Amandine Gay

Amandine Gay
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Amandine Gay lors d'une projection-débat d'Ouvrir la voix, installée sur un escalier menant à la scène d'une salle de projection de l'American Cosmograph, salle de cinéma d'art et essai située à proximité de la place du Capitole de Toulouse (2017).
Biographie
Naissance
(36 ans)
France
Nationalité
Domicile
Formation
Activités
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Organisation
Bras de Fer Production ()
Membre de
Œuvres principales

Amandine Gay est une réalisatrice, comédienne, sociologue et afroféministe française née le . Son premier film, Ouvrir la voix est un documentaire donnant la parole aux femmes noires de France.

Biographie

Enfance

Amandine Gay est née sous X d’un père martiniquais et d’une mère marocaine[1] le en France[2],[3]. Sa mère et son père adoptifs, blancs, sont respectivement institutrice et cantonnier et vivent dans un village proche de Lyon[5].

Lors qu’Amandine Gay a été adoptée, la famille avait déjà un fils noir de 12 ans l'aîné d'Amandine. Celui-ci a joué un rôle important dans sa « construction de la négritude ». Il lui a notamment montré des représentations positives de personnes qui leur ressemblaient telles que Surya Bonaly, noire et adoptée[3].

Amandine Gay a une passion pour le basket-ball depuis l'âge de 8 ans[6].

Adulte

En 2015, ne se voyant pas fonder une famille en France où les institutions n'offrent « rien qui ne puisse donner de la fierté aux enfants noirs[7] », elle s'installe au Canada à Montréal[1] pour pouvoir poursuivre ses recherches et réaliser des films sur des thématiques liées aux conditions minoritaires, comme l'adoption, en écho à sa propre expérience, « l’adoption, par des familles blanches, d’enfants "racisés"[7] ».

Elle a co-fondé en 2017 la société Bras de Fer Production et Distribution avec son compagnon[6].

Vie professionnelle

Formation

Amandine Gay est diplômée de l’Institut d'études politiques de Lyon, terminant son cursus de journalisme en Australie[6]. Elle a également fait un stage à l'École Documentaire de Lussas[8]. À la suite de cela, elle intègre en 2008, le Conservatoire d’art dramatique du 16e arrondissement de Paris[9] . En 2017 elle obtient sa maîtrise en sociologie à l'Université du Québec à Montréal[10]. .

Comédienne

Après ses études, elle commence à travailler comme comédienne, cependant, après quelques mois d'activité, elle constate qu'elle interprète toujours le même type de rôles stéréotypés (droguée, prostituée, sans-papiers, accent antillais). Son agent lui apprend alors que bien qu'elle envoie son profil pour des rôles divers correspondant à sa tranche d'âge, elle n'obtient de réponse que quand il est spécifié dans le scénario que le personnage est une Noire[11],[12]. Amandine Gay a également été performeuse burlesque[8].

Réalisatrice

Les deux documentaires réalisés avant 2021 par Amandine Gay abordent des dimensions autobiographiques de la réalisatrice[3].

Ouvrir la voix

De son constat naît son envie de devenir réalisatrice pour promouvoir sa vision des femmes noires et aussi pour pouvoir jouer les rôles qui l’intéressent[13]. Elle écrit des programmes courts pour la télévision. Cependant, elle peine à trouver ses financements. Elle explique que les producteurs étant selon elle majoritairement des hommes blancs d'une cinquantaine d'années, ils ne reconnaissent pas leur expérience de la société dans les programmes qu'elle développe. Elle co-écrit notamment une fiction, une satire des magazines féminins, intitulée Medias Tartes. Un des personnages, une sommelière noire et lesbienne, rencontre l'incompréhension des investisseurs potentiels, arguant qu'une telle personne n'existe pas en France, alors que justement, il est inspiré d'elle-même[11].

Amandine Gay commence à réaliser, en , son documentaire Ouvrir la voix, grâce à une campagne de crowdfunding, sans le soutien du Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC) qui n'a pas souhaité soutenir ce long métrage. Dans le film, qui paraît en 2016, elle réunit 24 femmes — des Afro-descendantes, citoyennes, militantes, ingénieures, chercheuses ou blogueuses[14] — pour parler de leur identité de femme noire en France[15]. Ouvrir la voix traite, selon les mots d'Amadine Gay « de la signification de la construction sociale de la race dans des pays à l'histoire coloniale ou esclavagiste »[3]. En 2017, le documentaire reçoit le Out d'or de la création artistique et le prix du public aux Rencontres internationales du documentaire de Montréal[16],[17].

Une histoire à soi

Amandine Gay a réalisé le documentaire Une histoire à soi, où elle donne la parole à cinq personnes adoptées par des familles en France depuis l'international. Les participantes du documentaires sont originaires du Rwanda, Brésil, Sri Lanka, Corée du Sud et Australie. Le documentaire traite de leurs constructions identitaires, de déracinement et d'acculturation[3]. Une histoire à soi fait ressortir le fait que les adoptions transnationales et transraciales ont un impact émotionnel et psychologique sur les adoptées dans le cadre de la construction de leur identité. Ce type d'adoption impacte également les familles adoptantes blanches[3].

Militantisme

Afroféminisme

Amandine Gay milite un temps à Osez le féminisme !, déclarant a posteriori avoir été la « caution noire » de l'association et n'étant pas en accord avec la ligne sur les questions antiracistes et LGBT[18],[19]. Elle est depuis engagée dans l'afroféminisme[19].

En novembre 2020 Julien Bayou, secrétaire national d'Europe Écologie-Les Verts s'excuse pour son utilisation sur Twitter du terme « lynchage » pour qualifier des violences envers des policiers blancs après avoir été interpellé par Amandine Gay sur Twitter[20],[21].

Adoption

En 2017, elle crée le « Mois des adopté.e.s »[22],[23]. Amandine Gay soutien la réappropriation de la narration des femmes noires et des personnes adoptées. À travers ses documentaires elle souhaite mettre en avant l'expertise développée par celles et ceux à qui font l'expérience des discriminations du racisme et/ou du sexisme racialisé. Elle souhaite contrer le fait que l'on ait souvent entendu parler de ces personnes à travers la voix d'expert n'ayant pas vécu ces expériences. Elle se considère dans la lignée de l'intime politique[3].

Amandine Gay défend l'idée que la charge de la pédagogie raciale ne doit pas reposer sur les adoptées, mais sur les institutions qui s'occupent des adoptions. Cela dans le but d'éviter l'acculturation des adoptées. Amandine Gay critique le fait qu'aucun budget n'est alloué dans l'accompagnement d'une personne adoptée jusqu'à l'âge adulte, et notamment à l’adolescence lors des crises identitaires[3].

Amandine Gay défend aussi l'idée qu'il devrait exister un pré-requis des parents blancs adoptant un enfant noir, celui de la sociabilité avec les personnes noires. Selon elle, « cela leur permettra d'avoir des outils, même les plus simples, comme la manière de prendre soin des cheveux crépus ou de la peau d'un enfant noir. ». De plus, elle est d'avis que « Cela les amènera aussi à se questionner sur leurs préjugés racistes, car tout humain en est pourvu »[3].

Publications

  • 2015, préface intitulée « Lâche le micro ! 150 ans de luttes des femmes noires pour le droit à l'auto-détermination » pour la traduction française du premier livre de bell hooks, Ne suis-je pas une femme ? Femmes noires et féminisme, paru aux éditions Cambourakis en [24]. (ISBN 9782366241624).
  • 2015, article, Deny and Punish: A French History of Concealed Violence. The Charlie Hebdo Attacks and Their Aftermath. revue OCCASION[25],[26]
  • 2015, article, L'expérience des racisées en milieu universitaire: entre résistance, agency et lutte pour la légitimité; 7e Congrès international des recherches féministes francophones (CIRFF)[1]
  • 2018, ouvrage collectif "Éloges des Mauvaise Herbes: Ce que nous devons à la ZAD", La crise d'une utopie blanche? coordonné parJade Lindgaard. Paris: L'Arche, page 157 à 165[27]
  • 2018, ouvrage collectif "Décolonisons les arts !" sous la direction de Leïla Cukierman, Gerty Dambury et Françoise Vergès[28],[29]
  • 2019, ouvrage collectif "Reach everyone on the Planet..." What's a word?, coordonné par Kimberlé Crenshaw [30]
  • 2021, Préface du collectif, Lettres du Bangwe, Paris, éditions Bora, 348 pages, préface de page 11 à 15[31]
  • 2021, Une poupée en chocolat livre à venir aux éditions La Découverte[3]

Filmographie

Icône signalant une information Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

Actrice

  • 2010 : Hors de l'abri, court métrage de Céline Guénot : Aminata[32]
  • 2013 : Au nom de la vérité, épisode Le Retour d'une ex : Patricia

Réalisatrice

  • 2017 : Ouvrir la voix (documentaire), réalisatrice, monteuse, productrice et distributrice avec sa société Bras de FerOut d'or : prix de la création artistique (partagé avec Robin Campillo), juin 2017[33].

Prix et distinctions

Notes et références

  1. a et b Margaux Lacroux, « Noire is the New Black », liberation.fr, (consulté le 9 octobre 2017).
  2. « Rencontre avec Amandine Gay, pionnière de la France », La couleur de l'adoption,‎ (lire en ligne, consulté le 4 mars 2017)
  3. a b c d e f g h i et j « Amandine Gay : « Devenir noire repose sur la possibilité d’avoir accès à des pans de la culture noire » – Jeune Afrique », sur JeuneAfrique.com, (consulté le 20 avril 2021)
  4. « Amandine Gay: “La France a 20 ans de retard sur les questions raciales” », cheekmagazine.fr, (consulté le 9 octobre 2017).
  5. a b et c « Cinéaste d’utilité publique | LeJSD », sur lejsd.com (consulté le 20 avril 2021)
  6. a et b Séverine Kodjo-Grandvaux, « Amandine Gay, porte-voix afro-féministe », lemonde.fr, (consulté le 9 octobre 2017).
  7. a et b Joffrey Speno, « Amandine Gay : « Décoloniser les imaginaires du groupe majoritaire » (Ouvrir la voix en DVD) », sur DIACRITIK, (consulté le 20 avril 2021)
  8. Africultures, « Personnes », sur africultures.com (consulté le 4 mars 2017)
  9. Amandine Gay, « La mobilisation politique des adoptés transnationaux ou transraciaux adultes : du groupe affinitaire au groupe de plaidoirie », sur archipel.uqam.ca, (consulté le 20 avril 2021)
  10. a et b (en-US) « Amandine Gay : "Je trouve scandaleux qu’on remette en question ma francité" », FieldsMag,‎ (lire en ligne, consulté le 4 mars 2017)
  11. « Amandine Gay, portrait d’une afro-féministe qui ne veut plus se taire », sur Les Inrockuptibles, (consulté le 3 décembre 2020)
  12. « Amandine Gay, porte-voix afro-féministe », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le 4 mars 2017).
  13. Fanny Marlier, « Les Inrocks - "Ouvrir la voix": le documentaire qui donne la parole aux femmes noires », sur Les Inrocks, (consulté le 4 mars 2017).
  14. Dora Moutot, « Ouvrir la voix, le docu qui donne enfin la parole aux femmes noires en France », Konbini France,‎ (lire en ligne, consulté le 4 mars 2017).
  15. Mélissa Perraudeau, « Les premiers Out d’or ont été décernés lors d’une cérémonie forte et inspirante », Konbini,‎ (lire en ligne).
  16. « Palmarès de la 20e édition des RIDM », sur RIDM (consulté le 31 janvier 2018).
  17. « Comprendre l'afroféminisme en cinq questions », sur LEFIGARO, lefigaro (ISSN 0182-5852, consulté le 3 décembre 2020).
  18. a et b Inès Belgacem, « Amandine Gay ne veut plus qu'on parle à la place des femmes noires », sur StreetPress, (consulté le 9 mars 2017).
  19. Perre Lepelletier, « Policiers tabassés : le patron des écolos «entend que le terme lynchage» ne soit «pas adapté pour une personne blanche» », sur Le Figaro (consulté le 3 décembre 2020).
  20. Louis Nadau, « "Lynchage de policiers" : Bayou s'excuse de demander pardon après l'emploi d'un mot "pas adapté pour une personne blanche" », sur Marianne (consulté le 30 novembre 2020).
  21. Lucie Hennequin, « Pourquoi il faut préparer parents et enfants adoptés au racisme », sur Le HuffPost, (consulté le 3 décembre 2020).
  22. Catherine Durand, « récit d'enfants adoptés une fois adultes », sur Marie Claire, (consulté le 3 décembre 2020).
  23. « Ne suis-je pas une femme ? », sur Éditions Cambourakis (consulté le 20 avril 2021)
  24. (en) « Deny and Punish: A French History of Concealed Violence », sur ARCADE (consulté le 20 avril 2021)
  25. Amandine Gay, « Deny and Punish: A French History of Concealed Violence. », bi-annuel,‎ (lire en ligne)
  26. Coordonné par Jade Lindgaard, « Éloge des mauvaises herbes », sur http://www.editionslesliensquiliberent.fr/, (ISBN 979-10-209-0642-7)
  27. Leïla Cukierman, Gerty Dambuy et Françoise Vergès, Décolonisons les arts!, Paris/61-Lonrai, l'Arche / Normandie roto impr., 143 p. (ISBN 978-2-85181-945-1 et 2851819453, OCLC 1059540474, lire en ligne).
  28. « Décolonisons les arts ! sous la direction de Leïla Cukierman : livre à découvrir sur France Culture », sur France Culture (consulté le 20 avril 2021)
  29. Kimberlé Crenshaw and co, « "reach everyone on the planet..." », sur https://www.intersectionaljustice.org, (ISBN 978-3-86928-199-5)
  30. Biheri Saïd Soilihi, « Lettres du Bangwe I Un plaidoyer pour la liberté d’expression de la femme », sur https://alwatwan.net,
  31. (en) Amandine Gay sur le site d’Unifrance
  32. « Le palmarès des premiers Out d'or français », Libération.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 11 octobre 2018).
  33. « Palmarès de la 20e édition des RIDM », sur RIDM (consulté le 11 octobre 2018).

Liens externes