Raymond Poincaré

Raymond Poincaré
Portrait officiel du président Poincaré.
Portrait officiel du président Poincaré.
Fonctions
Sénateur de la Meuse

(14 ans, 8 mois et 24 jours)
Élection
Réélection
Prédécesseur Charles Humbert
Successeur Arthur Mirouel
Président du Conseil des ministres français
et ministre des Finances jusqu'au 11 novembre 1928

(3 ans et 3 jours)
Président Gaston Doumergue
Gouvernement Poincaré IV et V
Législature XIIIe et XIVe
Coalition Centre droit
(AD-RI-RRRS-PRS-FR)
Prédécesseur Édouard Herriot
Successeur Aristide Briand
Henry Chéron
Président du Conseil des ministres
et ministre des Affaires étrangères

(2 ans, 4 mois et 17 jours)
Président Alexandre Millerand
Gouvernement Poincaré II et III
Législature XIIe
Coalition Bloc national
(ARD-FR-RI-dis. radicaux-DVD)
Prédécesseur Aristide Briand
Successeur Frédéric François-Marsal
Président de la République française

(7 ans)
Élection 17 janvier 1913
Président du Conseil Aristide Briand
Louis Barthou
Gaston Doumergue
Alexandre Ribot
René Viviani
Aristide Briand
Alexandre Ribot
Paul Painlevé
Georges Clemenceau
Alexandre Millerand
Prédécesseur Armand Fallières
Successeur Paul Deschanel
Président du Conseil des ministres français
et ministre des Affaires étrangères

(1 an et 7 jours)
Président Armand Fallières
Gouvernement Poincaré I
Législature Xe
Coalition Gauche
(RRRS-RI-SI-PRD-UR)
Prédécesseur Joseph Caillaux
Successeur Aristide Briand
Ministre des Finances

(2 ans, 3 mois et 19 jours)
Président Gaston Doumergue
Président du Conseil Lui-même
Gouvernement Poincaré IV
Prédécesseur Anatole de Monzie
Successeur Henry Chéron

(7 mois et 11 jours)
Président Armand Fallières
Président du Conseil Ferdinand Sarrien
Gouvernement Sarrien
Prédécesseur Pierre Merlou
Successeur Joseph Caillaux

(7 mois et 27 jours)
Président Sadi Carnot
Jean Casimir-Perier
Président du Conseil Charles Dupuy
Gouvernement Dupuy II
Dupuy III
Prédécesseur Auguste Burdeau
Successeur Alexandre Ribot
Ministre des Affaires étrangères

(2 ans, 4 mois et 24 jours)
Président Alexandre Millerand
Président du Conseil Lui-même
Gouvernement Poincaré II
Poincaré III
Prédécesseur Aristide Briand
Successeur Edmond Lefebvre du Prey

(1 an et 7 jours)
Président Armand Fallières
Président du Conseil Lui-même
Gouvernement Poincaré I
Prédécesseur Justin de Selves
Successeur Charles Jonnart
Ministre de l'Instruction publique, des Beaux-Arts et des Cultes

(9 mois et 6 jours)
Président Félix Faure
Président du Conseil Alexandre Ribot
Gouvernement Ribot III
Prédécesseur Georges Leygues
Successeur Émile Combes

(7 mois et 29 jours)
Président Sadi Carnot
Président du Conseil Charles Dupuy
Gouvernement Dupuy I
Prédécesseur Charles Dupuy
Successeur Eugène Spuller
Titulaire du fauteuil 34 de l'Académie française

(25 ans, 6 mois et 27 jours)
Prédécesseur Émile Gebhart
Successeur Jacques Bainville
Biographie
Nom de naissance Raymond Nicolas Landry Poincaré
Date de naissance
Lieu de naissance Bar-le-Duc (France)
Date de décès (à 74 ans)
Lieu de décès Paris XVIe (France)
Nature du décès Embolie pulmonaire
Nationalité française
Parti politique PRD-ARD
Conjoint Henriette Benucci
Diplômé de Université de Paris
Université de Nancy
Profession Avocat, journaliste
Religion Catholique

Raymond Poincaré
Présidents de la République française

Raymond Nicolas Landry Poincaré, né le à Bar-le-Duc (Meuse) et mort le à Paris, est un homme d'État français. Il est le président de la République française du au .

Ministre à plusieurs reprises, président du Conseil des ministres puis président de la République de 1913 à 1920, Raymond Poincaré fut l'une des plus grandes figures politiques de la IIIe République. Il fut également l'un des personnages centraux de la Première Guerre mondiale, conflit durant lequel il appela « le Tigre », Georges Clemenceau, à la présidence du Conseil, en 1917.

Biographie

Origines familiales et études

(Voir plus bas le paragraphe Généalogie).

Raymond Poincaré dans la trentaine.

Raymond Poincaré naît dans une famille aisée. Il est le fils de Nicolas dit Antoni Poincaré (1825-1911), polytechnicien (1845), ingénieur, puis inspecteur général des Ponts et Chaussées. Sa mère, issue de la famille du général Florentin Ficatier, est profondément croyante[1].

Par ailleurs, il est l'arrière-petit-fils de Jean Landry Gillon, député sous le règne de Louis-Philippe ; il est également le neveu d'Emile Poincaré, doyen de la faculté de médecine de Nancy, le frère aîné de Lucien Poincaré, directeur de l'Enseignement secondaire au ministère de l'Instruction publique et des Beaux-Arts, et le cousin germain du mathématicien et savant Henri Poincaré[2].

Comme beaucoup de personnes de sa génération, il est marqué par la défaite de 1870. La maison parentale est réquisitionnée par l'occupant prussien[1]. Après des études à Nancy, il termine sa scolarité au lycée Louis-le-Grand à Paris avant de poursuivre des études de droit à la faculté de droit de Paris. Licencié en droit et en lettres, il devient avocat stagiaire et finit major de la conférence du barreau[1]. Il commence également une carrière journalistique dans la presse républicaine[1].

Les débuts dans la politique

Caricature de Poincaré par le Canadien Boardman Robinson (vers 1923).

Il devient secrétaire de Me Henry du Buit, célèbre avocat d'affaires. En 1883, il prononce un discours à l'ouverture de la Conférence des Avocats dans lequel il fait l'éloge du républicain Jules Dufaure, ancien bâtonnier et ex-président du Conseil décédé deux ans auparavant :

« S'il est à souhaiter que l'éloge d'un mort illustre éveille chez nous le désir de l'imiter, le simple récit de la vie de Dufaure contiendra, je crois, pour notre génération, un précieux exemple de travail, d'indépendance et de dignité. »

— Éloge de Dufaure à l'ouverture de la Conférence des Avocats 1883, Barreau de Paris

Formé à la politique par Jules Develle dont il est, pendant dix-huit mois, directeur de cabinet au ministère de l'Agriculture en 1886, élu ensuite conseiller général du canton de Pierrefitte dans la Meuse, Poincaré se forge une réputation de républicain modéré et conciliant dès son premier mandat de député de la Meuse en 1887. Cela n'empêche pas ce fils de polytechnicien, entré avec réticence sur la scène politique, de s'y imposer rapidement.

En 1895, il ouvre son propre cabinet, qui obtient rapidement un grand succès et détient une clientèle très prestigieuse pour les affaires de presse, les affaires littéraires — il est notamment l'avocat de l'écrivain Jules Verne[3] — et le droit des sociétés. Poincaré a parmi ses clients les plus grandes entreprises industrielles et financières du moment.

La carrière parlementaire

Raymond Poincaré.

Il entre en politique en 1887, en se faisant élire député de la Meuse ; il est alors le benjamin de l'hémicycle. En 1892, il est rapporteur de la commission des Finances, au moment du scandale de Panama, et est réélu l'année suivante.

À trente-six ans, il a déjà été trois fois ministre : de l'Instruction publique (1893), sous Dupuy, puis des Finances dans le second cabinet Dupuy, après la victoire électorale des modérés (1894-1895), et de nouveau chargé de l'Instruction publique, dans le cabinet Ribot, en 1895. Il est partisan de la laïcité mais éloigné de l'anticléricalisme radical. Il prône en effet une « école neutre », dont la vocation serait de produire de vrais patriotes. Poincaré devient alors l'un des chefs de file en vue des modérés, qui arborent l'étiquette « progressiste » qui a remplacé l'ancienne appellation d'« opportunisme » utilisée par Gambetta et Jules Ferry. Au fil du temps, ces « républicains progressistes » évoluent du centre gauche vers le centre droit, suivant le phénomène du sinistrisme.

Durant l’affaire Dreyfus, il adopte une attitude prudente. Il fait d'abord partie de ceux qui souhaitent étouffer un scandale qu'ils jugent contraire à la raison d'État. Il se rallie finalement au camp dreyfusard, plus par légalisme que par conviction[Quoi ?] .

Bien que républicain et laïque — signe sûr, à la Belle Époque, d'une appartenance à la gauche — Poincaré demeure cependant prudent envers les gauches, et reste très modéré. En juin 1899, le président de la République Émile Loubet le pressent comme président du Conseil[4]. Mais il n'arrive pas à mettre d'accord les différentes tendances républicaines pour composer un gouvernement, tandis que Clemenceau déclarait :

« Le don de Poincaré n'est pas à dédaigner : c'est l'intelligence. Il pourrait faire remarquablement à côté de quelqu'un qui fournirait le caractère[4] »

Aussi Poincaré conseille-t-il à Loubet d'appeler plutôt Waldeck-Rousseau[4], qui forme un cabinet de Défense républicaine. Néanmoins, Poincaré s'oppose à celui-ci [réf. nécessaire], et plus encore, après la victoire du Bloc des gauches aux élections de 1902, à la politique anticléricale d’Émile Combes. En tant que membre de l'Alliance libérale démocratique (centre-droit), il soutient cependant, de façon générale, le cabinet combiste.

Plus tard, c'est au Sénat que Poincaré décida de se présenter. Il est élu sénateur de la Meuse en 1903. A la chambre haute, bien que chacun lui reconaisse une vaste culture classique, ses discours sont jugés monotones desservis par une voix haut perchée[1]. Il quitte le Sénat en 1913, date à laquelle il est élu à l'Élysée, puis reprend ses fonctions en 1920 et ce jusqu'en 1934, date de son décès.

En 1906, Clemenceau, qui juge pourtant Poincaré un peu trop mou — c'est lui qui aurait inventé l'expression « poincarisme » dans son hebdomadaire Le Bloc du [5] — lui propose néanmoins d'entrer dans son gouvernement. Poincaré, peut-être par animosité, s'y refuse[5].

Bien davantage du fait de sa proximité avec le milieu littéraire qu'en raison de sa notoriété littéraire (il n'a jusqu'alors publié que trois modestes études), il est élu à l’Académie française en 1909[1]. Il est également professeur aux écoles HEI-HEP.

Président du Conseil (1912-1913)

En janvier 1912, il est nommé président du Conseil et forme un gouvernement de républicains modérés avec Briand à la Justice ; Théophile Delcassé à la Marine ; Jules Pams à l'Agriculture ; Albert Lebrun aux Colonies et Léon Bourgeois au Travail et à la Prévoyance sociale. Il s'octroie le portefeuille des Affaires étrangères et se donne comme ligne diplomatique le rapprochement avec l'Angleterre, la consolidation de l'alliance avec l'empire des tsars et la fermeté avec l'Allemagne. La presse parisienne lui fait alors une réputation flatteuse de détermination[1].

Du 6 au , il est en visite officielle en Russie dans le cadre de l'alliance franco-russe et assiste à des revues militaires.

L'élection présidentielle de janvier 1913

Le Petit Journal annonçant l'élection de Raymond Poincaré.

Alors que le mandat présidentiel d'Armand Fallières touche à sa fin, Poincaré se présente comme candidat à l'élection présidentielle de janvier 1913. Le président du Conseil est en lice face au président de la Chambre, Paul Deschanel, et au président du Sénat, Antonin Dubost. Avec Clemenceau, les radicaux soutiennent Jules Pams, le ministre de l'Agriculture, une personnalité considérée comme effacée et dont la candidature vise essentiellement à contrer Poincaré[5].

Selon la tradition républicaine, un scrutin préparatoire a lieu pour choisir le candidat du « camp républicain » ; les « modérés » (républicains de droite) d'un côté, de l'autre les socialistes, refusent toutefois d'y participer. Au troisième tour, Pams l'emporte avec 323 voix contre 309 pour Poincaré, classé à gauche à l'époque (dreyfusard, laïc, il s'était marié civilement, puis religieusement en 1912[5]). La discipline républicaine aurait voulu que, battu à ces primaires, il se retire, et c'est ce que lui demande une délégation conduite par Combes et Clemenceau[5].

Mais Poincaré refuse, sachant que lors du scrutin officiel, il serait soutenu par la droite républicaine : il se présente donc à Versailles, et est élu le au deuxième tour, avec 482 voix contre 296 à Pams et 69 pour le socialiste Édouard Vaillant[5]. Clemenceau conservera une rancune tenace contre Poincaré pour n'avoir pas respecté la discipline républicaine, que lui-même respectera lors de l'élection présidentielle de 1920.

L'Élysée (1913-1920)

Extrait d'une caricature de L'Humanité publiée le 27 mai 1913, montrant Clemenceau et Poincaré réconciliés dans un soutien commun à la loi des trois ans.

Son mandat de chef de l'État va évidemment être marqué par la Première Guerre mondiale, pendant laquelle il est l'artisan de l'Union sacrée politique et sociale, aux côtés de René Viviani, d'Aristide Briand puis de Georges Clemenceau.

Rôle dans le déclenchement de la Grande Guerre

Son rôle dans le déclenchement de la guerre est discuté. Il a poussé à la fermeté la Russie lors de son voyage officiel du 13 au en Russie, afin de renforcer les alliances deux semaines après l'attentat de Sarajevo[6]. Il aurait dit : « si les Allemands ne créaient pas d'incident de frontière on saurait bien les y forcer… »[7].

Maurice Paléologue, alors ambassadeur de France à St-Petersbourg, racontera également en 1921, alors que l'Union sacrée n'a plus cours, que Poincaré aurait donné un "coup de clairon" à Nicolas II sur la situation politique d'alors [8]. Il ajoutera que cette visite avait ravivé l'enthousiasme pour la guerre dans l'entourage de l'empereur russe, notamment chez la grande duchesse Anastasia qui aurait déclaré : « La guerre va éclater… Il ne restera plus rien de l’Autriche… Vous reprendrez l’Alsace et la Lorraine… Nos armées se rejoindront à Berlin… L’Allemagne sera détruite… »[8].

D'autre part, avec Briand et Clemenceau, et contre Jaurès et la SFIO, il soutient la loi des trois ans, votée en juillet 1913, qui prolonge le service militaire à trois ans. En échange, il concède au Parlement hostile à la guerre un impôt progressif sur le revenu dont le débat s'ouvre au Sénat le 3 juillet 1914, quelques jours après l'attentat de Sarajevo [9]. C'est cependant une mesure très peu appréciée jusque dans son propre parti, et une intervention militaire parait alors bienvenue pour enterrer le débat [10].

De plus, Abel Ferry alors sous-secrétaire d’État à la défense nationale, raconte que les ministres du gouvernement de Poincaré poussaient à aller à l'encontre de la demande anglaise, qui préconisait de retenir l'armée russe d'une entrée en guerre en juillet 1914 [11].

Enfin, Poincaré aurait déclaré vouloir préserver la paix en ordonnant un éloignement de 10 km de la frontière franco-allemande des troupes de couverture [12] en juillet 1914. Cependant cet ordre sera qualifié de "purement diplomatique" et "pour l'opinion publique anglaise", et sera en effet officiellement levé le 2 août 1914, 24h avant la déclaration de guerre allemande [13].

La part qu’il prit ainsi au déclenchement de la Première Guerre mondiale, lui valut le surnom de « Poincaré la Guerre » [14], surnom qui sera repris jusqu'en 1920 par Édouard Herriot, déclarant au sein de l’Assemblée nationale : « Vous portez une responsabilité terrible, Poincaré-la-guerre »[15]. L'historiographie récente a montré que Poincaré porte une part de responsabilité réelle dans la mort du « concert européen » tel qu'il avait existé au XIXe siècle[16].

Pendant la guerre

Déclaration du Gouvernement à la Chambre des députés et au Sénat, lue par René Viviani, président du Conseil. Paris, 4 août 1914. Archives nationales de France.

Le 4 août, son message est communiqué aux Chambres par René Viviani : la France « sera héroïquement défendue par tous ses fils, dont rien ne brisera devant l’ennemi, l'Union sacrée, et qui sont aujourd’hui fraternellement assemblés dans une même indignation contre l’agresseur, et dans une même foi patriotique ». Il participa à la cérémonie du transfert des cendres de Rouget de Lisle aux Invalides le , dans lequel il prononça un discours célèbre dans lequel il explique sa vision du déclenchement de la Première Guerre mondiale.

Il n'hésite pas, parfois au péril de sa vie, à venir au front (essentiellement dans la Meuse et dans la Somme) afin de juger du moral des troupes et des populations déplacées. Il visite à plusieurs reprises la partie de l'Alsace redevenue française dès le  : au col de la Schlucht, à Thann, Masevaux, Saint-Amarin et Dannemarie entre le et le .

Malgré tout, la population est amère face aux centaines de milliers de morts : en 1917, un photographe du journal L’Humanité, lors d'une visite d'un cimetière militaire aux côtés de l'ambassadeur des États-Unis, surprend un rictus et fait paraître une photographie de Poincaré, le surnommant : « Poincaré, la guerre, l'homme qui rit dans les cimetières. »

Fin 1917, il nomme le radical-socialiste Clemenceau, qu'il n'apprécie guère mais dont il admire la fermeté de caractère, comme président du Conseil. Son rôle devient alors plus discret, et il se plaint même, dans ses écrits, d'être mis de côté. Il conserve toutefois une certaine influence : selon l'historien Michel Winock, une certaine forme de cohabitation se met en place entre les deux hommes.

Dans les dernières semaines de la guerre, il est partisan avec Pétain de poursuivre les Allemands jusque chez eux alors que Clemenceau qui estime que la guerre a été suffisamment meurtrière veut obtenir un armistice dans les meilleurs délais[1]. Il est par la suite littéralement exclu par Clemenceau des négociations du traité de Versailles[1].

Après la guerre

Sa présidence nous est bien connue notamment par ses mémoires en dix volumes Au service de la France qu'il publie entre 1926 et 1934. On y découvre un chef d'État désabusé par les limitations de sa fonction. À la différence de ses prédécesseurs, il s'efforce de dépasser le rôle de représentation et de magistère moral qui est alors celui du président de la République, en faisant connaître son avis personnel et en agissant par des intermédiaires. Il doit néanmoins rester dans le cadre contraint auquel la Constitution le limite[1].

Après sa présidence

Tract pour les élections législatives de 1932 faisant référence à la « prophétie » de Raymond Poincaré.

Dès 1920, alors que son mandat n'est pas achevé, il se fait élire sénateur de la Meuse. Aristide Briand ayant démissionné de la présidence du Conseil à la suite des critiques subies du fait de ses prises de position en matière de politique étrangère à la Conférence de Cannes, Poincaré accepte de redevenir président du Conseil en janvier 1922, à la demande du président de la République, Alexandre Millerand.

Malgré tout, il n'est pas apprécié par la gauche. Le , dans un discours à Charenton, Paul Vaillant-Couturier l'attaque : « Il est l'homme du militarisme et de la petite-bourgeoisie. Il est le défenseur des petits-bourgeois porteurs de valeurs russes. Il est surtout celui qui, par sa diplomatie secrète, déchaînera demain sur le pays une nouvelle guerre. »[17].

Face à l’Allemagne, qui refuse de payer les « réparations de guerre », Raymond Poincaré a recours à la force, faisant occuper la Ruhr. Mais sa politique de rigueur budgétaire le rend impopulaire et[réf. nécessaire], en 1924, après la victoire du Cartel des gauches, il doit présenter sa démission, tout comme le président Millerand.

On le rappelle à la tête du gouvernement en 1926, devant l’ampleur de la crise financière. Il forme alors un cabinet d’union nationale, en conservant Briand aux Affaires étrangères, et en revenant à une politique d’austérité financière ; le franc germinal est remplacé par le franc Poincaré d’une valeur cinq fois moindre, dévaluation qui se borne à entériner le change réel. Il parvient cependant à présenter un budget en équilibre, ce qui n'arrivera plus qu'en 1965 ensuite[18]. Malade et fatigué, il démissionne en 1929. Sénateur, il meurt dans la gêne (le Parlement dut voter une pension à sa veuve)[19] le en son domicile situé 26 rue Marbeau dans le 16e arrondissement, il est inhumé à Nubécourt (Meuse), dans son département natal.

Mandats électifs

Poincaré par Pierre Carrier-Belleuse.

Fonctions gouvernementales

  • Ministre de l'Instruction publique en 1893 puis en 1895.
  • Ministre des Finances en 1894.

Il fut cinq fois président du Conseil :

Décorations

Généalogie

Œuvres de Raymond Poincaré

Postérité

Notes et références

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i et j Rémy Porte, « Raymond Poincaré, le président de la Grande Guerre », Nouvelle Revue d'Histoire, n°88 de janvier-février 2017, p. 44-46
  2. Le patronyme Poincaré désigne celui qui avait le « poing carré », surnom d'un homme fort ou bagarreur (dans le même esprit, on trouve les patronymes Poindefer et Poindefert (pour « poing de fer ») en Normandie et en Picardie). Nom de famille porté notamment dans la Haute-Marne. On trouve aussi des variantes du patronyme avec la même signification : Poincarré, Poincarret (Sources : Généanet.org/onomastique).
  3. « Jules Verne : Les thèmes », sur Encyclopédie Larousse en ligne (consulté le 18 février 2015).
  4. a, b et c Michel Winock, Clemenceau, éd. Perrin, 2007, p. 283.
  5. a, b, c, d, e et f Winock, 2007, op. cit., p. 388.
  6. (en) Sean McMeekin, The Russian Origins of the First World War, Harvard University Press, (ISBN 9780674063204, présentation en ligne).
  7. « Raymond Poincaré : ancien chasseur à pied, mais à cheval sur les principes ».
  8. a et b Maurice Paléologue, Revue des Deux Mondes, t. 1, (lire sur Wikisource)
  9. « L'impôt sur le revenu, une marche vers la guerre date=11 juillet », sur herodote.net, france,
  10. Épisode L'été 1914 de la série L'autre avant-guerre par Henri Guillemin, d'une durée de 29 minutes. Visionner l'épisode en ligne
  11. Abel Ferry,, Les carnets secrets d'Abel Ferry, 1914-1918,
  12. général Legrand-Girarde, Opérations du 21e Corps d’Armée,
  13. Gustave Dupin, M. Poincaré et la guerre de 14, Aviso éditions,
  14. Poincaré.
  15. Les grands discours parlementaires de la Troisième République.
  16. « L'historien des relations internationales Georges-Henri Soutou », Entretien, La Nouvelle Revue d'Histoire, no 86, septembre-octobre 2016, p. 6-9.
  17. Raymond Poincaré, François Roth, 2001.
  18. Georges Valance, VGE, une vie, Flammarion, Paris, 2011 (p. 188).
  19. George Delamare, Vingt années sans guerre, Paris, France-littérature, , 264 p., p. 198.
  20. Généastar : ascendants de Raymond Poincaré.

Voir aussi

Bibliographie

  • Henry Girard, Raymond Poincaré, chez lui, au Parlement, à l'Élysée, A. Méricant, 1913.
  • René Dumesnil, Poincaré, Flammarion, vers 1930.
  • Gaston Gros, M.. Poincaré mémorialiste (sa psychologie), Ed. Baudinière, 1930.
  • Dr Georges Samné, Raymond Poincaré, Politique et personnel de la IIIe République, Les œuvres représentatives, 1933.
  • Charles Croix, « La famille de Poincaré est-elle bourguignonne ? », dans Le Pays Lorrain, 1935, p. 331-333.
  • Fernand Payen, Raymond Poincaré, chez lui, au Parlement, au Palais, Grasset, 1936.
  • Jacques Chastenet, Raymond Poincaré, Julliard, 1948.
  • Pierre Miquel, Raymond Poincaré, Paris, Fayard, 1961 (prix Broquette-Gonin de l'Académie française).
  • Pierre Miquel, Les Souvenirs de Raymond Poincaré, publication critique du XIe tome avec Jacques Bariéty, Plon, 1973.
  • Daniel Amson, Raymond Poincaré, l'acharné de la politique, Tallandier, 1997.
  • John Keiger, Raymond Poincaré, Cambridge, Cambridge University Press, 1997.
  • Stanislas Jeannesson, Poincaré, la France et la Ruhr, 1922-1924 : histoire d'une occupation, Strasbourg, Presses universitaires de Strasbourg, coll. « Les mondes germaniques », , 432 p. (ISBN 2-86820-689-1).
  • François Roth, Raymond Poincaré, Paris, Fayard, 2000.
  • Alain Ostenga et Christian Gérini, Raymond Poincaré. Ce que demande la cité, Pierrefeu du Var, Éditions Nouvelles Mémoires, diffusion : HDiffusion, 6 rue de la Sorbonne, 75005 Paris, 2010.
  • Georges Valance, Poincaré, Perrin, 2017, 490 pages.

Sources utilisées

  • Nicolas Honecker, Les Visites des chefs d'État français en Lorraine, Éditions Lacour, 2006.
  • Michel Winock, 2007, Clemenceau, éd. Perrin.

Articles connexes

Liens externes