Jurisconsulte

Un jurisconsulte, mot dérivé du latin juris consultus : « consultant en droit », s'étendait dans certaines anciennes civilisations aux enseignants et aux auteurs du domaine juridique mais plus spécialement aux théoriciens, aux penseurs du droit. C'est à la Rome du IIe siècle av. J.-C. que revient d'avoir, la première, érigé le droit en doctrine.

Sous la République romaine

À l'époque, les jurisconsultes étaient issus des plus grandes familles. Ils étaient des juristes renommés, auteurs ou pédagogues. Ils n'étaient pas payés pour les conseils qu'ils donnaient en matière de droit car cela était considéré comme déshonorant[1].

Les avis de droit des jurisconsultes formaient ce qu'on appelait, au sens romain du terme, la jurisprudence (iuris prudentii) c'est-à-dire littéralement : le droit des prudents, ceux-ci considérés alors comme des personnes avisées qui réfléchissaient à des solutions de droit.

Parmi les célèbres juristes, citons Mucius Scævola, consul en -133, son fils Quintus Mucius Scævola, consul en -95 et leur cousin Q. Mucius Scævola l'Augure, consul en -117.

Sous l'Empire romain

Sous Hadrien, le juriste Salvius Iulianus, dit Julien, publie sous le nom d'édit perpétuel une compilation des édits des préteurs, amorçant une centralisation et une remise en ordre du corpus juridique.

Les empereurs du IIe siècle et surtout du début du IIIe siècle délèguent un rôle judiciaire de plus en plus important aux préfets du prétoire. L'évolution sociale et la sollicitation à l'échelle de l'Empire obligent à l'évolution du droit, dont s'acquittent les services de la préfecture du prétoire.

Parmi les grands juristes de cette époque, on peut citer Ulpien, Paul et Gaius. Leurs écrits feront longtemps autorité en matière juridique. (Voir Loi des citations).

Évolution

Au XXIe siècle, la Cour européenne des droits de l'homme se dote d'un jurisconsulte dont la fonction est d'assurer la qualité et la cohérence de sa jurisprudence.

Notes et références

  1. Michel Morin, Introduction historique au droit romain, au droit français et au droit anglais, Montréal (Québec), Les Éditions Thémis, , 395 p.