Enragés

Les enragés
Présentation
Porte-parole Jacques Roux
Théophile Leclerc
Jean-François Varlet
Claire Lacombe
Positionnement Extrême gauche
Idéologie Républicanisme
Démocratie directe
Proto-socialisme
Radicalisme
Couleurs Rouge

Lors de la Révolution française, les enragés étaient un groupe de révolutionnaires radicaux qui eurent notamment pour représentant le prêtre constitutionnel Jacques Roux. Ils revendiquent l'égalité civique et politique mais aussi sociale, préconisant la taxation des denrées, la réquisition des grains et des taxes sur les riches.

On peut les situer à gauche des montagnards. Ils sont combattus aussi bien par Maximilien de Robespierre que par Danton, Marat et les hébertistes. Leurs idées furent reprises et développées par Gracchus Babeuf. Marat, dans son journal Le Publiciste de la République française du 4 juillet 1793, décrivait les enragés de la façon suivante : « Ces intrigants ne se contentent pas d’être les factotums de leurs sections respectives, ils s’agitent du matin au soir pour s’introduire dans toutes les sociétés populaires, les influencer et en devenir enfin les grands faiseurs. Tels sont les trois individus bruyants qui s’étaient emparés de la section des Gravilliers, de la Société fraternelle et de celle des Cordeliers : je veux parler du petit Leclerc, de Varlet et de l’abbé Renaudi soi-disant Jacques Roux »[1]. En plus de ces trois hommes, on peut aussi citer Pauline Léon et Claire Lacombe, toutes deux membres des républicaines révolutionnaires.

Les discours de Varlet, de Roux, de Leclerc, ou des républicaines révolutionnaires prônent le caractère populaire de la souveraineté, son exercice direct par le peuple. Cette aspiration à une démocratie populaire, corollaire dans la réflexion enragée d’une critique de la représentation nationale, s’appuie sur une méfiance permanente envers les représentants du peuple. Celle-ci s’accompagne naturellement de la volonté de contrôler fortement ces mandataires du peuple. Jacques Roux écrira ainsi : « Peuple ! Sous le règne de la liberté, tu dois avoir sans cesse les yeux fixés sur tes magistrats »[2].

Pour Varlet, la défiance pour les représentants du peuple est la même : « Point de députés sans pouvoirs, sans mandats. Ce principe nous garantit de la Tyrannie législative »[3].

Sources imprimées

  • Claude Guillon, Notre patience est à bout : 1792-1793, les écrits des enragé(e)s, Paris, Éditions Imho, coll. « Radicaux libres », , 174 p. (ISBN 978-2-915517-36-1, présentation en ligne).
  • Jacques Roux, Scripta et acta : textes présentés par Walter Markov, Berlin, Akademie Verlag, 1969, VIII-688 p.
  • Albert Mathiez, « Jacques Roux à Marat », Annales révolutionnaires, t. 8, no 4,‎ , p. 530-541 (lire en ligne).

Bibliographie

  • Yves Blavier, « Jean-François Varlet après la Révolution », Annales historiques de la Révolution française, no 284,‎ , p. 227-231 (lire en ligne).
  • Maurice Dommanget, Enragés et curés rouges en 1793 : Jacques Roux, Pierre Dolivier, Paris, Les amis de Spartacus, 1993.
  • Maurice Dommanget, Les Enragés dans la Révolution française, Paris, Spartacus, 1987.
  • (en) Geoffrey Ellis, « The « Marxist Interpretation » of the French Revolution », The English Historical Review, Oxford University Press, vol. 93, no 367,‎ , p. 353-376 (JSTOR 567066).
  • Daniel Guérin, La lutte de classes sous la Première République : bourgeois et « bras nus » (1793-1797), vol. 1 et 2, Paris, Gallimard, coll. « La Suite des temps » (no 16), (présentation en ligne)
    Nouvelle édition revue et augmentée : Daniel Guérin, La lutte de classes sous la Première République (1793-1797), vol. 1 et 2, Paris, Gallimard, coll. « La Suite des temps », , 571+608 p.
    Édition abrégée : Daniel Guérin, Bourgeois et bras-nus : guerre sociale durant la Révolution française, 1793-1795, Paris, Libertalia, , 443 p. (ISBN 978-2-918059-29-5, présentation en ligne).
  • David Gilles, « Représentation et souveraineté chez les enragés (1792-1794) », dans Le concept de Représentation dans la pensée politique : actes du colloque d'Aix-en-Provence (mai 2002), Aix-en-Provence, Presses universitaires d’Aix-Marseille, coll. « Histoire des idées politiques » (no XV), , 493 p. (ISBN 978-2-7314-0367-1, lire en ligne), p. 253-286.
  • Roland Gotlib, « Les Gravilliers, plate-forme des enragés parisiens », dans Paris et la Révolution : actes du colloque de Paris I, 14-16 avril 1989, Paris, Publications de la Sorbonne, coll. « Histoire moderne » (no 22), , XI-391 p. (présentation en ligne), p. 113-121.
  • Claude Guillon, Deux Enragés de la Révolution : Leclerc de Lyon et Pauline Léon, Quimperlé, la Digitale, , 255 p. (présentation en ligne).
  • Claude Guillon, « Pauline Léon, révolutionnaire », Annales historiques de la Révolution française, no 344 « La prise de parole publique des femmes sous la Révolution française »,‎ , p. 147-159 (lire en ligne).
  • Georges Lefebvre, « Quelques notes sur Taboureau l'« enragé » d'Orléans », Annales historiques de la Révolution française, no 44,‎ , p. 140-148 (lire en ligne).
  • Walter Markov, « Les Jacquesroutins », Annales historiques de la Révolution française, no 160,‎ , p. 163-182 (lire en ligne).
  • (de) Walter Markov, Die Freiheiten des Priesters Roux, Berlin, éd. Akademie-Verlag, 1967, 430 p.
  • (de) Walter Markov, Exkurse zu Jacques Roux, Berlin, éd. Akademie-Verlag, 1970, 371 p.
  • Albert Mathiez, « Le manifeste des enragés (juin 1793) », Annales révolutionnaires, t. 7, no 4,‎ , p. 547-560 (JSTOR 41921852).
  • Albert Mathiez, « La Révolution et les subsistances. Les Enragés et la lutte pour le maximum (janvier-février 1793) », Annales révolutionnaires, t. 9, no 4,‎ , p. 456-483 (JSTOR 41920999).
  • Albert Mathiez, « La Révolution et les subsistances. Les Enragés contre la Constitution de 1793 (juin 1793) », Annales révolutionnaires, t. 13, no 4,‎ , p. 297-321 (JSTOR 41921299).
  • Albert Mathiez, « La Révolution et les subsistances. Les Enragés et les troubles du savon (juin 1793) », Annales révolutionnaires, t. 13, no 5,‎ , p. 353-371 (JSTOR 41921314).
  • Albert Mathiez, « La Révolution et les subsistances. La fin des enragés », Annales révolutionnaires, t. 15, no 2,‎ , p. 89-112 (JSTOR 41921446).
  • Albert Mathiez, La vie chère et le mouvement social sous la Terreur, Paris, Armand Colin, coll. « Bibliothèque historique », , 620 p. (présentation en ligne), [présentation en ligne].
    Réédition :
    • Albert Mathiez, La vie chère et le mouvement social sous la Terreur, t. 1, Paris, Payot, coll. « Le regard de l'histoire », (1re éd. 1927) (ISBN 2-228-27110-1, lire en ligne).
    • Albert Mathiez, La vie chère et le mouvement social sous la Terreur, t. 2, Paris, Payot, coll. « Le regard de l'histoire », (1re éd. 1927) (ISBN 2-228-27120-9, lire en ligne).
  • Albert Mathiez, « Un enragé inconnu : Taboureau de Montigny », Annales historiques de la Révolution française, no 39,‎ , p. 209-230 (JSTOR 41923951).
  • Albert Mathiez, « Un enragé inconnu : Taboureau de Montigny », Annales historiques de la Révolution française, no 40,‎ , p. 305-322 (JSTOR 41923972).
  • Michel Pertué, « Les luttes de classe et la question de la dictature au début de 1793 », Annales historiques de la Révolution française, no 229,‎ , p. 454-462 (lire en ligne).
  • Denis Richet, « Enragés », dans François Furet et Mona Ozouf (dir.), Dictionnaire critique de la Révolution française.
  • (en) Robert Barrie Rose, The Enragés : Socialists of the French Revolution ?, Victoria, Melbourne University Press, , VI-102 p. (présentation en ligne).

Notes et références

  1. Marat in Le publiciste de la République française, Paris, n°233, 4 juillet 1793
  2. Jacques Roux in Le Publiciste de la République française, n°247, 25 juillet 1793, p. 4.
  3. Varlet Jean-François, Projet d’un mandat spécial et impératif 1793.

Voir aussi

Article connexe

Lien externe

  • Claudine Cavalier, « Les Enragés », La Révolution française : Notes et Archives 1789-1794, mis en ligne le 10 mars 2004.