Ségrégation raciale aux États-Unis

Un Noir boit à un distributeur d'eau réservé aux « gens de couleur » à un terminal de tramway en 1939, à Oklahoma City.

La ségrégation raciale aux États-Unis décrit un phénomène de séparation des personnes selon des critères racistes. Aux États-Unis, la ségrégation raciale fut institutionnalisée entre 1876 et 1964 (ségrégation de jure). Cela étant, une ségrégation de fait est toujours bien présente dans le pays.

La ségrégation raciale de jure aux États-Unis (1876-1964) fut imposée après la période dite de « Reconstruction » faisant suite à la guerre de Sécession et se terminant avec le compromis de 1877 par lequel l'occupation des ex-États confédérés d'Amérique par les troupes du Nord prit fin. Elle est l'application légale du racisme à l'encontre des populations dites "de couleur" dans le pays.

Les anciens États sudistes mettent alors en place les lois Jim Crow qui contournent les XIIIe, XIVe et XVe amendements à la Constitution abolissant l'esclavage et accordant le statut de citoyen aux Noirs américains. Après une décennie pendant laquelle la situation politique et sociale des anciens esclaves noirs s'améliora, les lois Jim Crow instaurent une véritable ségrégation. Comme l'esclavage avant elle, cette ségrégation raciale est fondée, idéologiquement, sur une interprétation de la Genèse 9:25 (le Deep South fait partie de la Bible Belt) ainsi que sur les doctrines raciales de l'anthropologie du XIXe siècle, et pratiquement sur l'intimidation des Noirs par la violence (entretenue notamment par le Ku Klux Klan, organisation suprématiste blanche née au lendemain de la guerre mais dont la première incarnation fut assez éphémère). En 1896, la Cour suprême légitime cette nouvelle législation en formulant la doctrine separate but equal (« séparés mais égaux ») dans Plessy v. Ferguson, de mêmes sources idéologiques que l'apartheid instauré plus tard en Afrique du Sud.

Histoire

Abolition de l'esclavage

L'esclavage est proscrit dans l'Empire britannique le . Lors de la Révolution française, la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789 déclare l'égalité entre les Hommes. L'esclavage dans les colonies françaises est aboli en 1794, puis remis en place par Napoléon Bonaparte en 1802. Thomas Jefferson obtint en 1807, dans la foulée de l'abolition de la traite au Royaume-Uni, que la traite négrière soit interdite officiellement sur le territoire américain à partir du , même si les contrebandiers la poursuivirent clandestinement pendant plusieurs dizaines d'années[1]. L'esclavage est aboli définitivement aux États-Unis le .

Abolition progressive de la ségrégation

Dans les années 1960, sous la pression du mouvement des droits civiques, les lois Jim Crow ont été abolies et une nouvelle législation étendant les droits civiques des Noirs a été votée (arrêt Brown v. Board of Education en 1954, puis vient le Civil Rights Act de 1964 et enfin le Voting Rights Act). En 1967, la Cour suprême juge anticonstitutionnelles les lois interdisant les mariages mixtes entre individus de couleurs différentes (arrêt Loving v. Virginia).

Toutes les lois favorisant la ségrégation raciale n'ont pas été abrogées aux États-Unis, alors même que la Cour Suprême les a rendues inapplicables. Par exemple, la constitution de l'Alabama  dispose toujours que « des établissements scolaires distincts doivent être fournis pour les enfants blancs et les enfants noirs, et aucun enfant de l'une de ces deux races ne doit être autorisé à aller dans un établissement réservé à l'autre », et une proposition d'abrogation de cette disposition — en même temps que de toutes celles invalidées par le droit fédéral — a échoué de justesse en 2004[2].

Cependant, sur un terrain différent, la Cour suprême des États-Unis, en , dans Johnson v. California (125 S. Ct. 1141), a statué que la pratique informelle de la ségrégation raciale à l'égard des prisonniers détenus dans des établissements de la Californie — ségrégation que la Californie affirmait pratiquer pour la sécurité des détenus (les gangs de Californie, comme ceux du reste des États-Unis, étant habituellement organisés en fonction des races) — est assujettie à une mesure judiciaire. Bien que la Cour ait renvoyé le dossier à la juridiction inférieure, il est probable que sa décision aura pour effet d'obliger la Californie à modifier sa politique de ségrégation dans ses centres de détention.

D'après le Civil Rights Project de l'université Harvard, la déségrégation réelle des écoles publiques aux États-Unis a plafonné en 1988. Depuis, les écoles sont devenues, dans les faits, plus séparées. En 2005, la proportion d'élèves noirs dans des écoles majoritairement blanches est « à un niveau plus bas que celui de n'importe quelle année depuis 1968 »[3].

Différents événements tels que l'affaire Rodney King à Los Angeles en 1991, les conséquences ethnique et sociales de l'ouragan Katrina et ses bavures policières (Danziger Bridge Shootings) à La Nouvelle-Orléans en 2005 ou encore l'affaire Michael Brown à Ferguson (Missouri) en 2014, ont démontré que la ségrégation de fait n'était pas terminée aux États-Unis.

La persistance de la ségrégation raciale aux États-Unis

Malgré l'abolition de la ségrégation légale, celle-ci est toujours présente dans une forme plus discrète. Certains parlent d'ailleurs d'une reségrégation pour parler de la prise de conscience récente du maintien des formes de séparation raciale, notamment dans les écoles, aux États-Unis[4],[5],[6],[7],[8].

L'arrêt Miliken v. Bradley a décidé en 1974 de permettre aux banlieues de conserver des districts scolaires séparés, et n'imposait l'intégration que dans les confins d'un district ainsi la loi permettait une ségrégation par race parfaite dans une zone urbaine, tant que tous les enfants blancs habitaient dans les banlieues, et tous les enfants noirs en centre-ville. Une tutelle fut imposée pour les écoles et une fois libérée de cette tutelle, le district peut abandonner les pratiques de déségrégation, même si cela implique un retour immédiat à une ségrégation complète par la suite  l'un après l'autre, les districts sont libérés. Byron Lutz (du MIT) montre que ce phénomène conduit à la reségrégation des districts scolaires : quatre ans après la fin de la tutelle, un tiers des gains de la déségrégation en termes d'intégration sont perdus. Les familles blanches ne reviennent pas vers les centres-ville et restent en banlieue afin de rester entres elles. C'est en partie le produit de ce qu'on appelle la sécession scolaire, une pratique courante selon laquelle les riches communautés blanches du pays choisissent de «se séparer de leurs districts scolaires publics pour en former des quartiers plus petits et plus exclusifs ». Selon Nikole Hannah-Jones, rédacteur au New York Times Magazine, « les écoles sécessionnistes, du moins dans le Sud, tirent leurs racines de l'arsenal d'outils mis en place par les communautés blanches pour résister au mandat de déségrégation établi par l'arrêt Brown[9] ».

Les élèves noirs en paient le coût : quatre ans après la fin de la tutelle administrative dans un district, le taux de Noirs abandonnant l'école a augmenté de 1,6 % de plus que dans les districts toujours sous tutelle. Kerner, Fred Harris le seul membre encore vivant de la commission rédige un rapport ou il dit qu'un demi-siècle plus tard, les divisions raciales restent profondes, pire encore, les progrès qui avaient été accomplis en matière d'inégalités et de pauvreté ont laissé place à une stagnation et, dans certains domaines, à une régression.L'ancien sénateur démocrate évoque une “reségrégation” en matière de logement et d'éducation. En effet, la justice américaine a relâché le contrôle sur les établissements scolaires anciennement ségrégués et cela depuis trente ans . Alors que, en 1988, 44 % des élèves noirs ce rendaient dans des établissements à majorité blanche, aujourd'hui c'est le cas de seulement 20 % d'entre eux , les écoles publiques américaines sont sur la voie d'une « reségrégation ». C'est la conclusion d'un rapport de l'administration qui s'émeut des données accumulées au cours d'une étude de deux ans sur le terrain : en quinze ans, le nombre d'écoles publiques dans lesquelles on constate une ségrégation raciale a doublé.Ce sont des reportages et des plaintes de parents qui ont poussé les services gouvernementaux à diligenter cet audit approfondi, et les conclusions sont édifiantes.

Dans 15 000 établissements aux États-Unis, 75% des enfants, ou plus, sont Afro-Américains ou Hispaniques. Ces écoles sont dans les zones déshéritées et, pour les enfants, c'est un handicap multiple. Au résultat de la reségrégation s'ajoutent la pauvreté et une éducation de moindre qualité dans le cursus et la gestion des écoles.

La reségrégation est parfois causée par des autorités locales, qui violent des lois votées depuis cinquante ans, il s'agit le plus souvent d'un phénomène social. Les familles blanches qui en ont les moyens envoient leurs enfants dans des écoles privées ou déménagent dans les meilleurs quartiers c'est pour cela que une étude de l'administration est préconisé ainsi qu'un suivi constant des écoles publiques et une attention accrue apportées aux alertes des parents afin d'éviter au mieux la reségégration. Il est dit que l'Amérique a fait d'énormes progrès en cinquante ans dans la lutte contre la ségrégation raciale, Barack Obama ne cesse de le répéter, mais ce rapport sur le système scolaire est sans doute le contre-exemple de la déségrégation.

Les mise en œuvre de politiques sociales de plus en plus conservatrices au cours des cinquante dernières années montre à quel point ces progrès ont été fragilisés bien que des progrès clairs aient été accomplis. Au cours des 40 dernières années et des disparités raciales persistantes et de plus en plus grandes entre les communautés blanches et les personnes de couleur ont émergé de plus les villes américaines sont devenues de plus en plus isolées. La reségrégation raciale dans les écoles publiques américaines s'approfondit également. Un rapport 2016 du Government Accountability Office a été annoncé : la promesse de Brown v. Board of Education est en train de s'effondrer[réf. nécessaire].

Selon l'étude du GAO, la proportion des élèves à forte pauvreté sont à majorité noire et latino-américaine a explosé depuis 2001. Le nombre d'élèves noirs et latinos inscrits dans des écoles publiques de la maternelle à la 12 e année, où les ressources sont rares, où 75% à 100% des élèves ont droit à un repas à prix réduit, a augmenté de 11% entre 2001 et 2014.

Cette reségrégation systématique a de graves conséquences pour l'accès aux services de soins de santé, à l'éducation et à l'accumulation de richesses.

La réinscription des villes américaines a permis de relancer certains des mêmes défis dans divers domaines de la société. Selon un rapport publié cette année par la Harvard Medical School et la Boston University School of Medicine, de nombreux patients afro-américains et à faibles revenus sont en grande partie exclus des hôpitaux universitaires où les pratiques médicales les plus avancées sont disponibles.Considérez que les Noirs ne représentaient que 18% des patients dans les hôpitaux d'enseignement de la ville de New York en 2014, mais ils représentaient près du tiers des patients des autres hôpitaux de la ville.

Une étude menée en 2014 par l'Université du Minnesota a également montré que les personnes de couleur sont exposées à près de 50% de polluants dangereux supplémentaires. Ces communautés, par exemple, absorbent 46% plus de dioxyde d'azote, un polluant lié à une augmentation des maladies cardiaques, du cancer du poumon, de l'asthme et des naissances prématurées. C'est l'un des six «critères de pollution» réglementés par la Environmental Protection Agency en vertu de la loi sur la qualité de l'air.

Réglementation des relations raciales

« Nous ne servons que des clients blancs. » (Lancaster).

La décision de la Cour suprême lors de l'arrêt Plessy v. Ferguson, en 1896, officialisa la ségrégation raciale, par le gouvernement, dans les transports publics. À cette fin, elle élabora la doctrine separate but equal (« séparés mais égaux ») afin de se plier à la Clause de protection égale (Equal Protection Clause) prévue par le Quatorzième amendement. Bien que la Cour suprême ait auparavant cassé des statuts discriminatoires de certains États, excluant les Noirs des jurys populaires, ou se prononçant systématiquement en faveur de leur affranchissement de leur statut d'esclaves, et qu'elle continua à le faire dans les années suivant Plessy v. Ferguson, elle se prononçait néanmoins en faveur de la ségrégation dans pratiquement toutes les autres sphères publiques ou privées. Elle légalisa ainsi la ségrégation scolaire en 1908 (arrêt Berea College v. Kentucky ). Beaucoup d'États, en particulier des États du Sud, considérèrent ces jugements comme appuyant, de fait, l'ensemble des lois Jim Crow mises en place au lendemain de la Reconstruction.

D'esclaves, les Noirs américains étaient devenus des citoyens de seconde zone, qui ne pouvaient pas aller aux mêmes écoles que les Blancs, prendre le bus avec eux, ou boire à la même fontaine. Dans beaucoup de villes, ils ne pouvaient pas non plus partager un taxi avec des Blancs, ou entrer dans un bâtiment par la même porte que les Blancs. Ils étaient enterrés dans des cimetières distincts, et ne pouvaient pas jurer sur la même Bible. Ils étaient aussi exclus des restaurants, des bibliothèques, des jardins publics (où l'on pouvait lire des pancartes tels que « Negroes and dogs not allowed » : « les Nègres et les chiens ne sont pas admis »). Les Noirs devaient systématiquement s'effacer devant les Blancs, en leur cédant le passage dans la rue, et il était interdit à un homme noir de regarder dans les yeux une femme blanche. Selon leur sexe, les Noirs étaient appelés « Tom » ou « Jane », mais jamais Monsieur, Madame ou Mademoiselle.

The Green Book, édition de 1940

Une édition du Negro Motorist Green Book (dit Green Book) est publiée chaque année entre 1936 et 1966 par Victor Hugo Green. C'est un guide de voyage qui donnait annuellement la liste des hôtels, campings, restaurants, bars, dancings, garages, stations d'essence, etc., où les Noirs étaient les bienvenus au milieu des terres ségrégationnistes. Limitée à l'origine à la métropole new-yorkaise, l'édition remporte un grand succès et couvre ensuite presque tous les États-Unis, partie du Canada, du Mexique et des Caraïbes, et devient « la bible du voyageur noir durant les lois Jim Crow »[10]. Des guides de ce type existaient déjà à l'époque pour le public juif des États-Unis, lui aussi victime de discriminations[11].

Bien que la Cour suprême ait déclaré anticonstitutionnel le fait de priver de droits civiques les Noirs, ceux-ci étaient de fait privés du droit de vote, à l'aide de « primaires blanches », d'un système de cens électoral, d'examens d'alphabétisation, de punitions économiques, de manipulations électorales de toutes sortes, et enfin d'une utilisation ciblée de la violence afin de les décourager de s'enregistrer sur les listes électorales.

La société blanche et chrétienne du Sud maintenait aussi les Noirs dans une position subalterne au niveau économique. Les fermiers noirs étaient souvent liés aux propriétaires terriens blancs et souvent cantonnés au statut de tenanciers. Dans le secteur secondaire, les employeurs et les syndicats leur réservaient les tâches les plus pénibles et les moins bien payées. Des fonctions modestes, telles que travailler pour la compagnie de wagon-lit Pullman Porter à Chicago ou être portier d'hôtel, devinrent des positions enviables aux yeux de la majorité des Noirs, car elles offraient une stabilité relative d'emploi et un salaire acceptable. Les lois Jim Crow excluaient les Noirs de nombreux secteurs de la vie économique, menant à la création, dans certains domaines, de véritables marchés spécifiques aux Noirs : une presse noire surgit au Nord, tandis que les propriétaires noirs de compagnies d'assurances pour Noirs, ou de services de croque-mort pour Noirs, devinrent de véritables notables au sein de la société noire.

Droit pénal et lynchages

Carte postale représentant le lynchage de Lige Daniels, 16 ans, à Center au Texas, le .

Malgré l'arrêt de la Cour suprême dans Strauder v. West Virginia  de 1880, qui interdisait l'exclusion des Noirs américains des jurys populaires, ceux-ci étaient systématiquement écartés de ces instances. Ils étaient par conséquent laissés à la merci du système judiciaire blanc. Dans certains États, tel l'Alabama, l'État utilisait le système pénal afin de rétablir une sorte de servage, en condamnant les hommes noirs à des années d'emprisonnement, durant lesquels ils travaillaient gratuitement pour des employeurs privés tels que la Tennessee Coal, Iron and Railroad Company , une filiale de la United States Steel Corporation, qui payait l'État en échange de leur travail forcé.

Les punitions imposées hors du système judiciaire étaient encore plus brutales. Des milliers de Noirs ont été victimes de lynchage par des Blancs s'autoproclamant « justiciers », parfois avec l'aide explicite de responsables officiels, dans les États du Sud et au-delà. Ces lynchages se transformaient parfois en véritables pogroms, ainsi lors des émeutes raciales de Tulsa en 1921. Les coupables de telles exactions se sentaient à ce point à l'abri de toutes poursuites judiciaires qu'ils prenaient souvent des photographies de leurs victimes, et en faisaient des cartes postales. L'historien Howard Zinn précise qu'« entre 1889 et 1903, deux Noirs, en moyenne, étaient assassinés chaque semaine (pendus, brûlés vifs ou mutilés) »[12].

Le Ku Klux Klan, qui avait à peu près disparu après une apparition brève mais brutale au début de la Reconstruction, se reforma en 1915, en partie sous l'influence du film de D. W. Griffith, Naissance d'une nation (Birth of a Nation), qui exaltait le premier Klan. Il combinait la rhétorique raciste à la xénophobie envers les immigrants, l'antisémitisme, l'anticatholicisme et l'antisyndicalisme. À ses discours violents, il ajoutait l'usage systématique du lynchage et de mises en scènes spectaculaires (croix incendiées dans les quartiers noirs, etc.) visant à instaurer un véritable climat de terreur sur la population noire.

Le lynchage de Thomas Shipp et d'Abram Smith, en 1930 dans l'Indiana, inspira la chanson Strange Fruit composée par Abel Meeropol (sous pseudonyme), un artiste et sympathisant communiste qui adopta les enfants des époux Rosenberg après leur exécution en 1953. Reprise par la chanteuse Billie Holiday en 1939 à New York, la chanson, qui constituait un réquisitoire émouvant contre la pratique du lynchage dans le Sud, devint un succès populaire pendant la Seconde Guerre mondiale. Toujours dans les années 1930, le New Dance Group se bat contre la ségrégation et dénonce le lynchage des Noirs dans le Sud.

Églises noires

De même, la vie religieuse s'organisa selon ces nouvelles données de ségrégation. Le rôle des églises noires allait bien au-delà du simple culte religieux : elles servaient aussi de lieu de rassemblement communautaire, de coopératives économiques, et de tribunaux populaires, afin de régler les conflits de manière autonome. La plupart des églises noires, néanmoins, refusaient de se confronter frontalement à la domination blanche, et s'abstenaient officiellement de toute politique. De nouveaux mouvements religieux, tels que la « Holiness tradition », ou le mouvement du pentecôtisme qui se scinda selon les nouvelles divisions de couleur, renforcèrent l'apolitisme et le quiétisme de la plupart des Noirs pratiquants.

Excuses officielles

En , le président George W. Bush avait parlé de l'esclavage comme « l'un des plus grands crimes de l'Histoire », au cours d'une visite sur l'île de Gorée au Sénégal. Cinq ans plus tard, la Chambre des représentants présente des excuses pour l'esclavage et la ségrégation raciale envers les Noirs. Puis c'est au tour du Sénat des États-Unis le , qui fait amende honorable sous la forme d'une résolution symbolique[13].

Notes et références

  1. Christian Delacampagne, Histoire de l'esclavage. De l'Antiquité à nos jours, Paris, Le livre de poche, (ISBN 2-253-90593-3), p. 208.
  2. (en) George E. Connor et Christopher W. Hammons, The Constitutionalism of American States, University of Missouri Press, (ISBN 9780826266057, lire en ligne), p. 244-245.
  3. (en-US) Jonathan Kozol, « Overcoming Apartheid », sur The Nation, (ISSN 0027-8378, consulté le 23 avril 2018).
  4. « Reségrégation aux Etats-Unis », sur Libération.fr, (consulté le 13 janvier 2020)
  5. « Verbatim. “Les villes et les écoles américaines sont en voie de reségrégation” », sur Courrier international, (consulté le 13 janvier 2020)
  6. « Etats-Unis: les écoles publiques sur la voie d'une «reségrégation» raciale », sur RFI, (consulté le 13 janvier 2020)
  7. (en) « Opinion | The quiet resegregation of America constitutes a national crisis », sur NBC News (consulté le 13 janvier 2020)
  8. (en-US) Michelle Chen, « Our Schools Are Actually Resegregating », The Nation,‎ (ISSN 0027-8378, lire en ligne, consulté le 13 janvier 2020)
  9. (en-US) Nikole Hannah-Jones, « The Resegregation of Jefferson County », The New York Times,‎ (ISSN 0362-4331, lire en ligne, consulté le 13 janvier 2020)
  10. (en) J. Freedom du Lac, « Guidebook that aided black travelers during segregation reveals vastly different D.C. », The Washington Post,‎ (lire en ligne, consulté le 7 août 2013).
  11. (en) « 'Green Book' Helped African-Americans Travel Safely », sur npr.org (consulté le 18 mars 2019).
  12. Howard Zinn, Une histoire populaire des États-Unis, Agone, , p. 361.
  13. « Le Sénat américain présente ses excuses pour l'esclavage », sur Le Monde.fr, (consulté le 23 avril 2018).

Annexes

Bibliographie

  • Olivier Grenouilleau, Les traites négrières, essai d'histoire globale, Paris, Gallimard, , 468 p. (ISBN 2-07-073499-4).

Articles connexes