Prix Goncourt

Prix Goncourt
Image associée à la récompense
Edmond de Goncourt, créateur du prix par testament, cliché de Nadar.

Description Prix littéraire
Organisateur Académie Goncourt
Pays Drapeau de la France France
Date de création 1903
Dernier récipiendaire Jean-Paul Dubois pour Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon
Site officiel www.academie-goncourt.fr

Le prix Goncourt est un prix littéraire français récompensant des auteurs d'expression française, créé par le testament d'Edmond de Goncourt en 1892. La Société littéraire des Goncourt, dite Académie Goncourt, est officiellement fondée en 1902 et le premier prix Goncourt proclamé le .

Le prix annuel est décerné au début du mois de novembre par l'Académie Goncourt, après trois présélections successives, en septembre et en octobre, parmi les romans publiés dans l'année en cours. Il s'agit du plus ancien et de l'un des plus prestigieux prix littéraires français[1],[2].

Historique

Le prix Goncourt, créé pour récompenser chaque année « le meilleur ouvrage d'imagination en prose[3], paru dans l'année » est attribué presque exclusivement à un roman.

En 1862, les frères Goncourt décident qu’après leur mort, leurs biens seront vendus, leur capital placé et les intérêts de cette somme utilisés par leur Académie Goncourt pour rémunérer dix auteurs à hauteur de 6 000 francs or par an (avec cette rente à vie, les dix académiciens peuvent ainsi vivre de leur plume) et pour décerner un prix annuel de 5 000 francs or[4]. Cependant, l'Académie Goncourt devant être reconnue d'utilité publique, elle doit placer ses fonds sous forme de portefeuille comprenant des obligations d'État, certes peu rémunératrices mais jugées sûres. Hélas, celles-ci n'étaient pas indexées sur l'inflation (inexistante en 1900) : avec la Première Guerre mondiale, puis la création du franc Poincaré en 1928, ce portefeuille obligataire s'effondre au fil des dévaluations successives ; les montants des rentes et du prix suivent la même tendance que la valeur du capital de l'académie littéraire[5]. On aboutit à la somme de 50 nouveaux francs en 1962[6].

Depuis 1903, un chèque est remis au lauréat du prix Goncourt, lequel distinguait à l'origine des romans naturalistes pour échapper à l'érudition qu'affectionnent les académiciens. Aujourd'hui, du fait de l'inflation, le montant du chèque, que certains lauréats font encadrer, ne représente plus qu'un prix symbolique — actualisé à 10 euros[7] — mais la « notoriété » promise au lauréat dès la fin de la Première Guerre mondiale par l'académicien Jean Ajalbert[8], qui verra son œuvre accéder au palmarès des meilleures ventes, est une récompense bien plus convoitée. En outre, en marge du prix Goncourt, l'académie décerne les prix Goncourt de la poésie (qui a pris en 2012 le nom de « prix Goncourt de la poésie Robert Sabatier »[9]), de la nouvelle, de la biographie (devenu « prix Goncourt de la Biographie Edmonde Charles-Roux » en hommage à la présidente de l'Académie, après son décès[10]) et du premier roman.

Depuis octobre 1914, les dix membres de l'Académie Goncourt se réunissent au restaurant Drouant, rue Gaillon, dans le deuxième arrondissement de Paris[1] chaque premier mardi du mois depuis 1920 dans leur salon, au premier étage du restaurant. Le prix est attribué début novembre. Si, après quatorze tours de scrutin, il n'y a pas de lauréat élu, le président a une voix double pour déterminer une majorité de vote.

Le prix ne peut être décerné qu'une seule fois à un même écrivain. Ce principe n'a connu qu'une exception, consécutive à la supercherie de Romain Gary qui a reçu le prix en 1956 pour son roman Les Racines du ciel, puis en 1975, sous le pseudonyme d'Émile Ajar, pour le roman La Vie devant soi.

Depuis 1926, le prix Goncourt est indissociable du prix Renaudot, créé cette année-là par dix critiques littéraires qui attendaient la proclamation faite par le président de l'Académie Goncourt. Sans lui être organiquement lié, le jury du Renaudot joue le rôle de complément naturel du jury du Goncourt, ce rôle étant accentué par l'annonce du résultat, qui intervient simultanément et dans le même cadre.

En 1988, l'Académie Goncourt a accueilli avec bienveillance la création du prix Goncourt des lycéens par la Fnac en collaboration avec le rectorat de Rennes.

Le , les jurés du Goncourt ont modifié certaines règles de fonctionnement à des fins de transparence, pour répondre aux critiques récurrentes qui leur étaient faites : ils ont décidé à l'unanimité que la qualité de juré était incompatible avec une fonction rémunérée dans une maison d'édition[11],[12] ; ils ont également prévu que les jurés n'ayant pas assisté aux réunions mensuelles pendant un an devaient démissionner ; et, enfin, ils ont instauré une limite d'âge, fixée à 80 ans, pour les futurs membres de l'Académie Goncourt (cette disposition ne s'appliquant pas de manière rétroactive)[13].

Secrétaire générale de l'Académie Goncourt de 1998 à 2018, Marie Dabadie a participé aux démarches visant à obtenir l'enregistrement du nom « Goncourt » à titre de marque et à doter l'Académie d'un site Internet officiel[14]. Unique salariée de l'institution, elle était notamment chargée de transmettre aux membres du jury les ouvrages adressés par les éditeurs et d'assister à toutes les délibérations du jury[15],[16].

Une récompense aussi convoitée que décriée

Le prix Goncourt reste le prix littéraire le plus convoité en France, en particulier parce qu'il assure de fait à son récipiendaire une promotion et des tirages importants[17]. Le gain pour l'éditeur serait évalué à au moins trois millions d'euros dans les huit semaines suivant l'obtention du prix[18]. Une critique récurrente formulée à l'encontre du prix Goncourt est d'être parfois « passé à côté » d'auteurs majeurs du XXe siècle : Guillaume Apollinaire et Colette (qui deviendra plus tard membre puis présidente de l'Académie Goncourt) sont les premiers écrivains illustres à être recalés. Mais l'exemple le plus souvent cité est l'attribution du prix 1932 à Guy Mazeline pour son roman Les Loups, l'année de la publication de Voyage au bout de la nuit de Louis-Ferdinand Céline évincé par 6 voix contre 4[19], qui constituera ce que le journaliste et écrivain François Nourissier, qui présidera l’Académie Goncourt de 1996 à 2002, qualifiera de plus grand « scandale » de l'histoire du prix Goncourt[20]. Parmi les auteurs français reconnus, et parfois même nobélisés, qui ont été boudés par l'Académie Goncourt, les noms d'André Gide, Jean-Paul Sartre, Albert Camus, Albert Cohen, Claude Simon, Marguerite Yourcenar, Françoise Sagan, Antoine Blondin, Michel Butor et Jean-Marie-Gustave Le Clézio sont régulièrement cités[21]. En 1999, le magazine Lire résumait le problème en une phrase lapidaire : « Le prix Goncourt couronne rarement le meilleur roman de l'année »[22].

En conséquence, les jurés du prix Goncourt se voient souvent reprocher un certain académisme dans leur approche de la littérature, ainsi que leur affiliation à de grandes maisons d'édition (et plus précisément à trois éditeurs : Gallimard, Grasset et Le Seuil, d'où le terme ironique de « Galligrasseuil ») qu'ils auraient tendance à privilégier au détriment des petites maisons d'édition[23]. Comme évoqué ci-dessus, de nouvelles règles ont été instituées en 2008 pour éviter tout soupçon de connivence entre des membres du jury et ces grandes maisons d’édition : les jurés ont désormais l'interdiction d'être salarié dans l'édition[24]. Des réserves ont cependant été émises sur ces nouvelles règles qui ne garantiraient pas une plus grande impartialité[25]. À la différence d'autres prix littéraires prestigieux comme le prix Pulitzer, le prix Cervantes ou le prix Booker, le prix Goncourt n'est pas décerné par un jury « tournant »[26] : les membres de l'Académie Goncourt n'étant pas remplacés d'année en année, ces soupçons continuent de peser sur leurs décisions[27]. L'âge des jurés est également un sujet de controverse, voire de raillerie constante. Jules Renard écrivait déjà à ce sujet : « L'Académie des Goncourt me paraît malade ; ça a l'air d'une maison de retraite pour vieux amis. La littérature s'en désintéressera »[28]. Pour y remédier, l'Académie a changé son règlement en 2008 pour prévoir que les jurés perdront désormais leur droit de vote à 80 ans (basculement vers l'honorariat)[29].

Si le prix Goncourt suscite encore la convoitise, son attribution peut être ressentie par certains lauréats comme une forme de cadeau empoisonné. Sept ans après avoir reçu le prix, Jean-Louis Bory écrit : « La première conséquence du Goncourt a été de planter une date dans ma mémoire, comme une écharde. (…) Depuis, je vieillis. (…) Le Goncourt, c'est automatique, vous attire le grand public. Il vous aliène, c'est aussi automatique, les “connaisseurs”, aux yeux de qui le Goncourt est une maladie assez honteuse, un peu dégoûtante, qui se tient entre le lupus et la blennorragie. (…) Résultat : le grand public lit votre livre pour l'unique raison qu'il a eu le Goncourt, mais ne lit pas vos livres suivants, pour la bonne raison qu'ils ne l'auront pas. (…) Les connaisseurs ne liront pas votre livre parce qu'il a eu le Goncourt, et ne liront pas les suivants parce que le premier a eu le Goncourt »[30].

La compétition est grande pour l'annonce des résultats entre les jurys du Femina et du Goncourt. Ainsi Antoine de Saint-Exupéry reçoit le Femina en 1931 alors qu'il était favori du Goncourt, idem en 1993 pour Marc Lambron tandis qu'en 1959, c'est le Goncourt qui « souffle » André Schwarz-Bart au Femina. Un accord est conclu en 2000 entre les deux jurys pour que l'ordre d'attribution des deux distinctions alterne en principe d'une année sur l'autre[31].

Certains critiques soulignent que la plupart des anciens lauréats est tombée dans l'oubli[32].

L’Académie Goncourt a aussi pu prêter le flanc à la critique en distinguant surtout des hommes, ainsi que le constate la journaliste Cécile Mazin qui dénombre, le 3 novembre 2015, 112 lauréats dont 101 hommes avant proclamation du prix[33]. Cécile Mazin signale que « pour le prix du Pen Club britannique, la sélection comporte 16 personnes, 8 hommes et 8 femmes ». Puis la journaliste publie en intégralité le tract du groupe d’action féministe La Barbe, qui énumère le nom de dix femmes auxquelles n’est pas allé le prix Goncourt : Rachilde, Colette, Irène Némirovsky, Françoise Sagan, Christiane Rochefort, Violette Leduc, Albertine Sarrazin, Nathalie Sarraute, Sylvie Germain et Amélie Nothomb. « Colette était trop chaude et Sarraute, trop froide », ironise dans ce tract-manifeste le groupe d'action féministe[34]. Cécile Mazin prolonge sa réflexion pour déterminer pourquoi, par exemple et à titre de rappel, « dans les chiffres de la rentrée littéraire 2013, on comptait 72 % d’hommes chez Grasset, 81 % chez Seuil et 82 % chez Gallimard ». Dans un article paru dans le magazine littéraire et d’information éditoriale ActuaLitté et signé par son directeur, Nicolas Gary, le collectif La Barbe émet des hypothèses à ce sujet : « [d]epuis Homère, la doxa littéraire, c’est celle des guerres, des conflits : bien entendu, les femmes apportent l’innommable, l’irreconnaissable avec leurs manuscrits ». Le collectif observe encore : « Beauvoir en 1954 pour ses Mandarins, ça ressemble à de la femme alibi »[35].

Dans sa Lettre ouverte aux cons, Yvan Audouard écrit à propos du prix Goncourt : « Il n'empêche que le Goncourt est une connerie persévérante et diabolique. Qu'il fausse totalement la vie littéraire de ce pays. Qu'il abîme ceux qui l'obtiennent, aigrit ceux qui le ratent, encombre la presse des humeurs de M. Armand Salacrou et n'a d'autre intérêt que de faire croire à M. Armand Lanoux qu'il a de l'importance. Dans ce cas on peut véritablement parler de connerie institutionnelle. Il n'améliore ni ne détériore ceux qui en font partie. Ils ne sont pas cons à titre privé. Mais ils sont devenus les agents actifs d'une dangereuse connerie collective. Et le pire, c'est qu'ils le savent »[36].[pertinence contestée]

Membres actuels de l'Académie Goncourt

Les dix membres de l'Académie Goncourt, qui sont cooptés par les autres membres, sont désignés à vie. Ils ne perçoivent aucune rémunération ni aucun dédommagement, hormis le couvert qui leur est assuré chez Drouant. Chacun des académiciens se voit attribuer un couvert en vermeil gravé à son nom et est ainsi élu à un « couvert » déterminé[37]. Depuis 2008, les membres sont :

Article détaillé : Académie Goncourt#Liste des académiciens par couvert.

Présidents de l'Académie Goncourt

Liste des lauréats du prix Goncourt

Les lauréats du prix Goncourt sont[44] :

Année Auteur Ouvrage Éditeur (x fois) Notes
1903 John-Antoine Nau.jpg John-Antoine Nau Force ennemie La Plume Lauréat franco-américain d'expression française
1904 Léon Frapié FC11-139.png Léon Frapié La Maternelle Albin Michel
1905 Claude Farrère 1923.jpg Claude Farrère Les Civilisés Paul Ollendorff
1906 Jean et Jérôme Tharaud 1923.jpg Jérôme et Jean Tharaud Dingley, l'illustre écrivain Édouard Pelletan
1907 Emile Moselly-01.jpg Émile Moselly Terres lorraines et Jean des Brebis ou le Livre de la misère Plon
1908 Francis de Miomandre Écrit sur de l'eau... Édition du Feu, puis Émile-Paul Frères
1909 Touche à tout 1910 Ary et Marius Leblond par Henri Manuel.jpg Marius-Ary Leblond En France Fasquelle Nom de plume de deux cousins,
écrivains originaires de La Réunion
1910 Louis Pergaud.jpg Louis Pergaud De Goupil à Margot Mercure de France
1911 Chateaubriant, Alphonse.jpg Alphonse de Châteaubriant Monsieur des Lourdines Grasset
1912 André Savignon Filles de la pluie Grasset (2)
1913 Marc Elder Le Peuple de la mer Calmann-Lévy Publié chez G. Oudin & Cie, le titre fut repris
1914 Adrien Bertrand L'Appel du sol Calmann-Lévy (2) Décerné en 1916
1915 René Benjamin Gaspard Fayard
1916 Henri-Barbusse.jpg Henri Barbusse Le Feu Flammarion
1917 Henry Malherbe La Flamme au poing Albin Michel (2)
1918 Georges Duhamel 1930.jpg Georges Duhamel Civilisation Mercure de France (2)
1919 Marcel Proust 1895.jpg Marcel Proust À l'ombre des jeunes filles en fleurs Gallimard À la recherche du temps perdu (vol. 2)
1920 Ernest Pérochon Nêne Plon (2) Publié en 1914 aux éditions Clouzot
1921 René Maran-1930.jpg René Maran Batouala Albin Michel (3) Premier écrivain antillais récompensé
1922 Henri Béraud.jpg Henri Béraud Le Vitriol de Lune et Le Martyre de l'obèse Albin Michel (4)
1923 Lucien fabre - par vuillard.jpg Lucien Fabre Rabevel ou le Mal des ardents Gallimard (2)
1924 Thierry Sandre Le Chèvrefeuille, le Purgatoire, le Chapitre XIII Gallimard (3) Publié à la librairie Edgard Malfère, le titre fut repris
1925 MG Portrait au trait.jpg Maurice Genevoix Raboliot Grasset (3)
1926 Henri Deberly redux.jpg Henri Deberly Le Supplice de Phèdre Gallimard (4)
1927 Maurice Bedel 1927.jpg Maurice Bedel Jérôme 60° latitude nord Gallimard (5)
1928 Maurice Constantin-Weyer Un homme se penche sur son passé Rieder
1929 Marcel Arland - 1929.jpg Marcel Arland L'Ordre Gallimard (6)
1930 Henri Fauconnier redux.jpg Henri Fauconnier Malaisie Stock
1931 Jean Fayard redux.JPG Jean Fayard Mal d'amour Fayard (2)
1932 Guy Mazeline 1932.jpg Guy Mazeline Les Loups Gallimard (7) Année du Voyage au bout de la nuit de Céline
1933 André Malraux redux.jpg André Malraux La Condition humaine Gallimard (8)
1934 Roger Vercel 1934.jpg Roger Vercel Capitaine Conan Albin Michel (5)
1935 Joseph Peyré 1935.jpg Joseph Peyré Sang et Lumières Grasset (4)
1936 Maxence Van der Meersch 1936.jpg Maxence Van der Meersch L'Empreinte du dieu Albin Michel (6)
1937 Charles Plisnier Faux Passeports Corrêa Auteur belge, premier lauréat étranger
1938 Henri Troyat.jpg Henri Troyat L'Araigne Plon (3)
1939 Philippe Heriat redux.JPG Philippe Hériat Les Enfants gâtés Gallimard (9)
1940 Francis Ambrière Les Grandes Vacances Nouvelle France Réservé, le prix est attribué en 1946
1941 Henri Pourrat, le Vernet, 1954.png Henri Pourrat Vent de Mars Gallimard (10)
1942 Marc Bernard 1934.jpg Marc Bernard Pareils à des enfants Gallimard (11)
1943 Marius Grout Passage de l'homme Gallimard (12)
1944 Elsa-triolet-1925.jpg Elsa Triolet Le premier accroc coûte 200 francs Denoël Première femme à recevoir le Goncourt
1945 Jean-Louis Bory redux.jpg Jean-Louis Bory Mon village à l'heure allemande Flammarion (2)
1946 Jean-Jacques Gautier Histoire d'un fait divers Julliard
1947 Jean-Louis Curtis Les Forêts de la nuit Julliard (2)
1948 Maurice Druon redux.jpg Maurice Druon Les Grandes Familles Julliard (3)
1949 Robert Merle (1964).JPG Robert Merle Week-end à Zuydcoote Gallimard (13)
1950 Paul Colin Les Jeux sauvages Gallimard (14)
1951 Julien Gracq Le Rivage des Syrtes Corti Refusé par l'auteur
1952 Béatrix Beck Léon Morin, prêtre Gallimard (15)
1953 Pierre Gascar Les Bêtes Gallimard (16)
1954 Simone de Beauvoir2.png Simone de Beauvoir Les Mandarins Gallimard (17)
1955 Roger Ikor Les Eaux mêlées Albin Michel (7)
1956 Romain Gary Les Racines du ciel Gallimard (18)
1957 Roger Vailland La Loi Gallimard (19)
1958 Francis Walder Saint-Germain ou la Négociation Gallimard (20) Auteur belge
1959 André Schwarz-Bart Le Dernier des Justes Seuil
1960 Vintila Horia Dieu est né en exil Fayard (3) Attribué mais non décerné à l'auteur en raison de son passé politique (3)
1961 Jean Cau La Pitié de Dieu Gallimard (21)
1962 Anna Langfus.jpg Anna Langfus Les Bagages de sable Gallimard (22)
1963 Armand Lanoux Quand la mer se retire Julliard (4)
1964 Georges conchon.jpg Georges Conchon L'État sauvage Albin Michel (7)
1965 Jacques Borel L'Adoration Gallimard (23)
1966 Edmonde Charles-Roux redux.jpg Edmonde Charles-Roux Oublier Palerme Grasset (5)
1967 André Pieyre de Mandiargues La Marge Gallimard (24)
1968 Bernard Clavel Les Fruits de l'hiver Robert Laffont
1969 Félicien Marceau Creezy Gallimard (25)
1970 Michel Tournier cropped.JPG Michel Tournier Le Roi des aulnes Gallimard (26) Seul cas d'unanimité du jury (au second tour)[6]
1971 Jacques Laurent Les Bêtises Grasset (6)
1972 Jean Carriere.jpg Jean Carrière L'Épervier de Maheux Pauvert
1973 Jacques Chessex.jpg Jacques Chessex L'Ogre Grasset (7) Premier lauréat suisse
1974 Pascal Lainé La Dentellière Gallimard (27)
1975 Émile Ajar (Romain Gary) La Vie devant soi Mercure de France (3) Unique cas de double lauréat,
par ignorance de la mystification
1976 Patrick Grainville01.JPG Patrick Grainville Les Flamboyants Seuil (2)
1977 Didier Decoin redux.jpg Didier Decoin John l'Enfer Seuil (3)
1978 Patrick Modiano 6 dec 2014 - 23.jpg Patrick Modiano Rue des Boutiques obscures Gallimard (28)
1979 Antonine Maillet Pélagie-la-Charrette Grasset (8) Premier lauréat canadien
1980 Yves Navarre redux.png Yves Navarre Le Jardin d'acclimatation Flammarion (3)
1981 Lucien Bodard Anne Marie Grasset (9)
1982 Dominique Fernandez redux.jpg Dominique Fernandez Dans la main de l'ange Grasset (10)
1983 Frédérick Tristan Les Égarés Balland
1984 Marguerite Duras 1993.jpg Marguerite Duras L'Amant Minuit
1985 Yann Queféllec 2013 a.jpg Yann Queffélec Les Noces barbares Gallimard (29)
1986 Michel Host Valet de nuit Grasset (11)
1987 Tahar Ben Jelloun redux.jpg Tahar Ben Jelloun La Nuit sacrée Seuil (4) Premier lauréat marocain et africain
1988 Cohen-Solal Mutualite 2008 03 03 n3.jpg Erik Orsenna L'Exposition coloniale Seuil (5)
1989 Jean Vautrin Un grand pas vers le bon Dieu Grasset (12)
1990 Jean Rouaud Les Champs d'honneur Minuit (2)
1991 Pierre Combescot Les Filles du Calvaire Grasset (13)
1992 Patrick Chamoiseau redux.jpg Patrick Chamoiseau Texaco Gallimard (30)
1993 Amin Maalouf redux.jpg Amin Maalouf Le Rocher de Tanios Grasset (14) Premier lauréat libanais
1994 Didier van Cauwelaert redux.jpg Didier van Cauwelaert Un aller simple Albin Michel (8)
1995 Andrei Makine.jpg Andreï Makine Le Testament français Mercure de France (4) Également prix Médicis
1996 Pascale Roze Le Chasseur Zéro Albin Michel (9)
1997 Patrick Rambaud 2010 b.jpg Patrick Rambaud La Bataille Grasset (15) Également grand prix du roman de l'Académie française
1998 Paule Constant redux.JPG Paule Constant Confidence pour confidence Gallimard (31)
1999 Jean Echenoz Je m'en vais Minuit (3)
2000 Jean-Jacques Schuhl Ingrid Caven Gallimard (32)
2001 Jean-Christophe Rufin redux.JPG Jean-Christophe Rufin Rouge Brésil Gallimard (33)
2002 Pascal Quignard le 5 avril 2013.jpg Pascal Quignard Les Ombres errantes Grasset (16)
2003 Jacques-Pierre Amette La Maîtresse de Brecht Albin Michel (10)
2004 Laurent Gaudé redux.jpg Laurent Gaudé Le Soleil des Scorta Actes Sud
2005 François Weyergans Trois jours chez ma mère Grasset (17) Auteur belge
2006 Jonathan Littell redux.jpg Jonathan Littell Les Bienveillantes Gallimard (34) Également grand prix du roman de l'Académie française
2007 Gilles Leroy redux.jpg Gilles Leroy Alabama Song Mercure de France (5)
2008 Atiq Rahimi 2010 c.jpg Atiq Rahimi Syngué sabour. Pierre de patience P.O.L.
2009 Marie NDiaye redux.jpg Marie NDiaye Trois femmes puissantes Gallimard (35)
2010 2008.06.09. Michel Houellebecq Fot Mariusz Kubik 08.jpg Michel Houellebecq La Carte et le Territoire Flammarion (4)
2011 Alexis Jenni redux.jpg Alexis Jenni L'Art français de la guerre Gallimard (36)
2012 Jérôme Ferrari 2010 (crop).jpg Jérôme Ferrari Le Sermon sur la chute de Rome Actes Sud (2)
2013 Pl.pers.png Pierre Lemaitre Au revoir là-haut Albin Michel (11)
2014 Lydie Salvayre redux.jpg Lydie Salvayre Pas pleurer Seuil (6)
2015 Mathias Enard redux.jpg Mathias Énard Boussole Actes Sud (3)
2016 Leïla Slimani no Fronteiras do Pensamento São Paulo 2018 (42891129632).jpg Leïla Slimani Chanson douce Gallimard (37)
2017 Portrait d'Eric Vuillard.JPG Éric Vuillard L'Ordre du jour Actes Sud (4)
2018 Nicolas Mathieu redux.jpg Nicolas Mathieu Leurs enfants après eux Actes Sud (5)
2019 Jean-Paul Dubois Tous les hommes n'habitent pas le monde de la même façon L'Olivier

Autres prix Goncourt

Longtemps appelés « bourses[45] », les Goncourt de la poésie, de la nouvelle, de la biographie, de la jeunesse et du premier roman sont décernés chaque année par l'Académie Goncourt.

Goncourt des lycéens

Le Goncourt des lycéens est un prix littéraire français créé en 1988 par la Fnac, en collaboration avec le rectorat de Rennes et avec la bienveillance de l'Académie Goncourt. Le coup d'envoi du Goncourt des lycéens est donné tous les ans par l'annonce de la première sélection de l'Académie Goncourt. Le Goncourt des lycéens obéit aux mêmes règles de fonctionnement que le prix Goncourt[46]. Plus de 2000 lycéens de 15 à 18 ans opèrent leur choix propre parmi les romans de cette sélection. La Fnac met à disposition des lycéens dès la rentrée de septembre les ouvrages de la sélection que les lycéens vont lire et étudier pendant deux mois et organise, en coopération avec le ministère de l'Éducation nationale et de la Jeunesse, des rencontres régionales au cours desquelles les lycéens ont la possibilité d'échanger et de débattre avec les auteurs des livres qu'ils ont lus[47].

À l'issue de leurs lectures et de leurs rencontres avec les auteurs, les élèves élisent le « Goncourt des lycéens ». Le lauréat est proclamé quelques jours après son aîné.

Article détaillé : Prix Goncourt des lycéens.

Goncourt de la poésie

La bourse Goncourt de la poésie a été instituée en 1985, grâce au legs d'Adrien Bertrand (prix Goncourt en 1914). À la différence des autres prix de l'Académie, ce prix est décerné à un poète pour l'ensemble de son œuvre et non pour un ouvrage ou recueil particulier. En 2012, le prix a pris le nom de « Goncourt de la poésie-Robert Sabatier » en hommage à l'Académicien récemment décédé.

Article détaillé : Prix Goncourt de la poésie.

Goncourt de la nouvelle

Article détaillé : Prix Goncourt de la nouvelle.

Goncourt du premier roman

Article détaillé : Prix Goncourt du premier roman.

Goncourt de la biographie

Le Goncourt de la biographie est décerné annuellement depuis 1980. Il a pris le nom de « Goncourt de la biographie Edmonde Charles-Roux » après le décès de l'académicienne et en hommage à cette dernière, elle-même biographe.

Le lauréat du Goncourt de la biographie Edmonde Charles-Roux est annoncé par les Académiciens à l'issue de leur réunion de début juin et est remis à son lauréat en septembre à Nancy lors du Livre sur la Place, une manifestation que les Académiciens parrainent depuis sa création.

Article détaillé : Prix Goncourt de la biographie.

Goncourt Jeunesse

Décerné en partenariat avec la municipalité de Fontvieille :

Choix Goncourt à l'étranger

Il existe également depuis 1998 un « Choix Goncourt de la Pologne » organisé par l'Institut français de Cracovie et décerné par un jury constitué d'étudiants des départements de français des universités de toute la Pologne sur la base de la liste établie en septembre par l'Académie Goncourt[48]. Depuis 2012 un « Choix Goncourt de la Serbie »[49] décerné par un jury constitué d'étudiants en langue et littérature françaises est organisé par l’Institut français de Serbie avec l'aide des universités serbes. 2013 a vu la naissance du « Choix Goncourt de la Roumanie »[50], décerné par sept jurys d'étudiants (un jury étant constitué au sein du département de français de chacune des sept universités roumaines participantes) et organisé par l'Institut français de Roumanie avec le soutien de lecteurs français du pays et la librairie française de Bucarest, Kyralina. Proclamé pour la première fois en 2019, le « Choix Goncourt de l'Algérie » est organisé par l'Institut français d'Algérie à Alger, Annaba, Oran, Tlemcen et Constantine et est le fruit du vote d'un jury lycéen (à Alger) et de jurys étudiants et d'adhérents des médiathèques de l'Institut français d'Algérie constitués dans chacune des cinq villes précitées[51],[52].

Au , le nombre de « Choix Goncourt à l'étranger » s'élève à 14, chacun couvrant un pays ou une région : Algérie, Belgique, Brésil, Bulgarie, Chine, Espagne, Italie, Orient (Liban et 12 pays du Moyen-Orient), Pologne, Roumanie, Serbie, Slovénie, Suisse et Tunisie[53].

Notes et références

  1. a et b Du côté de chez Drouant : Le Goncourt de 1903 à 1921 émission de Pierre Assouline sur France Culture le 27 juillet 2013.
  2. « Les prix littéraires ».
  3. Il se distingue ainsi à l'origine du prix de Poésie remis par l'Académie française.
  4. Robert Kopp, « Une machine à faire lire », sur L'Alsace,
  5. Jacques Lindecker, « La folle semaine commence », sur L'Alsace, .
  6. a et b « Du côté de chez Drouant : Le Goncourt de 1962 à 1978 », émission de Pierre Assouline, France Culture, 17 août 2012.
  7. « Prix Goncourt | Académie Goncourt », sur academiegoncourt.com (consulté le 5 décembre 2019)
  8. Jean-Louis Cabanès, Les Goncourt dans leur siècle : Un siècle de Goncourt, Presses Univ. Septentrion, , p. 320.
  9. « Goncourt de la poésie Robert Sabatier », sur académiegoncourt.com (consulté le 5 décembre 2019)
  10. « Goncourt de la Biographie Edmonde Charles-Roux », sur academiegoncourt.com (consulté le 5 décembre 2019)
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  12. Cf. polémiques au sujet des maisons d'édition Gallimard, Grasset et Le Seuil, souvent récompensées.
  13. « Du côté de chez Drouant : Le Goncourt de 2004 à 2011 » émission de Pierre Assouline sur France Culture le 31 août 2013.
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  44. Palmarès intégral sur le site officiel de l'Académie Goncourt.
  45. Le nom du prix étant réservé au « prix Goncourt », ces bourses sont désormais appelées « le Goncourt de la poésie », « le Goncourt de la nouvelle », etc.
  46. À ce titre, le prix ne peut désigner deux fois le même lauréat. C'est pour cette raison que les romans sélectionnés pour le Goncourt des lycéens 2019 sont au nombre de 14 quand la 1ère sélection du Prix Goncourt en compte 15 : Léonora Miano ayant déjà remporté le Prix Goncourt des Lycéens en 2006, elle ne figure pas dans la liste de 2019.
  47. « Lancement de la 32e édition du Prix Goncourt des lycéens », sur www.education.gouv.fr, (consulté le 8 septembre 2019)
  48. « Le choix de la Pologne | Academie Goncourt », sur Académie Goncourt (consulté le 11 septembre 2019)
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  52. « Le choix de l'Algérie | Academie Goncourt », sur Académie Goncourt (consulté le 11 septembre 2019)
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Annexes

Bibliographie

  • Olivier Boura, Un siècle de Goncourt, Paris, Arléa, , 302 p. (ISBN 978-2869596337).
  • Robert Kopp, Un siècle de Goncourt, Paris, Gallimard, coll. « Découvertes Galliamrd », , 144 p. (ISBN 978-2070448173).
  • Pierre Assouline, Du côté de chez Drouant : cent dix ans de vie littéraire chez les Goncourt, Paris, Gallimard, coll. « Hors-série Littérature », , 224 p. (ISBN 978-2070143047).

Articles connexes

Liens externes