Juliette Adam

Juliette Adam
Juliette Adam Nadar 01.jpg
Portrait photographique par Nadar.
Biographie
Naissance

Verberie
Décès
(à 99 ans)
Callian
Sépulture
Nom de naissance
Juliette Lambert
Surnom
Juliette Lamber
Pseudonyme
Juliette Lamber
Nationalité
Activité
Conjoint
Edmond Adam (depuis )
Autres informations
Domaine
Propriétaire de
Religion
Catholicisme (depuis )
Membre de
Prononciation
Œuvres principales
1858 : Idées antiproudhoniennes sur l’amour.
1878 : Laide.
1879 : Grecque.
1883 : Païenne.
1902-1910 : Mes souvenirs.
1913 : Chrétienne.
1922 : L’Angleterre en Égypte.
signature de Juliette Adam
signature

Juliette Lambert, épouse Adam Écouter, née[1] le à Verberie et morte dans sa centième année, le à Callian, est une écrivaine, polémiste, salonnière féministe et républicaine française.

Biographie

Juliette Lambert, fille d’un médecin de province, le docteur Jean-Louis Lambert, épouse l'avocat Alexis La Messine, puis, veuve en 1867, l'avocat Edmond Adam, député de la gauche républicaine, fondateur du Crédit foncier, préfet de police en 1870, puis sénateur inamovible. Elle s’impose dans le Paris du lendemain de la défaite de 1871 qui voit la République s’installer progressivement.

Son salon du 23, boulevard Poissonnière, puis, à partir de 1887, du 190, boulevard Malesherbes, dont Léon Gambetta est le grand homme, est un foyer actif d’opposition à Napoléon III et devient l’un des cercles républicains les plus en vue. S’y retrouvent Adolphe Thiers, Émile de Marcère, Charles de Freycinet, Eugène Pelletan, Gabriel Hanotaux, Edmond About, Louis Blanc, Alphonse Daudet, Camille Flammarion, Georges Clemenceau, l'éditeur Jules Hetzel, le poète Sully Prudhomme, Émile de Girardin, Gustave Flaubert, Louis de Ronchaud, Gaston Paris, Victor Hugo, Guy de Maupassant, Ivan Tourguéniev, Aurélien Scholl ou le Grec Dimítrios Vikélas. Lorsque tombe le Second Empire, c’est parmi les familiers de ce cercle que se recrutent les hommes de gouvernement. Femme d’influence, Juliette Adam se veut l’incarnation de « la Grande Française », déterminée à rendre à la France abaissée son rang en Europe, jusqu’au bellicisme et à la xénophobie. Elle sera notamment l’apôtre d’une alliance avec la Russie.

Amie de George Sand, de Julie-Victoire Daubié et de Marie-Anne de Bovet[2], elle se détache de Gambetta lorsqu’il accède à la présidence de la Chambre et se tourne vers la littérature. En 1879, elle fonde La Nouvelle Revue[3], qu'elle anime pendant vingt ans, jusqu'en 1899 où elle la revend à Pierre-Barthélemy Gheusi. Elle y publie notamment les premiers romans de Paul Bourget ou Le Calvaire d'Octave Mirbeau. Elle encourage également les débuts littéraires de Pierre Loti, d'Alexandre Dumas fils[4] et de Léon Daudet.

Conduite par une santé prétendument chancelante, qui ne l’empêchera pas de vivre presque centenaire, elle découvre Golfe-Juan où elle achète, en , un terrain pour y construire une villa nommée « Les Bruyères », lançant la vogue de cette station balnéaire.

Le , elle achète, à Gif-sur-Yvette, le domaine de l’Abbaye, où elle vit de 1904 jusqu’à sa mort en 1936.

Elle fait partie du premier jury du prix Vie Heureuse, l’ancêtre du prix Femina créé, en , par des femmes de lettres comme la comtesse de Noailles, Séverine, Daniel Lesueur, Jean Bertheroy, etc.

Elle est la présidente lors de la création en mars 1915 de la Croisade des Femmes françaises, avec Julie Siegfried et Jeanne Loiseau, cette dernière lui succédant à la présidence en 1916 jusqu'à l'Armistice ; le mouvement avait 10 000 adhérentes en 1916.

Convertie au catholicisme en 1905[5], elle est inhumée au cimetière du Père-Lachaise (54e division)[6].

Hommages

  • Le roman Pêcheur d'Islande de Pierre Loti lui est dédié avec la mention : « Hommage d'affection filiale ».
  • Un collège[7],[8] et une rue de Gif-sur-Yvette portent le nom de Juliette Adam.
  • Une avenue de Golfe-Juan et une rue de sa ville natale de Verberie ont également reçu son nom.
  • Une rue de Chauny porte son nom de naissance, Juliette Lambert (avec un « t »).
  • Paris lui a rendu hommage en attribuant, par un arrêté du 5 juin 1897, son nom de plume, Juliette Lamber (sans « t »), à une rue du 17e arrondissement.
  • Une rue de Brive-la-Gaillarde lui rend hommage (arrêté de 1936).

Œuvres

Juliette Adam par Nadar.
  • Juliette La Messine, Idées antiproudhoniennes sur l’amour, la femme et le mariage, Paris, A. Taride, (lire en ligne)
    Nouvelle édition, par Juliette Lamber, Paris, Michel Lévy frères, 1868.
  • Juliette Lamber (Mme Edmond Adam), Le Siège de Paris : Journal d’une Parisienne, Paris, Michel Lévy, (lire en ligne)
    Devenu le tome IV des Souvenirs
  • Juliette Lamber, Laide, Paris, Calmann-Lévy et Librairie Nouvelle, (lire en ligne).
  • Juliette Lamber, Grecque, Paris, Calmann-Lévy, , 12° (OCLC 561638498, lire en ligne).
  • Juliette Lamber (Mme Adam), Païenne, Paris, P. Ollendorff, , iii, 237 p., in-8° (OCLC 250122327, lire en ligne).
  • Madame Juliette Adam (Juliette Lamber), Mes souvenirs, 7 vol., Paris, A. Lemerre, 1902-1910 :
    • I. Le Roman de mon enfance et de ma jeunesse, 1902 ;
    • II. Mes premières armes littéraires et politiques (1855-1864), 1904 ;
    • III. Mes sentiments et nos idées avant 1870 (1865-1870), 1905 ;
    • IV. Mes illusions et nos souffrances pendant le siège de Paris, 1906 ;
    • V. Mes angoisses et nos luttes (1871-1873), 1907 ;
    • VI. Nos amitiés politiques avant l’abandon de la Revanche (1873-1877), 1908 ;
    • VII. Après l’abandon de la Revanche (1877-1880), 1910.
  • Juliette Adam, Impressions françaises en Russie, Paris, Hachette, , 244 p. (OCLC 9119324, lire en ligne).
  • Mme Adam (Juliette Lamber), Chrétienne, Paris, Plon, , 321 p. (OCLC 7221369, lire en ligne).
  • Mme Juliette Adam (Juliette Lamber), L’Angleterre en Égypte, Paris, Imprimerie du Centre, , 416 p., in-8° (OCLC 561637018, lire en ligne).

Notes et références

  1. Juliette Adam est née d'Olympe Seron et de Jean-Louis Lambert, médecin. Avant d'opter pour Adam, le nom de son second mari, elle choisit comme nom de plume son propre nom de famille légèrement modifié : Lamber (sans t). La confusion est facile et fréquente entre ce premier pseudonyme (Lamber) et son nom de naissance (Lambert). Mais les travaux de Saad Morcos, et ceux d'Anne Hogenhuis-Seliverstoff, Juliette Adam (1836-1936) : L'instigatrice, pp. 11 et sqq. (consulté le 28 décembre 2010), font autorité : la filiation de Juliette et donc l'orthographe de son patronyme ne peuvent être mis en doute.
  2. Pour la correspondance entre J. Adam et J.-V. Daubié, voir Raymonde A. Bulger (dir.), Lettres à Julie-Victoire Daubié, New York, Peter Lang, (ISBN 978-0-8204-1621-2, lire en ligne).
  3. La Nouvelle Revue, Paris, 1879-1935 (lire en ligne).
  4. Juliette Adam est membre de l'Association pour l'émancipation progressive de la femme, présidée par François Barthélemy Arlès-Dufour, qui diffuse La Question de la femme d'Alexandre Dumas fils.
  5. Anne Hogenhuis-Seliverstoff, Juliette Adam (1836-1936) : L’Instigatrice, Paris, L'Harmattan, , 312 p. (ISBN 978-2-29628-207-0, lire en ligne), p. 275.
  6. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2-91461-148-0), p. 42.
  7. Liste des collèges et lycées de Gif, sur le site de Gif-sur-Yvette.
  8. Collège Juliette-Adam de Gif-sur-Yvette.

Voir aussi

Bibliographie

  • Brigitte Adde (dir.), Et c'est moi, Juliette ! : Madame Adam 1836-1936, Gif-sur-Yvette, éditions de la SAGA (Société des amis de Gif et d'alentour), (ISBN 2-9502628-0-5).
  • (de) Dora Arndt, Juliette Adam (dissertation inaugurale), Wurtzbourg, , 89 p. (OCLC 14186017).
  • Adolphe Badin , Madame Edmond Adam : Juliette Lamber, Paris, Charavay frères,‎ (lire en ligne).
  • Adrienne Blanc-Péridier[1], Une princesse de la Troisième République : Juliette Adam, Éducation intégrale, coll. « Vie et progrès », .
  • Manon Cormier, Madame Juliette Adam : ou l’Aurore de la IIIe République, Bordeaux, Delmas, , 302 p., 8° (OCLC 717818351, lire en ligne).
  • Aldo D'Agostini, « L’Agency de Juliette Adam (1836-1936) : Des lieux, des rôles et des combats pour agir en politique », Rives méditerranéennes, no 41,‎ , p. 101-115 (lire en ligne).
  • Anatole Elliott (préf. Robert Nivelle), Madame Adam (Juliette Lamber) par un de ses camarades vétérans de 1870-71, Plon-Nourrit, (lire en ligne).
  • Anne Hogenhuis-Seliverstoff, Juliette Adam (1836-1936) : l’Instigatrice, Paris, L'Harmattan, (ISBN 978-2-29628-207-0, lire en ligne), p. 275.
  • Saad Morcos, Juliette Adam, Le Caire, .
  • Arlette Schweitz, Les Parlementaires de la Seine sous la Troisième République, vol. 2 : Dictionnaire biographique, Paris, publications de la Sorbonne, coll. « Histoire de la France aux XIXe et XXe siècles », (lire en ligne), « Adam Antoine Edmond », p. 16.
  • (en) Winifred Stephens [Whale], Madame Adam (Juliette Lamber) : La Grande Française ; from Louis Philippe Until 1917, Londres, Chapman and Hall, Ltd., (lire en ligne).

Liens externes

  • Juliette Adam dans le site Europeana.
  • Œuvres numérisées de Juliette Adam dans le site Internet Archive.
  • Œuvres numérisées de Juliette Adam dans le site The Online Books.
  • Juliette Adam dans le site cairn.info, publications de sciences humaines et sociales de langue française.
  • Notices d'autorité : Fichier d’autorité international virtuel • International Standard Name Identifier • Bibliothèque nationale de France (données) • Système universitaire de documentation • Bibliothèque du Congrès • Gemeinsame Normdatei • Service bibliothécaire national • Bibliothèque nationale d’Espagne • Bibliothèque royale des Pays-Bas • Bibliothèque nationale d’Israël • Bibliothèque nationale de Catalogne • Bibliothèque nationale de Suède • WorldCat
  1. Épouse de Julien Péridier.