Alger

Alger
(ar) الجزائر العاصمة
(El-Djaza'ir al-ʿāṣima)
Image illustrative de l'article Alger
Blason de Alger
Noms
Nom arabe الجزائر العاصمة
(El-Djaza'ir al-ʿāṣima)
Nom berbère ⴷⵣⴰⵢⴻⵔ (Dzayer)
Administration
Pays Drapeau de l'Algérie Algérie
Wilaya Alger
Code postal 16000
Indicatif 021 / 023
Démographie
Gentilé Algérois, Algéroise
Population 2 481 788 hab. (2008[1])
Densité 2 086 hab./km2
Population de l'agglomération 7 796 923 hab.
Géographie
Coordonnées 36° 46′ 34″ nord, 3° 03′ 36″ est
Altitude Min. 2 m – Max. 424 m
Superficie 1 190 km2
Localisation

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Alger
Liens
Site de la commune Site officiel de la Wilaya d'Alger

Alger (en arabe : الجزائر (Al-Jazā'ir)[note 1],[2], en berbère : ⴷⵣⴰⵢⴻ (Dzayer ou Lezzayer)[3]), surnommée El Bahja (« la Joyeuse »), El Mahrussa (« la bien-gardée ») ou El Beida « la blanche, est la capitale de l'Algérie et en est la ville la plus peuplée. Située au bord de la mer Méditerranée, la ville donne son nom à la wilaya dont elle est le chef-lieu. La ville d'Alger est en fait constituée de plusieurs communes et n'a ni personnalité juridique, ni structure d'administration en propre. L'unité urbaine d'Alger comptait 2 481 788 habitants selon l'Office national des statistiques algérien d'après le dernier recensement de 2008[1]. Avec 4,4 millions d'habitants selon le ministère des Affaires étrangères français[4], tandis que l'agglomération en comptait environ 6 727 806 habitants en 2010 suivant le classement des 100 plus grandes villes du monde par World Gazetteer[5] et 7 796 923 habitants en 2015 selon Population Data[6], Alger est la première agglomération du Maghreb.

Fondée au IVe siècle av. J.-C., comme comptoir phénicien en pays berbère, sous le nom d'Ikosim, elle est occupée par les Romains, les Vandales, les Byzantins et les Arabes puis au début du Moyen Âge par la tribu berbère des Beni-Mezghana. C'est le souverain berbère de la dynastie ziride Bologhine ibn Ziri, au milieu du Xe siècle qui fondera l'Alger actuelle, sous son nom El-Djazaïr ou Lezzayer, employé encore de nos jours pour la désigner en arabe et en berbère. Elle ne prend son rôle de capitale de l'Algérie qu'à partir de la période de la régence d'Alger en 1515. Elle est alors une des cités les plus importantes de la mer Méditerranée entre le XVIe siècle et le début du XIXe siècle, pratiquant le corso, et à laquelle les puissances maritimes versent un impôt pour le passage de leur flotte. Son rôle de capitale du pays sera confirmé lors de la colonisation française où elle devient le siège du gouverneur général de l'Algérie. Alger fut la capitale de la France libre de 1942 à 1944. Depuis l'indépendance de l'Algérie, en 1962, devenue capitale de l’État algérien, elle abrite le siège des institutions politiques du pays en plus de tenir un rôle de premier plan économiquement.

Alger

Sommaire

Toponymie

Plan d'Alger à la fin du XVIIe siècle
Alger en 1683.

Dans les plus anciens documents cartographiques Alger s'est écrit de différentes façons : Alguer ( 1275), Algezira (1300), Zizera (1318), Zizeria (1367) Zizara (1409), Aurger (1339) chez Angelino Dulcert mais dans ces documents se trouve la forme d'Alger (dès le XIVe siècle) qui était prononcée Aldjère, Algir sur la mappemonde de Martin Béhaïm (à la fin du XVe siècle), et enfin, Alger chez Sébastien Cabot (à la moitié du XVIe siècle)[7]. Tous ces noms proviennent de la racine Djezaïr Beni Mezghenna. Le point sur lequel il y a divergence est la signification du nom donné par Bologhine Ibn Ziri. Les premiers à citer Alger furent Ibn Hawqal dans son livre S'urat al Ardh (صورة الارض) et Al Bakri dans des Routes et des Royaumes (كتاب المسالك والممالك) au chapitre sur La route d'Achir à Djzayer Beni Mezghenna (vers l'an 1068)[8]. Le premirer l'écrit (جزائر بني مزغنّاي) le second (جزاير بنى مزغنى) sans qu'aucun d'eux donne la signification du nom. William Mac Guckin de Slane,en traduisant le livre d'Al Bakri ajoute une traduction «îles» pour (جزاير)[9]. Etait-ce une erreur de sa part de vouloir expliquer la langue amazighe par la langue arabe?

La signification du nom donné par Bologhine ibn Ziri voudrait que le nom fût donné en référence aux îles qui faisaient face au port d’Alger à l'époque et qui furent plus tard rattachées à sa jetée actuelle ; en arabe Al-Djaza’ir (الجزائر), « Les Îlots »[10], en français « Les Îles des Mezghenna » (جزاير بني مزغنا Djezaïr Beni Mezghenna). Le terme d'île pourrait, selon des géographes musulmans du Moyen Âge, également désigner la côte fertile de l’actuelle Algérie[11], coincée entre le vaste Sahara et la Méditerranée, apparaissant alors comme une île de vie, Al-Jaza’ir. Ibn Hawqal ne cite qu'une île à un jet de flèche de la côte[12] et Al Bakri n'en cite aucune.

Albert Farhat écrit en se référant à Al Bakri : « célèbre polygraphe andalou, et repris par Louis Mas Latrie[13], dit que la ville s'appelle Djzèyer Beni Mezghanna et l'orthographie en arabe Djzèyèr (ﺟﺯﺍﻳﺮ) et non El-Djaza'ir (الجزائر). De plus, très prolixe dans ses descriptions, il ne précise à aucun moment du chapitre que Djzèyèr signifie « les îles », bien au contraire assimilant le nom de la ville aux Beni Mezghenna.

La version arabe, très claire à ce sujet, fit régulièrement par la suite l'objet d'excès en interprétations. Ainsi, dans la traduction faite par William Mac Guckin de Slane, ce dernier rajouta l'explication « les îles de la tribu Mezghenna », mention qui n'existe nullement dans la version du texte arabe originel. De plus, De Slane orthographia Djazaïr au lieu de Djzèyer tel que transcrit phonétiquement par Al Bakri qui, lui, s'abstint dans son texte de toute interprétation superflue. Nous saurons alors de manière formelle que le nom d'Alger ne comporte pas l'article défini « El » propre à la langue arabe, nous laissant croire que Djzèyer ne fait pas référence à un nom commun, ni à un qualificatif ou adjectif, alors précédés de l'article « El », mais qu'il s'agit plutôt d'un nom propre tout comme Mezghenna, Achir (qui ne se disent pas El-Mezghenna ou El-Achir, etc). Ainsi, le El de El-Djazaïr généralement admis est un rajout ultérieur, ayant induit à une fausse interprétation du nom d'Alger, faisant coïncider la ressemblance phonétique du mot avec la présence d'îlots. La tradition orale, plus conservatrice et au plus près de l'origine n'aura-t-elle pas conservé le vocable alors initial tel que transcrit alors par Al Bakri : Djzèyer/Dzèyer, qui sans l'article El, est plus apte à désigner Ziri que des îlots (sachant en outre qu'en arabe l'île se dit El-Djazira et au pluriel El-Djouzour). Et être un Dziri (c'est-à-dire Algérois), signifie en toute logique davantage être un Ziride (la ville devint sous Bologhine ibn Ziri la capitale de la dynastie Zirides, tribu des Ziri) qu'un îlien ou insulaire. »

L'autre signification attribuerait une origine berbère au nom d'Alger. « Selon Smaïl Medjeber, Alger fut prise par Bologhine ibn Ziri qui lui donne le nom de Ziri pour honorer son père[14] ». Alger vient de l'anthroponyme Ziri[14]qui veut dire clair de lune en berbère. Enfin il faut noter que Al Bakri, repris par Louis Mas Latrie, à plusieurs siècles de distance, confirme le fait que les habitants d'Alger et de ses alentours (Mitidja) étaient Berbères (donc pour l'époque du haut Moyen Âge, une telle distinction révèle la berbérophonie de ces populations) et vivaient à la limite du royaume Hammadides encore en place. Alger ne pouvait signifier « El-Djazaïr/les îles » en parler berbère, d'autant que de fondation Zirides, les At Mezghan (Beni Mezghenna) ont été soumis, à une époque plus ancienne, à la conquête ziride pour devenir les « Zirides Beni Mezghenna » après l'occupation de la ville par Bologhine ibn Ziri .

Géographie

Localisation

Alger est située dans l'Algérois au Nord de l'Algérie.

vue d'ensemble de la ville d'Alger

Topographie

La topographie de la côte algéroise est caractérisée par la succession à partir du rivage actuel et jusqu'à une altitude de plus de 300 mètres, d'une série de gradins, disposés les uns au-dessus des autres comme les marches d'un escalier.

Ces marches interrompent brusquement la continuité des pentes, en général très rapides, qui bordent le littoral algérois.

Hydrographie

Alger est traversée par plusieurs fleuves et plusieurs cours d'eau qu'on nomme indifféremment Oued. Tous les fleuves qui la traversent se jettent dans la méditerranée qui borde toute la côte algéroise. Son système hydrographique est propre au milieu méditerranéen : le débit d’eau est faible mais ses cours d’eau connaissent des crues importantes en cas de pluies. Le massif de Bouzaréah, connu par ses reliefs accidentés, possède un réseau hydrographique très dense, drainé par huit principaux cours d'eau ( Baranès, Sidi Medjber, Frais vallon, jaubert, Scotto Nadal, Chemin du Fort, Birtraria et Oued Koriche ou Oued Atoun ( Ex. Oued Mkacel ). La moitié de ses cours d'eau a été artificialisée et canalisée par des collecteurs enterrés. À l'ouest l'oued Mazafran constitue la frontière entre les wilayas d'Alger et de Tipaza, plus à l'est, entre Chéraga et Aïn Benian, l'embouchure de l'oued Beni messous. À l'est, les oueds El Harrach, El Hamiz et Réghaïa ainsi que la zone dite «le lac de Réghaia », un site d’importance écologique de dimension internationale protégé par la convention de Ramsar, sont particulièrement touchés par la pollution due aux nombreuses usines implantées dans cette zone. L'oued El Harrach bénificie depuis ces dernières années d'un projet d'assainissement et d'aménagement.

La surexploitation des nappes d'eau souterraines en saisons sèches provoquerait un rabattement important du niveau piézométrique, une inversion du sens de l’écoulement souterrain et par conséquent des problèmes d’intrusion marine vers l’aquifère côtier[15]. Le barrage réservoir de Douera (Skalandji) permet le stockage des eaux des oueds Mazafran (39 hm3) et El Harrach (71 hm3). La capacité totale de ce réservoir est de 87 hm3 destiné principalement à l’irrigation de 17 200 ha de la plaine de la Mitidja Centre (17200 ha) et la réalimentation de la nappe par infiltration[16].

Alger est alimentée en eau potable par les barrages de Bouroumi[17], Keddara[18], Beni Amrane[19] et Taksebt[20]et par la station de dessalement d'El Hamma mise en exploitation en mars 2008.

Géologie et relief

L'étude géologique de la région algéroise, peu étendue en surface et formant un rocher qui s'avance dans la mer, révèle qu'en arrière il est recouvert par un cordon de dunes au-delà duquel on retrouve les terrains sédimentaires[21] de la série tertiaire[22].

Dans une esquisse géologique et topographique du littoral d'Alger datant de 1911, il apparaît que ce littoral comprend essentiellement toute la région basse qui borde sur plus de 100 kilomètres le pied de l'Atlas, depuis le massif de Sidi Féredj au Nord de Thénia des Béni Aïcha, jusqu'au Mont Chénoua à l'Ouest de Tipaza[23].

Le relief se caractérise par trois zones longitudinales : Le Sahel, le littoral et la Mitidja.

Climat

Alger bénéficie d'un climat méditerranéen[24] ,[25]. Elle est connue par ses longs étés chauds et secs. Les hivers sont doux et humides[26], la neige est rare mais pas impossible. Les pluies sont abondantes et peuvent être diluviennes. Il fait généralement chaud surtout de la mi-juillet à la mi-août[27]

station de sports d'hiver de Chréa à 50Km d'Alger
Tableau climatologique d'Alger aéroport international, période 1961-1990
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 5,9 6,4 7 9 12 15,6 18,5 19,1 17,1 13,7 9,6 7 11,7
Température moyenne (°C) 11,2 11,9 12,8 14,7 17,7 21,3 24,6 25,2 23,2 19,4 15,2 12,1 17,4
Température maximale moyenne (°C) 16,5 17,3 18,5 20,4 23,5 27 30,6 31,2 29,2 25,1 20,7 17,2 23,1
Record de froid (°C) −11 −8 −5 3,8 3,8 9,4 13,4 13,8 11,6 7,2 −4 −10 −9
Record de chaleur (°C) 24,4 30 36,3 37,2 41,2 44,6 45,2 47,5 44,4 37,7 32,4 29,1 47,2
Précipitations (mm) 80 81,8 73,4 61,1 39,9 16,7 4,6 7,4 34,2 76 96,4 115,2 686,6
Nombre de jours avec précipitations 11,4 10,6 9,7 9,1 7,3 2,5 1,5 2,5 5,3 8,6 11,1 12,1 91,7
Source : NOAA[28]
Diagramme climatique
J F M A M J J A S O N D
 
 
 
16,5
5,9
80
 
 
 
17,3
6,4
81,8
 
 
 
18,5
7
73,4
 
 
 
20,4
9
61,1
 
 
 
23,5
12
39,9
 
 
 
27
15,6
16,7
 
 
 
30,6
18,5
4,6
 
 
 
31,2
19,1
7,4
 
 
 
29,2
17,1
34,2
 
 
 
25,1
13,7
76
 
 
 
20,7
9,6
96,4
 
 
 
17,2
7
115,2
Moyennes : • Temp. maxi et mini °C • Précipitation mm

Risques naturels

Alger est une zone sismique sensible, plusieurs failles sont détectées dans son territoire (Khaïr al Dine, Zemmouri, Sahel, Chenoua, Blida, Thenia). Ces failles au potentiel sismogène différents sont susceptibles de générer des séismes[29]. Le plus violent qui ait jamais été recensé est celui du 3 janvier 1365, par suite duquel Alger fut complètement détruite et en partie inondée[30]. Le dernier séisme important date du et coûta la vie à 20 000 personnes. En outre, plusieurs quartiers furent touchés par le séisme de Boumerdès en 2003 (faille Zemmouri).

En raison de sa situation géographique, Alger est fortement soumise aux risques d'inondation à cause du ruissellement des eaux de pluie des hauteurs de la ville jusqu'aux quartiers situés en contrebas. Ce risque est accentué par plusieurs facteurs liés à une évolution urbaine prenant peu en compte les risques. Plusieurs édifices sont construits sur des lits d'oued, comme au Val d'Hydra.

Le 10 novembre 2001, des pluies diluviennes s'abattirent sur Alger, transformant les lits d'oueds en torrents de boue. Cette catastrophe causa la mort de plus de 700 personnes, majoritairement à Bab El-Oued, un quartier où des immeubles entiers furent détruits[31].


Démographie

Article détaillé : Démographie de l'Algérie.

La wilaya d'Alger comptait 3 759 227 habitants.

La pyramide des âges met en avant une population jeune relativement importante, presque un tiers de la population a moins de 20 ans .Cependant on observe une diminution des naissances à partir de 1983 et une reprise de natalité sur la période 2004/2008.

Pyramide des âges de la wilaya d'Alger en 2008 en pourcentage[32].
Hommes Classe d’âge Femmes
0,5 
80 ans et +
0,58 
1,51 
70 à 79 ans
1,59 
2,30 
60 à 69 ans
2,51 
4,16 
50 à 59 ans
4,05 
6,57 
40 à 49 ans
6,47 
8,53 
30 à 39 ans
8,58 
9,29 
20 à 29 ans
9,39 
8,46 
10 à 19 ans
8,15 
8,75 
0 à 9 ans
8,32 
0,12 
nd
0,15 

Histoire

Préhistoire

La seule trace de présence humaine, pour le paléolithique inférieur, se résume en un seul biface qui fut découvert au voisinage de Meüheülma et attribué à un Acheuléen moyen sinon plus vraisemblablement supérieur[33]. Les deux plus importants gisements découverts dans le sahel d'Alger remontent pour l'un au paléolithique moyen. Il s'agit de celui découvert lors de la construction, en 1961, de la cité Malki (ex Allobroges), à Ben Aknoun, et l'autre, celui de la grotte du Grand Rocher, à Aïn Benian, qui remonte au néolithique[34]. D’autres gisements ont livré des restes attribués à l’Ibéromaurusien remontent au néolithique et néolithique pauvre. Vers 1840, Adrien Berbrugger avait découvert l’une des nécropoles mégalithiques les plus importantes du littoral algérien : les Dolmens de Beni Messous. La nécropole s’étendait sur les deux rives de l’Oued Beni Messous, celui de Beni Messous (rive droite) et celui d’Aïn Kalaa (rive gauche)[35]. Le Sahel d’Alger offre un panel des différentes cultures préhistoriques du Maghreb à l’exception de la hache à talon, de l'âge du bronze, découverte à Saint-Eugène (Bologhine) et qui représente un cas unique au Maghreb,

Antiquité

Article détaillé : Histoire de l'Algérie.

Une localité appelée à l'origine par les Puniques Ikosim (nom signifiant « l'île aux mouettes » d'après Victor Bérard ou « l'île aux épines » ou « aux hiboux » d'après Joseph Cantineau et Louis Leschi[36]), lorsqu'elle acquit le statut de comptoir phénicien d'importance, la fondation d'Ikosim est antérieure au IVe siècle av. J.-C.. Des débris de vases campiniens datant du IIIe siècle av. J.-C. y furent découverts dans un puits de vingt mètres de profondeur en 1940.

Déjà au début du Ier millénaire av. J.-C., Ikosim était un important comptoir phénicien. En -202, la ville passa sous influence romaine à la suite de l'alliance scellée entre Massinissa et Scipion l'Africain contre Carthage. Le nom d'Ikosim prend sa forme romanisée, Icosium, sous Juba Ier et Ptolémée.

Les tribus Berbères Maghraouas étaient très nombreuses dans les environs d'Icosium et Ptolémée de Maurétanie devait les contenir. Ptolémée de Maurétanie fit transférer une partie des Maghraoua vers le chlef[37] et il combat les résistants berbères soulevés par Tacfarinas[38], dans cette même période. Après Tibère, Vespasien envoya une colonie à Icosium pour arrêter les révoltes[39].

Après la révolte de Tacfarinas, Firmus (général maure berbère) détruisit Icosium en mettant le feu avec l'aide de toutes les tribus berbères maures (non romanisés) qui vivaient dans les montagnes des environs au IVe siècle[40].

C'est vers le Ve siècle que le christianisme s'introduisit à Icosium. En 429, la ville passa sous domination vandale, lors de leur conquête de l'Afrique du Nord. En 442, un traité entre Romains et Vandales permit aux Romains de récupérer Icosium et ce durant les cent ans de présence vandale en Algérie.

Après 533, la ville, à peine contrôlée par les Byzantins, fut attaquée par des tribus Berbères.

Moyen Âge

Bologhine ibn Ziri, fondateur des trois villes : Alger, Miliana et Médéa

En 710, la conquête musulmane introduisit l'Islam en Afrique du Nord. Le territoire d'Alger appartenait aux Maghraouas, une tribu Berbère Zénète[37]. Ziri ibn Menad, vassal des Fatimides vainquit les berbères Zénètes Kharidjites. Après la mort d'Abu Yazid en 947, Ziri ibn Menad s'empara de la région du centre et fonda Achir comme capitale des Zirides. D'après Ibn Khaldoun, la région d'Alger fut occupée par les Sanhadja avec la dynastie des Zirides[41]. Le fils de Ziri ibn Menad avec l'autorisation de son père, Bologhine ibn Ziri, fonda trois villes dont Djzair Beni Mezghenna (Alger), Médéa et Miliana après avoir chassé les Zénètes[42].

Bologhine ibn Ziri reconstruisit Icosium au milieu du Xe siècle[43],[44] en fortifiant et agrandissant le site occupé par les Beni Mezghenna et la baptisa « Djezaïr Beni Mezghenna », en 960[45].

La guerre continua entre les Zénètes et les Sanhadjas. Ziri ibn Menad fut tué en 971[46] dans une bataille contre les Maghraouas, sa tête fut rapportée à Cordoue par les Maghraoua afin d'obtenir de l'aide pour affronter l'armée des Zirides vassal Fatimides. Les Zénètes vengèrent ainsi la mort d'Abu Yazid[47]. C'est ainsi que Moez, Calife Fatimide, désigna Bologhine ibn Ziri comme Calife du Maghreb. Ce dernier continua le combat contre les Zénètes. Ces derniers demandèrent alors l'aide des Omeyyades de Cordoue pour reprendre leur territoire et leurs villes y compris Alger. Bologhine ibn Ziri s'empars de presque tout le Maghreb en suivant les directives de Moez (Calife Fatimides)[47].

Bologhine possédait toutes les villes du Maghreb, il avait pour ordre de tuer tous les Zénètes, de ramasser l'impôt des Berbères sous l'emprise de l'épée. Ceci provoqua une marche de contestation de la part des autres tribus. Les Kutama devinrent jaloux des Zirides et la guerre éclata entre les deux tribus ; Mila et Sétif furnt rasées par les Zirides[47]. Les Omeyyades acceptèrent enfin d'aider les Zénètes à reconquérir leurs territoires, en particulier des Maghraoua[47]. Bologhine ibn Ziri rebroussa chemin en voyant toute l'armée des Zénètes venue d'Andalousie par voie maritime qui s'installa à Ceuta[47]. En 983, Bologhine ibn Ziri mourut. S'ensuivit une longue période de défaite pour les Zirides. Les Maghraouas regagnèrent leurs territoires et leur souveraineté dans le Maghreb central et dans l'Ouest grâce à Ziri Ibn Attia issue des Maghraouas. Toutes les villes du centre jusqu'à Tanger redevinrent des villes Zénètes, y compris Alger[47].

Les Fatimides voulaient prendre l'Al-Andalus, mais ils décidèrent d'abandonner ce projet pour garder l'Égypte et les autres provinces. Les Zirides restèrent souverains dans leurs territoires à l'Est de l'Algérie ainsi que les Hammadides (tribu des Sanhadja)[47]. Les Almoravides prirent Alger en 1082 grâce à Youssef Ibn Tachfin. Ce dernier défit tous les Zénètes. La première grande mosquée du rite malékiste Djamaa El Kébir ou la Grande Mosquée d'Alger y fut construite par Youssef Ibn Tachfin. Les Almoravides n'ont jamais fait la guerre contre les Zirides, les deux tribus sont des Sanhadja[47]. En 1151, Abd al-Mumin (Almohades), un berbère Zénètes, reprit Alger ainsi que tout le Maghreb et l'Andalousie aux Almoravides[47]. Par la suite, Alger fut rattachée aux capitales des dynasties Zianides, ainsi que Hafsides et Mérinides pour des courtes périodes. Longtemps la ville fut dépendante de Tlemcen sous les dynasties Ifrenides, Maghraouides, Almoravides, Almohades et Zianides[47].

Époque moderne

Alger au début du XVIe siècle

Titre :Vue d'Alger, prise sur le bord de mer sud

Alger était alors un port peuplé d'environ 20 000 habitants, dont la population s’était fortement accrue avec l’arrivée des Juifs et des Maures expulsés d’Andalousie après la chute de Grenade. Elle devint une « petite république municipale »[48].

En 1510, les Espagnols soumirent Alger et bâtirent une forteresse sur un îlot de la baie, el Peñón de Argel, destinée à défendre et surveiller la ville. À la mort du roi Ferdinand le Catholique en 1516, les habitants se révoltèrent et imposèrent à l'émir Salim at-Toumi, de faire appel au corsaire turc Barberousse[49]. Ce dernier devint maître de la ville après avoir assassiné Salim at-Toumi[50] qui avait intrigué avec les Espagnols et sa tribu des Tha'alibi pour se débarrasser des corsaires[51], mais les Espagnols conservèrent la forteresse du Peñón. En 1516 et 1518, Alger fut attaquée par des expéditions espagnoles commandées respectivement par Diego de Vera et Hugo de Moncada, qui échouèrent toutes deux.

Par la suite, Khayr ad-Din Barberousse fut évincé d'Alger par le chef kabyle Sidi Ahmed ou el Kadhi, mais s'y rétablit à la fin des années 1520 avec le soutien du gouvernement ottoman et réussit cette fois à prendre et à détruire la forteresse du Peñón ; il fit construire la jetée Kheir-Eddine, reliant les îlots à la terre ferme et constituant ainsi le premier abri du port d'Alger. Cette date marque le début de la régence d'Alger, qui fit d'Alger la capitale d'un État vassal de l'Empire ottoman, quoiqu'assez indépendant de facto.

En même temps, une double extrapolation se produisit. La ville, El Djazaïr en arabe, donne son nom au pays entier (en arabe, « Alger » et « Algérie » s'écrivent de la même façon : El Djazaïr) tandis que la citadelle perchée en haut de la ville ancienne, la Casbah, donne son nom à la ville. De nos jours encore, « Casbah » désigne la ville pré-coloniale, désormais classée au patrimoine mondial de l'UNESCO[52].

Siège d'Alger par l'empereur Charles Quint

Article détaillé : Siège d'Alger (1541).
Carte ottomane du XVIIIe siècle illustrant la région d'Alger.

Après la bataille de Tunis en 1535 et dans le but de sécuriser ses positions méditerranéennes, Charles Quint décida en 1541, de s'emparer d'Alger qui était devenue une véritable base « corsaire » (au sens du corso méditerranéen) sous la houlette des frères Arudj puis Khayr ad-Din Barberousse.

En octobre 1541, l'empereur réunit une flotte de guerre. Alger était alors sous l'autorité de Hassan Agha. Hassan Agha renforça les fortifications et les arsenaux de la ville. Lors du siège de la ville, un orage violent éclata. La tempête continua toute la soirée et même la nuit entière. Au petit matin, la pluie ne cessant de tomber, elle rendit inutilisable la poudre pour les canons et les arquebuses. Les troupes impériales furent alors décimées par les troupes d'Hassan Agha et les irréguliers venus des campagnes environnantes. L'armée impériale battit ensuite en retraite vers le Cap Matifou.

La retraite fut désastreuse pour les forces impériales car la route était coupée par une crue de l'oued El-Harrach tandis que les troupes algéroises et irrégulières les harcelaient, leur occasionnant de grandes pertes. Les survivants arrivèrent à Tamentfoust, puis les troupes de Charles Quint se réfugièrent à Béjaïa, alors toujours aux mains des Espagnols. Après cette débâcle, la ville devint la plus puissante des villes neuves de la Méditerranée. La régence d'Alger, solidement établie, dura trois siècles, jusqu'en 1830.

La régence

Article détaillé : Régence d'Alger.
Le Penon (phare d'Alger)

Sous la régence turque, la ville était administrée par un fonctionnaire : le Cheikh-el-Bled. Celui-ci avait entre autres attributions : celle de lever une contribution hebdomadaire sur les boutiques et sur les corps de métiers ; de fournir par voie de réquisition, les mulets et les chevaux de transport nécessaires aux troupes turques envoyées au dehors ; et de défrayer, pendant leur séjour à Alger, les envoyés de l'intérieur. Sa résidence était située dans l'actuelle « rue de la Lyre inférieure », sa villa à Birkadem (« Djenan Cheikh-el-Bled »).

Tableau montrant quelques navires en activité en face de la ville d'Alger

Au début du XVIIIe siècle, Laugier de Tassy décrivait la population d'Alger en ces termes « On ne voit presque dans la ville que les Maures, qui ont été chassés d’Espagne »[53]. Au début du XIXe siècle, on comptait à Alger une centaine d'écoles primaires et quatre collèges supérieurs (pour moins de 20 000 habitants), à savoir celui de la Grande Mosquée, celui de la Quashashiyya, celui des Andalous et celui de Shaykh al-bilâd[54].

À la veille de la conquête française, Alger était une ville très cosmopolite, la société se composait de Turcs, de Maures mêlés de Berbères et d’Arabes avec un fort apport andalou, de Kouloughlis, de Kabyles, de Noirs affranchies, d'esclaves, de Juifs et de Beranis qui se composaient de minorités régionales : les Biskris, les Laghouatis et les Mozabites[55]. Alger connaissait notamment plusieurs langues et dialectes : l’osmanli parlé par les Turcs, un arabe citadin parlé par les Maures, un hébreu arabisé parlé par les juifs et les dialectes berbères parlés par chaque communauté berbère[55].

Bombardement d'Alger par une flotte Anglo-Hollandaise en 1816

La ville fut plusieurs fois bombardée sous la Régence. La marine royale française, sous le commandement de Abraham Duquesne, à la suite de la déclaration de guerre à la France du Dey d'Alger, bombarde Alger en 1682 puis plusieurs autres fois durant ce conflit. En 1815 la Seconde guerre barbaresque s'achève par la défaite du dey Omar Agha, américains et algériens signent alors dans la baie d'Alger un accord permettant la libre circulation des navires américains en Méditerranée. Puis l'année suivante, en 1816, la ville est bombardée lors d'une expédition punitive par une flotte anglo-hollandaise menée par Edward Pellew et le dey doit à nouveau négocier.

Colonisation française

Articles détaillés : Conquête de l'Algérie et Algérie française.
Représentation des bombardements d'Alger en 1830

En 1830, après 3 ans de blocus, le roi Charles X prétexta de l'aggravation d'un contentieux commercial entre la France et la régence d'Alger pour envoyer un corps expéditionnaire commandé par le général de Bourmont, ministre de la guerre, afin que celui-ci prît possession de la ville qui tomba le , trois semaines après avoir débarqué à Sidi-Ferruch situé à 30 km à l'ouest. Présenté comme simple raid militaire punitif à l'origine, l'occupation française se prolongea pendant plus de 130 ans, et marqua profondément la cité qui comptait à peine 30 000 habitants à cette époque.

La ville, bâtie en amphithéâtre sur un rocher dont l'inclinaison est tournée vers l'est, s'étendait alors, dans la partie comprise entre les actuels rue Benganif, boulevard Hahkad, la Casbah (la citadelle) et le port, soit 3 200 mètres de remparts avec cinq portes (Bab El-Oued, Bab Azzoun, Bab Dzira, Bab El Bhar et Bab Jedid) qui enfermaient environ 12 200 maisons de grandeurs diverses contenant toutes une cour d'une plus ou moins grande étendue, 103 mosquées, une dizaine de synagogues, 7 grandes casernes de janissaires, 150 fontaines et 60 cafés maures.

Les faubourgs constituaient la campagne avec de belles villas enfouies dans un cadre de verdure et de vastes jardins qui faisaient l'admiration des Européens. La ville haute, le Djebel, constituait la vraie ville avec ses mosquées, ses zaouïas et ses rues étroites.

Au lendemain de la colonisation, la ville fut maintenue comme capitale de la nouvelle colonie d'Algérie, où une commission de gouvernement et un conseil municipal institués par Bourmont, siégeant en premier lieu à l'hôtel Bacri (aujourd’hui « Palais Dar Khedaouedj Amiya »), rue Socgémah, remplacèrent l’administration turque. Cette assemblée composée de sept Maures et de deux Israélites, était présidée par un Maure marié à une Française, Ahmed Bouderbah qui, avant 1830, avait vécu en qualité de commerçant à Marseille. C’est lui qui, avec Hamdan Khodja, négocia la reddition de la ville auprès du Dey Hussein. M. Brugière, sous-intendant militaire, agissant en tant que « commissaire du Roi près de la municipalité » le seconda dans sa tâche.

La colonisation française commença par le refoulement des indigènes, qui furent chassés de tout le Sahel algérois, puis évolua vers leur cantonnement qui les obligea pour vivre à vendre leur travail au colon voisin[56]

Puis dès 1848, Alger devint le siège de la préfecture du département du même nom, permettant ainsi un développement rapide[57], grâce à l'arrivée d'émigrants européens au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle, principalement d'origine française ou méditerranéenne (Espagnols et Italiens), tandis que la population locale se concentre plutôt dans une Casbah en voie de taudification.

Alger en 1830

Afin d'investir la ville, deux ressources s'offrent aux colons : soit celle d'occuper les habitations mauresques, en s'adaptant à leur architecture ; soit celle d'en démolir quelques-unes pour construire des voies carrossables et des places pouvant servir aux rassemblements de troupes et aux marchés.

La topographie de la ville, accidentée dans sa partie ouest, n'offrant qu'une zone basse légèrement plane dans sa partie est, et étant située en bordure de mer pouvait, grâce au voisinage du port, avoir un plus grand intérêt économique. Ainsi, c'est dans cette dernière zone qu'il y eut le plus de transformations.

On commença par quelques démolitions entre Bab-Azoun et la Marine, ainsi que dans la rue des Souks pour permettre aux chariots de circuler librement. On continua le tracé des rues « Bab-Azoun », « Bab el-Oued » et « de la Marine » qui avaient été auparavant simplement élargies. Pour les deux premières, on construisit des rues à arcades et on fit adopter l'établissement de galeries, de façon à lutter contre les rayons du soleil. Aussi l'ouverture de deux autres rues fut décidée : celles « de Chartres » et « des Consuls », afin d'établir une communication entre les portes Nord et Sud, au cas où les rues Bab-Azoun et Bab el-Oued auraient été rendues inutilisables.

À partir de 1840, la ville sortant des limites des fortifications ottomanes et des logiques de défense, le Génie élabora en 1841 un projet d’ensemble de fortifications modernes. L’architecte Pierre Auguste Guiauchain rédigea en 1845 un schéma général de voirie et d’alignements concernant les terrains à édifier à l’intérieur de la nouvelle enceinte. Il installa les nouveaux bâtiments publics : Hôtel de Ville, palais du Gouverneur, théâtre, palais de justice, hôtel des postes et du trésor, etc. dans les meilleurs emplacements dominant la mer et projeta une série de percées transversales destinées à faciliter la liaison entre les nouveaux quartiers du nord et du sud de la ville.

Visite du quartier européen, puis du quartier arabe d'Alger, en 1936.

Ce plan qui sera publié en 1848 par Delaroche, esquisse les rampes et les escaliers destinés à relier les quais à la ville, quelque 15 mètres plus haut, de même que les liaisons avec la « place du Gouvernement » au sud.

Par étapes successives cette idée aboutira, en 1860, au projet de Chassériau, architecte de la ville, qui dessina l’ensemble de la structure soutenant le boulevard et les rampes entre les quais et la ville. Il prit le nom de boulevard de l’Impératrice en honneur d'Eugénie de Montijo, l’épouse de Napoléon III qui l’inaugura en 1865 (avant son achèvement) et accueillit, au fil du temps, d’importants édifices publics : la Préfecture, le Palais des Assemblées, le Casino, l’Hôtel de ville, le grand lycée d'Alger (futur lycée Bugeaud), etc.

Les Français s'installaient principalement dans les faubourgs, dans des maisons qui se trouvaient le long des remparts, comme le quartier populaire de Bab El-Oued au nord, tandis que l'on poursuivait également l'européanisation de la ville musulmane ; aménager les constructions mauresques semblait être le meilleur programme d'utilisation de la cité. Ainsi, dès 1839, la partie basse de la ville commença à disparaître, démolitions et expropriations contribuèrent à donner un aspect nouveau à ce quartier. L'immigration d'Européens étaitt importante. Tous les nouveaux venus commençaient d'abord par occuper les maisons mauresques qui sont transformées pour répondre à des exigences nouvelles. Celles-ci devenaient bientôt des bâtisses insalubres et mal aérées. Au cours de son voyage, Napoléon III fit une enquête personnelle qui eut pour résultat d'arrêter les démolitions de la vieille ville. Le rapport dit que la haute ville devait rester telle quelle. On commença à s'apercevoir qu'il était difficile de greffer une ville européenne sur une ville musulmane. Le temps seul se chargea alors de modifier l'aspect de la cité.

Quartier de Bab el-Oued et Saint-Eugène, la basilique Notre-Dame d'Afrique se trouve en haut à gauche de la photo.

Ainsi, les quartiers d’Alger ressemblèrent peu à peu à des quartiers parisiens, dignes des travaux haussmanniens, avec les lieux nécessaires à la vie publique (jardins, églises, mairies, écoles). Les anciennes somptueuses villas ottomanes réquisitionnées, furent utilisées comme maisons secondaires par les grandes familles françaises.

La colonisation fit d'Alger une ville à majorité européenne, ceci bien que la population musulmane indigène commençât à s'accroître de façon exponentielle à partir de la Première Guerre mondiale, du fait tant de l'accroissement naturel que de l'exode rural.

À partir de 1903, l’administration française se soucia du respect de la culture indigène, c’est ainsi que le style néo-mauresque est né (exemple : la Grande Poste d'Alger). L’embellissement de la ville s'accentua pendant les années 1930 (centenaire de la conquête de l’Algérie). C’était un moyen pour justifier la colonisation et de montrer sa réussite. Pour cela, on construiait des musées (musée des beaux-arts d'Alger), des jardins (jardin d’Essai), des lieux artistiques (villa Abd-el-Tif, avec ses artistes pensionnaires du concours).

Les transports modernes furent également installés. Ainsi, en 1892 le chemin de fer fit son apparition par la fondation de la Compagnie des Chemins de fer sur routes d'Algérie (CFRA), dont une partie du réseau est centré sur Alger. Il se composait d'une ligne côtière traversant la ville par les boulevards le long du port. La même année, la Société des tramways algériens (TA) fut créée afin de constituer un réseau purement urbain dans Alger. Une longue ligne fut construite, parallèle à celle des CFRA, mais à l'intérieur de la ville. En complément de la ligne de tramways des TA, une nouvelle ligne de trolleybus fut mise en service.

Seconde Guerre mondiale

Articles détaillés : Seconde Guerre mondiale et Opération Torch.
Attaque aérienne d'Alger par la Luftwaffe durant la Seconde Guerre mondiale en 1943

Pendant la Seconde Guerre mondiale, l'Afrique du Nord française, dont Alger, resta sous les ordres de la métropole, donc à compter de juin 1940 du gouvernement de Vichy. Le 8 novembre 1942 seulement, Alger vit débarquer les forces alliées, dans le cadre de l'Opération Torch. À Alger, le succès du débarquement est lié à une opération de résistance de grande ampleur. 400 combattants, dont de nombreux membres de la communauté juive d'Alger[58], occupèrent les principaux points stratégiques de la ville la nuit précédant le débarquement, emmenés par Henri d'Astier de La Vigerie et José Aboulker. Ce putsch permit d'éviter toute résistance du 19e corps d'armée vichyste, stationné dans la ville sous le commandement du général Juin.

Alger devint le siège du commandement Allié, chargé de libérer la Tunisie de la tutelle de l'Axe et de préparer le débarquement en Italie sous la direction du général Eisenhower, futur président des États-Unis.

Elle devint surtout la capitale provisoire de la France, lorsque, après un maintien provisoire du régime de Vichy sous l'amiral Darlan et le général Giraud (voir Situation politique en Afrique libérée (1942-1943)), elle accueillit le général de Gaulle qui le 3 juin 1943 y forma, avec Giraud, le Comité français de la Libération nationale (CFLN), puis convoqua une Assemblée consultative provisoire. Le 3 juin 1944, le CFLN devint le Gouvernement provisoire de la République française (GPRF), qui siégea à Alger jusqu'après la libération de Paris.

La ville d'Alger fut décorée, le 29 mai 1949, de la Croix de guerre 1939-1945[59]avec palme de bronze.

Guerre d'Algérie

Alger se constitua en Zone autonome d'Alger, fin de l'année 1956 sous le commandement de Abane Ramdane et ensuite de Yacef Saadi en 1957, joua aussi un rôle décisif durant la guerre d'Algérie (1954-1962), notamment pendant la bataille d'Alger, durant laquelle la 10e division parachutiste de l'armée française, à partir du , mena la chasse aux indépendantistes algériens, sur ordre du garde des Sceaux François Mitterrand, qui lui donne tout pouvoir pour « éliminer les insurgés ». La ville comptait alors 884 000 habitants.

Alger reste marquée par cet épisode caractérisé par une lutte sans quartier entre les indépendantistes œuvrant pour la libération du pays et l'Armée française menant des opérations de police et pratiquant la torture.Des opposants à l'ordre colonial, comme le jeune professeur de mathématiques Maurice Audin ou le leader nationaliste Larbi Ben M'hidi sont maintenant honorés depuis par la municipalité : des artères principales de la ville portent désormais leurs noms. La bataille d'Alger, remportée par le général Massu, reste cependant une réussite mitigée car si sur le plan militaire, en quelques mois, les principaux dirigeants du FLN sont arrêtés, l'action de ces derniers ainsi que les aspirations du peuple algérien apparaissent sous un jour nouveau aux yeux de l'opinion internationale.

Un an plus tard, les manifestations du 13 mai lors de la crise de mai 1958 y consacrèrent la chute de la Quatrième République en France, ainsi que le retour du général de Gaulle aux affaires. Dans l'espoir d'une résolution rapide de la crise algérienne, on put alors voir d'immenses manifestations mêlant dans une liesse commune Européens et indigènes affirmant leur attachement indéfectible à la France et leur foi en la politique du général de Gaulle.

Par les décrets no 59-321 du 24.02.1959 et no 60-163 du 24.02.1960, l'organisation de la commune d'Alger sera réorganisée : le « Grand Alger » est formée en agglomérant au centre-ville douze anciennes communes de la périphérie. L'ensemble est divisé en dix arrondissements, dont la gestion est assurée par un administrateur général, par un conseil municipal élu et par des maires et adjoints d'arrondissement.

Les communes concernées par cette réforme étaient :

Mais en avril 1961, Alger revint de nouveau sur le devant de la scène lorsque les généraux Salan, Challe, Zeller et Jouhaud échouèrent dans leur tentative de soulèvement de l'Armée française contre la politique algérienne du général de Gaulle.

Lors de l'exode de 1962 (appelée aussi l'exode des pieds noirs), Alger vit partir sa population d'origine européenne et juive (350 000 personnes).

Indépendance

Article détaillé : Histoire de l'Algérie.
Alger vue du balcon de St Raphaël

Les Algériens célébrèrent dans une grande liesse populaire l'indépendance de l'Algérie le . Le 19 juin 1965, à minuit, les chars de l’armée prirent position autour de la capitale.Le président Ben Bella fut renversé[61] .Dirigée par les militaires, Alger devient une capitale du tiers monde ainsi qu'une ville phare du Mouvement des non-alignés pendant la Guerre froide[62]

En octobre 1988, soit un an avant la chute du Mur de Berlin, Alger fut le théâtre de manifestations réclamant la fin du système de parti unique, une véritable démocratie baptisées « le Printemps d'Alger » (voir l'article : Émeutes d'octobre 1988 en Algérie). Elles furent réprimées par les autorités (plus de 300 morts), mais constituèrent un tournant dans l'histoire politique de l'Algérie moderne : en 1989, une nouvelle constitution fut adoptée qui mit fin au règne du parti unique et permit la création de plus de cinquante partis politiques, ainsi qu'officiellement une libération totale de la presse écrite.

Crise des années 1990

Article détaillé : Guerre civile algérienne.
Place des Martyrs, cette place fut le théâtre d'affrontement entre les services de l'ordre et les partisans du FIS en 1990. Photo prise vers 1899, à l'époque de l'Algérie française, l'endroit était nommé Place du Gouvernement. Au centre la statue équestre du Duc d'Orléans (rapatriée à Neuilly-sur-Seine), à droite la mosquée Djemâa Djedid.

La ville devint alors jusqu'en 1992 le théâtre de nombreuses manifestations politiques de toutes tendances. En 1991, une formation politique dominée par des conservateurs religieux, le FIS, engagea un bras de fer politique avec les autorités qui se solda par des élections législatives qu'elle était en passe de remporter en 1992, à la faveur d'une abstention massive [réf. nécessaire]des électeurs algériens désabusés par la tournure des événements. L'annulation du scrutin par les autorités marqua le début d'une période de violences opposant les Algériens aux ultraconservateurs religieux constitués en groupes terroristes armés, jusqu'en 1999. L'activité économique sociale et culturelle reprit des couleurs à la faveur du calme revenu.

Années 2000

De nos jours, en 2007, Alger veut redevenir une grande capitale africaine et méditerranéenne, envisageant d'avoir un niveau de développement des infrastructures comparable à celui qu'elle avait en 1962. Elle entreprend une ouverture vers le monde en organisant de nombreuses manifestations et colloques internationaux.

Alger attire ainsi depuis quelques années de grandes multinationales telles que la Société Générale ou Siemens. De nombreux grands projets de réalisation d'infrastructures tels que le métro, le tramway ainsi que divers projets de restructuration urbaine, de création de nouveaux centres urbains satellites, peinent à voir le jour, quoiqu'ils auraient dû être achevés il y a plus de 15 ans : Alger est en pleine expansion urbaine, motivée par un besoin d'affirmation au niveau régional dans sa lutte pour concurrencer les autres villes nord-africaines de Tunisie et du Maroc.

Pour l'année 2007, Alger est capitale de la « culture arabe ».

Administration et politique

Organisation de la ville d'Alger

L'organisation municipale de la ville d'Alger a souvent évolué à travers le temps, aussi bien à l'époque française, qu'après l'indépendance. Elle a d'abord été une simple commune à partir de 1832 avant de devenir une ville en 1959, divisée en 10 arrondissements. À la suite d'une réforme de 1977, les arrondissements deviennent des communes et la ville est gérée par un Conseil Intercommunal appelé le CPVA. Depuis 2000, la ville composée de 28 communes urbaines n'existe plus juridiquement, c'est la wilaya d'Alger et chacune de ses 57 communes qui ont repris les prérogatives de la ville[63].

Découpages de la ville d'Alger

La Ville d'Alger

À l'arrivée des Français en 1830, la médina d'Alger était une ville fortifiée qui correspond au territoire de l'actuelle commune de la Casbah. Après quelques années sous régime militaire, la vieille ville et la ville européenne constituèrent la Ville d'Alger. En 1832, la commune d'Alger fut créée. En 1835, 14 communes rurales autour d'Alger furent créées[64]. En 1848, les communes d'El Biar et Mustapha (actuellement Sidi M'Hamed) y furent rattachées avant d'en être détachées en 1870. En 1904, la commune de Mustapha fut définitivement intégrée à la ville d'Alger qui fut divisée en 12 arrondissements pour une superficie totale de 15,64 km2.

Le Grand Alger

En 1959 le Grand Alger est créé, avec le regroupement de 9 communes (Alger, Saint-Eugène, Bouzareah, El Biar, Dely Brahim, Birmendreis, Kouba, Hussein-Dey et Maison-Carrée). Cet ensemble était découpé en 10 arrondissements et un territoire de 186 km2, il était dirigé par un administrateur général nommé par décret et un conseil municipal de 75 membres, chaque arrondissement étant dirigé par un maire-adjoint[65],[66]. Après l'indépendance, l'organisation de ville d'Alger fut maintenue en 1967[67], mais il n'y eut plus d'administrateur général. En 1974, deux arrondissements furent ajoutés (Bouzareah et Bir Mourad Raïs)[68].

En 1977, les arrondissements devinrent des communes de plein exercice, mais il fut créé le Conseil Populaire de la Ville d'Alger (CPVA) regroupant les anciens arrondissements afin de poursuivre les prérogatives de l'ex-commune d'Alger. Il est à noter qu'une nouvelle entité vint s'ajouter au CPVA, il s'agit de Baraki, portant l'ensemble à 13 communes[69]. À la suite du découpage administratif de 1984, la ville fut une nouvelle fois réorganisée en 1985 en passant à 15 communes mais la superficie fut divisée par trois, passant à 58,5 km2, en se délestant des territoires périphériques, à l'est autour d'El Harrach, à l'ouest (Bouzareah) et au sud (Bir Mourad Raïs). Elle continua à être gérée conjointement par les communes et le CPVA mais ce dernier est placé sous la tutelle de la wilaya[70].

La wilaya remplace la ville

Depuis le report des élections municipales de 1989[71], le CPVA n'existe plus. Il fut d'abord remplacé par un Conseil Communal Provisoire de l'Agglomération Urbaine d'Algér (CCPAUA)[72]. Quelques mois plus tard, en avril 1990, deux nouvelles lois relatives à la commune et la wilaya furent adoptées[73], et les Conseils Urbains Coordination de la Wilaya d'Alger (CUC) furent créés[74], les anciennes communes formant la ville d'Alger ayant été regroupées sous l’appellation Conseil Intercommunal d'Alger. À partir de ce moment-là, l'administration de la wilaya se substitue définitivement à celle de la ville. Ainsi, les directions et services techniques liées au CPVA furent mis sous la tutelle de la wilaya avant de devenir des EPIC.

En 1997, après s'être agrandie de 24 nouvelles communes, la wilaya d'Alger fut dotée d'un statut particulier et devient le Gouvernorat du Grand Alger (GGA), elle serait dirigée un Ministre Gouverneur, en l’occurrence Cherif Rahmani. Elle serait organisée en 28 communes urbaines, dénommées arrondissements urbains et en communes simples[75]. Ce nouveau statut ne dura pas longtemps, puisqu'en 2000, le Gouvernorat du Grand Alger fut dissous, ayant été jugé inconstitutionnel[76].

Maires d'Alger

Urbanisme

L’organisation spatiale et territoriale de l’aire métropolitaine

La vieille ville, comptoir phénicien et médina berbère, appelé Casbah d'Alger est adossé au massif de Bouzareah (site en amphithéâtre). Il est protégé des vents de l’ouest et par des écueils et îlots (atouts défensifs).

À l'origine, il y a la Casbah d'Alger qui déployait en éventail ses petites maisons basses du pied des collines sahéliennes jusqu'à la mer. L'étroitesse de son territoire poussera les notables à édifier des résidences secondaires plus spacieuses à la campagne, au-delà des remparts de la ville ; c'est le fahs algérois. Il se divise en trois zones, selon les portes qui les desservent, fahs de Bâb El Oued (Porte de Bâb El Oued), le Fahs de Bâb Azoun (Porte de Bâb Azoun) et le Fahs de Bâb J'did (Porte de Bâb J'did). Au-delà se délimitaient les Wtan. La Casbah, le Fahs et les Wtan composaient ce qui s'appelait Dar Es Soltan. La gestion administrative du Fahs était confiée au Caid El Fahs. En plus des djenans, des marabouts, des fontaines (Bir Mourad Rais, Bir Khadem, Hamma, des cimetières, fours à chaux parsemaient le territoire. De magnifiques demeures, les Djenans, maisons mauresques avec jardins et dépendances, constellaient de leur blancheur la campagne verdoyante. Occupées en été lors des grandes chaleurs, des travailleurs en assuraient le gardiennage et entretenaient les jardins potagers le reste de l'année. Un grand nombre de ces Djenanes existent encore aujourd'hui, dispersées dans le tissu de la ville moderne. Si certains d'entre eux existent encore aujourd'hui, nous le devons à leur occupation et à la maintenance par des institutions d'état (Dar Mustapha Pacha au Palais du Peuple) de santé (Dar Hassan Pacha à l'intérieur de l'Hôpital Maillot), des musées (Musée du Bardo, Musée des antiquités ex Gsel), des sièges de consulats et actuellement d'ambassades. Mais une grande partie de ces demeures a été soit détruite, soit laissée à l'abandon (leurs propriétaires ayant quitté le pays au début de la colonisation) C'est vers le fahs que la ville va s'agrandir, d'abord en occupant l'étroite plaine littorale (Mustapha, Bab El Oued) puis en colonisant les collines du sahel (quartiers des Hauteurs d'Alger).

Le site s’est avéré par la suite, notamment aux débuts de la colonisation française, trop exigu pour contenir une urbanisation alimentée par la pression démographique et les besoins en équipements et infrastructures. Son extension s’oriente principalement vers l’Est pour des raisons liées à la topographie du site marquée par l’existence de la plaine de la Mitidja, tandis que la présence d’une barrière montagneuse à l’Ouest exclut toute option pour cette direction. Globalement, l’extension spatiale de l’agglomération d’Alger est alors orientée dans les deux directions suivantes :

  1. Vers le Sud Est (les hauteurs) : ce site culminant à 400 m d’altitude, fortement découpé de ravins et aux pentes très fortes, abritera dans un premier temps un habitat pavillonnaire et par la suite de grands équipements ;
  2. Vers l’Est : de la plaine littorale jusqu’à la Mitidja.

Ce site a privilégié l’extension de la ville d’Alger pendant la colonisation (Belcourt, Hussein Dey) et après la période coloniale. Composé de terrains agricoles ne présentant pas de difficultés majeurs à l’urbanisation, il a accueilli beaucoup de programmes d’équipement après la période coloniale à savoir :

- Les programmes d’habitat planifiés (ZHUN) : Bab Ezzouar et Dar El Beida ;

- L’université de Bab Ezzouar, l’aéroport international, le parc des expositions ;

- Les zones industrielles (El Harrach - Oued Smar - Rouiba - Réghaïa)

Les dynamiques récentes montrent que le tissu urbain d’Alger s’est élargi et étendu en progressant :

  1. Vers les reliefs sahéliens du Sud-Ouest (jonction de l’agglomération de Birkhadem avec les agglomérations de Draria, Sebala et Saoula) ;
  2. Vers la zone sahélienne avec l’étalement de l’agglomération de Cheraga et la continuité de son bâti jusqu’à Ouled-Fayet et El Achour au Sud-Est et avec les agglomérations de Ain Benian et Staoueli au Nord-Ouest ;
  3. Vers le Sud, avec la jonction des agglomérations de Baraki, Oued Smar et Dar El Beida ;
  4. Le long de la côte et de la baie d’Alger avec le « remplissage » de l’espace compris entre Bordj El Kiffan, Bordj El Bahri, Tamentfoust et El Marsa)[78].

Principaux quartiers d'Alger

Intérieur d'une demeure à la Casbah d'Alger
Quartier de Bab El Oued

La Casbah (de al Qasbah, « la Citadelle »), Ier Arrondissement d'Alger : surnommée Al-Djazaïr al Mahroussa (« Alger la Bien Gardée »)[79], elle est fondée sur les ruines de l’ancienne Icosium. C'est une petite ville qui, construite sur une colline, descend vers la mer, divisée en deux : la ville Haute et la ville Basse. On y trouve des bâtisses et des mosquées du XVIIe siècle ; mosquée Ketchaoua (bâtie en 1794 par le Dey Baba Hassan) flanquée de deux minarets, mosquée el Djedid (1660, à l'époque de la régence Turque) avec sa grande coupole ovoïde terminée en pointe et ses quatre coupolettes, mosquée El Kébir (la plus ancienne des mosquées, elle fut construite par l'almoravide Youssef Ibn Tachfin et plus tard reconstruite en 1794), mosquée Ali Betchnin (Raïs, 1623), Dar Aziza, palais de la Jénina. La Casbah, c'est aussi des labyrinthes de ruelles et de maisons pittoresques ; et si l'on s'y perd, il suffit de redescendre vers la mer pour se repositionner.

Alger-Centre. La rue Mourad Didouche (ex rue Michelet) est située dans le 3e arrondissement d’Alger. Elle s'étend de la Grande Poste jusqu'au palais du Peuple (ancien palais d'été). Elle traverse notamment la place Audin, La faculté d’Alger, le Sacré-Cœur et le parc de La Liberté (ex-de Galland). Elle est bordée de magasins et de restaurants chics sur une grande partie de sa longueur.

Front de mer : à partir de 1840, les architectes Pierre-Auguste Guiauchin et Charles Frédéric Chassériau installèrent de nouvelles constructions en dehors de la Casbah, hôtel de ville, palais de justice, bâtiments, théâtre, palais du Gouverneur, casino… pour former une élégante promenade bordée d'arcades qui est désormais le boulevard Che Guevara (ex-boulevard de la République).

Bab El-Oued : quartier populaire qui s’étend de la Casbah au-delà de « la porte de la rivière ». C'était au départ le quartier du petit peuple européen avant 1962. Célèbre par sa place « les trois horloges » et par son ancien « marché Triolet » noyé après les fameuses inondations de 2001, mais aussi pour ses nombreux artistes de tous genres, Bab El-Oued était aussi un des fiefs du FIS. C'est aussi un quartier d'ateliers et de manufactures.

Carrefour de la Grande Poste, cœur battant de la ville d'Alger
Hôtel El Aurassi

Belouizdad[80]: quartier populaire situé à l'Est, traversé par la rue Mohamed Belouizdad (ex-rue de Lyon). L'écrivain Albert Camus y vécut une partie de sa jeunesse.

Jardins exotiques recouvrants les hauteurs d'Alger

Birkhadem est une commune située dans la proche banlieue Sud d'Alger, elle est située à environ à 10 km au sud du centre-ville d'Alger, La commune de Birkhadem est traversée par la rocade Alger-Blida. Elle dispose d'une gare ferroviaire à Ain Naadja ainsi qu'une gare routière, elle comporte plusieurs établissements scolaires : des écoles primaires, des collèges et deux lycées, elle dispose aussi d'une bibliothèque municipale réservée principalement aux étudiants. Birkhadem devient une commune de plein exercice par Ordonnance le .

Kouba (daïra d'Hussein-dey) : Kouba est une ancienne bourgade qui a été phagocytée par l'expansion de la ville d'Alger. De bourgade, Kouba s'est rapidement développée sous l'ère coloniale française puis plus encore à la faveur de la formidable explosion démographique qu'Alger a connue après l'indépendance de l'Algérie en 1962. Au début du XXIe siècle, c'est un quartier d'Alger à part entière, constitué principalement de maisons, de villas et d'immeubles ne dépassant pas les cinq étages.

El-Harrach (anciennement Maison-Carrée), d'après le nom de l'oued (le fleuve) qui traverse ce quartier. L'embouchure de cette rivière a joué un rôle très important dans la prise d'Alger et du Penon, ce rocher en face d'Alger occupé par les Espagnols. En effet, au début du XVIe siècle, à l'appel de l'un des dignitaires autochtones algérois qui voyait la perte progressive de l'autorité de la ville devant l'occupation du Penon par les Espagnols, l'un des frères Barberousse y cacha sa flotte avant de prendre Alger par surprise par le côté sud-est. Ce quartier d'Alger fut nommé Maison-Carrée par les Français, qui en firent la zone industrielle de la ville. Ainsi, pendant la colonisation, aussi bien Maison-Carrée que Hussein-Dey furent des villes-satellites d'Alger où Algériens autochtones et Français ne cohabitaient guère, du fait d'une nette ségrégation résidentielle. Cette ville fut un quartier résidentiel pour une couche aisée de Français, mais un véritable ghetto pour les Algériens, surtout ceux poussés par l'exode rural. La commune fut annexée par Alger en 1959.

El-Harrach écrivit également une grande page d'histoire sportive avec la boxe et le football. Après l'indépendance, El-Harrach devint progressivement un quartier d'Alger, et ultérieurement chef-lieu de Daira avec un nouveau découpage en quartiers, comme Mohammadia (Lavigerie), Belfort, Bellevue, Le Parc, Oued-Smar, Cinq-Maisons, Les Dunes, Les Pins-Maritimes, Beaulieu, etc.

Hydra, El-Biar, Ben Aknoun, Dely Ibrahim et Bouzareah[81] forment ce que les Algérois nomment les hauteurs d'Alger. Ces communes, parfois réputées chics, abritent la plupart des ambassades étrangères d'Alger, de nombreux ministères et centres universitaires, ce qui en fait un des pôles administratifs et politique du pays.

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Les arrondissements périphériques

Article détaillé : Communes de la Wilaya d'Alger.
Agglomération de la wilaya d'alger

Les arrondissements périphériques d'Alger abritent désormais plus de la moitié des habitants de la wilaya d'Alger. On peut citer notamment: Hussein-dey, El-Harrach, Bab Ezzouar, Rouïba, Bouzareah, Chevalley, Hammamet et Kouba. On peut aussi y ajouter les banlieues de Chéraga, Bordj el Kiffan (anciennement « Fort de l'eau »), Dar el Beida, Dély-Ibrahim, Draria, Aïn Benian (anciennement « Guyotville »), Aïn Taya, Bordj El Bahri (anciennement « Cap Matifou ») et Birkhadem.

Monuments et sites

Monument des martyrs de la guerre d'Indépendance
La Grande Poste
Statue de L’Émir Abdelkader, fondateur de l'État algérien moderne
La mosquée Ketchaoua, à la Basse Casbah
Basilique Notre Dame d'Afrique

La Casbah est le cœur de la ville et reste une référence architecturale avec ses ruelles et ses joyaux d'art mauresque. Elle renferme de nombreux palais, mosquées et mausolées, notamment les mosquées Jamaa al-Jdid et Ketchaoua.

Sanctuaire du Martyr (Maqam E'chahid) : érigé à l'emplacement du monument aux morts indigènes de la Seconde Guerre mondiale, le monument, conçu à l'école des beaux-arts d'Alger sous la direction de Bachir Yellès[82], a été construit par une société canadienne (Lavalin) en 1982. Surplombant la ville, haut de 92 mètres, il est composé de trois palmes stylisées reposant sur une vaste esplanade où brûle la « flamme éternelle » et recouvrant une crypte, un amphithéâtre et un musée souterrains. C'est un lieu de rassemblement et de recueillement à la mémoire des martyrs de la guerre d'indépendance du pays. Maqam E'chahid fait partie d'un vaste ensemble socio-culturel ; le Parc de la Victoire (Riadh El Feth).

Grande mosquée d'Alger

Djamaâ el Djazaïr est la troisième plus grande mosquée du monde. Son minaret qui est également un gratte ciel de 270 mètres (le plus haut d'Afrique et est aussi une attraction touristique mais est aussi considéré comme un minaret (le plus haut du monde). Cette mosquée et d'une capacité de 120 000 fidèles.

La Grande Poste : construction de type néo-mauresque édifiée de 1910 à 1913 par l'architecte Marius Toudoire en collaboration avec Jules Voinot, c'est le cœur d'Alger.

La Grande Mosquée (Al Djamâa al Kabir) : c'est le plus ancien édifice de la ville. Date de la période almoravide au XIe siècle.

La Mosquée Ketchaoua : construite en 1436 et reconstruite deux fois en 1613 puis en 1794. Transformée en église par la France entre 1832 et 1962, avant de redevenir une mosquée à l'indépendance.

Place Émir Abdelkader (ex-place Bugeaud) : en mémoire de l'émir Abd El-Kader, résistant durant la conquête coloniale de l'Algérie.

Villa Abd-el-Tif : magnifique demeure qui a inspiré nombre d’artistes peintres. Durant la colonisation, de 1907 à 1962 y étaient logés les artistes lauréats du Prix Abd-el-Tif, notamment Léon Cauvy et Jean Launois.

Bibliothèque Nationale, à l'architecture moderne, se trouve dans le quartier d'El Hamma.

Palais des Raïs ou Bastion 23 : situé au quartier de la Marine (XVIIIe siècle). Un des pôles d'intérêt de l'histoire du vieil Alger.

Basilique Notre-Dame d'Afrique : remarquable de par sa situation géographique sur un promontoire qui domine le quartier de Bab El Oued, la basilique de style néo-byzantin de Jean-Eugène Fromageau fut édifiée de 1858 à 1872.

Hotel El-Aurassi  (1975) : l'imposant hôtel qui barre la perspective en accédant au centre-ville à partir du port depuis la rampe Tafourah[83].

Université d'Alger : située au centre-ville, entre la place Audin, la Grande Poste et l'avenue Pasteur. Fondée en 1879, elle constitue le noyau des premiers universitaires algériens, notamment les médecins pendant la colonisation.

Le Palais du peuple : ancienne résidence des gouverneurs, est une belle bâtisse d'architecture ottomane du XVIIIe siècle. Des peintures murales représentent des scènes de la vie quotidienne réalisées par des artistes français au début du XXe siècle.

Le Musée national du Bardo, ancienne villa construite durant l'époque Ottomane vers la fin du XVIIIe siècle par un riche commerçant, et transformée en musée en 1930.

Parcs et jardins

  • Jardin d'essai (El-Hamma) : situé à l’est d'Alger, dans le quartier Belouizdad (anciennement Belcourt), il s'étend sur une superficie de 32 hectares. On y trouve des plantes et jardins exotiques.
  • Parc Zoologique et des Loisirs d'Alger : au sud-ouest du centre-ville d'Alger, bordé au nord par Ben Aknoun, au sud par Tixeraine, au nord-ouest par la cité Oued Roumane et à l'est par Hydra. La superficie totale englobe environ 304 hectares d'Alger sur un périmètre de 16 kilomètres. Le parc fut achevé dans les années 1980 lors du mandat du président Chadli Bendjedid.
  • Jardin de la liberté, Ex parc de Galland : Construit par l'ancien maire d'Alger : Charles de Galland, inauguré en 1915. Ce jardin se situe sur les hauteurs du Sacré-Cœur, ce jardin aux arbres exotiques abrite également le musée des antiquités et celui de la période musulmane.
  • Jardin Prague, ex-jardin Marengo : Est le premier jardin public d'Alger, crée en 1832. Il se situe entre les anciennes murailles ottomanes, et les anciennes murailles françaises.
  • Jardin Public de Rouïba : il fut créé en 1930. Sa superficie, s'’étalant sur plusieurs hectares, renferme une riche variété florale, dont certaines espèces rares sont protégées par les conventions internationales. En face de ce jardin se trouve le jardin des Roses, réputé par sa diversité florale. Après avoir été mis sous scellés par les instances judiciaires des années durant, le jardin botanique de Rouiba a rouvert ses portes au public.
  • Jardin Beyrouth, Ex jardin Mont Riant : Se situe dans les hauteurs du Télemly, il abrite une salle omnisports, une garderie, une école primaire et le musée de l'Enfant.
  • Jardin de l'Horloge Florale : Implanté sur le boulevard Mohamed khmisti - Ex Laferière - Il domine la Grande Poste et une vue panoramique sur le centre-ville et une partie du port, lui-même dominé par le palais du gouvernement. Il abritait le monument aux morts de la Grande guerre.
  • Le Parc des grands vents, qui se situe à l'ouest d'Alger a été partiellement (450 hectares) ouvert au public en 2013[84].
  • Le parc Tifariti situé sur le sinueux chemin Sfindja (ex-Laperlier)[85].
  • Le Balcon saint-raphëel, à El-Biar, offre une vue imprenable sur la baie d'Alger[86].


Économie

Article détaillé : Économie de l'Algérie.
Ministère des Finances à Alger

Alger est le premier pôle économique et commercial d'Algérie et le seul pôle financier important du pays. Mais Après quarante années de dirigisme et de centralisme acharné, la lenteur des réformes n'arrive toujours pas à donner à « la Blanche » des airs de grande Métropole. Sur le plan financier, le manque cruel de grandes banques privées de banques d'affaires bâillonne le secteur des PME-PMI et dégrade globalement l'environnement économique qui est trop dépendant de la rente pétrolière et qui survit à peine lorsqu'il s'agit de domaines non-pétroliers ou non gaziers. De plus l'État de la Bourse des Valeurs d'Alger suffit a lui seul pour lever le voile sur un secteur privé souvent latent voire atonique sur certains domaines (services, assurances, banques, conseil, tourisme, industrie de pointe…). En effet cette bourse a enregistré une capitalisation dérisoire s'élevant à 126 millions d'euros[87] contre 5 milliards d'euros pour la bourse de Tunis et 61 milliards d'euros pour la bourse de Casablanca, chiffre illustrant parfaitement le manque de dynamisme algérois par rapport aux deux autres capitales économiques des pays voisins. En ce qui concerne l'industrie des loisirs et du tourisme Alger ne fait guère mieux.

Siège social d'Air Algérie

Aujourd’hui l’Algérie présente une situation économique extrêmement favorable tant sur le plan interne qu’au niveau externe, à la suite notamment de l’augmentation très soutenue des prix du pétrole, la croissance économique du pays a suivi une progression constante et stable, passant de 2,1 % en 2001 à 5,3 % en 2005, avec un pic de 6,8 % en 2003, les projections pluriannuelles associées à la loi de finances 2005 tablent sur un taux moyen de croissance de 5,3 % par an pour la période 2005-2009. Malgré la présence de surliquidités liée à l’abondance des ressources pétrolières, l’inflation est maîtrisée grâce au strict contrôle qu’exerce la Banque d’Algérie, le taux d’inflation à la fin 2005 était de 1,5 % contre 3,6 % pour 2004. Sur le plan externe, l'Algérie est la deuxième puissance économique du continent africain avec un PIB de 135 milliards de dollars, derrière l'Afrique du Sud avec 255 milliards de dollars, le montant du PIB par tête d'habitant est estimé en 2007 à 3 968 dollars.

Zone industrielle Rouiba-Réghaia

Alger est le siège de la première zone industrielle du pays (Rouiba-Réghaia) créée en 1957, elle s'étend sur 1 000 ha. C'est d'abord l'usine Berliet qui ouvre ses portes en 1957. Ensuite, après l'indépendance au tournant des années 1970, l'Algérie entre dans une phase d'industrialisation de son économie, l'usine Berliet devient la Sonacome puis la SNVI.

Zone industrielle de Rouiba (Nord)

La zone industrielle Rouiba-Réghaia, dont la plus grande partie se trouve dans le territoire de la commune de Rouiba, est la plus grande zone industrielle d'Algérie où activent prés de 250 entreprises. La zone industrielle Rouiba-Reghaia regroupe 79 entreprises publiques dont la Société nationale des véhicules industriels (SNVI) et la Société nationale du transport routier (SNTR) sur une superficie de 784 hectares.

Au nombre de 163, les sociétés privées activant dans cette zone se spécialisent notamment dans les industries pharmaceutique, chimique et agro-alimentaire. Elles occupent une superficie de 156 hectares.

Transports

Article détaillé : Transport à Alger.

Infrastructure routière

Le grand carrefour de Chevalley dans la banlieue d'Alger.

Alger est traversée par l'autoroute Est-Ouest à 20 km au sud. Les voies périphériques d'Alger sont:

Transports publics

Métro

Station Aïssat Idir à Sidi M'Hamed du Métro d'Alger, en service depuis .
Article détaillé : Métro d'Alger.

Un premier tronçon du métro d'une longueur de 17,5 km et comprenant 19 stations est mise en service le entre Place des martyrs et El Harrach-Centre (il y aura un prolongement jusqu’à l'aéroport d'Alger-Houari Boumédienne), après plus de 10 années de travaux. L'Entreprise Metro d'Alger (EMA) prévoit quatre lignes pour 2030. Le métro d'Alger circule tous les jours de 5 heures à minuit avec des intervalles de 3 minutes et 20 secondes en heure de pointe et de 5 minutes aux heures creuses. Le métro est exploité par RATP El Djazaïr, filiale du Groupe RATP.

Tramway

Rame Alstom Citadis du Tramway d'Alger, en service depuis .
Article détaillé : Tramway d'Alger.

Disparu en 1959, le tramway a fait son retour dans sa forme moderne à Alger en 2011[88]. En 2014, le réseau comprend une ligne de 20,4 km et 32 stations, desservant principalement des quartiers à l'est de la ville. Il dispose de rames du type Alstom Citadis.

Un premier tronçon de 7,2 km entre Bordj el Kiffan à la Cité Mokhtar Zerhouni a été ouvert le [88]. Il a été ensuite prolongé le à la station multimodale des Fusillés dans le centre-ville, offrant ainsi une interconnexion avec le métro[88]. Un tronçon supplémentaire prolongeant la ligne de Bordj el Kiffan à l'est à Café Chergui a été inauguré le [89].

Le tramway d'Alger est exploité par la Setram, un groupement franco-algérois dirigé par RATP Dev, filiale du Groupe RATP.

Téléphériques

Article détaillé : Téléphériques d'Alger.

Plusieurs téléphériques offrent une liaison rapide entre des quartiers bas et d'autres situés sur les hauteurs de la ville :

Les téléphériques d'Alger sont tous exploités par l'ETUSA[90].

Autobus

L'agglomération d'Alger est desservie par le réseau d'autobus de l'Entreprise de transport urbain et suburbain d'Alger (ETUSA) qui s'étend sur une longueur totale de plus de 900 km et qui compte 49 lignes[91]. Elles circulent tous les jours d'environ h 30 à environ minuit et demi[92].

Le réseau d'autobus est structuré en six secteurs organisés autour les principaux pôles d'échange : place du 1er mai, place Audin, place des Martyrs, place Ben Aknoun, gare routière Bachdjerah et gare routière El Harrash[92].

Transport ferroviaire

Trains de la banlieue algéroise

La Société nationale des transports ferroviaires (SNTF)[93] (Société nationale des transports ferroviaires) exploite des lignes reliant la capitale à la banlieue algéroise à partir des gares algéroises. Dans la ville d'Alger (de place des martyrs à El Harrach), il existe 6 gares : Alger-Tafourah→Alger-Agha → Ateliers → Hussein Dey → Caroubier → El Harrach. La gare multimodale d'El Harrach est en correspondance avec la ligne 1 du métro d'Alger et quelques lignes de bus. La gare d'Agha et d'Alger sont des gares de correspondance entre le train de banlieue et les grandes lignes régionales ou nationales.

Le train de banlieue d'Alger, équivalent au RER, est composé d'une ligne double : Tafourah → Thenia (Boumerdes) et Agha → El Affroun (Blida). La ligne est commune pour les stations précédentes, et un dédoublement au niveau de la gare d'El Harrach. Le train de banlieue est électrique, climatisé, spacieux et confortable, les gares sont annoncées dans les rames.

Transport aérien

L'aéroport d'Alger géré par l'EGSA Alger (Entreprise de gestion des services aéroportuaires d'Alger), la SGSIA (société de gestion des services et infrastructures aéroportuaire) en collaboration pour 10 ans (2016) avec Aéroports de Paris (ADP) est situé à 20 km. L'aéroport dessert la plupart des villes européennes, l'Afrique de l'Ouest, le Moyen-Orient, la Chine et depuis le 15 juin 2007, l'Amérique du Nord avec un vol Alger-Montréal. L'aéroport est composé de trois terminaux : Terminal 1 (vols internationaux), Terminal 2 (Vols nationaux) et Terminal 3 (vols charter et Hadj). Il existe aussi une zone de fret et un terminal (pavillon) pour les officiels à l'ouest du T1. Le terminal 4 sera inauguré en 2018 : situé à l'ouest du T1, il aura une capacité de 10 millions de passagers par an et il pourra accueillir l'A380.

Bateaux-taxis

Inaugurée dans sa phase pilote en juin 2014, cette ligne de transport maritime assure quinze navettes quotidiennes entre la Pêcherie ( Alger-Centre ) et le port d’El-Djamila (Aïn-Bénian).

Transports privés

Alger dispose de bus et de taxis privés. Le prix des bus est de 30 dinars algériens par section de 3,5 km sur les lignes urbaines. Les taxis sont disponibles pour des courses collectives, ou des courses individuelles.

Il y a aussi les véhicules particuliers, ainsi que des tricycles et des deux roues.

Installations touristiques

À quelque trente kilomètres à l'ouest d'Alger se trouvent des stations balnéaires comme Sidi-Fredj, El Djamila, Palm Beach, Douaouda, Zéralda, le Club des Pins (résidence d'État) ; on y trouve des complexes touristiques, des restaurants algériens et autres, des magasins de souvenirs, des plages surveillées, etc.

La ville est également dotée d'importants complexes hôteliers comme l'hôtel Hilton aux Pins Maritimes (commune d'El Mohammadia), l'hôtel Sheraton au Club des Pins (commune de Staouéli), un hôtel Ibis (inauguré en février 2009) près de l'aéroport d'Alger et juste à côté de l'hôtel Mercure (commune de Bab Ezzouar), hôtel El-Aurassi aux Tagarins (commune d'Alger-centre), l'hôtel Sofitel près du Jardin d'Essai d'El Hamma (commune de Belouizdad) ou l'hôtel El Djazair près du siège de la télévision nationale (commune d'El Mouradia), Le Sweet Hotel (commune de Rouiba) près de l'aéroport d'Alger et de la zone industrielle de Rouiba.

Alger est doté de deux parcs aquatiques : le Kiffan Club et l'Aquafortland[94]. Entre les deux infrastructures se trouve une piste de karting.

Shopping

Le centre commercial et de loisirs Ardis, Alger

Les projets quinquennaux de la wilaya d’Alger

Bab El Oued vue depuis les hauteurs de Notre Dame d'Afrique

Alger Médina[95], le nouveau quartier touristique et économique de front de mer de la capitale (projet entrepris par la filiale DAHLI SPA du groupe Arcofina).

Par ailleurs, en réponse à l'augmentation toujours croissante du parc automobile, et parallèlement à l'aménagement de voies et ronds-points, des échangeurs et des tronçons d'autoroute ont d'ores et déjà été construits, et d'autres sont en cours de construction afin d'améliorer le trafic dans la métropole. La deuxième rocade Sud d'Alger, entre Zéralda et Boudouaou via Birtouta, a été inaugurée le 15 novembre 2011[96]. Une troisième sera construite entre Nador, près de Tipaza, et Bordj Menaiel, non loin de Tizi Ouzou, sur une distance de 130 km. Ces deux nouvelles rocades permettront de décongestionner l'actuelle rocade d'Alger, qui est le carrefour de toute l'Algérie.

L'un des projets les plus ambitieux est l'aménagement de la baie d'Alger qui comprendra une rue piétonne de deux kilomètres, l'hôtel Marriott Alger, des espaces de détente, un centre d'affaires avec centre commercial, et enfin, la future grande mosquée d'Alger. Face à la baie d'Alger, la troisième plus grande mosquée du monde après celles des lieux saints de l'islam, la Mecque et Médine, pouvant accueillir 120 000 fidèles, avec un minaret s'élevant à 300 mètres, le plus haut du monde, selon ses promoteurs[97]. Une école — à la fois école coranique et école des sciences — y sera rattachée, bordée d'espaces verts.

Éducation

Faculté de Kharouba, Université d'Alger

Alger est considérée comme le noyau du pôle universitaire du pays, elle compte plusieurs universités, comme l'Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene qui était considérée comme l'une des meilleures universités en Afrique (années 1970-1990), l'Université d'Alger sub-divisée en universités d'Alger 1, 2 et 3, ainsi que plusieurs écoles et instituts comme l'École des hautes études commerciales, l'École nationale supérieure d'informatique, l'École nationale supérieure de technologie (ENST), l'École nationale polytechnique d'Alger, l'École supérieur de commerce, l'École supérieure algérienne des affaires, l'École Supérieure des Travaux Publics, l'École Supérieure de Banque et l'École Nationale Supérieure d'Agronomie.

Les saints walis d'Alger

Alger a plusieurs saints protecteurs. Le plus connu est incontestablement Sidi Abderahmane Et-thaâlabi dont le mausolée se trouve à la rue Ben Cheneb (Casbah). On peut citer aussi Sidi M'Hamed bouqabrine (le saint aux deux tombes, une à Belcourt et l'autre en Kabylie), Sidi Ben Ali (cimetière des deux princesses : une légende veut que les deux sœurs enterrées en ce lieu moururent de chagrin d'amour), Sidi Brahim el Ghobrini appelé aussi Sidi Brahim essalami (« gardien de la mer ») protecteur des marins algériens, son tombeau se trouve à l'Amirauté[98], Sidi H'lal (rue de Bab el Oued) connu surtout par les enfants de la Casbah[99], Sidi Bougueddour, le seigneur aux marmites, (situé en plein centre de la Casbah), la légende lui attribue d'avoir fait naître la tempête qui détruisit une partie de la flotte de Charles-Quint dans le mois d'octobre 1541[100], Sidi Medjbar (perché sur les hauteurs d'Alger du côté de Zghara), la tradition recommande aux femmes divorcées qui veulent retrouver un mari, de faire trois voyages à son mausolée[101], Sidi M'hamed Chérif (Casbah) On dit que pour apaiser ses angoisses, il suffit de boire trois gorgées d'eau de ce lieu de culte, Sidi Ramdane (Casbah) très beau monument, ce quartier est aussi connu pour son Hammam d'une architecture remarquable, Sidi yahia à hydra, Sid lek'hal à bab el oued, Lala Setti Taklit, une maraboute à bab el oued et Sidi Fredj, à l'entrée du port qui porte son nom[102].

Au fil du temps beaucoup de saints sont tombés dans l'oubli, pour d'autres il ne subsiste aucun renseignement connu que le nom : Sidi El-Kettani[103], Sidi Djami[104].

Culture

La grande poste à l'intérieur
Le musée des Antiquités Algériennes au Parc de la Liberté
Musée public national d'art moderne et contemporain d'Alger (MaMa).

Musées

Musée national des beaux-arts d'Alger

Avec sa collection composée de plus de 8 000 œuvres et une superficie d'exposition de 4 000 m2, c'est le plus important musée d'Afrique et du Moyen-Orient. Miniatures, peintures, sculptures, gravures, céramiques, mobilier, arts décoratifs, photographies constituent un fonds d'une richesse et d'une variété remarquables[105]. Peinture de l'école européenne du XVIe siècle à nos jours. Entre autres, Fantin-Latour, Prud'hon, Fromentin, Delacroix, Corot, Monet et Utrillo. Sculptures de Rodin et Maillol, miniatures de Mohamed Racim et œuvres d'artistes algériens contemporains.

Musée national des antiquités et des arts islamiques

Anciennement Musée Stéphane Gsell, il comprend deux sections. La section antique expose des objets retraçant l'histoire de l'Algérie depuis l'époque punique jusqu'à la pénétration Arabe. La section Art Musulman nous fait découvrir des éléments d'archéologie et d'artisanat du Maghreb, d'Andalousie musulmane et du Moyen-Orient.

Musée national du Bardo
Article détaillé : Musée national du Bardo.

Ce musée installé dans un djenan mauresque typique, est spécialisé en préhistoire et protohistoire, en ethnographie rurale, urbaine et saharienne. Le squelette de la reine des berbères « Tin-Hinan », datant du IVe – Ve siècle apr. J.-C., y est exposé avec son mobilier funéraire.

Musée national des arts et traditions populaires

Il est installé dans un ancien palais privé du XVIe siècle de la Basse Casbah, « Dar Khdaouadj El 'Amia ». Peu avant la Révolution française, il fut loué à un riche négociant juif originaire de Livourne, Michel Cohen Bacri, avant d'abriter la première mairie d'Alger après la prise de la ville par les Français.

Le musée expose les produits de l'art traditionnel algérien rural et citadin.

Musée central de l'Armée

Ce musée retrace les épopées du peuple algérien pour préserver son indépendance et sa liberté tout au long de son histoire tumultueuse.

Musée du Moudjahid

Ce musée, dont l'entrée est située sous le monumental Sanctuaire du Martyr a pour mission l'acquisition, la récupération, la restauration, la conservation et l'exposition au public des objets et collections se rapportant à la lutte de libération nationale.

Musée d'art moderne d'Alger

Le Musée public national d’art moderne et contemporain d’Alger, ou « MaMa », dernier né des musées algérois, tient lieu dans son écrin néo-mauresque de méga-galerie d'art dans l'attente de la constitution de ses collections. Le musée est installé dans les locaux du grand magasin les Galeries de France, bâtis par l'architecte Henri Petit.

Centre des Arts et de la Culture du Palais des Raïs (Bastion 23)
Article détaillé : Palais des Raïs.

Inauguré le , le Centre des Arts et de Culture du Palais des Raïs -appelé Bastion 23- fait partie des plus importants monuments historiques de la ville d’Alger. Beaucoup de manifestations culturelles se déroulent dans ce centre.

Musique

Les principaux genres musicaux traditionnels à Alger sont :

Théâtres, spectacles, et discothèques

La ville d'Alger abrite plusieurs infrastructures destinées à accueillir des spectacles et événements majeurs. Les plus importants sont le Théâtre national algérien (TNA) (700 places), La Coupole (15 000 places), le Théâtre des verdures (4 000 places), le Théâtre du Casif (5 000 places), l'Opéra d'Alger (un don de la République populaire de Chine, d'un coût de 30 millions d'euros et sa capacité est de 1 400 places)[106] . Aussi certains spectacles ont-ils lieu dans des infrastructures privées appartenant le plus souvent à des hôtels de luxe tels le Safir à Mazafran (5 000 places). Depuis 1963, la ville accueille le Ballet national algérien.

Plusieurs discothèques sont présentes en ville parmi lesquelles les plus importantes sont le Hilton Club (700 entrées), le Pacha Club (400 entrées), le Stars Studio (500 entrées), le Stars Studio Beach (500 entrées), la Veranda (100 entrées), le VIP Club[107], le PianoPiano, la Rose Bleue, le Havana Lounge .

Principaux festivals

Langues

Jamaa al-Jdid, construit en 1660[108]

Alger est une ville cosmopolite et plurilingue, la ville a connu un accroissement démographique exponentiel dû à des vagues de migration provenant des villes du pays et à l’exode rural, qui s'est traduit sur le plan sociolinguistique par un brassage d’Algériens venus de toutes les régions du pays, avec leurs parlers respectifs. En outre, le parler des jeunes se caractérise par une innovation linguistique et une créativité lexicale[109].

La ville a la réputation, en comparaison avec les villes arabophones de l'intérieur du pays, de ville berbérophone. Elle était une ville berbérophone fondée par le souverain ziride Bologhin Ibn Ziri et habitée par la tribu berbère des Béni-Mezerenna[110]. L'arabisation de la ville comme de nombreuses bourgades du littoral algérien, a commencé à partir du XVe siècle par la communauté andalouse après leur exode d'Espagne. Mais le berbère s'est régénéré grâce aux Berbères de Kabylie et de l'Atlas blidéen et aux Mozabites pendant la période Ottomane[110]. Elle fut même reprise aux ottomans par le chef kabyle Ahmed Belkadi souverain du royaume de Koukou en 1520[111].

La colonisation française s'est accompagné par un exode massif des Kabyles vers la ville. En 1911 ils représentaient un tiers de la population musulmane algéroise ; en 1925 les deux cinquièmes, à la veille de la Seconde Guerre mondiale, les deux tiers. Mais leur nombre va cependant décroître par la suite, en raison de l'afflux des arabophones du sud et des Hauts Plateaux. En 1954, la communauté kabyle représentait la moitié de la population musulmane de la ville[110]. Après l'indépendance, le nombre des berbérophones a reculé, en raison de l'assimilation continue aux arabophones. Mais la situation du berbère est favorable grâce au rôle prédominant des Kabyles et, dans une moindre mesure, des Mozabites dans les activités commerciales et l'administration des services publics et économiques, et grâce à la sensibilisation menée par le mouvement culturel berbère[110].

Cependant, les berbérophones sont bilingues et l'inter-compréhension immédiate est difficile entre les différentes communautés berbérophones, car l'utilisation du berbère est restreinte aux communications entre les membres d'un même groupe berbérophone, tandis que l'arabe algérien est la langue véhiculaire d'Alger[110]. Le parler arabe algérois est très influent sur le koiné urbain algérien, pour la raison que c'est un parler directeur diffusé à grande échelle par le biais des médias audio-visuels algériens[112]. De plus le français reste encore parlé par certaines franges de la population.

Livre

Le Salon international du livre d'Alger (SILA) est une manifestation consacrée au livre. Elle se déroule chaque année au palais des expositions SAFEX

Alger abrite depuis 2008 le festival international de la bande dessinée d'Alger (FIBDA)[113].

Films sur Alger

La Grande Poste et le Port en arrière-plan

Sports

Article détaillé : Sport à Alger.
Stade de Rouiba

Alger est le plus grand pôle sportif de l'Algérie. Comptant des clubs dans l'ensemble des disciplines qui ont conquis de nombreux titres nationaux et internationaux, elle compte également un énorme complexe sportif, le Complexe olympique Mohamed-Boudiaf qui regroupe le stade olympique du 5 juillet (d'une capacité de 80 000 places), un stade annexe pour l'athlétisme, une piscine olympique, une salle multisports (la Coupole), un golf 18 trous et plusieurs courts de tennis.

Alger a déjà accueilli les événements sportifs suivants (liste non exhaustive) :

Football

Avec au moins cinq clubs algérois présents dans le championnat algérien, chaque année la capitale vit d'intenses derbys. Le plus important est celui qui oppose le MC Alger à l'USM Alger. Un derby attendu par les supporters des deux clubs. Les principaux clubs de football et omnisports de la ville (ayant déjà évolué en division 1 ou 2) :

Jumelages et partenariats

Jumelages
Traités d'amitié et de coopération 
Panorama de la baie d'Alger.

Références

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Notes

  1. La ville possède plusieurs surnoms al-ʿāṣima signifie littéralement « la capitale », al bahdja : « la joyeuse », al bidha : « la blanche ».

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

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  • Jardins d'Alger - Farid Hireche (Djneins el-Djezair / Petits Paradis d'Alger)
  • Alger et ses armoiries 1862. Alger capitale en guerre 1949

Liens externes

  • (fr) Site officiel de la Wialya d'Alger
  • (ar) Site officiel de la Wilaya d'Alger