1. Par exemple Donald Richie dit de Kore-eda et de Susumu Hani : « Ces jeunes cinéastes ont ainsi donné au style documentaire un réalisme plus apparent et une place définitive dans les films du tournant de ce millénaire. » (Donald Richie (trad. Romain Slocombe), Le cinéma japonais, Paris, Édition du rocher, , 402 p. (ISBN 2-268-05237-0), p. 299). Kuriko Sato (op. cit.) le décrit comme « one of the quintessential exponents of young Japanese cinema. ».
  2. a b et c « Cinq films qui font d’Hirokazu Kore-eda le grand cinéaste de la famille », sur Télérama.fr
  3. « Festival de Cannes - Site Officiel », sur Festival de Cannes
  4. Bradshaw, « Hirokazu Kore-eda: ‘They compare me to Ozu. But I’m more like Ken Loach’ »,
  5. a et b in Rama Yamini, Interview with Kuro-eda en ligne https://www.ioncinema.com/news/uncategorized/interview-hirokazu-kore-eda-air-doll
  6. Galaxy Award Excellence Work Award, prix ATP,
  7. au total, Hirokazu Kore-eda reçoit une centaine de prix pour l'ensemble de son œuvre
  8. « La palme de la brouille entre Kore-eda et le gouvernement nippon »,
  9. Le film se divise en deux parties, deux sensations antagonistes, le chaud et le froid.in Cécile Mury, Cannes 2018 - Kore-eda signe “Une affaire de famille”, qui s’apparente à la perfection, in Télérama, https://www.telerama.fr/festival-de-cannes/2018/cannes-2018-kore-eda-signe-une-affaire-de-famille,-qui-sapparente-a-la-perfection,n5647900.php
  10. in Pierre Murat, les familles décomposées de Kore-eda, Télérama 2018 https://www.telerama.fr/cinema/les-familles-decomposees-de-kore-eda,n5934254.php
  11. « Démarrage fulgurant pour « Une Affaire de famille », Palme d'or à Cannes », sur www.20minutes.fr
  12. « Cannes 2018 - Kore-eda signe Une affaire de famille, qui s'apparente à la perfection », sur Télérama,
  13. « Hirokazu Kore-Eda, un maître se lève », sur L'Express,
  14. « The Third Murder : Crimes en abymes », sur Libération,
  15. "I thought making a film is gazing or looking at something" in Rama Yamini, Interview with Kuro-eda en ligne https://www.ioncinema.com/news/uncategorized/interview-hirokazu-kore-eda-air-doll
  16. Traduction partielle de la note 33 de l'article Hirokazu Kore-eda sur wikipedia en japonais: "Un grand succès!" Et devenir père "Le directeur, Hirokaze Oshita, s'entretient avec le directeur Spielberg au sujet d'une décision de refonte aux États-Unis " eiga.com ( 1er octobre 2013 ). Consulté le 19 juin 2018 .
  17. (en) « '3 Faces', 'Shoplifters' win top prizes at Antalya Film Festival », sur screendaily.com, (consulté le 13 octobre 2018)

Liens externes

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    • Bibliothèque nationale de Catalogne
    • Bibliothèque nationale de Suède
    • WorldCat
  • (ja) Site officiel d'Hirokazu Kore-eda
  • (en) Kuriko Sato, « Midnight Eye interview : Hirokazu Kore-Eda », Midnight Eye, (consulté le 1er mai 2007)
  • (en) Aaron Gerow and Tanaka Junko, « Documentarists of Japan 12 : Koreeda Hirokazu », Documentary Box,