République dominicaine

République dominicaine

(es) República Dominicana

Drapeau
Drapeau de la République dominicaine.
Blason
Armoiries de la République dominicaine.
Devise en espagnol : Dios - Patria - Libertad (« Dieu - Patrie - Liberté »)
Hymne en espagnol : Quisqueyanos valientes (« Quisqueyanos courageux »)
Fête nationale
· Événement commémoré Indépendance vis-à-vis de l’Espagne et d’Haïti (Depuis 1844)
Description de l'image Dominican Republic (orthographic projection).svg.
Description de l'image Dominican republic sm03.jpg.
Administration
Forme de l'État République constitutionnelle à régime politique parlementaire et unitaire
Président de la République Luis Abinader
Vice-présidente de la République Raquel Peña
Parlement Congrès national de la République dominicaine
Chambre haute
Chambre basse
Sénat
Chambre des députés
Langues officielles Espagnol
Capitale Saint-Domingue

18° 29′ N, 69° 55′ O

Géographie
Plus grande ville Saint-Domingue
Superficie totale 48 442 km2
(classé 131e)
Superficie en eau 0,72
Fuseau horaire UTC -4
Histoire
Indépendance Drapeau de l'Espagne Espagne, Drapeau d'Haïti Haïti
Date (177 ans)
Démographie
Gentilé Dominicain, Dominicaine
Population totale (2018[1]) 10 499 707 hab.
(classé 88e)
Densité 217 hab./km2
Économie
PIB nominal (2010) 87,25 milliards $ (75)
IDH (2017) en augmentation 0,736[2] (élevé ; 94e)
Monnaie Peso dominicain (DOP​)
Divers
Code ISO 3166-1 DOM, DO​
Domaine Internet .do
Indicatif téléphonique +1-809, +1-829 et +1-849[3]
Organisations internationales
OEI
CIR
G33

La République dominicaine, en espagnol : República Dominicana, est un pays situé sur l'île d'Hispaniola, dans l'archipel des Grandes Antilles, dans la région des Caraïbes. Elle occupe la partie orientale de l'île, partageant la frontière avec Haïti, faisant d'Hispaniola, avec Saint-Martin, une île partagée par deux États souverains. La République dominicaine est la deuxième plus grande nation des Antilles par sa superficie (après Cuba) avec 48 671 km2, et la troisième par sa population, avec environ 10,8 millions d'habitants, dont environ 3,3 millions vivent dans la zone métropolitaine de la capitale, Saint-Domingue (ville). La langue officielle du pays est l'Espagnol.

Avant l'arrivée des Européens, le peuple indigène Taíno occupe Hispaniola, divisant l'île en cinq chefferies. Les Taíno construisent une société avancée d'agriculture et de chasse, et deviennent une civilisation organisée. Lors de son premier voyage en 1492, Christophe Colomb explore et conquiert l'île pour l'Espagne. La colonie de Saint-Domingue est le siège du premier peuplement européen permanent dans les Amériques et le premier siège de la domination coloniale espagnole dans le Nouveau Monde. Pendant ce temps, la France occupe le tiers occidental d'Hispaniola et nomme sa colonie Saint-Domingue, qui devient l'État indépendant d'Haïti en 1804, après la révolution haïtienne. Au cours du XIXe siècle, les Dominicains sont souvent en guerre, contre les Français, les Haïtiens, les Espagnols ou entre eux, ce qui donne une société fortement influencée par les hommes militaires, qui dirigent le pays comme s'il s'agissait de leur royaume personnel. Après plus de trois cents ans de domination espagnole, le peuple dominicain déclare son indépendance en . Le dirigeant du mouvement indépendantiste, José Núñez de Cáceres, souhaite que la nation dominicaine s'unisse au pays de la Grande Colombie, mais les Dominicains nouvellement indépendants sont annexés de force par Haïti en . L'indépendance est arrivée 22 ans plus tard, en 1844, après la victoire de la guerre d'indépendance dominicaine. Au cours des 72 années suivantes, la République dominicaine connaît essentiellement des conflits internes, plusieurs invasions ratées de son voisin, Haïti, et un bref retour au statut de colonie espagnole, avant d'évincer définitivement les Espagnols pendant la guerre de restauration dominicaine de 1863-1865. Les États-Unis occupent le pays entre 1916 et 1924 ; une période de six ans calme et prospère sous la direction d'Horacio Vásquez. De 1930 à 1961, la dictature de Rafael Trujillo règne sur le pays. Une guerre civile en 1965, la dernière du pays, prend fin avec l'occupation militaire américaine et est suivie par le régime autoritaire de Joaquín Balaguer Ricardo (1966-1978 et 1986-1996). Depuis 1978, la République dominicaine évolue vers une démocratie représentative et est dirigée par Leonel Fernández depuis 1996. Danilo Medina lui succède en 2012, remportant 51 % des voix aux élections contre son adversaire, l'ex-président Hipólito Mejía Domínguez. Il est ensuite remplacé par Luis Abinader lors de l'élection présidentielle de 2020.

La République dominicaine possède la plus grande économie de la région des Caraïbes et de l'Amérique centrale et est la huitième plus grande économie d'Amérique latine. Au cours de ces 25 dernières années, la République dominicaine présente la croissance économique la plus rapide de l'hémisphère occidental - avec un taux de croissance moyen du PIB réel de 5,3 % entre 1992 et 2018. Entre 2014 et 2015, la croissance du PIB atteint 7,3 % soit le taux le plus élevé de l'hémisphère occidental. Au premier semestre 2016, l'économie dominicaine a connu une croissance de 7,4 %, poursuivant sa tendance à une croissance économique rapide. La croissance récente est portée par la construction, la fabrication, le tourisme et l'exploitation minière. Le pays est le site de la deuxième plus grande mine d'or au monde, la mine Pueblo Viejo. La consommation privée est plus forte, en raison d'une faible inflation (moins de 1 % en moyenne en 2015), de la création d'emplois et d'un niveau élevé de transferts de fonds.

Étymologie

Image représentant Saint Dominique.
Saint Dominique.

Le mot « dominicain » vient du latin Dominicus, qui signifie « dimanche ». Cependant, le nom provient véritablement de Saint Dominique, fondateur de l'Ordre des Dominicains[4].

L'Ordre dominicain créé une maison de hautes études sur la colonie de Saint-Domingue, connue sous le nom d'Université autonome de Saint-Domingue, et se consacre à la protection du peuple autochtone Taíno, qui est soumis à l'esclavage ainsi qu'à l'éducation des habitants de l'île[5]. Pendant la majeure partie de son histoire, jusqu'à l'indépendance, la colonie est connue sous le nom de Santo Domingo - le nom de sa capitale Saint-Domingue - et est communément appelée ainsi en anglais jusqu'au début du XXe siècle[6].

Dans l'hymne national de la République dominicaine, le terme « Dominicains » n'apparaît pas. L'auteur de ses paroles, Emilio Prud'Homme, utilise systématiquement le terme poétique « Quisqueyans » (Quisqueyanos). Le mot Quisqueya dérive de la langue Taíno et signifie « mère des terres ». Il est souvent utilisé dans les chansons comme un autre nom pour le pays. Le nom du pays en anglais est souvent abrégé the D.R. (la R.D.), mais c'est rare en espagnol[7].

Histoire

Habité par les Taïnos depuis le VIIe siècle, le territoire de la République dominicaine a été atteint par Christophe Colomb en 1492 et devint le site des premières colonies européennes en Amérique, Saint-Domingue devenant la première capitale espagnole au Nouveau Monde. Après trois siècles de règne espagnol, avec un interlude français et haïtien, le pays devint indépendant en 1821 mais fut rapidement repris par Haïti. Victorieux lors de la guerre d'indépendance de la République dominicaine en 1844, les Dominicains eurent pourtant de nombreuses difficultés à parvenir à une stabilité politique durant les 72 années suivantes. La République dominicaine s'est présentée en 1887 pour participer pour la première fois de l'histoire contemporaine à l'Exposition universelle de Paris de 1889[8].

Taïnos

Les Taïnos sont des amérindiens Arawaks, peuples pacifistes et amicaux… Dans son journal de bord, Christophe Colomb les décrit comme des gens vivant nus, beaux et accueillants. Des échanges de cadeaux se font dès leur rencontre. Sur Hispaniola, peu de temps avant l’arrivée de Christophe Colomb, les Taïnos commencent à subir des attaques des indiens Caraïbes. Ces derniers, venus d’Amérique du Sud à la recherche de nouvelles terres à conquérir, sont beaucoup plus belliqueux[9],[10]. Christophe Colomb note dans son journal que les Taïnos lui ont rapporté l'existence de scènes d'anthropophagie des indiens Caraïbes, ce que confirmèrent les Espagnols. Jean Raspail affirme également que les Caraïbes, venus de l'embouchure de l'Orénoque mangeaient rituellement leurs ennemis et conservaient dans leurs habitations les os de leur famille dans leurs huttes[11].

Dans la décennie qui suivit l’arrivée de Christophe Colomb, les Taïnos avaient disparu, victimes des maladies importées par les Espagnols et du travail forcé. Ce furent par la suite les Caraïbes qui furent victimes des conquistadors[12],[13].

Occupation par les États-Unis

En 1905 et 1907, après l’échec d'un contrôle privé des douanes dominicaines par des banques créancières nord-américaines et sur intervention armée des États-Unis, les douanes sont placées sous la tutelle de Washington. Le gouvernement dominicain ne peut ni accroître sa dette publique ni modifier sa politique douanière. En outre, les États-Unis interviennent directement dans la politique intérieure, obligeant certains présidents à démissionner s'ils se refusent à devenir des instruments de la politique du département d’État. À la crise économique s'ajoute ainsi la crise politique et cinq présidents se succèdent entre 1911 et 1915. En , les États-Unis exigent de la République dominicaine de leur céder le contrôle de la collecte des recettes et des dépenses de l’État, ainsi que la dissolution de son armée et son remplacement par une gendarmerie formée et dirigée par des officiers américains. En , les troupes américaines envahissent la République dominicaine et imposent une autorité militaire d'occupation qui devient le gouvernement du pays. La loi martiale est déclarée, les finances et l’administration sont entièrement sous le contrôle des États-Unis[14].

Une guérilla s'organise contre l'occupant mais ne parvient pas à unifier son commandement. Les différents groupes restent peu coordonnés les uns aux autres, ce qui les empêche de mener des actions d’ampleur. Ils bénéficient cependant du soutien passif de la population qui refuse pour l'essentiel de collaborer avec l'occupant et de lui livrer des renseignements. L'augmentation du nombre des maquisards et l'extension de leurs activités conduisent les États-Unis à dépêcher des renforts. La répression et les campagnes de ratissages ont surtout pour effet d'accentuer la colère de la population. Les atrocités perpétrées par les marines dans ces opérations soulèvent une immense émotion conduisant à un sentiment généralisé « d’hostilité et d’amertume parmi les habitants », doit reconnaître le diplomate américain Summer Welles[14].

Régime de Rafael Trujillo

Après le retrait des États-Unis en 1924, le pays connait une période de six ans de calme et de relative prospérité sous Horacio Vásquez. S'en est suivie la dictature de Rafael Trujillo, issu de la Garde nationale fondée par les États-Unis pour combattre les nationalistes, jusqu'en 1961. Parvenu au pouvoir le à la suite d'un coup d'État, Rafael Trujillo régna sans partage jusqu'à son décès. Il changea le nom de la capitale du pays (Saint-Domingue) en Ciudad Trujillo, s'appropria à son bénéfice et celui de sa famille la majeure partie des terres arables. Son régime fut marqué par la répression, l'usage de la torture et le meurtre politique.

En 1937, il ordonna le massacre de plus de 20 000 immigrants Haïtiens en deux semaines[15].

En , l'Organisation des États américains (OEA) imposa des sanctions diplomatiques à son encontre, estimant qu'il était complice de la tentative d'assassinat du président vénézuélien Rómulo Betancourt. Le , Joaquín Balaguer Ricardo, qui depuis 1935 avait été à divers titres au service du régime Trujillo, devint « président constitutionnel » fantoche au service de Trujillo. Au bénéfice de sa position au sein de l'appareil d'État et du soutien des États-Unis, il réussit à prendre le pouvoir à la suite de l'assassinat le de Trujillo. Il fut néanmoins rapidement renversé. En , lors du massacre de Palma Sola, six cents paysans sont assassinés par l'armée et la police.

Instabilité et seconde occupation par les États-Unis

La première élection libre depuis près de cinquante ans porte au pouvoir Juan Bosch, chef du Parti révolutionnaire dominicain (PRD), l'un des plus actifs opposants à la dictature de Trujillo. Dès sa prise de fonction, il lance de profondes réformes du pays. Le , il proclame une nouvelle constitution qui garantit au peuple des libertés inédites dans le pays, notamment en matière de droit du travail, comme la reconnaissance des syndicats, mais aussi d'égalité entre homme et femme ou de protection des fermiers. En outre, il pose le principe d'une réforme agraire, légalise le divorce, proclame l'égalité des enfants naturels et légitimes, commence à contrôler les finances et la corruption et annule des contrats avec des compagnies nord-américaines afin de privilégier les intérêts de la République dominicaine[15]. Ces réformes irritent profondément les secteurs les plus conservateurs de la société dominicaine : les latifundistes, qui voient contester leur prérogatives sur les paysans, l'Église catholique, qui s'oppose à la sécularisation de la société encouragée par le président Bosch, et les industriels qui s'opposent aux nouveaux droits pour les ouvriers. En outre, les États-Unis craignent que Juan Bosch ne se déclare à son tour communiste, à l'instar de Fidel Castro.

Bosch est renversé à son tour par un coup d'État militaire. Après trente ans de dictature, la démocratie n'aura tenu que sept mois. Un nouveau gouvernement civil est instauré mais est étroitement contrôlé par les militaires, dont beaucoup ont des liens avec l'industrie sucrière. Contre ce qui est parfois qualifié de « trujillisme sans Trujillo » (les structures de répression de la dictature ayant été rétablies), deux partis d'inspiration marxiste mais très minoritaires, le Mouvement du 14-Juin et le Mouvement populaire dominicain, s'engagent dans des actions de guérilla. Devant la crise économique et la corruption des dirigeants politiques et militaires, le ressentiment populaire continue de s'accroître et des troubles éclatent[15].

Le , deux casernes se soulèvent et réclament le retour du président destitué Juan Bosch. La révolte est composée de jeunes sous-officiers et de quelques officiers exaspérés par la corruption outrancière de leurs supérieurs, et prend contact avec des civils. Le Parti révolutionnaire dominicains appelle à son tour la population à l'insurrection. Dès le lendemain, en réaction à des manifestations massives dans la capitale, le président Reid Cabral démissionne. Aussitôt, des chasseurs décollent de sa base de San Isidro et mitraillent le centre-ville, une nouvelle junte dirigée par le chef de l'aviation Pedro Benoit est instaurée, et de violents combats s'engagent entre les insurgés et les forces du régime militaire. Le , sur requête de la Junte, les États-Unis envahissent à nouveau la République dominicaine. Au moins cinq mille cinq cents personnes sont tuées, en majorité des civils. Des milliers de rebelles et manifestants sont détenus dans le stade de baseball, au champ de courses et à la direction de la police[15].

Régime de Joaquín Balaguer et XXIe siècle

Balaguer remporta les élections de et fut, aux termes d’élections fortement influencées par la violence politique d’État, réélu en 1970 et en 1974. En 1978, Antonio Guzmán Fernández (candidat du PRD — Parti révolutionnaire dominicain) fut élu. Il laissa la place en 1982 à Salvador Jorge Blanco, également membre du PRD.

En 1986, après la signature d’un accord entre le gouvernement et le FMI et la politique d’austérité qui s’en est suivie, les classes populaires (devant l’aggravation de la situation sociale) se rebellèrent avant d’être réprimées dans le sang. Plus d’une centaine de personnes furent tuées[16]. Balaguer retrouva un pouvoir de moins en moins dictatorial à la suite de l’élection présidentielle de 1986 et fut réélu en 1990 et en 1994. Cette dernière élection aux résultats serrés fut, aux dires des observateurs internationaux, suffisamment entachée d’irrégularités pour que la constitution soit modifiée et de nouvelles élections organisées seulement deux ans plus tard. Celles-ci conduisirent à l’élection du candidat du Parti de la libération dominicaine (PLD — centre droit) Leonel Fernández, âgé de 43 ans.

En 2000, c'est le candidat du PRD (membre de l'Internationale socialiste) Hipólito Mejía Domínguez qui accède au pouvoir. Il était opposé, d'une part, à Danilo Medina, candidat du PLD — la constitution interdisant à Leonel Fernández de se présenter à un second mandat consécutif — et, d'autre part, à Balaguer, candidat du Parti réformiste social chrétien (PRSC ; conservateur). Balaguer, âgé de 93 ans, obtient plus de 24 % des voix et manqua de peu la possibilité de provoquer un deuxième tour. Balaguer meurt le d'une crise cardiaque.

Hipólito Mejía Domínguez, candidat après une modification de la constitution lui permettant de se présenter à un second mandat, perd l’élection présidentielle de 2004 au profit de Leonel Fernández. Aux élections législatives du , le PLD, parti de Leonel Fernández, obtient des électeurs dominicains une majorité au Sénat et à la Chambre des députés. Leonel Fernández est réélu président de la République lors des élections du . Danilo Medina lui succède en 2012. Mais le pays continue de souffrir de la corruption[17].


Subdivisions

La République dominicaine se divise en 31 provinces, plus la capitale, Santo Domingo, qui occupe le District national.

Géographie

En 2019, la République dominicaine avait un score moyen de l'indice d'intégrité du paysage forestier de 4,19, le classant 134e sur 172 pays[18].

Saint-Domingue, la capitale et plus grande ville, est la plus ancienne ville des Caraïbes et du Nouveau Monde. Santiago de los Caballeros est la deuxième plus grande ville.

Le relief de la République dominicaine est très varié, avec cinq massifs montagneux, des hauts plateaux, des forêts tropicales humides et touffues donnant naissance à de nombreux cours d’eau et lacs, des vallées verdoyantes, des régions très arides et désertiques. Le pays est traversé par trois chaînes montagneuses principales :

  • au nord, la cordillère Septentrionale évoluant jusqu'à une altitude de 1 249 m entre Puerto Plata et Santiago ;
  • au centre par la cordillère Centrale, la plus importante des Antilles, avec les cinq plus hauts sommets des Caraïbes : le Pico Duarte (3 098 m, le Loma La Pelona (3 076 m), le Loma Rucilla (3 029 m), le Loma de la Viuda (2 802 m) et Yaque (2 760 m) ;
  • au sud, la Sierra de Bahoruco avec un maximum de 815 m au nord de Higüey.

Au sud-ouest, le lac hypersalé Enriquillo est à 44 mètres au-dessous du niveau de la mer, le point le plus bas du pays, des Antilles et le plus bas dans une île océanique.

Le littoral dominicain s'étend sur 1 633 km, de la côte Atlantique au nord, à la mer des Caraïbes au sud, avec près de 600 kilomètres de plages propices à la baignade. Le pays compte aussi 19 parcs nationaux, dont certains comme le parc national Armando Bermúdez permettent la randonnée ou d'autres comme le parc de Los Haïtises les excursions à travers la mangrove.

Les cinq principaux aéroports accueillant de nombreux touristes en provenance d'Amérique du Nord et d'Europe sont situés à Saint-Domingue, Punta Cana, Puerto Plata, La Romana et El Catey à Samana.

Politique

Danilo Medina, président de la République dominicaine, au centre.

Le pays est une république de type présidentiel. Toutes les personnes de plus de 18 ans peuvent voter, de même que les personnes mariées, quel que soit leur âge. En revanche, les policiers et les militaires ne peuvent pas voter.

Le pouvoir exécutif est représenté par un président et un vice-président élus pour un mandat de 4 ans. L’élection présidentielle se déroule chaque année multiple de quatre (2012, 2016, 2020, etc.), à la date du .

Le pouvoir législatif est exercé par le Congrès national de la République dominicaine, composé de deux chambres : le Sénat et la Chambre des députés. Le Sénat compte 32 sièges et la Chambre des députés, 178. Les élections législatives sont organisées toutes les années paires non divisibles par quatre, au suffrage direct.

Économie

Saint-Domingue.
Cayo Levantado.

L'économie est principalement dépendante du tourisme et de l’industrie. L'agriculture représente 7,1 % du PIB (2010), les industries représentent 28,3 % du PIB (2010) et les services, en grande partie le tourisme, représentent 64,6 % du PIB (2010). Le tourisme prend une importance croissante depuis les années 1990. Il représente plus d'un milliard de dollars et les envois des expatriés, principalement des États-Unis, représentent 1,5 milliard de dollars (2000). Le tourisme et les envois de l'étranger constituent tous deux d'importantes sources de devises. En 2009, le PIB réel était de 46,74 milliards de dollars US, le PIB par habitant était de 8 300 dollars et le taux d'inflation était de 1,4 %.

Entre la fin des années 1990 et le début des années 2000, le gouvernement engage un programme de privatisation de l'essentiel des entreprises publiques. Face aux coupures récurrentes d'électricité, de nombreuses manifestations sont organisées. En 2002, quelque 50 personnes avaient été tuées dans de telles protestations[16].

En 2003 et 2004, le pays a connu, sur fond de divers scandales dont celui de la banque Banco Intercontinental, une grave crise financière conduisant à une forte dévaluation du peso dominicain (dont la parité est passée d'environ 16 pesos dominicains pour un dollar américain à 50 pesos dominicains pour un dollar américain), une inflation importante (plus de 40 %, la plus élevée en Amérique latine) et une crise de l'endettement suite aux injections massives d'argent public dans les banques en faillites. Cette crise financière s'est accompagnée d'une baisse considérable du niveau de vie des habitants.

Le changement d'administration à la suite de l'élection présidentielle de 2004, au terme de laquelle le président sortant n'a pas été réélu, a redonné confiance aux intervenants internationaux, l'année 2004 se terminant par un rebond du peso dominicain (28,5 pesos dominicains pour un dollar américain) et le FMI approuvant un accord portant sur 600 millions de dollars « pour soutenir le programme économique du pays » En 2005 et 2006, le pays a renoué avec une forte croissance, la situation macroéconomique paraissant stabilisée.

Le , le prêtre Miguel Domingo Fuertes de Loren de la paroisse de Barahona a demandé la permission au ministère de la République dominicaine d’explorer et d’exploiter une mine qu’il avait découverte et qui contenait une certaine roche bleue, nommée larimar. Il s'agit d'une pectolite de couleur bleue qui se trouve uniquement en République dominicaine et en Italie. Étant donné que personne ne connaissait ce dont il parlait, la demande a échoué et la découverte de la pierre bleue a été retardée. Le gisement de larimar fut retrouvé en 1974 et exploité à partir de 1976. La mine de Los Chupaderos constitue l’unique mine de larimar connue dans le monde et le larimar fut classé en 1979 comme pierre semi-précieuse. La mine est scindée en deux parties : d’un côté l’exploitation faite par l’État est mécanisée, de l’autre des petits exploitants locaux qui travaillent avec des moyens archaïques. La République dominicaine est aussi le siège d'importants gisements d'ambre bleue, très prisée des chinois.

Société

Démographie

Évolution démographique entre 1961 et 2003 (chiffre de la FAO, 2005). Population en milliers d'habitants.

La population s'élève à 10 734 247 habitants (estimation 2017[1]).

En 2017, environ 75 % de la population vivait dans des zones urbaines. Plus de 3 millions de personnes vivent dans le Grand Saint-Domingue.

Les Haïtiens constituent le groupe d'étrangers le plus important.

En 2017, le taux de croissance était de 1,2 %, le taux de natalité de 18,4 naissances pour 1 000 habitants, le taux de mortalité de 4,7 pour 1 000, et le taux de fécondité de 2,29 enfants par femme[1].

Beaucoup ont émigré aux États-Unis depuis les années 1960, notamment à Washington Heights à New York, quartier surnommé « les hauteurs Quisqueya ». Il est estimé qu’environ 2 millions de Dominicains vivent aujourd’hui aux États-Unis[19].

Environ 85 % des Dominicains sont d'origine africaine, des descendants d'esclaves africains amenés sur l'île pour travailler dans les champs de canne à sucre. Les autres sont d'origine européenne, principalement des Canariens, des Espagnols et des Portugais[20].

En 2008, des chercheurs dominicains et portoricains identifient dans la population dominicaine actuelle la présence de gènes appartenant aux indigènes des îles Canaries, communément appelées guanches[21]. Ces types de gènes ont également été détectés à Porto Rico[21].

Immigration haïtienne

Le Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP) recense en 2017 près de 500 000 Haïtiens habitant en République dominicaine. En outre, le pays abrite 277 000 descendants d’Haïtiens, nés en République dominicaine, mais dont une bonne partie ne possède pas de papiers et sont considérés comme des apatrides. Historiquement, « le début de l’immigration haïtienne en République dominicaine remonte aux années 1920. Des hommes étaient embauchés pour travailler dans les champs de canne à sucre. Ces braceros restaient confinés au sein même des plantations dans des baraques appelées bateyes[22]. »

Ils vivent pour beaucoup d'entre eux dans des bateys, près des champs de culture de la canne à sucre. Les autres dans les grandes villes comme Saint-Domingue ou Santiago de los Caballeros. Les Haïtiens constituent la communauté la plus pauvre de ce pays. Beaucoup d'entre eux ne parlent que le créole haïtien[23].

Les migrants haïtiens sont confrontés au racisme, aux discriminations, à l'exploitation, et à des violences. Certains groupes nationalistes agitent l'idée d'une « invasion pacifique » ; cette rhétorique a progressivement gagné beaucoup de terrain au sein du débat public et politique[22].

En , la cour constitutionnelle a décidé de privé de la nationalité dominicaine plus de 200 000 personnes, descendants de migrants haïtiens nés dans le pays depuis 1929, car elles ne pouvaient prouver que leurs ascendants étaient en situation régulière au moment de leur naissance. Sous la pression internationale (le droit international interdit à un État de rendre une personne apatride), le Parlement a adopté l'année suivante une loi rectificative. Cependant, celle-ci a aussi confirmé la position de la cour constitutionnelle selon laquelle des enfants nés en République dominicaine de parents étrangers devaient être considérés comme des étrangers[22].

Selon le Centre de développement durable (Cedeso), une ONG qui accompagne les apatrides, « l’absence de papiers d’identité entrave la mobilité et expose à des arrestations arbitraires, des tentatives de rackets ou des expulsions du pays. Sans papiers, pas d’accès non plus à la santé – hormis aux services d’urgences – ni à la justice. Il est impossible de se marier légalement et de déclarer la naissance des enfants. Ils deviennent donc eux aussi des apatrides, ce qui les empêche d’étudier au-delà de la 6e[22]. »

Langues

La langue officielle est l'espagnol. La République dominicaine est membre observateur de l'Organisation internationale de la francophonie depuis [24].

Religions

Religion en République dominicaine en 2014 selon Pew Research Center[25]
Religion Pourcentage
Catholicisme 57
Protestantisme 23
Sans religion 18
Autres confessions 2

Santé

En , l'avortement est dépénalisé en cas de viol, d'inceste, de malformation fœtale ou de danger pour la vie de la femme[26].

Culture

Merengue.
  • Littérature en République dominicaine 

Le merengue et la bachata sont des styles musicaux originaires de la République dominicaine. Le carnaval en République dominicaine a encore des caractères d'originalité.

Le baseball est un sport populaire. La République dominicaine fournit, devant le Venezuela, le plus grand nombre de joueurs étrangers au championnat professionnel de baseball de la Ligue majeure de baseball aux États-Unis[27]. Dans ce pays le football est un sport principalement féminin.

La canne à sucre, avec la distillation du rhum, et le tabac font aussi partie de la culture dominicaine. Plus de 50 % du tabac en République dominicaine est produit à Villa González, petite commune d'environ 30 000 habitants située dans la Cibao, qui représente de ce fait la capitale du tabac dominicain.

De nombreux Dominicains et Dominicaines sont descendants d’anciens esclaves. Les différences de richesse sont très fortes et les blancs descendants de colons espagnols sont de loin les plus riches tandis que les Noirs et les Métis, mélange d’amérindiens taïnos, d'africains et d’espagnols, occupent généralement le bas de l'échelle sociale. Néanmoins, le métissage y est très important.

Codes

La République dominicaine a pour codes :


Notes et références

  1. a b et c (en) « The World Factbook », sur cia.gov, Central Intelligence Agency, (consulté le 15 septembre 2020).
  2. (en) « Human Development Reports », sur hdr.undp.org (consulté le 12 octobre 2018).
  3. « Comment passer un appel téléphonique vers la République dominicaine ? », sur indicatifs-telephoniques.net (consulté le 15 septembre 2020).
  4. « Dominican Republic - The World Factbook », sur www.cia.gov (consulté le 10 mai 2021).
  5. (es) Francesco, « Gentilicio Dominicano: Origen Etimológico & Motivaciones Históricas. Por Giancarlo D’Alessandro. Mi Bandera es Tu Bandera: Proyecto de Exposiciones Fotográficas Itinerantes por Frank Luna », sur La Romana Bayahibe News, (consulté le 10 mai 2021).
  6. (en) Hand Book of Santo Domingo: Bulletin No. 52, U.S. Government Printing Office, , 202 p. (lire en ligne), p. 3.
  7. (en) RANDY KRAFT, « Paradise On The Beach Resorst Are Beautiful In Caribbean's Punta Cana, But Poverty Is Outside The Gates », sur https://www.mcall.com/, (consulté le 10 mai 2021).
  8. Les Chantiers de l'Exposition universelle de 1889 : revue bimensuelle du commerce et des industries se rattachant à l'Exposition, Paris, .
  9. Guide de voyage National Geographic : République dominicaine, pages 22 et suivantes.
  10. James A. Michener, Caraïbes, Pocket, Tome 1 — premier chapitre “Une haie de crotons”.
  11. Jean Raspail, « Bleu caraïbe et citrons verts », sur via-romana.fr (ISBN 979-10-90029-75-0, consulté le 5 juin 2020).
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Articles connexes

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