Mathilde Panot

Mathilde Panot

Mathilde Panot
Illustration.
Mathilde Panot en 2021.
Fonctions
Présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale
En fonction depuis le
(8 mois et 13 jours)
Élection
Réélection
Législature XVe et XVIe (Cinquième République)
Prédécesseur Jean-Luc Mélenchon
Députée française
En fonction depuis le
(5 ans et 4 jours)
Élection 18 juin 2017
Réélection 19 juin 2022
Circonscription 10e du Val-de-Marne
Législature XVe et XVIe (Cinquième République)
Groupe politique LFI
Prédécesseur Jean-Luc Laurent
Vice-présidente du groupe LFI à l'Assemblée nationale

(2 ans, 3 mois et 24 jours)
Élection
Président Jean-Luc Mélenchon
Législature XVe (Cinquième République)
Prédécesseur Fonction créée
Successeur Fonction supprimée
Biographie
Date de naissance (33 ans)
Lieu de naissance Tours (Indre-et-Loire, France)
Nationalité Française
Parti politique PG (depuis 2012)
LFI (depuis 2016)
Diplômée de IEP de Paris
Profession Coordinatrice de projets associatifs

Mathilde Panot, née le à Tours, est une femme politique française. Membre de La France insoumise, elle est élue députée dans le Val-de-Marne en 2017.

Biographie

Origines et formation

Mathilde Panot, fille d'une mère professeure et d'un père formateur en agronomie[1], est originaire de la banlieue d'Orléans[2],[3]. Elle passe son enfance et adolescence à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin[4].

Elle est titulaire d'un master en relations internationales de l'Institut d'études politiques de Paris ("Sciences Po", promotion 2013)[5],[6].

Parcours professionnel

Après avoir été bénévole d'ATD Quart monde à 18 ans[7], elle est salariée, jusqu'en 2016, de l'association Voisin Malin, où elle travaille comme manager d'équipe[8]. L'association a pour but la solidarité entre habitants au sein des quartiers et comporte, en 2015, 11 intervenants rémunérés 12 heures par mois au smic[9]. Son travail se rapproche du « community organizing », une méthode de mobilisation conçue aux États-Unis[10]. Les missions de l'association sont diverses : information sur le dépistage du cancer du sein, accompagnement bancaire à La Poste, lutte contre les punaises de litetc.[9] L'association est notamment active dans le quartier « sensible » de La Grande Borne, à Grigny[11],[12].

Parcours politique

Son premier acte militant est sa participation au mouvement contre le contrat première embauche (CPE), en 2005[11],[10].

En 2012, à l’approche de la campagne présidentielle, on lui propose d'intégrer le bureau du Front de gauche à Sciences Po[1].

En , elle participe à la création de l’association L’Ère du peuple avec Laurent Mafféïs et Bastien Lachaud. L'association a pour objectif de « servir de support technique et logistique à toutes les initiatives prises au service des idées développées par Jean-Luc Mélenchon pour réaliser la révolution citoyenne ». Mathilde Panot en est la secrétaire et Bastien Lachaud son trésorier. Elle est alors la salariée de l'association l'Ère du Peuple qui la rétribue selon France info 11 040 euros bruts pour 1 725 heures de travail (soit 2 208  brut/mois)[13] et selon LFI « près de 40 000 euros tous frais compris sur 9 mois »[14], travail facturé 87 150  au candidat Jean-Luc Mélenchon.

Au lancement de la campagne de Jean-Luc Mélenchon dans le cadre de l'élection présidentielle française de 2017, Mathilde Panot devient coordinatrice des groupes d'appui de La France insoumise. Elle est également à l'initiative des « caravanes pour l'égalité des droits » dont le but est d'aller dans les quartiers populaires, là où le taux d'abstention est le plus élevé[15],[16].

Députée depuis 2017

Lors des élections législatives de 2017, elle est élue députée de la dixième circonscription du Val-de-Marne[17] face à la candidate de La République en Marche Sheerazed Boulkroun, avec 52,2 % des suffrages exprimés[18]. À l'Assemblée nationale, elle est membre de la Commission du Développement durable et de l'Aménagement du territoire[19]. Le , après la nomination de François de Rugy au gouvernement, elle se présente[20] à l'élection pour la présidence de l’Assemblée nationale, face notamment à Richard Ferrand, qui est élu[21].

En 2018, elle est membre de la commission d’enquête sur la sûreté et la sécurité des installations nucléaires, qui met notamment en lumière des difficultés chez les 160 000 sous-traitants du secteur. En , elle fait une proposition de loi pour protéger ces travailleurs[22],[23].

Le , elle est élue à l'unanimité vice-présidente du groupe parlementaire La France insoumise à l'Assemblée nationale, une fonction qui n'existait pas jusque-là[24].

Le , lors d'une visite en Algérie pour rencontrer des personnalités politiques et des militants participant au Hirak[25], Mathilde Panot est interpellée par la police à Béjaïa, un foyer de la contestation. Elle est reconduite à Alger[26].

Le 2 février 2021, alors qu'elle va prendre la parole à l'Assemblée nationale, le député Pierre Henriet la qualifie de « poissonnière », une invective qu'elle qualifie d'« injure sexiste ». Elle fait une demande officielle de sanction et déclare : « Ce n’est pas une question personnelle. C’est notre institution qui ne doit pas laisser passer ça. Il y a beaucoup trop de sexisme à l’Assemblée nationale », rappelant des insultes lancées à l'encontre d'autres députées[27],[28],[29]. Pierre Henriet lui présente ses excuses sur Twitter, tout en affirmant que son propos « n'est en rien une injure encore moins sexiste »[30]. Le 9 février 2021, le député est sanctionné d'un rappel à l'ordre avec inscription au procès verbal, entraînant la privation d'un quart de son indemnité parlementaire pendant un mois[31]. Le 26 février 2021, Mathilde Panot part à la rencontre d'une poissonnière dans le Morbihan qui s'était exprimée dans la presse sur l'incident, et l'accompagne dans sa journée de travail pour témoigner de la dureté de son métier[32].

Elle préside en 2021 une commission d’enquête « relative à la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences » en Guadeloupe, alors qu'un quart des habitants ne disposent plus d’un accès quotidien à l’eau potable[33]. Le mardi 29 juin, elle interpelle le gouvernement sur la situation constatée sur place[34]. Le 15 juillet 2021, elle présente le rapport final de la commission d'enquête, adopté à l'unanimité des membres de la commission[35].

Le média en ligne Blast relève que la commission « a abattu un travail considérable » mais « n’est pas parvenue véritablement à répondre à la question, chacun [des acteurs de la distribution de l'eau] rejetant les responsabilités sur les autres… »[36] Le principal responsable de l’effondrement du système guadeloupéen étant la gestion « abracadabrantesque », selon la chambre régionale des comptes, du SIAEAG, le syndicat intercommunal de l’eau et de l’assainissement, sur la période 2005/2011[37]. Quelques mois plus tard, en décembre 2021, elle saisit avec deux autres députés la défenseure des droits pour « violation du droit à l'eau » des Guadeloupéens, ce qui impliquerait l'État français si la violation était avérée[38],[39].

Présidente de groupe parlementaire

Le 12 octobre 2021, elle succède à Jean-Luc Mélenchon comme présidente du groupe parlementaire La France insoumise, et devient ainsi la plus jeune à avoir présidé un groupe parlementaire dans l'histoire de l'Assemblée nationale[40].

Selon une étude de l'association Agir pour l'environnement, elle est par ses votes — avec Delphine Batho — la députée la plus écologiste de la XVe législature[41].

Lors des législatives de 2022, elle figure parmi les quinze candidats à avoir dépassé 50% au 1er tour, dont onze de LFI, et a obtenu un des meilleurs scores nationaux de son parti.

Le 21 juin 2022, Mathilde Panot est réélue à l’unanimité à la présidence du groupe La France insoumise (LFI) à l’Assemblée nationale[42].

Prises de position

Mathilde Panot (deuxième en partant de la gauche) à la marche des fiertés de Paris en 2017.

En octobre 2017, elle demande la création d’une commission d’enquête sur l'action des pouvoirs publics vis-à-vis de l'ouragan Irma[43], puis une seconde sur les circonstances de l’assassinat du président du Conseil national révolutionnaire du Burkina Faso, Thomas Sankara[44].

Engagée sur le thème de l'« écologie populaire »[45],[46], elle est chargée en 2018 par la France insoumise de la campagne « Sortir du nucléaire pour le 100% renouvelable »[47],[48]. Et elle organise une votation citoyenne sur le thème du nucléaire en France. 314 530 personnes votent entre le 11 et le , en ligne ou dans l'un des 2 000 points de votation. La sortie du nucléaire obtient 93 % des suffrages[47]. À la suite des résultats de cette votation, elle présente une proposition de loi coécrite avec les citoyens pour la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables[49][source secondaire souhaitée].

Le 4 juin 2019, elle se bâillonne avec un foulard à la tribune de l'Assemblée nationale pour dénoncer la réforme du règlement de l’Assemblée nationale, qui réduit le temps de parole et le droit d'amendement des groupes politiques minoritaires[50].

En , elle lance avec Gaspard D'Allens[51], journaliste chez Reporterre, une « commission d'enquête citoyenne pour une gestion alternative des forêts », associant parlementaires, syndicalistes forestiers et membres d'associations de protection des forêts[52]. Le 22 juillet 2020, une proposition de loi interdisant les coupes rases de plus de 2 hectares est déposée, cosignée par des députés des groupes Écologie Démocratie Solidarité, Communiste, Agir ensemble et Liberté et Territoires[53].

De février à juillet 2021, elle préside une commission d'enquête sur la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences[54]. La même année, elle met en place avec plusieurs organisations politiques, associatives et syndicales, une votation citoyenne sur l'eau[55]. 294 912 personnes votent entre le 22 mars et 13 avril 2021, en ligne ou dans l'un des 20 132 points de votation. L'inscription du droit à l'eau et à l'assainissement dans la Constitution, ainsi que la protection de l'eau et l'interdiction de son accaparement par les multinationales obtiennent 99,61% des suffrages[56][source insuffisante].

Notes et références

  1. a et b Alban de Montigny, « Revue Charles, "Graine de Star" : [Mathilde Panot :] "Je n'appartiendrai jamais à leur monde" (mai 2018) » (consulté en ).
  2. Yann Thompson, « Infographies. Législatives : l'Assemblée prend un coup de jeune historique avec l'arrivée de 28 députés vingtenaires », sur France Info, .
  3. « Mathilde Panot », sur Le Huffington Post (consulté le ).
  4. Centre France, « C'est off ! - Cette députée La France insoumise qui a passé sa jeunesse dans un fief de la droite orléanaise… », sur larep.fr, (consulté le ).
  5. « Mathilde Panot », sur L'Association des Sciences po (consulté le ).
  6. « Qui sont les députés de La France insoumise ? », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  7. Graulle 2017.
  8. « Ville inclusive - Le "community building" : recréer une solidarité de proximité », sur ville-inclusive.millenaire3.com (consulté le ).
  9. a et b « A Grigny, une « solidarité de palier » », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  10. a et b « "Mes colocs m'appellent 'madame la députée'…" », sur L'Obs, (consulté le ).
  11. a et b Jannick Alimi, « LFI : Panot et Quatennens, les hologrammes de Mélenchon », sur leparisien.fr, (consulté le ).
  12. Cerdan et Noyon 2017.
  13. Sylvain Tronchet et Elodie Guéguen « Campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon : L’Ère du peuple, petite association et grosses factures », France Info, 22 février 2018.
  14. « Comptes de campagne : accusée de surfacturation, l'équipe de Mélenchon détaille ses explications », Marianne,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  15. La France insoumise, « Lancement de la caravane insoumise pour l'égalité des droits », (consulté le ).
  16. La France insoumise, « Conférence de presse de lancement de la caravane de la France insoumise », (consulté le ).
  17. L. M., « Législatives 2017 : Mathilde Panot (FI), la seule élue insoumise, est la benjamine des députés du Val-de-Marne », Le Parisien,‎ (lire en ligne).
  18. « Val-de-Marne - 10e circonscription : Liste des résultats - Elections législatives 2017 - Assemblée nationale », sur assemblee-nationale.fr (consulté le ).
  19. Fiche de Mathilde Panot sur le site de l'Assemblée nationale.
  20. Voir sur L'Opinion du 12 septembre 2018.
  21. Voir sur Le Figaro du 12 septembre 2018.
  22. Ouest-France avec AFP, « La France insoumise. Mathilde Panot vice-présidente des députés au côté de Jean-Luc Mélenchon », sur Ouest-France.fr, (consulté le ).
  23. « Au Tricastin, la grève timide des sous-traitants du nucléaire », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  24. « Aux côtés de Mélenchon, Mathilde Panot vice-présidente des députés LFI », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  25. « La députée La France insoumise Mathilde Panot, arrêtée en Algérie, rentre en France », Le Monde, .
  26. « L'Algérie dément l'arrestation de la députée insoumise Mathilde Panot », sur Le Huffington Post, (consulté le ).
  27. « Cette députée LFI accuse un collègue LREM d'injure sexiste dans l'hémicycle », sur Le HuffPost, (consulté le ).
  28. « La députée Mathilde Panot demande "excuses" et "sanction" après avoir été traitée de "poissonnière" à l'Assemblée nationale », sur Franceinfo, (consulté le ).
  29. Julia Hamlaoui, « Sexisme Victime d’insultes à l’Assemblée, Mathilde Panot (FI) exige une sanction », sur L'Humanité, (consulté le ).
  30. « Après l'avoir traitée de "poissonnière", le député Pierre Henriet répond à Mathilde Panot », sur parismatch.com, (consulté le ).
  31. « Le député de Vendée Pierre Henriet sanctionné pour avoir traité une élue de "poissonnière" », sur France Bleu, (consulté le ).
  32. Rachid Laïreche et photos Théophile Trossat, « En Bretagne, députée et poissonnière noient le poison », sur Libération (consulté le ).
  33. « Le rapport accablant de la commission d'enquête parlementaire sur l'eau », sur Guadeloupe la 1ère (consulté le ).
  34. « Mathilde Panot interpelle le gouvernement sur la crise de l'eau en Guadeloupe - Toute la politique en Guadeloupe », sur France-Antilles Guadeloupe (consulté le ).
  35. « Commission d’enquête sur l’eau : des pistes pour préserver l’accès à une ressource essentielle | LCP », sur lcp.fr (consulté le ).
  36. Guadeloupe, l’île sans eau : la grande colère, blast-info.fr, 24 novembre 2021
  37. Guadeloupe, l’île sans eau : La faillite d'une autorité, blast-info.fr, 28 janvier 2022
  38. « Trois parlementaires saisissent la défenseure des droits sur les problèmes d’adduction en eau en Guadeloupe », sur France info - Guadeloupe la 1ère, (consulté le ).
  39. « Eau en Guadeloupe: la défenseure des droits saisie par des députés LFI et LREM », sur France 24, (consulté le ).
  40. « Présidentielle : Jean-Luc Mélenchon passe la main à Mathilde Panot à la tête des députés LFI », sud ouest,‎ (ISSN 1760-6454, lire en ligne, consulté le ).
  41. Hortense de Montalivet, « "ParlemenTerre": une association classe les députés en fonction de leurs votes pour l'écologie », BFM TV, (consulté le ).
  42. « Mathilde Panot réélue à la présidence du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale », sur MSN (consulté le ).
  43. « Ouragan Irma : le gouvernement a-t-il vraiment tout fait pour limiter les dégâts ? », sur franceinter.fr, (consulté le ).
  44. « Thomas Sankara : la fin du secret défense en France, une vérité à établir », sur information.tv5monde.com, (consulté le ).
  45. « Contre l'Europe du «green washing», pour une écologie populaire », sur Libération.fr, (consulté le ).
  46. « Européennes : à Orléans, La France Insoumise défend une “écologie populaire” », sur magcentre.fr, (consulté le ).
  47. a et b « Votation citoyenne : plus de 280 000 personnes pour la sortie du nucléaire », sur Europe 1, (consulté le ).
  48. « France Insoumise milite pour sortir du nucléaire », sur ladepeche.fr, (consulté le ).
  49. « Proposition de loi pour la sortie du nucléaire et le développement des énergies renouvelables », sur La France insoumise, (consulté le ).
  50. « La députée « insoumise » Mathilde Panot se bâillonne pour dénoncer la réforme du règlement de l’Assemblée », sur L'Obs (consulté le ).
  51. Le Figaro avec AFP, « Assemblée: le groupe LFI initie une «commission d'enquête citoyenne» sur la gestion des forêts », sur Le Figaro.fr, (consulté le ).
  52. « Forêts : des députés lancent une commission d'enquête citoyenne », sur Libération.fr, (consulté le ).
  53. « La proposition de loi contre les coupes rases a été déposée à l’assemblée », sur sosforetfrance.org, (consulté le ).
  54. « Commission d’enquête relative à la mainmise sur la ressource en eau par les intérêts privés et ses conséquences - Assemblée nationale », sur www2.assemblee-nationale.fr (consulté le ).
  55. Reporterre, « Nous devons gérer l'eau comme un bien commun », sur Reporterre, le quotidien de l'écologie (consulté le ).
  56. « L'eau est à nous ! — Votation citoyenne du 22 mars au 13 avril », 2021-03-03cet13:55:25+01:00 (consulté le ).

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes