Jules Verne

Jules Verne
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Jules Verne photographié par Nadar.
Nom de naissance Jules Gabriel Verne
Naissance
Nantes, Drapeau de la France France
Décès (à 77 ans)
Amiens, Drapeau de la France France
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres

Œuvres principales

Signature de Jules Verne

Jules Verne, ou Jules Gabriel Verne sous son nom de naissance, né le à Nantes et mort le à Amiens, est un écrivain français dont l'œuvre est, pour la plus grande partie, constituée de romans d'aventures utilisant les progrès scientifiques propres au XIXe siècle.

Bien que commençant dans les Lettres comme auteur dramatique, il obtient le succès dès 1863 lorsque paraît chez l'éditeur Pierre-Jules Hetzel (1814-1886) son premier roman, Cinq semaines en ballon. Celui-ci connaît un très grand succès y compris à l'étranger. À partir des Aventures du capitaine Hatteras, ses romans entreront dans le cadre des Voyages extraordinaires, qui compteront 62 romans et 18 nouvelles et paraîtront pour une partie d'entre eux dans la revue destinée à la jeunesse : le Magasin d'éducation et de récréation mais aussi dans la presse littéraire pour adultes (Le Temps - Le Tour du monde en quatre-vingts jours, Le Rayon vert, Journal des débats - De la Terre à la Lune...).

Les intrigues des romans de Jules Verne — toujours richement documentés — se déroulent généralement au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, prenant en compte les technologies disponibles à l'époque (Les Enfants du capitaine Grant (1868), Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873), Michel Strogoff (1876), L'Étoile du sud (1884), etc.) mais aussi d'autres non encore maîtrisées ou plus fantaisistes (De la Terre à la Lune (1865), Vingt mille lieues sous les mers (1870), Robur le Conquérant (1886), etc.).

Outre ses romans, l'on doit, entre autres, à Jules Verne de nombreuses pièces de théâtre, des nouvelles, des récits auto-biographiques, des poésies, des chansons et des études scientifiques, artistiques et littéraires. Son œuvre a connu de multiples adaptations cinématographiques et télévisuelles depuis l'origine du cinéma ainsi qu'en bandes-dessinées, au théâtre, en musique ou jeux vidéos.

Jules Verne est populaire dans le monde entier : selon l’Index Translationum, avec un total de 4 702 traductions, il vient au deuxième rang des auteurs les plus traduits en langue étrangère après Agatha Christie[1]. Il est ainsi en 2011 l'auteur de langue française le plus traduit dans le monde[2]. L'année 2005 a été déclarée « année Jules Verne », à l'occasion du centenaire de la mort de l'écrivain[3].

Biographie

Jeunesse

Plaque apposée sur la maison natale de Jules Verne cours Olivier de Clisson à Nantes.

Jules-Gabriel Verne[4] naît au 4 de la rue Olivier-de-Clisson (actuel Cours Olivier-de-Clisson) à l'angle de la rue Kervégan sur l'île Feydeau à Nantes, au domicile de sa grand-mère maternelle, Sophie Marie Adélaïde-Julienne Allotte de la Fuÿe (née Guillochet de La Perrière[5])[6],[N 1]. Il est le fils de Pierre Verne, avoué[7], originaire de Provins, et de Sophie Allote de la Fuÿe, issue d'une famille nantaise de navigateurs et d'armateurs, d'ascendance écossaise[N 2]. Jules est l'aîné d'une famille de cinq enfants, comprenant son frère Paul (1829-1897), qui sera marin, mais aussi écrivain, ses trois sœurs : Anne dite Anna (épouse du Crest de Villeneuve), née en 1836, Mathilde (épouse Fleury), née en 1839, et Marie (épouse Guillon, mère de Claude Guillon-Verne), née en 1842. En 1829, les Verne s'installent au no 2 quai Jean-Bart (à une centaine de mètres du lieu de naissance de leur fils ainé)[6], où naissent Paul, Anna et Mathilde. En 1840, nouveau déménagement dans un immeuble imposant au 6 rue Jean-Jacques-Rousseau[6], proche du port, où naît Marie[N 3].

En 1834, à l'âge de six ans, il est mis en pension dans une institution tenue par une certaine Mme Sambin, veuve putative[8] d'un capitaine de cap-hornier[9].

Il entre avec son frère au collège Saint-Stanislas, un établissement religieux conforme à l'esprit très catholique de son père (d'une façon générale, le lycée Royal n'a pas bonne réputation dans la bourgeoisie nantaise), en octobre 1837[10]. On y trouve quelques traces de ses premiers succès scolaires, dont voici le palmarès[11] :

  • en septième : 1er accessit de mémoire, 2e accessit de géographie ;
  • en sixième : 1er accessit de thème grec, 2e accessit de version grecque, 3e accessit de géographie ;
  • en cinquième : 1er accessit de version latine.

De plus, plusieurs accessits de musique vocale montrent son goût pour cette matière, goût qu'il conservera toute sa vie[N 4].

De 1844 à 1846, Jules Verne est pensionnaire au petit séminaire de Saint-Donatien (bâtiments occupés par l'actuel lycée professionnel Daniel-Brottier à Bouguenais)[N 5],[12], où il accomplit la quatrième, la troisième et la seconde. Son frère le suit, en pension comme lui. Dans son roman inachevé Un prêtre en 1839[13], Jules Verne a décrit ce petit séminaire de façon peu élogieuse[14].

Pierre Verne achète à Chantenay, en 1838[15], une villa pour les vacances, toujours existante au 29 bis rue des Réformes, face à l'église Saint-Martin de Chantenay[16],[6] (le musée Jules-Verne, situé également à Chantenay, est installé dans un bâtiment sans relation à la famille Verne). Toute la famille aime à se retrouver dans cette maison de campagne[17].

Les vacances de Jules Verne se passent également à Brains (à 20 km au sud-ouest de Nantes), dans la propriété que son grand-oncle Prudent Allotte de la Fuÿe, a acheté en 1827/1828 au lieu-dit « La Guerche »[18]. Prudent Allotte de la Fuÿe est un ancien armateur, « vieil original, célibataire autoritaire et non conformiste »[19], qui a beaucoup voyagé avant de revenir s'installer au pays natal. Il est maire de Brains de 1828 à 1837[20]. Le jeune garçon aime à faire d'interminables parties de jeu de l'oie avec le vieux bourlingueur[N 6].

Lycée Royal de Nantes (actuellement lycée Clemenceau) où Jules Verne étudia.

La légende affirme qu'en 1839, à l'âge de 11 ans, le petit Jules se serait embarqué sur un long-courrier en partance pour les Indes, en qualité de mousse[21]. Son père l'aurait récupéré in extremis à Paimbœuf. Jules Verne aurait avoué être parti pour rapporter un collier de corail à sa cousine, Caroline Tronson, dont il était amoureux. Rudement tancé par son père, il aurait promis de ne plus voyager qu'en rêve. Ce n'est qu'une légende enjolivée par l'imagination familiale[N 7] car, dans ses Souvenirs d'enfance et de jeunesse, Jules Verne raconte simplement qu'il est monté à bord d'un voilier, l'a exploré, a tourné le gouvernail, etc., ce en l'absence d'un gardien, ce qui lui vaudra la réprobation du capitaine[22].

De 1844 à 1846, Jules et Paul entrent au lycée Royal de Nantes (actuellement lycée Clemenceau)[23]. Jules Verne fréquente en compagnie de ses camarades le Cercle des externes du collège Royal, qui se tient dans la librairie du Père Bodin, place du Pilori[24]. Après avoir terminé les classes de rhétorique et philosophie, il passe les épreuves du baccalauréat à Rennes et reçoit la mention « assez bien », le 29 juillet 1846[25].

En 1847, Jules Verne est envoyé à Paris par son père, prioritairement pour suivre ses études, mais aussi peut-être parce qu'on voulait ainsi l'éloigner de Nantes. En effet, Caroline Tronson (1826-1902), la cousine de Jules, dont il est épris, doit se marier le 27 avril de la même année avec Émile Dezaunay, un homme de quarante ans originaire de Besançon[26]. Jules Verne en conçut une amertume profonde au point d'écrire à sa mère, six ans plus tard, lorsque cette dernière lui demanda de les accueillir à Paris : « Je serai aussi aimable que le comporte mon caractère biscornu, avec les nommés Dezaunay ; enfin sa femme va donc entrevoir Paris ; il paraît qu'elle est un peu moins enceinte que d'habitude, puisqu'elle se permet cette excursion antigestative[27] ». Caroline Tronson, après son mariage avec Dezaunay, eut cinq enfants[28].

Portrait de Jules Verne à 25 ans

Après un court séjour à Paris, où il passe ses examens de première année de droit[29], il revient à Nantes pour préparer avec l'aide de son père la deuxième année[N 8]. C'est à cette époque qu'il fait la connaissance de Rose Herminie Arnault de La Grossetière[30], née en 1827, pour laquelle il va éprouver une violente passion[31]. Son premier cahier de poésie contient de nombreuses allusions à la jeune femme, notamment Acrostiche ou La Fille de l'air[32]. L'amour a peut-être était un moment partagé mais aucune source ne vient corroborer la chose. Les parents d'Herminie voient d'un mauvais œil leur fille se marier à un jeune étudiant dont l'avenir n'est pas encore assuré[33]. Ils la destinent à Armand Terrien de la Haye, un riche propriétaire de dix ans son aîné. Le mariage aura lieu le 19 juillet 1848[34]. Jules Verne est fou de rage. Il écrit de Paris à sa mère une lettre hallucinante, sans doute composée dans un état de semi-ébriété. Sous couvert d'un songe, il crie sa douleur du mariage d'Herminie en un récit de vengeance de noces maudites : « La mariée était vêtue de blanc, gracieux symbole de l'âme candide de son fiancé ; le marié était vêtu de noir, allusion mystique à la couleur de l'âme de sa fiancée ! » ou « La fiancée était froide, et comme une étrange idée d'anciens (sic) amours passait en elle »[35]. Cet amour avorté va marquer à jamais l'auteur et son œuvre, dans laquelle on trouvera un nombre important de jeunes filles mariées contre leur gré (Gérande dans Maître Zacharius ou l'Horloger qui avait perdu son âme, Sava dans Mathias Sandorf, Ellen dans Une ville flottante, etc.) au point que Christian Chelebourg peut parler de « complexe d'Herminie » dans les Voyages extraordinaires[36]. Jules Verne gardera également toujours rancune à sa ville natale et à la société nantaise, qu'il pourfendra dans certaines poésies, notamment La sixième ville de France et Madame C…, une violente diatribe visant sans doute une des commères de la ville[37].

Étudiant à Paris

En juillet 1848, Jules Verne quitte définitivement Nantes pour Paris. Son père l'envoie poursuivre ses études de droit, en espérant qu'il lui succédera un jour[38]. A cette date, il travaille sur un roman qui restera inachevé, et qui sera par erreur publié par les Éditions du Cherche-Midi en 1992 sous le titre Un prêtre en 1839, mauvaise lecture du manuscrit qui porte en 1835[39], des pièces de théâtre dont deux tragédies en vers, Alexandre VI et La Conspiration des poudres, et ses poèmes. Alors qu'en 1847, il avait été accueilli par sa grande-tante Charuel au no 2 de la rue Thérèse, près de la butte Saint-Roch[40], en 1848, il obtient de son père de pouvoir louer un appartement meublé, qu'il partage avec Édouard Bonamy, un autre étudiant originaire de Nantes, dans un immeuble situé au 24, rue de l'Ancienne-Comédie, donnant sur la place de l'Odéon[41].

Jules Verne arrive à Paris dans une période révolutionnaire. En février, le roi Louis-Philippe a été renversé et s'est enfui ; le 24 février, a été établi le gouvernement provisoire de la Deuxième République. Mais les manifestations se succèdent et le climat social est tendu. En juin, les barricades se dressent de nouveau dans Paris ; le gouvernement envoie le général Cavaignac écraser l'insurrection. Fin juin, quand le futur écrivain débarque dans la capitale, Cavaignac vient de former un gouvernement qui durera jusqu'à la fin de l'année. Verne écrit à ses parents : « Je vois que vous avez toujours des craintes en province ; vous avez beaucoup plus peur que nous n'avons à Paris... J'ai parcouru les divers points de l'émeute, rues Saint-Jacques, Saint-Martin, Saint-Antoine, le Petit Pont, la Belle Jardinière ; j'ai vu les maisons criblées de balles et trouées de boulets. Dans la longueur de ces rues, on peut suivre la trace des boulets qui brisaient et écorniflaient balcons, enseignes, corniches sur leur passage ; c'est un spectacle affreux, et qui néanmoins rend encore plus incompréhensibles ces assauts dans les rues[42] ! »

Le 3 août, Jules Verne passe avec succès son examen pour la deuxième année de droit[43]. Lorsqu'Édouard Bonamy quitte Paris pour retourner à Nantes vers la fin de l'année, il obtient une chambre pour lui seul, dans la même maison[44].

Son oncle Chateaubourg[N 9] l'introduit dans les salons littéraires. Il fréquente celui de Mme de Barrère, amie de sa mère, et de Mme Mariani[45]. Tout en continuant ses études, il écrit de nombreuses pièces qui resteront pour la plupart inédites jusqu'en 1991 avant d'être publiées, pour certaines, de manières confidentielles dans les trois volumes des Manuscrits nantais[46] et connaîtront une publication grand public en 2006 aux Éditions du Cherche-Midi sous le titre Jules Verne : Théâtre inédit[47].

Jules Verne dévore les drames de Victor Hugo, d'Alexandre Dumas, d'Alfred de Vigny, les comédies d'Alfred de Musset[48], mais il avoue une préférence pour deux classiques : Molière et Shakespeare[N 10].

L'influence la plus forte à cette époque pour le jeune écrivain est celle de Victor Hugo. Verne raconte à Robert H. Sherard : « J'étais au plus haut point sous l'influence de Victor Hugo, très passionné par la lecture et la relecture de ses œuvres. À l'époque, je pouvais réciter par cœur des pages entières de Notre-Dame de Paris, mais c'étaient ses pièces de théâtre qui m'ont le plus influencé, et c'est sous cette influence qu'à l'âge de dix-sept ans, j'ai écrit un certain nombre de tragédies et de comédies, sans compter les romans »[49],[N 11].

Durant cette période, les lettres de Jules Verne à ses parents concernent essentiellement ses dépenses et l'argent dont il a besoin. Cependant, au mois de mars 1849, un autre événement inquiète le jeune étudiant : « Ma chère maman, le choléra est donc définitivement à Paris, et je ne sais quelles terreurs de malade imaginaire me poursuivent continuellement ! Ce monstre s'est grossi pour moi de toutes les inventions les plus chimériques d'une imagination fort étendue à cet endroit-là ! »[50]. Au même moment, Jules Verne doit se soumettre à la conscription, mais est épargné par le tirage au sort. Il écrit à son père :

« Tu as toujours l'air attristé au sujet de mon tirage au sort, et du peu d'inquiétude qu'il m'aurait causé ! Tu dois pourtant savoir, mon cher papa, quel cas je fais de l'art militaire, ces domestiques en grande ou petite livrée, dont l'asservissement, les habitudes et les mots techniques qui les désignent les rabaissent au plus bas état de la servitude. Il faut parfois avoir fait abnégation complète de la dignité d'homme pour remplir de pareilles fonctions ; ces officiers et leur poste préposés à la garde de Napoléon, de Marrast, que sais-je ! - Quelle noble vie ! Quels grands et généreux sentiments doivent éclore dans ces cœurs abrutis pour la plupart ! - Prétendent-ils se relever par le courage, par la bravoure ! Mots en l'air que tout cela ! Il n'y a ni courage, ni bravoure à se battre quand on ne peut pas faire autrement ? Et me cite-t-on un haut fait d'armes accompli dans des circonstances, chacun sait qu'il y en a les 19/20 à mettre sur le compte de l'emportement, la folie, l'ivresse du moment ! Ce ne sont plus des hommes qui agissent, ce sont des bêtes furieuses, excitées par la fougue de leurs instincts. Et en tout cas, vînt-on me montrer le sang-froid le plus calme, la tranquillité la plus surprenante dans l'accomplissement de ces hauts faits que l'on paye d'une croix, je répondrai que l'on n'est généralement pas sur terre pour risquer sa vie ou arracher celle des autres, et qu'en fait de condition, j'en connais de plus honorables et de plus relevées[51]. »

Ce violent pamphlet contre l'armée n'est pas seulement une réaction de jeunesse. Toute sa vie, Jules Verne professera des idées antimilitaristes[52], non seulement dans ses lettres, mais aussi dans ses romans où il expose son dégoût de la guerre, à commencer par son premier roman, lorsque le Victoria survole deux peuplades aux prises au cours d'un combat sanguinaire :

« - Ce sont de vilains bonshommes ! dit Joe. Après cela, s'ils avaient un uniforme, ils seraient comme tous les guerriers du monde.
... Fuyons au plus tôt ce spectacle repoussant ! Si les grands capitaines pouvaient dominer ainsi le théâtre de leurs exploits, ils finiraient peut-être par perdre le goût du sang et des conquêtes[53]! »

Mais cet antimilitarisme est entaché par des idées ambiguës après la guerre de 1870 et les événements de la Commune[54] et surtout au moment de l'affaire Dreyfus[55] et de nombreux héros verniens sont des militaires. Ainsi Face au drapeau (1896) incarne-t-il l'état d'esprit militariste et revanchard en France, juste avant que n'éclate l'Affaire Dreyfus[56] et L'Invasion de la mer (1905) montre un Jules Verne, à la fin de sa vie, militariste, colonialiste et impérialiste[57].

A l'hiver 1851, pressé par son père de devenir avocat, il s'inscrit au barreau de Paris et doit entrer chez le jurisconsulte Paul Championnière, ami de Pierre Verne[58]. Mais, le 6 avril 1851, alors que Jules Verne n'est pas encore entré à son service, Paul Championnière meurt[59]. Verne n'exercera ainsi jamais[60].

Il déménage et occupe une chambre garnie dans un hôtel proche de Notre-Dame de Lorette[61],[62] où il donne quelques leçons, ce que son père désapprouve vivement[63]. Puis, il s'installe au sixième étage du 18, boulevard de Bonne-Nouvelle, sur le palier en face de l'appartement de son ami Aristide Hignard[64] avant de s'installer, en face, au 11, boulevard de Bonne-nouvelle[65].

Jules Verne souffre déjà de maux de ventre et d'estomac[66]. L'entéralgie vernienne provient peut-être de troubles gastriques héréditaires[N 12], mais surtout d'une précoce boulimie, sans doute pathologique[67]. En 1851, il connaît sa première crise de paralysie faciale[68]. Olivier Dumas précise ces attaques qui frapperont Verne quatre fois dans sa vie : « La paralysie faciale de Jules Verne n'est pas psychosomatique, mais due seulement à une inflammation de l'oreille moyenne dont l'œdème comprime le nerf facial correspondant. » Le médiocre chauffage du logement de l'étudiant explique la fréquence de ses refroidissements. Les causes de cette infirmité restent ignorées de l'écrivain ; « il vit dans la permanente inquiétude d'un dérèglement nerveux, aboutissant à la folie. »[69].

Débuts littéraires

Vraisemblablement par des visites de salon, il est entré en contact avec Alexandre Dumas[70] par l'intermédiaire d'un chiromancien célèbre de l'époque, le chevalier Casimir d'Arpentigny[71],[72]. Il se lie d'amitié avec le fils de l'écrivain et lui propose le manuscrit d'une comédie intitulée Les Pailles rompues[73]. Les deux hommes corrigent la pièce et Dumas fils obtient de son père qu'elle soit jouée au Théâtre-Historique. Nous sommes le 12 juin 1850, Jules Verne a vingt-deux ans[74].

En 1851, il rencontre Pierre-Michel-François Chevalier dit Pitre-Chevalier (1812-1863)[75]. Celui-ci, breton et nantais comme Jules Verne, est directeur et rédacteur en chef de la revue Musée des familles[76]. L'écrivain lui soumet une nouvelle, Les Premiers Navires de la marine mexicaine[77] qui parait dans la revue de Pitre-Chevalier en juillet 1851[78] et qui sera repris, mais remanié, en 1876 chez Hetzel à la suite de Michel Strogoff sous le titre Un drame au Mexique[79].

La même année Pitre-Chevalier accepte une deuxième nouvelle, Un voyage en ballon[80], qui, en 1874, prendra comme titre Un drame dans les airs, chez Hetzel[81].

Sans doute par l'entremise d'Alexandre Dumas fils, en 1852, Verne entre en relation avec les frères Seveste[82] qui viennent de reprendre le Théâtre-Historique après la faillite due aux prodigalités de Dumas père[83]. La nouvelle salle devient le Théâtre-Lyrique. Jules Seveste, le nouveau directeur, engage Verne comme secrétaire. Un travail astreignant, car le jeune homme ne touche d'abord pas de salaire avant d'être rémunéré à hauteur de 100 F[84]. En revanche, il peut faire jouer ses pièces, la plupart écrites en collaboration avec Michel Carré[85].

En janvier 1852, il prend sa décision et refuse la charge d'avoué que son père lui propose. « […] Je me bornerai à voir si je ferais bien de prendre ta charge, au point de vue moral et matériel. […] D'un autre côté, je commence à bien me connaître ; ces coups de tête contre lesquels tu cherches à me prémunir, je les ferais, tôt ou tard ; j'en suis certain ; la carrière qui me conviendrait le plus, ce serait celle que je poursuis ; […] si je ne puis parvenir, non par manque de talent, mais par défaut de patience, par découragement, eh bien, ce qui me conviendra le plus au monde, ce sera le barreau qui me ramènerait à Paris. […] C'est parce que je sais ce que je suis, que je comprends ce que je serai un jour; comment donc me charger d'une étude que tu as faite si bonne, que ne pouvant gagner entre mes mains, elle ne pourrait qu'y dépérir. […] »[86] Un an plus tôt, il avait écrit à sa mère : « […] je puis faire un bon littérateur, et ne serais qu'un mauvais avocat, ne voyant dans toutes choses que le côté comique et la forme artistique et ne prenant pas la réalité sérieuse des objets. […] »[87].

Il fréquente la Bibliothèque nationale[88]. Au début de 1851, Verne fait la connaissance du géographe et infatigable voyageur, Jacques Arago, célèbre pour un récit de Voyage autour du monde qu'il a fait sur L'Uranie avec la mission de Freycinet entre 1817 et 1821[89], qui continue à parcourir le monde malgré sa cécité[N 13] et qui publie le récit de ses voyages autour du monde sous le titre Souvenirs d'un aveugle. Le jeune écrivain retrouve près de lui toutes les sensations de ses premières lectures[90]. Jacques Arago lui ouvre des horizons et l'entraîne vers un genre nouveau de littérature, alors en pleine expansion, le récit de voyage[91].

En 1852, deux autres textes de Verne paraissent dans le Musée des familles : Martin Paz, une longue nouvelle[N 14] et une comédie-proverbe en un acte, en collaboration avec Pitre-Chevalier Les Châteaux en Californie[92].

Portrait d'Aristide Hignard en 1880.

En août 1853, il s'éloigne un moment de Paris pour se rendre à La Guerche, où son oncle Prudent offre un grand repas afin de fêter le retour de Paul Verne, le frère de Jules, aspirant auxiliaire dans la marine[93]. Avec son ami Aristide Hignard[94], Jules Verne fréquente le salon du musicien Talexy[95] qui sera plus tard un des « Onze sans femmes »[96]. Ils se lancent dans l'opérette, ou plutôt l'opéra-comique, au moment où Jacques Offenbach crée un véritable engouement pour ce genre de spectacle. Le 28 avril 1853, est représenté Le Colin-maillard au Théâtre-Lyrique[97]. C'est une période où Jules Verne ne cesse d'écrire. Des nouvelles de cette époque, on peut citer Pierre-Jean[98] et Le Siège de Rome qui restera inédit jusqu'en 1994[99]. Il travaille aussi sur Monna Lisa commencé dès 1851 et qu'il ne finira qu'en 1855[100],[101].

Au cours d'un séjour à Nantes, l'écrivain s'est amouraché de Laurence Janmar[102]. En janvier 1854, le président Janvier de la Motte donne un grand bal travesti[103]. Le jeune écrivain y retrouve celle qu'il convoite. Laurence Janmar[104], habillée en gitane, se plaint à son amie que son corset, trop riche en baleines, lui meurtrit les côtes. Verne, toujours à l'affût d'un bon mot, soupire alors : « Ah ! que ne puis-je pêcher la baleine sur ces côtes ? »[105],[106]. Laurence Janmar épousera finalement un certain Charles Louis Salomon Duvergé[107] le 2 août 1854[108].

Le vendredi 30 juin 1854, Jules Seveste meurt d'une apoplexie foudroyante[109]. Son successeur, Émile Perrin[110], tente de retenir Jules Verne, mais ce dernier tient à garder sa liberté. Perrin va jusqu'à lui proposer la direction du Théâtre-Lyrique[111]. « J'ai refusé. Il m'a même offert de diriger le théâtre, moi seul, tout en restant directeur en nom et ayant une part dans les bénéfices ; j'ai refusé encore ; je veux être libre et prouver ce que j'ai fait[112]. » Dans le Musée, en avril 1854, un nouveau texte de l'écrivain : Maître Zacharius ou l'Horloger qui avait perdu son âme, un conte fantastique profondément imprégné de l'influence d'Hoffmann. Zacharius, maître-horloger de Genève, a rendu ses horloges si régulières qu'elles sont devenues parfaites… Mais un jour, elles se dérèglent une à une[113].

Malgré son refus de devenir directeur du Théâtre-Lyrique, Verne y conserve son poste de secrétaire jusqu'à fin 1855[114], ce qui lui permet de représenter, le 6 juin de cette année, un second opéra-comique écrit sur une musique d'Hignard, Les Compagnons de la Marjolaine[115] qui connaîtra vingt-quatre représentations[116]. Jules Verne écrit à son père : « J'étudie encore plus que je ne travaille ; car j'aperçois des systèmes nouveaux, j'aspire avec ardeur au moment où j'aurai quitté ce Théâtre-Lyrique qui m'assomme. »[117].

C'est une période d'intense activité créatrice. Les pièces de théâtre s'accumulent[118]. Il peaufine notamment l'une d'entre elles, une comédie en cinq actes en vers, Les Heureux du jour, qui semble lui tenir particulièrement à cœur[119]. Il écrit plusieurs nouvelles, dont Le mariage de M. Anselme des Tilleuls[120] et Un hivernage dans les glaces. Cette dernière paraît en 1855 dans le Musée des familles[121] et sera repris mais modifié par Hetzel en 1874 pour paraître dans le volume de nouvelles Le Docteur Ox. De tous les manuscrits de Verne avant sa rencontre avec Hetzel, c'est celui qui se rapproche le plus des Voyages extraordinaires, véritable prélude aux Aventures du capitaine Hatteras[122]. À cette époque, il est atteint d'une deuxième crise de paralysie faciale[123]. Son ami et médecin Victor Marcé le soigne à l'aide de l'électricité[124]. Il déménage et s'installe au cinquième étage d'un immeuble au 18 boulevard Poissonnière[125].

Illustration de Lorenz Frølich pour Un hivernage dans les glaces, paru dans le Musée des familles en 1855.

Jules Verne parle alors de mariage dans presque toutes les lettres à sa mère ; il lui demande de lui trouver une épouse, parfois sur le ton de la plaisanterie : « J'épouse la femme que tu me trouveras ; j'épouse les yeux fermés et la bourse ouverte ; choisis, ma chère mère, c'est sérieux ! »[126] ou « Trouvez-moi une femme bossue et qui ait des rentes — et tu verras. »[127]. Mais on sent bien que l'angoisse de l'avenir le tiraille : « Toutes les jeunes filles que j'honore de mes bontés se marient toutes invariablement dans un temps rapproché ! Voire ! Mme Dezaunay, Mme Papin, Mme Terrien de la Haye, Mme Duverger et enfin Mlle Louise François. »[128]. Après le mariage de Laurence Janmar avec Duvergé, Verne, amoureux éconduit, s'interroge. Pour le consoler, sa mère l'envoie en avril 1854 à Mortagne pour y connaître un bon parti. Il lui répond dans une lettre où il invente une rencontre avec le père de sa future, d'un humour scatologique et agressif[129].

En mars 1856, Auguste Lelarge, ami de Jules Verne va se marier avec Aimée de Viane. Il demande à l'écrivain d'être son témoin. Celui-ci accepte. Le mariage doit se dérouler le 20 mai à Amiens, ville de la fiancée[130]. À l'occasion de son séjour, Verne y fait la connaissance de la sœur de la mariée, Honorine, veuve à 26 ans d'Auguste Morel[131] et mère de deux filles[132], Louise Valentine (1852-1916) et Suzanne Eugénie Aimée (1853- ?)[133].

Mariage et Bourse

Honorine du Fraysne de Viane (1830-1910) séduit assez vite Jules Verne. Dans une lettre enthousiaste à sa mère, il lui fait remarquer : « Je ne sais pas, ma chère mère, si tu ne trouveras pas quelque différence entre le style de cette page et celle qui la précède, tu n'es pas habituée à me voir faire ainsi un éloge général de toute une famille, et ta perspicacité naturelle va te faire croire qu'il y a quelque chose là-dessous ! Je crois bien que je suis amoureux de la jeune veuve de vingt-six ans ! Ah ! pourquoi a-t-elle deux enfants ! Je n'ai pas de chance ! »[134].

Jules Verne envisage rapidement de se marier mais il lui faut une situation stable, ses revenus littéraires étant alors insuffisants. Avec l'aide de son futur beau-frère, Ferdinand de Viane, il envisage des plans d'investissement en Bourse et de se lancer dans une activité d'agent de change[135]. Or, s'il suffit d'obtenir une charge, il faut de l'argent pour l'acquérir. Il demande 50 000 francs à son père pour acheter 1/40e de cette charge[136]. Son père s'inquiète de cette nouvelle lubie. Jules Verne lui répond : « Je vois bien que tu me prends encore pour un garçon irréfléchi, se montant la tête pour une idée nouvelle, tournant à tous les vents de la fantaisie et ne voulant m'occuper de change que par amour du changement. […] Il est moins question que jamais d'abandonner la littérature ; c'est un art avec lequel je me suis identifié et que je n'abandonnerai jamais ; […] mais tout en m'occupant de mon art, je me sens parfaitement la force, le temps et l'activité de mener une autre affaire. […] Il me faut une position, et une position offrable, même aux gens qui n'admettent pas les gens de lettres ; la première occasion de me marier, je la saisis d'ailleurs ; j'ai par-dessus la tête de la vie de garçon, qui m'est à charge […] cela peut paraître drôle, mais j'ai besoin d'être heureux, ni plus ni moins. »[137]. Et quelques semaines plus tard : « […] Je n'accepterais d'avoir atteint l'âge de plusieurs de mes amis et d'être à courir comme eux après une pièce de cent sols. Non, certes, cela peut être drôle et faisable à vingt ans, mais pas au-dessus de trente ans. »[138].

Pierre Verne finit par céder. Jules se retrouve remisier en Bourse à l'enseigne de l'agent suisse Fernand Eggly, originaire de Genève, au 72 rue de Provence, à Paris[139].

Auguste Morel n'est décédé que depuis dix mois. À l'époque, le deuil se portait longtemps[N 15]. Pourtant, les événements se précipitent. Aimée De Viane, par son mariage avec Auguste Lelarge, est devenue la belle-sœur d'Henri Garcet, cousin de Jules Verne. C'est sans doute son ami Charles Maisonneuve[N 16] qui lui permet d'entrer chez Eggly, étant lui-même remisier chez un confrère. D'ailleurs, il n'est pas certain que Jules Verne ait acheté la part que l'on dit, le remisier étant appointé et non associé. Le futur marié est pris de frénésie, au point de s'occuper de tout durant le mois de décembre 1856. Il ne veut personne de la famille : « Je me charge, mon cher père, de voir ma tante Charuel[N 17] à cet égard et de la mettre au courant de nos affaires. Quant à l'inviter, je tiens essentiellement à n'en rien faire ! Je dirai que le mariage se célèbre à Amiens ; rien ne me serait plus désagréable que cette invitation. »[140].

Le 8 janvier, est signé à Essome, chez Auguste Lelarge[141], notaire, le contrat de mariage[142]. Le mariage a lieu le 10 janvier[143]. Le matin, ils se retrouvent à la mairie du 3e arrondissement (actuellement mairie du 2e[N 18]). Puis le groupe de treize personnes prend la direction de l'église Saint-Eugène qui venait d'être édifiée dans la nouvelle rue Sainte-Cécile, à l'emplacement de l'ancien conservatoire de musique[144]. Après la cérémonie religieuse, c'est le déjeuner, treize couverts « à tant par tête », comme l'avait voulu et annoncé Jules Verne lui-même : « J'étais le marié. J'avais un habit blanc, des gants noirs. Je n'y comprenais rien ; je payais tout le monde : employés de la mairie, bedeaux, sacristain, marmiton. On appelait : Monsieur le marié ! C'était moi ! Dieu merci, il n'y avait que douze spectateurs ! »[145].

Le couple et les deux enfants demeurent jusqu'à la mi-avril dans l'appartement du boulevard Poissonnière[146] puis s'installe rue Saint-Martin, dans le quartier du Temple[147].

Comme coulissier, d'après le journaliste Félix Duquesnel, il « réussissait plus de bons mots que d'affaires »[148]. A la même époque, Jules Verne semble avoir eu des maîtresses[149] mais si des noms circulent (telles Estelle Henin (morte en 1865) ou une comédienne roumaine), les faits n'ont jamais formellement été établis[150]. Jules Verne fait la connaissance d'Estelle Hénin en août 1859[151]. Marguerite Allotte de la Fuÿe évoque cette femme dans sa biographie de 1928 : « [...] une mortelle, une seule, captiva durant quelques saisons ce cœur extrêmement secret. La sirène, l'unique sirène, est ensevelie dans le cimetière de corail. »[152]. D'après elle, Estelle serait morte en 1885, date reprise par Jean-Jules Verne, qui note qu'elle habitait Asnières[153]. Dans sa thèse sur Jules Verne (1980), Charles-Noël Martin confirme l'existence d'Estelle Duchesne, mais pense qu'elle est morte le 13 décembre 1865[154]. Estelle Hénin épouse Charles Duchesne, clerc de notaire à Cœuvres, le 30 août 1859. En 1863, Estelle s'installe à Asnières, cependant que son mari continue de travailler à Cœuvres. Les visites de Jules Verne à la maison des Duchesne à Asnières se situent de 1863 à février 1865. Estelle meurt après la naissance de sa fille Marie[155]. Pour certains verniens, Marie Duchesne pourrait être la fille de l'écrivain[156], mais d'autres contestent la méthode de recherche et les conclusions jugées hâtives de Percereau[157].

Dans cette période, il écrit une nouvelle, San Carlos, qui conte comment des contrebandiers espagnols se jouent des douaniers français[158]. En 1857, paraît le premier recueil de chansons Rimes et mélodies, sur une musique d'Hignard, chez l'éditeur Heu qui comprend sept chansons :Tout simplement, Les Bras d'une mère, Les Deux troupeaux, La Douce attente, Notre étoile, Chanson Scandinave et Chanson turque[159]. L'année suivante, il connaît sa troisième crise de paralysie faciale[160]. Le 17 février, aux Bouffes-Parisiens, se joue la première de Monsieur de Chimpanzé, opérette en un acte, toujours avec Hignard. Le sujet est curieux, lorsqu'on sait que l'auteur est tout nouveau marié : Isidore, le héros, est obligé de faire le singe pour pouvoir épouser sa belle[161].

Le 15 juillet 1859, Jules Verne écrit à son père : « Alfred Hignard m'offre, ainsi qu'à son frère, un passage gratuit d'aller et retour en Écosse. Je me hâte de saisir aux cheveux ce charmant voyage… »[162].

Voyages et paternité

En 1859, il entreprend ainsi un voyage en Angleterre et en Écosse en compagnie d'Aristide Hignard[163]. Il prend des notes et, dès son retour, couche ses impressions sur le papier[164]. Ce récit est le premier travail de Jules Verne proposé à son futur éditeur Hetzel, qui le refuse[165]. Verne s'en inspirera alors pour la rédaction de ses romans écossais[166].

Entre 1860 et 1861, le couple déménage trois fois : de la rue Saint-Martin au 54 boulevard Montmartre, puis au 45 boulevard Magenta, enfin au 18 passage Saulnier[167].

Le 2 juillet 1861, de nouveau grâce à Alfred Hignard, les deux amis, ainsi qu'Émile Lorois, s'embarquent pour la Norvège[168]. L'écrivain ne rentrera que cinq jours après qu'Honorine a accouché d'un garçon, Michel, le 4 août[169],[170]. Il continue son métier à la Bourse.

Rencontre avec Pierre-Jules Hetzel

Marguerite Allotte de La Fuÿe invente de toutes pièces l'introduction de Verne chez l'éditeur. L'écrivain, découragé, aurait jeté au feu le manuscrit de Cinq semaines en ballon, que sa femme aurait retiré des flammes[171]. Vingt-cinq ans plus tard, elle se contredit lors d'une émission radiophonique en créant la légende de l'introduction de Verne chez Hetzel grâce à Nadar[172]. Bernard Frank, dans sa biographie copiée d'Allotte, nous gratifie, lui, d'un dialogue dramatique dans la chambre de l'éditeur[173].

Parménie et Bonnier de la Chapelle pensent, quant à eux, que l’écriture de Cinq semaines en ballon, est due aux expériences du Géant de Nadar[174], ce qui s'avère un anachronisme, l'expérience ayant eu lieu six mois après l'écriture du roman (janvier 1863) et Verne n'assistant à un vol du Géant que le 4 octobre 1863[175],[176]. S'il ne prend pas part au vol, il laisse un article sur l'expérience qu'il publie dans le Musée des familles sous le titre À propos du Géant[177].

Comme l'écrit Volker Dehs[178], il est possible qu'Hetzel ait rencontré Verne dès 1852 ou 1858[179], comme en témoignent deux invitations écrites par Philippe Gille, datées des mardi 4 mai et mardi 6 juillet, à un dîner, retrouvées dans les archives Hetzel à la Bibliothèque nationale de France[180].

D'une manière certaine, c'est par une lettre de Verne à Henri d'Alméras qui préparait un article sur l'écrivain pour son Avant la gloire, leurs débuts, que l'on apprend que la rencontre eut lieu en 1861 : « C'est Bréhat qui pour la première fois m'a présenté chez Hetzel en 1861. »[181]. Il s'agit du romancier Alfred de Bréhat.

Les Voyages extraordinaires

En 1861, après avoir proposé le Voyage en Angleterre et en Écosse qui est refusé par Pierre-Jules Hetzel[182], Jules Verne lui soumet un manuscrit nommé Un voyage en l'air[183]. Hetzel lui demande de le retravailler de manière plus scientifique avec déjà l'idée d'inventer une littérature vulgarisant la science[184]. Jules Verne revient quelques semaines plus tard avec ce qui deviendra son roman Cinq semaines en ballon[185]. Celui-ci paraît le 15 janvier 1863[186] et connaît un immense succès, même au-delà des frontières françaises. Le premier tirage est de 2 000 et du vivant de l'auteur, il s'en vendra 76 000[187]. Il signe l'année suivante avec Pierre-Jules Hetzel un contrat aux termes duquel il s'engage à fournir deux volumes par an. En 1865, un nouveau contrat l'engage à trois volumes à l'année. Jules Verne s'engage à fournir des romans notamment pour le Magasin d'éducation et de récréation, revue destinée à la jeunesse[188]. En fait, il va travailler pendant quarante ans à ses Voyages extraordinaires qui compteront 62 romans et 18 nouvelles et signera avec son éditeur six contrats consécutifs[189].

Dans la foulée de ce succès, Jules Verne propose à son éditeur un récit qu'il a écrit vers 1860, Paris au XXe siècle. L'éditeur, en terme violent refuse absolument ce travail qu'il juge nuisible à sa réputation et va à l'encontre de l'idée qu'il se fait de Verne[190]. Abandonné, le roman ne sera publié finalement qu'en 1994 par Hachette et Le Cherche midi associés[191].

Dès le 27 février 1863, Jules Verne est admis comme membre de la Société des auteurs et compositeurs dramatiques[192]. Le 4 octobre 1863, son ami Nadar l'invite au lancement du ballon Géant, lancé depuis le Champ-de-Mars à Paris[193]. Le 26 décembre 1863, il fait paraître dans le Musée des familles un article relatant l'expérience de Nadar (À propos du Géant). Le photographe crée alors avec Gabriel de La Landelle la Société d'encouragement de la locomotion aérienne au moyen du plus lourd que l'air, dont Jules Verne est le censeur[194].

Vers cette époque, il découvre l'univers d'Edgar Poe au travers des traductions de Charles Baudelaire[195]. L'écrivain américain le fascine[196], au point qu'il lui consacre la seule étude littéraire qu'il ait écrite, parue en avril 1864 dans le Musée des familles : Edgard Poe et ses œuvres[197].

C'est à cette date (1864) qu'il publie le roman Aventures du capitaine Hatteras, ouvrage qui paraît d'abord dans le Magasin d'éducation et de récréation en deux parties : Les Anglais au Pôle Nord (publié du 20 mars 1864 au 20 février 1865) et Le Désert de glace (5 mars au 5 décembre 1865) avant d'être édité en volume (26 novembre 1866) sous le titre Voyages et aventures du Capitaine Hatteras[198]. Il s'agit en réalité du premier titre à porter l'appellation « Voyages extraordinaires »[199], Cinq semaines en ballon, qui quant-à-lui entre dans la série « Voyages dans les mondes connus et inconnus »[200], ne le prenant que dans ses rééditions à partir de 1866[201].

Hatteras est suivi dès novembre 1864 par la publication de Voyage au centre de la Terre (édition originale in-18 le 25 novembre 1864, puis en grand in-octavo le 13 mai 1867)[202]. Ces trois premiers romans de Jules Verne sont d'immenses succès[203]. Il peut ainsi abandonner la bourse et déménage à Auteuil au 39, rue La Fontaine dans un logement beaucoup plus vaste où le couple peut recevoir[204].

En 1865, il devient membre de la Société de géographie[205]. Il publie dans le Bulletin de la Société divers textes dont Histoire de la guerre civile américaine (1861-1865) (1868), un rapport sur l'ouvrage de Louis Cortambert et F. de Tranaltos[206] ou Les Méridiens et le calendrier (janvier-juin 1873)[207].

Le Saint-Michel I, unique représentation connue du premier bateau de Jules Verne. Dessin par Jules Verne, vers 1873, qui y a noté Bourset Malais

Il décide de louer en août 1865 une maison au Crotoy. Il s'installe alors dans une dépendance de la propriété Millevoye[208]. Il est en pleine rédaction de sa Géographie illustrée de la France et de ses colonies ainsi que de Vingt mille lieues sous les mers[209]. Honorine, Suzanne, Valentine et Michel peuvent ainsi profiter des bains de mer. En mars 1866, il loue à la propriété même un appartement pour l'été puis, au printemps 1868, une petite villa de deux étages, La Solitude. Il se fait alors construire un bateau, le Saint-Michel, une chaloupe de pêche aménagée pour la plaisance[210]. Les plans du bateaux sont établis par le marin Paul Bos (1826-1886)[211].

En mars 1869, il s'installe à l'année dans La Solitude et y vit effectivement à partir d'avril 1869[212].

Le , en compagnie de son frère Paul, il embarque sur le Great Eastern à Liverpool pour les États-Unis[213]. Il tirera de sa traversée le roman Une ville flottante (1870)[214].

Le 8 mars 1868[215], il fonde avec Victor Massé, Léo Delibes, Auguste Lelarge, Fournier-Sarlovèze, Bazille, Bertall, Charles Béchenel et Aristide Hignard[216] le Club des « Onze-sans-femmes »[217], un dîner hebdomadaire d'autres célibataires sans métiers définis[218] qui peut aussi se comprendre par « Onze sans les femmes »[219] comme l'écrit William Butcher : « Il faudrait sans doute réinterpréter les mots « sans femmes », puisque nombre des invités, Verne compris, sont mariés à cette époque »[220].

En juillet 1871 il s'installe à Amiens[221]. Il écrit alors à son ami Charles Wallut : « Sur le désir de ma femme, je me fixe à Amiens, ville sage, policée, d’humeur égale, la société y est cordiale et lettrée. On est près de Paris, assez pour en avoir le reflet, sans le bruit insupportable et l’agitation stérile. Et pour tout dire, mon Saint-Michel reste amarré au Crotoy. »[222].

Son père, Pierre Verne, meurt d'une attaque le 3 novembre 1871, à Nantes[223]. Il se rend aux obsèques puis regagne Amiens et se plonge dans l'écriture du Tour du monde en 80 jours[224]. Il fréquente la bibliothèque de la Société industrielle où il peut se documenter grâce à son important fonds de revues scientifiques[225] et le 8 mars 1872, devient membre titulaire de l'Académie des sciences, des lettres et des arts d'Amiens, « à l'unanimité des suffrages ». Contrairement à l'usage, il ne fait alors pas un discours de réception mais lit un passage de son futur roman à paraître Le Tour du monde en 80 jours[226]. En 1875, il en est élu directeur ainsi qu'en 1881[227] et, à cette occasion, il prononce plusieurs discours de réception, notamment en 1875, pour un de ses amis, le caricaturiste Gédéon Baril[228], qui signera en 1881 les illustrations de Dix heures en chasse chez Hetzel, nouvelle que Jules Verne a auparavant lue le 18 décembre 1881, en séance publique à l'Académie d'Amiens[229] et qu'Hetzel reprend à la suite du Rayon vert, dans un texte remanié[230].

Dès juin 1867, l'Académie française couronne le Magasin d'Éducation et de Récréation (Jules Verne, P.-J. Stahl, Jean Macé) par le Prix Montyon[231]. Il recevra le même prix, à titre individuel, en 1872 pour l'ensemble Cinq semaines en ballon, Voyage au centre de la terre, Vingt-mille lieues sous les mers, De la terre à la lune et Autour de la lune[232] et lors de la séance de l'Académie française du 8 août 1872, ce sont tous les ouvrages de Jules Verne dans leur ensemble parus chez Hetzel en dehors du Magasin d’Éducation qui sont couronnés[233]. À cette occasion, M. Patin, secrétaire perpétuel de l'Académie, fait l'éloge de Jules Verne : « Les merveilles usées de la féerie y sont remplacées par un merveilleux nouveau, dont les notions récentes de la science font les frais »[234].

En 1869, Hetzel pousse Jules Verne a entrer à l'Académie française[235]. Celui-ci lui répond : « Qui n'a pas une grande fortune ou une grande situation politique n'a point de chance d'y arriver ! »[236]. Malgré tout, en mars 1876, Jules Verne fait une première démarche pour candidater. Il écrit à Hetzel : « Je vous rappelle, pour mémoire, que voilà deux places vacantes à l'Académie. Vous m'avez un peu mis l'eau à la bouche. Vous avez beaucoup d'amis dans l'illustre corps. Suis-je arrivé à la situation voulue pour resupporter… un échec honorable »[237]. En vain. En 1883, il tente de nouveau sa chance par l'intermédiaire d'Alexandre Dumas fils[238], en espérant ainsi les voix de Victorien Sardou, d'Eugène Labiche et de Maxime du Camp mais il sait qu'il a deux redoutables concurrents : Alphonse Daudet et Edmond About. C'est ce dernier qui sera élu[239]. Après un nouvel échec en 1884[240], en 1892, alors qu'une place est de nouveau libre, Jules Verne remarque que depuis sa première candidature, ce sont pas moins de trente-sept académiciens qui sont morts et qu'à aucun moment son nom n'a été sérieusement retenu. Il écrit : « Le grand regret de ma vie est que je n'ai jamais compté dans la littérature française »[241].

Du 6 novembre au 22 décembre 1872 parait dans Le Temps Le Tour du monde en quatre-vingts jours repris la même année en volume par Hetzel[242].

Jules Verne, membre du Yacht Club de France depuis le 4 février 1874[243], dont il est aussi membre honoraire[244], fait construire le Saint-Michel II par l'architecte Abel Le Marchand le 15 janvier 1876. Celui-ci est mis à l'eau trois mois plus tard, le 25 avril 1876. Il s'agit d'un cotre de plaisance sur les plans d'une « hirondelle de la Manche ». Jules Verne a sillonné la Manche et l'Atlantique pendant 18 mois, avant d'acquérir son successeur à l'été 1877[245].

La même année, il obtient de la justice que son fils mineur Michel, au comportement rebelle[246], soit placé pour six mois dans une maison de redressement, la colonie pénitentiaire de Mettray[247].

A la fin avril 1877, Honorine Verne, qui organisait tous les mercredis soir des réunions de jeux et de salon, est victime d'abondantes métrorragies qui manquent la faire mourir. Elle est sauvée par une transfusion de sang, cas rarissime à l'époque mais sera de nouveau reprise en décembre 1879[248]. Elle ne peut ainsi être présente au bal costumé que Jules Verne a organisé, sur le thème du Voyage à la Lune[249], pour introduire son fils et ses belles-filles dans la bonne société amiénoise[250]. Les invitations ont été lancées le lundi de Pâques 2 avril 1877[251]. Y est présent, entre autres personnalités, et parmi plus de sept cents invités, son ami Nadar, le modèle de Michel Ardan, héros de ses romans De la Terre à la Lune et Autour de la Lune, déguisé en son personnage[252], sortant d'un obus qu'on avait roulé au milieu des quadrilles[253].

De juin à août 1878, Jules Verne navigue de Lisbonne à Alger sur le Saint-Michel III[254], puis, en juillet 1879, en Écosse et en Irlande[255]. Troisième croisière en juin 1881, avec son frère, son neveu Gaston et Robert Godefroy : il visite la mer du Nord, la Hollande, l'Allemagne, puis, par le canal de l'Eider, Kiel et la Baltique jusqu'à Copenhague[256]. Paul Verne écrit le récit de ce dernier voyage qui est publié en 1881 chez Hetzel sous le titre De Rotterdam à Copenhague, à la suite de La Jangada, dans une version revue, à la demande de l'éditeur, par Jules Verne[257].

Embarqué de force pour un voyage aux Indes pendant l'été 1879, Michel Verne est mis à la porte par son père en décembre 1879[258] mais continue de vivre à Amiens où son père lui verse une pension[259].

En 1882, Jules Verne déménage du 44 boulevard Longueville, où il réside depuis 1873, pour emménager au 2 rue Charles Dubois, la fameuse maison à la tour surmontée d'un belvédère, qui présente des similitudes frappantes avec les maisons à tour dans deux de ses romans posthumes, Le Secret de Wilhelm Storitz et La Chasse au météore[260]. Le 8 mars 1885, il donnera un second bal dans sa nouvelle demeure, bal auquel sa femme peut, cette fois, assister[261].

Il décide en 1884 de faire une grande croisière autour de la Méditerranée[262]. Le Saint-Michel III dont le port d'attache était Le Tréport, quitte Nantes le 13 mai. À son bord, se trouvent Paul Verne, Robert Godefroy, Edgar Raoul-Duval, Michel Verne, Louis-Jules Hetzel et son neveu Maurice (1862-1947), fils de Paul, qui prend des notes[263]. Il compte retrouver sa femme, en visite chez sa fille Valentine et son gendre, en Algérie. Le navire arrive à Vigo le 18, à Lisbonne le 23. Verne passe à Gibraltar le 25 mai. À son arrivée à Oran, il retrouve Honorine et est reçu par la Société de géographie de la ville. Les journaux lui consacrent de nombreux articles. Le 10 juin, il est à Bône où le bey de Tunis met à sa disposition un wagon spécial. Retrouvant son navire, il essuie une tempête près de Malte, visite la Sicile, Syracuse, puis Naples et Pompéi[264]. À Anzio, le groupe prend le train pour Rome. Le 7 juillet, Verne est reçu en audience privée par Léon XIII[265]. Curieusement, le lendemain, il rend visite à la loge maçonnique de la ville[266]. Puis il rencontre Louis-Salvador de Habsbourg-Lorraine[267], avec lequel il établit une relation épistolaire qui durera jusqu'à la mort de l'écrivain[268]. Deux mois après le départ du navire, Verne est de retour à Amiens[269]. Il s'inspire de ce voyage dans la rédaction de Mathias Sandorf qui sera publié dans Le Temps du 16 juin au 20 septembre 1885[270].

Dernières années

Jules Verne en 1892, avec la revue du groupe espérantophone d’Amiens

Le 15 février 1885, il se décide à vendre le Saint-Michel III[271]. L'entretien du yacht devient dispendieux, son fils s'endette et lui coûte cher[272]. Il le cède, à moitié prix, au courtier maritime Martial Noë en juillet 1885[273]. Contrairement à ce que de nombreux biographes ont écrit, il ne vend dont évidemment pas le Saint-Michel à cause de l'attentat donc il est victime le 9 mars 1886[274].

En effet, à cette date, alors qu'il rentre du Cercle de l'Union vers cinq heures[275], il trouve, après avoir ouvert sa porte de fer, son neveu Gaston armé d'un revolver. Celui-ci tire sur l'écrivain qu'il atteint à la jambe. Gaston, arrêté, est suspecté de folie. Son père, Paul Verne, déclarera que son fils a tiré sur Jules Verne pour attirer l'attention sur celui-ci afin de le faire entrer à l'Académie française. Gaston Verne restera interné jusqu'à sa mort, le 13 février 1938[276]. Robert Godefroy envoie un télégramme à la maison Hetzel[277]. Mais Louis-Jules Hetzel est à Monte-Carlo, au chevet de son père qui s'éteint le 17 mars[278]. La blessure de Jules Verne dont la balle ne pourra jamais être extraite, lui laissera une légère claudication jusqu'à la fin de sa vie[279].

Le 15 février 1887, sa mère, Sophie Verne, meurt, il ne peut se rendre aux obsèques, car il marche difficilement et sa guérison n'avance pas[280]. Il revient cependant une dernière fois à Nantes dans le courant de cette même année, afin de régler les problèmes de succession et vendre la maison de campagne de ses parents sise rue des Réformes à Chantenay[281].

Le cirque municipal d'Amiens au début du siècle, que Jules Verne inaugura par un discours en 1889.

Contraint à se sédentariser, il reporte son intérêt vers la vie de la cité[282]. Le 6 mai 1888, Jules Verne est élu au conseil municipal d'Amiens sur la liste républicaine (gauche modérée) conduite par Frédéric Petit[283]. Il écrit à son ami Charles Wallut : « Mon unique intention est de me rendre utile et de faire aboutir certaines réformes urbaines. »[284]. Il y siégera jusqu'en 1904 et s'y occupera essentiellement des commissions concernant l'instruction, le musée, le théâtre, la culture en générale et l'urbanisme[285]. Jules Verne n'était en aucun cas un républicain de grande conviction ; il est toute sa vie resté monarchiste, mais de tendance orléaniste[286]. Le dossier sur le projet de cirque municipal[287], déjà proposé durant le précédent mandat du maire, lui prend beaucoup de temps. Il s'y investit fortement, malgré les critiques sur la construction en dur d'un tel édifice. Il fait aboutir son projet et, le 23 juin 1889, prononce le discours d'inauguration[288].

Chevalier de la Légion d'honneur depuis le 9 août 1870[289], Jules Verne est promu au grade d'officier le 19 juillet 1892, non pas pour ses qualités d'écrivain, mais pour son dévouement de conseiller municipal[290]. Il est décoré le 11 octobre suivant par le préfet de la Somme[291].

Le 27 août 1897, son frère Paul meurt des suites de troubles cardiaques dont il souffrait depuis longtemps[292]. Verne reste prostré et refuse tout déplacement. Il écrit à son neveu Maurice :

« Mon cher Maurice,

Je reçois à l'instant la dépêche m'annonçant la mort de mon pauvre frère, mort prévue, mais bien affreuse. Jamais je n'aurais pensé lui survivre. Je ne vais pas bien du tout. Depuis le jour du mariage de ta sœur, j'ai eu indigestion sur indigestion, et je ne tiens pas debout.
Je t'écris à la hâte, et t'envoie toues nos condoléances pour ta mère et toute ta famille.
Ton oncle affectionné
Jules Verne
8 h du soir
Je crains bien qu'il me soit impossible d'aller à Paris ! »[293].

Le 24 novembre 1898, il démissionne de la Société de géographie[294].

Maison de Jules Verne, boulevard Longueville à Amiens, avec la tour en brique surmontée d'une sphère armillaire, sculpture métallique de François Schuiten réalisée en 2005[295].

En 1900, Verne quitte l'hôtel particulier qu'il loue rue Charles Dubois et réintègre la maison dont il est propriétaire depuis septembre 1873 du 44 boulevard de Longueville[296]. L'appartement, moins spacieux, lui permet d'y vivre plus facilement. Il y garde ses habitudes : un cabinet de travail et sa bibliothèque attenante. Toujours la même table sur laquelle il écrit depuis trente ans[297]. L'écrivain avoue à un visiteur, Robert Sherard : « La cataracte a eu mon œil droit, mais l'autre est encore assez bon. »[298].

En 1902, il sent ses forces intellectuelles diminuer. À une demande du directeur de l'Académie d'Amiens, il répond : « Vous me demandez d'écrire quelque chose pour l'Académie. Oubliez-vous donc qu'à mon âge les mots s'en vont et les idées ne viennent plus. »[299].

Il n'écrit pratiquement plus mais confie à Robert H. Sherard qu'il a beaucoup d'avance et que ce n'est pas si grave qu'il doive travailler lentement[300]. En effet, dès 1892, Verne tient une liste des romans écrits et les corrige au fur et à mesure de leur parution[301]. Malgré tout, il accepte la présidence du Groupe espérantophone d'Amiens. Ardent défenseur de cette toute jeune langue internationale, il promet à ses amis d'écrire un roman où il décrira les mérites de l'espéranto. Il commence la rédaction de Voyage d'études vers la fin de l'année. Mais, épuisé, il pose sa plume au bout de six chapitres : lorsqu'il entama la rédaction de ce roman en juillet 1903 sur la base d'une trame détaillée, Jules Verne avait en effet situé l'action au Congo. La presse, à la suite d'Edmund Dene Morel, se faisant l'écho en juillet et août 1903 de graves exactions contre les populations indigènes, Jules Verne suspend sa rédaction[302]. Le brouillon sera repris par son fils Michel, mais l'œuvre finale (L'Étonnante Aventure de la mission Barsac) ne fera pas allusion à l'espéranto[303].

Jules Verne sur son lit de mort (1905).

Le diabète, qui attaque son acuité visuelle, l'anéantit petit à petit[304]. Après une sévère atteinte vers la fin de 1904, une nouvelle crise le terrasse, le 17 mars de l'année suivante[305].

Jules Verne s'éteint le à Amiens, dans sa maison du 44 boulevard Longueville (aujourd'hui boulevard Jules Verne). Ses obsèques, célébrées à l'église Saint-Martin d'Amiens, attirent une foule de plus de cinq mille personnes. Plusieurs discours sont prononcés, notamment celui de Charles Lemire pour la Société de géographie[306]. L'empereur Guillaume II envoie le chargé d'affaires de l'ambassade d'Allemagne présenter ses condoléances à la famille et suivre le cortège. Ce jour-là, aucun délégué du gouvernement français n'était présent aux funérailles[307]. L'écrivain est inhumé au cimetière de la Madeleine à Amiens[308]. Sa tombe en marbre est réalisée en 1907 par le sculpteur Albert Roze. Intitulée « Vers l'Immortalité et l'Éternelle Jeunesse », elle représente l'écrivain (ou l'allégorie de son œuvre) soulevant la pierre brisée de sa sépulture en écartant le linceul qui le drape, le bras tendu vers le ciel. La tombe est vraisemblablement inspirée par la lettre d'Achille Moullart (1830-1899), directeur de l'Académie d'Amiens, qui lors de la réception de Jules Verne à l' Académie avait écrit : « Un grand peuple est tombé au dernier degré de l'abaissement, et à quelque temps de là, quand ses ennemis et ses envieux chantaient un de profundis ironique sur la tombe où ils le croyaient enseveli, on l'a vu soulever peu à peu la pierre, sortir de son linceul et apparaître plus vivant et plus fort »[309].

Honorine Verne rejoint son mari, cinq ans après, le 29 janvier 1910[310].

Sept romans de Jules Verne et un recueil de nouvelles paraîtront après sa mort, publiés par son fils Michel Verne, qui prendra la responsabilité de remanier les manuscrits[311]. En 1907, un huitième roman, L'Agence Thompson and Co., sera entièrement écrit par Michel, mais paraîtra sous le nom de Jules Verne[312].











Œuvres

Romans publiés du vivant de l'auteur

Couverture du Tour du monde en quatre-vingts jours des éditions Hetzel, en reliure de percale rouge, avec décor polychrome et gravures d'époque.

Ces romans constituent le cœur des Voyages extraordinaires qui ont fait la renommée de l'auteur.

  1. Cinq semaines en ballon (1863) Texte en ligne
  2. Voyage au centre de la Terre (1864)
  3. Le Comte de Chanteleine (1864), publié en revue seulement ; première publication en volume en 1971
  4. De la Terre à la Lune (1865) Texte en ligne
  5. Les Aventures du capitaine Hatteras (1866), publié en deux parties : Les Anglais au Pôle Nord (1866) et Le désert de glace (1866)
  6. Les Enfants du capitaine Grant (1868), publié en trois parties : L’Amérique du Sud (1866), L’Australie (1866) et L’Océan Pacifique (1867)
  7. Vingt mille lieues sous les mers (1870), publié en deux parties (1869 et 1870) Texte en ligne
  8. Autour de la Lune (1870), suite de De la Terre à la Lune Texte en ligne
  9. Une ville flottante (1871)
  10. Les Forceurs de blocus (1871), publié à la suite d’Une ville flottante
  11. Une fantaisie du docteur Ox (1872), repris dans Le Docteur Ox en 1874
  12. Aventures de trois Russes et de trois Anglais dans l'Afrique australe (1872)
  13. Le Tour du monde en quatre-vingts jours (1873)
  14. Le Pays des fourrures (1873)
  15. L'Île mystérieuse (1874-1875), publié en trois parties : Les naufragés de l’air (1874), L’Abandonné (1875) et Le secret de l’île (1875)
  16. Le Chancellor (1875)
  17. Michel Strogoff (1876)
  18. Hector Servadac (1877)
  19. Les Indes noires (1877)
  20. Un capitaine de quinze ans (1878)
  21. Les Cinq Cents Millions de la Bégum (1879)
  22. Les Tribulations d'un Chinois en Chine (1879)
  23. La Maison à vapeur (1880)
  24. Dix heures en chasse (1881), publié à la suite du Rayon vert
  25. La Jangada (1881)
  26. L'École des Robinsons (1882)
  27. Le Rayon vert (1882)
  28. Kéraban-le-Têtu (1883)
  29. L'Étoile du sud (1884)
  30. L'Archipel en feu (1884)
  31. Frritt-Flacc (1884), publié à la suite d’Un billet de loterie
  32. Mathias Sandorf (1885)
  33. L'Épave du Cynthia (1885), en collaboration avec André Laurie
  34. Robur le Conquérant (1886)
  35. Un billet de loterie (1886)
  36. Nord contre Sud (1887)
  37. Le Chemin de France (1887)
  38. Gil Braltar (1887), publié à la suite du Chemin de France
  39. Deux ans de vacances (1888)
  40. Famille-Sans-Nom (1889)
  41. Sans dessus dessous (1889)
  42. César Cascabel (1890)
  43. Mistress Branican (1891)
  44. Le Château des Carpathes (1892)
  45. Claudius Bombarnac (1892)
  46. P'tit-Bonhomme (1893), a aussi été republié sous le titre Fils d’Irlande
  47. Mirifiques Aventures de maître Antifer (1894)
  48. L'Île à hélice (1895)
  49. Face au drapeau (1896)
  50. Clovis Dardentor (1896)
  51. Le Sphinx des glaces (1897)
  52. Le Superbe Orénoque (1898)
  53. Le Volcan d'or (1899)
  54. Le Testament d'un excentrique (1899)
  55. Seconde patrie (1900)
  56. Le Village aérien (1901), d’abord publié sous le titre La Grande Forêt
  57. Les Histoires de Jean-Marie Cabidoulin (1901), a aussi été republié sous le titre Le Serpent de mer
  58. Les Frères Kip (1902)
  59. Bourses de voyage (1903)
  60. Un drame en Livonie (1904)
  61. Maître du monde (1904)
  62. L'Invasion de la mer (1905)

Romans posthumes

À la mort de Jules Verne en 1905, plusieurs de ses manuscrits sont en attente de publication, afin de respecter le rythme d’un ou deux volumes par an préféré par son éditeur. Ces romans et nouvelles ont pour la plupart été remaniés par Michel Verne, fils de l'auteur, avant leur publication. Les versions originales n'ont été publiées que plusieurs décennies plus tard. La date indiquée entre parenthèses est celle de la rédaction.

Recueils de nouvelles

Œuvres de jeunesse

Les romans et nouvelles qui anticipent les Voyages extraordinaires

Œuvres théâtrales

Article détaillé : Théâtre de Jules Verne.

Jules Verne est d'abord attiré par le théâtre, mais n'y connaîtra qu’un succès médiocre jusqu'à ce que certains des Voyages extraordinaires soient portés à la scène. Plusieurs de ses pièces ont été écrites en collaboration. La date est celle de la première production, à moins d’indication contraire.

Essais et ouvrages historiques

  • Salon de 1857 (1857)
  • Edgard Poe et ses œuvres (1864)
  • Géographie illustrée de la France et de ses colonies (1866), en collaboration avec Théophile-Sébastien Lavallée
  • Découverte de la terre : Histoire générale des grands voyages et des grands voyageurs, publié en quatre volumes, les trois derniers en collaboration avec Gabriel Marcel : volume 1 en 1870 ; volume 2 Les Premiers explorateurs en 1878 ; volume 3 Les grands navigateurs du XVIIIe siècle en 1879 et volume 4 Les voyageurs du XIXe siècle en 1880 (ces trois derniers ouvrages ont été réédités en novembre 2011 chez GEO (magazine))
  • La conquête économique et scientifique du globe (1888), en collaboration avec Gabriel Marcel, inachevé et toujours inédit
  • Souvenirs d’enfance et de jeunesse (1890)

Poèmes et chansons

184 poésies et chansons de Jules Verne ont été répertoriées jusqu'à présent. La plupart des chansons sont parues dans deux recueils de musique d'Aristide Hignard : Rimes et Mélodies. Un grand nombre de poésies proviennent de deux cahiers de poésies manuscrites. Ces cahiers ont été édités[314].

Autres

Héritage

Monument Jules Verne à Redondela, en Espagne.

Jules Verne laisse derrière lui une œuvre riche d'une extraordinaire créativité. C'est l'un des premiers auteurs à mêler avec autant de succès science-fiction, aventure et fantastique. Son intérêt pour la science et le fait qu'il aborde dans ses romans des thèmes qui se concrétiseront dans le courant du XXe siècle (voyage sur la lune, sous-marin, etc.) lui confèrent le statut plus de prospectiviste que de visionnaire : au fait des découvertes scientifiques et techniques, il pousse jusqu'au bout les conséquences du progrès technique dans ses œuvres où il faut voir plutôt, selon son biographe François Raymond, de « pures fictions chargées d'imaginaire jusqu'à la gueule »[315]. Ses romans seront fréquemment adaptés au cinéma, leur récit à grand spectacle se prêtant parfaitement aux productions hollywoodiennes. Ses personnages sont des icônes de l'imaginaire populaire (tels Phileas Fogg, le capitaine Nemo ou Michel Strogoff). On trouve dans son œuvre des choses qui n’existaient pas à son époque et qui ont été créées 50 ou 100 ans après son écriture (l'hélicoptère, le sous-marin moderne, le scaphandre autonome, l’homme dans l’espace, etc.)[316].

À retenir aussi en particulier :

  • Le premier exemplaire de l'ATV, un vaisseau inhabité développé par l'Europe pour ravitailler la Station spatiale internationale, a été baptisé Jules Verne[317].
  • L'association française Jules Verne Aventures est dédiée à la redécouverte de la planète et la sensibilisation du public à la préservation des espèces menacées.
  • Le Trophée Jules Verne est une compétition dans laquelle un équipage doit réaliser à la voile, sans escale et sans assistance, le tour du monde en moins de 80 jours.
  • Vladimir Poutine affirme en 2005 qu'« il est rare de trouver aujourd'hui en Russie quelqu'un qui, enfant, ne se soit pas passionné pour Jules Verne ou Dumas. »[N 21]
  • En 2012, la Monnaie de Paris édite une pièce de 10  en argent à son effigie pour la collection « Euros des régions ». Il représente la Picardie, la région où il a vécu la fin de ses jours.

En 2005, une exposition intitulée Jules Verne, le roman de la mer lui est consacrée au Musée national de la Marine à Paris.

En 2015, Jules Verne est le vingt-troisième personnage le plus célébré au fronton des 67 000 établissements publics et établissements privés conventionnés français : pas moins de 230 écoles, collèges et lycées lui ont donné son nom, derrière Joseph (880), Jules Ferry (642), Notre-Dame (546), Jacques Prévert (472), Jean Moulin (434)[318].

Adaptations au cinéma

Dès le début du XXe siècle, l'œuvre de Jules Verne a fortement inspiré le cinéma. Avec plus de 300 adaptations au cinéma et à la télévision réalisées dans le monde, dont une centaine à Hollywood, Jules Verne est le quatrième auteur le plus porté à l'écran, après Shakespeare, Dickens et Conan Doyle[319]

Du vivant même de l'auteur, Georges Méliès tourne plusieurs films d'inspiration vernienne dont le plus célèbre est Le Voyage dans la Lune (1902). Avec plus ou moins de fidélité aux romans d'origine et plus ou moins de réussite, les projets d'adaptation se multiplient dès la période du cinéma muet, parmi lesquels certains feront date comme Vingt mille lieues sous les mers de Stuart Paton (1916) et Michel Strogoff de Victor Tourjanski (1926).

Parmi tous les réalisateurs qui se sont attachés à transposer l'œuvre du romancier français à l'écran, Karel Zeman occupe une place à part. Pionnier du cinéma d'animation tchèque, Zeman réalise, entre 1955 et 1970, quatre longs métrages inspirés par la lecture des Voyages extraordinaires et les illustrations originales des éditions Hetzel : Voyage dans la Préhistoire (1955), L'Invention diabolique ou Les Aventures fantastiques (1958), Le Dirigeable volé (1968) et L'Arche de monsieur Servadac (1970). Dans une filiation revendiquée à Georges Méliès et au cinéma muet, Karel Zeman y mêle image réelle, animation et trucage[320].

L'œuvre de Jules Verne sera une source d'inspiration durable pour le cinéma hollywoodien qui en produira régulièrement des adaptations[321] : Voyage au centre de la Terre d'Henry Levin (1959), L'Ile mystérieuse de Cy Endfield (1961). L'adaptation très fidèle du Tour du monde en quatre-vingts jours par Michael Todd (1956) et le succès de Vingt mille lieues sous les mers de Richard Fleischer (1954), film qui connaîtra une redistribution en 1963 et une autre en 1971, inspireront un cycle d'adaptations verniennes qui durera 17 ans[319].

En 2015, l'influence de Jules Verne se ferait encore sentir, selon Brian Taves[322] dans des productions du genre Ex Machina, Avengers : L'Ère d'Ultron et surtout Tomorrowland, qui témoigne de l'esprit d'exploration et de l'idéalisme qui imprègnent l'univers de l'auteur[319].

Dans les œuvres musicales

En 1978, le compositeur Paul-Baudouin Michel composa son œuvre pour orgue « le tombeau de Jules Verne » (op. 94)[323].

Analyse de l'œuvre

Influences reçues

Compte tenu de sa solide formation humaniste, Jules Verne s'est très probablement souvenu de l'œuvre de Lucien de Samosate, un auteur grec du IIe siècle de notre ère qui déjà (mais dans un esprit satirique étranger au romancier français) relata des voyages extraordinaires. Le thème vernien du voyage dans la Lune (De la Terre à la Lune, dont le titre est équivoque) rappelle les Histoires vraies de Lucien, où le héros rencontre les sélénites au cours d'une guerre spatiale. Jules Verne fut aussi fortement influencé par Edgar Allan Poe, qu'il découvrit grâce aux traductions de Charles Baudelaire.

Il ne faut toutefois pas oublier que l'essentiel des sources de l'écrivain consiste soit en ouvrages savants et récents relevant de la géographie, de l'ethnographie ou des sciences appliquées, soit en relations de voyages ou en documents d'actualité. Ne citons comme exemple qu'une œuvre de Verne dont les sources ont fait l'objet d'un examen scientifique : le roman intitulé Le Superbe Orénoque (1898) puise à pleines mains dans le tome XVIII (Amérique du Sud, publié en 1893) de la Nouvelle géographie universelle d'Élisée Reclus et dans les récits de voyages de Jean Chaffanjon publiés sous le titre L'Orénoque et le Caura (1889)[324].

Style et structure narrative

Thèmes

Caricature de Jules Verne « allant recueillir aux bonnes sources des renseignements authentiques sur le monde sous-marin ». Paru dans le Journal d'Oran, 1884.

Derrière une apparente diversité, ce sont les thèmes qui donnent à l'œuvre de Jules Verne une unité profonde. À peine indiqués dans certains ouvrages, dans d'autres, ils deviennent le noyau de l'histoire. Un simple exemple, ce fameux rayon vert, qui donne son titre au roman de 1882, est déjà évoqué dans des œuvres antérieures et le sera également dans des romans postérieurs. Ces fils d'Ariane assurent la cohésion à l'ensemble des écrits de Verne, toutes formes confondues (nouvelles, théâtre, Voyages extraordinaires, ébauches, poèmes).

Personnages

Critique diachronique des idées ou stéréotypes de l'œuvre vernienne

Si Jules Verne a influencé des générations de lecteurs et d'écrivains de science-fiction, son œuvre est très marquée par l'époque. Par exemple, les stéréotypes antisémites de son œuvre[325] ne seraient plus imaginables aujourd'hui. Des passages, notamment dans Hector Servadac[326], ne seraient même plus proposés à l'édition :

« Petit, malingre, les yeux vifs mais faux, le nez busqué, la barbiche jaunâtre, la chevelure inculte, les pieds grands, les mains longues et crochues, il offrait ce type si connu du juif allemand, reconnaissable entre tous. C’était l’usurier souple d’échine, plat de cœur, rogneur d’écus et tondeur d’œuf. L’argent devait attirer un pareil être comme l’aimant attire le fer, et, si ce Shylock fût parvenu à se faire payer de son débiteur, il en eût certainement revendu la chair au détail. D’ailleurs, quoiqu’il fût juif d’origine, il se faisait mahométan dans les provinces mahométanes, lorsque son profit l’exigeait, chrétien au besoin en face d’un catholique, et il se fût fait païen pour gagner davantage. Ce juif se nommait Isac Hakhabut. »

— Hector Servadac, Chapitre XVIII

« Beaucoup de Juifs, qui ferment leurs habits de droite à gauche, comme ils écrivent, – le contraire des races aryennes. »

— Claudius Bombarnac, I

Cependant, selon l'historien Jacques Sadoul[327] : « Certes, il y a du déchet dans son œuvre immense et on ne peut que déplorer son nationalisme et son mépris des juifs ». D'autres historiens de gauche expliquent ce nationalisme de Jules Verne comme le développement d'une idéologie commune à l'époque dans la bourgeoisie[328]. Sadoul confond nationalisme et patriotisme exacerbé par la guerre[réf. souhaitée] de 1870, vécue par Jules Verne comme par les élites de la Troisième République naissante.

Verne a également été anti-dreyfusard[329]. Mais, en 1899, il approuve malgré tout la révision du procès :

« Je connais les résultats de la séance d'hier à la Chambre. Moi, qui suis anti-dreyfusard dans l'âme, j'approuve, c'est ce qu'il y avait de mieux à faire sur la question de la révision. Mais je comprends de moins en moins l'attitude de notre Poincaré[330] ! »

Le personnage d'Isac Hakhabut dans Hector Servadac, principale émanation de l'antisémitisme de Verne, peut s'expliquer par quatre raisons. Tout d'abord, une très large partie de la gauche radicale était à l'époque viscéralement antisémite. Ensuite, l'auteur, admirateur de Shakespeare, a sans doute voulu introduire un Shylock dans ses Voyages extraordinaires. Les deux autres raisons sont d'ordre plus biographiques. En septembre 1875, Verne reçoit d'un certain Julius Olszewicz, employé au ministère de l'Intérieur, juif polonais naturalisé sous le nom de Julien de Verne, une lettre dans laquelle il l'appelle son frère[331]. Malgré les démentis de l'écrivain, cette histoire a longtemps occupé la presse de l'époque, ce qui agaçait Jules Verne au plus haut point. Mais c'est surtout sa collaboration avec Dennery qui a dû amener l'auteur à créer Hakhabut. En effet, l'homme de théâtre était d'origine juive[332]. Or, Verne détestait se rendre à Antibes dans la villa de son collaborateur, qui menait une vie assez dissolue aux yeux de l'écrivain. Le manuscrit d'Hector Servadac contient d'ailleurs des précisions qui ciblent sans ambiguïté Dennery, mais qui ont disparu de la version publiée[333]. À la suite de protestations, il mettra en scène sept ans plus tard (1884) un juif sympathique dans L'Étoile du Sud.

L'œuvre de Jules Verne, comme celle de la plupart des auteurs de l'époque, marque quelquefois une condescendance voire un parfait mépris envers les « sauvages » ou « naturels » :

« Quelques minutes après, le Victoria s’élevait dans l’air et se dirigeait vers l’est sous l’impulsion d’un vent modéré.
« En voilà un assaut ! dit Joe.
— Nous t’avions cru assiégé par des indigènes.
— Ce n’étaient que des singes, heureusement ! répondit le docteur.
— De loin, la différence n’est pas grande, mon cher Samuel.
— Ni même de près, répliqua Joe. »

— Cinq semaines en ballon, chapitre XIV

Cependant, Jean Chesneaux et Olivier Dumas, ont remarqué chacun de leur côté que : « Ce racisme de Jules Verne, son attitude méprisante, s'applique davantage aux couches dirigeantes et aux aristocraties tribales qu'aux peuples d'Afrique et d'Océanie dans leur ensemble. Ce qu'il dénonce le plus volontiers, comme typique de la « barbarie » africaine, ce sont les hécatombes rituelles à l'occasion des funérailles d'un souverain, tel le roitelet congolais dans Un capitaine de quinze ans (seconde partie, chapitre 12) ou les immolations massives de prisonniers en l'honneur de l'intronisation du nouveau roi du Dahomey auxquelles met fin Robur du haut de son aéronef (p. 142). »[334]

Et il est vrai que ce genre de remarque reste occasionnel ; on trouve davantage de personnages de couleur présentés sous un angle positif, à l'instar de Tom, Austin, Bat, Actéon et Hercule dans Un capitaine de quinze ans (« […] on pouvait aisément reconnaître en eux de magnifiques échantillons de cette forte race […] »). Il faut ajouter les sauvages de la Papouasie dans Vingt mille lieues sous les mers, à propos desquels le capitaine Nemo, retiré d'une « civilisation » composée de Blancs, s'exclame : « Et d'ailleurs sont-ils pires que les autres ceux que vous appelez les sauvages ? » Il repoussera par des charges électriques inoffensives la menace qu'ils font peser sur son équipage. Il se montrera en revanche sans pitié pour un navire européen (on saura dans L'ile mystérieuse qu'il était britannique) qui a fait périr toute sa famille. On y apprendra aussi que le capitaine Nemo était un Hindou — donc un Asiatique —, qui participa à la Révolte des Cipayes en 1857. Enfin, le colonialisme britannique en Océanie est plusieurs fois fustigé dans les Voyages extraordinaires : Les Enfants du capitaine Grant, La Jangada, Mistress Branican.

De plus, dans ces romans, Jules Verne prend nettement position contre l'esclavage, position qu'il a réaffirmée à plusieurs reprises, notamment à propos de la guerre de Sécession. C'est un militant de cette cause, ayant constamment applaudi à l'abolition de 1848. Dans ce domaine, il est de surcroît sans concession quant aux responsables et profiteurs de l'esclavage. Ainsi, notamment dans Un capitaine de quinze ans, il s'en prend aux roitelets africains qui s'adonnent à de ravageuses guerres et à de fructueuses captures suivies de mises en esclavage de leurs frères de race, tournant souvent au drame, mais aussi à l'esclavage pratiqué dans les pays musulmans en rappelant :

« L’Islam est favorable à la traite. Il a fallu que l’esclave noir vînt remplacer, dans les provinces musulmanes, l’esclave blanc d’autrefois. »

Pour autant, il n'accorde pas aux Noirs l'égalité avec les Blancs : lorsqu'ils ne sont pas des sauvages sans pitié, les Noirs sont des serviteurs, tout dévoués à leur maître, et ne prétendant pas à un autre statut. Ainsi, dans Deux ans de vacances, le mousse Moko, du même âge que les autres enfants, est à leur entier service, et ne prend pas part au vote qui désignera le chef de la petite colonie, ni à aucun débat :

« Moko, en sa qualité de noir, ne pouvant prétendre et ne prétendant point à exercer le mandat d'électeur […] »

— Deux ans de vacances, chapitre XVIII

. La femme occupe également chez Verne une position subalterne : toujours dans Deux ans de vacances, le rôle de Kate est exclusivement celui d'une maîtresse de maison et d'une mère de substitution. Ses attributions sont strictement domestiques :

« C'est dans ma nature que je tricote, tripote et fricote ! Et en vérité, est-ce que toute la femme n'est pas là ? »

— Deux ans de vacances, chapitre XXV

. Cependant, encore une fois, il faut situer cela dans le contexte de l'époque.

Correspondance

  • Correspondance de Jules Verne avec sa famille, Olivier Dumas, « La Manufacture », 1988.
  • Correspondance de Jules Verne et de Pierre-Jules Hetzel, Tome I, (1863-1874), éditions Slatkine, 1999.
  • Correspondance de Jules Verne et de Pierre-Jules Hetzel, Tome II, (1875-1878), éditions Slatkine, 2001.
  • Correspondance de Jules Verne et de Pierre-Jules Hetzel, Tome III, (1879-1886), éditions Slatkine, 2002.
  • Correspondance de Jules et Michel Verne et de Louis-Jules Hetzel, (1886-1896), éditions Slatkine, 2004.
  • Correspondance de Jules et Michel Verne et de Louis-Jules Hetzel, (1897-1914), éditions Slatkine, 2006.

Notes et références

Notes

  1. Une plaque commémorative a été apposée sur la façade de l'immeuble.
  2. Mme de Lassée, fille de Roger Allotte de la Fuÿe, a pu remonter jusqu'en 1462, année où « N. Allot, Écossais, venu en France avec la Garde écossaise de Louis XI, rendit service au roi, qui l'anoblit, et lui donna « le droit de Fuye », c'est-à-dire celui d'avoir un colombier, ce qui était un privilège royal. L'archer écossais se fixa près de Loudun, construisit un château et devint Allotte, seigneur de la Fuÿe ». Cf. Jean-Jules Verne, Jules Verne, Hachette, 1973, page 21.
  3. Marie Verne était surnommée « le chou » et avait pour parrain son frère aîné : Cécile Compère, dans Revue Jules Verne, 4 (1997), p. 13.
  4. Jules Verne jouait fort bien du piano. Voir Pierre Terrasse, « Les études de Jules Verne », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 37/38 (1976), p. 106-107.
  5. . Dans ce séminaire, on accepte deux catégories d'élèves : les ecclésiastiques et les laïcs. Ces derniers paient le double de la somme demandée aux autres. Jules et son frère sont naturellement dans la catégorie des « laïcs ». Voir Cécile Compère, op. cit., p. 15.
  6. Verne s'en souviendra plus tard lorsqu'il écrira Le Testament d'un excentrique. Il nomme également Uncle Prudent un des personnages de Robur le Conquérant. Cf. Cécile Compère, « Les vacances », dans Revue Jules Verne, 4 (1997), p. 35.
  7. Cette légende a persisté dans la réédition de l'ouvrage de Marguerite Allotte de la Füye en 1953. La biographe se base pour la crédibilité de l'événement sur des faits et des personnes réels, notamment un certain Jean-Marie Cabidoulin qui tenait le cabaret de l'Homme-qui-porte-trois-Malices, et le navire La Coralie qui appartenait effectivement à l'armateur « Le Cour Grand-Maison ». cf. M. Allotte de la Füye, Hachette, 1953, p. 21–22. Charles-Noël Martin, dès 1971, démontre les manipulations de Marguerite Allotte de la Füye dans son ouvrage Jules Verne, sa vie et son œuvre (éd. Rencontre), notamment ses déformations des lettres de Jules Verne à sa famille, ses citations mensongères et ses interprétations fallacieuses.
  8. À cette époque, les étudiants provinciaux doivent se rendre obligatoirement à Paris pour passer leurs examens. Voir Cécile Compère, « Le Paris de Jules Verne », dans Revue Jules Verne, 4 (1997), p. 41.
  9. L'oncle Chateaubourg est un parent par alliance de Chateaubriand.
  10. Marie A. Belloc, dans son entretien avec Jules Verne, paru sous le titre Jules Verne at home dans le Strand Magazine en février 1895, note : « La petite pièce est dépouillée, mis à part les deux bustes de Molière et de Shakespeare... ». in Entretiens avec Jules Verne - 1873-1905, réunis par Daniel Compère et Jean-Michel Margot. Genève, Slatkine. 1998, p. 104.
  11. À ce sujet, une coquille malheureuse a été reproduite dans le volume Poésies inédites. En effet une poésie de Victor Hugo s'est mêlée à celles de Verne. Il s'agit de Romance (pages 218-219 du volume), écrite en 1825 et parue dans l'édition d' Odes et Ballades. En fait, Verne avait tout simplement recopié ce poème pour l'incorporer dans son roman noir et gothique qui est resté inachevé. Voir Olivier Dumas, « Quand Jules Verne devient Victor Hugo (et vice-versa !) », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 93 (1989), p. 9-10.
  12. Verne écrit à sa mère : « Je suis bien Allotte sous le rapport de l'estomac ». Lettre à sa mère de février 1855, Correspondance familiale, p. 372.
  13. Jacques Arago est aveugle depuis une dizaine d'années, au moment de sa rencontre avec Jules Verne. Il mourra au Brésil en 1855. cf. François Sarda, Les Arago: François et les autres, Tallandier, 2002, p. 190
  14. Le personnage de l'indien Martin Paz appartient aux grandes figures verniennes à venir et le final sera repris dans Famille-Sans-Nom.
  15. Avant la dernière guerre encore, la veuve était recluse pendant des mois, ensevelie dans le grand voile noir, puis le petit voile, enfin le demi-deuil. Il fallait respecter les usages. Note de Cécile Compère pour son article « Extrapolations autour d'un acte de mariage », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 62 (1982).
  16. C'est cet ami qui paya les frais d'impression des Pailles rompues et auquel Verne dédicacera la pièce.
  17. Le nom de Rosalie Verne, veuve Charruel, grand-tante de Jules Verne, est toujours écrit Charuel.
  18. Paris comptait à cette époque douze arrondissements. L'actuel découpage en vingt arrondissements n'entre en vigueur que le 1er janvier 1860.
  19. En 1981, il ne restait que le premier acte qui constitue le prologue. Mais, en 1990, Piero Gondolo della Riva découvre les quatre actes manquants. C'est ainsi que la pièce a pu paraître dans son intégralité dans le Théâtre inédit, édité par le Cherche-Midi en 2005.
  20. Ces pièces, cataloguées dans les Manuscrits nantais, ont paru entièrement dans le volume Théâtre inédit de Jules Verne, édité par le Cherche-Midi éditeur en 2005.
  21. Mots de bienvenue prononcés par M. Vladimir Poutine aux invités du Salon Livre Paris, 18 mars 2005.

Références

  1. (en)Unesco, « Top 50 Authors of All Time » (consulté le 1er septembre 2010).
  2. Daniel Compère, Jean-Michel Margot, Entretiens avec Jules Verne, Slatkine, 1998, p. 282
  3. Voir Revue Jules Verne no 22-23, 2005, année Jules Verne, 372 pages, bilan de tous les événements liés au centenaire de la mort de Jules Verne.
  4. (en) William Butcher, Jules Verne, the definitive biography Thunder's Mouth Press, 2006, p. 6, décrit avec précision l'arbre généalogique des Verne en s'appuyant sur les registres d'état-civil.
  5. Fiche de Jules Verne sur Généanet.
  6. a, b, c et d Nantes et Jules Verne sur Terres d’écrivains..
  7. Jean-Yves Paumier, La charge d'avoué fondatrice de l'aventure vernienne, Bulletin de la Société Jules Verne no 192, août 2016, p. 13-16
  8. Le fait n'est pas attesté et repose sur les dires d'une des premières biographies sur Jules Verne écrite par une de ses petites-nièces par alliance, Marguerite Allotte de La Fuÿe (Kra, 1928) et dont les développements légendaires ont très souvent été repris par la suite bien que les recherches scientifiques les aient depuis infirmés (cf.Volker Dehs, Précisions biographiques sur Marguerite Allotte de La Fuÿe, in Revue Jules Verne no 32, D'un biographe l'autre, Centre International Jules Verne, 2011, p. 69-76 ou Charles Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, Michel de l'Ormeraie, 1978, p. 260
  9. Gilbert Prouteau, Le Grand roman de Jules Verne, sa vie, Stock, 1979, p. 20
  10. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, L'enchanteur, Éditions du Félin, 1999, p. 16
  11. Daniel Compère, Jules Verne: parcours d'une œuvre, Encrage, 1996, p. 11
  12. Daniel Compère, Jules Verne: parcours d'une œuvre, op. cit, p. 125
  13. Jules Verne, Un prêtre en 1839, Chapitre XXI, Le Cherche-Midi éditeur, 1992.
  14. Joëlle Dusseau, Jules Verne. Paris, Éditions Perrin, 2005, p. 45.
  15. Revue Jules Verne no 3 : Jules Verne, voyageur ou sédentaire, 1998, p. 33
  16. « Maison des parents de Jules Verne », Patrimoine des Pays de la Loire (consulté le 22 juin 2015).
  17. Revue Jules Verne no 3 : Jules Verne, voyageur ou sédentaire, 1998, p. 34
  18. Revue Jules Verne no 3 : Jules Verne, voyageur ou sédentaire, 1998, p. 35
  19. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne: un humain planétaire, Textuel, 2005, p. 20
  20. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, L'enchanteur, Éditions du Félin, 1999, p. 18
  21. Légende inventée par Marguerite Allotte de la Füye dans sa biographie Jules Verne sa vie, son œuvre, Kra, 1928, p. 28
  22. Jules Verne, Monna Lisa: suivi de Souvenirs d'enfance et de jeunesse, Cahiers de l'Herne, 1995, p. 97
  23. Marcel Moré, Nouvelle explorations de Jules Verne: musique, misogamie, machine, Gallimard, 1963, p. 15-16
  24. Charles Noël Martin, La vie et l'œuvre de Jules Verne, Michel de L'Ormeraie, 1978, p. 29. L'information venant de Marguerite Allote de la Füye (op. cit, p. 24 peut être sujette à caution.
  25. Cécile Compère, « Jules Verne de Nantes », in Revue Jules Verne, 4 (1997), p. 20. Note : Dans l'ordre universitaire, Nantes dépend alors de l'Académie de Rennes.
  26. Christian Robin, Un monde connu et inconnu: Jules Verne, Centre universitaire de recherches verniennes de Nantes, 1978, p. 20
  27. Lettre de Jules Verne à sa mère du 6 mai 1853 absente de l'ouvrage d'Olivier Dumas, Correspondance de Jules Verne avec sa famille, La Manufacture, 1988 et reprise dans Charles Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 30 basée sur les dires, non sourcés, de Marguerite Allote de la Fuÿe (Kra, 1928)
  28. Charles-Noël Martin, « Les amours de jeunesse de Jules Verne », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 28 (1973), p. 79-86.
  29. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne L'Enchanteur, op. cit, p. 17
  30. Rose Herminie Arnault de La Grossetière, née à Lille le 11 octobre 1827, fille de Hippolyte Arnault de La Grossetière et de Aspasie de Barbarin (Geneanet)
  31. Philippe Mellot, Jean-Marie Embs, Le guide Jules Verne, Éditions de l'Amateur, 2005, p. 15
  32. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 36. Il s'agit respectivement du poème no 4 du premier cahier et du no 11, reproduits dans Jules Verne : Poésies inédites, Ville de Nantes/Le Cherche-Midi éditeur, 1989.
  33. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 34
  34. Charles-Noël Martin, « Les amours de jeunesse de Jules Verne » 2e partie, dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 29/30 (1974), p. 103-113.
  35. Lettre à sa mère du 30 juillet 1848, dite lettre du rêve, Correspondance familiale, pp. 246–251.
  36. Christian Chelebourg, « Le blanc et le noir. Amour et mort dans les « Voyages extraordinaires » », Bulletin de la Société Jules Verne, no 77, 1986, p. 22–30
  37. Éric Weissenberg, Jules Verne: Un univers fabuleux, Favre, 2004, p. 74
  38. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, op. cit, p. 34
  39. Éric Weissenberg, Jules Verne: Un univers fabuleux, 2004, p. 303
  40. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 29
  41. Cécile Compère, Le Paris de Jules Verne, dans la Revue Jules Verne, 4, 1997, p. 42.
  42. Lettre du 17 juillet 1848 à son père, Correspondance familiale, Olivier Dumas, La Manufacture, 1988, p. 242.
  43. Gilbert Prouteau, Le Grand roman de Jules Verne, sa vie, 1979, p. 87
  44. Olivier Dumas, Édouard Bonamy, le bon ami de Jules Verne, in Bulletin de la Société Jules Verne no 151, 3e trimestre 2004, p. 6-8
  45. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 45
  46. Jules Verne, Manuscrits nantais, 3 vol. Nantes : Bibliothèque municipale/Le Cherche-Midi, 1991 (Notice BNF)
  47. Jules Verne : Théâtre inédit, Le Cherche-Midi, 2006, éditions établies sous la direction de Christian Robin, préface de Jean-Marc Ayrault
  48. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne l'enchanteur, Éditions du Félin, 1999, p. 26.
  49. Interview donnée par Jules Verne à Robert H. Sherard, parue in Mc Clure's Magazine en janvier 1894. Voir Entretiens avec Jules Verne, Slatkine, 1998, pp. 88–89.
  50. Lettre à sa mère du 17 mars 1849, Correspondance familiale, p. 274.
  51. Lettre à son père du , Correspondance familiale, p. 273.
  52. Simone Vierne, Qui suis-je ? Verne, Pardès, 2005, p. 91
  53. Cinq semaines en ballon, Chapitre XX.
  54. Makis Trikoukis, « Le Capitaine Nemo et la Commune de Paris », in Bulletin de la Société Jules Verne, no 77, 1er trimestre 1986, p. 5-12
  55. Lucian Boia, Jules Verne: Les paradoxes d'un mythe, Les Belles Lettres, 2005, p. 176
  56. Congrès national des sociétés historiques et scientifiques, De la science en littérature à la science-fiction: Actes du 119e Congrès, 1995 (Lire)
  57. Jean-Pierre Picot, Le testament de Gabès: L'invasion de la mer (1905), ultime roman de Jules, Edisud, 2004, p. 82
  58. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 60
  59. Bulletin de la Société Jules Verne no 65-66, 1983, p. 4
  60. Claude Tillier, Jules Verne en 100 questions, Centre International Jules Verne, 2004, p. 14
  61. Revue Jules Verne no 4, Jules Verne, voyageur ou sédentaire, 1998, p. 42
  62. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 111
  63. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 60
  64. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 61 et Alexandre Tarrieu, « Aristide Hignard (1822-1898) » in Revue Jules Verne no 11, 1er semestre 2001, p. 102-107.
  65. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 111
  66. Simone Vierne, Jules Verne, Balland, 1985 (Lire)
  67. Christian Chelebourg, Jules Verne: La science et l'espace. Travail de la rêverie, Minard, 2005, p. 42
  68. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, L'enchanteur, Le Félin, 1999, p. 30
  69. Olivier Dumas, Voyage à travers Jules Verne, Stanké, 2000, p. 51.
  70. Alexandre Tarrieu, Dumas de père en fils in Jules Verne, le Poète de la science, Timée-éditions, 2005, p. 28-29
  71. Charles Lemire, Jules Verne, Berger-Levrault, 1908 et Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 53
  72. Volker Dehs, Jules Verne et les sciences occultes, Bulletin de la Société Jules Verne no 188, avril 2015, p. 7-17 et Philippe Langueneur, D Arpentigny et les mains de Nemo, Bulletin de la Société Jules Verne no 166, juin 2008, p. 29-37
  73. Alexandre Tarrieu, préface in Les Pailles rompues, Revue Jules Verne no 11, 2001, p. 30
  74. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne l'enchanteur. Paris, Éditions du Félin, 1999, p. 29.
  75. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 58
  76. Voir sur le sujet, Jean-Louis Mongin, Jules Verne et le Musée des Familles, Encrage, 2013
  77. Marc Soriano, Les Premiers Navires de la marine mexicaine, in Portrait de l'artiste jeune, suivi des quatre premiers textes publiés de Jules Verne, Gallimard, 1978, p. 53-78
  78. Charles-Noël Martin, La vie et l'oeuvre de Jules Verne, 1978, p. 63
  79. Michel Strogoff, Moscou, Irkoutsk, par Jules Verne. Suivi de Un drame au Mexique. Dessins de J. Férat, gravés par Ch. Barbant, Hetzel, 1876 sur Gallica
  80. Texte original repris dans Un Voyage en ballon suivi de A propos du Géant et 24 minutes en ballon, Centre International Jules Verne, 2001
  81. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 66
  82. Éric Weissenberg, Jules Verne: Un univers fabuleux, Favre, 2004, p. 86
  83. Christian Robin, Un monde connu et inconnu: Jules Verne, 1978, p. 30
  84. Volker Dehs, Le Théâtre lyrique sous les frères Seveste, BSJV no 192, août 2016, p. 32
  85. Cécile Compère, « Le Paris de Jules Verne », dans Revue Jules Verne, 4 (1997).
  86. Lettre à son père du 17 janvier 1852. Cité par Éric Weissenberg, Jules Verne: Un univers fabuleux, Favre, 2004, p. 153
  87. Lettre du 26 janvier 1851. Cité par Olivier Dumas, Jules Verne (avec la correspondance familiale), La Manufacture, 1988, p. 285
  88. Marcel Destombes, « Jules Verne à la Bibliothèque nationale », Bulletin de la Bibliothèque nationale, 3e année, no 2, juin 1978
  89. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne: un humain planétaire, Textuel, 2005, p. 32
  90. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, Michel de L'Ormeraie, 1978, p. 62
  91. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne l'enchanteur. Paris, Le Félin, 1999, p. 30.
  92. Les châteaux en Californie ou Pierre qui roule n'amasse pas mousse, comédie-proverbe en prose, neuf personnages, en collaboration avec Pitre-Chevalier. Dessins de Paul Gavarni, 1853
  93. Gilbert Prouteau, Le Grand roman de Jules Verne, sa vie, Hachette, 1979, p. 190
  94. Alexandre Tarrieu, « Aristide Hignard (1822-1898) », Revue Jules Verne no 11, p. 103 et A. Tarrieu, « L'amitié avec Hignard », in Jules Verne, le poète de la science, Timée-éditions, 2005, p. 30-31
  95. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, Michel de l'Ormeraie, 1978, p. 83
  96. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, l’enchanteur, Le Félin, 1999, p. 39
  97. Alexandre Tarrieu, « Voyage au Centre du Théâtre », Revue Jules Verne no 11, 2001, p. 11-24
  98. Daniel Compère, Jules Verne écrivain, Droz, 1991, p. 36. Michel Verne transformera la nouvelle en La Destinée de Jean Morénas.
  99. Samuel Sadaune, Contes et nouvelles de Jules Verne, Ouest-France, 2000, p. 10
  100. La pièce sera publié pour la première fois en 1974 : Monna Lisa, in Jules Verne, Cahiers de l'Herne no 25, 1974, p. 23-56
  101. Timothy A. Unwin, Jules Verne: Journeys in Writing, 2005, p. 79
  102. Revue Jules Verne no 26, 2007, p. 55
  103. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, Michel de l'Ormeraie, 1978, p. 87
  104. Françoise Sophie Laurence Janmar, née à Orléans le 23 mai 1829 Geneanet
  105. Charles-Noël Martin, « Les amours de jeunesse de Jules Verne. II », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 29/30 (1974).
  106. L'épisode Laurence Janmar ayant pour source Marguerite Allotte de la Fuÿe, op. cit, p. 61 est à prendre sous réserve, les dires n'ayant jamais été authentifiés autrement que par la biographe.
  107. Les biographes écrivent à tort Duverger.
  108. Charles Louis Salomon Duvergé, né le 7 mars 1821 à Nantes, négociant (Fiche Geneanet)
  109. A dix heures du soir et non en juillet, du choléra, tel que souvent indiqué. Cf. Nécrologie dans La Ruche littéraire no 3-5, 1854, p. 407 et Volker Dehs, Le Théâtre lyrique sous les frères Seveste, Bulletin de la Société Jules Verne no 192, août 2016, p. 17-36
  110. Jean Gourret, Ces hommes qui ont fait l'Opéra, 1984, p. 137-140
  111. Volker Dehs, Jules Verne et Émile Perrin, Bulletin de la Société Jules Verne no 163, 2007, p. 6-9, avec une lettre de Jules Verne à Perrin datée du 2 février 1880 en p. 8
  112. Lettre à son père de fin 1854, citée par Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 74
  113. Maître Zacharius ou l'Horloger qui avait perdu son âme, Musée des familles: Lectures du soir, vol. 21, avril-mai 1854, p. 225-231
  114. Volker Dehs, Jules Verne et Émile Perrin, Bulletin de la Société Jules Verne no 163, 2007, p. 6-9
  115. Publiée chez Michel Lévy (Lire la pièce sur books.google). Le texte original a été réimprimé en 2002 dans le Bulletin de la Société Jules Verne no 143.
  116. Albert Soubies, Histoire du Théâtre-Lyrique, Paris, Fischbacher, 1899.
  117. Lettre de Jules Verne à son père, du 19 avril 1854 (collection Vaulon), sur papier à en-tête du Théâtre Lyrique (Ancien Opéra National) publiée par Olivier Dumas dans le Bulletin de la Société Jules Verne (nouvelle série), no 83, p. 14, troisième trimestre 1982.
  118. Voir Alexandre Tarrieu, Voyage au centre du théâtre, Revue Jules Verne no 11, 2001
  119. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 100
  120. Jean-Michel Margot, Nouvelle de jeunesse : jeunesse d’une nouvelle (Lire en ligne),
  121. Texte original (version 1855) repris dans Bulletin de la Société Jules-Verne no 146 et tiré à part, avec préface d'Olivier Dumas, 2003.
  122. Alexandre Tarrieu, Le cercle polaire in Jules Verne, le poète de la science, Timée-éditions, 2005, p. 60-61
  123. Éric Weissenberg, Jules Verne: Un univers fabuleux, Favre, 2004, p. 148
  124. Longtemps non identifié en raison d'une erreur de copie de la correspondance de Jules Verne stipulant « Victor Marie ». Voir sur Victor Marcé : J-P. Luauté et Th. Lempérière, La vie et l'œuvre pionnière de Louis-Victor Marcé, Éditions Glyphe, 2012, 264 p et Éric Weissenberg, Jules Verne: Un univers fabuleux, Favre, 2004, p. 148
  125. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne: un humain planétaire, Textuel, 2005, p. 30
  126. Lettre du 23 avril 1851.
  127. Lettre du 10 décembre 1853. Cité, entre autres, par Éric Weissenberg, Jules Verne: Un univers fabuleux, Favre, 2004, p. 130
  128. Lettre à sa mère du 14 décembre 1854 in Olivier Dumas, Jules Verne, La Manufacture, 1988, p. 89
  129. Cité par Éric Weissenberg, Jules Verne: Un univers fabuleux, Favre, 2004, p. 96
  130. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 103
  131. Auguste Morel était clerc de notaire à Amiens. Sa famille était originaire de Doullens. Il meurt le 5 juillet 1856 à la suite d'une pneumonie. Voir Visions nouvelles sur Jules Verne, Centre de documentation Jules Verne, 1978, p. 22
  132. Cécile Compère, Jules Verne au féminin, Revue Jules Verne no 9, 2000, p. 17
  133. Voir la galerie des photographies de la famille Verne sur le site du Centre international Jules Verne.
  134. Lettre à sa mère du samedi 24 mai 1856. Olivier Dumas, Jules Verne, La Manufacture, 1988, p. 397 (lettre 113
  135. Samuel Sadaune, Un époux respectable, in Jules Verne, le poète de la science, Timée-éditions, 2005, p. 37
  136. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 107
  137. Lettre à son père du jeudi 29 mai 1856. Olivier Dumas, Jules Verne, La Manufacture, 1988, p. 400-401 (lettre 115)
  138. Lettre à son père du 4 juillet 1856. Olivier Dumas, Jules Verne, La Manufacture, 1988, p. 406-407 (lettre 119)
  139. Jean-Michel Margot, Jules Verne en son temps, Encrage, 2004, p. 231. J-P. Dekiss écrit par erreur « placier », erreur souvent reprise par la suite (Jules Verne l'enchanteur, p. 44)
  140. Lettre à son père du 7 décembre 1856. Olivier Dumas, Jules Verne, La Manufacture, 1988, p. 421 (lettre 130)
  141. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 103
  142. Contrat de mariage reproduis dans le Bulletin de la Société Jules Verne no 65-66, 1983, hors pagination.
  143. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 111
  144. Philippe Mellot, Jean-Marie Embs, Le guide Jules Verne, Éditions de l'Amateur, 2005, p. 16
  145. Charles-Noël Martin, « Le mariage de Jules Verne », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 65/66 (1983).
  146. Jules Verne, voyageur ou sédentaire, Revue Jules Verne no 4, 1998, p. 47
  147. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 111
  148. Propos tenus par Jules Verne à Félix Duquesnel en 1862 d'après l'article de ce dernier, A propos de la statue de Jules Verne paru dans Le Journal d'Amiens du 23 avril 1909
  149. Charles-Noël Martin, « Recherches sur les maîtresses de Jules Verne », BSJV no 56, 1980, p. 292-295.
  150. Éric Weissenberg, Jules Verne: Un univers fabuleux, Favre, 2004, p. 272
  151. Estelle Hénin est née le 12 juin 1836. Cf. Norbert Percereau, « Le secret de la « Fiancée invisible » », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 159 (2006), p. 10.
  152. Jules Verne, sa vie, son œuvre, Kra, 1928, pp. 188 et 243.
  153. Jean-Jules Verne, Jules Verne, Hachette, 1973, pp. 264–285.
  154. Recherches sur la nature, les origines et le traitement de la science dans l'œuvre de Jules Verne. Thèse de doctorat, 1980, note 188.
  155. Norbert Percereau, « Le secret de la « Fiancée invisible » », Bulletin de la Société Jules Verne, no 159, p. 9–28, septembre 2006.
  156. Claire Marie Duchesne meurt à son domicile à Paris le 2 avril 1942 à 76 ans. Cf. Percereau, op. cit.
  157. cf. Jean-Pierre Picot, Un Jules très honoré, l'autre pas, in Revue Jules Verne no 36, A la vie à la mort, 2013, p. 88
  158. Publiée pour la première fois en 1993 dans le volume San Carlos et autres récits inédits au Cherche-Midi.
  159. Un deuxième volume paraîtra en 1863. Voir Patrick Barbier, « Hignard et Verne: les mélodies de l'amitié » in Voyage autour de Jules Verne, Académie de Bretagne et des Pays de Loire, 2000 et Alexandre Tarrieu, « Aristide Hignard (1822-1898) » in Revue Jules Verne, no 11, 1er semestre 2001 ainsi que le numéro 24 (2007) de la Revue Jules Verne entièrement consacré au thème de Jules Verne et la musique.
  160. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 113
  161. Robert Pourvoyeur, À propos de M. de Chimpanzé , in Bulletin de la Société Jules Verne no 26-27, 1973 et Robert Pourvoyeur, Monsieur de Chimpanzé, c'est aussi du Jules Verne !, Revue Jules Verne no 24, Centre international Jules Verne 2007, p. 85-95. La pièce a été rééditée en 1981 dans le Bulletin de la Société Jules Verne no 57 et tiré à part.
  162. Lettre à son père du 15 juillet 1859. Olivier Dumas, Jules Verne, La Manufacture, 1988, p. 428. Lettre no 135 datée du vendredi 15 juillet 1859.
  163. Olivier Dumas, Voyage en Angleterre et en Écosse, la première grande œuvre de Jules Verne et le premier Voyage à reculons , in Bulletin de la Société Jules Verne no 89, 1989.
  164. Olivier Dumas, À propos de Voyage en Angleterre et en Écosse (suite), in Bulletin de la Société Jules Verne no 95, 1990.
  165. Volker Dehs, La bi(bli)ographie de Cinq semaines en ballon , Bulletin de la Société Jules-Verne no 183, août 2013 et Volker Dehs, Jules Verne, Nadar, Hetzel et quelques autres. Questions de rapports, de chronologie et d'argumentation, Bulletin de la Société Jules-Verne no 163, 2007.
  166. Le Cherche-Midi éditeur le publiera en 1989 sous le titre fautif de Voyage à reculons en Angleterre et en Écosse.
  167. Gilbert Prouteau, Le Grand roman de Jules Verne, sa vie, Stock, 1979, p. 160
  168. Jean-Pierre Picot, Christian Robin, Jules Verne: cent ans après, 2005, p. 331
  169. Volker Dehs, Soyons trois ! - Le troisième voyageur en Scandinavie, Bulletin de la Société Jules Verne no 150, 2e trimestre 2004.
  170. L'État-civil de Michel Verne, Bulletin de la Société Jules Verne no 187, décembre 2014, p. 4
  171. M. Allotte de la Füye, Jules Verne, sa vie, son œuvre, Simon Kra, 1928, p. 115-123.
  172. Qu'elle confirme dans une lettre adressée à Catherine Bonnier de la Chapelle du 28 avril 1982 (BNF, côte NAF 14008, f°225).
  173. B. Frank, Jules Verne et ses voyages, Flammarion, 1941, p. 104-110.
  174. A. Parménie et C. Bonnier de la Chapelle, Histoire d'un éditeur et de ses auteurs. P. J. Hetzel, Albin Michel, 1953, p. 427.
  175. Il ne participe pas au vol. Le Géant part du Champ de Mars le 4 octobre 1863. Il enleve treize passagers qui avaient payé leur place. La seconde ascension a lieu le 18 octobre, en présence de Napoléon III et se termine aux Pays-Bas. Nadar effectue six ascensions spectaculaires avec ce ballon qu'il revend en juin 1867. Charles-Noël Martin, La vie et l'œuvre de Jules Verne, 1978, p. 134, note 3.
  176. Couverture du Petit Journal du
  177. À propos du Géant, Musée des familles, tome XXXI, 1863-1864, no 3, décembre 1863
  178. Art. Cit, Revue Jules Verne no 38, p. 128-129.
  179. Les péripéties de cette rencontre sont détaillées par Volker Dehs dans Quand Jules Verne rencontre Pierre-Jules Hetzel, Revue Jules Verne no 37, 2013, p. 127-135.
  180. Département des manuscrits, NAF 17063, f°112 et 113.
  181. Autographes du siècle, Catalogue no 4, lettre du 6 août 1902, 2011, p. 44. Charles-Noël Martin évoque déjà Bréhat dans sa biographie La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 122
  182. Voir entre autres, Masataka Ishibashi, Anticipation reniée, Revue Jules Verne no 38, Hetzel, éditeur par excellence, 2013, p. 68.
  183. Éric Weissenberg, Jules Verne: Un univers fabuleux, Favre, 2004, p. 300
  184. Christian Chelebourg, Jules Verne: l’œil et le ventre : une poétique du sujet, Minard, 1999, p. 102
  185. Volker Dehs, Quand Jules Verne rencontre Hetzel, Revue Jules Verne no 37, 2013
  186. Volker Dehs, La Bi(bli)ographie de Cinq semaines en ballon in Bulletin de la Société Jules Verne no 183, avril 2013, p. 7).
  187. Éric Weissenberg, Jules Verne: Un univers fabuleux, Favre, 2004, p. 221
  188. Voir la teneur des six contrats entre Verne et Hetzel dans Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 188
  189. Agnès Marcetteau-Paul, Claudine Sainlot, Jules Verne écrivain, Coiffard/Joca Seria, 2000, p. 173
  190. Masataka Ishibashi, Anticipation reniée, Revue Jules Verne no 38, Hetzel, éditeur par excellence, 2013, p. 70 et Stéphane Tirard, Jules Verne, l'anticipation et l'éthique, Revue Jules Verne no 25, 2007, p. 59-66.
  191. Piero Gondolo della Riva, Paris au XXe siècle ... cinq ans après, Revue Jules Verne no 7, 1999, p. 19-24.
  192. Volker Dehs, Olivier Dumas, Piero Gondollo della Riva, Correspondance Verne-Hetzel (1863-1874), vol. 1, Slatkine, 1999, p. 227
  193. Couverture du Petit Journal du .
  194. Daniel Compère, Jules Verne, écrivain, Droz, 1991, p. 73
  195. Daniel Compère, Jules Verne écrivain, Droz, 1991, p. 37
  196. Terry Harpold, Verne, Baudelaire et Poe. La Jangada et le Scarabée d'or, Revue Jules Verne no 19/20, 2005, p. 162-168.
  197. Jules Verne ajoute bien un d au prénom de l'auteur américain. L'étude est publié dans le Musée des familles, XXXIe tome, 1863-1864, no 7 en avril 1864.
  198. Piero Gondolo della Riva, Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne, Tome I, Société Jules Verne, 1977, p. 10-12
  199. Samuel Sadaune, Les 60 Voyages extraordinaires de Jules Verne, Ouest-France, 2004, p. 16
  200. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 144
  201. Daniel Compère, Jules Verne: parcours d'une oeuvre, Encrage, 1996, p. 25
  202. Le texte de 1867 contient deux chapitres de plus (45 au lieu de 43). Cf. Piero Gondolo della Riva, Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne, Tome I, Société Jules-Verne, 1977, p. 13-14.
  203. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 144
  204. Le couple loue l'appartement dès 1863. Philippe Mellot, Jean-Marie Embs, Le guide Jules Verne, Éditions de l'Amateur, 2005, p. 20
  205. Lucie Lagarde, « Jules Verne dans le mouvement de la géographie », Bulletin de la Société Jules Verne, vol. 15, no 60, p. 154-157
  206. Bulletin de la Société de géographie, 1868, p. 411
  207. Bulletin de la Société de géographie, janvier-juin 1873, p. 440
  208. Philippe Valetoux, Jules Verne en mer et contre tous, Magellan, 2005
  209. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, L'enchanteur, Éditions du Félin, 1999, p. 116
  210. Philippe Valetoux, Dans le sillage de Jules Verne... au Crotoy, SNSM, 2009, p. 6
  211. Que Jules Verne cite dans Vingt mille lieux sous les mers. Cf. Alexandre Tarrieu, Sur les traces du Saint-Michel I, Bulletin de la Société Jules-Verne no 151, 2004, p. 17 et Alexandre Tarrieu, Jules, Alexandre, Alfred, ... et les autres, in Dans le sillage de Jules Verne... au Crotoy, SNSM, 2009, p. 23
  212. La plaque apposée sur cette villa au Crotoy est ainsi erronée. Cf. Philippe Valetoux, Dans le sillage de Jules Verne... au Crotoy, SNSM, 2009, p. 15
  213. Alexandre Tarrieu, Les Passagers du Great-Eastern en 1867, Bulletin de la Société Jules Verne no 174, 2010, p. 11-16
  214. Alexandre Tarrieu dans son article Les Passagers du Great-Eastern en 1867, op. cit, démontre que les noms des personnages sont empruntés à la réalité.
  215. William Butcher, La date des dîners des « Onze sans femmes » : une rectification, Verniana, vol. 10, 2017-2018, p. 147-154
  216. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, l'enchanteur, Volker Dehs, , p. 43
  217. Souvent placé à la suite d'un supposition de Marguerite Allote de la Füye en 1851, cf. Volker Dehs, « Quand Jules Verne rencontre Pierre-Jules Hetzel », Revue Jules Verne no 37, 2013, p. 129, le Dîner n'est crée qu'en 1868 tel qu'en témoigne une article du Petit Journal (voir W. Butcher, La date des dîners des « Onze sans femmes » : une rectification, op. cit. (Lire en ligne)
  218. Marie-Hélène Huet, L'histoire des Voyages extraordinaires, Lettres modernes, 1973, p. 19
  219. William Butcher, La date des dîners des « Onze sans femmes » : une rectification, Verniana, vol. 10, 2017-2018, p. 147-154
  220. William Butcher, La date des dîners des « Onze sans femmes » : une rectification, Verniana, vol. 10, 2017-2018, p. 147-154
  221. Qui n'est pas la ville de naissance de sa femme, contrairement à ce que la plupart des biographes ont écrit, celle-ci étant née à Vesoul. Voir Visions nouvelles sur Jules Verne, Centre de documentation Jules Verne, 1978, p. 54
  222. Lettre citée par Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, L'enchanteur, Le Félin, 1999, p. 159
  223. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 188
  224. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 188
  225. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, L'enchanteur, 1999, p. 215
  226. Alexandre Tarrieu, Le quotidien de Jules Verne à l'Académie d'Amiens, Bulletin de la Société Jules Verne no 180, septembre 2012, p. 11-16
  227. A. Tarrieu, idem..
  228. Discours de M. Gédéon Baril. Réponse de M. Jules Verne, Mémoires de l'Académie des lettres, sciences... d'Amiens, T. Jeunet, 1875
  229. Piero Gondolo della Riva, Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne, Tome I, Société Jules-Verne, 1977.
  230. Le texte original est paru dans le Journal d'Amiens. Cf. Olivier Dumas, Les deux versions de Dix heures en chasse , Bulletin de la Société Jules Verne no 63, 1982.
  231. Marie Cordroc'h, De Balzac à Jules Verne, Bibliothèque nationale, 1966, p. XIX
  232. Site de l'Académie française
  233. Bulletin de la Bibliothèque nationale, Volumes 3 à 4, 1978, p. 70
  234. Reproduis dans Magasin d’éducation et de recréation, vol. 16, 1872, p. 160
  235. Samuel Sadaune, Au porte de l'Académie; in Jules Verne, le poète de la science, Timée-éditions, 2005, p. 87
  236. Cité par Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 176
  237. Lettre à Pierre-Jules Hetzel du 1er mars 1876, Correspondance Verne-Hetzel, tome II, Slatkine, 2001.
  238. Volker Dehs, « Correspondance Verne-Dumas fils », Bulletin de la Société Jules Verne, no 94, 1990.
  239. Samuel Sadaune, idem.
  240. Piero Gondolo della Riva, « Jules Verne et l'Académie française », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 53 (1980).
  241. Interview de Jules Verne par Robert Sherard réalisée en automne 1893 : Jules Verne, sa vie et son travail racontés par lui-même, publié dans le McClure's Magazine sous le titre Jules Verne at home. His own account of his life and work, vol. II, no 2 en janvier 1894 et repris pour la première fois en français en octobre 1990 dans le Magazine littéraire no 281 sous le titre Jules Verne, le tour d'une vie. L'entretien intégral figure aux pages 83-87 de Entretiens avec Jules Verne, 1873-1905, Slatkine, 1998
  242. Piero Gondolo della Riva, Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne, Tome I, Société Jules Verne, Paris, 1977
  243. Revue Jules Verne no 19/20, 2006, p. 93. Il existe conservée dans les collections de la Bibliothèque municipale d'Amiens (collection Gondollo della Riva) une affiche appartenant à Jules Verne de 1876 du Yacht Club de France où celui-ci a coché son nom (cf. Catalogue Jules Verne, le retour: exposition du 30 juin au 16 septembre 2001, Maison de la culture d'Amiens, Bibliothèque municipale, Centre international Jules Verne, 2001, p. 48
  244. Marcel Destombes, « Le manuscrit de Vingt mille lieues sous les mers », dans le Bulletin de la Société Jules Verne, no 35/36.
  245. Philippe Valetoux, « Le Saint Michel II et Le Havre », Patrimoine Normand no 59, 2006, p. 37-45 et Philippe Valetoux, « Et que vogue le Saint-Michel II ! », Revue Jules Verne no 22/23, Centre international Jules Verne, 2006, p. 259-263.
  246. A huit ans il était surnommé « La terreur du Crotoy ». Voir Jean-Paul Dekiss, Jules Verne: un humain planétaire, Textuel, 2005, p. 88
  247. Jean-Louis Mongin, Michel Verne à Mettray, Bulletin de la Société Jules Verne no 186, 2014, p. 4-28
  248. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 215-216
  249. Simone Vierne, Jules Verne et le roman initiatique, Éditions du Syrac, 1973, p. 473
  250. Samuel Sadaune, Le citoyen masqué, in Jules Verne, le poète de la science, Timée-éditions, 2005, p. 93
  251. Voir Correspondance inédite de Jules Verne et de Pierre-Jules Hetzel (1875-1878), vol. 1, Slatkine, 2001, p. 158
  252. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, L'enchanteur, Le Félin, 1999, p. 227
  253. Simone Vierne, op. cit.
  254. Jean-Pierre Picot, Jules Verne, l'Afrique et la Méditerranée, Edisud, 2005, p. 121
  255. Jean Cévaër, ‎Hubert Chemereau, Jules Verne: le monde celtique et la mer, ‎Centre de Recherche et Diffusion de l'Identite Bretonne (CREDIB), 2006, p. 64
  256. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 219
  257. Volker Dehs, Deux frères en voyage, deux récits en complément, Bulletin de la Société Jules Verne no 134, 2000, p. 9-11. Le texte de Paul Verne est publié à la suite de cet article, récit de voyage avec les variantes apportées au texte par Jules Verne (p. 12-46)
  258. Patrick Avrane, Jules Verne, Stock, 1997, p. 70-71 et Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 234
  259. Daniel Compère, Jules Verne: parcours d'une œuvre, Encrage, 1996, p. 13
  260. Claude Lepagnez, « Amiens dans les romans de Jules Verne », dans Revue Jules Verne, no 7, Jules Verne et la cité, CIJV 1999, p. 25-42.
  261. Olivier Dumas, Voyage à travers Jules Verne, Stanké, 2000, p. 182.
  262. Jean-Pierre Picot, Jules Verne, l'Afrique et la Méditerranée, Edisud, 2005, p. 110
  263. Le Bulletin de la Société Jules Verne no 191, avril 2016, est entièrement consacré à ce voyage en Méditerranée et reproduit la chronologie du voyage relevée par Maurice Verne.
  264. Jean-Michel Margot, A propos des voyages des Saint-Michel II et III, Verniana, Vol. 9, 2016-2017, p. 87–92 (Lire en ligne)
  265. Philippe Mellot, ‎Jean-Marie Embs, Le guide Jules Verne, Éditions de l'Amateur, 2005, p. 25
  266. Piero Gondolo della Riva, « Jules Verne, franc-maçon ? », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 171, 2009, p. 3-5.
  267. Brigitta Mader, L’Étranger du quai des esclavons. À propos de la première rencontre entre Jules Verne et Louis Salvator et la question : qui était le comte Sandorf ?, Bulletin de la Société Jules Verne no 190, décembre 2015, p. 48
  268. Jean Chesneaux, Une lecture politique de Jules Verne, Maspero, 1971, p. 12
  269. Jean-Pierre Picot, Un Jules très Honoré, l'autre pas, Revue Jules Verne no 36, 2013, p. 69-89.
  270. Piero Gondollo della Riva, Bibliographie analytique de toutes les œuvres de Jules Verne, Tome I, Société Jules Verne, 1977.
  271. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne: un humain planétaire, Textuel, 2005, p. 190
  272. Olivier Dumas, Voyage à travers Jules Verne, Stanké, 2000, p. 176.
  273. Philippe Valetoux, Les Yachts de Jules Verne, Chasse-marée no 124, janvier 2001.
  274. Voir pour l'ensemble de la vente du Saint-Michel l'ouvrage de Philippe Valetoux, Jules Verne, en mer et contre tous, Magellan, 2005
  275. Charles Lemire, Jules Verne, 1828-1905, Berger-Levrault, 1908, p. 55
  276. Norbert Percereau, « Le destin de Gaston Verne », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 155 (2005), p. 4–53.
  277. Collectif, Visions nouvelles sur Jules Verne, Centre de documentation Jules Verne, 1978, p. 46
  278. Simone Vierne, Jules Verne et le roman initiatique, Éditions du Syrac, 1973, p. 470
  279. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 241
  280. Lettre de Jules Verne à Louis-Jules Hetzel du 16 février 1887, Correspondance de Jules et Michel Verne avec Louis-Jules Hetzel, tome I, Slatkine, 2004.
  281. Pajot 2010, p. 208.
  282. Voir sur le sujet le no 4 de la Revue Jules Verne, Voyageur ou sédentaire (1997) ainsi que le {n°|7}}, Jules Verne et la cité (1998)
  283. Collectif, Visions nouvelles sur Jules Verne, op. cit, p. 63
  284. Jean Chesneaux, Une Lecture politique de Jules Verne, Maspero, 1971, p. 14
  285. Daniel Compère, M. Jules Verne conseiller municipal, Cahier de l'Herne, no 25, « Jules Verne », 1974, p. 127-140
  286. Adrien Carré, « Jules Verne et les Princes d'Orléans », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 53 (1980).
  287. Le cirque d'Amiens porte aujourd'hui son nom.
  288. Discours d'inauguration du cirque municipal reproduit dans le Journal d'Amiens du 24-25 juin 1889. Le texte original a été réédité en 1989 aux éditions du Centre de documentation Jules Verne, avec présentation, annotations et bibliographie spécifique, par Claude Lepagnez.
  289. Il est décoré d'après le dossier « pour ses romans scientifiques ». Dossier base Léonore LH/2692/1
  290. Le dossier [1] contient seize pièces et est incomplet. Voir Alexandre Tarrieu, Les 1 000 yeux de Tarrieu, Bulletin de la Société Jules Verne no 196, mai 2018, p. 4-5
  291. Cécile Compère, « Monsieur Verne, président et présidé », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 69, 1984, p. 26-32
  292. Jean Guillon-Verne, A la recherche de la tombe de Paul Verne, Bulletin de la Société Jules Verne no 192, août 2016, p. 49-51
  293. Lettre à Maurice Verne du 27 août 1897, Olivier Dumas, Correspondance familiale, La Manufacture, 1988, p. 488 (lettre 187}}. Cette lettre avait au préalable été publiée dans le Bulletin de la Société Jules Verne no 69.
  294. Voir la lettre de démission [2].
  295. Amiens insolite.
  296. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, l'enchanteur, 1999, p. 160
  297. Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, l'enchanteur, 1999, p. 356.
  298. Entretiens avec Jules Verne, interview donné à Robert Sherard et paru dans T.P's. Weekly en octobre 1903. Slatkine, 1998, p. 198-199.
  299. Volker Dehs, « Jules Verne à l'Académie… d'Amiens », dans Bulletin de la Société Jules Verne, no 121 (1997), p. 34–39.
  300. Robert H. Sherard, Jules Verne retrouvé, in Textes oubliés, Éditions 10/18, 1979, p. 387.
  301. Piero Gondolo della Riva, « Les dates de composition des derniers Voyages extraordinaires», dans Bulletin de la Société Jules Verne, 119 (1996), p. 12–14.
  302. Voir sur le sujet : Lionel Dupuy, Jules Verne espérantiste !, SAT-Amikaro, 2009
  303. Jacques Davy. Notice, in San Carlos et autres récits inédits, Le Cherche-Midi éditeur, 1993, p. 208-211.
  304. Daniel Compère, Jules Verne: parcours d'une œuvre, 1996, p. 23
  305. Charles-Noël Martin, La vie et l’œuvre de Jules Verne, 1978, p. 250
  306. Alexandre Tarrieu, Mais qui est donc Charles Lemire ?, Bulletin de la Société Jules Verne no 194, mai 2017, p. 49-52
  307. Olivier Dumas, Voyage à travers Jules Verne, Stanké, 2000, p. 199.
  308. Faire-Part de décès de Jules Verne.
  309. Achille Moullart, Admission de M. Jules Verne comme membre titulaire, Mémoire de l'Académie d'Amiens, Yvert, 1872, p. 337. Cité par Alexandre Tarrieu dans Le quotidien de Jules Verne à l'Académie des sciences, belles-lettres et arts d'Amiens. L'exemple d'une année : 1875, Bulletin de la Société Jules Verne no 180, septembre 2012, p. 12-13
  310. François Rivière, Jules Verne : images d'un mythe, H. Veyrier, , p. 15.
  311. Voir sur le sujet les deux volumes du Bulletin de la Société Jules Verne consacré à Michel Verne, no 186 et 187 (août 2014, décembre 2014)
  312. Volker Dehs, Compléments bibliographiques à propos de quelques publications de Jules et Michel Verne, Bulletin de la Société Jules Verne no 181, décembre 2012, p. 29
  313. Un drame dans les airs, scan sur Gallica.
  314. Jules Verne, Poésies inédites, Le Cherche-Midi éditeur, 1989.
  315. Franck Ferrand, « Jules Verne », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 23 janvier 2013.
  316. La Science-fiction et la recherche et le développement – une biographie de Jules Verne.
  317. (en) Jules Verne – an extraordinary space traveller, publié le 10 avril 2002 sur le site de l'Agence spatiale européenne.
  318. « De Jules Ferry à Pierre Perret, l'étonnant palmarès des noms d'écoles, de collèges et de lycées en France », sur lemonde.fr, (consulté en octobre 2017).
  319. a, b et c (en)The Globe and Mail, 24 mai 2015, «Sci-fi crown Jules Verne had a fantastical vision of the future».
  320. Xavier Kawa-Topor, Karel Zeman et Jules Verne : le cinéma pour île mystérieuse, in Jules Verne en images, Revue 303, numéro spécial, décembre 2014, p. 118-131.
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  328. Chazal 2002, p. 250.
  329. Lucian Boia, Jules Verne - Les paradoxes d'un mythe.
  330. Lettre du 11 février 1899 à Louis-Jules Hetzel.
  331. Lettre à Hetzel du 28 novembre 1875.
  332. Olivier Dumas, « Naissance et censure du Monde solaire », Bulletin de la Société Jules Verne, no 139, 2001.
  333. Christian Chelebourg, « Contre d'Ennery », Bulletin de la Société Jules Verne, no 75, 1985.
  334. Jean Chesneaux, Jules Verne, un regard sur le monde, Paris, Bayard, 2001, p. 168-169.

Annexes

Bibliographie

Bibliographie générale

  • François Angelier
  • Lucien Boia, Jules Verne, les paradoxes d'un mythe, Les Belles Lettres, Paris, 2005, 302 p.
  • Christian Chelebourg,
    • Jules Verne, l'œil et le ventre. Une poétique du sujet, Minard Lettres Modernes, coll. « Bibliothèque des Lettres Modernes », 1999.
    • Jules Verne, la science et l'espace. Travail de la rêverie, Minard Lettres Modernes, coll. « Archives des Lettres Modernes », 2005.
  • Jean Chesneaux,
    • Une lecture politique de Jules Verne, Maspero, 1971.
    • Jules Verne, un regard sur le monde, Bayard, 2001
  • Philippe de la Cotardière (dir.), Jean-Paul Dekiss, Michel Crozon, Gabriel Gohau, Alexandre Tarrieu (aut.) Jules Verne : de la science à l'imaginaire, Larousse, Paris, 2004 (ISBN 978-2-03-505435-7)
  • Jean-Paul Dekiss,
    • Jules Verne : le rêve du progrès, Gallimard, coll. « Découvertes Gallimard », 1991.
    • Jules Verne l'enchanteur, Éditions du Félin, Paris, 1999 (ISBN 978-2-86645-311-4)
    • Jules Verne : un humain planétaire, Textuel, coll. « Passion », Paris, 2005. Lauréat du Prix Roberval, 2005. (ISBN 978-2-84597-131-8)
  • Olivier Dumas, Jules Verne, La Manufacture, 1988, 520 p. Avec la correspondance inédite de Jules Verne avec sa famille (pages 242-492)
  • Lionel Dupuy.
    • Jules Verne espérantiste ! Une langue universelle pour une œuvre atemporelle, SAT Amikaro, 2009, 98 pages.
    • Drôle de Jules Verne ! Humour, ironie et dérision dans l'œuvre de Jules Verne, La Clef d'Argent, 2008, 50 pages.
    • Jules Verne, l'homme et la terre. La mystérieuse géographie des « Voyages extraordinaires », La Clef d'Argent, 2006, 176 pages.
    • En relisant Jules Verne. Un autre regard sur les « Voyages extraordinaires », La Clef d'Argent, 2005, 176 pages.
  • Claude Faber,
    • Jules Verne : le roman de la Terre, Éditions Milan, coll. « Les essentiels Milan » no 255, 2005, 63 p. (ISBN 978-2-7459-1835-2)
    • Jules Verne, l'Odyssée de la Terre», Magazine Géo, Hors-série no 11, mars 2004.
  • Marie-Hélène Huet, L'histoire des Voyages extraordinaires, essai sur l'œuvre de Jules Verne, Paris, Éditions Minard, collection avant-siècle, 1974, 206 pages.
  • Michel Lamy, Jules Verne, initié et initiateur, Payot, 1984, 294 p.
  • Agnès Marcetteau-Paul (dir.), Jean Demerliac, François-Jean Goudeau, Xavier Kawa-Topor (aut.), Images de Jules Verne, Revue 303 no 134, novembre 2014, (ISBN 979-10-93572-04-8)
  • Charles-Noël Martin,
    • Jules Verne, sa vie et son œuvre, Rencontre, Lausanne, 1971
    • La vie et l'œuvre de Jules Verne, Michel de l'Ormeraie, 1978 (édition de 1971 remaniée), Paris
  • Roger Maudhuy, Jules Verne, La face cachée, France-Empire, Paris, 2004.
  • Nadia Minerva, Jules Verne aux confins de l'utopie, L'Harmattan, 2001, 240 p.
  • Marcel Moré, Le très curieux Jules Verne. Le problème du père dans les « Voyages extraordinaires », avec une note de Jean Paulhan et de Patrick Mauriès, Le Promeneur, Patris, 2005, 273 p.
  • Christian Montès, Jules Verne et la géographie, Editions L'Harmattan, coll. « Géographie et cultures », , 143 p. (ISBN 9782738437372, lire en ligne)
  • Hélène et Jean-Claude Péret, Le monde extraordinaire de Jules Verne, Editions Cheminements, (ISBN 978-2-84478-470-4) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Olivier et Patrick Poivre d'Arvor, Le monde selon Jules Verne, France Loisirs, 2004.
  • François Raymond, Simone Vierne (dir), Jules Verne et les sciences humaines, colloque de Cerisy, Paris UGE, 10/18 1979 communications de Ray Bradbury, Alain Buisine, Daniel Compère, Jean Delabroy, Béatrice Didier, Olivier Dumas, Françoise Gaillard, Marie-Hélène Huet, Dominique Lacaze, Jacques Neefs, Robert Pourvoyeur, François Raymond, François Rivière, Guy Rosa, Jean-Luc Steinmetz, Simone Vierne.
  • Gilles de Robien, Jules Verne, le rêveur incompris, Michel Lafon, 2005, 303 p. (ISBN 978-2-7499-0246-3)
  • Gonzague Saint Bris, Sur les pas de Jules Verne, illustrations Stéphane Heuet, Presses de la Renaissance, 2005
  • Michel Serres,Jouvences sur Jules Verne, Les Éditions de Minuit, 1974. 291 p.
  • Michel Serres & Jean-Paul Dekiss, Jules Verne, la science et l'homme contemporain, Éditions le Pommier, Paris, 2003 (ISBN 978-2-7465-0153-9)
  • (en) Brian Taves, Hollywood Presents Jules Verne : The Father of Science Fiction on Screen, Lexington (Kentucky), The University Press of Kentucky, (ISBN 9780813161129)
  • Marc Soriano, Jules Verne, le cas Verne, Julliard, (ISBN 2260001165)
  • Jean Jules Verne, Jules Verne, Hachette, 1973.
  • Simone Vierne,
    • Jules Verne et le roman initiatique, Les Éditions du Sirac, 1973, 780 p.
    • Jules Verne, mythe et modernité, Presses Universitaires de France, 1989, 173 p.

Revues entièrement consacrées à Jules Verne

  • Bulletin de la Société Jules-Verne, première série, 13 numéros, de 1935 à 1938[RB 1].
  • Bulletin de la Société Jules-Verne, deuxième série, 189 numéros, depuis 1966.
  • Cahiers du Centre d'études verniennes et du Musée Jules Verne, 10 numéros, de 1981 à 1996.
  • Le Jules Verne, bulletin du Centre de Documentation Jules Verne, 36 numéros de 1985 à 1996.
  • La Revue Jules Verne, revue du Centre international Jules-Verne, 37 numéros, depuis 1996.

Bibliographie annexe

  • Gérard Chazal, Interfaces : enquêtes sur les mondes intermédiaires, éditions Champ Vallon, coll. « Milieux », (ISBN 978-2-87673-351-0). Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Stéphane Pajot, Nantes histoire de rues, Les Sables d'Olonne, d'Orbestier, , 215 p. (ISBN 978-2-84238-126-4).

Notes et références sur la bibliographie

  1. Piero Gondolo della Riva, « Le Bulletin de la Société Jules-Verne », Revue Jules Verne, no 32, 2011, pages 53-54.

Télévision

  • Jules Verne le mystérieux, film documentaire, Claudine Cerf (scenario), Micheline Paintault (réalisation), coproduction France5/SCEREN-CNDP, 2005.

Poésie

  • Alain Frontier, Le voyage ordinaire, Paris, éditions Cheval d’attaque, 1976.

Spectacle musical

Articles connexes

Liens externes