Le Havre
| Le Havre | |||||
Crédit image: Frédéric BISSON from Rouen, France licence CC BY 2.0 🛈 Crédit image: Alexandre Prevot from Nancy, France licence CC BY-SA 2.0 🛈 Crédit image: Ville du Havre licence CC BY-SA 4.0 🛈 Crédit image: licence CC BY-SA 4.0 🛈 Crédit image: Ville du Havre licence CC BY-SA 4.0 🛈 Crédit image: licence CC BY-SA 4.0 🛈 De haut en bas, de gauche à droite : Le Centre-ville du Havre et l'Église Saint-Joseph ; la Cathédrale Notre-Dame du Havre ; le Palais de Justice ; le Bassin du Commerce ; le Port du Havre ; Le Havre vue depuis la mer. |
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Crédit image: licence CC BY-SA 3.0 🛈 Blason |
Logo |
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| Administration | |||||
|---|---|---|---|---|---|
| Pays | France | ||||
| Région | Normandie | ||||
| Département | Seine-Maritime (sous-préfecture) |
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| Arrondissement | Le Havre (chef-lieu) |
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| Intercommunalité | Le Havre Seine Métropole (siège) |
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| Maire Mandat |
Édouard Philippe 2020-2026 |
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| Code postal | 76600, 76610, 76620 | ||||
| Code commune | 76351 | ||||
| Démographie | |||||
| Gentilé | Havrais, Havraise | ||||
| Population municipale |
166 462 hab. (2022 |
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| Densité | 3 040 hab./km2 | ||||
| Population agglomération |
232 052 hab. (2022) | ||||
| Géographie | |||||
| Coordonnées | 49° 29′ 24″ nord, 0° 06′ 00″ est | ||||
| Altitude | Min. 0 m Max. 105 m |
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| Superficie | 54,75 km2 | ||||
| Type | Commune urbaine et littorale | ||||
| Unité urbaine | Le Havre (ville-centre) |
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| Aire d'attraction | Le Havre (commune-centre) |
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| Élections | |||||
| Départementales | Bureau centralisateur de 6 cantons | ||||
| Législatives | Deux circonscriptions : 7e et 8e | ||||
| Inclus les Biens | Le Havre, la ville reconstruite par Auguste Perret | ||||
| Localisation | |||||
| Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : France
Géolocalisation sur la carte : Seine-Maritime
Géolocalisation sur la carte : Normandie
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| Liens | |||||
| Site web | lehavre.fr | ||||
Le Havre (/lə avʁ/) est une commune du nord-ouest de la France située dans le département de la Seine-Maritime en région Normandie. Elle se trouve sur la rive droite de l'estuaire de la Seine, au bord de la Manche. Son port est le deuxième de France après celui de Marseille pour le trafic total et le premier port français pour les conteneurs.
Administrativement, la commune est, avec Dieppe, l'une des deux sous-préfectures du département de la Seine-Maritime. Elle est également chef-lieu de canton et siège d'un évêché. Le Havre est la commune la plus peuplée de Normandie mais avec 233 414 habitants au dernier recensement de 2019, son unité urbaine est la deuxième agglomération la plus importante de la région, la quinzième au niveau national, et deuxième sous-préfecture française derrière Reims. Elle occupe le site de l'estuaire de la Seine, à la pointe sud-ouest du pays de Caux. Elle est reliée à la capitale, située à 200 km au sud-est, par la voie ferrée et l'autoroute.
La ville et le port sont officiellement fondés par le roi François Ier en 1517. Le développement économique à l'époque moderne est entravé par les guerres de Religion, les conflits avec les Anglais, les épidémies et les tempêtes. C'est à partir de la fin du XVIIIe siècle que Le Havre s'agrandit et que le port prend son essor grâce à la traite négrière puis au commerce international. Après les bombardements de 1944, l'atelier d'Auguste Perret entreprend de reconstruire la cité en béton. L'industrie du pétrole, de la chimie et de l'automobile sont dynamiques pendant les Trente Glorieuses mais les années 1970 marquent la fin de l'âge d'or des paquebots et le début de la crise économique : la population diminue, le chômage augmente et reste à un niveau élevé encore aujourd'hui. Les changements des années 1990-2000 sont nombreux. Jusqu'alors bastion communiste, la droite remporte les élections municipales ; la ville s'engage sur le chemin de la reconversion en cherchant à développer le secteur tertiaire et de nouvelles industries (aéronautique, éoliennes). Port 2000 accroît la capacité d'accueil des conteneurs pour concurrencer les ports du nord de l'Europe, les quartiers sud se transforment, les paquebots font leur retour. En 2005, l'Unesco inscrit le centre-ville au patrimoine mondial de l'humanité. Le musée d'art moderne André-Malraux devient le deuxième de France pour le nombre d'impressionnistes.
Le Havre reste profondément marqué par sa tradition ouvrière et maritime. La ville est connue nationalement grâce à ses clubs sportifs d'envergure nationale (Le Havre Athletic Club en football, Saint-Thomas Basket et l'équipe féminine de handball du HAC).
Géographie
Localisation


La commune du Havre se situe dans le Nord-Ouest de la France, sur le littoral de la Manche et l'estuaire de la Seine. La ville se trouve au débouché de la vallée de la Seine qui la relie à la capitale grâce à un réseau de transport diversifié. À vol d'oiseau, Le Havre se trouve à 70 km à l'ouest de Rouen[1] et à 176 km à l'ouest de Paris[2].
Administrativement, Le Havre est une commune de la région Normandie qui se trouve dans l'ouest du département de la Seine-Maritime. L'unité urbaine du Havre correspond à peu près au territoire de la Communauté de l'agglomération havraise (CODAH)[3] qui regroupe 17 communes et 250 000 habitants[4]. Elle occupe la pointe sud-ouest de la région naturelle du pays de Caux, dont elle est la plus grande ville.
Communes limitrophes
Géologie et relief
Le Havre appartient à l'ensemble géologique du Bassin parisien, formé à l'ère secondaire. Ce dernier se compose de roches sédimentaires. La commune du Havre se compose de deux ensembles naturels séparés par une « falaise morte » ou « côte » : la ville basse, au sud, et la ville haute, au nord.
La ville basse comprend le port, le centre-ville et les quartiers périphériques. Elle a été construite sur d'anciens marais et vasières qui ont été drainés à partir du XVIe siècle[5]. Le sol est constitué de plusieurs mètres d'alluvions déposées par la Seine[5]. Le centre-ville, reconstruit après la Seconde Guerre mondiale, repose sur environ un mètre de gravats aplanis[6],[7].

La ville haute fait partie du plateau cauchois : le quartier Dollemard est sa partie la plus élevée (entre 90 et 115 mètres d'altitude). Le plateau est recouvert d’une couche d’argile à silex et d'un limon fertile[8]. Le sous-sol est constitué d'une grande épaisseur de craie, pouvant mesurer jusqu’à 200 mètres de profondeur[9]. En raison de sa pente, la côte est affectée par un risque d'éboulements[10].
Hydrographie
La commune est située dans le bassin Seine-Normandie. Elle est drainée par le canal de Tancarville et la Rouelles[11],[12],[Carte 1].
Le canal de Tancarville est un canal, chenal et un estuaire navigable d'une longueur de 28 km qui relie la commune de Tancarville sur la commune, où il se jette dans la Manche[13].
Deux plans d'eau complètent le réseau hydrographique : le bassin Fluvial (3,32 ha) et le plan d'eau 1 de la commune du Havre (2,83 ha)[Carte 1],[14].

Climat
En 2010, le climat de la commune est de type climat océanique franc, selon une étude du CNRS s'appuyant sur une série de données couvrant la période 1971-2000[15]. En 2020, Météo-France publie une typologie des climats de la France métropolitaine dans laquelle la commune est exposée à un climat océanique et est dans la région climatique Côtes de la Manche orientale, caractérisée par un faible ensoleillement (1 550 h/an) ; forte humidité de l’air (plus de 20 h/jour avec humidité relative > 80 % en hiver), vents forts fréquents[16]. Parallèlement le GIEC normand, un groupe régional d’experts sur le climat, différencie quant à lui, dans une étude de 2020, trois grands types de climats pour la région Normandie, nuancés à une échelle plus fine par les facteurs géographiques locaux. La commune est, selon ce zonage, exposée à un « climat maritime », correspondant au Pays de Caux, frais, humide et pluvieux, légèrement plus frais que dans le Cotentin[17].
Pour la période 1971-2000, la température annuelle moyenne est de 10,8 °C, avec une amplitude thermique annuelle de 12,8 °C. Le cumul annuel moyen de précipitations est de 846 mm, avec 12,8 jours de précipitations en janvier et 8,2 jours en juillet[15]. Pour la période 1991-2020, la température moyenne annuelle observée sur la station météorologique la plus proche, située sur la commune de Sainte-Adresse à 2 km à vol d'oiseau[18], est de 11,8 °C et le cumul annuel moyen de précipitations est de 789,8 mm[19],[20]. Pour l'avenir, les paramètres climatiques de la commune estimés pour 2050 selon différents scénarios d’émission de gaz à effet de serre sont consultables sur un site dédié publié par Météo-France en novembre 2022[21].
| Mois | jan. | fév. | mars | avril | mai | juin | jui. | août | sep. | oct. | nov. | déc. | année |
|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|---|
| Température minimale moyenne (°C) | 3,9 | 3,9 | 5,6 | 7,5 | 10,3 | 13,1 | 15,1 | 15,6 | 13,7 | 10,8 | 7,4 | 4,7 | 9,3 |
| Température moyenne (°C) | 5,7 | 6 | 8,1 | 10,4 | 13,3 | 16 | 18 | 18,4 | 16,4 | 13,1 | 9,3 | 6,5 | 11,8 |
| Température maximale moyenne (°C) | 7,6 | 8 | 10,5 | 13,3 | 16,2 | 19 | 20,9 | 21,2 | 19,1 | 15,5 | 11,3 | 8,4 | 14,3 |
| Record de froid (°C) date du record |
−13,8 17.01.1985 |
−12,5 07.02.1991 |
−7,8 07.03.1971 |
−1 12.04.1986 |
1,2 04.05.1979 |
4,4 02.06.1962 |
8 20.07.1971 |
8,4 26.08.1966 |
3,3 18.09.1996 |
−0,2 28.10.03 |
−8,5 30.11.1921 |
−8,6 25.12.1962 |
−13,8 1985 |
| Record de chaleur (°C) date du record |
15 01.01.22 |
20 28.02.1960 |
24,5 30.03.21 |
26,5 21.04.18 |
30 23.05.1922 |
34,7 29.06.19 |
38,2 18.07.22 |
36,3 10.08.03 |
33,6 02.09.1961 |
28,5 01.10.11 |
20 01.11.15 |
16,4 07.12.00 |
38,2 2022 |
| Précipitations (mm) | 67,5 | 53,7 | 52,5 | 52,3 | 56,5 | 58 | 48,7 | 66 | 65,4 | 86,2 | 87,5 | 95,5 | 789,8 |
Voies de communication et transports
Liaisons régionales, nationales et internationales
Depuis longtemps, Le Havre a exploité les atouts de sa situation littorale, mais a aussi souffert de son relatif enclavement. C'est pourquoi les décideurs locaux (et parmi eux la Chambre de Commerce et d'Industrie) ont amélioré l'accessibilité de l'agglomération et du port : l'autoroute A131 (E05) relie Le Havre à l'A13 (autoroute de Normandie) par le pont de Tancarville. Ainsi la ville se trouve à une heure de Rouen et une heure trente de l'Île-de-France[22]. Depuis 2005, l'autoroute A29 (E44, autoroute des estuaires) relie l'agglomération havraise au nord de la France (desservant aussi le Pont de Normandie), ce qui met Amiens (au nord-est) à deux heures de route et Caen (au sud-ouest) à une heure environ.
Le réseau de chemin de fer est lui aussi bien développé. Ainsi, les TER et les autres liaisons régionales longues distances sont assurées dorénavant en totalité par des rames Omnéo type 1 et 2 (fin des livraisons prévues en février 2025 au plus tard[23]) ; des relations directes avec Fécamp existent depuis 2005 avec un autre type de matériel. Les trajets sont fréquents pour la ligne ligne Paris - Le Havre desservant au passage les gares de Bréauté-Beuzeville, Yvetot, Rouen, et la gare Saint-Lazare[22]. En outre, un TGV quotidien (appellation commerciale actuelle : INOUI) assure la liaison Le Havre à Marseille depuis décembre 2004 en desservant les gares de Rouen Rive Droite, Mantes-la-Jolie, Versailles, Massy, Lyon Part-Dieu, Valence TGV Rhône-Alpes Sud, Avignon et la gare Saint-Charles[22]. Vers 2035 / 2037, les liaisons vers Paris, etc. seront accélérées à la suite de l'amélioration et à la construction de voies ferrées (nouvelles sections de lignes nouvelles rapides[24]).

Aucune liaison ferroviaire directe ne relie cependant Le Havre et Caen, (de nombreux projets — connus sous le nom de « ligne du Sud-Ouest » — consistant à relier Le Havre à la rive gauche de la Seine en aval de Rouen, près de l'estuaire du fleuve, furent étudiés dans la deuxième moitié du XIXe siècle et au début du XXe siècle, mais aucun n'a été réalisé par manque de volonté politique et à la suite de la forte opposition des autorités portuaires rouennaises. Par les transports en commun, il faut donc passer en train par Rouen ou utiliser l'autocar par la ligne no 20 (via notamment Deauville et Houlgate) ou no 39 (Express) des Bus verts. Les Autocars gris vers Étretat et Fécamp et, VTNI pour les destinations vers la vallée de la Seine et Rouen assurent la desserte inter-urbaine pour le compte du département de la Seine-Maritime.

Pour le transport aérien, l'agglomération dispose de l'aéroport du Havre-Octeville. Situé à 5 km au nord-ouest du Havre sur la commune d'Octeville-sur-Mer, il est géré par la CODAH. En 2007, le nombre de passagers commerciaux, les mouvements d'avions commerciaux et non commerciaux, ont augmenté[25].
Les liaisons maritimes transmanche avec Portsmouth dans le Sud de l'Angleterre, assurées par P&O Ferries jusqu'au , ont été reprises par LD Lines avec des modifications. Deux liaisons vers Portsmouth sont ainsi assurées quotidiennement. Mais en fin d'année 2014, en raison d'un manque de fréquentation de la clientèle française et de subventions insuffisantes, la ligne ferme. Brittany Ferries est désormais la seule compagnie à assurer les liaisons maritimes vers le Royaume-Uni[22]. La liaison vers l'Irlande a été déplacée au départ du port de Cherbourg.
Transports urbains
Transports en commun


La ville et l'agglomération ont un réseau de transports assez dense. Pour assurer le passage entre la ville basse et la ville haute, ces deux parties de la ville sont reliées par de longs boulevards, de petites routes sinueuses, de nombreux escaliers, un funiculaire et le tunnel Jenner.
Le réseau de transports en commun de la CODAH est nommé « Lia »[26] ; il est exploité par la Compagnie des transports de la porte océane (CTPO), une filiale de Transdev. Le remaniement du réseau de bus en 2008 a permis d'assurer un meilleur service pour toutes les villes de l'agglomération. La CTPO exploite un réseau de bus constitué de 21 lignes urbaines régulières, 2 lignes de tramway et de deux lignes de bus nocturnes appelées « LiA de nuit », en correspondance avec 3 navettes de taxis de nuit desservant l'agglomération[26]. L'agglomération havraise est desservie par 165 véhicules et 41 lignes régulières de bus pour une moyenne de 100 000 voyageurs par jour[26]. À partir de janvier 2011, elle propose un service de navettes régulières spécifiques vers la Zone industrielle et portuaire du Havre, s'ajoutant ainsi au service TransEstuaire de VTNI[22]. Le funiculaire permet, depuis 1890, une liaison entre la ville haute à la ville basse en quatre minutes par le biais de cabines tractées[27].
Pendant plus de 75 ans, le Havre a disposé d'un réseau de tramways parmi les plus étendus et les plus modernes de France. Aujourd'hui, la communauté d'agglomération cherche à développer l'offre de transport urbain. La solution du tramway sur rails a été retenue. Elle est entrée en service le et compte 23 stations sur 13 kilomètres de longueur cumulée[28]. Une première ligne relie la plage à la gare, montant à la ville haute par un nouveau tunnel, proche du tunnel Jenner, pour se scinder en deux : une direction vers Mont-Gaillard, une autre vers Caucriauville. Une troisième ligne est en phase de chantier afin de relier les communes de Montivilliers (dont le Groupe hospitalier du Havre) et d'Harfleur à la gare du Havre, ainsi que les quartiers sud de la ville[29]. Elle sera mise en service 2027 vers septembre ou décembre.
Enfin, l'agglomération havraise disposait depuis 2001 de la LER, une ligne de TER reliant la gare du Havre à Rolleville en passant par cinq autres gares SNCF de l'agglomération. Elle ferme, pour sa dernière section qui était encore en service, le 2 septembre 2024[30], l'emprise ferroviaire jusqu'à Montivilliers étant réutilisée partiellement pour la 3ème ligne de tramway[31].
Transports individuels
À partir de 2005, les travaux d'aménagement de pistes cyclables se sont multipliés, avec notamment un raccordement à la voie verte, promettant un réseau important et de qualité. Entre 2007 et 2011, la longueur totale des pistes cyclables a doublé pour atteindre les 46 kilomètres de longueur cumulée[32]. Il est possible de louer des vélos par l'intermédiaire des agences de bus Océane ou de la mairie (Vél-H)[27] qui consent également à des prêts. Afin de promouvoir l'usage de la bicyclette dans la ville, l'association La Roue Libre vend des vélos d'occasion[27]. Un collectif nommé LH-Vélorution[33] tente depuis début 2012 de sensibiliser le public à l'utilisation du vélo pour ses déplacements dans l'agglomération et de mettre en lumière et d'alerter la mairie sur certains manques (positionnement, signalisation) et de mauvaises implantations des équipements cyclables. Enfin, 140 taxis travaillent au Havre et desservent 25 stations[34].
Urbanisme
Typologie
Le Havre est une commune urbaine, car elle fait partie des communes denses ou de densité intermédiaire, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 2],[35],[36],[37]. Elle appartient à l'unité urbaine du Havre, une agglomération intra-départementale regroupant 18 communes[38] et 235 218 habitants en 2017, dont elle est ville-centre[39],[40].
Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction du Havre, dont elle est la commune-centre[Note 3]. Cette aire, qui regroupe 116 communes, est catégorisée dans les aires de 200 000 à moins de 700 000 habitants[41],[42].
La commune, bordée par la Manche, est également une commune littorale au sens de la loi du , dite loi littoral[43]. Des dispositions spécifiques d’urbanisme s’y appliquent dès lors afin de préserver les espaces naturels, les sites, les paysages et l’équilibre écologique du littoral, comme le principe d'inconstructibilité, en dehors des espaces urbanisés, sur la bande littorale des 100 mètres, ou plus si le plan local d'urbanisme le prévoit[44],[45].
Occupation des sols
L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires artificialisés (80,6 % en 2018), en augmentation par rapport à 1990 (68,6 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : zones urbanisées (37,3 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (37 %), eaux maritimes (8,2 %), espaces verts artificialisés, non agricoles (5,7 %), eaux continentales[Note 4] (4,2 %), terres arables (3,5 %), prairies (1,1 %), milieux à végétation arbustive et/ou herbacée (1 %), mines, décharges et chantiers (0,7 %), forêts (0,7 %), zones humides intérieures (0,6 %)[46]. L'évolution de l’occupation des sols de la commune et de ses infrastructures peut être observée sur les différentes représentations cartographiques du territoire : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et les cartes ou photos aériennes de l'IGN pour la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[Carte 2].

Ville basse
Ville reconstruite après 1945


En grande partie détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, le centre-ville a été reconstruit d'après les plans de l'atelier d'Auguste Perret entre 1945 et 1964. Seuls l'hôtel de ville et l'église Saint-Joseph (107 m de hauteur) ont été conçus personnellement par l'architecte Auguste Perret. Venant consacrer ce travail de reconstruction, l'UNESCO a inscrit le centre-ville du Havre le au patrimoine mondial de l'humanité[47],[48]. Cet espace de 133 hectares est l'un des rares sites contemporains inscrits en Europe[47]. L'architecture du quartier se caractérise par l'usage du béton, du préfabriqué, l'utilisation systématique d'une trame modulaire de 6,24 mètres et des lignes droites[47],[49].
Une autre œuvre architecturale notable du centre-ville est celle de la Maison de la Culture du Havre, réalisée en 1982 par l'architecte brésilien Oscar Niemeyer et surnommée « le Volcan », en raison de la forme du bâtiment[50]. En 2012, ce lieu est en cours de réfection de l'espace extérieur et intérieur avec des modifications assez importantes approuvées par l'architecte notamment une plus grande ouverture vers l'extérieur de l'esplanade.
Les quartiers Notre-Dame et du Perrey sont essentiellement résidentiels. Le quartier des Halles est l'un des pôles commerciaux de la ville. Quant au quartier Saint-François, il a été également reconstruit après 1945 mais dans un style architectural radicalement différent : les immeubles sont en briques et possèdent un toit à double pente en ardoise. C'est le quartier des restaurants et du marché aux poissons.
Quartiers du centre ancien

À l'est et au nord du centre-ville reconstruit s'étendent des quartiers anciens (quartiers de Danton, Saint-Vincent, Graville, Massillon, etc.) épargnés par les bombardements de la Seconde Guerre mondiale. L'habitat, généralement en briques, date du XIXe siècle et de la première moitié du XXe siècle. Rue Durécu, une dizaine de maisons dont l'entrée se trouvent en contrebas de la chaussée marquent l'ancien niveau des constructions avant les bombardements de 1944. Cette dénivellation témoigne de l'épaisseur des gravats provenant des immeubles détruits dans ce quartier. En cheminant rue Jean-Baptiste-Eyries, le numéro 75 était la demeure d'un médecin de marine identifiable par les feuilles de laurier et l'ancre de marine sculptées dans la pierre portant le numéro. Au bas de la porte d'entrée se trouve une petite niche cerclée de métal et comportant une barre horizontale. Il s'agit d'un décrottoir servant à nettoyer les chaussures avant d'entrer dans l'immeuble. Le signe distinctif des maisons de notables.
Les commerces se concentrent le long de quelques grandes rues et au niveau du quartier du Rond-Point. Au cours des années 1990 et 2000, ces quartiers ont fait l'objet d'une importante requalification, notamment dans le cadre d'une OPAH : amélioration de l'habitat par réhabilitation ou reconstruction, création d’équipements publics et redynamisation des commerces[51].
À la fin du XXe siècle et au début du XXIe siècle, le quartier des gares a connu d'importantes transformations. En effet, l'endroit constitue la porte d'entrée de la ville avec les principales avenues qui s'y croisent et la présence de la gare ferroviaire. De nouveaux bâtiments sont sortis de terre (université Le Havre Normandie, conservatoire, sièges sociaux de la SPB (Société de Prévoyance Bancaire) et de la CGM, Novotel, Matmut, nouvelle CCI) dont certains ont été dessinés par des architectes de renom. La gare routière, certifiée NF depuis 2005, a été réaménagée. Au nord de la gare, un autre projet immobilier en lieu et place du vétuste ilôt Turgot-Magellan vit le jour en 2013[52], comprenant 12 500 m2 de bureaux et un hôtel de huit étages, complété par des commerces en rez-de-chaussée.
Les quartiers Sud

Les quartiers sud du Havre ont été marqués par les activités industrielles et portuaires. On y trouve des ensembles en brique du XIXe siècle, des grands ensembles (Chicago, Les Neiges), des cités ouvrières, des PME, des entrepôts, des bassins et des installations portuaires, ou encore des infrastructures de transport.
Les quartiers Sud connaissent depuis quelques années une mutation profonde, grâce aux aides européennes. Il s'agit de redynamiser des endroits délaissés par les activités industrielles et portuaires en développant les activités tertiaires. Ainsi, les docks ont été complètement transformés en salle de sport et de spectacles (Docks Océane), en centre commercial (Docks Vauban) et en parc des expositions (Docks Café). Les Bains des Docks ont été dessinés par l'architecte Jean Nouvel. Fin 2012, les étudiants de Sciences-Po Europe Asie et de l'INSA intégreront de nouveaux bâtiments situés à côté de l'ISEL (Institut supérieur d’études logistiques) et de la future ENSM (École nationale supérieure maritime)[53]. Le nouveau pôle médical autour de la nouvelle clinique des Ormeaux a été construit dans ces quartiers où de nombreux logements sont également programmés, avec pour objectif de favoriser la mixité sociale.
En 2011, la ville du Havre lance le projet « Odyssey 21 ». La cité de la mer et du développement durable devait s'organiser autour d'une tour métallique de 120 mètres de haut conçue par Jean Nouvel : le projet a été suspendu en 2007, mais les travaux devaient finalement commencer en 2013[54]. La municipalité comptait y attirer quelque 300 000 visiteurs par an[55]. En 2013, le nouveau maire du Havre, Édouard Philippe, décide d'abandonner le projet[56], mettant en cause la dérive du coût de construction.
En 2016, les Docks Café sont transformés en centre des congrès et deviennent le « Carré des docks », un espace multifonctionnel mêlant un auditorium de 600 à 2 100 places, une salle plénière de 350 places, onze salles de réunion et un parc des expositions constitué de trois nefs[57].
Ville haute
La ville haute est composée de trois parties : la « côte », les quartiers pavillonnaires du plateau et les grands ensembles périphériques.

Les quartiers situés sur la « côte » (la falaise morte) sont résidentiels, plutôt aisés dans la partie ouest (Les Ormeaux, rue Félix-Faure) et plutôt modestes à l'est (Sainte-Cécile, Aplemont). Le tunnel Jenner passe sous la côte et permet de relier la ville haute et la ville basse. C'est aussi sur la côte que l'on trouve les deux forts de la ville (forts de Sainte-Adresse et de Tourneville) et le principal cimetière (cimetière Sainte-Marie). Avec la disparition des fonctions militaires de la ville, les forts sont progressivement reconvertis : le fort de Sainte-Adresse abrite les Jardins suspendus, le fort de Tourneville accueille les archives municipales, plusieurs associations culturelles ou de mémoire et depuis 2013 le projet Tetris, un pôle de musiques actuelles doté de salles de concerts et des studios de répétition[58].
Au nord de la « côte » se sont développés, durant la première moitié du XIXe siècle, des quartiers pavillonnaires tels que Rouelles, Sainte-Cécile, la Mare-au-Clerc, Sanvic, Bléville et Dollemard[59]. Dans leur prolongement Nord-Ouest, entre Bléville et l’aéroport d’Octeville, un nouveau secteur est actuellement en construction : « Les Hauts de Bléville ». Cet éco-quartier, composé d'habitations aux normes HQE, d'une ZAC et d'une école, devrait compter 1 000 logements au total[60].
Les quartiers périphériques de la commune se sont développés dans l'après-guerre. Ce sont des grands ensembles de Caucriauville, du Bois de Bléville, du Mont-Gaillard et de la Mare-rouge, classés quartiers prioritaires où se concentre une population défavorisée[61]. En octobre 2004, l'Agence nationale pour la rénovation urbaine (ANRU) a signé avec la municipalité du Havre la première convention afin de financer la réhabilitation de ces quartiers. Cette convention finance plus de 340 millions d'euros pour les grands ensembles des quartiers nord, où résident environ 41 000 habitants. Elle permet de démolir puis de reconstruire plus de 1 700 logements[62].
Toponymie
Le nom de la ville est attesté en 1489, avant même sa fondation par François Ier, sous la forme le Hable de Grace, puis ville de Grace en 1516, deux ans avant sa fondation officielle[63]. L'appellation savante et transitoire de Franciscopolis en hommage à ce même roi, rencontrée dans certains documents, puis celle du Havre-Marat, en référence à Jean-Paul Marat au moment de la Révolution française, ne se sont pas imposées. Cependant, cette dernière explique pourquoi le déterminant complémentaire -de-Grâce n'a pas été rétabli[63]. Ce qualificatif se référait sans doute à la chapelle Notre-Dame, située à l'emplacement de la cathédrale du même nom. On remarque qu'elle faisait face à la chapelle Notre-Dame de Grâce de Honfleur de l'autre côté de l'estuaire[63].
Le nom commun havre, synonyme de port, sorti de l'usage à la fin du XVIIIe ou au XIXe siècle, est conservé dans l'expression havre de paix. Il est généralement considéré comme un emprunt au moyen néerlandais au XIIe siècle[64]. Son origine germanique explique l'« aspiration » du h initial. Cependant, de nouvelles recherches mettent l'accent sur le fait que le terme qui est attesté très tôt (dès le début du XIIe siècle) et dans des textes normands sous les formes hable, hafne, havene et havne, rend peu probable une origine néerlandaise[65]. Par contre, une étymologie scandinave est pertinente étant donné l'ancien appellatif norrois höfn (génitif hafnar, vieux danois hafn), désignant un « port de mer naturel, havre » et l'évolution phonétique du terme étrave d'origine scandinave assurée, attesté lui aussi sous des formes analogues comme estable et qui remonte probablement à l'ancien scandinave stafn[66]. Ce mot de vieux norrois se perpétue dans les langues nordiques modernes : islandais höfn, féroïen havn et norvégien / danois havn[66].
Histoire
Fondée le par François Ier, la ville du Havre est construite sur des marais. C'est une création relativement récente. Elle connait un fort essor démographique grâce au dynamisme de son port aux XVIIIe et XIXe siècles. Les bombardements de 1944 marquent une césure importante dans l'histoire de la ville et dans l'esprit de ses habitants. Aujourd'hui, les projets urbains et portuaires se multiplient pour faire face aux défis économiques et sociaux du XXIe siècle.
Avant François Ier


La présence humaine sur le territoire havrais remonte à la préhistoire, vers 400 000 av. J.-C.[67]. Plusieurs vestiges datant du néolithique ont été exhumés en ville basse et dans la forêt de Montgeon[68] : c'est à cette époque que la population augmente et se sédentarise dans les premiers hameaux[67]. Au cours de l'âge du fer, le peuple celte des Calètes s'installe dans la région. Dès l'Antiquité, le trafic fluvial sur la Seine fait vivre les cités gallo-romaines de l'estuaire. Une voie romaine relie sans doute Lillebonne (Juliobona) à l'embouchure de la Seine et passe par le territoire actuel de la commune du Havre.[réf. nécessaire]
Les premières mentions de l'abbaye de Graville remontent au IXe siècle[69], celles de Sanvic sur le plateau, du village de Leure et de son port de commerce apparaissent au XIe siècle[5]. Ce dernier sert d'abri aux navires qui attendaient la marée permettant d'entrer dans le port d'Harfleur situé en amont. C'est à cette époque que Guillaume Malet, compagnon de Guillaume le Conquérant se fait construire un château à Graville et une motte féodale à Aplemont[69]. Plusieurs hameaux de pêcheurs et d'agriculteurs, les premières paroisses, se créent au Moyen Âge classique. Pendant la guerre de Cent Ans, les ports fortifiés de Leurre et d'Harfleur subissent des destructions. Au début du XVIe siècle, la croissance des échanges commerciaux, l'ensablement du port d'Harfleur et la crainte d'un débarquement anglais poussent le roi François Ier à fonder le port du Havre et la ville[70].
La fondation du Havre


Le , François Ier signe la charte de fondation du port, le Havre de Grâce, dont les plans sont confiés d'abord au vice-amiral Guyon le Roy. La Tour François Ier, dite la « grosse tour », en défend l'entrée. Malgré les difficultés liées au terrain marécageux et aux tempêtes, le port du Havre accueille ses premiers navires en . Le roi se déplace lui-même en 1520, rend perpétuels les privilèges des Havrais et leur donne ses propres armoiries constituées d'une salamandre[71]. La fonction militaire est aussi encouragée : le Havre est un des points de rassemblement de la flotte française pendant les guerres. Des navires partent également pêcher la morue à Terre-Neuve.
Le Nouveau Monde attire les aventuriers et quelques-uns partent du Havre, comme Villegagnon qui fonde une colonie au Brésil (Fort-Coligny) en 1555. Aujourd'hui encore, une place des cannibales rappelle ces liens anciens avec l'Amérique. À la fin du XVIe siècle, la contrebande prend son essor et Le Havre voit arriver des produits américains comme des cuirs, du sucre et du tabac. Un des principaux acteurs de ce trafic interlope est un explorateur et cartographe, Guillaume Le Testu (1509-1573) : un quai au Havre porte toujours son nom.
En 1525, une tempête provoque la mort d'une centaine de personnes, la destruction de 28 bateaux de pêche et de la chapelle Notre-Dame[71]. En 1536, cette dernière est reconstruite en bois avec des piliers en pierres sous la direction de Guillaume de Marceilles. Une tour gothique coiffée d'une grande flèche octogonale est ajoutée en 1540. La même année François Ier confie le projet d'urbanisme et de fortification à l'architecte italien Girolamo Bellarmato[71]. Celui-ci a les pleins pouvoirs et organise le quartier Saint-François selon des normes précises (plan orthogonal, limitation de la hauteur des maisons, etc.). La première école et la halle aux grains sont érigées. Les années 1550 voient la création de plusieurs institutions municipales : l'hôtel de ville, l'amirauté, l'hôpital, le siège de la vicomté et du bailliage[71].
Les guerres de Religion

La Réforme connaît un relatif succès en Normandie. Dès 1557, Jean Venable, libraire colporteur de Dieppe, diffuse en pays de Caux et en Basse-Normandie les écrits de Martin Luther et de Jean Calvin. Un premier temple protestant est construit au Havre en 1600 dans le quartier Sanvic, à l'emplacement du 85, rue Romain-Rolland[71]. Il sera détruit en 1685, à la révocation de l'édit de Nantes par Louis XIV. Il faut attendre 1787 et l'Édit de tolérance du roi Louis XVI, pour que les protestants havrais ouvrent à nouveau un lieu de culte dans le quartier Saint-François[72].
Le Havre est touchée par les guerres de Religion : le , les réformés prennent la ville, pillent les églises et expulsent les catholiques[71]. Redoutant une contre-attaque des armées royales, ils se tournent vers les Anglais qui leur envoient des troupes commandées par le comte de Warwick qui débarquent au Havre. Gabriel Ier de Montgommery se met à la tête des révoltés[73]. Les protestants construisent des fortifications en vertu du traité d'Hampton Court. Les troupes de Charles IX, commandées par le connétable de Montmorency, attaquent la ville et les Anglais en sont finalement chassés le [71]. Le fort bâti par les Anglais est détruit et la tour de la cathédrale Notre-Dame est abaissée sur les ordres du roi de France. Celui-ci ordonne la construction d'une nouvelle citadelle qui est achevée en 1574. De nouvelles fortifications sont mises en place entre 1594 et 1610[71]. En 1581 débute l'aménagement d'un canal entre Harfleur et l'estuaire de la Seine.
Les XVIIe et XVIIIe siècles
La fonction de défense du Havre est réaffirmée et la modernisation du port débute au XVIe siècle, sur ordre du cardinal de Richelieu, gouverneur de la ville : l'arsenal et le bassin du Roy sont aménagés, les remparts sont renforcés et une forteresse est construite[74]. C'est dans cette dernière que Mazarin fait emprisonner les princes frondeurs, Longueville, Conti et Condé. Au début du règne de Louis XIV, Colbert décide de rénover les infrastructures portuaires et militaires : les travaux durent 14 ans[74]. En 1669, le ministre inaugure le canal du Havre à Harfleur, appelé aussi « canal Vauban ».

Le Havre affirme sa vocation maritime et internationale au cours du XVIIe siècle : la Compagnie de l'Orient s'y installe dès 1643[74]. On importe d'Amérique des produits exotiques (sucre, coton, tabac, café et diverses épices). La traite des Noirs enrichit les négociants locaux, surtout au XVIIIe siècle. Avec 399 expéditions négrières aux XVIIe et XVIIIe siècles, Le Havre figure au troisième rang des ports français ayant pratiqué la traite atlantique, derrière Nantes et La Rochelle[75]. Cependant, le commerce maritime est soumis aux relations internationales et au contexte européen : les guerres de Louis XIV et de Louis XV interrompent momentanément l'essor du Havre. Les Anglo-Hollandais bombardent la ville à plusieurs reprises, notamment en 1694 et en 1696[76],[74].

En 1707, le capitaine havrais Michel Dubocage explore l'océan Pacifique à bord de la Découverte et atteint l'île Clipperton. À son retour au Havre, fortune faite, il monte une maison de négoce et achète un hôtel particulier au cœur du quartier Saint-François ainsi que la seigneurie de Bléville. Un autre capitaine havrais Jean-Baptiste d'Après de Mannevillette (1707-1780) travaille pour la Compagnie des Indes et cartographie les côtes de l'Inde et de la Chine. À partir du milieu du XVIIIe siècle, les riches négociants se font construire des résidences sur la côte[77]. En 1749, Madame de Pompadour veut voir la mer : Louis XV choisit Le Havre pour satisfaire le désir de sa maîtresse. C'est une visite ruineuse pour les finances de la ville. La ville est bombardée en 1759, au cours de la guerre de Sept Ans. L'essor économique du Havre se traduit par un accroissement de sa population (18 000 habitants en 1787[77]) mais aussi par des transformations dans le port et la ville : installation d'une manufacture des tabacs dans le quartier Saint-François, expansion des chantiers navals, nouvel arsenal, bourse de commerce, création et ouverture, en 1773, de l'École royale de la Marine[78]. Après le terrible incendie des 4 et 5 janvier 1786 Louis XVI approuve, lors de sa visite en juin suivant, le projet d'extension de la ville et c'est François Laurent Lamandé qu'il choisit pour se charger de multiplier par quatre la surface de la ville[79].
Les périodes révolutionnaire et de l'Empire (1789-1815)

Entre 1789 et 1793, le port du Havre est le deuxième en France, après celui de Nantes. Le commerce triangulaire se poursuit jusqu'à la guerre et l'abolition de la traite. Le port reste toujours un enjeu stratégique à cause du commerce des céréales (ravitaillement de Paris) et de sa proximité avec l'ennemi britannique.
Les événements nationaux de la Révolution française trouvent un écho au Havre : les délégués pour les Cahiers de Doléances sont élus en [80]. Des émeutes populaires surviennent en juillet, la garde nationale est formée quelque temps plus tard. L'élection d'un maire a lieu en 1790, année de célébration de la Fête de la Fédération. L'année 1793 est difficile pour la France comme pour Le Havre à cause de la guerre, des insurrections fédéralistes et du marasme économique. La Terreur religieuse transforme la cathédrale Notre-Dame en temple de la Raison. La ville acquiert le statut de sous-préfecture par la réforme administrative de l'an VIII[81]. Le bagne du Havre a existé de 1798 à 1803[82],[83],[84],[85]
Sous l'Empire, Napoléon Ier vient au Havre et ordonne la construction de forts[86]. Une chambre de commerce est fondée en 1800 mais, à cause de la guerre contre la Grande-Bretagne et du blocus continental, l'activité du port se réduit et celle des corsaires s'accroît. La population du Havre diminue jusqu'à compter 16 231 habitants en 1815[80].
La prospérité du XIXe siècle


L'arrêt des guerres révolutionnaires et napoléoniennes permet au commerce de reprendre normalement à mesure que s'éloigne la menace britannique. Le contexte de paix retrouvée et d'essor économique entraîne un afflux important de population. Les Havrais sont vite à l'étroit dans les murailles et de nouveaux quartiers apparaissent. Mais beaucoup d'indigents s'entassent dans le quartier insalubre de Saint-François. Les épidémies de choléra, de fièvre typhoïde et de « fièvres » font plusieurs centaines de morts dans les années 1830-1850. L'alcoolisme et la mortalité infantile font des ravages dans les classes les plus pauvres. Tout au long du XIXe siècle, l'aspect cosmopolite de la cité portuaire ne fait que se renforcer : dans les temps de prospérité maritime, la main-d'œuvre du pays de Caux est poussée vers Le Havre à cause de la crise du tissage. L'implantation d'une large communauté bretonne (10 % de la population havraise à la fin du XIXe siècle) modifie la vie culturelle du Havre. La population bretonnante aurait désignée la ville sous le nom d'An Hoar-Nevez[87]. La réussite économique de la ville attire aussi des entrepreneurs anglo-saxons, nordiques et alsaciens[88].
La ville et son port se transforment grâce à de grands travaux d'aménagement, en partie financés par l'État, qui s'étalent tout au long du XIXe siècle, parfois interrompus par les crises politiques ou économiques. Ainsi plusieurs projets sont menés à bien comme la construction d'une nouvelle bourse et du bassin du commerce dès la première moitié du siècle. Le Havre devient le pilier européen de l'Histoire de la caféiculture, grâce à l'arrivée de familles de protestants allemands qui avaient capté le négoce du café pendant la Révolution haïtienne. L'installation progressive de l'éclairage au gaz à partir de 1835[89], de l'enlèvement des ordures (1844) et des égouts dénote un souci de modernisation urbaine. Au milieu du siècle, les vieux remparts sont rasés en 1854. Il faisait partie d'un ensemble de fortifications composées du fort de Sainte-Adresse à l'ouest, du fort Frileuse et du fort des Neiges[90] et les communes limitrophes sont annexées : par conséquent, la population de la ville du Havre augmente brusquement. La période 1850-1914 constitue l'âge d'or du Havre ; en effet, hormis quelques années de dépression (guerre de Sécession[91], guerre franco-prussienne), le commerce explose et la ville s'embellit de constructions édilitaires (grands boulevards, hôtel de ville, palais de justice, nouvelle bourse).
Les effets de la révolution industrielle sont de plus en plus visibles au Havre : la première drague à vapeur est utilisée en 1831. Les chantiers de construction navale se développent avec Jacques-Augustin Normand[89]. Frédéric Sauvage met au point ses premières hélices au Havre en 1833. Le chemin de fer arrive en 1848[92] et permet de désenclaver Le Havre. Les docks sont construits à la même époque, de même que des magasins généraux. Le secteur industriel reste cependant minoritaire au XIXe siècle : les usines sont en relation avec le trafic portuaire (chantiers navals, raffineries de sucre, fabriques de cordes, etc.). Le secteur bancaire se développe, même s'il demeure largement tributaire de l'extérieur. La ville compte peu de professions libérales et de fonctionnaires. Le nombre d'écoles reste insuffisant jusque dans les années 1870.[réf. nécessaire]. À partir de 1868, la ville accueille des spectacles taurins dans les arènes du Havre.
- Le Havre par Eugène Boudin en 1852
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Les voyages transatlantiques en paquebot se développent dès les années 1830[89].
- Le Havre par Eugène Boudin, après 1870
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