Institut supérieur d'électronique de Paris

ISEP
Institut supérieur d'électronique de Paris.svg
Histoire et statut
Fondation
Type
Forme juridique
Président
Jean-Luc Archambault
Directeur
Dieudonné Abboud
Devise
Le numérique au service de l'Homme
Membre de
Site web
Chiffres-clés
Étudiants
1000
Enseignants
445[1]
Enseignants-chercheurs
22
Localisation
Ville
Pays
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L’ISEP (prononcé [i.zɛp]) est une école d'ingénieurs privée du numérique située à la fois dans le 6e arrondissement de Paris et à Issy-les-Moulineaux. Elle forme des ingénieurs dans les domaines de : l'électronique, l'informatique, les télécommunications et réseaux et le multimédia. Rattachée à l'Institut catholique de Paris, elle est membre de la Conférence des grandes écoles et fait partie de la Fédération des établissements d'enseignement supérieur d'intérêt collectif (Fesic).

C'est l'une des 204 écoles d'ingénieurs françaises accréditées au à délivrer un diplôme d'ingénieur[3].

Le diplôme délivré par l'ISEP a été reconnu par la Commission des titres d'ingénieur dès la fin de l'année 1959. En 2014, l'ISEP compte 5 647 diplômés en activité[4].

Historique

L'ISEP (Institut supérieur d'électronique de Paris)

L'idée originelle de la fondation de l'ISEP revient à Norbert Ségard, professeur à la Faculté des sciences de l'Institut catholique de Lille, qui en parla avec l'abbé Jacques Valentin, professeur à la Faculté des sciences de l'Institut catholique de Paris[5].

Ce dernier convainc Mgr Émile Blanchet, recteur de l'Institut catholique de Paris (ICP), de créer une école entièrement dédiée à l'électronique, pari audacieux pour l'époque puisque le transistor n'avait été inventé que quelques années auparavant (en 1947).

L'abbé Jean Vieillard[Note 1], alors préfet de la classe Terminales à l'Institution Notre-Dame de Sainte-Croix, et connaisseur via ses études du contexte professionnel (il est ancien élève de l'École polytechnique et son père, Georges Vieillard est directeur général de la société Bull) est choisi pour mener à bien le projet et en devient directeur. Il le reste ensuite pendant trente années.

Dès l'origine, il a été décidé d'entretenir des relations étroites avec les entreprises, de donner aux futurs ingénieurs une formation scientifique et technique théorique mais aussi de laisser une grande part à l'expérimentation avec le souci de former des ingénieurs rapidement opérationnels. La formation humaine a également, depuis le début, occupé une place significative.

Quelques événements ont marqué l'existence de l'ISEP :

  • 1955 : création de l'ISEP sur les lieux mêmes où Édouard Branly, professeur de physique à l'Institut catholique de Paris (au 21, rue d'Assas), découvrait en 1890 les radioconducteurs qui allaient conduire à l'invention de la TSF ;
  • fin 1959 : habilitation par la Commission des titres d'ingénieur (CTI)[8] ;
  • 1962 : création de l’Association des Anciens Elèves de l’ISEP (AAEISEP) qui deviendra ISEP Alumni
  • 1969 : l'école s'associe à 18 autres grandes écoles du secteur privé catholique au sein de la FESIC ;
  • 1971 : reconnaissance par l'État ;
  • 1984 : création de l'association Junior ISEP par des étudiants. Cette junior-entreprise deviendra par la suite l'une des plus performantes de France (obtention de nombreux prix dont le prix d'excellence en 2005 et en 2008, certification ISO 9001 v2000 puis ISO 9001 v2008, 1e Junior innovante européenne en 2013, Label Ingénieur en 2014)[9] ;
  • 1987 : construction du nouveau bâtiment rue Notre-Dame des Champs ;
  • 1988 : mise sous contrat des classes préparatoires intégrées. Doublement des promotions (moitié classes préparatoires intégrées / moitié classes préparatoires classiques) ;
  • 1991 : ouverture de la filière de formation continue diplômante. Initialement appelée ISTEP et aujourd'hui FIP (formation d'ingénieur en partenariat), le diplôme délivré est celui d'Ingénieur des techniques de l'industrie[10] ;
  • 1996 : mise en place de l'apprentissage, pédagogie alors innovante dans les écoles d'ingénieurs ;
  • 2001 : accueil du programme « Stanford in Paris » ;
  • 2006 : lancement des mastères spécialisés ;
  • 2008 : réforme de la pédagogie à l’ISEP avec la mise en place de l’approche par compétences (APC) et l’apprentissage par projet (APP) ;
  • 2008 : partenariat entre l'ISEP et l'école Audencia de Nantes - double diplôme « ingénieur - manager » pour une formation spécifique de 18 mois.
  • 2010 : entrée dans les pôles de compétitivité Cap Digital et System@tic ;
  • 2011 : nouvelle habilitation de la CTI pour six ans et obtention du Label EUR-ACE ;
  • 2013 : partenariat avec l’incubateur des Arts et Métiers ParisTech et membre associé de l’école doctorale EDITE ;
  • 2014 : ouverture du campus d’Issy-les-Moulineaux.
  • 2015 : L'ISEP est habilitée « Établissement d'enseignement supérieur privé d'intérêt général » (EESPIG)[11]
  • 2016 : Création de l'incubateur de start-ups ISEP à Issy-les-Moulineaux
  • 2018 : Lancement du dispositif de financement de prêts d'honneur pour les start-ups
  • 2018 : Habilitation renouvelée pour six ans de l’ISEP par la Commission des titres d’ingénieur.
  • 2019 : Habilitation EESPIG renouvelée

Début 2010, « le sigle ISEP[Note 2] est officiellement abandonné au profit d'une écriture en minuscule. Le graphisme qui accompagne le logo est également remplacé par trois fenêtres qui symbolisent à la fois l'écran, thème fort de l'informatique et interface de travail, mais aussi l'ouverture et la communication »[12].

Directeurs généraux

  • Jean Vieillard : 1955 -
  • François Massot : -
  • Jacques Caumartin : -
  • Jean Fonteneau : -
  • Michel Ciazynski : - [13]
  • Dieudonné Abboud : depuis .

Localisation

Située dans le 6e arrondissement de Paris, l'école comprend deux campus. Le premier, situé 28, rue Notre-Dame-des-Champs et construit en 1987 sur une partie du terrain du lycée Stanislas, à l'angle de la rue du Montparnasse, et regroupant depuis 1988[14] des salles de cours, salle de conférences et un foyer des élèves au sous-sol. Le second, situé au 10 rue de Vanves à Issy-les-Moulineaux, a ouvert ses portes à la rentrée 2014.

Historiquement, l'ISEP était installée au sein de l'Institut catholique de Paris (21, rue d'Assas), bâtiment que l'école a quitté en août 2014 pour les bâtiments plus vastes d'Issy-les-Moulineaux.

Admission

L'entrée à l'ISEP se fait[15] :

  • après le bac en cycle préparatoire associé, communément baptisé « prépa intégrée » sur concours « Puissance Alpha » de la Fédération des établissements d'enseignement supérieur d'intérêt collectif (FESIC) ;
  • après le bac en cycle intégré international sur concours « Puissance Alpha » et à la suite d'un entretien de motivation ;
  • ou directement en cycle ingénieur (sur concours après des classes préparatoires, ou un diplôme : DUT, licence, master).

Cursus

Classes préparatoires associées / intégrées

Le cycle préparatoire dure deux ans. Il donne aux élèves à la fois des méthodes de travail et les connaissances fondamentales.

Les classes préparatoires associées (intégrées) de l'ISEP sont sous contrat avec l'État grâce à un accord avec le lycée Stanislas de Paris et avec le lycée Saint-Augustin de Bitche. Le cursus suit donc le programme d'une MPSI la première année et d'une PSI la seconde année. La formation est renforcée en langues étrangères et en travaux pratiques de physique.

L'ISEP offre également une formation en cycle préparatoire intégré international (CII), équilibré autour de trois d'enseignements : les sciences fondamentales, les techniques et technologies ainsi que le management. La dimension internationale de ce cycle se réalise en deux temps, lors d'un Summer School lors de la première année et d'un semestre académique à l'étranger à l'issue de la deuxième année.

Libérés de la préparation des concours, une grande majorité des élèves intègrent le cycle ingénieur après les deux années préparatoires.

Cycle ingénieur

Le cycle ingénieur dure trois années.

Deux filières sont proposées à l'étudiant : la filière classique ou la filière par apprentissage (en 2 ou 3 ans) avec un rythme d'alternance de deux jours / trois jours effectués alternativement en entreprise et à l'Isep.

L'architecture des cours et des parcours a pour visée de former un ingénieur généraliste dans les domaines du numérique électronique, télécommunications, multimédia et informatique (2e et 3e année) .

À l'issue de sa première année d'études, l'élève a une première période de stage obligatoire de 5 mois minimum.

L'ISEP propose aux élèves, dès la fin de la première année du cycle ingénieur, de choisir parmi 8 parcours de spécialisation en 2e et 3e année.

Les parcours proposés à l'ISEP sont :

  • architecte des systèmes d'information ;
  • ingénieur en Intelligence des Données (anciennement Business Intelligence) ;
  • ingénieur logiciel ;
  • ingénieur numérique et santé ;
  • architecte télécommunications et IoT ;
  • ingénieur sécurité numérique et réseaux ;
  • concepteur de systèmes embarqués ;
  • innovation et création d'entreprise.

L'étudiant a aussi la possibilité de choisir l'une des options des cinq écoles partenaires de la FESIC (ESEO et groupe ISEN) ou de poursuivre sa formation à l'étranger.

Lors de la troisième année, les élèves effectuent tous un échange académique dans l'une des 130 universités partenaires de l'Isep. La formation des élèves se clôture par un stage de fin d'études d'une durée obligatoire de cinq mois.

Formation continue pour adultes

L'ISEP propose également des cursus de formation continue dans trois domaines :

Ces cursus sont assurés par l'entité ISEP Formation Continue[16].

Échanges internationaux

Les étudiants de l'ISEP ont la possibilité d'effectuer en 3e année un séjour d'études à l'étranger de six mois ou un an, avec la possibilité dans certains cas d'obtenir deux diplômes. Les étudiants du cycle international peuvent également effectuer un semestre à l'étranger au second semestre de la seconde année du cycle préparatoire.

En plus des accords bilatéraux conclus avec des universités étrangères (plus de 110 au total dans 43 pays sur cinq continents), l'ISEP adhère à de nombreux programmes d'échanges : AE3 aux États-Unis, LAE3 en Amérique latine, ASE3 en Asie, CREPUQ au Québec.

Recherche

La recherche à l’Isep est organisée dans le cadre du laboratoire Lisite (Laboratoire d’informatique, signal et image, électronique et télécommunication).

Ce laboratoire a été dirigé par Amara Amara (2005-2017), puis par Raja Chiky (2017-2019), et enfin par Carlos Bader depuis 2020. Il est constitué d’équipes de recherche impliquées dans de nombreux projets multidisciplinaires en collaboration avec des partenaires industriels et académiques. Le LISITE est par ailleurs depuis 2013 membre associé de l'école doctorale Édite de Paris (École doctorale informatique, télécommunications et électronique) située à Sorbonne Université.

En 2019, le laboratoire compte 22 enseignants-chercheurs permanents dont cinq sont titulaires de l'habilitation à diriger les recherches (HDR), ainsi qu'une quinzaine de doctorants, post-doctorants et chercheurs invités. Il est divisé en deux équipes de recherches :

  • l'équipe Système électronique et communication, qui traite des problématiques historiques de l'école telles que la micro et la nano électronique, l'électronique verte, mais également des problématiques innovantes du domaines des télécommunications telles que l'internet du futur avec la 5G et la 6G ;
  • l'équipe Sciences des données et traitement du signal et images, qui s'intéresse à divers aspects de l'analyse d'image, de l'apprentissage automatique (Machine Learning), ainsi que des multiples aspects du traitement des données et du signal.

Outre les fonctions habituelles d'un laboratoire de recherche, la recherche à l'Isep s'intéresse également à l'innovation pédagogique et aux sciences de l'éducation en particulier via des études sur les méthodes d'apprentissage de la programmation effectuées en collaboration avec des psychologues et des professeurs de lycée.

Par ailleurs, les enseignants-chercheurs du laboratoire proposent en deuxième année de cursus ingénieur un module d'initiation à la recherche destiné à présenter les métiers et problématiques de la recherche aux futurs ingénieurs isepiens, et à susciter des vocations et des poursuites d'étude en doctorat.

Classements

L'école est classée comme suit par les principaux médias par rapport aux autres écoles d'ingénieurs françaises :

Nom L’Étudiant[17] Usine Nouvelle[18] Daur Rankings[19]
2021 60 16
2020 86 28 79
2019 78 27 78
2018 86 23 -
2017 48 11 -
2016 26 16 -

Vie associative

La vie associative est très développée à l'ISEP, tant durant les études (plus de 50 associations ont été créées par les élèves depuis dix ans[20]) qu'après.

L'association la plus ancienne, créée dès 1955, est la Communauté chrétienne de l'Isep (CCI)[21].

Junior Isep[22], la Junior-Entreprise créée en 1984, a été primée plusieurs fois par des labels et prix. Elle remporte notamment le titre de meilleure Junior Entreprise Ingénieur française en 2014[23]. En 2018, elle remporte le prix de l'engagement[24] et en 2020, e prix du meilleur accompagnement des consultants[25] ainsi que le prix du meilleur projet à impacts positifs[26]. Elle est reconnue en 2021 par la Confédération nationale des Junior-Entreprises (CNJE) comme l'une des 30 meilleures Junior-Entreprises de France[27].

Pour approfondir

Bibliographie

  • ISEP, 50 ans d'histoire : une école d'ingénieurs du 3e millénaire,
  • Jean-Claude Boudenot, Comment Branly a découvert la radio, éditions EDP Sciences, 2005, [lire en ligne]

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. L'abbé Jean Vieillard, né le[6], X1941, prêtre du diocèse de Paris est « retourné à Dieu le 14 février 2015 »[7].
  2. La revue REE de la Société des électriciens et des électroniciens emploie le terme sigle mais de fait, il s'agit d'un acronyme depuis la création de l'établissement.

Références

  1. Annuaire de l'association des anciens élèves de l'Institut supérieur d'électronique de Paris, édition 2011, p. XV à XXVIII.
  2. a et b  « ISEP - PARIS », sur le site letudiant.fr (consulté le ).
  3. Arrêté du 25 février 2021 fixant la liste des écoles accréditées à délivrer un titre d'ingénieur diplômé.
  4. Anuuaire d'ISEP Alumni - septembre 2014.
  5. Annuaire de l'association des anciens élèves de l'Institut supérieur d'électronique de Paris, édition 2011, p. X.
  6. Fichier Insee des décès depuis 1970, [lire en ligne].
  7. Carnet du jour, in le quotidien Le Figaro, .
  8. Annuaire de l'association des anciens élèves de l'Institut supérieur d'électronique de Paris, édition 2011, p. V.
  9. « page d'accueil », sur le site de l'association ISEP Junior ISEP (consulté le ).
  10. Annuaire de l'association des anciens élèves de l'Institut supérieur d'électronique de Paris, édition 2011, p. 320.
  11. « Qualification d'établissement d'enseignement supérieur privé d'intérêt général (EESPIG) - Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation », sur Ministère de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation (consulté le ).
  12. Revue REE de la Société des électriciens et des électroniciens, no 2 de février 2000, p. 14.
  13. « Michel Ciazynski est nommé directeur général », sur le site de la lettre « Executives », (consulté le ).
  14. Annuaire de l'Institut catholique de Paris, édition 1994-1995, p. 221.
  15. « Admissions », sur le site de l'école (consulté le ).
  16. « Page d'accueil », sur le site ISEP Formation Continue (consulté le ).
  17. « Classement général des écoles d'ingénieurs », sur L’Étudiant
  18. « Le classement 2019 des écoles d'ingénieurs », sur Usine Nouvelle
  19. « Le classement 2020 des écoles d'ingénieurs », sur Daur Rankings
  20. « liste des déclarations », sur le site du journal officiel des associations (consulté le ).
  21. « Page d'accueil », sur le site de la Communauté chrétienne de l'Isep (CCI) (consulté le ).
  22. « Junior ISEP, l’association qui forme les étudiants aux grandes entreprises », sur le site de la station de radion NRJ, (consulté le ).
  23. « L’entrepreneuriat : une dynamique insufflée à l’ISEP depuis 13 ans ! », sur le site de la Conférence des grandes écoles, (consulté le ).
  24. « Félicitations aux lauréats du CNH 2018 ! », (consulté le ).
  25. « Derrière chaque Prix, une équipe », sur le site de la Confédération nationale des Junior-Entreprises, (consulté le ).
  26. « PRIX ENGIE DU MEILLEUR PROJET A IMPACTS POSITIFS », sur le site de l'entreprise Engie (consulté le ).
  27. Léa Benhadouche, « Top 30 des meilleures Junior-Entreprises de France », sur le site mondedesgrandesecoles.fr, (consulté le ).