Vienne (Autriche)

Vienne
(de) Wien
Blason de Vienne

Héraldique
Drapeau de Vienne

Drapeau
Vienne (Autriche)
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Eliza0027
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De haut en bas, de gauche à droite : le musée d'Histoire de l'art, le Rathaus, la cathédrale Saint-Étienne, le bâtiment du Parlement, l'opéra d'État.
Administration
Pays Drapeau de l'Autriche Autriche
Capitale Vienne
Landeshauptmann Michael Ludwig (SPÖ)
Partis au pouvoir SPÖ
Composition du parlement
(100 sièges)
Mandat
SPÖ 43
FPÖ 22
Verts 15
NEOS 10
ÖVP 10
2025-2030
ISO 3166-2 AT-9
Démographie
Population 2 028 399 hab. (2025[1])
Densité 4 889 hab./km2
Géographie
Superficie 41 489 ha = 414,89 km2
Liens
Site web wien.gv.at
Sceau.
Logo.

Vienne (prononcé : /vjɛn/ ; en allemand : Wien /viːn/ Écouter ; en bavarois : Wean ; en hongrois : Bécs ; en croate : Beč ; en slovène : Dunaj) est la capitale et la plus grande ville de l'Autriche ; elle est aussi l'un des neuf Länder (État fédéré) du pays (en allemand : Bundesland Wien).

La ville est située dans l'est du pays et traversée par le Danube (Donau). Capitale du duché puis archiduché d'Autriche, elle fut de fait celle du monde germanique durant le règne de la maison de Habsbourg (devenue en 1745 la maison de Habsbourg-Lorraine) sur le Saint-Empire romain germanique (12731291, 12981308, 14381806) puis présida la Confédération germanique (18151866). Elle fut en même temps celle de l'empire d'Autriche (18041867) puis de l'Autriche-Hongrie (18671918). Elle a été le point de départ de la crise bancaire de mai 1873. Depuis plusieurs années, elle figure dans les premières places de nombreux classements internationaux récompensant la qualité de vie des métropoles. Par exemple, la ville est en tête du classement selon l'indice Mercer évaluant le coût de la vie et la qualité de vie de 221 villes dans le monde[2],[3].

Peuplée de 2 millions d'habitants en 2024[4], Vienne est le principal centre culturel, politique et économique de l'Autriche. Jusqu'au début du XXe siècle, elle est la plus grande ville germanophone au monde. Elle est aujourd'hui deuxième derrière Berlin. C'est la 6e plus grande ville de l'Union européenne par la population municipale.

Vienne est un important centre politique international, notamment en raison de la neutralité autrichienne, puisqu'y siègent l'OSCE, l'OPEP et diverses agences de l'ONU, comme l'Agence internationale de l'énergie atomique, l'Office des Nations unies contre la drogue et le crime ou l'ONUDI[5]. En 1958, Vienne partage avec La Haye le prix de l'Europe. Par ailleurs, la ville a été le lieu de signature d'un grand nombre de conventions et traités internationaux. Entre 2005 et 2010, Vienne a été la première destination mondiale pour les congrès et conventions internationales.

Surnommée la « Ville des rêves » parce que l'inventeur de la psychanalyse, Sigmund Freud, y résida, ou encore la « Ville de la musique », en raison de l'influence considérable que la ville a eue dans le domaine de la musique, notamment à travers le classicisme viennois. Avec environ 7,5 millions de touristes et environ 16,5 millions de nuitées chaque année, Vienne est l’une des villes les plus visitées d’Europe[6]. Grâce à sa riche histoire, elle bénéficie d'un patrimoine culturel et architectural remarquable. Depuis 2001, le centre historique de Vienne (avec le Château de Schönbrunn) est classé au patrimoine mondial de l'UNESCO[7].

Géographie

Situation

La ville est située dans le bassin de Vienne, au cœur de l'Europe centrale. Traversée par la Vienne qui a donné son nom à la ville et surtout par le Danube, des collines (qui marquent les contreforts des Alpes) bordent la ville à l'ouest. La vallée du Danube et le relief plus plat de l'est offrent un accès à la Petite plaine hongroise. Le massif des Carpates commence également à proximité au nord et à l'est. À l'échelle des capitales européennes, Vienne est située à 1 243 km de Paris, à 651 km de Berlin et à 1 112 km de Bruxelles. Vienne est un carrefour de communications, à 60 km de Bratislava, à 250 km de Budapest, à 350 km de Prague et à 400 km de Munich.

Géographie

Avec une superficie de 414,82 km²[8], Vienne est la plus petite province d’Autriche et est entièrement entourée par le Land de Basse-Autriche, province à laquelle elle appartenait jusqu’en 1920. Dans le même temps, Vienne est la deuxième plus grande municipalité d’Autriche en termes de superficie, seulement dépassée par Sölden. L’extension nord-sud est de 22,8 kilomètres, l’extension ouest-est de 29,4 kilomètres[9]. Le point culminant est le Hermannskogel (544 m au-dessus du niveau de la mer) à la périphérie nord-ouest de la ville, le plus bas est le Lobau (151 m au-dessus du niveau de la mer) à la périphérie sud-est de la ville.

Comme la ville de Vienne est également un État depuis 1920, elle figure dans les classements des Länder : Vienne a la plus grande part de voies de circulation et de surfaces constructibles dans sa superficie totale parmi les Länder. 11,6 % de la superficie totale sont constitués de terrains bâtis, 11,1 % de zones de circulation routière et 2,2 % de voies ferrées. Dans le même temps, Vienne est également le Land qui compte la plus grande part de surfaces de jardins, qui représentent 28,4 % ou 117,76 kilomètres carrés. Les plans d’eau représentent 4,5 % du total[10].

Vienne est l’une des quatre provinces autrichiennes qui pratiquent la viticulture. 1,6 % de la superficie est occupée par des vignobles. Les zones forestières couvrent 17,8 % et 14,8 % de la zone urbaine est utilisée pour l’agriculture.

Carte interactive des arrondissements de Vienne

Les arrondissements de Vienne.

Climat

Le climat de Vienne est variable selon les quartiers (différentes classifications de Köppen : transition entre le climat océanique (Cfb) et le climat continental humide (Dfb) dans le nord et l'ouest de la ville, climat subtropical humide (Cfa) dans le centre urbain). Les hivers sont froids (−1 °C). Les étés ont une moyenne de 20 °C, mais peuvent être très chauds et orageux.

La pluviométrie est de 620 mm par an, avec un maximum en été et un minimum en hiver. Enfin, à la croisée de plusieurs ensembles géographiques (Alpes, Carpates, Plaine hongroise), la ville est bien exposée aux vents.

Relevé météorologique de Vienne
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −2 −0,9 2,4 5,8 10,5 13,5 15,4 15,3 11,7 7 2,4 −0,5 6,7
Température maximale moyenne (°C) 2,9 5,1 10,3 15,2 20,5 26,4 27,6 25,4 20,3 14,2 7,5 4 14,5
Précipitations (mm) 37 39 46 52 62 70 68 58 53 40 50 44 620
Nombre de jours avec précipitations 7,3 7,6 8,3 7,5 8,5 9,1 9 8 7 6 8,3 8,2 94,8


Effets du réchauffement climatique

En raison du réchauffement de la planète, les conditions climatiques à Vienne en 2050 pourraient être similaires à celles rencontrées à Skopje aujourd'hui, tandis que Stockholm présentera alors des conditions climatiques similaires à celles de Vienne aujourd'hui[15]. En outre, des calculs modèles montrent que Vienne est l'une des capitales européennes les plus touchées par les vagues de chaleur à la fin du XXIe siècle[16]. Il y aura donc à Vienne un climat qui rappelle davantage le sud de la Méditerranée d'aujourd'hui[16].

Toponymie

Noms du lieu

Le site est mentionné dès l'antiquité sous le nom de Vindobona au Ier s., puis dans l'expression Ad UUeniam en 881 (Salzburger Annalen), lieu d’un combat proche, désigne soit la ville de Vienne soit la Vienne, la rivière qui la traverse.

Historique du nom du lieu

Οϋι[υδ]όβονα (Oui[nd]obona), au IIe s.[17],

Vindobona, au IIIe s.[18],

Vindobona, au IVe s.[19],

Bendobona, au IVe s.[20],

Vindomana, v. 400 [21],

Vindomina, Vendomina, au VIe s.[22]

Interprétation et étymologie

Une voie consiste à considérer que UUenia, nom de la ville issu du nom de la rivière qui la longe au IXe siècle est sans rapport avec Uindobona, site gallo-romain au même emplacement. On a proposé dans le cadre de cette hypothèse pour l'interprétation du nom de la rivière un type d’origine celte *Vedunia, « ruisseau de la forêt »[23].

Une autre voie estime que les dernières formes de Uindobona, Vindomina, Vendomina, seraient à l’origine du nom actuel Wien. On peut expliquer le passage de Uindobona à Wien par une rationalisation phonétique telle que [ųind’om∂n∂], ou [uind'om∂n], ou encore [uind'omņ], changé par les Germains en [ų'indmn], qu’un fort consonantisme simplifie ensuite : [ų'indn] > [ųinn], or [ųin:][24]. Pour les tenants de cette hypothèse, il est admis que Uindobona est aussi d'origine celtique et composé de -vindo-, "blanc", et de -bona-, "fondation", ou -bonna-, "base"[25]. Ces deux entrées sont reprises par la plupart des ouvrages français consacrés à la langue gauloise mais les deux termes sont inégalement attestés dans la littérature étrangère, et si bon, "fondation" est par exemple mentionné, *vindo- ne l'est pas dans un ouvrage de langue allemande[26], à l'inverse si *vindo- l'est dans un ouvrage tchèque de langue anglaise[27] ou *windo- dans un lexique celtique en langue anglaise en cours d'élaboration[28], *bona- ne l'est pas.

Uindobona serait donc "la ville blanche"[29] ou la "ville de Vindos"[30] selon Henri d'Arbois de Jubainville. Cette dernière assertion "m'inspire des doutes", dit Ferdinand Lot. Ils concernent le deuxième terme -bona et, constatant que "Vienne (Wien) est sur la Vienne, et d'ordinaire c'est la ville qui tire son nom de la rivière et non l'inverse"... et que, "à 125 kilomètres au sud-est, on trouve une ville Arabona ou Arrabona, aujourd'hui Raab en Hongrie, située sur un cours d'eau du même nom", il se demande : "Ne serait-il pas plus logique d'interpréter Vindo-bona « rivière blanche », Ara-bona « rivière calme »? C'est peut-être une hérésie. Je la risque tout de même"[31]. Il a bien raison car non seulement Raab (Györ en hongrois) mais aussi Ratisbonne (Bavière), Serbonnes (Yonne), Troyes (Aube), Lillebonne (Seine-Maritime), en fait tous les lieux qui ont -bona comme deuxième terme sont des implantations gallo-romaines sur un cours d'eau secondaire se jetant dans une grande rivière. Il faut donc voir dans -bona une interprétation latine du gaulois *abona, "rivière"[28], associé, comme -magus, -dunum, -durum, etc., à un premier terme.

A Vienne, ce premier terme est Uindo-, présent aussi dans de nombreux toponymes et surtout hydronymes ainsi que dans Vindon(n)us, tel qu’il apparaît dans l' inscription suivante : DEO APOLLINI VINDO[NO] VRBICIVS FLACCVS V(OTVM) [S(OLVIT) L(IBENS)] M(ERITO)[32], ainsi que de manière plus fractionnaire dans : … [VIND]ONNO…[33] et VIND[ONNO]…[34]. Ces trois inscriptions gallo-romaines ont été trouvées à Essarois (Côte-d’Or) près de sources jaillissant dans un cirque naturel au lieu-dit la Truffière au quartier de la Cave. Des ex-voto réalistes représentent des offrandes au dieu ainsi que les différentes parties du corps guéries par les eaux[35] Le rapprochement a pu être fait entre Vindonnus et les scènes de guérisons représentées sur des piliers d’origine romaine de l’église de Mavilly en Côte-d’Or. À 1500 m de là vers le sud se situe la source de l’Avant-Dheune, anciennement appelée la Vandaine[36]. Ce cours d’eau s’appelait en effet Vandana v. 1135, Vandene au XIIIe s., Vandainne en 1468, Vandaine jusqu’au XIXe s. avant qu’une reformation pseudo-savante ne le transforme en Avant-Dheune[37]. Si un mot gaulois *uindo- a pu signifier, « blanc, pur, béni »[29], il paraît le devoir à une racine hydronymique, et donc à caractère religieux par le pouvoir thérapeutique de ses eaux, *uind- dont l'origine serait à rechercher dans deux éléments proto-indo-européens, *u̯en-, avec le sens originel de « chercher à atteindre », puis d’ « aimer, vénérer, désirer »,et *dheu-, celui de couler »[38].

Histoire

Le blason de Vienne (1461), décerné par Frédéric III du Saint-Empire.
Appartenances historiques

Drapeau de l'Autriche Duché d'Autriche 1156–1251
Drapeau de la Bohême Royaume de Bohême 1251–1278
Drapeau de l'Autriche Duché d'Autriche 1278–1453
Drapeau de l'Autriche Archiduché d'Autriche 1453–1485
Drapeau du Royaume de Hongrie Royaume de Hongrie 1485–1490
Drapeau de l'Autriche Archiduché d'Autriche 1490–1804
 Empire d'Autriche 1804-1867
Autriche-Hongrie 1867-1918
Drapeau de l'Autriche République d'Autriche allemande 1918-1919
Drapeau de l'Autriche République d'Autriche 1919-1938
Drapeau de l'Allemagne nazie Autriche nazie 1938-1945
Drapeau de l'Autriche Autriche occupée 1945-1955
Drapeau de l'Autriche République d'Autriche 1955-présent

Origines

L'origine de Vienne remonte au VIe siècle avant l'ère chrétienne, lorsque des Celtes y fondent une cité sous le nom Vindobona (ville blanche). En 15 av. J.-C., Vindobona devient un important fort romain de la province de Pannonie, défendant le limes, la frontière de l'Empire romain, qui fait face aux peuples germains situés plus au nord. Les vestiges archéologiques de la période romaine de Vienne sont néanmoins extrêmement modestes.

Capitale impériale

Vue de Vienne en 1609, entre les deux assauts ottomans.
Vue de la Ringstrasse avec le Parlement en 1900.

Au cours du Moyen Âge, Vienne devient successivement le siège des Babenberg (comtes puis ducs d'Autriche), puis des Habsbourg. Lorsque ces derniers accèdent au statut d'empereur, la ville devient la capitale du Saint-Empire romain germanique. Elle est cependant rapidement confrontée à la montée en puissance de l'Empire ottoman dont les troupes l'assiégèrent à deux reprises :

En 1815, grâce au talent de Metternich, la ville est le siège du congrès de Vienne, qui définit la géopolitique pour un demi-siècle d'une Europe juste sortie des guerres napoléoniennes. Vienne est alors capitale d'un empire d'Autriche qui s'étend de Milan à Lwow et de Prague à Raguse, incluant Venise, Zagreb, Cracovie et Budapest. En 1873, la ville accueille une exposition universelle au cours de laquelle démarre la crise bancaire de mai 1873, appelé aussi Krach de Vienne, le plus grand de l'histoire boursière[39].

Capitale de la République d'Autriche

La Première Guerre mondiale met fin à l'empire d'Autriche-Hongrie, dont Vienne était la capitale depuis 1867. De 1918 à 1934, Vienne est surnommée Vienne la rouge, en raison de l'arrivée au pouvoir d'une coalition de sociaux-démocrates et de chrétiens-sociaux. La municipalité sociale-démocrate développa une politique ambitieuse, avec notamment un vaste programme de constructions de logements ouvriers. De plus, des soins médicaux gratuits sont mis en place et une imposition proportionnelle aux revenus est instaurée. La culture est nettement mise en avant : l’ « Arbeiterbildung » (la formation et culture ouvrière) règne en maître, et la ville abrite de nombreux intellectuels et artistes réputés internationalement. En 1934, les sociaux-démocrates sont écrasés par le régime de Engelbert Dollfuss[40]. De nombreux cinémas et théâtres subventionnés par la municipalité ouvrent leurs portes, et le sport se démocratise. Cette expérience socialiste, soutenue par certains intellectuels renommés comme Otto Neurath et Sigmund Freud, inspire également un violent dégout dans les milieux conservateurs. La presse qualifie volontiers Vienne la rouge de « création juive » aux mains du « bolchevisme »[41],[42].

En 1938, Vienne et toute l'Autriche sont rattachées à l'Allemagne nazie lors de l'Anschluss.

Le 13 avril 1945, l'opération Offensive Vienne permet aux forces soviétiques d'occuper la ville.

Après la défaite du régime nazi, Vienne est découpée en quatre secteurs d'occupation répartis entre les vainqueurs, de la même façon que Berlin.

En 1955, en pleine guerre froide, l'Autriche obtient son indépendance par le traité d'État autrichien et devient neutre sur le plan international. Vienne se modernise alors et devient, grâce notamment à la neutralité autrichienne, le siège d'organisations internationales comme l'ONU (Vienna International Centre) ou encore l'OPEP.

Urbanisme

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Carte des 23 arrondissements de Vienne.

Plusieurs fois ville frontière du monde de la chrétienté, Vienne est longtemps restée enserrée au sein de fortifications qui expliquent la densité de son tissu urbain central. Sa dernière enceinte, démantelée au milieu du XIXe siècle, fut remplacée par un boulevard circulaire connu sous le nom de Ring (« anneau » en allemand).

Établie à quelques kilomètres du Danube sur la rive droite du fleuve, Vienne en est longtemps restée éloignée, notamment pour se protéger des crues. La canalisation du fleuve aux XVIIIe et XIXe siècles a permis à la ville de se rapprocher, puis de s'étendre sur la rive gauche du Danube. Mais une importante dissymétrie subsiste, puisque la rive gauche n'accueille environ que 200 000 habitants.

Vienne (le Land comme la ville) est subdivisée en 23 arrondissements, les Gemeindebezirke, désignés par un numéro et par un nom. Les codes postaux attribués à la ville de Vienne vont de 1010 à 1230, le premier 1 désignant la ville et les deux chiffres centraux mentionnant l'arrondissement. Ainsi, l'adresse du château de Schönbrunn, par exemple, comporte le code 1130.

  • Le centre proprement dit (Innere Stadt) est le premier arrondissement, c'est l'emplacement de la Vienne historique, sur la rive droite du Danube. Il est entouré du Ring, premier et deuxième boulevards circulaires, un dans chaque sens de circulation. Il comprend en son sein, entre autres, le palais impérial Hofburg qui, avec ses dépendances, occupe une grande partie de la superficie de l'arrondissement. On circule peu en voiture dans le premier arrondissement, la progression dans les rues étroites et le stationnement étant difficiles.
  • Les arrondissements 2 à 9 entourent le premier dans le sens des aiguilles d'une montre et lui sont adjacents (sauf le 5e). Ces arrondissements, tous densément peuplés, sont considérés comme le centre de la ville (avec le premier). Ils sont à l'extérieur du Ring mais entourés à l'ouest et au sud par la Gürtel (« ceinture » en allemand), autre boulevard circulaire ouvert à la circulation dans les deux sens et surmonté sur une grande partie par la ligne de métro aérien U6.
  • Les arrondissements 10 à 20 ainsi que le 23e, qui bordent Vienne à l'ouest et au sud, sont moins densément peuplés. Certains sont davantage des zones de bureaux, d'autres (comme les arrondissements 16 à 19) des zones résidentielles assez vertes. Le château de Schönbrunn occupe une grande partie du 13e arrondissement.
  • Les arrondissements 21 et 22, plus récents, plus populaires historiquement et beaucoup moins denses, sont sur l'autre rive du Danube. La tendance actuelle (surtout depuis 2004) est au développement de ces zones ; de nombreuses habitations plus aérées et aisées sur les rives du fleuve, sont en construction dans ces arrondissements.
Panorama sur Vienne depuis le pré Am Himmel.

Vienne est également découpée en 89 communautés cadastrales, reflétant les différents villages annexés au cours de son histoire.

Population

Évolution démographique

année population
1724 150 000
1754 175 460
1790 200 000
1796 235 098
1800 231 900
1810 224 548
1830 401 200
1840 469 400
1850 551 300
année population
1857 683 000
1869 900 998
1880 1 162 591
1890 1 430 213
1900 1 769 137
1910 2 083 630
1916 2 239 000
1923 1 918 720
1934 1 935 881
année population
1939 1 770 938
1951 1 616 125
1961 1 627 566
1971 1 619 885
1981 1 531 346
1988 1 506 201
1991 1 539 848
2001 1 550 123
2008 1 680 447
année population
2011 1 702 855
2013 1 741 246
2014 1 766 746
2015 1 797 337
2019 1 897 491
2021 1 920 949
2024 2 006 134

Source : (de) [PDF] Statistik Austria

En raison de l'industrialisation et de la migration en provenance d'autres parties de l'Empire, la population de Vienne a fortement augmenté pendant sa période de capitale de l'Autriche-Hongrie (1867–1918). En 1910, Vienne comptait plus de deux millions d'habitants et était la troisième plus grande ville d'Europe après Londres et Paris. Contrairement à la plupart des autres métropoles européennes et mondiales, la population de Vienne a longtemps diminué au XXe siècle, le nombre maximum d'habitants ayant été atteint en 1916. À l'époque, Vienne rivalisait avec Paris et Londres. Cela s'explique par la disparition de l'Autriche-Hongrie en 1918, la ville n'exerçant plus son attractivité que sur une portion congrue de sa zone d'influence originelle, et cette situation s'est renforcée avec la guerre froide. Aujourd'hui encore, Vienne reste une capitale surdimensionnée pour l'Autriche, dont elle abrite plus de 20 % de la population totale, et 30 % en comptant l'agglomération. Mais la chute du rideau de fer a permis à la ville de retrouver son attractivité depuis 1990. De 2005 à 2015, la population de la ville a augmenté de 10,1%. Selon ONU-Habitat, Vienne pourrait être la ville à la croissance la plus rapide sur 17 régions métropolitaines européennes jusqu'en 2025 avec une augmentation possible de 4,65% de sa population par rapport à 2010. Selon les données préliminaires de Statistik Austria, Vienne a dépassé la barre symbolique des deux millions d’habitants en septembre 2023. Au 1er janvier 2024, Vienne comptait 2 006 134 habitants[43].

Diasporas

En 2001, 16% des personnes vivant en Autriche avaient une nationalité autre qu'Autrichienne, dont près de la moitié étaient originaires de l'ex-Yougoslavie ; les nationalités les plus nombreuses à Vienne étaient les Turcs (39 000 ; 2,5%), les Polonais (13 600 ; 0,9%) et les Allemands (12 700 ; 0,8%).

En 2012, un rapport officiel de Statistiks Austria montrait que plus de 660 000 Viennois (38,8%) sont issus de l'immigration totale ou partielle, principalement de l'ex-Yougoslavie, de Turquie, d'Allemagne, de Pologne, de Roumanie et de Hongrie. La mixité sociale et ethnique est réelle, même s'il existe de grandes disparités selon les quartiers. Le caractère populaire ou bourgeois d'un quartier est indépendant de sa distance du centre historique. De plus, certains quartiers regroupent plus d'habitants de même origine ou culture, Serbes principalement, plus de 180 000 en 2001[44]. La diaspora serbe envisage d'ailleurs de demander le statut de minorité, étant donné que sa présence sur le territoire autrichien remonte à plus de 150 ans[45](voir migration serbe). On trouve aussi des diasporas italienne, asiatique, juive, hongroise, mais en plus petit nombre, on compte aussi une importante population turque, qui n'est présente dans le pays que depuis une période plus récente. Indépendamment du niveau social des habitants, on n'observe pas de réel découpage par communautés, comme dans d'autres capitales européennes (Londres, Berlin, etc.).

Pays de naissance Population (2015)
Drapeau de la Serbie Serbie 97 219
Drapeau de la Turquie Turquie 76 063
Drapeau de l'Allemagne Allemagne 53 232
Drapeau de la Pologne Pologne 49 702
Drapeau de la Bosnie-Herzégovine Bosnie-Herzégovine 39 664
Drapeau de l'Ukraine Ukraine 36 625
Drapeau de la Roumanie Roumanie 30 741
Drapeau de la Croatie Croatie 25 299
Drapeau de la Hongrie Hongrie 22 729
Drapeau de la Slovaquie Slovaquie 16 578
Drapeau de la Russie Russie 16 358
Drapeau de la Bulgarie Bulgarie 15 140
Drapeau de la Macédoine du Nord Macédoine du Nord 12 813
Drapeau de l'Iran Iran 10 751
Chine 10 138

Personnalités liées à la ville

Culture

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Grande salle du Musikverein, Vienne où le concert du Nouvel An a lieu.

Vienne est une ville culturelle majeure dans un grand nombre de domaines. Par son histoire très riche, sa situation géographique et politique, elle est un carrefour majeur en Europe.

« Comme la monarchie autrichienne avait depuis des siècles abdiqué ses ambitions politiques et n'avait remporté aucun succès éclatant sur les champs de bataille, l'orgueil patriotique avait tourné en volonté impérieuse de conquérir la suprématie artistique »

Stefan Zweig, Le monde d'hier.

L'apogée de la culture viennoise correspond au début du XXe siècle[49] : c'est l'époque de certaines avancées majeures dans le domaine scientifique (invention de la psychanalyse par Sigmund Freud), mais également d'un renouveau important dans le domaine des arts (Sécession viennoise, peinture de Gustav Klimt, d'Oskar Kokoschka et d'Egon Schiele) ou encore dans le domaine de la littérature (œuvres d'Arthur Schnitzler, Joseph Roth, Hermann Broch, Stefan Zweig[50] et Robert Musil)[51].

La renommée culturelle internationale de Vienne repose surtout sur sa vie musicale. Il existe peu d'autres villes dans lesquelles autant de compositeurs célèbres ont vécu. Les valses de Vienne, son chœur d'enfants (Wiener Sängerknaben), d'importants événements musicaux tels que le Concert du nouvel an ou le bal de l'opéra de Vienne, de même que les bâtiments dédiés à l'opéra et au théâtre sont mondialement connus. Vienne est également réputée pour sa cuisine et sa culture des cafés.

Les participants du 36e congrès mondial d’espéranto, 1936.

En reconnaissance de la place culturelle de Vienne, le congrès mondial d’espéranto s’est tenu quatre fois dans la ville, en 1924 (3054 participants), 1936, 1970 et 1992 (3033 participants venus de 66 pays). Les deux derniers congrès avaient respectivement pour thème « L’espéranto comme instrument de représentation internationale du monde » et « Lorsque tombent des murs millénaires : l’Europe, maison commune ».

Musique

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L'opéra d'État la nuit.

Vienne a longtemps été considérée comme la capitale mondiale de la musique. De nombreux compositeurs de renommée mondiale s'y sont succédé pendant des siècles, les plus connus étant les classiques Christoph Willibald Gluck, Joseph Haydn, Antonio Salieri, Wolfgang Amadeus Mozart, Ludwig van Beethoven, suivis par Franz Schubert, Franz Liszt, Johannes Brahms, Johann Strauss I, Johann Strauss II, Franz Lehár, Robert Stolz, Joseph Lanner, Anton Bruckner, Gustav Mahler, ainsi qu'au début du XXe siècle les membres de la seconde école de Vienne (Arnold Schönberg, Anton Webern, Alban Berg) et Ernst Křenek.

Le Kursalon Hübner, un site pour le music hall à Vienne. Janvier 2020.

Le Lied est par exemple un genre musical qui doit beaucoup à l'influence viennoise, au point qu'il en existe même une variante locale, le Wienerlied, un Volkslied chanté dans le dialecte viennois.

L'orchestre philharmonique de Vienne, qui recrute ses membres parmi ceux de l'orchestre de l'opéra national, est également une référence mondiale. De nombreux concerts de musique classique sont organisés au Musikverein (avec la célèbre salle dorée) et à la Konzerthaus.

Chaque soir, 10 000 personnes en moyenne assistent à des concerts de musique classique.

De nos jours, Vienne reste une ville très active sur le plan musical, en particulier dans les domaines de la musique électronique et pop. Elle est par exemple considérée comme la capitale souterraine du downtempo, avec par exemple des artistes comme Kruder & Dorfmeister ou Makossa. De jeunes labels de musique comme Cheap Music ou Couch Record découvrent également de nouveaux artistes qui rencontrent parfois le succès aussi à l'étranger.

Pour la pop, on peut citer Rainhard Fendrich, Georg Danzer, ou encore le célèbre Falco, qui avec son tube Rock me Amadeus a atteint la première place du Billboard Hot 100 américain en 1986.

Relégué en dehors de la vieille ville, le son des jeunes s'est inventé depuis le début des années 1990 de nouveaux lieux de rendez-vous. C'est dans les sous-sols du métro, dans les parcs, le long des berges du canal du Danube ou sous le Gürtel, le second boulevard circulaire, que la jeunesse viennoise se donne désormais rendez-vous sur des airs de rock.

Théâtre et opéra

Intérieur de l'Opéra d'État.

Forte d'un patrimoine musical exceptionnel, Vienne dispose d'une très longue tradition dans le domaine de l'opéra et dans celui du théâtre.

Le Burgtheater, ainsi que sa deuxième scène (le théâtre académique), passent pour figurer parmi les théâtres les plus importants au monde. Vienne dispose également du théâtre populaire (Volkstheater) et du théâtre de Josefstadt. Une multitude de plus petites scènes renforce l'offre de théâtres de la capitale, petites scènes qui n'ont guère à envier aux plus grandes du point de vue qualité. Celles-ci sont souvent consacrées à des pièces modernes et expérimentales, ainsi qu'au cabaret ou à l'art mineur.

Les amateurs d'opéra bénéficient également une offre très riche : l'opéra national (Staatsoper) et l'opéra populaire (Volksoper) proposent une offre variée, ce dernier, en plus des représentations d'opéras (souvent transcrits en langue allemande), donnant aussi à voir des opérettes et des comédies musicales.

Le théâtre sur la Vienne (Theater an der Wien) s'est distingué ces dernières années par de premières représentations de comédies musicales. La plus appréciée d'entre elles fut Elisabeth, qui fut ensuite traduite en plusieurs langues et jouée dans le monde entier. La maison dans laquelle Beethoven présenta Fidelio pour la première fois est depuis 2006 de nouveau consacrée uniquement à l'opéra.

La maison de la musique (Haus der Musik) de Vienne propose aux enfants et adultes depuis l'an 2000 un musée du son (Klangmuseum).

Le théâtre de marionnettes du château de Schönbrunn (Marionettentheater Schloß Schönbrunn) propose à tous un spectacle de marionnettes sous forme de pièces et d'opéras.

Musées

La Hofburg, résidence d'hiver des Habsbourg.
Le Museumsquartier.

La Hofburg abrite le musée de Sissi, les appartements de l'empereur (Kaiserappartements) et la chambre du trésor d'argent de la Cour (Hofsilber- und Tafelkammer) où la couronne du Saint-Empire est exposée avec d'autres regalia. Directement à côté de la Hofburg se trouvent deux bâtiments identiques qui se font face : le musée de l'histoire de l'art (Kunsthistorisches Museum), qui abrite de nombreuses peintures de maîtres, ainsi que le muséum de Vienne (Naturhistorisches Museum Wien, aussi appelé musée d'histoire naturelle de Vienne).

De là, on accède directement au Museumsquartier (le quartier des musées), un complexe de musées érigé dans les années 1990 dans les anciennes écuries impériales. Ce quartier abrite le musée d'art moderne de la Fondation Ludwig (Museum moderner Kunst - Stiftung Ludwig), le musée Leopold (Leopold-Museum), où se trouve la plus grande collection du monde des peintures de Schiele et qui propose principalement des œuvres du style de la Sécession viennoise, des œuvres modernes viennoises et de l'expressionnisme autrichien, plusieurs salles servant à des expositions temporaires, la 'Kunsthalle de Vienne' (Kunsthalle Wien), le 'AzW - Architekturzentrum Wien' - le musée d'architecture moderne et contemporaine, ainsi que le quartier de la danse (Tanzquartier Wien). Le Liechtenstein Museum, le musée de l'art baroque, abrite l'une des collections d'art privées les plus importantes au monde.

Le Musée des Beaux-Arts de Vienne (Kunsthistorisches Museum) possède une exceptionnelle collection de peinture européenne, notamment des écoles flamandes (avec notamment le plus grand ensemble d'œuvres de Pieter Bruegel au monde), italiennes et allemandes. Il présente aussi d'importantes collections de sculptures, d'arts décoratifs et d'antiquités grecques, romaines et égyptiennes.

Un autre musée majeur est l'Albertina (Albertina Museum), dédié principalement aux arts graphiques (dessins et gravures), et qui possède une collection unique dans ce domaine, avec par exemple un ensemble remarquable de dessins et aquarelles d'Albrecht Dürer.

La capitale autrichienne propose également d'autres curiosités atypiques comme le palais de la Sécession, bâtiment emblématique du style de la Sécession viennoise, le palais du Belvédère, le Forum d'art de la Banque autrichienne (BA-CA Kunstforum) au centre-ville sur la place Freyung ou encore la célèbre Hundertwasserhaus de l'architecte Friedensreich Hundertwasser.

Viennent encore s'ajouter de nombreux autres musées, du Musée d'histoire de l'armée (Heeresgeschichtliches Museum) au Musée des techniques de Vienne (Technisches Museum Wien) en passant par le Musée de l’horlogerie (Wiener Uhrenmuseum) au musée des pompes funèbres (Bestattungsmuseum Wien) ou encore le Musée de la brique (Wiener Ziegelmuseum), sans oublier les musées d'arrondissements, qui se concentrent sur l'histoire propre à chaque arrondissement - comme le musée du quartier de Leopoldst