Finistère

Finistère
Blason de Finistère Drapeau de Finistère
Finistère
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Drapeau de la Bretagne Bretagne
Création du département
Chef-lieu
(Préfecture)
Quimper
Sous-préfectures Brest
Châteaulin
Morlaix
Présidente du
conseil départemental
Nathalie Sarrabezolles (PS)
Préfet Pascal Lelarge[1]
Code Insee 29
Code ISO 3166-2 FR-29
Code Eurostat NUTS-3 FR522
Démographie
Gentilé Finistériens
Population 909 028 hab. (2017)
Densité 135 hab./km2
Géographie
Superficie 6 733 km2
Subdivisions
Arrondissements 4
Circonscriptions législatives 8
Cantons 27
Intercommunalités 21
Communes 277
Liens
Site web finistere.fr

Le Finistère /fi.nis.tɛʁ/[2] Écouter (en breton : Penn-ar-Bed /ˌpɛnarˈbeːt/[3]) est un département français situé en région Bretagne. L'Insee et la Poste lui attribuent le code 29.

Il tire son nom de sa localisation géographique (finistère = fin de la terre)[4] ; certains[Qui ?] évoquent[5] l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre dite en latin « Sanctus Mattheus finis terræ » ou « in finibus terræ »[6] (soit Saint-Mathieu du bout du monde).

Le Finistère fut créé en 1790 à l'instar de la majorité des départements français, formé à partir du Léon, au nord, des deux tiers de la Cornouaille dont Quimper, sa capitale, au sud, de l'extrême ouest du Trégor, au nord-est, ainsi que d'une fraction du Vannetais au sud-est. Quimper, la deuxième agglomération du Finistère, en est le chef-lieu, et Brest (première agglomération), Morlaix et Châteaulin, respectivement premier, troisième et quatrième arrondissements, en sont les sous-préfectures.

Histoire

Antiquité

À l'époque antique, le Finistère était habité par le peuple gaulois armoricain des Osismes (Celtes). Après la conquête romaine le territoire relevait de la province de Gaule lyonnaise. Le chef-lieu des Osismes fut installé à Vorgium (l'actuelle Carhaix). À la fin du IIIe siècle fut construit à Brest un castrum pour se protéger des pirates scots, saxons et frisons. Un siècle plus tard, il fera partie du système de défense et de contrôle de la Manche mis en place par le gouvernement impérial, le Tractus Armoricanus et Nervicanus.

Moyen Âge

Le territoire des Osismes aurait été concédé aux Bretons par l'empereur Maximus à la fin du IVe siècle. Augmenté de celui des Coriosolites, il formera la Létavie, bientôt appelée Nouvelle Bretagne ou Petite Bretagne. Ce berceau de la Bretagne continentale fut divisé en deux royaumes, la Cornouaille et la Domnonée qui avaient leurs correspondants insulaires. Ces royaumes doubles d'un côté à l'autre de la Manche étaient vraisemblablement régis par les mêmes dynasties à l'origine. Le Broërec (l'actuel département du Morbihan) se détacha de la Cornouaille et le Léon se détacha du royaume de Domnonée.

Le royaume de Cornouaille devint un comté sous l'influence franque avant de se fondre dans le domaine ducal de Bretagne, lors de l'accession de la dynastie comtale au trône ducal en 1066.

Le Léon reste sous l'autorité de ses vicomtes, quoique fort écornée par les ducs Pierre Mauclerc et Jean le Roux. Les Rohan héritent du Léon par mariage. Le titre de prince de Léon est encore porté aujourd'hui par le fils de l'actuel duc Josselin de Rohan (c'est bien sûr un titre de courtoisie).

Révolution française

Carte de 1852.

Le département est créé à la Révolution française, le en application du décret du 22 décembre 1789, à partir de la partie la plus occidentale de l'ancienne province de Bretagne. Il comprend l'ouest de l'évêché de Cornouaille, l'intégralité du Léon et le tiers ouest du Trégor, ainsi qu'un petit bout du Broërec ou Vannetais : communes de Rédené, Arzano et Guilligomarc'h situées à l'est de Quimperlé. Par ailleurs le département s'est agrandi en 1857, aux dépens du département voisin du Morbihan, en annexant la commune de Locunolé. Ce sera l'unique modification territoriale du département, après sa création, bien que d'autres communes réclameront en vain leur rattachement au Finistère pour des raisons à la fois géographiques, linguistiques et historiques. Ce sera notamment le cas des communes de l'ancienne sénéchaussée de Gourin : Gourin, Le Faouët, Guiscriff, etc., qui dépendaient sous l'Ancien Régime de l'évêché de Cornouaille. La création du département ne s'est pas fait sans heurts, notamment pour le choix du chef-lieu, les deux villes de Landerneau et de Quimper s'étant toutes les deux portées candidates [réf. nécessaire]. À l'époque il portait le no 28 dans la liste des départements, les Alpes Maritimes n'existant pas.

Le XIXe siècle

Le coup d'État du 2 décembre 1851 de Napoléon III est largement soutenu dans le Finistère, département catholique, conservateur et monarchiste ; il fait même partie des quatre départements où aucun opposant n'est arrêté[7].

Le XXe siècle

L'émigration agricole de l'Entre-deux-guerres

Le "moratorium" décidé par la loi du , et renouvelé tous les ans pendant la Première Guerre mondiale, prévoyait le prolongement des baux agricoles parvenant à échéance au profit des mobilisés et de leur famille ; il provoqua par contre-coup un manque de terres à louer lors de sa suppression en 1921, provoquant un exode rural important, notamment en Bretagne[8]. Hervé Budes de Guébriant, alors président de l'"Union des syndicats agricoles de Landerneau", charge alors François Tinevez, agriculteur à Plabennec, soutenu entre autres par Vincent Inizan, agriculteur, maire de Kernoues et député du Finistère, d'organiser L'émigration. Vincent Inizan déclare le à l'Assemblée nationale : « Dans maintes régions de France des terres agricoles sont en fiche. (...) Les campagnes se dépeuplent et la terre meurt, faute de bras. Dans une région cependant, la Bretagne, (...) le phénomène inverse se produit, causant une menace sociale des plus inquiétantes (...) ». Une étude alors lancée à travers toute la France par Auguste Puis, sous-secrétaire d'état à l'agriculture, et une autre effectuée par l'union des syndicats agricoles du Finistère, montrèrent que des terres étaient disponibles, notamment en Dordogne, dans le Gers et le Tarn-et-Garonne.

Les premiers paysans bretons à émigrer, à l'instigation d'Hervé Budes de Guébriant, vers le sud-ouest de la France, et qui souvent ne parlaient que le breton, partirent le des gares de Landerneau, Châteaulin, Quimper et Quimperlé et parvinrent le lendemain à Périgueux. Ils étaient accompagnés de trois "pilotes" : François Tinevez (alors maire de Plabennec), Pierre Le Bihan (du hameau de Gwarem-Vraz en Scaër) et l'abbé François Lanchès[9], vicaire au Relecq-Kerhuon. Les Léonards partirent s'installer dans le nord-est du département de la Dordogne, particulièrement dans le canton de Lanouaille ; ceux du sud du Finistère se dirigèrent vers le nord-ouest du même département, entre Nontron et Ribérac ; ceux du centre du Finistère allèrent dans le centre-ouest, dans la région de Saint-Astier ; certains des paysans étaient contraints de prendre des terres en métayage à leur corps défendant, car ils auraient préféré le fermage auquel ils étaient habitués[10].

Trois autres convois de paysans bretons partirent successivement les , et en direction de la Dordogne. Par exemple le couplé Yves Cadalen - Marie-Jeanne Jaouen (mariés le à Lampaul-Ploudalmézeau), qui exploitaient précédemment une petite exploitation de 3 à 4 ha, au lieu-dit "Pen ar Guéar" en Lampaul-Ploudalmézeau, trop petite pour nourrir leur famille qui comptait alors 9 enfants, partit le  ; ils louèrent d'abord une ferme de 30 ha, appartenant au comté de la Verrie de Vivans, à Gageac-et-Rouillac, puis en 1927 à Beylive et en 1932 au Vaudou, dans les deux cas dans la commune de Bergerac.

Le l'abbé François Lanchès est nommé "aumônier des Bretons du Périgord".

Une autre colonie bretonne s'installa dans le Lot-et-Garonne, des familles originaires entre autres de Plabennec et Guipavas s'installèrent dès 1921 dans la région de Marmande et, en 1926, 11 familles originaires du Cloître-Pleyben s'installèrent dans les environs de Gontaud, Saint-Pierre-de-Nogaret, Verteuil-d'Agenais et Hautesvignes ; d'autres les années suivantes dans les environs de Seyches, Clairac et Lévignac-de-Guyenne.

Dans la deuxième moitié de la décennie 1920, 21 familles de Gouézec, 8 familles de Pleyben, 8 de Brasparts et 6 de Lennon, ainsi que d'autres familles venant des Côtes-du-Nord (notamment de Locarn), s'installent dans le canton de Seyches ; d'autres familles bretonnes s'installent dans la région de Monflanquin ; des familles venant de Guiscriff, du Faouët, des environs de Châteauneuf-du-Faou, de Theix, etc. s'installèrent dans la région de Nérac et des familles cornouaillaises autour de Lévignac ; certaines familles émigrèrent dans le Gers[11].

Des paysans du Pays glazik s'installèrent pendant la décennie 1930 autour de Lanouaille en Dordogne ; d'autres, de la région de Quimperlé, dans la région de Mussidan ; un groupe de la région d'Elliant-Saint-Évarzec-Saint-Yvi entre Beaumont-du-Périgord et Villaréal (Lot-et-Garonne) ; etc.[11]

En Dordogne en 1934, sur 1 200 familles bretonnes immigrées, 350 sont propriétaires de leur exploitation agricole, 500 fermiers et 350 métayers[11].

Le premier Congrès des Bretons d'Aquitaine se tint le à Bergerac en présence d'Hervé Budes de Guébriant. Un second congrès se tint le à Bergerac et un autre à Tonneins en 1955.

Le journal "Breiz Nevez" ("Nouvelle Bretagne") est distribué en 1950 à 522 familles de Dordogne, 761 du Lot-et-Garonne et 385 d'autres départements du sud-ouest français (Tarn-et-Garonne, Gers, Gironde, Charente, Haute-Vienne, Creuse, Corrèze)[11].

Héraldique

Le département est doté d'un blason :

Blason Blasonnement :
« Parti, en 1 d'or au lion contourné de sable, et en 2 d'azur au bélier saillant d'argent onglé et accorné d'or, au chef d'argent chargé de cinq mouchetures d'hermine de sable. »
Commentaires : le lion morné — c'est-à-dire sans griffes, ni dents, ni langue — de sable sur fond d'or représente l'ancien comté de Léon situé au nord du département. Le bélier d'argent onglé et accorné d'or — c'est-à-dire aux cornes et aux sabots dorés — sur fond d'azur représente l'ancien comté de Cornouaille situé au sud du département. Ce sont les anciennes armes de ces deux comtés, le premier appartenant à la famille de Léon et le second étant attesté depuis la fin du XVIIe siècle.
Les hermines de sable sur fond d'argent, rappelant que le département est situé en Bretagne, peuvent symboliser soit les cinq départements historiques bretons, soit les cinq évêchés ou parties d'évêchés ayant servi à la création du département[12].

Le Finistère ne dispose cependant pas de drapeau spécifique[13]. Le conseil départemental utilise généralement un drapeau chargé du logotype, reprenant lui-même le blason du département.

Politique et administration

Les personnalités exerçant une fonction élective dont le mandat est en cours et en lien direct avec le territoire du département du Finistère sont les suivantes :

Élection Territoire Titre Nom Tendance politique - Début de mandat Fin de mandat
Départementales Conseil départemental du Finistère Président du conseil départemental Nathalie Sarrabezolles PS avril 2015 mars 2021
Législatives Première circonscription du Finistère - Quimper et sud Députée Annaïg Le Meur LREM
Législatives Deuxième circonscription du Finistère - Brest ville Député Jean-Charles Larsonneur LREM
Législatives Troisième circonscription du Finistère - Brest campagne et nord-ouest Député Didier Le Gac LREM
Législatives Quatrième circonscription du Finistère - Morlaix et nord-est Députée Sandrine Le Feur LREM
Législatives Cinquième circonscription du Finistère - Landerneau et nord Députée Graziella Melchior LREM
Législatives Sixième circonscription du Finistère - Châteaulin et centre Député Richard Ferrand LREM
Législatives Septième circonscription du Finistère - Douarnenez et sud-ouest Députée Liliana Tanguy LREM
Législatives Huitième circonscription du Finistère - Concarneau-Quimperlé Député Erwan Balanant MoDem
Sénatoriales (suffrage universel indirect) Département du Finistère Sénatrice Maryvonne Blondin PS 2014 2020
Sénatoriales (suffrage universel indirect) Département du Finistère Sénateur Michel Canévet UDI 2014 2020
Sénatoriales (suffrage universel indirect) Département du Finistère Sénateur François Marc PS 2014 2020
Sénatoriales (suffrage universel indirect) Département du Finistère Sénateur Philippe Paul LR 2014 2020
Régionales Bretagne Président du conseil régional Loïg Chesnais-Girard PS 2017 - arrivé en cours de mandat 2021
Présidentielle France Président de la République Emmanuel Macron LREM

Découpage administratif

Le département du Finistère est divisé en 4 arrondissements, 54 cantons et 282 communes. Son chef-lieu est Quimper. La commune la plus peuplée est Brest et la plus étendue Scaër. Quatre communes sont des îles — Île-de-Batz, Île-de-Sein, Île-Molène, et Ouessant — tandis que l'archipel des Glénan est administré par la commune de Fouesnant. La commune de l'Île-Tudy n'est pas une île, malgré son nom.

Les quatre arrondissements sont les suivants :

  • arrondissement de Quimper, au sud. Il regroupe 17 cantons et 81 communes, a une superficie de 2 202 km2 et est peuplé de 311 718 habitants ;
  • arrondissement de Brest, au nord-ouest. Il regroupe 20 cantons et 80 communes, a une superficie de 1 408 km2 et est peuplé de 362 380 habitants ;
  • arrondissement de Châteaulin, au centre. Il regroupe 7 cantons et 61 communes, a une superficie de 1 804 km2 et est peuplé de 84 910 habitants ;
  • arrondissement de Morlaix, au nord-est. Il regroupe 10 cantons et 60 communes, a une superficie de 1 319 km2 et est peuplé de 126 898 habitants.

Un cinquième arrondissement, celui de Quimperlé, a été supprimé en 1926.

La division historique entre le nord et le sud du département est toujours apparente dans l'organisation de différentes entités publiques (Assurance maladie, Allocations familiales, Assurance chômage, etc.), mixtes ou privées.

Vers 1960[Quand ?], il était d'usage de libeller son courrier « Brest 29 N » (N pour nord, correspondant au centre de tri postal de Brest) et « Quimper 29 S » (S pour sud, correspondant au centre de tri postal de Quimper), au lieu des codes postaux 29200 Brest et 29000 Quimper. Il s'agissait d'une spécificité de la Poste, et le « 29 » (sans N ni S) figurait déjà sur les plaques d'immatriculation.

Géographie

Le Finistère est situé à l'extrémité ouest de la Bretagne. Il est bordé au nord, à l'ouest et au sud par la Manche, la Mer Celtique (intégrant la mer d'Iroise) et l'océan Atlantique.

Premier département côtier de France, il compte 117 communes littorales sur 282, soit plus d'un dixième des communes littorales françaises, et 1 250 km de côtes, soit près d'un quart du littoral français. La côte est en effet très découpée et se divise en caps : cap Sizun ; en baies : rade de Brest, baie de Douarnenez, baie d'Audierne, baie de Concarneau, en presqu'îles : presqu'île de Crozon et en rias : Laïta, Aven, Bélon, Odet, Aber Wrac'h, rivière de Morlaix. Selon la base de données topographique de l'IGN (BD TOPO (C)), la longueur de côte du département s'établit à 1 430,8 km avec les îles, 1 273,3 km sans les îles, et sa limite terrestre à 220,3 km. L'estran, particulièrement étendu, présente une surface de 275 km2 entre les laisses de basse et haute mer comme définies par la BD TOPO.

La zone marine à l'ouest du Finistère se nomme mer d'Iroise. Elle inclut plusieurs îles ou îlots dont : Ouessant et l'archipel de Molène, l'île de Batz, l'île de Sein au large de la pointe du Raz et l'archipel des Glénan au sud.

Climat

Carte de précipitations annuelles dans le Finistère (moyenne sur la période 1997-2006).
  • > 1 500 mm
  • 1 400 à 1 500 mm
  • 1 300 à 1 400 mm
  • 1 200 à 1 300 mm
  • 1 100 à 1 200 mm
  • 1 000 à 1 100 mm
  • 900 à 1 000 mm
  • 800 à 900 mm
  • < 800 mm

Le climat du Finistère présente les caractéristiques d'un climat tempéré océanique sous l'influence du Gulf Stream et des perturbations atlantiques.

Il se caractérise généralement par des hivers doux et des étés frais. Les précipitations sont assez abondantes et étalées sur toute l'année, avec un maximum durant les mois d'hiver. Elles augmentent sensiblement à l'intérieur des terres et sur le relief. Alors que l'île d'Ouessant reçoit moins de 800 mm de précipitations par an, les sommets des monts d'Arrée reçoivent plus de 1 500 mm. Les gelées ainsi que la neige sont rares, surtout dans les îles. La présence du vent est une autre caractéristique de ce climat.

Relief

Les roches les plus résistantes à l'érosion, le grès, le quartzite et le granite ont donné naissance aux principaux reliefs du Finistère. Malgré leur faible altitude, ceux-ci ne dépassent en effet jamais les 400 mètres, la vigueur de leurs pentes et l'aspect le plus souvent désolé de leurs sommets, leur a valu le qualificatif de montagnes. Au sud du plateau léonard et au nord du bassin de Châteaulin, s'étend la chaîne des monts d'Arrée (point culminant : le Roc'h Ruz : 385 mètres) et au sud du bassin de Châteaulin et au nord de la vallée de l'Odet, celle des montagnes Noires (point culminant : le Roc Toullaëron : 318 mètres). Se détachant des montagnes Noires, à l'ouest, le lourd dôme du Ménez-Hom (330 mètres) et la montagne de Locronan (284 mètres), forment quant à eux des reliefs isolés.

Hydrographie

Le département du Finistère est drainé par de nombreux fleuves côtiers qu'alimente un réseau dense de petites rivières et de ruisseaux. L'Aulne, le plus important d'entre eux, draine une large zone centrale du département enserrée entre les monts d'Arrée au nord et les montagnes Noires au sud, et formant une dépression appelée communément le bassin de Châteaulin. Le sud du département est drainé par l'Ellé, l'Aven, le Bélon, le Moros, l'Odet, la rivière de Pont-l'Abbé et le Goyen. Le nord du département est drainé par l'Élorn, l'Aber-Benoît, la Penzé, le Douron. Ces cours d'eau, bien que de taille modeste, ont creusé de profondes vallées. Celles-ci ont été envahies dans leur partie basse par la mer à la suite de la transgression marine survenue à la fin du pléistocène et forment de pittoresques vallées maritimes s'enfonçant profondément dans les terres. Dans la région léonarde, on emploie communément le terme local « aber » pour les désigner : aber Wrac'h, aber Benoît. Il en résulte que la côte finistérienne est très découpée. La tranche d'eau écoulée annuellement par les cours d'eau finistériens présente toujours une valeur élevée (758 mm par an pour l'Odet à Quimper et 679 mm par an pour l'Élorn à Plouédern) en raison de l'abondance des précipitations et de la vigueur des pentes moyennes.

Économie

Le département représente 50 % de la pêche bretonne en termes d’effectifs et de navires[15].

Transport

Carte du Finistère.

Tourisme

Les résidences secondaires

Selon le recensement général de la population du , 13,5 % des logements disponibles dans le département étaient des résidences secondaires.

Ce tableau indique les principales communes du Finistère dont les résidences secondaires et occasionnelles dépassent 10 % des logements totaux.

Démographie

Densité de population par commune en 2007.
  • >400 hab./km2
  • 200 à 400 hab./km2
  • 100 à 200 hab./km2
  • 50 à 100 hab./km2
  • 25 à 50 hab./km2
  • <25 hab./km2

Les habitants du Finistère sont les Finistériens. Le Finistère était déjà peuplé au néolithique comme en atteste la présence de nombreux mégalithes et menhirs. Entre le IVe et le VIIe siècle, il y eut plusieurs vagues migratrices des Bretons insulaires vers l'Armorique à la suite de la désorganisation de l'Empire romain et aux invasions des Saxons et des Angles. Ils se mêlèrent aux populations locales présentes sur place. Par la suite, la population du Finistère demeura isolée des autres populations à cause de son particularisme linguistique et de la position du Finistère à l'extrémité d'une péninsule. La francisation des Finistériens et le désenclavement de la péninsule grâce aux moyens modernes de transport contribueront à faciliter le brassage ethnique avec les habitants d'autres régions.

Beaucoup de Finistériens ont été obligés de s'expatrier pour trouver un travail à partir des années 1850. La région parisienne ainsi que les grandes villes de l'ouest de Rennes et de Nantes et les ports du Havre et Toulon ont constitué les destinations favorites. Aujourd'hui les Finistériens tendent à vouloir revenir de plus en plus souvent dans leur département d'origine. La région parisienne où les prix de l'immobilier sont élevés attire de moins en moins.

La majeure partie de la population vit dans les villes. Le taux d'urbanisation de la population atteint en effet 73 %. Brest compte environ 200 000 habitants pour son agglomération et Quimper environ 80 000 habitants. La population se concentre dans les zones proches du littoral tandis que l'intérieur des terres (régions des monts d'Arrée et des montagnes Noires) est largement sous-peuplée et a vu sa population fortement décliner au cours de la première moitié du XXe siècle en raison d'un important exode rural. Le département compte 901 293 habitants au [16]. Il est l'un des plus peuplés de France et se classe à la 24e place pour le nombre d'habitants.

Évolution démographique

En 2017, le département comptait 909 028 habitants[Note 1], en augmentation de 0,86 % par rapport à 2012 (France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1791 1801 1806 1821 1826 1831 1836 1841 1846
285 730439 046452 895483 095502 851524 396546 955576 068612 151
1851 1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891
617 710606 552627 304662 485642 963666 106681 564707 820727 012
1896 1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946
739 648773 014795 103809 771762 514753 702744 295756 793724 735
1954 1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2011
727 847749 558768 929804 088828 164838 687852 418883 001899 870
2016 2017 - - - - - - -
908 249909 028-------
(Sources : SPLAF - population totale du département depuis sa création jusqu'en 1962 − puis base Insee − population sans doubles comptes de 1968 à 2006[18] puis population municipale à partir de 2006[19].)
Histogramme de l'évolution démographique

Communes les plus peuplées

Liste des 15 communes les plus peuplées du département
Nom Code
Insee
Intercommunalité Superficie
(km2)
Population
(dernière pop. légale)
Densité
(hab./km2)
Modifier
Brest 29019 Brest Métropole 49,51 140 064 (2017) 2 829
Quimper 29232 CA Quimper Bretagne Occidentale 84,45 62 985 (2017) 746
Concarneau 29039 Concarneau Cornouaille Agglomération 41,08 19 050 (2017) 464
Landerneau 29103 CC du Pays de Landerneau-Daoulas 13,19 15 781 (2017) 1 196
Morlaix 29151 Morlaix Communauté 24,82 14 559 (2017) 587
Guipavas 29075 Brest Métropole 44,13 14 482 (2017) 328
Douarnenez 29046 Douarnenez Communauté 24,94 13 902 (2017) 557
Plougastel-Daoulas 29189 Brest Métropole 46,83 13 337 (2017) 285
Plouzané 29212 Brest Métropole 33,14 12 822 (2017) 387
Quimperlé 29233 Quimperlé Communauté 31,73 12 057 (2017) 380
Le Relecq-Kerhuon 29235 Brest Métropole 6,43 11 462 (2017) 1 783
Fouesnant 29058 CC du Pays fouesnantais 32,76 9 458 (2017) 289
Landivisiau 29105 CC du Pays de Landivisiau 18,99 9 132 (2017) 481
Plabennec 29160 CC du Pays des Abers 50,43 8 436 (2017) 167
Pont-l'Abbé 29220 CC du Pays Bigouden Sud 18,21 8 250 (2017) 453

Culture

Cercles Celtiques et Bagadoù du Finistère

Adhérents aux Confédérations Kenleur (cercles) et Confédération Sonerion (Bagad)

Korollerien Benodet de Bénodet, Ahès de Carhaix, Alc’houederien Kastellin de Châteaulin, Korollerien Laëta de Clohars-Carnoët, Avel dro Gwiseni de Guissény, Eostiged ar Stangala de Kerfeunteun-Quimper, Eskell an Elorn de Landerneau, Danserien Lann Tivizio de Landivisiau, Strollad Bro Landi de Landivisiau, Bro ar Ster Goz du Faou, Korollerien Montroulez de Morlaix, Sparfelled Plogoneg de Plogonnec, Milinerien Ploveilh de Plomelin, Pleon Pavenn de Plonéour-Lanvern, Bleunioù Sivi de Plougastel-Daoulas, Les amis danses bretonnes de Plouigneau, Kizhier Pluguen de Pluguffan. Bro Goz ar Milinou de Pont-Aven. Kañfarded Sant Evarzeg de Saint-Evarzec, Krog Mad de Guiclan, Cercle Celtique de Guimaëc, Danserien Brest de Brest, Danserien Sant Martin de Saint-Martin-des-Champs, Molan Douar Ar Mor de Moëlan-sur-Mer, Lapouzed ar Menez de Sizun, Brug ar Menez de Spézet, Ar Banal Aour de Bannalec, Groupe des Bruyères de Beuzec-Cap-Sizun, Cercle Celtique de Combrit. Ar Rouedoù Glas de Concarneau, Korollerien Kraon de Crozon, Ar Vro Melenig d'Elliant, Ar Pintiged Foen de Fouesnant, Ar Bleunioù Kignez de La Forêt-Fouesnant, Ar Vro Vigoudenn de Pont-L'Abbé, Giz'Kalon de Quimperlé, Gwen Ha Du de Landrévarzec, Danserien Kemper de Quimper (Ergué-Armel), Mederien Penhars de Quimper (Penhars), Korriganed Ar Meilhoù Glas de Quimper (Moulin-Vert), Livioù Kerien de Querrien, Bleunioù Lann An Aven de Riec-sur-Bélon, Ensemble Bleuniadur de Saint-Pol-de-Léon, Beg An Douar de Saint-Renan, Dañserien An Aberioù de Lannilis, Kalon Sant Yann de Saint-Jean-Trolimon,

Bagad Ar Meilhoù Glaz (Moulin Vert), Bagad Beuzec Ar C’hap (Beuzec Cap Sizun), Bagad Brieg (Briec), Bagad Bro Kemperlé (Quimperlé), Bagad Cap Caval (Plomeur), Bagad Kemper (Quimper), Bagad Konk Kerne (Concarneau), Bagad Plougastel Daoulas, Bagad Bro An Aberiou (Plabennec), Bagad Bro Landerne (Landerneau), Bagad Glaziked Pouldregad (Pouldergat), Bagad Karaez (Carhaix), Bagad Kombrid (Combrit), Bagad Landi (Landivisiau), Bagad Penhars (Quimper), Bagad Brest St Mark, Bagadig Brieg, Bagad Eostiged Ar Mene, (Plomodiern), Bagad Glazik kemper, Bagad Bro Montroulez (Morlaix), Bagad An Eor Du (Ploudalmezeau), Bagad An Erge Vihan (Ergué Armel), Bagad Ar Banal Aour (Bannalec), Bagad Avel Dro (Pagan Guisseny), Bagad Bro Foen (Fouesnant), Bagad Kevrenn Kastell (St Pol de Leon), Bagad Ergué Vraz (Ergué Gabéric), Bagad Osismi Speied (Spezet), Bagadig Cap Caval (Plomeur), Bagadig Plougastell, Bagadig Penhars, Bagadig Moulin Vert, Bagad An Arvorig, Bagad An Dreizherien, Bagad Ar Vro Vigoudenn Uhel, Bagad Bro Skaër (Scaer), Bagad Kerhor (Kerhuon), Bagad Loctudy, Bagad Ribl An Elorn, Bagad St Patrick, Bagadig Beuzec Ar C’hap (Beuzec Cap SIzun), Bagadig Bro An Aberiou (Plabennec), Bagadig Bro Kemperle (Quimperlé), Bagadig Bro Landerne (Landerne), Bagadig Bro Montroulez (Morlaix) Bagadig Karaez (Carhaix), Bagadig Kemper (Quimper), Bagadig Konk Kerne, Bagadig Landi (Landivisiau), Bagadig Pouldregad (Pouldergat), Yaouankiz CAP CAVAL Plomeur, Bagad Ar Re Goz, Skolaj Skaer et Skolaj Penn ar Bed

Langue

Autrefois, avant l'unification KLT en 1908, plusieurs dialectes de la langue bretonne étaient en usage dans le Finistère. Les deux principaux étaient le léonard parlé dans le tiers nord du département et le cornouaillais dans les deux tiers sud. Le trégorrois et le vannetais étaient parlés dans de petites zones situées à l'est de Morlaix pour le premier et à l'est de Quimperlé pour le second. Il n'existait pas de véritable frontière linguistique entre ces différents dialectes. Il s'agissait plutôt de petites variations à l'échelon local, au niveau de chaque paroisse, si bien que plus on s'écartait de sa paroisse d'origine, plus l'intercompréhension linguistique était rendue difficile. Il existait aussi des formes locales de français parlées uniquement dans les villes. Ainsi à Quimper, les habitants parlaient le quimpertin.

Aujourd'hui, la population est largement francophone. Le Finistère (breton : Penn-ar-Bed en breton, ce qui signifie « bout du monde ») est néanmoins le département le plus bretonnant de Bretagne. Les effectifs pondérés que fournit l'enquête Étude de l'histoire familiale[20] menée par l'INSEE en 1999 sont de plus de 132 000 bretonnants de plus de 18 ans pour ce seul département. S'y ajoutent notamment les effectifs des écoles bilingues qui se montent à 4 333 élèves à la rentrée 2005, ou encore les élèves suivant des cours de breton dans les établissements publics du primaire (plus de 7 600 en 2002/2003) ou du secondaire (plus de 1 800 en 2002/2003). La signalisation routière bilingue est utilisée dans le département.

Patrimoine religieux

Le paysage du Finistère est profondément marqué par son patrimoine religieux. Ainsi, on y trouve deux cathédrales à Quimper et à Saint-Pol-de-Léon.

Les bourgs possèdent des églises renfermant bien souvent des trésors : calvaires, retables, baptistères...

Ce patrimoine religieux est marqué spécifiquement par la présence d'enclos paroissiaux notamment autour de la vallée de l'Elorn (La Roche Maurice, La Martyre, Bodilis...) mais aussi Saint-Thégonnec, Guimiliau ou encore Pleyben.

Enfin, la campagne est parsemée de croix et de chapelles situées dans des hameaux voire totalement isolées.

Parcs et jardins

Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références

  1. « Compte-rendu du Conseil des ministres du lundi 22 août 2016 », elysee.fr, (consulté le 22 août 2016)
  2. Prononciation en français de France français standard retranscrite phonémiquement selon la norme API.
  3. Prononciation en breton KLT retranscrite selon la norme API.
  4. Pierre-Éric Fageol, Olivier Roux, Dictionnaire thématique d'histoire et de géographie du professeur des écoles, Paris, Seli Arslan, 2007, (ISBN 978-2-84276-136-3), p. 132
  5. Conseil général du Finistère - Les origines administratives du Finistère
  6. Dom. Charles Beaunier, Recueil historique, chronologique, et topographique, des archevéchez, évéchez, abbayes et prieurez de France, tant d'hommes, que de filles, de nomination et collation royale., t. 2, Alexis-Xavier-René Mesnier, (lire en ligne), p. 953

    « Abbaye d'Hommes de l'Ordre de S. Benoist.SAINT MAHÉ DE FINETERRE.Saint Mahé de Fineterre, ou saint Mathieu de Fineterre, en latin, Sanctus Mattheus finis terræ, feu Mattheus in finibus terræ, situee en basse Bretagne, à cinq lieuës de Brest, sur le bord de la Mer, dans un Bourg du même nom, au Cap qui est à l'extrémité de la basse Bretagne où finit nôtre continent. On ignore précisément le tems de la fondation de cette Abbaye, mais on sait qu'elle étoit déjà fondée en 555. il y a la réforme de saint Maur. »

  7. Jacques Olivier Boudon, Les Bonaparte : regards sur la France impériale. La Documentation photographique, dossier 8073, janvier-février 2010, p. 11 (carte de Gilles Pécout)
  8. « Périgord. L'autre terre bretonne », sur Le Telegramme, (consulté le 7 juillet 2020).
  9. L'abbé François Lanchès est né le à Châteauneuf-du-Faou ; il devint prêtre en 1906 et fut nommé en 1911 vicaire au Relecq-Kerhuon ; il fut en 1925 nommé aumônier des Bretons du Périgord ; en 1946 il est nommé chanoine honoraire de la cathédrale Saint-Front de Périgueux ; il est décédé le à Châteauneuf-du-Faou.
  10. « Les Bretons des Bastides », sur Esprit de Pays Dordogne-Périgord, (consulté le 7 juillet 2020).
  11. a b c et d Sylvain Le Bail, Cœurs de Breizh. Aux Bretons d'ici et d'ailleurs, Les oiseaux de papier, (ISBN 2916359311).
  12. Page des armoiries sur le site du conseil général du Finistère
  13. Divi Kervella et Mikael Bodlore-Penlaez, Guide des drapeaux bretons et celtes, Fouenant, Yoran Embanner, , 192 p. (ISBN 978-2-916579-12-2), p. 50
  14. Alice Raybaud, « Les cassés de la mer », sur Le Monde diplomatique,
  15. Population du Finistère sur le site de l'INSEE.
  16. Population selon le sexe et l'âge quinquennal de 1968 à 2013 - Recensements harmonisés - Séries départementales et communales
  17. Fiches Insee - Populations légales du département pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016 et 2017
  18. Alexandra Filhon, Cécile Lefèvre, François Héran, Étude de l'histoire familiale, INED, 2005, (ISBN 978-2-7332-0156-5).
  19. Conservatoire botanique national – Brest.
  20. Parc botanique de Cornouaille – Combrit.
  21. Jardins de l'abbaye de Daoulas – Daoulas.
  22. Jardin du château de Boutiguéry – Gouesnac'h.
  23. Arboretum du Poërop et forêt de Huelgoat – Huelgoat.
  24. Jardin Georges-Delaselle – Île-de-Batz.
  25. Parc du château de Kérazan – Loctudy.
  26. Jardin exotique de Roscoff – Roscoff.
  27. Parc et Jardins du château de Trévarez – Saint-Goazec.
  28. Château de Kerjean – Saint-Vougay.
  29. Jardin botanique des montagnes Noires – Spézet.

Voir aussi

Bibliographie

  • Cécile Lefèvre et Alexandra Filhon, Histoires de familles, histoires familiales : les résultats de l'enquête famille de 1999, Paris, Institut national d'études démographiques, coll. « Cahiers de l'INED » (no 156), , 641 p. (ISBN 978-2-733-20156-5, lire en ligne)
  • Nathalie Couilloud et Conseil général du Finistère, Promenades littéraires en Finistère, Spezet, Coop Breizh, , 271 p. (ISBN 978-2-843-46403-4).

Articles connexes

Liens externes