Bosnie-Herzégovine

Bosnie-Herzégovine

(bs) Bosna i Hercegovina

(sr) Босна и Херцеговина

Drapeau
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine.
Blason
Armoiries de la Bosnie-Herzégovine.
Hymne en bosnien : Intermeco (« Intermezzo »)
Description de l'image Location Bosnia-Herzegovina Europe.png.
Description de l'image Bosnia and Herzegovina, administrative divisions - en (entities) - colored.svg.
Administration
Forme de l'État République fédérale
Haut représentant international
Christian Schmidt
Présidence collégiale
Président du Conseil des ministres
Zoran Tegeltija
Parlement Assemblée parlementaire
Chambre haute
Chambre basse
Chambre des peuples
Chambre des représentants
Langues officielles Bosnien, serbe et croate
Capitale Sarajevo

43° 50′ 51″ N, 18° 21′ 23″ E

Géographie
Plus grande ville Sarajevo
Superficie totale 51 197 km2
(classé 129e)
Superficie en eau Négligeable
Fuseau horaire UTC +1
Histoire
Indépendance RFS de Yougoslavie
Date
Démographie
Gentilé Bosnien[1],[2],[3]
Population totale (2020[4]) 3 835 586 hab.
(classé 131e)
Densité 75 hab./km2
Économie
IDH (2019) en augmentation 0,780[5] (élevé ; 77e)
Monnaie Mark convertible (BAM​)
Divers
Code ISO 3166-1 BIH, BA​
Domaine Internet .ba
Indicatif téléphonique +387

La Bosnie-Herzégovine, ou Bosnie-et-Herzégovine[6],[7] (en bosnien : Bosna i Hercegovina ; en serbe (cyrillique) : Боснa и Херцеговина ; en croate : Bosna i Hercegovina), est un État d'Europe du Sud appartenant à la région des Balkans. Elle est entourée par la Croatie au nord, à l'ouest et au sud, la Serbie à l'est et le Monténégro au sud-sud-est. Elle dispose d'une ouverture large d'une vingtaine de kilomètres sur la mer Adriatique.

La Bosnie-Herzégovine est une république fédérale de près de 3,5 millions d'habitants, désignés comme Bosniens, divisés en trois principaux groupes ethniques qui parlent la même langue slave méridionale : le chtokavien, un parler de ce que les linguistes nomment « diasystème slave du centre-sud », jadis appelé « serbo-croate » et aujourd'hui « BCMS » d'après ses trois noms officiels actuels, bosnien pour les Bosniaques, croate pour les Croates et serbe pour les Serbes, désignés comme « peuples constitutifs » par la constitution, et définis d'après leur histoire et leurs traditions culturelles (musulmane sunnite pour les Bosniaques, chrétienne catholique pour les Croates et chrétienne orthodoxe pour les Serbes)[8].

Le pays est administré par deux entités autonomes : la fédération de Bosnie-et-Herzégovine et la république serbe de Bosnie[9]. En 1999, a été créé le district de Brčko, à partir de terres des deux entités. Il appartient officiellement aux deux, mais n'est régi par aucune des deux, et fonctionne sous un système décentralisé de gouvernement local.

La capitale et la ville la plus peuplée est Sarajevo. Les autres villes importantes sont Banja Luka, Tuzla, Mostar, Zenica, Bihać, Travnik, Srebrenica, Goražde, Foča, Trebinje, Neum, Jajce et Sanski Most. La monnaie nationale est le mark convertible.

Les premiers établissements humains permanents sur le territoire de l'actuelle Bosnie-Herzégovine remontent au Néolithique. Au cours des millénaires suivants, le pays est successivement peuplé par diverses civilisations illyriennes puis celtiques, avant d'être romanisé sous la domination romaine puis colonisé par des peuples slaves entre le VIe et le IXe siècle. À cette même époque, le pays est christianisé et au XIe siècle la forme paulicienne du christianisme, dite « bogomile », est adoptée par une partie des habitants, tandis que les autres se partagent entre l'influence de Rome ou de Constantinople. Le banat de Bosnie, État vassal du royaume de Hongrie, est établi en 1154, avant de prendre son indépendance est de devenir le royaume de Bosnie en 1377. Après un bref âge d'or sous le règne de Stefan Tvrtko Ier de Bosnie, la Bosnie indépendante s'efface progressivement jusqu'à son annexion par l'Empire ottoman en 1463.

Commence alors une longue époque de domination turque qui va durer quatre siècles et durant laquelle les Ottomans convertissent progressivement à l'islam environ la moitié des habitants, modifiant durablement la société et la culture locale. En 1878 les troupes austro-hongroises s'emparent de la Bosnie conformément aux dispositions du Congrès de Berlin. La période austro-hongroise se prolonge jusqu'en 1918 lorsque la Bosnie-Herzégovine intègre le royaume des Serbes, Croates et Slovènes, devenu Yougoslavie en 1929. Rattachée à l'État satellite croate mis en place par l'Allemagne nazie et l'Italie fasciste durant la Seconde Guerre mondiale, la Bosnie-Herzégovine devient une des républiques socialistes fédérées de la Yougoslavie communiste de l'après-guerre. Au cours du processus de dislocation de la Yougoslavie, le pays proclame son indépendance en 1992 et s'enfonce dans la sanglante guerre de Bosnie, laquelle prend fin avec les accords de Dayton le .

La Bosnie-Herzégovine possède un haut niveau d'alphabétisation, d'espérance de vie et d'éducation[10] et le secteur du tourisme y est important ; il représente 10 % du PIB du pays en 2018[11], avec une croissance moyenne du nombre de touristes de 24 % par an entre 1995 et 2020[12]. Le pays est réputé pour son environnement naturel, son riche héritage culturel, sa cuisine, ses sports d'hiver, sa musique, son architecture et ses festivals, dont certains comptent comme les plus importants du sud-est de l'Europe[13],[14].

La Bosnie-Herzégovine a déposé sa candidature (pas encore reconnue) à l'adhésion à l'Union européenne en 2016[15] et est un candidat potentiel à l'Organisation du traité de l'Atlantique nord depuis avril 2010[16].

Dénominations

Bien qu'en français on dise couramment « Bosnie-Herzégovine », la traduction littérale du bosnien Bosna i Hercegovina est « Bosnie-et-Herzégovine » (que l'on retrouve dans la plupart des autres langues). Le pays unit ainsi deux régions historiques, sans rapport avec les entités autonomes actuelles, et n'est pas réductible à une Bosnie à laquelle on accolerait un adjectif.

Les habitants de la Bosnie sont les « Bosniens ». On appelle « Bosniaques » les habitants de ce pays qui sont de tradition musulmane, qui nomment « bosnien » leur parler chtokavien.

La Bosnie-et-Herzégovine est une république, sujet de droit international reconnu par l'organisation des Nations unies, membre du Conseil de l'Europe depuis avril 2002 et membre fondateur de l'Union pour la Méditerranée. Depuis les accords de Dayton-Paris du , elle comprend deux entités autonomes et un district commun[9] :

  • la fédération de Bosnie-et-Herzégovine (Federacija Bosne i Hercegovine), dont la capitale est Sarajevo, qui n'est pas une fédération au sens du droit international public entre la région historique de Bosnie et celle d'Herzégovine, et est elle-même constituée de deux sous-collectivités, croate et bosniaque, avec quelques communes mixtes ;
  • la république serbe de Bosnie (Република Српска/Republika Srpska, dénomination utilisée de facto en français), dont la capitale est Banja Luka, qui déclara son indépendance en 1992 et fut reconnue par les accords de Dayton, mais comme collectivité territoriale autonome et non comme république constitutive de l'État bosnien ;
  • le district de Brčko, situé entre les deux premières, dans le nord du pays, qui n'est pas un district administratif de la Bosnie-Herzégovine, mais un territoire de statut neutre et autonome, géré en partie par un superviseur international mandaté par l'ONU.
Carte de la Bosnie-Herzégovine avec ses deux entités autonomes.

La république de Bosnie-et-Herzégovine connaît, sur le plan interne, un imbroglio juridique dû au fait que ses deux collectivités territoriales autonomes de facto issues des accords de Dayton-Paris ne se reconnaissent pas mutuellement de jure, ni statutairement, ni territorialement. La république serbe de Bosnie s'est autoproclamée comme entité de l'ancienne Yougoslavie en 1992 en opposition à la proclamation d'indépendance de la Bosnie-Herzégovine, alors que la constitution yougoslave admettait l'indépendance des six républiques fédérées, mais non l'établissement de nouvelles frontières telles que celles de la république serbe de Bosnie ou du Kosovo. La constitution de la Bosnie-Herzégovine et les exigences de la commission Badinter  non plus n'admettaient pas l'autonomie de la République serbe de Bosnie, qui, de ce fait, n'a pas été reconnue de jure par la communauté internationale. En 1996, les accords de Dayton lui reconnaissent seulement la qualité de collectivité territoriale autonome au même titre que la « fédération croato-musulmane », renommée par la suite fédération de Bosnie-et-Herzégovine (qu'il ne faut pas confondre avec la République de Bosnie-Herzégovine, qui est le seul État souverain reconnu).

Histoire

La région historique de Bosnie-Herzégovine a été successivement illyrienne, romaine, hongroise, ottomane, austro-hongroise et yougoslave (voir article détaillé). Avant la venue des Slaves sur le territoire, la population a été successivement illyrienne, grecque et dalmate. Actuellement ses populations sont presque exclusivement des Slaves du Sud qui sont, du point de vue religieux, musulmanes (sunnites) ou chrétiennes (catholiques et orthodoxes). Jadis, il y avait aussi des bogomiles d'inspiration paulicienne (Église bosnienne) et les musulmans affirment que ce sont leurs ancêtres. En janvier 1876, à la fin de la domination ottomane, une insurrection cristallise l'identité bosniaque, mais des forces centrifuges existent aussi, instrumentalisées par l'impérialisme austro-hongrois et le panslavisme russe : les orthodoxes s'appuient sur la Serbie elle-même soutenue par la Russie, tandis que les musulmans et les catholiques misent sur l'Autriche-Hongrie qui occupe le pays en 1878 (et l'annexe en 1908 en tant que condominium de Bosnie-Herzégovine)[17].

La Bosnie médiévale englobant le banat de Bosnie et le royaume de Bosnie ultérieur.

Au Moyen Âge, en 1232, le ban Ninoslav fait du bogomilisme (ou « patarinisme ») la religion d'État[18]. Après la chute du royaume de Bosnie, les Bosniaques patarins se convertiront graduellement à l'islam. Les nouveaux maîtres ottomans feront venir des Valaques de religion orthodoxe comme force de travail ainsi que pour repeupler les territoires désertés à cause de la guerre ou de divers fléaux. C'est à partir de ce moment que s'implante plus sérieusement le courant chrétien orthodoxe en Bosnie alors qu'il n'était que très peu présent auparavant[19]. Lors de la période de l'éveil des nationalismes au XIXe siècle, les catholiques de Bosnie commencent à s'identifier comme Croates alors que les orthodoxes s'identifient comme Serbes. Ces entreprises de croatisation  et serbisation  de la population chrétienne, menées par les intellectuels et missionnaires des pays voisins, seront alors décriées par le frère franciscain Antun Knežević , lui-même catholique mais s'identifiant comme Bosniaque, et partisan d'un nationalisme bosniaque multiconfessionnel[20],[21]. Avec le temps, ce sont surtout les musulmans qui gardent un sentiment d'appartenance envers la Bosnie ; ils s'identifient comme « Bosniaques », tandis que le terme « Bosniens » désigne tous les habitants de la Bosnie-Herzégovine sans distinction de religion, conformément aux principes de la laïcité et du droit du sol.

La Vieille ville de Sarajevo.

Pendant la Seconde Guerre mondiale, après l'invasion de la Yougoslavie, le territoire de la Bosnie-Herzégovine est cédé en 1941 à l'état indépendant de Croatie allié du Troisième Reich. Certains Croates et Bosniaques s'y rallient ou s'y soumettent ; d'autres s'y opposent dans la guerre de résistance qui suit l'invasion. La plupart des Serbes rejoignent le mouvement, fidèle au gouvernement yougoslave en exil à Londres, des Tchetniks, mais un autre mouvement de résistance, multiethnique, se constitue : celui des partisans communistes. Un grand nombre de Bosniaques, Croates et Serbes, mais également des Slovènes, Macédoniens, Monténégrins ou Albanais s'y engagent. Une guerre à cinq commence alors : s'affrontent d'un côté les Allemands et les Oustachis Croates d'Ante Pavelić, d'un autre côté les Tchetniks du Serbe Draža Mihailović, et, à partir de l'été 1941 (rupture du pacte germano-soviétique) les partisans de Tito, qui affrontent aussi les Tchetniks à partir de 1943, poussant certains groupes à s'allier aux Oustachis, ou aux Italiens qui de leur côté, rejoignent les Alliés à l'automne 1943. De ces affrontements et changements d'alliances sortent largement vainqueurs les partisans de Tito d'autant que les « cinq de Cambridge » ont réussi à convaincre Winston Churchill de miser sur Tito et de réserver à ses partisans l'essentiel de la logistique Alliée. Dans ce contexte se forme, le à Jajce, le Conseil antifasciste de libération nationale de Yougoslavie qui décide de la formation d'une République de Bosnie-Herzégovine au sein d'un futur régime communiste fédéral.

La fin de la guerre et la victoire des Partisans sont, conformément à ce programme, suivies de la proclamation de la république fédérative socialiste de Yougoslavie, dont la république socialiste de Bosnie-Herzégovine devient une entité fédérée.

Indépendance

Une nouvelle assemblée est formée lors des élections parlementaires de 1990. Elle est dominée par trois partis communautaristes, formés sur des critères ethniques, qui forment une coalition dans le but de prendre le pouvoir aux communistes. Ces partis sont soutenus par certains pays de la Communauté européenne notamment l'Allemagne et l'Italie. Les récentes déclarations d'indépendance de la Slovénie et de la Croatie, et les guerres qui les ont suivies, placent la Bosnie-Herzégovine dans une situation difficile. La population est divisée : la Bosnie-Herzégovine doit-elle rester dans la fédération yougoslave, comme le veut la majorité des Serbes (32 % de la population), ou chercher à obtenir son indépendance, comme le souhaite la majeure partie des Bosniaques et des Croates (64 % de la population) ?

Initiée par le Parti d'action démocratique de l'ancien dissident Alija Izetbegović, la déclaration de souveraineté du est suivie du rapport de la commission Badinter. Selon ce rapport, la Bosnie-Herzégovine ne peut être reconnue comme État indépendant par la communauté internationale que si un référendum national réclame cette reconnaissance. Ce référendum a lieu le , conformément à la constitution yougoslave et aux exigences de la commission Badinter, mais il est boycotté par un tiers de la population (la majorité des Serbes de Bosnie). Parmi la population votante, essentiellement bosniaque et croate, les votants s'expriment à 99,4 % pour l'indépendance.

Refusant les résultats de ce référendum, les milices serbes organisées par Radovan Karadžić, chef du parti nationaliste serbe SDS encerclent la ville de Sarajevo. Karadzić organise une conférence de presse où il déclare : une guerre interethnique et religieuse est inévitable, alors qu'Alija Izetbegović, élu président de la Bosnie, annonce qu'il n'y aura pas de guerre en Bosnie, ni interne ni importée. Le , le chef d'état major de l'armée yougoslave (JNA), le général Blagoje Adžić, déclare : La sécession de la Bosnie-Herzégovine est inacceptable et l'armée fédérale est prête à y intervenir pour défendre le peuple serbe menacé par une agression ouverte.

Guerre de Bosnie-Herzégovine

Néanmoins, la Communauté européenne et les États-Unis reconnaissent l'indépendance de la Bosnie-Herzégovine, le 6 avril 1992. Son adhésion dans l'Organisation des Nations unies a lieu le 22 mai 1992, en même temps que celles de la Croatie et de la Slovénie[22].

Refusant aussi cette reconnaissance par la communauté internationale, les forces de l'armée yougoslave dressent des barricades et postent des snipers tout autour de Sarajevo, pour « protéger » les quartiers serbes, et isoler les quartiers bosniaques, à majorité musulmane, et les croates, à majorité catholique. Le 6 avril 1992, le président yougoslave Slobodan Milošević coordonne les premières opérations militaires en Bosnie. Le scénario est le même qu'en Croatie.

Bijeljina est la première ville bosniaque à être investie par l'armée yougoslave et par les milices serbes sous les ordres d'Arkan. « Nous avions l'ordre de tuer le plus de musulmans possible », confesse Goran Jelišić, un jeune mécanicien serbe recruté à Bijeljina par Arkan pour participer au nettoyage ethnique de Brčko dans le Nord de la Bosnie[23]. Zvornik est la deuxième ville investie par les Serbes. José Maria Mendiluce , du Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, responsable pour l'ex-Yougoslavie, parvient à franchir le pont Mehmed Pacha Sokolović sur la Drina et à longer Zvornik avant d'être arrêté par un groupe de miliciens. Lorsqu'il eut quitté ses fonctions, il décrivit la scène suivante : Dans un virage, avant d'être interceptée, ma voiture a patiné sur du sang, j'ai croisé des camions remplis de cadavres. Dès lors, la guerre se généralise, les milices de chaque communauté s'en prenant aux civils désarmés des deux autres, mais la grande majorité des crimes sont commis par des extrémistes serbes[24]. Aucune convention de guerre n'est appliquée et la barbarie se déchaîne (viols, tortures, assassinats, formation de camps de concentration)[25],[26]. Le général Mladić, serbe de Bosnie à la tête du corps d'armée de Knin, réussit à s'emparer de l'ouest de la Bosnie-Herzégovine (à l'exception de Bihać), d'où il chasse toutes les populations non-serbes. À la mi-mai 1992, les forces serbes entreprennent de « nettoyer » les zones occupées[27]. Parallèlement, le chef du parti démocratique serbe, Radislav Vukić, interdit les mariages mixtes.

Les populations bosniennes sont dès lors soumises à un régime d'apartheid, institutionnalisé sous le nom de statut spécifique : les Bosniaques et les Croates des territoires sous contrôle serbe, ainsi que les Serbes des territoires sous contrôle croate ou bosniaque, sont privés de travail et de soins médicaux, assignées à résidence après avoir été expulsés et relogés dans des quartiers devenus ghettos. Des membres de chaque communauté sont également détenus dans les territoires pourtant contrôlés par « leurs » leaders, pour s'être opposés à la guerre et avoir défendu l'idée d'une Bosnie multi-ethnique. Ils y subissent les mêmes sévices que les ennemis. La violence se déchaîne aussi entre Croates et musulmans (combats de Mostar et dynamitage de son pont, sac de Stolac et dynamitage de sa mosquée…)[28].

En 1993, le tribunal pénal international pour l'ex-Yougoslavie est créé par les résolutions, no 808 et 827, du Conseil de sécurité des Nations unies. Ainsi déclarait M. Boutros Boutros-Ghali : il était inadmissible, en effet, que restent depuis si longtemps impunis les actes dont nous sommes, hélas, si souvent les témoins et qui révoltent les consciences humaines[29].

Lorsque les pressions de la communauté internationale sur le régime Milošević forcent l'armée fédérale yougoslave (JNA) d'évacuer la Bosnie-Herzégovine, les militaires serbes de la JNA changent d'insigne sur leurs uniformes et sur leurs appareils militaires, créant ainsi l'armée de la république serbe de Bosnie. Sous ce nouvel uniforme, ils continuent de bénéficier d'un large soutien humain, logistique, et financier de la part de la République fédérale de Yougoslavie. L'offensive de la république serbe de Bosnie de 1992 réussit à placer la majorité du pays sous son contrôle (70 % du pays en 1993). En , un accord à Washington proposait une fédération croato-musulmane, avec le principe d'un État fédéral entre celle-ci et la république serbe de Bosnie.

Mais les efforts de la communauté internationale pour tenter de faire cesser le conflit et éviter les pertes humaines parmi la population eurent peu d'effets concrets malgré l'envoi de plus de 38 000 militaires sous le drapeau de l'ONU. Les massacres continuèrent, dont le plus connu fut certainement celui de Srebrenica, en .

Les populations croato-bosniaques ont alors obtenu une aide logistique accrue de la part de la communauté internationale, qui isola la république fédérale de Yougoslavie officiellement définie comme agresseur (même si les Serbes continuaient de dire qu'il s'agissait d'une guerre légitime pour permettre le maintien dans la Yougoslavie des populations désirant y rester).

L'offensive conjointe en Croatie, en 1995, des forces croates de Croatie et de Bosnie, et des forces bosniaques de Bosnie (voir 5e Corpus de Hamza en Croatie), permit la conquête de tous les territoires serbes de Croatie. La population serbe de ces territoires (dont la présence remontait aux frontières militaires de l'Empire d'Autriche) fut expulsée vers la république serbe de Bosnie, qui fut également attaquée et perdit un tiers de son territoire. La Forpronu perdit 167 hommes et compta plus de 700 blessés.

Drapeau du pays entre 1992 et 1998.

Le , alors que certains militaires croates et bosniaques souhaitaient effacer la république serbe de Bosnie et en expulser les habitants vers la Yougoslavie, les belligérants furent invités à signer à Dayton (États-Unis) un traité de paix afin d'arrêter les combats. Les accords de Dayton, signés en décembre 1995 à Paris, partagèrent la Bosnie-Herzégovine en deux entités : La fédération de Bosnie-et-Herzégovine (51 % du territoire et 70 % de la population) et la république serbe de Bosnie (49 % du territoire et 25 % de la population, plus les réfugiés serbes de Croatie, désormais apatrides). En 1995-1996, une force internationale de maintien de la paix (IFOR) dirigée par l'OTAN, comprenant 60 000 soldats, intervint en Bosnie afin de mettre en place et de surveiller les aspects militaires de l'accord. À l'IFOR succéda une force de stabilisation (Sfor) plus réduite (14 000 soldats en 2003) dont la mission était d'empêcher la reprise des hostilités. À cette Sfor, a succédé en décembre 2004 l'Eufor, une force militaire de l'Union européenne de 7 000 hommes environ.

La force de police internationale de l'ONU en Bosnie-Herzégovine a été remplacée fin 2002 par la Mission de police de l'Union européenne (MPUE), premier exemple pour l'Union européenne d'une telle force de police, ayant des missions de surveillance et d'entraînement.

En 2005, on découvre encore en Bosnie-Herzégovine des charniers datant de la guerre. La plupart du temps, les militaires de chaque belligérant s'en prenaient aux populations civiles de ses adversaires, et évitaient de s'affronter entre eux. Peu d'entre eux furent inquiétés, moins encore, poursuivis. La Croatie s'est officiellement excusée pour ses agressions et ses crimes de guerre commis sur le peuple bosniaque (mais pas sur les Serbes). La Serbie, qui n'a encore présenté aucun regret, est poursuivie par la Bosnie-Herzégovine pour agression et génocide sur la population bosniaque devant la Cour internationale de justice. Les Bosniaques, comme les Croates, ne reconnaissent officiellement aucun crime sur les Serbes. Les principaux dirigeants de l'armée serbe de Bosnie, rendus responsables des évènements de Srebrenica, sont le général Ratko Mladić et Radovan Karadžić, ancien président de la République serbe de Bosnie. Après des années de fuite, Karadžić est arrêté en juillet 2008.

La guerre a causé la mort de « 100 000 civils et militaires bosniaques, serbes et croates[30] » ; 1,8 million de personnes furent déplacées, tous groupes ethniques confondus.

L'analyse ethnique de la population du territoire de la Republika Srpska, d'après le recensement de la population de l'année 1991 en comparaison avec après guerre en l'an 1997 (source : IMG, sur la base du recensement de la population de l'année 1991 et des estimations de l'UNHCR pour l'année 1997) montre la quasi-disparition des Bosniaques de ce territoire :

  • 1991 : Serbes 54,30 % ; Bosniaques 28,77 % ; Croates 9,39 % ; autres 7,53 %
  • 1997 : Serbes 96,79 % ; Bosniaques 2,19 % ; Croates 1,02 % ; autres 0,0 %

Géographie

Politique

Le haut représentant international en Bosnie-Herzégovine, Valentin Inzko, est nommé par le Conseil de mise en œuvre des Accords de Paix. Il est la plus haute autorité du pays et dispose de pouvoirs exécutifs tels que l'annulation de décisions de l'exécutif et du parlement de Bosnie-Herzégovine contraires à l'esprit des accords de Dayton, dont il est l'autorité finale pour toute interprétation[30]. Il rend compte de son action chaque semestre au Conseil de sécurité des Nations unies.

La déclaration d'indépendance a eu lieu en 1992. Des élections générales ont eu lieu le . Les électeurs de Bosnie-Herzégovine ont élu la présidence et le parlement de Bosnie-Herzégovine. Les électeurs de la fédération de Bosnie-et-Herzégovine ont élu un nouveau parlement pour l'entité et les électeurs de la république serbe de Bosnie ont choisi un président, un vice-président et un parlement. Le président du Conseil des ministres, Nikola Špirić, a été confirmé par le Parlement le 9 février 2007.

Le , Dragan Čović, président collégial de la Bosnie-Herzégovine, dépose la demande d'adhésion du pays à l'Union européenne[31].

Présidence collégiale

Trois présidents devant représenter respectivement les communautés Serbes, Croates et Bosniaques sont élus simultanément au scrutin uninominal majoritaire à un tour. L'un des candidats serbes est élu par les seuls électeurs de la République serbe de Bosnie tandis que les électeurs croates et bosniaques de la Fédération de Bosnie-et-Herzégovine votent pour l'un ou l'autre des candidats croates et bosniaques. Les habitants du district de Brčko, qui ne fait partie d'aucune des deux entités, doivent se faire enregistrer sur les listes électorales de l'une ou l'autre. Les trois présidents alternent à tour de rôle à la tête de la présidence collégiale, pour des périodes de huit mois[32].

Élections municipales de 2008

En mai 2008, les 4e élections, ont eu lieu en Bosnie, et les clivages entre Musulmans, Serbes et Croates se sont retrouvés dans les résultats[33] ; 55 % des 3 millions d'électeurs se sont abstenus, ce qui représente le plus faible taux de participation des 4 élections depuis les accords de Dayton.

Selon les premiers résultats partiels fournis par la Commission électorale centrale (CEC), l'Union des sociaux-démocrates indépendants (SNSD, serbe) a remporté 32 sièges de maires, le Parti de l'Action démocratique (SDA, musulman) 28, et la Communauté démocratique croate (HDZ) 15, dans les régions où chaque communauté est respectivement majoritaire[33].

Divisions internes et suppression des entités

Depuis 1991, il y a entre quatre et cinq fois moins de Serbes qui vivent à Sarajevo et dans le reste de la fédération de Bosnie-Herzégovine, ils sont tous en République serbe de Bosnie. Il en est de même pour les Croates et les Bosniaques qui vivent en majorité en Bosnie centrale et à Sarajevo pour les Bosniaques, et dans le sud du pays, surtout dans l'ouest de l'Herzégovine, pour les Croates. Concrètement, la Bosnie-Herzégovine est divisée d'un point de vue ethnico-religieux[34].

Le mouvement indépendantiste serbe se trouve renforcé dans sa volonté d'organiser un référendum au sujet de l'indépendance depuis l'annonce du soutien de l'indépendance du Kosovo par l'Union européenne et les États-Unis[35].

Fin 2007, l'institut de sondage Partner qui est basé à Banja Luka a révélé que 77 % des Serbes de Bosnie étaient favorables à une sécession de la République serbe de Bosnie dans l'hypothèse où les Albanais du Kosovo se déclareraient indépendants de la Serbie[36].

L'ancien ambassadeur des États-Unis à Belgrade, William Dale Montgomery , soutient une division de la Bosnie, ainsi que du Kosovo[37].

Les autorités de l'entité République serbe continuent de mener une politique déstabilisatrice et conflictuelle en Bosnie-Herzégovine. La poursuite des déclarations du président de la République serbe Milorad Dodik, niant le statut d’État de la Bosnie-Herzégovine, tout en prônant la sécession de la République serbe et son union avec la Serbie, est une attaque contre l'intégrité territoriale de Bosnie-Herzégovine[38].

Il faut rappeler que les entités ne sont en aucun cas fondées à faire sécession, et la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine sont garantis par lAccord de Dayton.[39]

En 2017, les États-Unis ont sanctionné le président de l'entité République serbe, Milorad Dodik, pour ses propos sécessionnistes. En faisant obstacle aux accords de Dayton, Milorad Dodik constitue une menace importante pour la souveraineté et l'intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine. La sanction signifie que toute propriété ou intérêt dans la propriété de Dodik sous juridiction américaine est bloqué, et est toujours valable[40].

La Commission de Venise a constaté que les pouvoirs de l'État central de Bosnie-Herzégovine, sont trop faibles et propose une révision constitutionnelle qui permettrait d'adapter le texte à la réalité politique par : Le transfert de responsabilités des Entités vers l'État central ; Une définition plus stricte du veto au nom des intérêts vitaux, afin que ce veto ne soit pas un simple pouvoir de blocage au nom d'intérêts partisans; Simplifier l'organisation territoriale par suppression des Entités, ou passer d'un État fondé sur l'égalité de trois peuples constituants à un État fondé sur l'égalité des citoyens.

Les États-Unis souhaitent voir disparaître la République serbe, considérée comme le seul résultat tangible de la politique menée par les nationalistes serbes.[41]

En 2019, Le Conseil de sécurité des Nations unies a exprimé son ferme appui au plein respect de la souveraineté, l’indépendance et l’intégrité territoriale de la Bosnie-Herzégovine[42].

Indépendantisme de la communauté croate au sein de la Fédération

Le parti nationaliste croate de Bosnie appelle régulièrement à la création d'une entité autonome croate, séparée de la communauté bosniaque[43]. Les Croates (chrétiens catholiques) justifient cette demande par la crainte d’être mis en minorité par les Bosniaques (musulmans) qui détiennent la majorité de quatre cinquièmes au sein des institutions fédérales[44].

Décisions constitutionnelles précisant le statut de Bosnie-Herzégovine et de ses deux entités

  • Mai 1998 : « Contrairement aux assertions des représentants de l’Assemblée populaire de la Republika Srpska, la Constitution de la Bosnie-Herzégovine n’envisage pas de préserver la souveraineté des Entités, ni n’envisage un droit à l’auto-organisation basée sur l’idée de la séparation territoriale. De la même manière, d’après l’article III/3 (a) de la Constitution de la Bosnie-Herzégovine, les « fonctions gouvernementales » sont attribuées aux institutions de la Bosnie-Herzégovine ou aux Entités, de façon que les compétences des Entités ne soient d’aucune manière l’expression de leur qualité d’État, mais résultent de cette allocation de compétences prévue par la Constitution de Bosnie-Herzégovine… toutes les dispositions du Préambule de la Constitution de la République Serbe faisant référence à la souveraineté, à l’indépendance de l’État, à la création d’un État et à la réunion complète et étroite de la Republika Srpska avec d’autres États, constituent une violation de l’article I/1, au regard des articles I/3, III/2 (a) et 5 de la Constitution de BH, qui garantissent la souveraineté, l’intégrité territoriale, l’indépendance politique et la personnalité internationale de Bosnie-Herzégovine » (Cour constitutionnelle de la Bosnie-Herzégovine, affaire U 5/98).
  • Janvier 2007 : La cour constitutionnelle de Bosnie-Herzégovine précise qu'aucun signe, drapeau ou hymne, autre que celui de l'État de Bosnie-Herzégovine ne saurait être admis publiquement sur le territoire de la Bosnie-Herzégovine. Cette décision étant rendue à la suite de la demande de la fédération de Bosnie-Herzégovine et de la république serbe de Bosnie-Herzégovine, en vue de porter des signes particuliers les distinguant de l'État de Bosnie-Herzégovine auquel ils appartiennent. La décision s'inscrit dans une jurisprudence constante de la Cour et de la communauté internationale. Selon cette jurisprudence, les deux entités n'ont aucune qualité d'État, car elles sont uniquement des entités de l'État de Bosnie-Herzégovine[45].

Subdivisions territoriales

La Bosnie-Herzégovine présente deux organisations parallèles de subdivisions territoriales du fait de l'existence de deux entités constitutives de la fédération bosnienne :

auxquelles on ajoutera une troisième entité, le district de Brčko situé entre les deux premières, au nord du pays, possédant un statut neutre et autonome, géré en partie par un superviseur international mandaté par l'ONU.

Démographie

La population, d'après le recensement effectué en 2013, est de 3 531 159 habitants[46].

Pour des raisons économiques, plus de 2 millions d'habitants de ce pays, vivent et travaillent à l'étranger (Allemagne, Autriche, pays de la Scandinavie, Canada, France...)

Population

Composition ethnique de Bosnie-Herzégovine 1991, en raison de l'imbrication des principaux peuples de l'ex-Yougoslavie, la Bosnie est surnommée la petite Yougoslavie
Composition ethnique de la Bosnie-Herzégovine en 2013.

À l'époque de la Yougoslavie, les Bosniaques étaient majoritairement appelés « Musulmans », les trois peuples composant le pays étant les Musulmans, qui avaient la majorité relative, les Bosno-Croates et les Bosno-Serbes.

La composition de la population a varié et surtout a changé de répartition géographique à la suite des diverses opérations de nettoyage ethnique, et les gentilés ont été changés afin d'éviter toute confusion entre le peuple musulman et la religion musulmane et pour répondre à la volonté de reconnaissance des Bosniaques en tant que nation, nommés ainsi jusque l'invasion austro-hongroise. Ainsi les habitants du pays sont désormais officiellement appelés « Bosniens », les trois « nationalités » majoritaires étant les Bosniaques, les Croates et les Serbes. Par « nationalité » il ne faut pas entendre ici la citoyenneté bosnienne ni la langue BCMS que tous partagent, mais l'appartenance à une communauté confessionnelle et historique définie par la religion musulmane sunnite pour les Bosniaques, chrétienne catholique pour les Croates et chrétienne orthodoxe pour les Serbes, appartenances qui changent aussi le nom de la langue (respectivement bosnien, croate et serbe ; dans ce dernier cas, la langue s'écrit majoritairement en caractères cyrilliques, ces derniers étant admis en bosnien).

La nationalité yougoslave n'a pas pour autant disparu, et correspond à la population continuant à se déclarer Yougoslave, et non de l'une des « nationalités » bosniaque, croate ou serbe : il s'agit en majorité de couples mixtes. Cette nationalité disparaît à partir du recensement de 2013[47].

Traditionnellement, la population bosniaque vit davantage dans et autour des centres urbains, la population serbe occupant de plus vastes zones rurales. Ceci explique en partie la répartition géographique des différents groupes ethniques.

Un recensement de la population est effectué en 1991. Par la suite, aucune donnée fiable n'est produite, car les principales forces politiques de Bosnie-Herzégovine considèrent les statistiques démographiques comme une poursuite de la guerre et une tentative d'officialiser les résultats du nettoyage ethnique. En , Halid Genjac  du Parti d'action démocratique annonce qu'un accord est conclu pour qu'un recensement ait lieu en 2013[47].

Résultats du recensement officiel de 2013
Population totale[48] Pourcentage de la population totale
Bosnie-Herzégovine 3 531 159 100 %
Fédération de Bosnie-et-Herzégovine 2 219 220 62,85 %
République serbe de Bosnie 1 228 423 34,79 %
District de Brčko 83 516 2,37 %

Groupes ethniques

Pourcentage de variation du nombre de Bosniaques par municipalité entre 1991 et 2013.
Répartition linguistique en Bosnie-Herzégovine en 2013.

Résultats finaux publiés le 30 juin 2016 incluant les statistiques sur les groupes ethniques en Bosnie-Herzégovine[48].

Langues

Même si les linguistes utilisent les termes de serbo-croate (ancien), ou de diasystème slave du centre-sud (moderne) pour définir la langue parlée en Croatie, en Bosnie-Herzégovine, en Serbie et au Monténégro, le remplacement du communisme yougoslave par les nationalismes de chaque ethnie dans les années 1990 a eu raison des définitions linguistiques, de sorte qu'officiellement le serbo-croate n'existe plus, chaque pays nommant sa langue « croate », « bosnien », « serbe » ou « monténégrin ». Il n'y a pas d'isoglosse entre ces langues (les locuteurs se comprennent spontanément, sans traducteur) : leur définition est donc historique et politique. En revanche, il y a d'une région à l'autre des différences partielles de lexique (certains mots, certaines conjugaisons ou déclinaisons varient) et surtout une différence d'alphabet : il est exclusivement latin en Croatie et dans la Fédération croato-bosniaque de Bosnie-Herzégovine, alors que les Serbes utilisent les deux alphabets : alphabet cyrillique serbe en Serbie, au Monténégro et dans la République serbe de Bosnie, mais aussi l'alphabet latin serbe en Serbie et au Monténégro, mais pas en Bosnie. Des éléments de la langue turque se retrouvent dans le bosnien.

La constitution de la Bosnie-Herzégovine ne mentionne aucune langue officielle, mais reconnaît trois « peuples constitutifs », chacun avec sa propre dénomination pour la langue commune[49].

Au temps où la Bosnie-Herzégovine était un territoire ottoman (officiellement jusqu'en 1908, mais sous occupation austro-hongroise depuis 1878), le territoire était administré en langue turque. Lorsque la Bosnie-Herzégovine devint un condominium austro-hongrois (1908 à 1918), le territoire fut administré en langue allemande.

Aujourd'hui, l'anglais est très parlé, surtout parmi les plus jeunes, et est une langue universitaire. Il est souvent utilisé dans l'administration, et est très utile pour communiquer avec les casques bleus de l'ONU présents sur le territoire. Une forte diaspora bosniaque existe aux États-Unis, au Canada, et en Australie, tout comme en Grande-Bretagne. L'allemand est également répandu, un grand nombre de Bosniaques vivant et travaillant dans des pays de langue allemande, l'Allemagne, l'Autriche ou la Suisse. Enfin, le turc, langue de culture en Bosnie-Herzégovine qui fut partie intégrante de l'Empire ottoman jusqu'en 1878, reste encore pratiqué.

La Bosnie-Herzégovine est un pays observateur au sein de l'Organisation internationale de la francophonie[50].

Religions

Religion majoritaire par commune selon les données du recensement de 2013.

La répartition religieuse du pays s'établit ainsi : les musulmans constituent 51 % de la population, les chrétiens orthodoxes constituent 31 % tandis que les chrétiens catholiques constituent 15 %, et 1,2 % pour les autres groupes religieux (y compris les juifs et les protestants). Il y a aussi 0,8 % d'athées et 0,3 % d'agnostiques[51]. En 1914, il y avait environ 160 000 Juifs en Bosnie-Herzégovine, mais entre 1941 et 1945, pendant l'occupation Allemande, de nombreux Juifs furent tués par les milices Oustachis, et les Nazis Allemands. Enfin, de nombreux Juifs partirent en Israël à partir de 1948, et de nos jours, les Juifs sont entre 10 000 et 15 000 en Bosnie-Herzégovine, concentrés surtout à Sarajevo.

Le taux de pratique religieuse est relativement faible parmi les groupes religieux traditionnels, mais la tradition religieuse jouant un rôle identitaire majeur, très peu de Bosniens se définissent comme incroyants. Certaines communautés sont plus pratiquantes que d'autres, comme les Croates catholiques d'Herzégovine ou les musulmans de Bosnie centrale. En outre, la religion sert de lien social lors des rites significatifs de passage comme la naissance, le mariage et la mort. À l'époque du communisme yougoslave, il y avait beaucoup d'athées et d'agnostiques parmi les Bosniaques, puis les religions ont connu un fort regain de pratique à la suite de la guerre de 1992-1995, expression de l'identification accrue de chacun avec son héritage ethnique et culturel.

Durant les années 2010, la presse pointe néanmoins du doigt un radicalisme religieux salafiste dans une partie de la communauté musulmane[52]. Les combattants étrangers, venus dans le pays lors de la guerre (1992-1995), seraient à l’origine de ce nouvel intégrisme[53]. Quelque 300 Bosniens se trouvent ainsi, en 2015, à faire le djihad en Syrie, ce qui ramené au nombre d’habitants forme le taux de départ pour le jihad le plus élevé d’Europe[54].

Le pape a alerté sur la situation des catholiques de Bosnie, dont beaucoup des jeunes se sont enfuis lors de la guerre, mais ne peuvent pas revenir. Il leur est également impossible de construire une église ou une école[55].

Composition religieuse de la Bosnie-Herzégovine: Recensement de 2013.
Résultats finaux publiés le
incluant les statistiques sur les affiliations religieuses
en Bosnie-Herzégovine[48] :
Population Pourcentage de la population totale
Musulmans 1 790 454 50,7 %
Christianisme orthodoxe 1 085 760 30,75 %
Catholicisme 536 333 15,19 %
Athées 27 853 0,79 %
Agnostiques 10 816 0,31 %
Autres 40 655 1,15 %
Non déclarés 32 700 0,93 %
Pas de réponse 6 588 0,19 %

Culture

Cinéma

Fêtes et jours fériés

Fêtes et jours fériés[51]
Date Nom français Nom local Remarques
1er mars Jour de l'indépendance Dan nezavisnosti Indépendance du pays vis-à-vis de la Yougoslavie, via le référendum d'indépendance de mars 1992.
9 mai Jour de la Victoire Dan pobjede férié seulement en république serbe de Bosnie
21 novembre Jour des accords de Dayton Nova Godina férié seulement en république serbe de Bosnie
25 novembre Fête nationale de l’État Dan Državnosti

Environnement

Sarajevo est très polluée pendant l'hiver. La pollution de l’air est à l’origine de près d’un décès sur cinq[56].

Économie

La Bosnie-Herzégovine est un pays en voie de développement. La monnaie est le mark convertible.

Transport

Tourisme

Sport

Les Jeux olympiques d'hiver se sont déroulés à Sarajevo en 1984, le pays faisant alors partie de la Yougoslavie.

Avant que n'éclate la Yougoslavie, tous les clubs jouaient sous une même fédération, la Fédération de Yougoslavie de football, Fédération yougoslave de basket-ball ou la Fédération yougoslave de handball.

En handball, le RK Borac Banja Luka de la ville de Banja Luka remporte la Coupe des clubs champions européens en 1976, un an après avoir échoué en finale, et la coupe EHF en 1991. En 1979, le KK Bosna, club de basket-ball de Sarajevo remporte la Coupe d'Europe des clubs champions chez les hommes, et le Jedinstvo Aida, de Tuzla, remporte la Coupe d'Europe des clubs champions en 1989 chez les femmes. Les clubs de football comme le FK Sarajevo, le FK Željezničar Sarajevo et le FK Velež Mostar sont parmi les clubs les plus connus du pays.

La Bosnie-Herzégovine se qualifie pour la première coupe du monde de football de son histoire en 2014. Un an plus tard, le , l'équipe nationale de handball se qualifie pour la première fois de son histoire à une compétition majeure, le Championnat du monde 2015 disputé au Qatar.

Sportifs célèbres

Codes

La Bosnie-Herzégovine a pour codes :

Voir aussi

Bibliographie

  • Amédée Chaumette-des-Fossés, Voyage en Bosnie dans les années 1807 et 1808, BookSurge Publishing, , 142 p. (ISBN 978-0-543-91500-9)
  • Yriarte Charles, Bosnie et Herzégovine : Souvenirs de Voyage Pendant L'Insurrection, BiblioBazaar, (ISBN 978-0-559-61321-0 et 0-559-61321-0)
  • P. Coquelle, Histoire du Monténégro et de la Bosnie : Depuis les origines, Nabu Press, (ISBN 978-1-146-23474-0)
  • Bertrand Leon et Olivier Louis (dir.), La Bosnie et l'Herzegovine, Wentworth Press, 2016 (ISBN 978-1-371-83618-4)
  • Albert Bordeaux, La Bosnie populaire, paysages, mœurs et coutumes, légendes, chants populaires, mines, Hachette Livre BNF, (ISBN 978-2-01-991851-4 et 2-01-991851-X)
  • Capus Guillaume, À travers la Bosnie et l'Herzégovine : études et impressions de voyage, Wentworth Press, , 372 p. (ISBN 978-0-274-27255-6 et 0-274-27255-5)
  • Marianne Ducasse-Rogier, A la recherche de la Bosnie-Herzégovine : La mise en œuvre de l’accord de paix de Dayton, Presses Universitaires de France 2003, , 543 p. (ISBN 978-2-13-053287-3, lire en ligne)
  • Paul Garde, Vie et mort de la Yougoslavie, Paris, Fayard, , 444 p. (ISBN 2-213-02914-8)
  • (en) Noel Malcolm, Bosnia : A Short History, New York Univ.Pr, , 360 p. (ISBN 978-0-8147-5520-4)
  • (en) Marko Attila Hoare, The History of Bosnia : From the Middle Ages to the Present Day, Londres, Saqi Books, , 510 p. (ISBN 978-0-86356-953-1 et 0-86356-953-6)
  • (en) Maude M Holbach, Otto Holbach, Bosnia and Herzegovina, Some Wayside Wanderings, Palala Press, (ISBN 978-1-355-06276-9)
  • (en) Omer Hadziselimovic, At the Gates of the East : British Travel Writers on Bosnia and Herzegovina from the Sixteenth to the Twentieth, Columbia University Press, (ISBN 978-0-88033-470-9)
  • (en) Robert Munro, Rambles and Studies in Bosnia-Herzegovina and Dalmatia, Palala Press, 1894 (2015) (ISBN 978-1-346-79886-8)

Articles connexes

Liens externes

Notes et références

  1. Commission d'enrichissement de la langue française Recommandation concernant les noms d’États, d’habitants, de capitales, de sièges diplomatiques ou consulaires (liste établie par le ministère des affaires étrangères et européennes) NOR : CTNX0818389X
  2. Le Robert des noms propres 2010 ; le terme Bosniaque désigne uniquement les Bosniens de culture musulmane
  3. Paul Garde, « Conférence - débat avec Paul Garde, animé par Anne Madelain lors de la journée annuelle du Courrier des Balkans », Le Courrier des Balkans,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  4. (en) « Europe :: Bosnia and Herzegovina — The World Factbook - Central Intelligence Agency », sur www.cia.gov (consulté le ).
  5. Jean-Herman Guay, « Évolution de l'IDH », Perspective Monde, sur Université de Sherbrooke (consulté le ).
  6. « Union européenne - Liste des États, territoires et monnaies ».
  7. « Bosnie-Herzégovine », dictionnaire Larousse.
  8. Constitution de la Bosnie-Herzégovine sur [1] et [2].
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  40. « « Treasury Sanctions Republika Srpska Official for Actively Obstructing The Dayton Accords ».
  41. « La Bosnie-Herzégovine : dix ans après Dayton, un nouveau chantier de l'Union européenne ».
  42. « Bosnie-Herzégovine: à l’unanimité, le Conseil de sécurité autorise la reconduction du mandat de l’EUFOR ALTHEA pour un an ».
  43. « Pourquoi la Bosnie ne prend pas le chemin de l’Union européenne », Site Toulouse7.com, .
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  56. « Sarajevo, capitale des Balkans à bout de souffle », Le Monde,‎ (lire en ligne, consulté le ).