Californie

Californie
California (en + es)
Blason de Californie

Sceau de la Californie.
Drapeau de Californie

Drapeau de la Californie.
Californie
Crédit image:
licence CC BY-SA 3.0 🛈

Carte des États-Unis avec la Californie en rouge.

Surnom
The Golden State
En français : « L’État doré ».

Devise
Eureka!
« J’ai trouvé ! ».
Administration
Pays États-Unis
Capitale Sacramento
Adhésion à l’Union (174 ans) (31e État)
Gouverneur Gavin Newsom (D)
Sénateurs Alex Padilla (D)
Adam Schiff (D)
Nombre de représentants 52
ISO 3166-2 US-CA
Fuseau horaire UTC−08:00
Démographie
Gentilé Californien, Californienne (en anglais : Californian)
Population 39 431 263 hab. (2024[1])
Densité 93 hab./km2
Rang 1er
Ville la plus peuplée Los Angeles
Géographie
Altitude 884 m
Min. −86 m
Max. 4 421 m (mont Whitney)
Superficie 423 970 km2
Rang 3e
– Terre 403 932 km2
– Eau (%) 20 037 km2 (4,7 %)
Coordonnées 32° 30' N à 42° N
114° 08' W à 124° 24' W
Divers
Langues officielles Anglais et Espagnol
Liens
Site web ca.gov

Symboles de la Californie
drapeau

Drapeau de la Californie.
Symboles vivants
Arbre Séquoia à feuilles d'if
Fleur Pavot de Californie
Herbe Aiguille pourpre
Insecte Papillon à tête de chien de Californie (Zerene eurydice)
Mammifères Grizzli (de terre)
Baleine grise (marin)
Oiseau Colin de Californie
Poissons Truite dorée (d’eau douce)
Demoiselle Garibaldi (d’eau de mer)
Reptile Tortue du désert
Symboles non vivants
Bateau Californian
Boisson Vin
Chansons I Love You, California (« Je t’aime, Californie »), Californie - U2
Couleurs Bleu (la couleur du ciel)
Or (la couleur de l’or)
Danses West Coast Swing (générale)
Square Dance (folklorique)
Fossile Smilodon (tigre à dents de sabre)
Minéral Or
Roche Serpentine
Slogan « Find Yourself Here » (Trouvez-vous ici)
Sol San Joaquin
Pièce de 25 cents de l'État
1/4 de dollar

La pièce de la Californie émise en 2005.

La Californie (en anglais et en espagnol : California) est un État des États-Unis qui fait partie de la région de la Sun Belt dans l'Ouest américain. Sa capitale est Sacramento. Avec 39 538 223 habitants selon le recensement officiel de 2020[2], la Californie est l'État le plus riche et le plus peuplé du pays. Il est situé sur la côte ouest et bordé au sud par le désert de Sonora, à l'est par le Grand Bassin des États-Unis et au nord par les monts Klamath. La façade océanique suit entièrement le relief des chaînes côtières du Pacifique au-delà desquelles s'étend la Vallée Centrale sur les contreforts de la Sierra Nevada.

L'exploration européenne commence au XVIe siècle ; la Californie est alors occupée par diverses tribus nord-amérindiennes. Le territoire est progressivement intégré à la Nouvelle-Espagne, puis rattaché au Mexique indépendant en 1821. Dans l'élan de la guerre américano-mexicaine, la république de Californie (appelée aussi « République du drapeau à l'ours ») proclame son indépendance le , interdit l'esclavage et se dote d'une Constitution en 1849, puis adhère à l'Union américaine le . La ruée vers l'or transforme profondément l'État, faisant de la Californie le symbole du « rêve américain », la population de San Francisco augmentant alors de manière exponentielle. Dans les années 1920, la population de Los Angeles dépasse en nombre celle de San Francisco grâce à l'effet conjugué du développement de l'agriculture, de la découverte de pétrole et de l'ouverture du canal de Panama. À partir des années 1980, la Silicon Valley au sud de San Francisco devient le premier pôle mondial des hautes technologies[3].

L'économie californienne est la plus importante des États-Unis, avec un produit brut de l'État (PBE) de 4 080 milliards de dollars en 2024. C'est la plus grande économie infranationale du monde. Si la Californie était un État, elle se classerait au quatrième rang mondial en termes de PIB nominal, derrière l'Allemagne et devant le Japon. En outre, la Silicon Valley californienne abrite certaines des entreprises technologiques les plus importantes au monde, notamment Apple, Alphabet, Meta et Nvidia[8]. [Au total, 78 sociétés Fortune 100 et 337 sociétés Fortune 500 ont leur siège en Californie ; d'ici 2024, la Californie sera l'État américain qui comptera le plus grand nombre de sociétés Fortune 500.

Les métropoles les plus peuplées de l'État sont le Grand Los Angeles (18,4 millions d'habitants), capitale mondiale du cinéma, la région de la baie de San Francisco (8,5 millions d'habitants), capitale mondiale de la haute technologie et lieu historique de la contre-culture, San Diego (3,2 millions d'habitants), grand centre militaire, médical et pharmacologique, Sacramento (2,5 millions d'habitants), capitale de l'État, et Fresno (1,1 million d'habitants), capitale agricole de l'État, située au cœur de la vallée de San Joaquin. Son économie est particulièrement dynamique, diversifiée et puissante. Il s'agit en effet du premier État des États-Unis en termes de produit intérieur brut (PIB), estimé à 4 080 milliards de dollars en 2024. L'innovation est l'atout majeur californien et se traduit par la présence de centres de recherche, d'universités prestigieuses[N 1] et de pôles de techniques de pointe. À elle seule, la Californie représente plus du quart de la totalité des brevets déposés aux États-Unis alors qu’elle ne représente que 10 % de la population du pays[4]. La Californie est également devenue le premier État des États-Unis pourvoyeur d'emploi industriel[N 2], s'appuyant notamment sur l'industrie innovante et à très haute valeur ajoutée, devançant ainsi les États industriels de la « Rust Belt », frappés par le déclin de l'industrie lourde. Le secteur de la culture a acquis une renommée mondiale grâce à l'industrie cinématographique de Hollywood et la production musicale. Enfin, l'État mise également fortement sur sa transition vers une économie verte. Il est ainsi devenu le premier État producteur et consommateur de produits issus de l'agriculture biologique[6], le premier État en termes de taux d'adoption de véhicules électriques[7] et le premier État producteur d'énergies renouvelables[8].

Histoire

Origine du nom

À l'origine, on désignait sous le nom de « Californie » un territoire bien plus vaste que l'État actuel, puisqu’il était composé de la totalité de la péninsule mexicaine, aujourd'hui connue sous le nom de Basse-Californie, et des terres qui se trouvent aujourd'hui dans les États de Californie, du Nevada, de l'Arizona, de l'Utah et du Wyoming (Haute-Californie).

En 1862, Edward Everett Hale suggère que le nom California pourrait être emprunté à l'ouvrage de fiction de Garci Rodríguez de Montalvo, Las sergas de Esplandián (1510), la suite du roman Amadis de Gaule[9],[10],[11]. Dans le récit de Montalvo, California est une île paradisiaque régie par la reine Calafia. Elle est présentée dans le livre comme une terre difficile à atteindre où l'or abonde, habitée par des Amazones vivant dans des cavernes, et par d’étranges animaux.

En 1917, l'écrivaine Ruth Putnam émet l'hypothèse que le nom California cité dans ce roman pourrait avoir été inspiré par la Chanson de Roland, du XIe siècle, qui cite Califerne[12],[13], un lieu inconnu par ailleurs. Comme Las Sergas de Esplandián, la Chanson de Roland raconte des guerres entre une coalition de chrétiens et une coalition de païens. Pour l'historien Charles E. Chapman, « il ne fait aucun doute qu'un homme érudit comme Ordóñez de Montalvo connaissait la Chanson de Roland... Cette origine du mot California ne pourra peut-être jamais être prouvée, mais elle est plausible aussi – et, peut-on ajouter, trop intéressante pour être négligée »[14]. L'historien français Prosper Boissonnade écrit en 1923 qu'une ville fortifiée nommée Kal-Ifrene ou Kalaa-Ifrene était située à environ quatre jours de marche au sud de Bougie en Algérie. Au XIe siècle, la ville était une place forte occupée par la tribu berbère des Beni-Ifrene, crainte et respectée par les guerriers chrétiens. Pour Boissonnade, cette ville pouvait être la Califerne de la Chanson de Roland[15]. Cependant, pour l'étymologiste californien Erwin G. Gudde (1889-1969), « il ne fait aucun doute que le ménestrel qui a composé l'épopée voulait dire les Arabes, le peuple de la terre du calife, c’est-à-dire le souverain suprême, titre porté pendant des siècles par les successeurs de Mohammed »[16].

Par ailleurs, d'après Gudde, il est possible que Montalvo se soit directement inspiré du mot calife (« les titres califa et califato étaient aussi courants en espagnol que dans d’autres langues européennes »)[16].

D'autres auteurs suggèrent que l'étymologie du nom California aurait un rapport plus étroit avec les premiers colons espagnols qui, lorsqu'ils y arrivèrent par les régions du Sud, trouvèrent dans la contrée des sources liées à la tectonique locale « chaudes comme un four » (cali = chaud, fornia = four) ou encore comme des « fourneaux chauds » (caliente fornalia en castillan). L'expression latine calida fornax, « climat chaud », en latin. Le golfe de Californie apparaît sur des cartes datant des années 1560[10].

Occupation autochtone

Les plus anciens ossements humains retrouvés en Californie sont vieux de 10 000 à 13 000 années[17] : ils ont été mis au jour dans l'île Santa Rosa en 1959-1960. La région a d'abord été occupée par les Amérindiens organisés en de nombreuses tribus : Quechans, Chumash, Maidu, Miwoks, Modocs, Mojaves, Salinan, Ohlones et Tongvas.

Exploration européenne

Carte de la Californie vue par les Européens vers 1650.

La Californie est découverte au XVIe siècle par les Espagnols : en 1539, Francisco de Ulloa longe les côtes occidentales du Mexique ainsi que le golfe de Californie et apporte ainsi la preuve que la Basse-Californie est une péninsule[18] ; en dépit de cette découverte, la croyance que la Californie est une île demeure en Europe. En 1542, Pedro de Alvarado, soutenu par Antonio de Mendoza, premier vice-roi de Nouvelle-Espagne, envoie João Rodrigues Cabrilho explorer le Sud de la Californie pour le compte de la couronne d'Espagne. En 1602, Sebastián Vizcaíno poursuit l'exploration de la côte jusqu'à la baie de Monterey. Officiellement, ces nouveaux territoires appartiennent à la Nouvelle-Espagne, mais il faut attendre 1765 pour qu'ils soient colonisés sous l'impulsion du roi Charles III. En 1768-1770, une expédition terrestre dirigée par Gaspar de Portolà passe par les villes actuelles de San Diego, Los Angeles, Santa Barbara et atteint la baie de San Francisco[19].

Les Espagnols ne sont pas les seuls à s'intéresser à la Californie à l'époque moderne. Dès 1579, l'Anglais Francis Drake prend possession de la Californie, qu'il baptise Nova Albion. Au XVIIIe siècle, les Britanniques (James Cook, George Vancouver) et les Français (Jean-François de La Pérouse) explorent le nord de la Californie. Au début du XIXe siècle, les Russes viennent y chercher des fourrures.

Colonisation espagnole

Mission San Carlos Borromeo.

La colonisation espagnole repose sur trois piliers : les missions, qui convertissent les Amérindiens, les presidios (San Diego, Santa Barbara, Monterey, San Francisco, etc.), forts qui assurent la défense du territoire, et enfin les pueblos (villages), où résident les colons. Le pueblo de Los Angeles est établi en 1781[20].

Les premières missions espagnoles de Californie sont fondées en 1769-1770 par le franciscain Junípero Serra. En 1794, les neuf missions de Californie regroupent 4 650 Indiens et 38 franciscains[21]. Le nombre des missions atteint les 21 en 1821.

Au début du XIXe siècle apparaissent des rivalités entre les puissances coloniales. En 1812, les troupes russes érigent le Fort Ross dans le nord de la Californie. Des trappeurs et coureurs des bois canadiens français parcourent la région en quête de fourrure de castors, loutres et ours. Ils tracent la future piste de la Californie. D'autre part, des colons américains viennent s'installer en Californie par la piste de Santa Fe[22]. En 1819, la signature du traité d'Adams-Onís fait du 42e parallèle la frontière nord de la Californie, qui n'a pas changé depuis.

En 1816, le corsaire argentin Hippolyte Bouchard prend, pendant quelques semaines, les principaux ports de l'Alta California. Deux ans plus tard, il est de retour. Le , la vigie de la pointe des Pins, située à une extrémité de la baie de Monterey, aperçoit deux navires argentins. Sur les bateaux dirigés par Bouchard, il y a 200 hommes, 130 armés de fusils et 70 armés de lances. À l'aube du 24 novembre, Bouchard ordonne à ses hommes de débarquer. Ils accostent à environ une lieue du fort, dans une cache sur les hauteurs. La résistance du fort est très faible, et après une heure de lutte est hissé le drapeau de l'Argentine[23][réf. incomplète]. Les Argentins tiennent la ville pendant six jours, pendant lesquels ils volent le bétail, brûlent le fort, la caserne d'artillerie, la résidence du gouverneur et les maisons des Espagnols avec leurs vergers et jardins[réf. nécessaire].

Les missions s'étendent de San Diego aux collines au nord de San Francisco. Elles sont construites par le travail forcé des indigènes. Des dizaines de milliers d'Amérindiens meurent de maladies, de malnutrition et de mauvais traitements pendant la période de la mission, qui dure jusqu'aux années 1830[24]. À cette époque, la population indigène de Californie est dévastée, y compris le peuple ohlone, ou costanoan, dont les terres comprenaient autrefois une grande partie de la région de la baie de San Francisco. Plus de 8 000 Ohlones périssent entre 1776 et 1833 ; sur une population d'environ 30 000 avant la colonisation, il reste moins de 100 Ohlones dans les années 1920[24].

Californie mexicaine

Après la guerre d'indépendance du Mexique (1810-1821), la Californie devient une province de ce pays. La politique du gouvernement mexicain reconduit le système des missions, jusqu'à ce que le Parti démocratique le dissolve le par décret. Par ailleurs, Mexico encourage l'immigration massive et l'élevage se développe en Californie. Dans un second temps, les immigrés fraîchement arrivés sont à nouveau chassés après l’entrée au gouvernement de Santa Anna, qui cherche à reconduire les missions. Ces événements font naître une animosité forte et durable entre la Californie et le gouvernement mexicain.

En 1845, la fédération des États-Unis annexe la république du Texas, ce qui provoque la guerre américano-mexicaine. Dès 1846, des immigrés américains proclament l’indépendance de la république de Californie (appelée aussi « République du drapeau à l'ours », Bear Flag Republic). Les armées de Zachary Taylor et de Winfield Scott finissent par vaincre les Mexicains. Par le traité de Guadalupe Hidalgo signé le , le Mexique doit céder un vaste territoire aux États-Unis (désigné sous le nom de cession mexicaine) dont fait partie la Californie[réf. nécessaire].

Ruée vers l'or

« Un nouveau et superbe clipper partant pour San Francisco », publicité pour le voyage vers la Californie publiée à New York dans les années 1850.

En 1840, le Suisse John Sutter obtient une gigantesque concession au confluent des rivières American et Sacramento. Il développe à cet endroit un immense domaine agricole qu'il appelle « Nouvelle-Helvétie » sur lequel il pratique l'élevage et diverses activités artisanales[25]. C'est sur le site de Sutter's Mill qu'est découvert de l'or le [26]. La nouvelle provoque l'afflux de plusieurs milliers d'immigrants américains mais aussi européens. Cette ruée vers l'or provoque un important essor urbain (Sacramento, San Francisco, Stockton) et affaiblit les Amérindiens dont le nombre passe de 150 000 en 1846 à 30 000 en 1870[27].

Débuts de l'État de Californie

En 1849, la convention constituante de Monterey [28] décide à l'unanimité d'interdire l'esclavage, met en place un gouvernement provisoire qui administre la région pendant dix mois et rédige la première constitution de la Californie. Le , la Californie devient le 31e État de l’Union, grâce au compromis de 1850. Durant la guerre de Sécession (1861-1865), le Golden State s’allie aux Nordistes. Pendant les années 1870-1890, le développement du chemin de fer permet à la Californie de se rattacher aux États de l'est. Le premier chemin de fer transcontinental est inauguré en 1869. Le réseau ferroviaire est complété par la Southern Pacific Railroad[29] et l'Atchison, Topeka and Santa Fe Railroad. San Francisco compte 70 000 habitants dès 1862 et la ville profite de la création de centaines de compagnies minières du Comstock Lode, dont les actions s'échangent sur la Bourse de San Francisco, produisant plusieurs millionnaires qui animent la vie politique et dotent la ville de bâtiments superbes pour l'époque : James Graham Fair, John William MacKay, James C. Flood et leur Banque du Nevada, Adolph Sutro, William Sharon et sa Bank of California ou encore John P. Jones et Alvinza Hayward.

Entre 1851 et 1856, on assiste à une montée en puissance des « Committees of Vigilance », des groupes qui profitent du manque d’autorité et de l’instabilité du gouvernement pour exercer leur propre loi. Ces comités, qui pensent que le gouvernement est miné par la corruption, se donnent la tâche de punir les criminels, mais aussi d’expulser les immigrants voire de les assassiner, surtout des Irlandais. Ceux-ci subissent de nombreux lynchages. Ces groupes sont financés par des hommes d'affaires ou des propriétaires terriens[30].

La Californie impose en 1854 une nouvelle taxe aux étrangers non éligibles à la naturalisation, celle-ci étant réservée aux « personnes libres et blanches »[31].

Essor démographique et économique

Los Angeles dans les années 1920.

La Californie du Sud connaît un développement spectaculaire pendant la première moitié du XXe siècle. L'agriculture se modernise. Du pétrole est découvert dans le bassin de Los Angeles, dans les années 1920. Les compagnies de cinéma comme la MGM, Universal et Warner Bros. achètent toutes des terres à Hollywood. L'ouverture du canal de Panama en 1914 stimule le port de Los Angeles[32].

En 1913, la Californie interdit aux Japonais d'acquérir des terres et les désigne non éligibles à la naturalisation — au même titre que les Chinois et les Coréens —, ce qui suscite des tensions diplomatiques avec le Japon[31].

La population augmente rapidement et d'importants aménagements sont réalisés comme l'aqueduc de Los Angeles (1908). La Lincoln Highway, la première route transcontinentale construite pour les véhicules motorisés, achevée en 1913, est un facteur clé du développement de l’industrie et du tourisme dans l’État. La U.S. Route 66 est terminée en 1926.

Cependant, la Grande Dépression des années 1930 met fin à l'optimisme et provoque l'augmentation du chômage. La Seconde Guerre mondiale entraîne un nouvel essor de la Californie qui voit s'implanter des industries de guerre (aéronautique, chantiers navals[33]). C'est à cette époque que les Japonais de l'État sont enfermés dans des camps[réf. nécessaire] et que les Afro-Américains viennent s'installer en masse.

Après la guerre, l’immobilier remplace les industries du pétrole et de l’agriculture comme principal domaine d’activité en Californie du Sud. L'État se modernise : à Los Angeles, la première autoroute de tout l'Ouest américain, la 110 Freeway, est achevée en 1953 ; en 1955, Disneyland ouvre à Anaheim. Les années 1960 sont aussi une période de tensions et de bouleversements sociaux. La Californie devient l'État le plus peuplé des États-Unis et attire de nombreux Américains. Les étudiants s’opposent à la guerre du Viêt Nam par de nombreuses grèves et manifestations, notamment à l'université de Californie à Berkeley. La Californie devient un foyer de nouveaux mouvements culturels comme ceux des beatniks et des hippies à Haight-Ashbury et Venice West[34]. Le , des émeutes raciales explosent à Watts, un quartier de Los Angeles : 34 personnes sont tuées et plus d'un millier sont blessées[35],[36]. En 1966, les électeurs de Californie obtiennent par référendum l’annulation de dispositions favorables à la mixité raciale du logement[37].

Dans les années 1980, l'économie californienne se classe au huitième rang mondial. La Silicon Valley devient un centre majeur de haute technologie[3]. La préservation de l'environnement, le risque sismique, les tensions raciales (les émeutes de 1992 à Los Angeles font environ 50 morts[38]) et l’immigration sont les enjeux auxquels doit faire face la Californie, dont le visage s’est profondément transformé au cours du XXe siècle.

Géographie

Généralités

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Carte du relief californien.
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La vallée de Yosemite.

Avec 423 970 km2[39], la Californie est le troisième plus grand État des États-Unis après l'Alaska et le Texas. Elle appartient à l'Ouest américain et à la région de la Sun Belt. Bordée à l'ouest par l'océan Pacifique, au nord par l'Oregon, à l'est par le Nevada et l'Arizona, elle possède une frontière avec le Mexique au sud.

Elle s'étend en latitude de 42° N[N 3] à 32° 30’ N[N 4],[39],[40], ce qui lui confère une longueur nord-sud d'environ 1 300 km[41], ainsi qu'entre 114° 8' W au sud du barrage de Parker et 124° 24' W au cap Mendocino[41]. Sa largeur varie entre 240 et 400 km[41]. La Californie se trouve dans le fuseau horaire des États du Pacifique (UTC−08:00).

Relief

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Steve Dunleavy from Lake Tahoe, NV, United States
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Ansel Adams Wilderness dans l'Est de la Californie.

Le relief californien est marqué par la diversité : les altitudes varient entre 86 mètres[39] en dessous du niveau moyen de la mer (Badwater, vallée de la Mort) à 4 421 mètres au mont Whitney, le plus haut sommet des États-Unis en dehors de l'Alaska (Sierra Nevada).

L’organisation du relief est à peu près méridienne : le Grand Bassin occupe les marges orientales de l'État ; il est bordé par la Sierra Nevada, la plus haute chaîne. Au nord se trouvent plusieurs systèmes montagneux (chaîne des Cascades, monts Klamath) et des plateaux (plateau de Modoc). La Vallée Centrale de Californie est encadrée par la Sierra Nevada à l'est et les chaînes côtières du Pacifique (Chaînes côtières californiennes) à l'ouest.

La disposition longitudinale du relief s’explique par une orogenèse particulière : les formes du relief californien résultent directement ou indirectement de la tectonique des plaques. La plaque pacifique glisse lentement en direction du nord-ouest, le long de la plaque continentale nord-américaine. Ce frottement provoque des séismes, notamment sur la faille de San Andreas qui court du golfe de Californie au nord de San Francisco. Des milliers de tremblements de terre imperceptibles ont lieu chaque année, mais les Californiens redoutent The Big One, un violent séisme qui ferait beaucoup de victimes, à l’instar du séisme de 1906 à San Francisco.

L'État se dote d'un système de surveillance et d'alerte sismique. Les gratte-ciel de Los Angeles et de San Francisco respectent les normes de construction parasismique. Les séismes peuvent également se produire dans l’océan Pacifique et provoquer des tsunamis.

Littoral

Big Sur, côte centrale sur l'océan Pacifique.

Le littoral californien, qui mesure environ entre 1 350 km (840 miles) de longueur[42] et 5 000 km en comptant les baies[41], est échancré par de nombreux golfes, baies (baie de Humboldt, baie de San Francisco, baie de Monterey, baie de Santa Monica, etc.), des caps (cap Mendocino, Point Reyes, par exemple) et estuaires (de la Klamath, du Sacramento, du San Joaquin). Les étendues plates sont relativement étroites (sauf le bassin de Los Angeles et dans la Vallée Centrale). À Big Sur, la chaîne granitique plonge à pic dans l'océan, créant un paysage d'escarpement littoral préservé et faiblement peuplé : le chaînon Santa Lucia offre ainsi des falaises de 240 mètres qui dominent l'océan[43]. L'érosion est intense dans certains secteurs, à cause de la houle et des aménagements humains.

Les îles sont petites et peu nombreuses : les îles Farallon à l’ouest de San Francisco, l'île d'Alcatraz dans la baie de San Francisco, les Channel Islands de Californie au large de Santa Barbara et de Los Angeles.

Le courant de Californie, qui s'étire sur environ 2 500 km est relativement froid et apporte des brouillards. Il est en relation avec le phénomène des upwellings : ces remontées d'eau froide venant des profondeurs sont riches en nutriments qui attirent une abondante faune sous-marine. La houle et les vagues sont des phénomènes omniprésents : ils permettent la pratique du surf.

Hydrologie

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Christian Abend from Laufen an der Salzach, Bayern / Deutschland
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Lac Tahoe, dans la Sierra Nevada.

La ligne de partage des eaux se trouve dans la Sierra Nevada : la majorité des cours d'eau de la Californie se jette dans l'océan Pacifique. Les rivières et les fleuves côtiers coulent de façon parallèle aux chaînes, jusqu'à ce qu'ils se fraient un passage vers la Vallée Centrale ou le Pacifique. La plupart des fleuves californiens ont un régime hydrologique d’écoulement en haute montagne[44]. Seuls les cours d’eau des régions désertiques ont un régime endoréique et certains sont à sec de façon définitive ou temporaire. Le Colorado marque la frontière entre la Californie et l'Arizona. Les deux plus grands coulent dans la Vallée Centrale de Californie : au nord, le Sacramento (615 km[45]) ; au sud, le San Joaquin (560 km[46]).

4,7 %, soit 20 037 km2 du territoire californien, est sous l'eau[39]. L'État compte de nombreux lacs : le plus étendu est la Salton Sea, dans la Vallée impériale, mais il s'agit d'un lac artificiel. La Sierra Nevada constitue le château d’eau de la Californie : ainsi, le lac Tahoe est le plus grand lac de la chaîne. Situé à 1 867 mètres d'altitude, il mesure 19 km de large et 35 km de long, pour une superficie d'environ 502 km2. Avec ses 495 mètres de profondeur, il est le troisième lac le plus profond d'Amérique du Nord et le huitième du monde[47].

Climat

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Le désert des Mojaves, une région aride du Sud de la Californie.

Dans l'imaginaire collectif, la Californie est réputée pour son climat méditerranéen. En réalité, l'État présente une importante variété de conditions. Trois éléments entrent en jeu pour comprendre le climat californien : le courant de Californie, le relief et la latitude.

Le courant froid de Californie entretient le long de la côte un climat tempéré. Au-dessus des terres, les courants ascendants aspirent l'air marin, dont l'humidité se condense et forme des brouillards tenaces. La disposition longitudinale du relief est en cause dans la répartition des précipitations et des températures. Au fur et à mesure qu'on s'éloigne vers l'intérieur du continent, les précipitations diminuent : la Vallée Centrale reçoit peu d'eau[N 5]. En arrivant sur les contreforts de la Sierra Nevada, les nuages montent en altitude et déversent leurs précipitations abondantes sur la chaîne de montagnes : ainsi, dans le Blue Canyon près du lac Tahoe, le total des précipitations est de 1 685 mm par an[39]. Ces précipitations alimentent les rivières et façonnent les canyons.

Si la situation du relief agit sur les précipitations, les températures évoluent en fonction de l'altitude, mais aussi selon la latitude : la Californie du Sud est plus sèche et plus chaude que la Californie du Nord. Au sud-est de l'État s'étendent des régions désertiques ou semi-désertiques, très dissemblables selon leur latitude : par exemple, la Vallée impériale reçoit 76 mm de pluie par an[39]. À Alturas, dans le comté de Modoc, dans le coin nord-est, le nombre de jours de gel par an est de 254 à 1 300 mètres d’altitude[39]. Il ne gèle jamais dans le centre de San Francisco, Los Angeles ou San Diego.

Le record de froid est de –43 °C enregistré le à Boca dans l'est[48].

Les risques liés aux aléas climatiques sont nombreux : le nord est menacé par les inondations provoquées par des précipitations abondantes ou par la fonte des neiges sur les montagnes au printemps[43]. Dans le Sud, c'est la sécheresse qui pose des problèmes : la vallée de la Mort est l'endroit le plus chaud et le plus sec d'Amérique du Nord[43],[41]. Certains secteurs reçoivent moins de 50 mm annuels de précipitations[49] et sont hyperarides[50]. 57,1 °C ont été mesurés[51] le dans le parc national de la vallée de la Mort. La région de Los Angeles et de Santa Barbara est régulièrement dévastée par les incendies en été. Le régime des précipitations peut en outre être perturbé par l'apparition d'El Niño dans l'océan Pacifique.

Ainsi, en 2014, la Californie a subi une forte sécheresse à la suite d'une crête persistante sur la côte pacifique[52], qui a mis à mal ses réserves d'eau de secours[53] et certaines cultures (vignes notamment). Des modélisations météo-climatiques prospectives laissent craindre une « méga-sécheresse » s'installant de 2050 à 2099 et qui pourrait durablement toucher la Californie[54]. En 2018, la Californie a été ravagée par des incendies ; le « Camp Fire » a été l'un des feux de forêt les plus meurtriers de l'histoire récente des États-Unis (au moins 88 morts)[55].

Données climatiques[56]
Station Région Latitude (N) Longitude (O) Altitude (m) Précipitations (mm) Températures
(°C)
Nb de jours de gel
Alturas Plateau de Modoc 41° 30’ 120°32' 1117 308 8,2 254
San Francisco Littoral centre 37° 46’ 122 °26’ 53 566 14,6 0
Bakersfield Vallée centrale 35° 26’ 119° 03’ 149 164 18,3 0
Los Angeles Littoral sud 34° 02’ 118° 18’ 56 384 19 0
Vallée impériale Désert du Colorado 32° 51’ 115° 34’ - 19 76 22,3 0

En 2020, l'incendie de forêt a commencé en Californie par des dizaines de milliers d'éclairs, alimentés par la chaleur et une faible humidité. Il a enregistré le deuxième incendie le plus dévastateur de l'histoire de la Californie[57].

Écologie

Le séquoia à feuilles d'if (Sequoia sempervirens), symbole de la Californie.

La Californie est l'une des régions les plus riches et les plus diversifiées du monde sur le plan écologique. Elle fait partie de l'écozone néarctique et compte de nombreuses écorégions terrestres. Cependant, certains de ses écosystèmes subissent l'urbanisation, l'exploitation forestière et l'introduction d’espèces exotiques et sont donc menacés. 40 % du territoire californien est couvert de forêts[58].

Le colin de Californie (Callipepla californica), le grizzli (Grizzly de Californie, Ursus arctos californicus, disparu de l’État depuis 1922), la baleine grise (Eschrichtius robustus), l’Hypsypops rubicundus (poisson) et le papillon Zerene eurydice sont des animaux représentatifs de l’État[59].

Dans la faune endémique, on compte également :

Pour ce qui concerne la flore, c'est en Californie que l'on recense les arbres les plus grands du monde (en volume, le Séquoia géant, et en hauteur, le Séquoia à feuilles d'if) et les arbres les plus vieux du monde (pin Bristlecone). Les plantes herbacées indigènes en Californie sont en majorité des plantes vivaces[60]. Après l'arrivée des Européens, elles ont été en grande partie remplacées par les espèces invasives herbacées annuelles du Vieux Continent. Les collines californiennes sont connues pour leur couleur brun-or caractéristique en été.

La flore présente dans cette région des États-Unis est adaptée à des températures extrêmes. Ainsi la sève des arbres de cette zone a des propriétés remarquables contre le froid. En revanche l'été, cette sève est très hautement inflammable. Ainsi des incendies ravagent rapidement certaines parties non-urbanisées du Sud de la Californie. Des forages dans cette zone ont montré que depuis la dernière glaciation, cette zone a subi d'innombrables feux de forêt sans provoquer la destruction de la faune et de la flore. En effet, les prélèvements montrent qu'au fil des événements cataclysmiques, la faune s'est reconstituée assez rapidement tout en se diversifiant.

Régions

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Nicolas Vollmer from Munich [Allemagne]
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La baie de San Francisco peut être considérée comme une région de la Californie.

La Californie peut être divisée en plusieurs régions géographiques : la Vallée Centrale, le Triangle d'émeraude, la région de la baie de San Francisco, Wine Country, la Californie du Nord, la Californie du Sud, la Côte centrale, Gold Country, le Grand Los Angeles, Inland Empire ou encore la Silicon Valley.

Aires protégées

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Bachelot Pierre J-P
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Parc national de la vallée de la Mort.
Port Chicago Naval Magazine National Memorial.
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Parc national de Yosemite.

La Californie compte 34 aires protégées gérées par le National Park Service[61] :

Subdivisions administratives

Comtés

L’État de Californie est divisé en 58 comtés[62].

Agglomérations

Aires métropolitaines et micropolitaines

Le Bureau de la gestion et du budget a défini vingt-six aires métropolitaines et huit aires micropolitaines dans l'État de Californie.

Aires métropolitaines
Zone urbaine Population (2010) Population (2013) Variation (2010-2013) Rang national (2013)
Los Angeles-Long Beach-Anaheim, CA 12 828 837 13 131 431 2,4 % 2
San Francisco-Oakland-Hayward, CA 4 335 391 4 516 276 4,2 % 11
Riverside-San Bernardino-Ontario, CA 4 224 851 4 380 878 3,7 % 13
San Diego-Carlsbad, CA 3 095 313 3 211 252 3,8 % 17
Sacramento-Roseville-Arden-Arcade, CA 2 149 127 2 215 770 3,1 % 27
San Jose-Sunnyvale-Santa Clara, CA 1 836 911 1 919 641 4,5 % 34
Fresno, CA 930 450 955 272 2,7 % 56
Bakersfield, CA 839 631 864 124 2,9 % 62
Oxnard-Thousand Oaks-Ventura, CA 823 318 839 620 2,0 % 66
Stockton-Lodi, CA 685 306 704 379 2,8 % 78
Modesto, CA 514 453 525 491 2,2 % 103
Santa Rosa, CA 483 878 495 025 2,3 % 105
Visalia-Porterville, CA 442 179 454 143 2,7 % 111
Santa Maria-Santa Barbara, CA 423 895 435 697 2,8 % 120
Salinas, CA 415 057 428 826 3,3 % 121
Vallejo-Fairfield, CA 413 344 424 788 2,8 % 122
San Luis Obispo-Paso Robles-Arroyo Grande, CA 269 637 276 443 2,5 % 167
Santa Cruz-Watsonville, CA 262 382 269 419 2,7 % 174
Merced, CA 255 793 263 228 2,9 % 176
Chico, CA 220 000 222 090 1,0 % 198
Redding, CA 177 223 178 980 1,0 % 230
El Centro, CA 174 528 176 584 1,2 % 232
Yuba City, CA 166 892 168 690 1,1 % 242
Madera, CA 150 865 152 389 1,0 % 265
Hanford-Corcoran, CA 152 982 150 960 -1,3 % 269
Napa, CA 136 484 140 326 2,8 % 289
Aires micropolitaines
Zone urbaine Population (2010) Population (2013) Variation (2010-2013) Rang national (2013)
Eureka-Arcata-Fortuna, CA 134 623 134 493 -0,1 % 10
Truckee-Grass Valley, CA 98 764 98 200 -0,6 % 32
Ukiah, CA 87 841 87 192 -0,7 % 54
Clearlake, CA 64 665 63 860 -1,2 % 128
Red Bluff, CA 63 463 63 057 -0,6 % 131
Sonora, CA 55 365 53 874 -2,7 % 180
Susanville, CA 34 895 32 163 -7,8 % 416
Crescent City, CA 28 610 27 873 -2,6 % 447

En 2010, 99,3 % des Californiens résidaient dans une zone à caractère urbain, dont 97,7 % dans une aire métropolitaine et 1,5 % dans une aire micropolitaine.

L'aire métropolitaine de Los Angeles-Long Beach-Anaheim était la 2e aire métropolitaine la plus peuplée des États-Unis en 2013 après celle de New York-Newark-Jersey City (19 949 502 habitants). En 2010, elle regroupait à elle seule 34,4 % de la population de l'État.

Aires métropolitaines combinées

Le Bureau de la gestion et du budget a également défini sept aires métropolitaines combinées dans l'État de Californie.

Aires métropolitaines combinées
Zone urbaine Population (2010) Population (2013) Variation (2010-2013) Rang national (2013)
Los Angeles-Long Beach, CA 17 877 006 18 351 929 2,7 % 2
San Jose-San Francisco-Oakland, CA 8 153 696 8 469 854 3,9 % 5
Sacramento-Roseville, CA 2 414 783 2 482 660 2,8 % 22
Fresno-Madera, CA 1 081 315 1 107 661 2,4 % 49
Modesto-Merced, CA 770 246 788 719 2,4 % 62
Visalia-Porterville-Hanford, CA 595 161 605 103 1,7 % 80
Redding-Red Bluff, CA 240 686 242 037 0,6 % 121

En 2013, les aires métropolitaines combinées de Los Angeles-Long Beach et de San Jose-San Francisco-Oakland étaient respectivement les 2e et 5e aires métropolitaines combinées les plus peuplées des États-Unis, la première devancée par celle de New York-Newark (23 484 225 habitants) et la seconde devancée par celles de Chicago-Naperville (9 912 730 habitants) et Washington-Baltimore-Arlington (9 443 180 habitants). En 2010, les aires métropolitaines combinées de Los Angeles-Long Beach et San Jose-San Francisco-Oakland regroupaient respectivement 48,0 % et 21,9 % de la population de l'État.

Municipalités

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Los Angeles.
San Diego.
San Francisco.

L'État de Californie compte 482 municipalités[63], dont 36 de plus de 150 000 habitants.

Municipalités de plus de 150 000 habitants
Rang Municipalité Comté Population (2010) Population (2013) Variation (2010-2013)
1 Los Angeles Los Angeles 3 792 621 3 884 307 2,4 %
2 San Diego San Diego 1 307 402 1 355 896 3,7 %
3 San José Santa Clara 945 942 998 537 5,6 %
4 San Francisco San Francisco 805 235 837 442 4,0 %
5 Fresno Fresno 494 665 509 924 3,1 %
6 Sacramento Sacramento 466 488 479 686 2,8 %
7 Long Beach Los Angeles 462 257 469 428 1,6 %
8 Oakland Alameda 390 724 406 253 4,0 %
9 Bakersfield Kern 347 483 363 630 4,6 %
10 Anaheim Orange 336 265 345 012 2,6 %
11 Santa Ana Orange 324 528 334 227 3,0 %
12 Riverside Riverside 303 871 316 619 4,2 %
13 Stockton San Joaquin 291 707 298 118 2,2 %
14 Chula Vista San Diego 243 916 256 780 5,3 %
15 Irvine Orange 212 375 236 716 11,5 %
16 Fremont Alameda 214 089 224 922 5,1 %
17 San Bernardino San Bernardino 209 924 213 708 1,8 %
18 Modesto Stanislaus 201 165 204 933 1,9 %
19 Oxnard Ventura 197 899 203 007 2,6 %
20 Fontana San Bernardino 196 069 203 003 3,5 %
21 Moreno Valley Riverside 193 365 201 175 4,0 %
22 Huntington Beach Orange 189 992 197 575 4,0 %
23 Glendale Los Angeles 191 719 196 021 2,2 %
24 Santa Clarita Los Angeles 176 320 179 590 1,9 %
25 Garden Grove Orange 170 883 175 140 2,5 %
26 Oceanside San Diego 167 086 172 794 3,4 %
27 Santa Rosa Sonoma 167 815 171 990 2,5 %
28 Rancho Cucamonga San Bernardino 165 269 171 386 3,7 %
29 Ontario San Bernardino 163 924 167 500 2,2 %
30 Elk Grove Sacramento 153 015 161 007 5,2 %
31 Lancaster Los Angeles 156 633 159 523 1,8 %
32 Corona Riverside 152 374 159 503 4,7 %
33 Palmdale Los Angeles 152 750 157 161 2,9 %
34 Salinas Monterey 150 441 155 662 3,5 %
35 Hayward Alameda 144 186 151 574 5,1 %
36 Pomona Los Angeles 149 058 151 348 1,5 %

En 2013, la Californie comptait 70 ou 23,7 % des 295 municipalités de plus de 100 000 habitants du pays.

La municipalité de Los Angeles était la 2e municipalité la plus peuplée des États-Unis en 2013 après celle de New York (8 405 837 habitants).

Les municipalités de San Diego (8e), San José (10e), San Francisco (14e), Fresno (34e), Sacramento (35e), Long Beach (36e) et Oakland (45e) suivaient dans ce classement.

Démographie

Population

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Densités de population en 2010 (en mille carré).
Historique des recensements
Ann. Pop.  
185092 597
1860379 994 +310,37 %
1870560 247 +47,44 %
1880864 694 +54,34 %
18901 213 398 +40,33 %
19001 485 053 +22,39 %
19102 377 549 +60,1 %
19203 426 861 +44,13 %
19305 677 251 +65,67 %
19406 907 387 +21,67 %
195010 586 223 +53,26 %
196015 717 204 +48,47 %
197019 953 134 +26,95 %
198023 667 902 +18,62 %
199029 760 021 +25,74 %
200033 871 648 +13,82 %
201037 253 956 +9,99 %
202039 538 223 +6,13 %
Est. 202439 431 263[1] −0,27 %
Bureau du recensement des États-Unis
Schéma représentant la population du comté, par tranche d'âge. En rouge, à gauche, les femmes, en bleu à droite, les hommes.
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Pyramide des âges de la Californie (2000).

Le Bureau du recensement des États-Unis rapporte une population de 39 538 223 habitants au , soit une hausse de 6,06 % depuis le recensement des États-Unis de 2010 qui tablait la population à 37 253 956 habitants[64]. Depuis 2010, l'État connaît la 18e croissance démographique la plus soutenue des États-Unis.

Évolution démographique
1850 1860 1870 1880 1890 1900
92 597379 994560 247864 6941 213 3981 485 053
1910 1920 1930 1940 1950 1960
2 377 5493 426 8615 677 2516 907 38710 586 22315 717 204
1970 1980 1990 2000 2010 2020
19 953 13423 667 90229 760 02133 871 64837 253 95639 538 223

Selon des projections démographiques publiées par l’AARP, la Californie devrait atteindre une population de 49 056 248 habitants en 2060 si les tendances démographiques actuelles se poursuivent, soit une hausse de 31,4 % par rapport à 2010[65].

Avec 39 538 223 habitants en 2020, la Californie était l'État le plus peuplé des États-Unis. Sa population comptait pour 11,9 % de la population du pays. Le centre démographique de l'État était localisé dans l'ouest du comté de Kern[66].

La Californie a dépassé l'État de New York pour devenir l'État le plus peuplé du pays en 1964[67],[68].

La Californie est plus peuplée que le Canada (37,7 millions d'habitants en 2020). Si elle était un État indépendant, elle serait le 36e État le plus peuplé du monde après la Pologne (38,5 millions d'habitants). Elle était également la 2e division territoriale la plus peuplée d'Amérique après l'État de São Paulo au Brésil (43,7 millions d'habitants).

Avec 92,33 hab./km2 en 2010, la Californie était le 11e État le plus dense des États-Unis.

Le taux d'urbains était de 95,0 % et celui de ruraux de 5,0 %[69]. L'État comptait le plus fort taux d'urbains du pays.

En 2010, le taux de natalité s'élevait à 13,7 ‰[70] (13,2 ‰ en 2012[71]) et le taux de mortalité à 6,3 ‰[72] (6,4 ‰ en 2012[73]). L'indice de fécondité était de 1,95 enfant par femme[70] (1,89 en 2012[71]). Le taux de mortalité infantile s'élevait à 4,7 ‰[72] (4,5 en 2012[73]). La population était composée de 24,95 % de personnes de moins de 18 ans, 10,53 % de personnes entre 18 et 24 ans, 28,19 % de personnes entre 25 et 44 ans, 24,93 % de personnes entre 45 et 64 ans et 11,40 % de personnes de 65 ans et plus. L'âge médian était de 35,2 ans[74].

Entre 2010 et 2013, l'accroissement de la population (+ 1 078 562) était le résultat d'une part d'un solde naturel positif (+ 847 471) avec un excédent des naissances (1 639 896) sur les décès (792 425), et d'autre part d'un solde migratoire positif (+ 235 315) avec un excédent des flux migratoires internationaux (+ 389 166) et un déficit des flux migratoires intérieurs (- 153 851)[75].

Depuis le début des années 1990, le solde migratoire intérieur de la Californie est largement déficitaire. Entre 1990 et 2012, la Californie a perdu près de 3,4 millions de résidents au titre de ces migrations. Entre 2000 et 2010, les États ayant le plus profité de ces migrations étaient des États de l’Ouest et du Sud, principalement le Texas (+ 225 111), l’Arizona (+ 211 933), le Nevada (+ 198 331), l’Oregon (+ 121 482), l’État de Washington (+ 88 719), le Colorado (+ 62 122), l’Idaho (+ 54 274), l’Utah (+ 45 634), la Géorgie (+ 39 574) et la Caroline du Nord (+ 38 638)[76]. Plus largement, environ 6,8 millions de personnes nées en Californie résidaient hors de Californie en 2012 (contre 2,7 millions en 1980)[77].

Selon des estimations de 2013, 71,9 % des Californiens étaient nés dans un État fédéré, dont 54,7 % dans l'État de Californie et 17,1 % dans un autre État (5,2 % dans le Midwest, 4,6 % dans le Sud, 3,9 % dans le Nord-Est, 3,5 % dans l'Ouest), 1,2 % étaient nés dans un territoire non incorporé ou à l'étranger avec au moins un parent américain et 26,9 % étaient nés à l'étranger de parents étrangers (52,6 % en Amérique latine, 37,2 % en Asie, 6,5 % en Europe, 1,7 % en Afrique, 1,3 % en Amérique du Nord, 0,7 % en Océanie). Parmi ces derniers, 48,6 % étaient naturalisés américains et 51,4 % étaient étrangers[78],[79].

Selon des estimations de 2012 effectuées par le Pew Hispanic Center, l'État comptait 2 450 000 immigrés illégaux, soit 6,3 % de la population[80]. Cela représentait la 2e plus forte proportion du pays après le Nevada (7,6 %).

Composition ethno-raciale

Selon le recensement des États-Unis de 2010, la population était composée de 57,59 % d'euro-américains, 13,05 % d'asiatiques (3,36 % de chinois, 3,21 % de philippins, 1,56 % de viêtnamiens, 1,42 % d'indiens, 1,21 % de coréens, 0,73 % de japonais), 6,17 % d'afro-américains, 0,97 % d'amérindiens, 0,39 % d'océaniens, 16,96 % de personnes appartenant à un autre groupe racial et 4,87 % de personnes multiraciales.

Les personnes multiraciales se décomposaient entre celles revendiquant deux cultures (4,49 %), principalement euro-américaine et autre (1,33 %), euro-américaine et asiatique (1,20 %), euro-américaine et amérindienne (0,56 %) et euro-afro-américaine (0,49 %), et celles revendiquant trois types culturels ou plus (0,38 %).

Les non hispaniques comptaient pour 62,38 % de la population avec 40,15 % d'euro-américains, 12,82 % d'asiatiques, 5,81 % d'afro-américains, 0,44 % d'amérindiens, 0,35 % d'océaniens, 0,23 % de personnes appartenant à un autre groupe culturel et 2,60 % de personnes multiculturelles, tandis que les hispaniques comptaient pour 37,62 % de la population, principalement des personnes originaires du Mexique (30,66 %), du Salvador (1,54 %), du Guatemala (0,89 %) et de Porto Rico (0,51 %)[74].

Les hispaniques se décomposaient en 46,4 % d'euro-américains , 1,4 % d'amérindiens, 1,0 % d'afro-américains, 0,6 % d'asiatiques, 0,1 % d'océaniens, 44,5 % de personnes appartenant à un autre groupe racial et 6,0 % de personnes multiraciales et représentaient 55,3 % des amérindiens, 30,3 % des euro-américains, 10,9 % des océaniens, 5,9 % des afro-américains, 1,8 % des asiatiques, 98,6 % des personnes appartenant à un autre groupe culturel et 46,6 % des personnes multiculturelles[74].

Composition ethno-raciale[81] issue du recensement des États-Unis de 2010
Population Personnes
mono-culturelles
euro-américains Asiatiques afro-américains Amérindiens Océaniens Autres Personnes
multiculturelles
Population 37 253 956 35 438 572 21 453 934 4 861 007 2 299 072 362 801 144 386 6 317 372 1 815 384
———% 95,13 57,59 13,05 6,17 0,97 0,39 16,96 4,87
Non hispaniques 23 240 237 22 271 541 14 956 253 4 775 070 2 163 804 162 250 128 577 85 587 968 696
———% 62,38 59,78 40,15 12,82 5,81 0,44 0,35 0,23 2,60
Hispaniques 14 013 719 13 167 031 6 497 681 85 937 135 268 200 551 15 809 6 231 785 846 688
———% 37,62 35,34 17,44 0,23 0,36 0,54 0,04 16,73 2,27

En 2010, l'État de Californie avait la 2e plus forte proportion d'asiatiques après Hawaï (38,60 %), la 3e plus forte proportion d'hispaniques après le Nouveau-Mexique (46,30 %) et le Texas (37,62 %) ainsi que la 6e plus forte proportion d'océaniens des États-Unis. Inversement, l'État avait la 2e plus faible proportion d'euro-américains après Hawaï (22,74 %) et la 2e plus faible proportion d'euro-américains non hispaniques après Hawaï (24,74 %).

L'État comptait également le plus grand nombre d'euro-américains, d'euro-américains non hispaniques, d'hispaniques, d'asiatiques, d'amérindiens et d'océaniens des États-Unis, ainsi que le 5e plus grand nombre d'afro-américains après l'État de New York (3 073 800), la Floride (2 999 862), le Texas (2 979 598) et la Géorgie (2 950 435).

L'État regroupait à lui seul 33,1 % des asiatiques, 27,8 % des hispaniques et 26,7 % des océaniens résidant aux États-Unis.

Plus largement, l'État regroupait 19,9 % des personnes appartenant à une minorité aux États-Unis.

À l'instar du Texas (45,33 %), du Nouveau-Mexique (40,49 %) et d'Hawaï (22,74 %), la Californie est un État aux minorités majoritaires, concept selon lequel la population blanche non hispanique représente moins de la moitié de la population.

En 2013, le Bureau du recensement des États-Unis estime la part des non hispaniques à 61,6 %, dont 38,8 % de Blancs, 13,4 % d'asiatiques, 5,7 % d'afro-américains et 2,8 % de Métis, et celle des hispaniques à 38,4 %[82].

Depuis 2014, la Californie compte plus d'hispaniques que d'euro-américains non hispaniques[83].

Historique récent de la composition ethno-raciale de la Californie (en %)[84],[85],[74]
1910 1920 1930 1940 1950 1960 1970 1980 1990 2000 2010
Euro-américains 95,04 95,27 95,26 95,50 93,66 91,97 89,01 76,18 68,97 59,55 57,59
———Non hispaniques 66,60 57,22 46,70 40,15
Asiatiques (et Océaniens jusqu'en 1980) 3,36 3,09 2,97 2,43 1,74 2,03 2,77 5,30 9,19 10,92 13,05
———Non hispaniques 10,77 12,82
Afro-américains 0,91 1,13 1,43 1,80 4,37 5,62 7,02 7,69 7,42 6,68 6,17
———Non hispaniques 7,03 6,44 5,81
Amérindiens 0,69 0,51 0,34 0,27 0,19 0,25 0,46 0,85 0,81 0,98 0,97
———Non hispaniques 0,62 0,53 0,44
Autres 0,04 0,13 0,74 9,98 13,61 21,87 22,22
———Non hispaniques 3,18 3,16
Hispaniques (tous types confondus) 19,20 25,83 32,38 37,62

La Californie connaît depuis le début des années 1940 une baisse continue de la part de la population blanche non hispanique au sein de la population totale, marquée fortement depuis le début des années 1960 en raison notamment d'une immigration importante en provenance de l'Amérique latine et de l'Asie, d'une arrivée massive de Noirs en provenance des États du Sud jusqu'à la fin des années 1980, d’un solde migratoire intérieur négatif depuis le début des années 1990, d'un âge médian plus élevé (44,6 ans en 2010[86]) que les autres populations (27,1 ans pour les hispaniques, 34,6 ans pour les Noirs, 37,6 ans pour les asiatiques[87]), d'une natalité plus faible (8,4 ‰ en 2010) que les autres populations (18,9 ‰ pour les hispaniques, 11,6 ‰ pour les afro-américains, 10,1 ‰ pour les asiatiques) et d'une augmentation substantielle des unions mixtes.

La Californie a enregistré entre 1990 et 2010 une baisse du nombre de Blancs non hispaniques de 12,2 % (contre une hausse de 4,6 % au niveau national), voyant leur nombre passer de 17 029 126 à 14 956 253 personnes, soit une baisse de 2 072 873 personnes. Cette baisse trouve en grande partie son origine dans un mouvement de fuite des euro-américains des grands centres urbains vers d'autres États motivé par des raisons économiques (emplois, impôts, immobilier) et sociales (cadre de vie, immigration, éducation, criminalité).

En 2010, les euro-américains non hispaniques ne représentaient plus que 25,5 % des enfants de moins de 5 ans (53,3 % pour les hispaniques, 10,1 % pour les asiatiques, 5,1 % pour les afro-américains et 5,0 % pour les multiraciaux) et 25,3 % des enfants de moins de 1 an (53,6 % pour les hispaniques, 9,8 % pour les asiatiques, 5,3 % pour les multiraciaux et 5,1 % pour les afro-américains)[88].

Selon des projections démographiques publiées par l’AARP, les Blancs non hispaniques constitueront 22,6 % de la population de l’État en 2060 si les tendances démographiques actuelles se poursuivent[65].

Origines ancestrales

En 2000, les Californiens s'identifiaient principalement comme étant d'origine mexicaine (25,0 %), allemande (9,8 %), irlandaise (7,7 %), anglaise (7,4 %), italienne (4,3 %) et américaine (3,4 %)[89].

L'État avait la 2e plus forte proportion de personnes d'origine arménienne (0,6 %) et la 6e plus forte proportion de personnes d'origine portugaise (1,0 %).

L'État abrite la 2e communauté juive des États-Unis après l'État de New York. Selon le North American Jewish Data Bank, l'État comptait 1 221 190 Juifs en 2013 (721 045 en 1971), soit 3,2 % de la population de l'État et 18,2 % de la population juive américaine. Ils se concentraient principalement dans les agglomérations de Los Angeles-Long Beach-Anaheim (601 750), San Francisco-Oakland-Hayward (230 900), San Jose-Sunnyvale-Santa Clara (128 000), San Diego (89 000), Oxnard-Thousand Oaks-Ventura (54 000), Riverside-San Bernardino-Ontario (32 550), Santa Rosa (23 100) et Sacramento-Roseville-Arden-Arcade (21 150), et plus largement dans les comtés composant le Grand Los Angeles (688 300) et la région de la baie de San Francisco (398 500)[90]. Ils constituaient une part significative de la population dans les comtés de la baie de San Francisco tels que les comtés de Marin (10,3 %), San Francisco (8,2 %), Santa Clara (7,2 %), San Mateo (6,7 %), Sonoma (4,8 %), Alameda (3,9 %), Napa (3,4 %) et Contra Costa (3,1 %), ainsi que dans les comtés côtiers de la Californie du Sud tels que les comtés de Ventura (6,6 %), Los Angeles (5,3 %), San Diego (2,9 %) et Orange (2,8 %).

L'État abrite également la plus grande communauté arabe des États-Unis. Selon des estimations du Bureau du recensement des États-Unis, l’État comptait 276 640 arabes en 2013, soit 0,7 % de la population de l'État et 15,2 % de la population arabe américaine, principalement des Libanais (57 608), des égyptiens (48 959), des Syriens (25 458) et des Iraquiens (24 038). Ils se concentraient principalement dans les agglomérations de Los Angeles-Long Beach-Anaheim (112 368), San Francisco-Oakland-Hayward (41 102), San Diego-Carlsbad (35 111) et Riverside-San Bernardino-Ontario (31 801).

L'État abrite la plus grande communauté arménienne des États-Unis. Selon des estimations du Bureau du recensement des États-Unis, l’État comptait 252 257 arméniens en 2013, soit 0,6 % de la population de l'État et 54,4 % de la population arméno-américaine, concentrés principalement dans l'agglomération de Los Angeles-Long Beach-Anaheim (195 884). Parfois surnommée « Los Armenos », l'agglomération de Los Angeles abrite l'une des plus importantes communautés arméniennes hors d'Arménie.

L'État abrite la plus grande communauté iranienne des États-Unis. Selon des estimations du Bureau du recensement des États-Unis, l’État comptait 215 082 iraniens en 2013, soit 0,6 % de la population de l'État et 46,9 % de la population irano-américaine, concentrés principalement dans l'agglomération de Los Angeles-Long Beach-Anaheim (125 456). Parfois surnommée « Irangeles » ou « Tehrangeles », l'agglomération de Los Angeles abrite la plus grande communauté iranienne hors d'Iran avec une surreprésentation des minorités ethno-religieuses (juifs, arméniens, zoroastriens, bahaïs, assyro-chaldéens, kurdes)[91].

L'État abrite la 2e communauté assyro-chaldéenne des États-Unis après le Michigan. Selon des estimations du Bureau du recensement des États-Unis, l’État comptait 40 770 assyro-Chaldéens en 2013, soit 0,1 % de la population de l'État et 34,2 % de la population assyro-chaldéenne américaine, concentrés principalement dans les agglomérations de San Diego-Carlsbad (17 242), Modesto, San Jose-Sunnyvale-Santa Clara et Los Angeles-Long Beach-Anaheim.

L’État abritait en 2013 une population de culture afro-américaine assez bigarrée, composée principalement de descendants d’esclaves déportés sur le sol américain entre le début du XVIIe siècle et le début du XIXe siècle (80,3 %) mais aussi d’Africains subsahariens (11,5 %), d’Hispaniques (4,5 %) et de Caribéens non hispaniques (3,7 %).

Le Bureau du recensement des États-Unis estimait le nombre d’Africains subsahariens à 260 437, soit 0,7 % de la population de l'État et 8,5 % de la population d'Afrique subsaharienne américaine, principalement des Éthiopiens (32 536) et des nigérians (29 622) concentrés principalement dans les agglomérations de Los Angeles-Long Beach-Anaheim (109 961), San Francisco-Oakland-Hayward (35 775), Riverside-San Bernardino-Ontario (26 477) et San Diego-Carlsbad (23 611).

Le nombre de Caribéens non hispaniques était quant à lui estimé à 83 529, soit 0,2 % de la population de l'État, principalement des Jamaïcains (29 044), des Béliziens (23 534), des haïtiens (7 659) et des Trinidadiens (7 334) concentrés principalement dans les agglomérations de Los Angeles-Long Beach-Anaheim (41 161), Riverside-San Bernardino-Ontario (12 573), San Francisco-Oakland-Hayward (9 055) et San Diego-Carlsbad (7 863).

Les hispaniques étaient principalement originaires du Mexique (81,5 %) et du Salvador (4,1 %)[92].

L'État avait les 2e plus fortes proportions de personnes originaires du Mexique (30,66 %), du Guatemala (0,89 %) et du Nicaragua (0,27 %), la 3e plus forte proportion de personnes originaires du Salvador (1,54 %), la 5e plus forte proportion de personnes originaires d'Espagne (0,38 %), les 6e plus fortes proportions de personnes originaires de Cuba (0,24 %) et d'Argentine (0,12 %), la 8e plus forte proportion de personnes originaires du Pérou (0,25 %), la 9e plus forte proportion de personnes originaires du Honduras (0,20 %) ainsi que la 10e plus forte proportion de personnes originaires de l'Équateur (0,10 %).

L'État comptait également les plus grands nombres de personnes originaires du Mexique (11 423 146), du Salvador (573 956), du Guatemala (332 737), d'Espagne (142 194) et du Costa Rica (22 469), les 2e plus grands nombres de personnes originaires du Nicaragua (100 790), du Pérou (91 511), de Cuba (88 607), d'Argentine (44 410) et de la Bolivie (13 351), le 3e plus grand nombre de personnes originaires du Honduras (72 795), les 4e plus grands nombres de personnes originaires de la Colombie (64 416), de l'Équateur (35 750) et du Venezuela (11 100) ainsi que le 7e plus grand nombre de personnes originaires de Porto Rico (189 945).

L'État regroupait à lui seul 35,9 % des mexicains, 34,8 % des salvadoriens, 31,9 % des guatémaltèques, 29,0 % des nicaraguayens, 22,4 % des espagnols, 19,7 % des argentins, 17,8 % des costaricains et 17,2 % des péruviens résidant aux États-Unis.

La Californie était numériquement la 2e division territoriale mexicaine (11,4 millions de Mexicains) après l'État de Mexico (15,2 millions d'habitants).

L'agglomération de Los Angeles était pour sa part la 2e agglomération mexicaine (6,4 millions de mexicains) après celle de Mexico (20,1 millions d'habitants) et la 2e agglomération salvadorienne (0,4 million de salvadoriens) après celle de San Salvador (1,7 million d'habitants).

Les asiatiques s'identifiaient principalement comme étant chinois (25,8 %), philippins (24,6 %), viêts (12,0 %), indiens (10,9 %), coréens (9,3 %) et japonais (5,6 %)[93].

L'État avait la plus forte proportion de viêts (1,56 %), les 2e plus fortes proportions de chinois (3,36 %), de coréens (1,21 %) et de japonais (0,73 %), les 3e plus fortes proportions de philippins (3,21 %) et de thaïs (0,14 %), les 4e plus fortes proportions d'indiens (1,42 %), de hmongs (0,23 %) et de cambodgiens (0,23 %), la 5e plus forte proportion de laotiens (0,16 %) ainsi que la 8e plus forte proportion de pakistanais (0,13 %).

L'État comptait également les plus grands nombres de chinois (1 253 102), de philippins (1 195 580), de viêts (581 946), d'indiens (528 176), de coréens (451 892), de japonais (272 528), de hmongs (86 989), de cambodgiens (86 244), de laotiens (58 424) et de thaïs (51 509) ainsi que le 2e plus grand nombre de bangladais (9 268) et le 3e plus grand nombre de pakistanais (46 780).

L'État regroupait à lui seul 46,8 % des philippins, 37,6 % des viêts, 37,4 % des chinois, 37,2 % des cambodgiens, 35,7 % des japonais, 35,1 % des hmongs, 31,7 % des coréens, 30,9 % des thaïs, 30,6 % des laotiens et 18,6 % des indiens résidant aux États-Unis.

Les amérindiens s'identifiaient principalement comme étant amérindiens du Mexique (12,7 %), cherokees (5,8 %) et apaches (3,0 %)[94].

Les océaniens s'identifiaient principalement comme étant samoans (28,3 %), chamorros (16,8 %), hawaïens (14,8 %), fidjiens (13,4 %) et tongiens (12,7 %).

Les personnes multiculturelles se décomposaient entre celles revendiquant deux types (92,2 %), principalement euro-américain et autre (27,2 %), euro-américain et asiatique (24,6 %), euro-américain et amérindienne (11,5 %), euro-américain et afrro-américain (10,0 %) et asiatique et autre (4,0 %), et celles revendiquant trois types ou plus (7,8 %)[95].

Langues

La langue officielle de la Californie est l’anglais depuis 1986 ; c’est la langue du gouvernement ainsi que la langue d'instruction dans les établissements scolaires de l'État.

La variante d’anglais américain local, l’anglais de Californie, possède par rapport à l’anglais parlé dans l’est des États-Unis des particularités auxquelles s’intéressent les linguistes depuis la fin du XXe siècle, parce qu’elles n’existaient pas durant la Seconde Guerre mondiale[96].

Les langues indigènes de Californie sont plus d’une centaine et témoignent d’une grande diversité qui fait de la Californie l’une des régions du monde les plus diversifiées sur le plan linguistique[97]. Cependant, toutes sont menacées bien qu’actuellement des efforts soient faits dans le but de les revitaliser. Depuis 1986, la Constitution de la Californie a spécifié que l’anglais était la langue commune et officielle de l’État. La question linguistique est au centre de différentes polémiques, surtout pour l’enseignement.

Langue parlée à la maison par la population âgée de plus de 5 ans[98],[99],[100]
Langue 1990 2000 2010 2018
Anglais 68,52 % 60,53 % 57,02 % 58,53 %
Espagnol 20,00 % 25,80 % 28,46 % 27,00 %
Langues chinoises 1,98 % 2,46 % 2,80 % 3,02 %
Tagalog 1,70 % 1,99 % 2,20 % 1,69 %
Vietnamien 1,70 % 1,30 % 1,43 % 1,40 %
Coréen 0,79 % 0,95 % 1,08 % 0,95 %
Persan 0,36 % 0,49 % 0,52 % 0,50 %
Arménien 0,38 % 0,49 % 0,52 % 0,49 %
Japonais 0,54 % 0,49 % 0,43 % 0,36 %
Allemand 0,61 % 0,45 % 0,34 % 0,25 %
Autres 3,42 % 5,05 % 5,20 % 5,81 %

Religions

Composition religieuse en % en 2014[101]
Religion Drapeau de la Californie Californie États-Unis
Catholicisme 28 20,8
Protestantisme évangélique 20 25,4
Non-affiliés 18 15,8
Protestantisme traditionnel 10 14,7
Agnosticisme 5 4,0
Athéisme 4 3,1
Bouddhisme 2 0,7
Judaïsme 2 1,9
Églises afro-américaines 2 6,5
Hindouisme 2 0,7
Autres 7 6,4

Selon l'institut de sondage The Gallup Organization, en 2015, 33 % des habitants de Californie se considèrent comme « très religieux » (40 % au niveau national), 28 % comme « modérément religieux » (29 % au niveau national) et 38 % comme « non religieux » (31 % au niveau national)[102].

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Cathedral of Our Lady of the Angels, à Los Angeles.

L'histoire religieuse de l'État remonte au temps des missions espagnoles, qui convertissent les Amérindiens au christianisme. Aujourd'hui, les chrétiens sont toujours majoritaires : ils représentent 64 % des habitants[103]. Parmi eux, les protestants composent le groupe principal (32 %), suivis par les catholiques (28 %). La Californie est l'État des États-Unis où se trouve la plus grande communauté catholique. On compte aussi une importante communauté juive et une communauté musulmane. Le temple de Hsi Lai, en Californie du Sud, est le plus grand temple bouddhiste des États-Unis. L'archidiocèse métropolitain de Los Angeles catholique est le plus important du pays : il regroupe environ cinq millions de fidèles. L'Église de Scientologie y est très active et particulièrement dynamique, notamment dans le milieu hollywoodien. L'État compte également plus de temples mormons que tous les États de l'Union, excepté l'Utah.

Réserves amérindiennes

La Californie possède plus de 90 réserves amérindiennes, dont la Yurok Indian Reservation, qui est la plus grande réserve de l'État[104]. Cette réserve a environ 5 000 membres.

Économie

Historique

Le port de San Francisco en 1851, au moment de la ruée vers l'or.

Jusqu’en 1848, l'économie californienne reste traditionnelle. Avant la colonisation européenne, les Amérindiens vivent de la pêche, de la cueillette et de l'agriculture en quasi-autarcie. Dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, les Espagnols développent l'agriculture, l'élevage et l'artisanat notamment dans le cadre des missions. Au siècle suivant, la Californie représente un enjeu commercial entre les grandes puissances coloniales européennes qui cherchent à contrôler la traite des fourrures. 1848 marque un tournant dans l'histoire économique de la Californie : la région est annexée par les États-Unis et la ruée vers l'or attire des mineurs et des aventuriers. L'agriculture, le commerce, les transports et les villes connaissent alors une formidable expansion. La Californie est reliée au reste du pays grâce au premier chemin de fer transcontinental (1869) et au canal de Panama (1914) ; les premiers touristes viennent visiter les parcs naturels. La première moitié du XXe siècle est marquée par la découverte du pétrole et l’industrialisation. La ville de Los Angeles est alors le berceau des compagnies du cinéma qui font la renommée du quartier d'Hollywood. Après la