Guadeloupe

Guadeloupe
Guadeloupe
Logotype régional.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Département et région d'outre-mer
Chef-lieu Basse-Terre
Arrondissements Basse-Terre
Pointe-à-Pitre
Cantons 21
Communes 32
Intercommunalités 6
Conseil régional Conseil régional de la Guadeloupe
Président Ary Chalus (REM)
2015-2021
Conseil départemental Conseil départemental de la Guadeloupe
Présidente Josette Borel-Lincertin (PS)
2015-2021
Préfet Philippe Gustin[1]
Démographie
Gentilé Guadeloupéen(s), Guadeloupéenne(s)
Population 390 253 hab. (2017)
Densité 240 hab./km2
Langues
locales
Français et Créole guadeloupéen
Géographie
Coordonnées 16° nord, 62° ouest
Superficie 1 628,43 km2
Divers
Monnaie Euro
Fuseau horaire UTC-4
Domaine internet .gp et .fr
Indicatif téléphonique +590
Code ISO 3166-1 GLP, GP
Localisation
Localisation de Guadeloupe
Liens
Site web www.lesilesdeguadeloupe.com[2]

La Guadeloupe, en créole guadeloupéen : Gwada ou Gwadloup[3][4], et en langues amérindiennes : Karukera, est une île de l'archipel des Antilles composée de deux parties : la Grande-Terre à l'est et la Basse-Terre à l'ouest, séparées par un bras de mer « la Rivière-Salée ». La Guadeloupe est aussi par extension administrative un département français, une région mono-départementale de l'Outre-mer français et une région ultrapériphérique européenne, située dans les Caraïbes ; son code départemental officiel est le « 971 ». Elle est membre de l’OECS (Organisation des États de la Caraïbe orientale).

La Guadeloupe « à la fois département et région d’outre-mer »[5] bordée par la mer des Antilles à l'ouest et par l'océan Atlantique à l’est, est située à 575 km au nord des côtes du Venezuela en Amérique du Sud, à 205 km à l'ouest de l'Île Aves, à 739 km à l'est-sud-est de la République dominicaine, à 2 176 km à l'est-sud-est de Miami (États-Unis) et à 6 732 km de Paris.

La région se compose de plusieurs îles et îlets : la Guadeloupe proprement dite (Grande-Terre et Basse-Terre) et ses dépendances : l’île de Marie-Galante, l'archipel des Saintes composé principalement de Terre-de-Haut et Terre-de-Bas, la Désirade et des ilets inhabités.

Toponymie

Historiquement, la Basse-Terre est d'abord nommée « Karukera » (« île aux belles eaux », en langue caraïbe[6]) par les Amérindiens qui l'habitent et la Grande-Terre, « Cibuqueira » (« île aux gommiers », en langue caraïbe)[7]. La Rivière Salée, bras de mer qui les sépare coupant la Guadeloupe en deux, était appelée « Aboukétoutou » qui signifiait « détroit ». L'île prend le nom de Guadeloupe lorsque Christophe Colomb y aborde le , et attribue ce nom en hommage à la Vierge protectrice des navigateurs Notre-Dame de Guadalupe. En Espagne, à Guadalupe, le Monastère royal de Santa María de Guadalupe est dédié à la Vierge des navigateurs. Le nom de Guadalupe viendrait du nom de la rivière qui coule dans cette ville, en arabe wadi-al-lub, qui signifie la « rivière aux cailloux noirs[8] » ou, selon une déformation signalée par Ana Castillo, « rivière de l'amour »[9].

On doit aux agences de voyage, la périphrase « l'île papillon » inspirée par la forme des deux îles principales.

Géographie

Localisation

Position de la Guadeloupe dans la mer des Caraïbes.

La Guadeloupe est un territoire de l'hémisphère nord situé dans l'archipel des Caraïbes (ou Antilles), entre le tropique du Cancer et l'équateur. Elle fait partie des îles du Vent (par opposition aux îles Sous-le-Vent proches du Venezuela). Elle est positionnée à 16°15' de latitude Nord, soit la même latitude que la Thaïlande ou le Honduras, et à 61°35' de longitude Ouest, à peu près celle du Labrador et des îles Malouines.

Cette localisation place l'île à 6 700 km de Paris, à 2 180 km au sud-est de la Floride, à 580 km des côtes de l'Amérique du Sud, et plus précisément en plein cœur de l’arc des petites Antilles.

Description

Plage de la Feuillère à Marie-Galante.
Les Chutes du Carbet.

La Guadeloupe et ses dépendances dévoilent des paysages aussi bien variés que contrastés sur un ensemble composé de 1 628 km2 de terres émergées.

D'une superficie de 1 436 km2, la « Guadeloupe continentale » se compose de deux terres distinctes, qui sont séparées par un fin bras de mer n'excédant pas 200 mètres de large pour 5 km de long, appelé « la Rivière Salée ».

  • La Basse-Terre à l'ouest, 848 km2 (massif ovale de 45 km sur 20), est montagneuse et recouverte d'une forêt tropicale très dense du nord au sud, où abondent de nombreuses rivières et cascades.
D'origine volcanique (comme certaines îles voisines de Montserrat, La Dominique, Martinique et Sainte-Lucie), son plus haut sommet est le volcan en activité de la Soufrière culminant à 1 467 m, soit la plus haute altitude des Petites Antilles. Comme dans la plupart des îles
Cascade aux Écrevisses.
volcaniques, on y trouve aussi de nombreuses plages de sable noir et de sable roux.
  • La Grande-Terre à l'est, 588 km2 (triangle d'environ 40 km de côté) est plate. L'eau douce de consommation y est amenée de l'île de Basse-Terre par des canalisations sous le pont traversant la Rivière Salée qui sépare les deux terres.
Sur un substrat calcaire (comme les îles voisines d'Antigua ou Barbade), elle se compose d'une plaine bordée d'une mangrove au sud-ouest, d'une succession irrégulière de mornes appelés les Grands Fonds au centre, et d'un plateau aride dentelé de côtes rocheuses et sauvages au nord. C'est sur le littoral sud de la Grande-terre, parsemé de plages de sable blanc à l'abri des récifs coralliens, que se concentrent les grandes stations balnéaires.
La Rivière Salée coulant sur un axe nord-sud selon les courants de marée constitue un bras de mer séparant les deux îles, dont la configuration fait qu'elles sont souvent comparées aux ailes d'un « papillon » déployé sur la mer.

À peu de distance, les « dépendances administratives » (ou les îles du sud) se composent de plusieurs îles, d'une superficie globale de 194 km2 qui ne diffèrent pas beaucoup culturellement de la « Guadeloupe continentale », à l'exception des Saintes. Très récemment est apparue l'expression « archipel de la Guadeloupe » ou « îles de Guadeloupe » dans l'essor du tourisme, mais officiellement la Guadeloupe n'est pas reconnue comme étant un archipel au sens propre du terme. Dès lors, on parle de la Guadeloupe et de ses dépendances.

  • La Désirade, 21 km2, est une île calcaire de forme allongée (11 km sur 2 km), qui se présente comme un vaste plateau incliné vers le nord-ouest. La Grande Montagne, qui atteint 275 m d'altitude, est son point culminant.
  • Les Îles de la Petite-Terre sont un petit archipel de 2 km2 constitué de deux îlots Terre de Haut et Terre de Bas fermés par un récif corallien, situé à une dizaine de kilomètres au sud de la Pointe des Châteaux et de la Désirade dont il dépend administrativement.
  • Marie-Galante, 158 km2, est une grande île formée sur un substrat calcaire vallonné, soumis au vent alizé. Par rapport à sa forme arrondie (15 km de diamètre), elle est surnommée la « Grande Galette, le sombrero ou l'île aux cent moulins ».
  • Les Saintes se présentent comme un petit archipel de 9 îles arides et escarpées. Les deux plus grandes îles sont habitées : Terre-de-Haut, un îlet allongé de 5 km2 à l'est, et Terre-de-Bas, l'îlet le plus grand de 8 km2 à l'ouest de l'archipel et de forme plus arrondie.
    Îles de la Petite-Terre.

La Basse-Terre et les Saintes à l'ouest, sont issues de la formation d'une chaîne volcanique récente qui culmine à la Soufrière, alors que les autres îles à l'est sont d'origine corallienne.

Le point le plus au nord de la Guadeloupe se situe à la Pointe de la Grande Vigie sur le territoire de la commune d'Anse-Bertrand en Grande-Terre, celui le plus au sud se situe à la Pointe des Colibris, à Grand-Îlet, sur le territoire de la commune de Terre-de-Haut dans l'archipel des Saintes, celui le plus à l'est se situe à la Pointe Doublé sur l'île de La Désirade et celui le plus à l'ouest se situe à la Pointe Ferry sur le territoire de la commune de Deshaies en Basse-Terre.

En raison de ses caractéristiques géologiques, les îles du département de la Guadeloupe sont classées en zone III d'après le zonage sismique de la France.

La zone économique exclusive (ZEE normalement fixée à 200 milles des côtes) a été étendue à 350 milles vers l'est en 2015 après l'avis favorable de l'Organisation des Nations unies[10].

Climat

La Baie des Saintes.

La Guadeloupe bénéficie d’un climat tropical, tempéré par les influences maritimes.

Station météorologique du Raizet, Les Abymes
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 20,7 20,6 21 22,2 23,6 24,3 24,3 24,1 23,8 23,3 22,4 21,3 22,6
Température maximale moyenne (°C) 29,2 29,2 29,7 30,3 30,9 31,4 31,6 31,9 31,7 31,3 30,5 29,7 30,6
Précipitations (mm) 83 60 67,9 96,5 134,1 107,8 129,6 169,1 206,2 214,5 213,9 134 1 616,6
Source : Météo-France, « Données climatiques de la station de Le Raizet », sur meteofrance.gp (consulté le 31 octobre 2017)


On distingue deux saisons en Guadeloupe et dans les îles voisines :

Côté température, avec une moyenne de 27 °C, il n'y a que peu de différence entre les mois les plus chauds (de 25 °C à 32 °C) et les mois les plus froids (de 23 °C à 29 °C). La géographie spécifique de l'archipel, le contraste entre la Basse-Terre et la Grande-Terre, entraîne également un climat spécifique sur chacune de ces îles. La Grande-Terre et ses plateaux calcaires connaissent régulièrement de sévères sécheresses, alors que dans le même temps, le relief perpendiculaire au flux des alizés de la Basse-Terre régule le régime des pluies. La température moyenne de l’eau de mer est de 28 °C.

L'île est sujette au passage des ouragans de mai à novembre. Ceux-ci se forment soit localement dans les Antilles, soit au large du Cap-Vert en Afrique et dérivent dans les alizés d'est.

Risques naturels

Photo satellite d'un nuage de sable quittant le continent africain, le 26 février 2020, en direction de l'Amérique latine et des Antilles.

La Guadeloupe est soumise à de nombreux risques naturels tels que les séismes, les éruptions volcaniques ou les cyclones tropicaux. Elle a fait l'objet d'un plan de prévention des risques spécifique[11].

Brumes de sable

Il n'est pas rare que la Guadeloupe subisse des brumes de sable importées du désert du Sahara par les alizés. Ce phénomène peut provoquer des troubles respiratoires et entrainer une forte réduction de la visibilité, comme ce fut le cas en septembre 2018 et en juin 2020.

Séismes et tsunamis

Le , les îles du département, notamment l'archipel des Saintes, furent frappées par un violent séisme atteignant la magnitude de 6,3 sur l'échelle de Richter et causant la mort d'une personne ainsi que de nombreux dégâts matériels[12].

Le séisme de 1843 aux Petites Antilles est, à ce jour, le séisme connu le plus violent. Il a causé la mort de plus d'un millier de personnes ainsi que de très importants dégâts à Pointe-à-Pitre[13],[14].

Éruptions volcaniques

Cratère de la Soufrière et ses fumerolles, île de Basse-Terre.

Cyclones tropicaux et marées de tempêtes

Situé dans une région très exposée, la Guadeloupe et ses dépendances doivent faire face à de nombreux cyclones.

Les îles des Caraïbes, sur le trajet des ouragans tropicaux.

L'ouragan le plus meurtrier à avoir frappé la Guadeloupe est l'ouragan de Pointe-à-Pitre de 1776 qui a fait au moins 6 000 morts[15].

Le , le cyclone Hugo inflige de sérieux dégâts aux îles de l'archipel.

En 1995, trois cyclones (Iris, Luis et Marilyn) ont frappé l'archipel en moins de trois semaines.

Ouragans meurtriers ayant frappé la Guadeloupe au XXe siècle et XXIe siècle
  •  : ouragan Okeechobee, estimé catégorie 4, très fort (plus de 1 200 morts) ; vents soutenus de 230 à 240 km/h, rafales à plus de 310 km/h ;
  •  : ouragan Betsy (6 morts) ;
  •  : tempête tropicale Helena (5 morts) ;
  •  : ouragan Cleo, catégorie 3, fort (14 morts) ;
  •  : ouragan Inez, catégorie 3, fort (25 morts) ; vents soutenus de 200 km/h, rafales à plus de 280 km/h ;
  • Du 16 au  : ouragan Hugo, catégorie 4, très fort (11 morts), vents soutenus de 222 km/h, rafales à plus de 310 km/h[16] ;
  • Du 14 au  : ouragan Marilyn, catégorie 1, vents soutenus 120 à 130 km/h, rafales à 150 km/h très fortes inondations et coulées de boue ;
  •  : ouragan Irma, catégorie 5, la Guadeloupe ne subit pas de dommages matériels et humains importants, mais les collectivités d'Outre-mer de Saint-Martin et Saint-Barthélemy sont ravagées (10 morts).
  • Du 18 au  : ouragan Maria, catégorie 5, (4 morts), vents soutenus jusqu'à 215 km/h, rafales bien au-delà sur les Saintes.

Risques et nuisances anthropogéniques

Pollution des nappes phréatiques

L'étude ChlEauTerre, dévoilée par le gouvernement le 7 mars 2018, conclue que 37 molécules anthropogéniques différentes (dont plus de la moitié est issue des résidus de pesticides désormais interdits, comme le chlordécone) ont été retrouvées sur « 79 % des bassins versants analysés en Grande-Terre et 84 % sur la Basse-Terre »[17].

Un rapport de l’Office de l’eau de Guadeloupe fait état en 2019 d'une « dégradation généralisée des masses d’eau ». Celle-ci est causée par « l’activité anthropique », dont « l’agriculture et l’assainissement (…) et dans une moindre mesure l’industrie ». Le constat le plus « alarmant » est l’augmentation de la salinité de la nappe d’eau douce souterraine due à « l’intensité de l’utilisation de la nappe, notamment par des forages d’alimentation en eau potable », mais aussi les pollutions d’origine agricole, pesticides et composés azotés[18].

Invasion de sargasses

Depuis plusieurs années la Guadeloupe affronte une invasion d'algues sargasses venant s'échouer sur l'ensemble de son littoral. Il se pourrait que ce phénomène soit causé par deux facteurs : la déforestation plus l'utilisation intensive d'engrais chimiques en Amazonie, et l'effet des courants ascendants venus d'Afrique de l'Ouest.

Milieu naturel

Vanille Banane de Guadeloupe - Basse-Terre
Vanille Banane de Guadeloupe - Basse-Terre.

Biotope guadeloupéen

La Guadeloupe et les Antilles constituent un point chaud de biodiversité. Comme les autres Petites Antilles, la Guadeloupe a émergé de l'océan il y a moins de cinq millions d'années. Cet isolement a favorisé l'émergence d'un fort taux d'endémisme. On y rencontre notamment le racoon, un raton laveur devenu l'emblème du Parc national de la Guadeloupe, l'iguane des Antilles ou Holothele sulfurensis, une espèce de mygale que l'on rencontre que sur le massif de la Soufrière.

L'archipel était entièrement recouvert de forêt avant l'arrivée des européens au XVIe siècle. Cette arrivée s'est accompagnée d'invasions biologique (le rat, la mangouste, le poisson-lion, la fourmi manioc) et de défrichements qui ont eu un impact sévère sur la biodiversité.

De nombreuses espèces ont disparu de l'île telles que l'Ara des Antilles, l'Amazone de la Guadeloupe, la Perrique de la Guadeloupe, le rat mondoungue, le lamantin des Caraïbes, le phoque moine des Caraïbes, l'agouti doré, l'améive de Guadeloupe ou encore le crapaud de la Dominique.

Autrement, de nombreux cétacés vivent ou transitent le long côtes de l'archipel comme le dauphin clymène ou la baleine à bosse qui vient s'accoupler et mettre bas dans les eaux guadeloupéennes.

Atteintes environnementales et remédiations

Les milieux naturels de Guadeloupe souffrent des prélèvements (chasse et pêche en particulier), du recul de la forêt, de l'urbanisation, d'une périurbanisation accélérée ces dernières décennies, ainsi que du fait du développement des cultures, en particulier, celles, intensives, (de banane et canne à sucre surtout) qui ont atteint leur apogée dans les années 1955-75 après avoir longtemps coexisté avec des modes plus extensifs (exploitation en colonat, parcs pour l'élevage), tous ces modes d'exploitation ayant restreint l'importance de la forêt tropicale et l'ayant même fait disparaître à faibles altitudes. Les cultures de la banane et de la canne à sucre ont marqué les paysages non montagneux et sont sources de pollutions sensibles.

Le ti-racoon, emblème du Parc national de Guadeloupe.

Malgré le développement de procédés modernes d'élimination (méthanisation), un certain nombre d'effluents intéressant de petites distilleries sont encore peu ou mal traités. Cette agriculture (majoritairement exportatrice) de sucre de canne, alcool (rhum) et bananes est depuis toujours très grosse importatrice d'engrais de pesticides, dont d'insecticides ; ces consommations ont heureusement une forte tendance à se restreindre, plus encore en volume global (forte régression des surfaces cultivées et des productions). Cette agriculture reste fortement encouragée, pour la rendre plus « durable » et ralentir sa récession par l'Europe, l’État et les collectivités locales (Région et Département).

Les récifs sont dégradés au moins à 50 % autour des grandes îles, et de nombreux herbiers marins sont également très dégradés. L'environnement végétal et les paysages restent préservés sur quelques parties des îles, constituant un atout sensible pour le tourisme. Ces

Crabe touloulou, gecarcinus lateralis.

espaces sont pour partie classés en ZNIEFF et protégés, pour certaines avec un statut de réserve naturelle guadeloupéenne, dont plusieurs grottes abritant des chiroptères protégés.

Des cartes d'habitats sous-marins permettent d'envisager une meilleure gestion et protection de ces habitats fragiles et des corridors biologiques sous-marins, vulnérables aux pollutions (nitrates, turbidité, pesticides…), aux pressions anthropiques et aux aléas climatiques qui pourraient devenir plus fréquents et aigus dans le contexte du changement climatique global. Le site du Grand Cul-de-sac Marin est inscrit depuis le 8 décembre 1993 en tant que zone humide d’importance internationale (Convention de Ramsar).

À Marie-Galante, aux Saintes et à la Désirade les palétuviers et mangroves ont presque disparu. Importation de pesticides en Guadeloupe.

Le 15 février 1993 la Guadeloupe et ses dépendances sont classées Réserve de la Biosphère (label UNESCO) avec une superficie de 69 707 ha d'espace protégés et sont inscrites au patrimoine mondial de L'UNESCO. Elle devient le Département d'outre-mer ayant le plus d'espaces protégés, avec notamment un parc national.

Forêt de palétuviers, mangrove de Guadeloupe.

Les séquelles de l'utilisation de ces produits, pour certains très toxiques et rémanents (chlordécone, paraquat en particulier) posent aujourd'hui problème.

Scandale environnemental de la chlordécone

Depuis 1973, dans les Antilles françaises, son utilisation était destinée à protéger les bananeraies d'un charançon. Son autorisation à la vente avait été retirée en 1990 par le

gouvernement français, mais une dérogation en permettra l'usage jusqu'en 1993, à la suite de la demande pressante des producteurs de banane, relayée par le député de la Martinique, Guy Lordinot. Son usage se poursuivra en réalité jusqu'aux années 2005-2007.

Son utilisation a pollué l'ensemble de l'écosystème antillais et se retrouve à des concentrations supérieures à 100 fois la norme, notamment dans les eaux et les sols. Selon le BRGM du fait des 1 250 tonnes de chlordécone épandues avant que l'usage ne soit définitivement interdit (1993), et donc sans même tenir compte des utilisations frauduleuses qui ont perduré jusqu'en 2007, la pollution ne devrait disparaître que dans 7 000 ans.

Importation de pesticides en Guadeloupe.

Outre une pollution durable, de nombreux sols et des écosystèmes (dans les zones dédiées aujourd'hui ou anciennement aux bananeraies, ainsi que l'aval des émissaires intéressés jusqu'à la mer), une contamination sensible de certains réseaux d'eau potable par des organochlorés, confirmée à la fin des années 1990[19], faisant en 86 pages un nouvel état de pollution de l'eau et des sols après une mission sur le terrain (12-17 mars 2001). Le rapport note que « malgré la crise aiguë du printemps 2000, force est de constater que le plan d'amélioration des pratiques agricoles n'est pas véritablement lancé, ce qui est difficilement admissible compte tenu des enjeux.. » (p. 3) ; remarquable le taux maximal de la pollution chlordécone: 10,3 μg/l[20].

Des mesures ont été prises pour maintenir l'accès à une eau potable, mais les sols de certaines régions du territoire guadeloupéen et des autres îles bananières (françaises, anglophones et hispanophones) des Antilles sont durablement pollués par certains produits, dont le chlordécone. Des études sont en cours pour mieux mesurer les impacts de ces produits sur la santé. Des arrêtés d’interdiction de la pêche sont à respecter en Martinique et en Guadeloupe (poissons et crustacés d'eau douce genre ouassous, certaines espèces de poissons de lagon et de langouste), rappelle l'AFSSA, de même qu'il faut en zone contaminée éviter de consommer les légumes racines du jardin plus de 2 fois par semaine.

Energie

L'île dispose d'un fort potentiel d'énergie solaire, éolienne et marines, mais en 2018, la biomasse-énergie et le charbon et les hydrocarbures pétroliers restent les plus utilisés.

La loi sur la transition énergétique (TECV) prévoit 50% d'énergie renouvelable à horizon 2020 pour le territoire. Et la PPE de Guadeloupe prévoit de développer 66 Mw de capacité supplémentaire de biomasse-énergie de 2018 à 2023, dont 43 MW en remplacement du charbon.

Par exemple la centrale à charbon Albioma Caraïbes (AC) sera convertie à la biomasse pour aider à faire passer de 20,5% à 35% la part des énergies renouvelables dans le mix énergétique de la Guadeloupe[21], et ainsi atténuer la dépendance de l'île aux hydrocarbures fossiles et diminuer la pollution acide de l'air et la production de cendres et de mâchefers toxiques. Cette centrale de 34 MW qui produit en 2018 260 GWh/an d’électricité (soit 15% des besoins de l'île) doit diminuer de 265 000 t équivalent CO2/an sur l'ensemble de la chaîne (-87% une fois reconvertie à la biomasse par rapport à la situation antérieure, au charbon)[21].

L'énergie bagasse - charbon (thermique à flamme)

Parc éolien à Marie-Galante.

Une centrale de production d'électricité située en la commune du Moule est adossée à la filière agricole de la canne à sucre et récupère les déchets provenant du broyage de la canne (la bagasse), afin de produire de l'énergie. En dehors de la période d'exploitation de la canne à sucre, la bagasse est remplacée par du charbon.

L'énergie éolienne

Profitant de sa position avantageuse puisque située sur la route des vents alizés, le territoire guadeloupéen à l'opportunité de tirer profit de la force éolienne. On compte actuellement 12 parcs éoliens répartis sur différents lieux de l'archipel comme à la Désirade, au Moule ou encore à Marie-Galante.

Usine géothermique de Bouillante - Basse-Terre.

L'énergie géothermique

La Guadeloupe compte une centrale géothermique, dans la commune de Bouillante, permettant d'exploiter l'énergie de la vapeur d'eau produite par l'activité volcanique. La production d'électricité de cette centrale la place à la première position en France.

L'énergie houlomotrice et marine

Un projet d'exploitation de l'énergie des vagues et de celle des courants marins est en cours.

L'énergie hydraulique

Représentant 2,2% de la production totale, la production d'électricité générée par la force hydraulique provient de barrages aménagés dans le lit de quelques cours d'eau situés essentiellement sur l'île de Basse-Terre.

L'énergie solaire photovoltaïque et solaire thermique

Bénéficiant de 1400 heures d'ensoleillement annuel en moyenne, c'est tout naturellement que se sont développées des installations photovoltaïques sur l'ensemble du territoire guadeloupéen. Cette production est en partie mise à profit pour développer le secteur des véhicules électriques en Guadeloupe[22].

L'énergie solaire est également mise à contribution pour fournir l'électricité nécessaire au fonctionnement des chauffe-eaux solaires chez les particuliers.

Transports

Réseau routier

Le réseau routier guadeloupéen est très bien développé. Au 31 décembre 2011 il comprenait 416 kilomètres de routes nationales et 619 kilomètres de routes départementales. Et parmi les plus importantes voies de communication on distingue 11 routes nationales et 9 routes départementales. Tandis que deux ponts mobiles permettent de franchir la Rivière Salée et relier les îles de Basse-Terre et Grande-Terre.

Le Pont de la Gabarre, reliant les îles de Basse-Terre et Grande-Terre.

Les routes nationales :

  • La RN 1 ou Rocade de Pointe-à-Pitre, permet de desservir Pointe-à-Pitre (contournement par le sud-est)/Baie-Mahault (traversant la Rivière Salée par le pont de la Gabarre)/Petit-Bourg/Goyave (contournement par l'ouest)/Capesterre-Belle-Eau (contournement par le nord-ouest)/Gourbeyre/Basse-Terre.
  • La RN2, à partir de la ville de Basse-Terre, relie les villes de Baillif/Vieux-Habitants/Bouillante/Pointe-Noire (contournement par l'est)/Deshaies/Sainte-Rose/Lamentin/Baie-Mahault (à hauteur de Destrellan).
  • La RN3, depuis la ville de Basse-Terre, relie la ville de Saint-Claude jusqu'à Matouba.
  • La RN4, au niveau de Chauvel-Besson, dessert Le Gosier/Sainte-Anne/Saint-François.
  • La RN5, à partir de la ville de Saint-François, dessert Le Moule/Morne-à-l'Eau/Les Abymes jusqu'à hauteur de Vieux-Bourg Abymes.
  • La RN6, à Morne-à-l'Eau, dessert les villes de Petit-Canal/Port-Louis/Anse-Bertrand.
  • La RN8, à partir d'Anse-Bertrand, rejoint Bazin (Les Abymes) via Les Mangles (Morne-à-l'Eau).
  • La RN9, à Marie-Galante, relie les villes de Grand-Bourg et Saint-Louis.
  • La RN10 est une voie rapide reliant Petit Pérou (Les Abymes) à la zone nord de Jarry à Baie-Mahault (via la zone aéroportuaire et traversant la Rivière Salée par le pont mobile de l'Alliance).
  • La RN 11 ou Rocade nord, passe par le nord de l'agglomération de Pointe-à-Pitre.
Les Mamelles, vue du piton de Pigeon ou Déboulé (768 m) et du piton de Petit-Bourg (716m), île de Basse-Terre.

Les routes départementales importantes :

  • La RD 23 nommée aussi route de la Traversée, relie Petit-Bourg à Pointe-Noire (via le col des Mamelles situé à 584m) et pour cela traverse d'est en ouest le massif de la Soufrière et son parc national.
  • La RD102 traverse une partie de la Grande-Terre depuis Dothémare (Les Abymes) jusqu'à Bragelogne (Saint-François) et tout particulièrement la région vallonnée des Grands Fonds.
  • La combinaison des RD 201, 203, 205 et 206 (les 203 et 206 reliées entre-elles par un tronçon de la RN9) permettent de faire le tour de l'île de Marie-Galante.
  • La RD 207 est la route principale de l'île de la Désirade.
  • La RD 213 fait quasiment le tour de l'île de Terre-de-Bas.
  • La RD 214 est la route principale de l'île de Terre-de-Haut.

La plus longue route est la RN 2, elle mesure 87 km et relie les villes de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre. Le plus long trajet mesure 100 km et s'effectue entre les villes de Saint-François et Saint-Claude.

Transports terrestres

La MBK AV88, communément appelée grèna en Guadeloupe.

La grèna

Parmi les différents modes de déplacement et faisant partie des symboles emblématiques de la culture guadeloupéenne, on peut citer l'utilisation fréquente de la motocyclette AV88 plus communément surnommée grèna. Conçue dans les années 60, cette motocyclette de la marque Motobécane s'est avérée robuste, économique et tout-terrain. Le surnom de grèna lui vient de la couleur grenat dont la majorité d'entre-elles étaient peintes.

Mode de déplacement

Les modes de déplacement des actifs guadeloupéens se répartissent de la façon suivante[23] :

  • voiture (80%) ;
  • transport en commun (7%) ;
  • marche (7%) ;
  • pas de transport (4%) ;
  • vélo (2%)

Projet de tramway abandonné

Un projet de Tramway comprenant deux lignes a été voté le par la communauté d'agglomération du Sud Grande-Terre[24]. La première phase devait relier, en 2019, le nord des Abymes au centre ville de Pointe-à-Pitre. La deuxième phase, en 2023, devait compléter la première en desservant l'université. À l'horizon 2030, deux lignes étaient prévues : la ligne 1 de Lauricisque à Baie-Mahault, et la ligne 2 jusqu'à Belle plaine au Gosier. Le projet est abandonné en 2018[25].

Transports maritimes

Dans le domaine du réseau maritime, la Guadeloupe dispose de nombreuses navettes permettant de relier les îles entre-elles[26],[27]. L'étendue des dessertes est régionale, inter-régionale et internationale.

En Grande-Terre, les disponibilités sont les suivants :

  • Depuis la gare maritime internationale de Bergevin, à Pointe-à-Pitre : l'île de Marie-Galante (Grand-Bourg, Saint-Louis), l'archipel des
    Vue de la Baie des Saintes, Terre-de-Haut.
    Saintes (Terre-de-haut), l'île de la Dominique (Roseau), l'île de la Martinique (Fort-de-France) et l'île de Sainte-Lucie (Castries).
  • Depuis le port de Jarry, à Baie-Mahault : Marie-Galante (Folle Anse).
  • Depuis la gare maritime de Saint-François : l'île de la Désirade (Grand-Anse), l'île de la Petite-Terre, l'île de Marie-Galante (Grand-Bourg, Saint-Louis) et l'archipel des Saintes (Terre-de-Haut).

Le Bus de Mer, mis en service en octobre 2019, propose deux boucles à travers le Petit Cul-de-sac marin :

Pointe-à-Pitre - le Mémorial ACTe - l'Université - le Gosier.

Pointe-à-Pitre - Lauricisque - Jarry (Baie-Mahault).

En Basse-Terre, les disponibilités sont les suivantes :

  • Depuis le port de Basse-Terre : l'archipel des Saintes (Terre-de-Haut).
  • Depuis le port de Trois-Rivières : l'archipel des Saintes (Terre-de-Haut, Terre-de-Bas).

Transports aériens

Aéroport Guadeloupe-Pôle Caraïbes, Les Abymes.

Concernant le domaine du réseau aérien, chaque île de l'archipel dispose d'installations aéroportuaires :

Représentations diplomatiques en Guadeloupe

Consulats Généraux

  • Consulat Général d'Haïti situé au 12, rue Shoelcher, 97110 Pointe-à-Pitre
  • Consulat Général de République Dominicaine situé au 12, rue Henri Becquerel Z.I de Jarry, 97122 Baie-Mahault

Consulats Honoraires

  • Consulat Honoraire de Belgique situé Immeuble Mirabel n°16 Zone commerciale d'Orvilles Dalciat, 97122 Baie-Mahault
  • Consulat Honoraire de Dominique (Commonwealth of Dominica) situé au 21, rue Gambetta, 97110 Pointe-à-Pitre
  • Consulat Honoraire d'Italie situé au 71, boulevard Amédée Clara, 97190 Le Gosier
  • Consulat Honoraire des Pays-Bas situé au Morne les Amandiers, 97139 Les Abymes
  • Consulat Honoraire de République Tchèque situé au 19 Convenance's Gate, 97122 Baie-Mahault
  • Consulat Honoraire du Royaume-Uni situé au 50, rue Achille René Boisneuf, 97110 Pointe-à-Pitre
  • Consulat Honoraire de Syrie situé à la ZAC de Sergent, 97160 Le Moule[28]

Frontières, espace maritime et litige territorial

Frontières maritimes

Au nord-est la Guadeloupe partage sa frontière avec le territoire britannique d'outre-mer de Montserrat. Au nord elle partage sa frontière avec l'état d'Antigua-et-Barbuda. Au sud l'archipel partage sa frontière avec l'état du Commonwealth de Dominique. À l'ouest, par sa proximité avec l'île de Aves, la Guadeloupe partage sa frontière avec la République du Venezuela.[29]

Espace maritime

Litige territorial

La polémique de l'île de Aves

Le Venezuela est au centre d’une polémique concernant ses eaux dans les Petites Antilles, car il possède une grande superficie grâce à l’île de Aves. La contestation des pays voisins (Grenade, Barbade, Antigua-et-Barbuda, et la Dominique) repose sur le statut même de l’île : en effet cette île est en fait un îlet formé par une bande de sable d’une taille comparable à celle d’un terrain de football et de plus est inhabité. Ces pays estiment donc que cette « île » ne devrait pas permettre d’attribuer des eaux au Venezuela. L’affaire est encore en cours.

De même qu'en France, en 2014, la question de la souveraineté du Venezuela sur l'île de Aves a été abordée par le CIPPA[30] et portée à la connaissance du président de la République. Considérant que la Guadeloupe est celle des îles des Petites-Antilles située la plus près et que l'île de Aves se situe dans la zone économique exclusive française. En réponse, le Ministère des Affaires Étrangère a rappelé que le critère de la distance séparant une métropole et son territoire d'outre-mer (comme c'est le cas de la France avec la Guadeloupe) ne constitue pas un motif solide permettant de dénoncer de manière unilatérale un traité international.

Histoire

Peuplements amérindiens

Pétroglyphe précolombien à Baillif.

À l'instar d'autres îles des Petites Antilles, la Guadeloupe est probablement occupée par des groupes amérindiens précéramiques à partir de 3000 av. J.-C. comme semble l'indiquer la découverte récente de traces de culture sur brûlis sur l’île de Marie-Galante[31],[32]. Cette période est dénommée Mésoindien ou Âge Archaïque dans la nomenclature archéologique américaine. Vers le début du premier millénaire, des groupes amérindiens agro-céramistes migrent depuis le nord du Venezuela dans tout l'arc antillais.

Cette période, le Néoindien ancien ou Âge Céramique ancien comprend deux cultures bien identifiables par le style de leur production céramique : Huecan et Cedrosan Saladoïde (anciennement dénommés Arawaks par les archéologues).

Pétroglyphe représentant une femme en phase d'accouchement, Trois-Rivières.

Vers le IXe siècle, ils laissent la place à la culture troumassoïde qui inaugure la période du Néoindien récent. Ces groupes ne proviennent pas d'une migration mais d'une transformation sur place des groupes antérieurs, profonde mutation encore mal expliquée mais où le climat, la démographie et des modifications sociétales pourraient avoir joué un rôle.

La céramique troumassoïde est dérivée de la céramique cedrosan saladoïde, avec une extrême simplification du registre décoratif qui disparaît presque totalement. C'est sans doute tardivement, peut-être autour du XVe siècle, qu'une nouvelle population migre dans l'arc antillais depuis le Plateau des Guyanes.

Ces peuples, les Kalinagos ou Caraïbes insulaires décrits par les Espagnols à leur arrivée dans les Petites Antilles, pourraient correspondre aux cultures dénommées Suazoïde et Cayo par les archéologues. Cette période tardive est marquée par l'évidence de contacts avec les Taïnos des Grandes Antilles.

Selon une thèse aujourd'hui sujette à controverse, les « Arawaks » auraient été massacrés à l'arrivée des Indiens Caraïbes, un peuple décrit par les chroniqueurs espagnols comme guerrier et pratiquant le cannibalisme.

Ces Indiens baptisèrent l’île Karukera (« île aux belles eaux » en langue caraïbe[33]) ; ils sont les principaux occupants des lieux jusqu'au milieu du XVIIe siècle, c'est-à-dire peu de temps après l'installation des Français en 1635, mais bien après l'arrivée des premiers Européens.

Arrivée des Espagnols

L'histoire moderne de la Guadeloupe commence en novembre 1493, lorsque Christophe Colomb aperçoit, lors de son deuxième voyage, La Dominique, puis Marie-Galante où il débarque le [34]. Il arrive sur l'île de la Basse-Terre le 4 novembre[35] à l'embouchure de l'actuelle rivière du Grand-Carbet. Il note l'importance de la présence de l'eau, notamment en voyant les chutes du Carbet. Il nomme l'île Santa María de Guadalupe de Extremadura en hommage au monastère espagnol où Christophe Colomb fit un pèlerinage après son premier

Le nom "Guadeloupe" honore Notre-Dame de Guadalupe.

voyage au Nouveau Monde en 1492 et vint remercier pour cette découverte[33].

Dès 1502, l'archipel de la Guadeloupe est précisément indiquée dans toutes ses composantes (les cinq îles) sur le planisphère de Cantino indiquant l'importance et la connaissance du lieu par les premiers navigateurs européens. La Guadeloupe est alors peuplée par les Caraïbes, peuple amérindien présent sur l'île depuis le VIIIe siècle.

Les cinq îles de la Guadeloupe clairement identifiées et nommées (Isla de Guadalupe, Isla Deserada, Marígalante et Todos Santos) sur le planisphère de Cantino datant de 1502.

L'archipel de la Guadeloupe fut une colonie Espagnole pendant environ 130 ans, jusqu'en 1635.

Première colonisation française et développement de la traite des Noirs

Débarquant à Pointe Allègre en 1635, Charles Liénard de L'Olive et Jean du Plessis d'Ossonville prennent possession de la Guadeloupe au nom de la Compagnie des îles d'Amérique, créée le par le cardinal de Richelieu afin d'élargir le champ d'intervention de la Compagnie de Saint-Christophe, dans le but d'y développer notamment la culture du tabac pour l'exporter vers la France. C'est le début de la colonisation de l'archipel.

Ces débuts sont difficiles. Une famine décime en 1635 une partie des colons, les rapports entre les Amérindiens Caraïbes, qui leur fournissaient des vivres, et les Français se tendent rapidement, dès lors que ces derniers étendent leurs terres au détriment des populations indigènes, se transformant en guerres ouvertes. En 1641, se termine la guerre entre colons et Caraïbes. Ces derniers, déjà diminués par les maladies et les massacres, sont envoyés sur l'île de la Dominique.

La dépréciation du tabac est sensible dès le début de la colonisation : quatre compagnies commerciales font faillite en tentant de coloniser les îles guadeloupéennes, en raison de la chute des cours et du coût des guerres contre les Caraïbes. La population augmente cependant rapidement et l'esclavage se développe. En 1656, les esclaves sont déjà plus de 3 000 à travailler sur l'archipel, pour une population de 15 000 personnes[36].

En 1664, la Guadeloupe et la Martinique passent sous l'autorité directe du roi de France, Louis XIV, qui décide alors de développer la culture de la canne à sucre. Celle-ci nécessite des investissements plus onéreux que celle du tabac, mais est beaucoup plus rentable. L'édit de mai 1664 crée la Compagnie française des Indes occidentales, qui reçoit alors pour quarante ans une concession sur l'ensemble des possessions françaises des Caraïbes sous suzeraineté royale. Des terres sont données à des officiers supérieurs qui sont encouragés à y importer des esclaves pour exploiter la canne à sucre ; cependant la population d'esclaves diminue en Guadeloupe entre 1664 et 1671 (passant de 6 323 à 4 627 personnes).

Dès 1671, le monopole de la Compagnie des Indes occidentales est aboli pour ouvrir la concurrence à tous les ports français, dans la traite négrière, dont le développement massif, par des Français et des Anglais, fait flamber le prix des esclaves mais abaisse le coût de leur transport et satisfait les planteurs de sucre. La Guadeloupe est encore habitée par de nombreux colons blancs qui cultivent du tabac, sur des plantations nécessitant peu de capitaux.

Esclaves travaillant dans un atelier de production de tabac. 1670, Virginie.

Après 1671, le nombre de planteurs blancs diminue rapidement et en 1674, la création de la ferme du tabac entraîne leur ruine. Moins taxé, le tabac produit en Virginie par des planteurs jacobites profite de la contrebande et prend son essor.

L'augmentation rapide de la population d'esclaves correspond aussi à la création en 1673 de la Compagnie du Sénégal, ancêtre de la Compagnie de Guinée, dans le sillage de la Compagnie royale d'Afrique, fondée en 1672. Face à cette concurrence, la Compagnie des Indes occidentales sera dissoute en 1674.

L‘essor de l'esclavage en Guadeloupe est cependant moins rapide qu'à la Martinique, à qui la traite négrière réserve les esclaves les plus résistants et où Louis XIV a installé plus de nobles de rang élevé et où la population noire double entre 1673 et 1680[37]. Dès 1700, la population d'esclaves en Guadeloupe est remontée à 6 076 personnes, beaucoup moins qu’en Martinique. Cette différence explique aussi qu'un siècle plus tard, en 1794, Victor Hugues ait pu se rendre maître de la Guadeloupe pour le compte de la Révolution française alors que la Martinique est restée sous la domination des grands planteurs de sucre alliés aux Anglais dans le cadre du traité de Whitehall.

Les conflits franco-britanniques et la « première » abolition de l’esclavage

Le siège de la Guadeloupe et l'occupation anglaise (1759 - 1763)

Proclamation de Victor Hugues, en novembre 1794.

Après des tentatives infructueuses en 1666, 1691 et 1703, les Britanniques s'emparent une première fois de la Guadeloupe en 1759. Ils ne la conserveront que quatre ans, jusqu'en 1763 (traité de Paris).

Depuis 1757 les forces françaises sont commandées par Nadeau du Treil, gouverneur de la colonie : 250 soldats et entre 200 et 3 000 miliciens. Les principales places fortes sont :

L'escadre anglaise est dirigée par le commodore Moore, et comprend 8 000 hommes.

La flotte anglaise attaque d'abord la colonie de la Martinique mais est repoussée (15 janvier). Elle se présente devant Basse-Terre le 21 janvier au soir.

Fort Louis Delgrès, anciennement fort Saint-Charles.

Les opérations commencent le 23 janvier ; la ville de Basse terre est bombardée, tous les entrepôts sont détruits. Le fort St Charles est évacué le 25 janvier. Les forces françaises se réfugient au réduit du Dos-d'âne. La colonie attend des renforts de la Martinique et de la métropole. Une escadre de secours, commandée par Bompar, est annoncée. Les Anglais poursuivent leur conquête et assiègent le fort Louis au Petit Cul-de-sac (8 et 14 février). Ils occupent toute la partie est de l'île (Saint-Anne et Saint-François) dès le 29 mai.

Les dernières attaques ont lieu mi-avril en prenant à revers le réduit de Dos-d'âne : Petit-Bourg tombe le 13 avril, Goyave est abandonnée le 15 et Capesterre se rend le 20. Devant les destructions, les colons demandent un arrêt des combats, ils signent de leur côté une reddition le 1er mai. N'ayant pas de nouvelle de la flotte française, sans espoir de secours, Nadeau doit capituler le lendemain.

Cette période se caractérise par un fort développement de l'économie de l'île[38].

  • Reconstruction des quartiers bombardés ;
  • importation massive d'esclaves noirs : 40 525 en 1753 et 77 957 en 1773 ;
  • relance la production agricole :
Années 1753 1759 1761 1762 1763 1773
sucreries 331 290 339 420 446 378
  • exportation de sucre, de café, de coton et de cacao en très forte hausse :
  • fondation du port de la Pointe à Pitre pour favoriser le commerce (une centaine de vaisseaux chaque année contre dix auparavant)
  • Libre circulation du commerce avec les colonies anglaises et étrangères.

Devant cette expansion économique, les colons blancs sont devenus favorables à un annexion à l'Angleterre. Mais les colonies anglaises de la région (Barbade, Jamaïque) craignent la concurrence des produits guadeloupéens. Ils militent pour rendre la Guadeloupe à la France. En échange les Anglais conservent le Canada et l'Inde.

À partir de 1775, la Guadeloupe n'est plus rattachée à la Martinique mais reste sous l'autorité du gouverneur des îles du Vent.

La « première » abolition de l’esclavage

En avril 1794, profitant des troubles provoqués par la Révolution française, les Britanniques reprennent brièvement possession de l'île, après la défaite le 20 avril de Basse-Terre et la capitulation du général et gouverneur depuis 1792, Georges Henri Victor Collot.

Victor Hugues, nommé Commissaire national en Guadeloupe, les en chasse dès le mois de mai 1794, aidé par les esclaves, auxquels il avait promis la liberté. Ce dernier annonce, le , l'abolition de l'esclavage (adopté par la Convention nationale au mois de février par la loi du 16 pluviôse an II). Victor Hugues, dit « Le Terrible », met en place les lois de la Convention et par conséquent le tribunal révolutionnaire. Les planteurs (dont certains soutenaient l'Angleterre) ne se soumettant pas au nouveau régime, sont traduits devant ce tribunal. La répression du commissaire de la Convention sera étendue aux « anciens » esclaves qui se révoltèrent pour ne pas avoir été payés. En 1798, le Directoire le rappelle en France.

Il est remplacé par le général Edme Étienne Desfourneaux, mais malgré sa volonté de réforme de la gestion locale, ce dernier est également remis en cause par la population et par une partie de l'armée. C'est aussi l'époque de l'expansion des corsaires guadeloupéens.

Rétablissement de l’esclavage

En 1801, à la suite de la mort du général Antoine de Béthencourt, le premier Consul nomme Jean-Baptiste de Lacrosse capitaine général de la Guadeloupe. Le 1er novembre 1801, il est capturé pendant une reconnaissance qu'il faisait en dehors de la ville de la Pointe-à-Pitre. L'officier mulâtre Magloire Pélage le force à s'embarquer sur un bâtiment danois. Son aide de camp Louis Delgrès, un métis, rejoint les rebelles.

Le contre-amiral de Lacrosse se fait conduire à la Dominique d'où il y attend l'expédition commandée par le général Antoine Richepanse chargé par le premier consul Napoléon Bonaparte de rétablir l'esclavage. Il retourne alors avec elle à la Guadeloupe et, à la mort de Richepanse en 1802, reprend le commandement en chef et parvient à soumettre les révoltés ainsi qu'à rétablir l'ordre.

Louis Delgrès Monnereau, Vivre libres ou mourir. 10 mai 1802.

En 1802, le premier Consul Bonaparte nomme Jean-Baptiste de Lacrosse gouverneur. Ce dernier tente de renvoyer de l'armée les officiers noirs, qui y avaient été intégrés après l'abolition de l'esclavage. Une révolte de ces officiers monte. Louis Delgrès deviendra l'un des chefs de cette rébellion avec Joseph Ignace et la mulâtresse Solitude.

Bonaparte dépêche alors une expédition de 4 000 hommes dirigés par le général Richepanse pour mater la rébellion. Après une défense héroïque, beaucoup de révoltés préfèrent se suicider plutôt que de se rendre, non sans avoir auparavant fait entendre À L'Univers Entier leur Dernier cri de l'Innocence Et Du Désespoir.

La loi du 16 pluviôse an II qui avait aboli l'esclavage est annulée le par Bonaparte. Son article premier affirme clairement le caractère exclusif et exceptionnel de la citoyenneté française dans la colonie, désormais restreinte aux seuls Blancs : « jusqu’à ce qu’il en soit autrement ordonné, le titre de citoyen français ne sera porté [dans la colonie] que par les Blancs. Aucun autre individu ne pourra prendre ce titre ni exercer les fonctions ou emplois qui y sont attachés » Loi du 20 mai 1802#Conséquences de la loi en Guadeloupe. Pour Jean-François Niort et Jérémy Richard, dans leur article paru dans le Bulletin de la société d'Histoire de la Guadeloupe, l’arrêté consulaire, à la suite de la féroce répression de la rébellion emmenée par Louis Delgrès, consacre un « ordre ségrégationniste[39].

L'occupation anglaise

En 1808, les Anglais mènent une nouvelle campagne d'invasion des Antilles, prenant Marie-Galante et la Désirade, puis en 1809, les Saintes. Entre le et le , les troupes britanniques fortes de 6 700 hommes et dirigées par George Beckwith, et soutenues par la Royal Navy commandée par l'amiral Alexander Cochrane, envahissent l'île en débarquant sur les plages du Gosier, de Sainte-Marie et de Capesterre. Les Britanniques se dirigent alors vers Basse-Terre où les troupes françaises peu nombreuses (entre 3 000 et 4 000 soldats), mal équipées et commandées par le gouverneur Ernouf sont rapidement prises en tenaille après un nouveau débarquement à Vieux-habitants, et sont obligées de capituler le . L'aigle du 66e régiment impérial est un trophée rapporté à Londres, en même temps que de nombreuses troupes prisonnières.

La Grande-Bretagne intègre la Guadeloupe dans ses possessions coloniales antillaises tandis que la guerre s'intensifie en Europe (Guerre d'indépendance espagnole, Sixième Coalition) et en Amérique du Nord (Guerre contre les États-Unis, de juin 1812 à février 1815). Afin d'assurer l'intégration de la Suède dans la sixième coalition, les Britanniques signent un traité avec Jean-Baptiste Bernadotte, nouveau prince héritier de Suède, le  : la Guadeloupe est cédée à ce prince, pour lui et ses descendants, en dédommagement de l'effort de guerre que la Suède doit fournir pour abattre Napoléon et pour dédommager Bernadotte d'avoir abandonné ses titres dans l'Empire français. En réaction, l'Empire français fait promulguer le un Sénatus-consulte « concernant l'île française de la Guadeloupe » : « il ne sera conclu aucun traité de paix entre l'Empire français et la Suède, qu'au préalable la Suède n'ait renoncé à la possession de l'île française de la Guadeloupe »[41]. L'écroulement rapide de l'empire napoléonien, quelques mois plus tard, et le traité de paix de Paris du 30 mai 1814 ne laissent pas le temps aux Suédois de remplacer les Britanniques sur l'île : l'article 9 du traité confirme que la Suède laisse la Guadeloupe à la France. L'épisode des Cent-Jours replace la Guadeloupe sous occupation anglaise, et le deuxième traité de Paris de novembre 1815, redonne la souveraineté française sur la Guadeloupe. La Grande-Bretagne dédommagea la Suède de ces retournements de situation avec une somme de 24 millions de francs au profit du trésor suédois, reversée sous forme de rente à perpétuité aux monarques (Guadeloupefonden), rente qui fut close en 1983 après accord entre le parlement et le roi de Suède.

Institutionnalisation républicaine dans l’empire colonial

Entre 1816 et 1825 une série de lois propres à l'île sont promulguées. Les institutions municipales voient le jour en 1837.

Rapport de la commission pour l'abolition de l'esclavage, 1848.
Portrait de Victor Schoelcher par Henri Decaisne.

Le 16 mars 1878, Saint-Barthélemy est cédée de nouveau par le Royaume de Suède à la France qui l’incorpore dans l’Empire français au sein de la Guadeloupe.

Portrait de Louisy Mathieu en 1848.

En 1848, sous la Deuxième République, l'esclavage est finalement aboli définitivement. En effet, le gouvernement provisoire de 1848 annonce le 4 mars la création d'une commission en vue de l'abolition, présidée par Victor Schœlcher, sous-secrétaire d'État à la Marine et aux Colonies. Le décret d'abolition est signé le 27 avril 1848.

À l'occasion des élections législatives d'août 1848, la Guadeloupe désigne trois députés. Schœlcher est élu à la fois en Guadeloupe et en Martinique, mais opte pour cette dernière et cède son siège guadeloupéen à un nouvel affranchi noir, Louisy Mathieu. L'année suivante, il est élu député de la Guadeloupe à l'Assemblée législative.

Composition de la population guadeloupéenne en 1848[42]
Population Nombre d'esclaves Blancs Libres de couleur
129 778 87 087 9 946 32 745

L'immigration africaine après l'abolition de la « traite négrière » et de l’esclavage (1852-1861)

Quelques années après le décret du 27 avril 1848, « le recours à l’Afrique comme territoire de recrutement d’immigrants » est mis à l’ordre du jour. Le 14 mai 1852, un encart paraît dans le journal L’Avenir dans lequel un M. Boissard « annonce son prochain voyage en France afin d’obtenir du gouvernement l’autorisation d’importer dans la colonie des cultivateurs africains ». Deux ans plus tard, un M. Chevalier propose au ministre des Colonies l’aval pour « introduire » 4 000 à 5 000 Africains. Ces demandes, pressantes, vont se multipliant. Dans le fonds ministériel des archives d’outremer, l’historien guadeloupéen Raymond Boutin recense les correspondances du ministre des Colonies avec plusieurs entrepreneurs : Maes, Santelli, Simon. Le lobby des indemnitaires (les colons percevant l’indemnité de six millions de francs en vertu de la loi du 30 avril 1849 « pour dédommagement de la libération de près de leurs 248 500 esclaves »Décret d'abolition de l'esclavage du 27 avril 1848#Dans les colonies françaises) obtient, auprès du gouvernement, la signature d’un traité avec la Compagnie générale maritime par lequel celle-ci « s’engageait à fournir à la Guadeloupe 600 travailleurs de 12 à 25 ans ». Néanmoins, cette opération migratoire, pour plusieurs raisons liées à la reprise des activités de traite sur les ports et comptoirs africains[43], fut de courte durée et, semble-t-il, « seuls 71 engagés furent débarqués du Siam à Pointe-à-Pitre ». C’est ainsi que le 4 mars 1857, la maison Régis de Marseille s’engage à fournir 10 000 Africains sur les 3 à 6 années à venir[44].

Le dernier convoi d'Africains débarque le 20 juillet 1861. Au début du mois, le traité franco-britannique mettait un terme officiel à cette immigration dont « les conditions de recrutement avaient vivement ému l’opinion britannique qui considérait ce trafic comme une traite déguisée et une incitation au développement de l’esclavage en Afrique »[44]. Laconiques, les Notices coloniales publiées à l'occasion de l'exposition universelle d'Anvers en 1885 s'en tiendront à l’enchaînement juridique sans en mentionner les motifs. « Le recrutement de travailleurs à la côte d’Afrique ayant été interdit en 1859, le Gouvernement français, après de nombreuses négociations, signa avec le Gouvernement anglais la convention du 1er juillet 1861 qui permettait de recruter pour les colonies françaises des travailleurs sur les territoires indiens appartenant à la Grande-Bretagne et d’embarquer les immigrants sujets de Sa Majesté Britannique, soit dans les ports français de l’Inde[45]. » Pourtant, c'est essentiellement en raison de la prohibition du « recrutement de travailleurs à la côte d’Afrique », suite aux campagnes de presse menées par les réseaux abolitionnistes anglais, que le gouvernement français se tourne vers l’Inde et parvient à s’entendre avec la couronne britannique[44].

L’immigration indienne à la suite de l’interdiction de l’immigration africaine (1854-1890)

Bien avant 1848, en anticipation de l'abolition prochaine de l'esclavage, l'Île Maurice a recours à des travailleurs indiens engagés par contrat, dès 1819. Sitôt que les créoles de Guadeloupe en apprennent l’existence, l’un d’eux, Reiset, y voit une formidable « possibilité » : selon lui, cette main d'oeuvre permettrait de « donner aux esclaves l’exemple du travail agricole fourni par des hommes libres »[44].

Le 24 décembre 1854, à bord de l'Aurélie, les premiers immigrants indiens débarquent en Guadeloupe. Il s'agira du plus faible contingent.

Ils épousent la condition de « nègre »[46], les raisons de leur venue et leurs modalités - dans la promiscuité de bateaux sur-occupés, la proie de la vermine et de maladies de toute sorte - étant analogues. D'ailleurs, « Sur l’habitation, les Indiens héritent des cases qui ont autrefois servi à abriter les esclaves » fait observer Raymond Boutin. En tout point similaire à la condition des Africains les ayant précédé, « ils sont corvéables à merci et doivent de longues heures de journée de travail qui dépassent bien souvent la durée fixée par contrat ». Aussi, comme leurs devanciers, « la mortalité est le trait dominant de la démographie des Indiens ». Ce qui ressort des témoignages de « personnalités étrangères au monde de l'habitation », telle que MM. Guilliod et Avril dans les années 1870, est la prégnance de la matrice esclavagiste à travers un recours irrationnel et sadique à la violence[47]. Une violence illégale autorisée - un trait caractéristique du système

Migrants indiens récemment arrivés sur l'île de Trinidad.

plantationnaire[48] - par la corruption et, surtout, la « complaisance de ceux-là mêmes qui ont pour mission d'assurer leur protection ». Pour échapper à ces sévices, des Indiens désertent et vagabondent, si bien que l’on pourrait dire, qu’à leur tour aussi, ils marronnent. Certains, grâce à la complicité de marins pêcheurs et de propriétaires d'embarcation, gagnent la Dominique et Antigue. L’incendie est un de leurs « modes de protestation ». En cela, fait remarquer Raymond Boutin, « ils reprennent à leur compte un mode de protestation déjà en cours pendant l’esclavage et très en vogue dans les années qui suivirent l’émancipation »[44].

Les immigrants indiens, nommés coolies, embarquent depuis la Côte de Coromandel, Pondichéry, de Madras, de la côte de Malabar ou de Calcutta. Ils sont majoritairement tamouls. Cette population indienne s'accroît considérablement, passant de 5 761 personnes en 1860 à 21 805 en 1885. En 1925, Raymond Poincaré décide d'octroyer définitivement la nationalité française aux ressortissants indiens ainsi que le droit de vote[49], grâce à Henry Sidambarom qui lutta toute sa vie contre l’engagisme et pour l’accession à la citoyenneté française des travailleurs indiens, victimes de discrimination.

Dans les usines, la ségrégation est de mise. Traditionnellement, dans les anciennes colonies esclavagistes françaises, il existe une gradation de couleur, du plus sombre au plus clair[50].

Les immigrations sud-est asiatique et extrême orientale

L'immigration levantine

La Guadeloupe et les Guadeloupéens durant les deux Guerres mondiales

Monument aux morts érigé à Basse-Terre.

L'engagement dans l'armée française

En tant que citoyens français, de nombreux Guadeloupéens sont mobilisés comme soldats lors des deux guerres mondiales.

Le gouvernement de Vichy en Guadeloupe : « an tan Sorin »

De septembre 1939 à la fin juin 1943, l'amiral Robert est commandant en chef de l’Atlantique Ouest et haut commissaire de France aux Antilles, à Saint-Pierre-et-Miquelon et en Guyane. Bien qu'il refuse la résolution votée le par le Conseil général de la Guadeloupe proclamant sa volonté de poursuivre le combat aux côtés des Alliés avec l'Empire français d'outre-mer et qu'il se place sous l'autorité du régime de Vichy, il négocie en août 1940 avec les représentants du gouvernement des États-Unis des facilités d'achat de denrées alimentaires et de matériel dans ce pays et n'obéit pas, en 1943, aux injonctions de Pierre Laval de saborder les navires et avions de guerre français stationnés aux Antilles et de détruire le stock d'or de la Banque de France transféré à Fort-de-France depuis juin 1940. Cependant, Constant Sorin, le gouverneur de la Guadeloupe de 1940 à 1943, applique les décisions de Vichy en supprimant le conseil général en octobre 1940 et en nommant les conseils municipaux. Si bien des Békés, fonctionnaires, commerçants ou employés adhèrent la Révolution nationale, des Guadeloupéens participent aussi à la Résistance extérieure en rejoignant les Forces françaises libres : c'est ce que les Antillais appellent entrer en « dissidence ». En juillet 1943, l'amiral Robert quitte ses fonctions et la Guadeloupe est placée sous l'autorité du Comité français de libération nationale.

De colonie ultramarine à région ultramarine : évolution statutaire de la Guadeloupe

Départementalisation et régionalisation

Le , les anciennes colonies de l’Empire français font place à l’Union française, mais celle des Antilles françaises se rapprochent du statut de la métropole et deviennent des départements d’outre-mer : la Guadeloupe et la Martinique (le département de la Guadeloupe intégrera aussi Saint-Barthélemy et Saint-Martin dans un arrondissement spécial).

Avec l'arrivée des socialistes au pouvoir en France, la loi de décentralisation est votée en 1982 et la région de la Guadeloupe est créée, s'intégrant aux 22 régions de France métropolitaine. Dans la foulée, le Conseil régional de la Guadeloupe voit le jour en 1983.

Conflits sociaux, mouvements autonomistes et indépendantistes

Le , dans la commune du Moule, une grève est organisée par les ouvriers de l'usine Gardel en raison d'un retard dans l'application du relèvement du salaire minimum garanti. Des barrages sont érigés par les grévistes. La tension monte et finalement, les gendarmes et CRS présents sur place tirent sur la foule. Le communiqué officiel de l'époque publié par le ministère de l'intérieur dans la presse métropolitaine 4 jours plus tard parle de légitime défense après que les forces de l'ordre aient reçu « des coups de feu blessant un officier et plusieurs gendarmes et C.R.S (...) et des bombes incendiaires » Le bilan est de 4 morts, tous du côté des manifestants, et de 14 blessés. Selon certains témoignages[réf. nécessaire], certaines victimes n'avaient pas de lien direct avec la grève. Localement ces événements sont appelés le massacre de la Saint-Valentin[51].

De nouvelles émeutes ont lieu les 25, 26 et 27 mai 1967 lors des manifestations ouvrières en vue d'obtenir une augmentation salariale de 2,5 %. Ces manifestations donnent lieu à des affrontements avec les CRS, qui ouvrent le feu sur la foule, et entraînent la mort de 5 à 87 personnes, selon les sources, dont Jacques Nestor, un célèbre militant du GONG et plusieurs blessés[52]. Les personnes arrêtées seront relâchées par la cour.

De longues luttes s'ensuivent, dont l’emblématique grande grève qui bloque la récolte de 1971. Deux ans plus tard, l'Union générale des travailleurs de Guadeloupe (UGTG) est fondée[50].

En 2009, l'ensemble des secteurs économiques de l'île sont paralysés par une grève générale qui durera un mois et demi, les grévistes dénonçant notamment les prix des biens de consommation de base[53]

Référendum sur le projet d'une collectivité unique

Le , la « Déclaration de Basse-Terre » est signée. Les présidents de Région des DFA proposent au président de la République et au Gouvernement une modification législative voire constitutionnelle, visant à créer un statut nouveau de Région d'Outre-mer doté d'un régime fiscal et social spécial pour la Guadeloupe, la Guyane et la Martinique, dans le cadre de la République française d'une part, et de l'Union européenne d'autre part (article 299-2 du Traité d'Amsterdam).

L’égalité des droits sociaux en outre-mer fut longue à atteindre. Ainsi, les Guadeloupéens n’ont bénéficié du Smic et du RMI métropolitains qu’en 1996 et 2002[54],

Le , les électeurs de Guadeloupe ont rejeté à 73 %, le projet de création d'une collectivité unique se substituant au département et à la région qui coexistent sur le même territoire. Le même jour, les électeurs de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin ont voté en faveur de l'autonomie de leurs communes, devenues par la loi organique du 21 février 2007 deux Collectivités d'outre-mer (COM) distinctes des autres dépendances et de la Guadeloupe.

Le , débutent les grèves générales du L.K.P Liyannaj Kont Pwofitasyon (Union contre les profiteurs) qui dureront jusqu'au 4 mars. Ce collectif rassemble 48 organisations syndicales, associatives et politiques. C'est la première fois que l'on assiste à une telle union de la société civile qui élabore une plateforme de revendications balayant l'ensemble des problèmes de l’île. Jusqu'à 100 000 personnes, soit 1/4 de la population, défilent dans les rues. Le LKP se livre alors à une mise en accusation publique de l'État français en décortiquant les mécanismes d'un système inégalitaire[55]. Ces 44 jours de paralysie affaiblissent l'économie de la Guadeloupe et révèlent un profond malaise social sur fond de crise économique.

En avril 2009, pour trouver des réponses à la crise sociale en outre-mer, Nicolas Sarkozy ouvre les États généraux ; de nombreux ateliers dont l'atelier gouvernance proposent un projet d'évolution statutaire à caractère autonome (art. 74 de la constitution) et un projet d'évolution institutionnelle (simplification administrative) relevant de l'assimilation législative (art. 73 de la Constitution)[56] soumis à consultation référendaire, à l'instar de la Martinique et la Guyane[57]. Les populations de ces dernières se sont prononcées en deux référendums en janvier 2010, rejetant l'autonomie en faveur de la simplification administrative (fusion des assemblées départementale et régionale).

À la demande du président de région, Victorin Lurel, la Guadeloupe décide un report de dix-huit mois des consultations populaires, vu la proximité des scrutins régionaux et la pluralité des évolutions statutaires sollicitées par elle-même et par ses dernières dépendances. Ce délai supplémentaire accordé par le chef de l'État, devait permettre la finalisation du projet guadeloupéen et celui ou ceux des îles du sud,[59][source insuffisante]. Mais en définitive, la Guadeloupe et ses dépendances s'inscriront dans la réforme nationale des collectivités territoriales.

Population

Démographie

En 2017, le département comptait 390 253 habitants[Note 1], en diminution de 3,24 % par rapport à 2012 (France hors Mayotte : +2,36 %). (Les données démographiques ne tiennent pas compte de Saint-Martin et Saint-Barthélemy)

Démographie du département de la Guadeloupe
Année 1664 1789 1879 1961 1967 1974 1982 1990 1999 2006 2011 2016
Habitants 11 437 106 593 174 231 276 545 305 312 315 848 317 269 353 431 386 566 400 736 404 635 394 110

Population

Entre 2007 et 2012, la croissance démographique a été de l'ordre de 0,1 % par an[60], croissance inférieure à celle de la France métropolitaine (+ 0,5 % par an), sur la même période. Cela s'explique par un solde migratoire négatif (-0,6 % par an), les nombreux départs vers la métropole étant dus aux difficultés économiques du département, à l'origine d'un taux de chômage élevé (28,7 % au recensement de 2012).

Densité de population

En 2017, la densité de population moyenne du département était de 239,6 hab./km2 contre 103,7 hab./km2 en France métropolitaine ; de plus, un tiers des terres de l'archipel est consacré à l'agriculture et les zones montagneuses ne sont pas habitables, ainsi l'espace et le logement viennent à manquer. Située à la jonction des deux grandes îles de la Guadeloupe, l'agglomération pointoise (soit Pointe-à-Pitre, Les Abymes, Baie-Mahault, Le Gosier et sept autres communes), regroupe à elle seule 257 361 habitants en 2012[61], soit 63,8 % de la population du département ; c'est la 25e agglomération urbaine de France par sa population. Dans cette zone, la densité moyenne est de 353 hab./km2, tandis qu'à Marie-Galante elle n'est que de 17 hab./km2.

Communes les plus peuplées

Liste des 15 communes les plus peuplées de Guadeloupe
Nom Code
Insee
Intercommunalité Superficie
(km2)
Population
(dernière pop. légale)
Densité
(hab./km2)
Modifier
Les Abymes 97101 CA Cap Excellence 81,25 53 491 (2017) 658
Baie-Mahault 97103 CA Cap Excellence 46,00 30 929 (2017) 672
Le Gosier 97113 CA La Riviéra du Levant 45,20 26 783 (2017) 593
Petit-Bourg 97118 CA du Nord Basse-Terre 129,88 24 277 (2017) 187
Sainte-Anne 97128 CA La Riviéra du Levant 80,29 23 675 (2017) 295
Le Moule 97117 CA du Nord Grande-Terre 82,84 22 150 (2017) 267
Lamentin 97115 CA du Nord Basse-Terre 65,60 16 573 (2017) 253
Capesterre-Belle-Eau 97107 CA Grand Sud Caraïbe 103,30 18 270 (2017) 177
Morne-à-l'Eau 97116 CA du Nord Grande-Terre 64,50 17 434 (2017) 270
Sainte-Rose 97129 CA du Nord Basse-Terre 118,60 19 162 (2017) 162
Pointe-à-Pitre 97120 CA Cap Excellence 2,66 15 923 (2017) 5 986
Saint-François 97125 CA La Riviéra du Levant 61,00 12 816 (2017) 210
Saint-Claude 97124 CA Grand Sud Caraïbe 34,30 10 381 (2017) 303
Basse-Terre 97105 CA Grand Sud Caraïbe 5,78 10 058 (2017) 1 740
Trois-Rivières 97132 CA Grand Sud Caraïbe 31,10 8 124 (2017) 261

Immigration dans la collectivité

La relative richesse de la Guadeloupe contraste avec la très grande pauvreté de plusieurs îles de la région des Caraïbes ; ainsi, la collectivité s'apparente à un Eldorado pour les populations de ces territoires. De plus, d'autres facteurs, comme l’instabilité politique, et les catastrophes naturelles expliquent cette immigration. Dès les années 1970, les premiers immigrés clandestins d’origine haïtienne arrivèrent en Guadeloupe pour satisfaire un besoin de main-d'œuvre dans le secteur agricole ; à côté de cette immigration haïtienne, plus visible parce que plus nombreuse, la Guadeloupe a également connu l’arrivée et l’installation de populations de l’île de la Dominique et de la République dominicaine. En 2005, la préfecture qui représente l’État en Guadeloupe, avance les chiffres de 50 000 à 60 000 étrangers dans le département[62].

Les îles de Guadeloupe

Rang Île Population
(2014)[63]
Population
(1999)
Croissance Superficie
(km²)
Densité
1 Grande-Terre 197 369 196 767 en augmentation + 0,31 % 586,68 336
2 Basse-Terre 187 521 172 693 en augmentation + 8,59 % 847,82 221
3 Marie-Galante 11 066 12 488 en diminution - 11,4 % 158,01 70
4 Terre-de-Haut 1 658 1 729 en diminution - 4,11 % 5,22 318
5 La Désirade 1 496 1 620 en diminution - 7,65 % 21,42 70
6 Terre-de-Bas 1 076 1 269 en diminution - 15,2 % 7,58 142
7 Petite-Terre 0 0 _ 1,70 _

Principales agglomérations

Rang Unités urbaines Population
(2012)
Population
(1999)
Croissance Activités Îles
1 Pointe-à-Pitre - Les Abymes[64] 257 361[65] 243 515 en augmentation + 5,69 % Pôle économique, agriculture, tourisme Grande-Terre et Basse-Terre
2 Basse-Terre[66] 51 315[67] 52 475 en diminution - 2,21 % Pôle administratif Basse-Terre
3 Capesterre-Belle-Eau[68] 27 486[69] 24 628 en augmentation + 11,60 % Agriculture Basse-Terre
4 Sainte-Rose[70] 20 379[71] 17 574 en augmentation + 15,96 % Agriculture Basse-Terre

Société

Enseignement

Les îles de la Guadeloupe comptent au total :

Religions, croyances et mouvement spirituel

Catholicisme romain

En 1685 le Code noir[73], annonçant la religion catholique comme la seule autorisée aux Antilles françaises, interdit aux Juifs et aux protestants de pratiquer leur culte et impose la conversion forcée des esclaves nouvellement arrivés ainsi que le baptême de ceux plus anciens. S'en est rapidement suivi un engouement chez les esclaves marquant le début d'un syncrétisme religieux, car pour Laënnec Hurbon[74] le catholicisme leur servait à la fois de refuge spirituel et de manière de sauvegarder certaines de leurs croyances et coutumes africaines. Depuis les années 70 et le développement d'une économie basée sur les revenus du tourisme, le phénomène de déruralisation aux Antilles françaises et le Concile de Vatican II, un changement dans les mentalités antillaises s'est opéré et des interrogations sur l'identité culturelle sont alors apparue. Cette période a été propice à l'apparition de nouvelles religions entrant en concurrence avec l'Église catholique, telles que : l'Église évangélique de tendance pentecôtiste, l'Église adventiste du septième jour, les Étudiants de la Bible ou Témoins de Jéhovah et l'Église des Mormons.

Administrativement le territoire français de Guadeloupe fait partie du Diocèse de Basse-Terre et Pointe-à-Pitre rattaché à l'Église catholique en France.

Peinture de la déesse Mariamman.

Le diocèse regroupe les territoires de Guadeloupe, Saint-Barthélemy et Saint-Martin et le nombre de fidèles est estimé 400.000.

59 prêtres sont actuellement en activité dans le diocèse[75],[76],[77]. Le siège épiscopal est à Basse-Terre dans la cathédrale Notre-Dame-de-Guadeloupe.

Chaque 1er novembre est l'occasion pour les Guadeloupéens de se retrouver en famille afin de se recueillir et illuminer la sépulture de leurs proches. À cette occasion tous les cimetières de l'archipel sont ouverts la nuit et sont baignés de lumière. Certains se rendent également à la Grotte de Massabielle à Pointe-à-Pitre ou à la Chapelle Notre-Dame de Jarry là où coule une source, afin que leurs prières soient exaucées.

Hindouisme

La religion hindouiste, accompagnant les Indiens venus travailler en Guadeloupe au milieu du XIXe siècle, est en forte expansion depuis les années 80. La communauté indienne a d'ailleurs une tradition qui lui est propre et qui vient d'Inde. Il s'agit des mayé men, prononciation déformée du nom de la déesse indienne tamoule Mariamman. On compte pas moins de 400 temples en Guadeloupe.

Islam

La religion musulmane a fait son apparition aux Antilles françaises au cours des années 70 tout d'abord à la Martinique. Selon le président de l'association des musulmans de Guadeloupe, le département compterait entre 2500 et 3000 musulmans[78]. La Guadeloupe compte deux

Ras Tafari Makonnen qui deviendra Empereur d'Éthiopie sous le titre d'Haile Selassie 1er, sera considéré par beaucoup de Rastas comme un "messie noir".

mosquées.

Judaïsme

La religion juive est présente en Guadeloupe depuis l'arrivée de colons hollandais chassés du nord-est de l'actuel Brésil, en 1654. La Guadeloupe compte une synagogue et une communauté culturelle israélite[79].

Catholicisme d'Orient

La religion maronite ou chrétienne catholique orientale est pratiquée par les Guadeloupéens d'origine syrienne et libanaise.

Rastafarisme

Le mouvement rastafari exerce une attirance chez de nombreux jeunes depuis les années 70, suite à son émergence à la Jamaïque et aux États-Unis. Les croyants s'éloignent des centres villes et s'installent à la campagne, développant un mode de vie quasiment autonome et adoptant une alimentation de type végétarienne ou végétalienne qu'ils appellent Ital. Prônant la non violence, le travail de la terre et la méditation, le mouvement Rasta s'appuie également sur l'idée d'un retour vers la Terre Promise et plus précisément vers Zion autrement dit l'Ethiopie. Depuis que leur a été promise par l'Empereur Hailé Sellasie 1er, et leur est automatiquement attribuée, une parcelle de terre pour s'installer.

Quimbois

Le quimbois ou kenbwa se réfère aux pratiques magico-religieuses issues du syncrétisme chrétien et africain. On peut rapprocher cette pratique du vaudou haïtien, du candomblé brésilien ou de la santeria cubaine.

Fromager, arbre à coton ou pié fwomajé sur lequel le soucougnan viendrait se percher.

Des rituels comme le bain démarré ou bendémaré consiste à prendre un bain purificateur qui permettrait d'ôter la malchance, ou le port d'objet "monté" pour parler de bijoux comme des bagues, des bracelets ou des médailles sur lesquels le quimboiseur aurait gravé un sceau magique ou dans lesquels il aurait transmis une puissance protectrice afin de protéger les porteurs. Les décoctions comme les filtres d'amour, de chance ou de réussite sont encore souvent utilisées dans la société guadeloupéenne. Et il est fréquent d'en trouver en vente sur les marchés guadeloupéens.

Les gadèzafè ou sòsyé auraient le don d'extra-lucidité qui leur serait transmis par un saint, un ancêtre ou un esprit. Et comme les quimboiseur ils pratiquent le désenvoutement, le charme ou aide à la guérison.

Vocabulaire et expressions propres au quimbois : kat chimen signifie carrefour. Il est dit que c'est en ce lieu où se croisent deux voies publiques qu'il est propice de réaliser des rituels magiques. Dawa signifie sorcellerie ou faire de la sorcellerie. Pété tchou ou fan'n tchou signifie vulgairement casser la gueule à quelqu'un mais peut aussi prendre le sens de jeter un sort à quelqu'un. Pòté mannèv signifie couramment s'affairer ou agir mais veut également dire chercher des solutions (s'activer) pour se faire désenvouter. Vwè an moun'n signifie se rendre chez un quimboiseur. Konèt an moun'n est un terme qui employer dans la confidence et signifie demander conseil ou conseiller un quimboiseur à quelqu'un. Maré signifie généralement attacher, nouer mais veut également dire envouter ; l'inverse se dit démaré dans le sens de défaire un envoutement.

Figures et créatures surnaturelles

Dans la culture guadeloupéenne beaucoup de figures ou créatures surnaturelles sont encore dans les mémoires et encore citées comme :

  • Le soucougnan ou souklian ou volant, est une sorte de vampire qui peut prendre l'apparence d'une boule de feu ou d'un oiseau noir. Son arbre de prédilection est le fromager, appelé "arbre aux esclaves" aux Antilles.
  • Le dorlis est un homme doté du pouvoir d'invisibilité lui permettant de pouvoir s'accoupler à sa guise avec des femmes. On l'appelle aussi mari de nuit. Il est le pendant féminin de l'incube.
  • La diablès ou diablesse prend la forme d'une belle femme élégante au bord des rivières et qui entraîne les hommes dans les bois pour les perdre à jamais. Elle est parfois décrites comme ayant des sabots de cheval à la place des pieds (rappelant la légende marocaine d'Aïcha Kandicha).
  • Manman dlo, la mère des eaux, équivalent de Simbi, Yémanja, yemaya, Mamy wata est bien plus qu'une sirène des mythologies car elle fait chavirer les embarcations. Et pour apaiser sa colère on lui lance un peigne.
  • Les zombis ou zèspri, qui vient de Nzambé, Dieu en kikongo, sont des morts-vivants.
  • Les mofwazé ou morphroisés (de "métamorphosés"), sont des entités en forme de chien poursuivant les personnes marchant seules à la nuit tombée.
  • Le bokor (ne pas confondre avec le bokor haïtien) est le nom d'un gros crabe que l'on peut chasser avec de l'eau bénite ou en le frappant avec les branches de bwa-pini qui est un acacia. Son apparition dans une habitation signifierait qu'une tierce personne souhaite provoquer une dispute entre les gens du lieu.
  • Le baclou est un génie hideux de petite taille sorti d'un œuf qu'on aurait couvé sous son aisselle pendant 7 jours. Celui-ci, reconnaissant envers celui qui l'a fait naître, exaucerait tous ses vœux. Mais il est dit qu'après quelques temps le baclou deviendrait demandeur de sacrifices en échange des services rendus à son maître. Et qu'il pourrait lui en coûter la vie et celle de ses proches si celui-ci ne s'en débarrassait pas au plus vite en l'abandonnant en pleine mer sans se retourner.

Sport

Groupes et associations sportives

Événements sportifs

Santé

La Guadeloupe dispose de :

Il existe également l'Institut Pasteur de Guadeloupe[80].

L'ile est considérée comme un désert médical. Alors que l'on compte 246 médecins généralistes à Paris pour 100 000 habitants, ce chiffre tombe à 140 pour la Guadeloupe. Concernant les chirurgiens-dentistes, alors qu'ils sont en moyenne 88 pour le département des Bouches-du-Rhône pour 100 000 habitants par exemple, ils ne sont que 45 en Guadeloupe[81].

Scandale sanitaire de la chlordécone

La population guadeloupéenne a été exposée au chlordécone, un insecticide dangereux, perturbateur endocrinien et vraisemblablement cancérogène, autorisé entre 1972 et 1983 dans les bananeraies des Antilles. De nos jours, 95 % des Guadeloupéens sont contaminés par le produit, qui a également des incidences sur le développement des enfants exposés pendant la grossesse, avec notamment une hausse des risques de prématurité. Le chlordécone se retrouve en outre dans l'eau, et dans certains légumes, viandes et poissons, entraînant des interdictions de cultiver certains produits et des interdictions de pêche. En 2019, une commission d'enquête parlementaire met en cause l'État pour avoir autorisé la vente de ce produit, dont la toxicité était pourtant connu, mais « ces responsabilités sont partagées avec les acteurs économiques. Les industriels d'abord, mais aussi les groupements de planteurs et certains élus.»[82].

Pandémie de Covid-19


Délinquance et criminalité

La Guadeloupe était le département le plus violent de France[83]. En 2015, 45 meurtres avaient été enregistrés en Guadeloupe et à Saint-Martin[84]. Ces résultats font des deux îles le département « le plus meurtrier de France, loin devant les Bouches-du-Rhône » avec 8,4 meurtres pour 100 000 habitants, soit trois fois plus que dans la région marseillaise. Outre les crimes, on observe selon les chiffres de 2013 une forte augmentation des vols à main armée contre les locaux commerciaux (+63 %) ainsi que celle des cambriolages sur ces mêmes locaux (+31,5 %)[85].


Médias

Presse écrite

  • France-Antilles Guadeloupe ;
  • Le Courrier de Guadeloupe ;
  • Nouvelles Semaines ;
  • Nouvelles Étincelles ;

Radios

Liste des radios en Guadeloupe :

  • Guadeloupe 1re : radio généraliste publique de proximité ;
  • Radio Caraïbes international ;
  • Fun Radio Antilles ;
  • NRJ Antilles ;
  • RTL2 Guadeloupe ;
  • Radio Transat[86] ;
  • mFM ;
  • radio Haute Tension ;
  • radio Contact ;
  • antilles Info Sport ;
  • radyo Tanbou ;
  • radyo Gayak Media del Caribe ;
  • aFM ;
  • Trace FM ;
  • radio Sofaia Altitude ;
  • radio Inter School ;
  • nostalgie la légende ;
  • radio Cosmique One ;
  • Radio Vie Meilleure
  • radio Souffle de vie ;
  • radio Basses International ;
  • zouk radio

Télévision

Administration et politique

Organisation administrative

On peut distinguer la Guadeloupe, Saint-Martin et Saint-Barthélemy sur cette carte de l'Outre-mer français.
Les territoires en blanc font partie de la région Guadeloupe (hormis Saint-Barthélemy & Saint-Martin).

Depuis la réforme constitutionnelle du , qui a supprimé les appellations DOM et TOM, la Guadeloupe est un DROM (Département et région d'outre-mer de numéro 971). Elle est donc à la fois une région administrative et un département français d'outre-mer (l'expression DOM reste utilisée aujourd'hui) formant une région mono-départementale pour qualifier cette particularité administrative. Cependant, seul un préfet de région est nommé et siège à Basse-Terre, chef-lieu du département. Elle constitue avec la Martinique, située à environ 150 km plus au sud, et la Guyane, située au nord de l'Amérique du Sud, les départements français d'Amérique (DFA). Ou constitue l'un des sept territoires situés en Amérique en incluant Clipperton, Saint-Barthélemy, Saint-Martin et Saint-Pierre-et-Miquelon.

La Guadeloupe fait partie de l'Union européenne au sein de laquelle elle constitue une région ultrapériphérique (RULP), ce qui lui permet de bénéficier de « mesures spécifiques » consistant à faire des adaptations du droit communautaire en tenant compte des caractéristiques et contraintes particulières de la région.

L'administration de la Guadeloupe s'organise comme celle des autres régions de la France métropolitaine et s'inscrit donc dans l'application stricte de la séparation des pouvoirs et l'héritage jacobin de l'État modulé des différentes lois de décentralisation.

Les collectivités territoriales se composent en trois degrés : les communes, le département et la région depuis la loi de décentralisation « Defferre » et représente l'exécutif local dans la limite des prérogatives qui leur sont attribuées. Comme dans toute démocratie représentative les pouvoirs sont attribués par le peuple aux conseils municipaux qui élisent à leur tour un maire dans chacune des trente-deux communes. Les citoyens élisent aussi leurs conseillers départementaux au scrutin binominal majoritaire à deux tours dans chaque canton (vingt-un pour la Guadeloupe). Les conseillers régionaux, eux, sont élus au suffrage universel direct par scrutin de liste à la proportionnelle à deux tours pour occuper les 41 sièges de l'hôtel de région Guadeloupe ; une prime majoritaire de 25 % est attribuée à la liste arrivée en tête, depuis la loi du .

Le référendum du 7 décembre 2003, où le « non » l'a emporté, proposait de mettre en place une nouvelle collectivité territoriale gérée par une assemblée unique regroupant les compétences de la région et du département. Cette nouvelle collectivité devait rester dans le cadre de l'article 73 de la Constitution avec un régime dit d'assimilation législative.

Le représentant de l'État est le préfet de région, installé à Basse-Terre, qui, malgré la suppression du troisième arrondissement, conserve encore certaines prérogatives dans les collectivités de Saint-Barthélemy et Saint-Martin où un préfet délégué a été nommé. Il représente avec les collectivités territoriales l'exécutif local dans l'exercice des prérogatives qui lui sont conférées. Un sous-préfet siégeant à Pointe-à-Pitre administre le deuxième arrondissement. Le préfet de région rend compte à l'exécutif national, aux différents ministres du gouvernement qui rendent compte au Président de la République. Il prend les différents arrêtés et déclenche les différents plans de secours et d'alertes (ORSEC, plan rouge, alertes cycloniques…). Il exerce les pouvoirs régaliens de l'État et dirige les différentes directions départementales secondé par des hauts commissaires (sécurité et santé publique, défense, éducation nationale…). Il prend des arrêtés. Le chef des armées est le chef de l'État. Toutefois la Guadeloupe fait partie de la zone de défense et de sécurité Antilles basée à Fort-de-France sous l'autorité du préfet de la Martinique occupant les fonctions de haut fonctionnaire de zone de défense et de sécurité. La Guadeloupe forme une académie indépendante placée sous l'autorité d'un recteur rendant compte au préfet de région.

Ce sont les quatre députés, élus au même mode de scrutin que les cantonales dans chacune des circonscriptions, et les trois sénateurs élus au suffrage universel indirect par les grands électeurs, au scrutin uninominal majoritaire à deux tours pour la Guadeloupe, qui seront chargés de représenter la population au parlement à Paris (Assemblée nationale et Sénat) et de porter les doléances du territoire. Ils participent au système législatif de la nation. La Guadeloupe est représentée au Parlement européen par un député européen (section « Atlantique »).

Le scrutin des élections présidentielles est organisé la veille de celui de la métropole pour une meilleure cohésion du suffrage et compte tenu du décalage horaire. Le dépouillement n'est dévoilé que le jour officiel en même temps que la métropole.

Les pouvoirs judiciaires sont placés sous l'autorité du procureur de la République nommé par le garde des sceaux. Toutes les juridictions du premier degré sont présentes (tribunaux d'instance, de grande instance, chambre correctionnelle, cour d'assise, tribunal de police, conseil des Prud'hommes, tribunal de commerce, etc.). Une cour d'appel dans le département représente le deuxième degré de l'ordre judiciaire. Le troisième degré est la Cour de cassation à Paris.

Les deux premiers degrés de l'ordre administratif sont également présents à Basse-Terre qui héberge le tribunal administratif et la cour administrative d'appel. Le troisième degré est le conseil d'État à Paris.

Symboles

Politique

Résultats régionaux des présidentielles
Année PS LR
2007 51,57 % _ 91 529 48,43 % _ 85 946
2012 71,94 % _ 123 737 28,06 % _ 48 271

La Guadeloupe moderne, malgré une organisation administrative et une gouvernance lourde, complexe et confuse par le bicaméralisme de son exécutif local, mène une politique active utilisant pleinement ses institutions qui l'intègrent au reste du territoire français en application des directives assimilationnistes que prévoient la départementalisation et l'intégration à l'Union Européenne. Cette orientation qui la rapproche de l'Europe et de la France, limite sa capacité décisionnelle, bride ses responsabilités en faveur d'une mise sous tutelle d'un État providence fort et omniprésent, provoque d'importantes disparités de peuplement, d'aménagement et de développement économique sur son territoire particulièrement entre le continent et les dépendances, et tend à l'isoler de son environnement local, le bassin caribéen, d'où la volonté de changement institutionnel ou statutaire formulée par les élus locaux. La politique internationale - CARICOM, CARIFORUM, Association des États de la Caraïbe (AEC) - est entretenue par Paris, même si cette dernière délègue depuis peu la représentation française dans la zone caraïbe au Président de région des trois départements français d'Amérique. Cependant, malgré une organisation institutionnelle parfois inadaptée à la réalité guadeloupéenne, ce schéma politique a permis d'améliorer et d'aligner les infrastructures et les services publics, sanitaires et sociaux au même niveau que la métropole. La Guadeloupe se place donc dans le profil d'un pays développé pour sa qualité et son niveau de vie et se situe au même degré économique qu'un pays en voie de développement. Sa population active qui s'inscrit principalement dans un cadre ouvrier et agricole est un électorat sensiblement ancré à gauche, comme le démontre les scrutins territoriaux.

Les principaux partis qui animent la scène politique locale sont de souche nationale ou des partis locaux affiliés aux familles nationales : Objectif Guadeloupe (UMP), Fédération guadeloupéenne du Parti socialiste (PS), Guadeloupe unie, solidaire et responsable (GUSR), Parti progressiste démocratique guadeloupéen (PPDG), Parti communiste guadeloupéen (PC), les Verts, Modem, Front national. Toutes les grandes familles politiques françaises sont représentées. Quelques minorités indépendantistes n'excédant pas les 1 % de suffrages se présentent aux divers scrutins, elles arrivent tout de même à être élues à la tête de petites municipalités, comme l'Union populaire pour la libération de la Guadeloupe (UPLG).

La tendance politique générale actuelle de la Guadeloupe moderne est principalement à gauche, même si la droite fut active pendant de très nombreuses années aux assemblées départementale et régionale, elle fut sanctionnée par une grave crise dont les prémices commencèrent après la déclaration de Basse-Terre en 1999 (La Guadeloupe inquiétée par la position autonomiste de la présidente de région Lucette Michaux-Chevry (Objectif Guadeloupe) et du « Oui » qu'elle soutient lors du rififi référendaire de 2003 la sanctionne par un « non » et amène Victorin Lurel (PS) à sa place aux élections régionales de 2004)). Le déclin s'accentue avec les frictions entre les ténors du parti (Départ de Philippe Chaulet en 2002 après sa défaite aux législatives, puis démarcation de Gabrielle Louis Carabin, députée, maire du Moule, créant l'UMP Guadeloupe contre l'objectif Guadeloupe de Lucette Michaux-Chevry) et le poids montant de la popularité de Victorin Lurel qui enchaîne les victoires pour la gauche (législatives 2002, régionales 2004, législatives 2007, municipales et cantonales 2008, régionales 2010). Le départ de la présidente de la section locale de l'UMP, Gabrielle Louis Carabin, députée maire du Moule, en juin 2009, à la suite de tensions provoquées par des directives prises par le parti national en faveur de Lucette Michaux-Chevry sa « rivale », et la nomination de la fille de cette dernière Marie-Luce Penchard au ministère de l'Outre-Mer par Nicolas Sarkozy quelques mois avant les régionales de 2010, achève la droite guadeloupéenne qui s'enlise dans une guerre de succession qui nécessitera l'arbitrage de Paris[87]. La Députée Maire du Moule se rapprochant du socialiste Victorin Lurel fait basculer une importante partie de la Guadeloupe et provoque la réélection de la gauche dès le premier tour des régionales par une écrasante victoire, ce malgré la présence de la Ministre chargée de l'Outre-Mer sur la liste de droite[88]. À l'issue des élections législatives de juin 2012, tous les parlementaires guadeloupéens sont des élus de la gauche: (Eric Jalton, Gabrielle-Louis Carabin, Ary Chalus, Victorin Lurel, Félix Desplan, Jacques Cornano et Jacques Gillot)[89]. En 2014, la gauche remporte 24 communes sur les 32 que compte l'archipel, contre 8 pour la droite. Malgré sa victoire, la gauche locale ressort divisée de ces élections entre les partisans du Ministre des Outre-Mers Victorin Lurel (PS, PPDG, Les Verts, communistes), et ceux du président du conseil général Jacques Gillot (GUSR, PSG, gauche alternative). Victorin Lurel, candidat à Vieux-Habitants sur la liste du maire sortant Georges Clairy, est éliminé au premier tour par l'ancien maire de droite Aramis Arbau[90], et ne retrouve pas son poste lors du remaniement ministériel. Aux élections européennes, l'UMP arrive en tête du scrutin en Guadeloupe, et le Front National se classe en troisième position en dépit d'une abstention record[91].

Conseil régional de la Guadeloupe Logo de la région Guadeloupe. (2010-2015)[92]
Groupe Sièges Statut Résultats (1er Tour)
PS - PPDG - Les Verts - MoDem 31 Majorité 56,51 % _ 78 261
Majorité présidentielle 4 Opposition 14,01 % _ 19 405
DVG - GUSR - PCG - PSG - UPLG 4 Opposition 12,40 % _ 17 175
CDI 2 Opposition 6,96 % _ 9 634
Conseil régional de la Guadeloupe Logo de la région Guadeloupe. (2015-2021)[93]
Groupe Sièges Statut Résultats (2e Tour)
GUSR- DVD - UDI - UPLG 28 Majorité 57,42 % _ 98 464
PS - PPDG - CELV 13 Opposition 42,48 % _ 72 721

Économie

La culture de la banane.

La situation économique difficile de la Guadeloupe est traduite par deux chiffres significatifs : le taux de chômage (23,7 % de la population active en 2015[94]), et le taux de couverture des importations par les exportations (6 % en 1996) ; elle se classe au second rang des régions les plus touchées par le chômage dans l'Union européenne[95]. En janvier 2010 le nombre de demandeurs d'emploi est de 51 860 personnes ce qui augmente le taux de chômage à 23,7 % de la population totale soit une hausse de près de 11,5 % par rapport à 2009. De plus, un jeune Guadeloupéen sur deux est sans emploi.

Basse-Terre. - Eglise de N.D. Du Mont-Carmel. C'est la plus ancienne des églises qui existent actuellement. Elle fut élevée par Houël, gouverneur et sénéchal de l'Ile, vers 1655
Basse-Terre. - Eglise de N.D. Du Mont-Carmel. C'est la plus ancienne des églises qui existent actuellement. Elle fut élevée par Houël, gouverneur et sénéchal de l'Ile, vers 1655. Extrait de "Les étapes de la Guadeloupe religieuse", 1935 (lien vers ouvrage)

L'agriculture (canne à sucre, banane, melon, café[citation nécessaire], vanille, ananas, avocat, orange, citron, carambole, etc.), autrefois moteur économique de l'île, ne survit que grâce aux subventions de l'État et des collectivités locales. « La canne, c'est notre sidérurgie », ont coutume de dire les Guadeloupéens et pour cause les industries, peu nombreuses, appartiennent essentiellement au secteur agroalimentaire (sucreries, rhumeries, conserveries).

La canne à sucre et la banane, les deux plus grosses productions de l'île, sont en crise. Quant aux cultures fruitières et maraîchères, elles ne parviennent pas à couvrir les besoins des 400 000 habitants ; chaque année, la Guadeloupe doit importer plus de dix mille tonnes de fruits et de légumes.

L'industrie représentait selon l'INSEE, 5,4 % de la valeur ajoutée totale du département en 2006 (contre 6,5 % en 1993) et 6,9 % des emplois. Son développement est partiellement dû aux lois de défiscalisation.

La Guadeloupe compte une dizaine de zones industrielles réparties sur tout le territoire ; les activités se concentrent dans l’agglomération pointoise principalement sur le site de Jarry (325 hectares), commune de Baie-Mahault. Cette zone d'activité industrielle (l’une trois premières zones industrielles de France) regroupe 80 % des créations d’emplois des dix dernières années.

Le tourisme est le seul secteur économique à conserver un certain dynamisme ; les bons résultats de l’année 2007 confirment l’orientation favorable de la conjoncture du secteur. Le trafic des passagers à l'aéroport Pôle Caraïbes (hors transit) a progressé de 6,2 %, notamment sous l’effet du développement du tourisme de croisière, en hausse de 26,9 % sur l’exercice ; hors croisiéristes, le nombre de passagers arrivés dans l'archipel a crû de 3,6 %. L’hôtellerie classée a également bénéficié de l’augmentation de la fréquentation ; la Guadeloupe est visitée par une majorité de voyageurs en provenance de la métropole (92 % des flux) devant ceux de l’Italie et de la Belgique[96].

Malgré sa situation économique la Guadeloupe fait partie des îles les plus riches et les plus stables des Caraïbes.

D'après l’Insee, les prix de l’alimentaire en Guadeloupe sont supérieurs de 42 % à ceux de l’Hexagone[54].

L'accès à l’eau et l’assainissement sont problématiques du fait de la vétusté du réseau d’adduction. Depuis mars 2019, les coupures d’eau se font récurrentes. En juin, des habitants du Gosier, ville touristique, installent des barrages dans la ville en signe de protestation[97].

Aménagement de l'aéroport

Grands projets d'aménagement du XXIe siècle

Culture

Langues

Guadeloupe creole 2010-03-30.JPG

La Guadeloupe étant un département français, le français en est la langue officielle. Toutefois, le français guadeloupéen (en contact avec le créole) possède certaines caractéristiques linguistiques différentes de celles du français standard métropolitain[99]. Mais, ce français régional a été peu étudié et la plupart des descriptions faites portent sur son lexique et sa morphosyntaxe[100]. Cependant, il y a désormais une étude[101] très détaillée sur l'aspect phonique du français guadeloupéen (ce serait la première étude qui traite à la fois des aspects phonétiques acoustiques, phonologiques et perceptifs du français guadeloupéen en particulier et du français antillais en général). Cette étude met en évidence, entre autres, les différentes réalisations de la consonne /R/ dans les variétés lectales de français guadeloupéen (acrolecte, mésolecte et basilecte). Elle indique que généralement le /R/ se réalise en tant que :

  • /R/ fricatisé dans la variété acrolectale ;
  • /R/ vocalisé dans la variété mésolectale ;
  • approximante [w] dans la variété basilectale.

Les représentants des plus vieilles générations ne parlent pas toujours couramment le français, mais le créole guadeloupéen. Le créole guadeloupéen est considéré comme une langue régionale, langue ancienne née d'un métissage de français, d'anglais, d'espagnol et de langues africaines et de certains mots amérindiens.

Le lien avec les langues africaines sont souvent ignorés. Quelques exemples :

  • « accras » les célèbres beignets antillais, en Bambara (MALI) Akara signifie « beignet » ;
  • « awa » signifie « non » en créole et « awo », a le même sens en Mina (dérivé de l'Ewe parlé à Ghana, Togo & Bénin). De même, en Guinée, le mot « awa » signifie « iyo » en Soussou. Ce qui correspond à « non » en français ;
  • « bonda » signifie « fesses ou postérieur » en créole et correspond au mot « nbonda » en ki-kongo.

Quelques exemples de rapprochements souvent ignorés avec l'espagnol :

  • en créole le verbe ni ou tini est le verbe avoir. En espagnol tener est le verbe avoir.

Quelques exemples de rapprochements souvent ignorés avec l'anglais :

  • en créole, lorsque l'on dit de quelqu'un qu'il a biguidi, cela signifie se défiler, perdre ses forces ou son sang-froid. En anglais to be giddy peut signifier être étourdi, fébrile, avoir le vertige ;
  • en créole, un tré désigne le plateau d'une marchande. En anglais a tray est un plateau ;
  • en créole, on lo moun veut dire « beaucoup de monde ». En anglais, on dirait a lot of people (soit littéralement un lot de personnes, beaucoup de monde). Également l'expression méré lékol (sécher les cours), vient de my way sous-entendu I go my way (Je suis ma route ailleurs qu'à l'école).

Quelques exemples de rapprochements souvent ignorés avec la langue amerindienne :

  • en créole, on kui veut dire un bol. En langue amérindienne, kui est un bol ;
  • Zannoli signifie anoli (sorte de petit lézard vert et jaune) en créole et est emprunté à anoli en langue amérindienne.

Le créole a été créé pour que tous les groupes ethniques puissent se comprendre, il s'agit des européens (majoritairement français), africains et amérindiens. Le créole est ainsi un mélange. Il fut créé dès le XVIIe siècle en réponse à une urgence communicative. Contrairement aux Espagnols dont seuls les Castillans avaient au départ le droit de coloniser l'Amérique, et aux Anglais, les Français ne possédaient pas à l'époque de la colonisation de la Guadeloupe de langue unifiée. Les Normands parlaient le normand, les Bretons le breton, etc. C'est pourquoi ils ne pouvaient pas imposer leur langue. Le créole est dès le départ la langue de toutes les « races » créé pour que tous puissent communiquer ensemble. Par ailleurs Terre-de-Haut et Terre-de-Bas dans l'archipel des Saintes, de par leur histoire de peuplement (colons bretons, normands et poitevins), ont leurs créoles propres qui se distinguent du créole Guadeloupéen de par leurs prononciations francisées, leurs expressions particulières, leurs syntaxes et leurs sonorités. Bien que non transcrit, ces insulaires qualifient leur créole de « patois » ou « parler saintois » et assurent activement sa transmission et sa pérennité par leurs descendances de manière vernaculaire.

Les habitants de la Dominique et Sainte-Lucie et un petit groupe en Louisiane et à Trinidad parlent un créole à base lexicale francophone car leurs îles (et territoire), à l'exception de Trinidad, ont été colonisés par les Français. Les créoles de la Guadeloupe, de la Dominique, de Martinique et de Sainte-Lucie sont très proches et les habitants créolophones de ces îles se comprennent aisément. Le créole haïtien est un peu moins proche que le créole guadeloupéen.

La syntaxe du créole guadeloupéen (comme celui des autres îles de la Caraïbe) ne considère pas le vouvoiement, exprimé par la 2e personne du pluriel en français. Le créole est aussi une langue très imagée, et très philosophique par ses expressions. Le créole est une langue rude, les expressions sont souvent crues, ce qui traduit littéralement en français peut facilement porter à confusion. Pourtant leur utilisation en langue créole ne traduit pas la violence qui lui équivaut en français. Par exemple an ke limmé di fé si'w qui mot à mot se traduirait « je vais allumer du feu sur toi » ne signifie pas l'envie du locuteur d'incendier la personne avec laquelle il dialogue, mais plutôt son intention de l'impressionner de par sa prestation, comme quelqu'un dirait « je vais te laminer » ou « je vais te donner une leçon » lorsqu'il est sûr de gagner à une partie de jeu vidéo.

Quelques éléments de phonétique : le créole a été écrit pour la toute première fois par un béké guadeloupéen à la fin du XVIIe siècle. À l'époque, il l'avait retranscrit à partir de l'orthographe française. Maintenant la lettre « c » n'existe pas, ni l'association « qu », le son [k] s'écrit avec un K. Le son « in » (de matin) s'écrit « en », et le son « an » (de enfant) s'écrit « an ». Le retour aux sources de la population guadeloupéenne a créé un véritable intérêt pour le créole, des livres de contes et de poésies sont, depuis une dizaine d'années, édités en créole et en français. Hector Poullet est notamment un pionnier des dictées médiatisées en créole.

Les Guadeloupéens qui ont aujourd'hui 50 ans ont connu une période de répression du créole. En effet, le créole était considéré comme une langue rappelant des origines modestes, donc les parents et les instituteurs interdisaient à leurs enfants de s'exprimer en créole. Cela n'empêchait pas les enfants de s'exprimer en créole entre eux.

Il est encore aujourd'hui considéré comme impoli pour un enfant de s'adresser directement en créole à un adulte ; pour autant le créole n'a pas disparu. Maintenant les jeunes intègrent des mots anglais, notamment provenant de l'anglais jamaïcain au créole. Ainsi les adultes ont parfois du mal à « comprendre » le créole parlé par leurs enfants, comme les parents de l'hexagone ne saisissent pas toute une conversation en verlan ou en argot des jeunes adolescents.

Certaines personnes âgées qui n'ont pas eu la chance d'être scolarisées très longtemps préfèrent s'exprimer en créole, et de ce fait parlent créole, alors que le reste de la population parle le plus souvent français que créole pour engager une conversation. Le créole est facilement parlé entre amis et en familles.


Musée et monument historique

Mémorial ACTe, darse de Pointe-à-Pitre.

Le Mémorial ACTe, inauguré le , est un mémorial qui aborde la problématique de la traite négrière et de l'esclavage dans le contexte mondial bien que centrée sur l'archipel guadeloupéen et son environnement caribéen, de l'Antiquité jusqu'à l'époque contemporaine[102].

Habitation Murat dite Château Murat.

L'écomusée des Arts et Traditions populaires installé dans l'ancienne habitation Murat à Grand-Bourg, Marie-Galante.

Le musée des costumes créoles dit musée Saint-John Perse, à Pointe-à-Pitre.

L'ancienne habitation agricole Zévallos, au Moule.

Le Fort Napoléon des Saintes, situé sur l'île de Terre-de-Haut.

Le Marché central de Pointe-à-Pitre.

Gastronomie et habitudes culinaires

Fruits de l'arbre à pain.

En matière de gastronomie, la Guadeloupe se sert surtout de ses produits agricoles, comme le poyo (de la famille de bananes plus communément appelées bananes vertes ou ti-nain), du fruit de l'arbre à pain, de gombos, de choux, de pois d'Angole et des produits de la mer comme le poulpe surnommé chatou ou chatrou ou le lambi.

Sont aussi consommés la cassave ou kassav qui est une galette de manioc dont la fabrication a été transmise par les populations amérindiennes, la farine de manioc, le kilibibi qui est une préparation sucrée ou salée faite à base de farine de maïs, ou le sirop de batterie utilisé en remplacement du sucre dans la confection de pâtisseries ou la préparation de diverses boissons.

Comme plat typique, on citera par exemple le blaff où le poisson, préalablement assaisonné, est cuit dans un petit bouillon agrémenté de cives (sorte d'oignons du pays), de persil, piment, thym…

Piment Bondamanjak.

On peut aussi citer les dombrés, plat créole composé de petites boules, ou galettes de farine cuites auxquelles on ajoute une sauce et toutes sortes de viandes, de poissons ou de crevettes et des haricots rouges. Mentionner aussi le bébélé ou bélélé, plat originaire d'Afrique devenu traditionnel de Marie-Galante et qui est préparé à base de tripes et de bananes vertes. Ou enfin le colombo qui est l'équivalent du curry indien.

La production et la consommation de différents fruits confits (surelle, ananas, carambole etc.) et de diverses confitures (goyave, banane, noix de coco, etc.) est également importante en Guadeloupe. Tandis que des fruits comme le corossol, celui du jambosier rouge nommé pomme Malacca ou pomme d'amour, la mangue, le litchi et la quenette sont également très prisés. Parfois enfin, les Guadeloupéens apprécient le jus de canne à sucre qu'ils extraient en mastiquant des petits tronçons de la tige ou la consommation du sorbet au coco.

La cuisine guadeloupéenne est souvent épicée et assaisonnée en faisant macérer la viande ou le poisson pendant des heures avant de les faire cuire pour relever le goût.

La Guadeloupe est une terre de métissage entre l'Europe, l'Afrique et l'Asie (Moyen-Orient, Inde). Ainsi la communauté indienne longtemps effacée, tient à faire reconnaître son identité. La présence de la couleur indienne que ce soit par le colombo (épice) ou par le tissu emblématique de la tenue traditionnelle, le madras, rappelle leur contribution très ancrée dans l'identité guadeloupéenne.

Festivités

Outre la cuisine, la Guadeloupe est connue pour son grand goût des festivités. Ainsi en période de Noël, les familles et amis se réunissent lors de chanté nwel, occasion de chanter des cantiques et de faire la fête. Après les périodes de fêtes de fin d'année débutent les répétitions du Carnaval. Les groupes de carnaval défilent tous les dimanches après-midi, dans les rues jusqu'au vacances de Carnaval qui arrivent en février ou en mars.

Guadeloupe winter carnival, Pointe-à-Pitre parade. A young woman, performer wearing traditional carnival outfit (waist up outdoor portrait)-2.jpg

Les groupes à peaux, par exemple, le groupe Akiyo (qui signifie, « qui sont-ils ? ») sont des groupes composés uniquement de grosses percussions, et d'instruments de coque de lambi. Ils ont la particularité de ne pas avoir de cuivres dans l'orchestre, ni de chorégraphie, défilent souvent sans costumes thématiques. Le Mardi gras, c'est la grande fête où les groupes de carnaval concourent dans le chef-lieu Basse-Terre ou à Pointe-à-Pitre pour les meilleurs costumes, meilleure musique ou meilleure chorégraphie dont le thème est imposé par les comités de carnaval. Puis le lendemain, le mercredi des Cendres, jour qui termine le carnaval, la mascotte de roi du carnaval surnommée Vaval est brûlée, ce qui signe la fin des festivités, tout le monde défile en noir et blanc (pour marquer le deuil de Vaval), et débutent alors les 40 jours de carême.

La population majoritairement catholique, respecte cette période, ainsi les boites de nuit se vident, les gens évitent de faire la fête, certains ne mangent que du poisson ou alors s'en privent. Mais, étant donné le grand engouement pour les fêtes, le « jeudi mi-carême », un défilé en rouge et noir identique au carnaval donc avec des groupes de musiciens précédés de personnes qui défilent est organisé.

Après cette période de privation, ce sont les fêtes de Pâques, lors desquelles les familles vont souvent camper sur la plage et mangent des plats à base de crabes : matété (riz cuit avec du crabe), calalou (crabes avec des feuilles de madères accompagné de riz blanc) ou dombrés aux crabes (petites boules de farine cuites avec du crabe).

La jeunesse guadeloupéenne soucieuse de son patrimoine culturel a fait naître un nouveau courant nommé Gwada Style, du diminutif que donnent les jeunes à l'île, la « Gwada ». On retrouve souvent cette expression dans la musique reggae/dancehall, genres musicaux très populaires aux Antilles.

Spectacle et événement annuel

La Guadeloupe dispose, depuis 1996, d'une Scène nationale, l'Art-chipel, qui répond à une exigence artistique en matière d'art contemporain : spectacle vivant, arts plastiques et images. Situé à Basse-Terre, cet équipement doté de deux salles de spectacle dispose d'un budget de l'État français important pour produire des artistes, les présenter et dispenser un programme d'éducation artistique destinée en priorité à la jeunesse, scolarisée ou non. En 2016, le programme de ce lieu culturel majeur de la Caraïbe s'ouvrira plus à la danse, aux arts visuels et numériques ainsi qu'au cinéma. [réf. souhaitée]

Fêtes et jours fériés
Date Nom Remarques
1er janvier Jour de l’an Premier jour de l’année. Pour les catholiques, fête de Sainte Marie (avant le concile Vatican II, Circoncision de Jésus-Christ).
Lendemain du dimanche de Pâques (lundi 13 avril en 2020, lundi 5 avril en 2021) Lundi de Pâques Pâques (fête chrétienne commune aux catholiques et aux protestants) est le premier dimanche qui suit la première pleine lune fictive de printemps.
1er mai Fête du Travail D'abord journée de protestations et grèves pour la journée de travail de 8 heures ; traditionnellement le jour de nombreuses manifestations syndicales et politiques en France. Journée devenue fériée sous le régime de Vichy. Depuis 1947, l’appellation « Fête du Travail » n’est que coutumière, i.e. non officielle.
8 mai Fête de la Victoire 1945 Commémoration de la capitulation allemande et de la fin de la Seconde Guerre mondiale (1945).
27 mai Abolition de l’esclavage Dans le département de Guadeloupe uniquement.
39 jours après Pâques (jeudi 21 mai en 2020, jeudi 13 mai en 2021) jeudi de l'Ascension Fête chrétienne célébrant la montée de Jésus aux cieux.
lendemain du septième dimanche après Pâques (lundi 1er juin en 2020, lundi 24 mai en 2021) Lundi de Pentecôte Lundi férié (seul le dimanche garde une signification religieuse particulière).
14 juillet Fête nationale Commémoration de la Fête de la Fédération du (elle-même anniversaire de la prise de la Bastille en 1789).
21 juillet Fête Victor Schœlcher Commémoration de la naissance (en fait le ) du député Victor Schœlcher qui fut à l'origine de l'abolition de l'esclavage, spécifique à la Guadeloupe et à la Martinique.
15 août Assomption Fête catholique célébrant la montée de la Vierge Marie aux cieux.
1er novembre Toussaint Fête de tous les saints de l’Église catholique.
2 novembre Fête des morts Uniquement dans le département de la Guadeloupe.
11 novembre Armistice de 1918 Commémoration de l’armistice mettant fin à la Première Guerre mondiale.
25 décembre Noël Naissance de Jésus-Christ.


Musique

Musique traditionnelle gwoka jouée au marché aux épices de Basse-Terre.

Terre de métissage musical, les îles de l'archipel ont développé divers style musicaux traditionnels tels que la kadans, le zouk, le gwoka, la biguine et ainsi que le style FWI, « French West Indies ».

Le quadrille et la biguine sont toutes deux des danses de couple sur un air de musique entraînant. Le gwoka, datant de l'esclavage, est la racine musicale guadeloupéenne prenant pleinement ses racines dans l'héritage musical africain. Le gwo ka était joué par les esclaves au XVIIIe siècle constituant un moyen d'expression spécifique, au même titre que le créole, aussi bien qu'une musique identitaire. Il permettait aux esclaves noirs de communiquer pour les hommes de brousse. Le gwoka est une musique simple jouée avec un instrument à percussion, le ka, qui est un gros tambour joué sur sept rythmes différents : toumblak, woulé, pajenbel, graj, kaladja, menndé, lewoz. Chaque rythme correspond à un état d'esprit et une ambiance particulière. Aujourd'hui encore, il existe des soirées « lewoz », où musiciens, les « tambouyè », chanteurs, les « répondè » et danseurs improvisent une conversation rythmée pendant des heures. Le terme « ka » viendrait de quart, le nom donné aux tonneaux à partir desquels ces « tambours » étaient fabriqués.

Le zouk originellement est une dérive du rythme de la kadans. La percussion du zouk reprend les temps forts du rythme de la batterie de la biguine. Bien qu'il désigne un bal populaire, le créateur du zouk est l'artiste guadeloupéen Roland Louis[réf. nécessaire], mais il est admis que ce sont les groupes comme Kassav' (dont faisait partie Patrick Saint-Éloi), Zouk Machine, Expérience 7, Gilles Floro et Francky Vincent) qui ont été les premiers à exporter ce style musical en dehors de l'archipel guadeloupéen. Le plus gros succès du zouk fut néanmoins Maldon, chanson interprétée par les trois filles de Zouk Machine, parmi lesquelles se trouvait la chanteuse Jane Fostin. Au fil de l'évolution s'est créé une nouvelle variante du zouk, le zouk-love dans les années 1990, plus lent et plus sensuel.

De nombreux jeunes musiciens guadeloupéens sont actuellement orientés vers le zouk-love (Medhy Custos, Slaï), vers le dancehall ou reggae-dancehall (Admiral T) et vers la création de label indépendants (G Prod de Missié GG…)

À noter également le courant « nouvelle scène créole », (Dominique Coco, Soft, Exxòs Mètkakola, Erik, Florence Naprix, G'Ny, The Bolokos, Stevy Mahy...), qui allie avec créativité les sonorités et rythmes traditionnels aux tendances musicales underground (néo-soul, acoustique, rock, électro, hip-hop...). Les musiciens, font aussi parler leur racine créole sur les scènes internationales, à travers le Creole Jazz[103] (Alain Jean-Marie, Sonny Troupé, Jacques Schwarz Bart, etc.).

Principales salles de spectacle

Principaux équipements sportifs

Personnalités de Guadeloupe

Codifications

La Guadeloupe a pour codes :

Notes et références

Notes

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2020, millésimée 2017, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2019, date de référence statistique : 1er janvier 2017.

Références

  1. Émilie Coste, « Philippe Gustin élargit ses fonctions », acteurspublics.com, (consulté le 13 mai 2018)
  2. Site web du Comité du tourisme des îles de Guadeloupe.
  3. Le Collectif "Moun Gwadloup" sur le sentier de la guerre guadeloupe 1ère, 20 septembre 2019
  4. l’écrivain guadeloupéen Hector Poullet utilise les 2 dénominations en créole site potomitan, consulté le 4 juillet 2020
  5. Guadeloupe, outre-mer.gouv.fr, consulté le 07 décembre 2019
  6. [Histoire de Karukera l'île aux belles eaux «  VIIIe siècle : ce sont les indiens Caraïbes qui débarquèrent les premiers en Guadeloupe. Peuple guerrier, ils déciment les Arawaks, bien qu'originaires des mêmes contrées. À cette époque, on nommait la Guadeloupe « Karukéra », en indien Caraïbe «  l'île aux belles eaux » ».].
  7. D'après le linguiste Thierry l'Etang : la Guadeloupe s'appelait Turuqueira puis Çurruquia pour Chanca, elle est appelée diversement Carucueria, Carucueira, Caracueira, Queraqueira ou Caraquéira par Martyr d’Anghiera. Sur la carte-croquis dite de Bartolomé Colon (1503-5), apparaît dans la partie supérieure de l’arc des Petites Antilles, au-dessus de Guadalupa et au niveau des îles Vierges, l’île Carucura. Dans le Libretto (1504), Guadipea est dite Carachara, alors que l’Isolario de Bordone (1528) nomme Characara une île située près de Guadalupe. Geraldini comme Santa Cruz la nomment Caruqueira, Bernaldez, Quaruqueria, Quaruquena ou Quaréquena. Gregory McInstosh relève ainsi plusieurs autres variantes : Caraquiera, Carqueixra, Carqueira, Kerkeria, Quiqueri, Quariqui. Parallèlement à cette ligne historique, un autre vocable ou variante affecté à la Guadeloupe fait son apparition depuis Gomara : Guacana, Guacane ou Guancano. Encore dite, Caroucaira par l’Anonyme de Carpentras, elle est nommée Carucueira par Rochefort. Pour Breton et pour les autochtones qui distinguent fort bien les deux îles, Kaloukéra ou Caloucaéra ne désigne que la Basse-Terre ou la Guadeloupe « proprement dite ». La Grande-Terre étant appelée Kousaalaoua, Couchâalaoüa ou Couchahalaoüa.
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Voir aussi

Bibliographie

Articles connexes

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Liens externes