Pierre Clastres

Pierre Clastres
Naissance
Décès
(à 43 ans)
Gabriac
Nationalité
Formation
École/tradition
Principaux intérêts
Idées remarquables
« société contre l'État »
Œuvres principales
Influencé par
A influencé
Conjoint

Pierre Clastres, né le [1] à Paris et mort accidentellement le à Gabriac en Lozère[2], est un anthropologue et ethnologue français.

Il est notamment connu pour ses travaux d'anthropologie politique, ses convictions et son engagement libertaires[3], ainsi que pour sa monographie des indiens Guayaki du Paraguay.

Sa principale thèse est que les sociétés primitives ne sont pas des sociétés qui n'auraient pas encore découvert le pouvoir et l'État, mais au contraire des sociétés construites pour éviter que l'État n'apparaisse. Son œuvre la plus connue est La Société contre l'État.

Biographie

Étudiant, membre de l'Union des étudiants communistes, Pierre Clastres est influencé par le groupe Socialisme ou Barbarie[4]. Il retrouvera plusieurs anciens membres de la revue Socialisme ou Barbarie en 1977, lorsqu'il participera à la fondation de la revue Libre, aux côtés de Miguel Abensour, Cornelius Castoriadis, Marcel Gauchet, Claude Lefort et Maurice Luciani[5].

Philosophe de formation, il s'est intéressé à l'anthropologie américaniste sous l'influence de Claude Lévi-Strauss et d'Alfred Métraux. Il place d'emblée son œuvre dans le sillage du Discours de la servitude volontaire d'Étienne de La Boétie dont il se réclame[6].

P. Clastres a effectué de nombreux travaux de terrain. Il passe l'année 1963 auprès des Indiens Guayaki au Paraguay[7]. En 1965, il est en mission chez les Guaranis, de nouveau au Paraguay[7]. Il se rend à deux reprises chez les Chulupi en 1966 puis en 1968[7]. Il effectue en 1970 un court séjour chez les Yanomami avec son collègue Jacques Lizot[7]. Enfin, il séjourne brièvement en 1974 chez les Guarani du Brésil[7]. La même année, il devient chercheur au CNRS et publie le recueil d'articles La Société contre l'État.

Critique du structuralisme, en conflit direct avec Claude Lévi-Strauss, dont il dénonce notamment la vision de la guerre comme échec de l'échange, il quitte le laboratoire d’anthropologie sociale[8]. En 1975, il devient directeur d'études à la cinquième section de l'École pratique des hautes études.

Il meurt en 1977 à 43 ans dans un accident de la route, laissant son œuvre inachevée et éparpillée[9],[n 1].

Travaux

La Société contre l'État

Dans son œuvre la plus connue, La Société contre l'État, Clastres critique à la fois les conceptions évolutionnistes, qui voudraient que l'État organisé fût la finalité de toute société, et la vulgate rousseauiste sur l'innocence naturelle de l'homme. Ce faisant, il expulse paradoxalement l'État de la place centrale qu'il occupait alors dans l'anthropologie politique pour recentrer la problématique de son apparition autour de la notion de pouvoir coercitif. La connaissance de cette notion de pouvoir serait innée dans toute société, ce qui expliquerait cette tendance naturelle de l'homme à préserver son autonomie vis-à-vis de celui-ci. Les sociétés premières sont donc perçues comme étant des structures faites d'un réseau de normes complexes qui empêchent activement l'expansion d'un pouvoir, compris comme despotique et autoritaire. À l'opposé, l'État est cette constellation législative émanant d'un pouvoir hiérarchique qu'elle légitime, dans les sociétés qui ont échoué à maintenir en place des mécanismes naturels qui l'empêchent de prendre cette forme coercitive.

Clastres oppose ainsi les grandes civilisations andines aux petites unités politiques formées par les chefferies amazoniennes, dont l'ensemble du corps social se met continuellement en branle pour empêcher le chef de transformer son prestige en pouvoir contraignant.

On retiendra sa thèse principale : les sociétés premières ne sont pas des sociétés qui n'auraient pas encore découvert le pouvoir et l'État, mais au contraire des sociétés organisées pour éviter que l'État n'apparaisse. Dans Archéologie de la violence, Clastres s'oppose ainsi aux interprétations structuralistes et marxistes de la guerre dans les sociétés amazoniennes. Selon lui, la guerre entre tribus est une façon de repousser la fusion politique, et donc d'empêcher la menace que constitue le principe de la délégation du pouvoir, qui mène aux dérives intrinsèquement liées à la trop grande taille d'une société.

Les sociétés dites « primitives » (ou segmentaires) refusent la différenciation économique et politique en interdisant le surplus matériel et l'inégalité sociale. Clastres refuse l'appellation de « sociétés sans État », car il juge que cela constitue un parti pris selon lequel l’État serait indispensable, son absence un manque pour une société, alors que ses convictions quelque peu anarchistes le conduisent à juger favorablement les sociétés dans lesquelles il n'existe pas d’État, pas d'exploitation d'hommes par d'autres hommes. Il est à signaler toutefois que ces tribus disposent chacune d'un chef. Mais ce chef ne possède qu'un rôle de diplomate ou, à l'occasion, de chef de guerre mais n'exerce pas en temps de paix de pouvoir politique. Le chef joue aussi parfois le rôle de médiateur en cas de litige entre des membres de la tribu. Si le chef veut exercer un véritable pouvoir sur sa tribu, s'il a trop d'ambition ou une aspiration à commander, à conduire une guerre, il peut se faire évincer de son poste honorifique, voire être éliminé. La société primitive serait ainsi une « société par essence égalitaire », semble approuver Clastres, qui, dans le chapitre 10, n'offre d'autre possibilité à « une terrible cruauté » des rites initiatiques amérindiens qu'« une plus terrible cruauté », celle de l’État confondu avec l’État totalitaire soviétique. En outre, l'anthropologue décrit sans les juger les inégalités entre hommes et femmes. Enfin, ces sociétés segmentaires connaissent une économie de subsistance, mais comprise comme une forme d'abondance selon l'analyse de Marshall Sahlins auquel fait référence l'auteur, c'est-à-dire que les hommes ne produisent que ce qui leur est nécessaire pour vivre et sont des « sociétés de refus du travail » selon Jacques Lizot. Ils travaillent donc peu, beaucoup moins que dans les sociétés connaissant l'économie de marché. Clastres affirme qu'ils travaillent moins de quatre heures par jour.

« L’histoire des peuples qui ont une histoire est, dit-on, l’histoire de la lutte des classes. L’histoire des peuples sans histoire, c’est, dira-t-on avec autant de vérité au moins, l’histoire de leur lutte contre l’État. »

— La Société contre l'État

Le prophétisme tupi-guarani

Pierre Clastres s'est longuement intéressé à la culture Tupi-Guarani, caractérisée par l'apparition d'un prophétisme bien particulier, différent du chamanisme que les Tupi-Guarani connaissent aussi, et que Clastres analyse comme une réponse à l'évolution de la Chefferie. Selon Clastres, lors de la Conquête, la société Tupi-Guarani était en train de perdre son statut de société première sous l'influence grandissante de la chefferie qui tendait à prendre un pouvoir effectif. Le prophétisme a entraîné une série de migrations des Indiens en direction de la « Terre sans mal », phénomène qui a duré plusieurs dizaines d'années.

Citation

« Dans la société primitive, société par essence égalitaire, les hommes sont maîtres de leur activité, maîtres de la circulation des produits de cette activité : ils n’agissent que pour eux-mêmes, quand bien même la loi d’échange des biens médiatise le rapport direct de l’homme à son produit. Tout est bouleversé, par conséquent, lorsque l’activité de production est détournée de son but initial, lorsque, au lieu de produire seulement pour lui-même, l’homme primitif produit aussi pour les autres, sans échange et sans réciprocité. »

— La Société contre l'État

Postérité

L'œuvre de Pierre Clastres eut un retentissement bien au-delà des seuls milieux libertaires. La revue L’Anti-Mythes, dans son neuvième numéro de , consacre un entretien à son auteur[10] ; L'Alternative Libertaire mène une étude sur sa thèse défendue dans La Société contre l'État[11].

Par ailleurs, Pierre Clastres bouleverse la vision de l’anthropologie politique traditionnelle, en soulevant des problématiques inédites, engendrant de nouveaux débats et de nouvelles publications, à l’image de L’Esprit des lois sauvages, Pierre Clastres ou une nouvelle anthropologie politique[12], étude dirigée par Miguel Abensour de l'Association française de science politique en 1987.

À l’occasion des 40 ans de sa disparition, en 2017, l'association Anamnèse (qui organise chaque année une rencontre visant à mieux faire connaitre le legs des sociologues et anthropologues disparus) lui consacre un colloque : « Pierre Clastres : d’une ethnologie de terrain à une anthropologie du pouvoir »[13] (dont certaines interventions furent réunies et publiées en 2020[14]).

Œuvres

Articles (sélection)

Articles disponibles dans la bibliothèque Persée : en ligne.

  • « Échange et pouvoir : philosophie de la chefferie indienne », L'Homme, tome 2, no 1. pp.51-65, 1962, texte intégral
  • « Mission au Paraguay et au Brésil », L'Homme, vol. 7, no 4,‎ , p. 101-108 (lire en ligne)
  • (en) « The Guayaki », in Hunters and Gatherers Today. A Socioeconomic Study of Eleven Such Cultures in the Twentieth Century, New York, Holt, Rinehart and Winston, Inc.,‎ , p. 138-174, edited by M. G. Bicchieri
  • « Liberté, malencontre, innommable », dans Étienne de La Boétie, Le Discours de la servitude volontaire ou le Contr'un, Payot, 1976
  • « La question du pouvoir dans les sociétés primitives », Interrogations, no 7,‎ , p. 3-10 (lire en ligne) [PDF], texte intégral
  • « Le retour des Lumières », Revue française de science politique, 27e année, no 1, 1977, texte intégral
  • « Les marxistes et leur anthropologie », Libre, no 3, p. 135-149, 1978

Préfaces

  • (es) León Cadogan, Diccionario Guayaki-Español, Paris, Musée de l'homme, , « Avant-propos » de Pierre Clastres
  • Marshall Sahlins, Âge de pierre, âge d'abondance : L'économie des sociétés primitives, Paris, Gallimard, coll. « Folio Histoire », (1re éd. 1976), « Préface » de Pierre Clastres

Entretiens

  • « Questions d'ethnologie : Entretien avec Pierre Clastres », Les Nouvelles Littéraires, vol. 53e année, no 2 378 (du 23 au 29 avril),‎ , p. 6, propos recueillis par Gilles Anquetil
  • « Entretien avec Pierre Clastres (14 décembre 1974) », L'Anti-mythes, no 9,‎ , p. 1-26 (lire en ligne) [PDF] ; rééd. Entretien avec l'Anti-mythes, 1974, Paris, Sens & Tonka, 2012a
  • Pierre Clastres, « Entretiens », Revue du MAUSS permanente [en ligne],‎ (lire en ligne) D'une durée de 55 minutes, il s'agit d'une compilation de trois entretiens : entretien n° 1 réalisé par Paul Chavasse daté de sur France Culture (émission « Les chemins de la connaissance ») ; entretien n° 2 réalisé par Jean Charbonnier daté de sur France Culture (émission « Sciences et techniques ») ; entretien n° 3 réalisé par Jean-Jacques Lebel daté de sur France culture (émission « Atelier de création radiophonique »).

Ouvrages

  • Chronique des Indiens Guayaki : Ce que savent les Aché, chasseurs nomades du Paraguay, Paris, Pocket, coll. « Terre Humaine Poche », (1re éd. 1972)
  • La Société contre l'État : Recherches d’anthropologie politique, Paris, Minuit, coll. « Reprise », 2011a (1re éd. 1974), chapitre 11, conclusion
  • Le Grand Parler : Mythes et chants sacrés des Indiens Guarani, Paris, Seuil, 2011b (1re éd. 1974)
  • Recherches d'anthropologie politique, Paris, Seuil, 2012b (1re éd. 1980)
  • Mythologie des Indiens Chulupi, Louvain-Paris, Peeters, coll. « Bibliothèque de l'École des hautes études »,
  • Archéologie de la violence : La guerre dans les sociétés primitives, La Tour-d'Aigues, L'Aube, coll. « Poche », (1re éd. 1997)

Notes et références

Notes

  1. De son vivant, Pierre Clastres publia trois ouvrages : Chronique des Indiens Guayaki (1972, Plon), La Société contre l'État (1974, Minuit) et Le grand parler (1974, Seuil). Les articles éparpillés (publiés de son vivant ou à titre posthume) sont compilés dans les deux ouvrages suivants : Recherches d'anthropologie politique (2012, Seuil) et le cahier Pierre Clastres (2012, Sens & Tonka). Les éditions de L'Aube rééditent régulièrement l'article « Archéologie de la violence » (initialement paru dans la revue Libre), de leur côté les éditions Sens & Tonka ont réédité l'entretien donné par P. Clastres en décembre 1974 à la revue L'Anti-mythes. Quant au livre posthume Mythologie des Indiens Chulupi (1992, Peeters), il regroupe des mythes Chulupi recueillis et traduits par P. Clastres ainsi que des textes inédits s'y rapportant ; ce livre fut préparé par Michel Cartry et Hélènes Clastres.

Références

  1. Notice d'autorité personne sur le site du catalogue général de la BnF.
  2. Robert Maggiori 2011.
  3. Les Colloques Ethnologiques de Bordeaux 1997, p. 108 (contribution de Christian Delacampagne, « Un ethnologue contre l'État »).
  4. Philippe Gottraux 1997, p. 205.
  5. Philippe Gottraux 1997, p. 363.
  6. Étienne de La Boétie 1976, Voir le texte écrit par P. Clastres pour cette édition du Discours… : « Liberté, Malencontre, Innommable » (ce texte est désormais repris dans Recherches d'anthropologie politique, aux éditions du Seuil).
  7. a b c d et e Miguel Abensour (dir.) 1987, p. 7-17, « Présentation » (par M. Abensour).
  8. Barbara Glowczewski 2008.
  9. Miguel Abensour et Anne Kupiec (dir.) 2011, Aux pages 356 et 357 de ce cahier Pierre Clastres, une bibliographie complète de l'œuvre de P. Clastres est proposée.
  10. L'Anti-mythes 1975.
  11. Yoram Moati 2000.
  12. Miguel Abensour, L'Esprit des lois sauvages, Pierre Clastres ou une nouvelle anthropologie politique, Paris, Éditions du Seuil, , 215 p. (ISBN 978-2-02-009778-9).
  13. Association Anamnèse, Institut mémoires de l'édition contemporaine et université Caen-Normandie, 2017, [lire en ligne]. [PDF]
  14. Pierre-Alexandre Delorme et Clément Poutot (dir.) 2020.

Voir aussi

Bibliographie

Études sur P. Clastres

Articles
  • Jean-William Lapierre et Olivier Mongin, « Sociétés sauvages, sociétés contre l'État », Esprit, no 457,‎ , p. 983-1015 (lire en ligne)
  • Michel Cartry, « Pierre Clastres : (1934-1977) », Annuaires de l'École pratique des hautes études, vol. 85 (1976-1977),‎ , p. 35-45 (lire en ligne)
  • Pierre Birnbaum, « Sur les origines de la domination politique : À propos d'Étienne de La Boétie et de Pierre Clastres », Revue française de science politique, 27e année no 1,‎ , p. 5-21 (lire en ligne)
  • Claude Lefort, « Clastres Pierre (1934-1977) », Encyclopædia Universalis [en ligne],‎ (lire en ligne, consulté le )
  • (es) Rubén Bareiro Saguier, « Pierre Clastres : (1934-1977) », Journal de la Société des Américanistes, vol. 65,‎ , p. 227-228 (lire en ligne)
  • Gérald Berthoud, « Une pensée contre l'État : Hommage à Pierre Clastres », Autogestion et socialisme, no 40,‎ , p. 101-117 (lire en ligne)
  • Kristian Feigelson, « Le gai savoir de Pierre Clastres », L'Homme et la société, nos 65-66,‎ , p. 107-119 (lire en ligne)
  • Emmanuel Terray, « Une nouvelle anthropologie politique ? », L'Homme, vol. 29, no 110,‎ , p. 5-29 (lire en ligne)
  • Claude Weber, « La fonction de la violence dans les sociétés primitives selon les écrits de Pierre Clastres », Les Champs de Mars, no 12,‎ , p. 61-83 (lire en ligne)
  • (en) Samuel Moyn, « Of savagery and civil society : PierreClastres and the transformation of french political thought », Modern Intellectual History, vol. 1,‎ , p. 55-80 (lire en ligne)
  • Jean-Louis Déotte, « Pierre Clastres : l'anarchie sauvage contre l'autogestion », Lignes, no 16,‎ , p. 73-84 (lire en ligne)
  • Régis Meyran, « Entre ethnologie et philosophie politique », Sciences Humaines, no 173,‎ , p. 64 (lire en ligne)
  • Marc Abélès, « Pierre Clastres nous interpelle encore », Sciences Humaines, no 173,‎ , p. 65 (lire en ligne), propos recueillis par Régis Meyran
  • Marc Richir, « La contingence du despote », eikasia, no 40,‎ , p. 129-136 (lire en ligne) [PDF]
  • Robert Maggiori, « L’énigme du chef », Libération,‎ (lire en ligne)
  • (pt) Renato Sztutman, « Metamorfoses do Contra-Estado : Pierre Clastres e as Políticas Ameríndias », Ponto Urbe, no 13,‎ (lire en ligne)
  • Clara Lecadet, « Crépuscule du terrain, miroir de la théorie chez Pierre Clastres », in Sur le terrain, Sétrogran,‎ (lire en ligne) [PDF], ouvrage dirigé par Christiane Vollaire et Philippe Bazin
  • Nicolas Journet, « Pierre Clastres. La politique du sauvage », Sciences Humaines, no 303,‎ , p. 31 (lire en ligne)
  • Olivier Allard, « Faut-il encore lire Clastres ? », L'Homme, no 236,‎ , p. 159-176 (lire en ligne)
Ouvrages et revues
  • Michel Cartry, Marcel Gauchet et Claude Lefort, « Pierre Clastres », Libre, no 4,‎ , p. 39 à 68
  • Miguel Abensour (dir.), L'Esprit des lois sauvages : Pierre Clastres ou une nouvelle anthropologie politique, Paris, Seuil,
  • Miguel Abensour et Anne Kupiec (dir.), Pierre Clastres, Paris, Sens & Tonka,
  • (pt) Beatriz Perrone-Moisés, Renato Sztutman et Sérgio Cardoso (dir.), « Dossiê Pensar com Pierre Clastres », Revista de antropologia, vol. 54, no 2,‎ (lire en ligne)
  • Arash Joudaki, La politique selon l'égalité : Essai sur Rancière, Gauchet, Clastres et Lefort, Paris, L'Harmattan, coll. « Ouverture philosophique »,
  • Christina Ferrié, Le mouvement inconscient du politique : Essai à partir de Pierre Clastres, Paris, Lignes, coll. « Fins de la philosophie »,
  • Edouardo Viveiros de Castro, Politique des multiplicités : Pierre Clastres face à l'État, Bellevaux, Dehors,
  • Pierre-Alexandre Delorme et Clément Poutot (dir.), Clastres : Une politique de l'anthropologie, Lormont, Le Bord de l'eau, coll. « anamnèse »,

Autres sources

Articles
  • Hélène Clastres, « Rites funéraires Guayaki », Journal de la société des américanistes, vol. 57,‎ , p. 63-72 (lire en ligne)
  • Hélène Clastres, « Les beaux-frères ennemis. À propos du cannibalisme tupinamba », Revue du MAUSS, no 55,‎ , p. 53-68 (lire en ligne), originellement paru en 1972 dans le n°6 de la Nouvelle Revue de psychanalyse (p. 71-82).
  • Jean Copans, « À la recherche de la théorie perdue : Marxisme et structuralisme dans l'anthropologie française », Anthropologie et Sociétés, vol. 1, no 3,‎ , p. 137-158 (lire en ligne)
  • Hélène Clastres, « Sauvages et civilisés au XVIIIe siècle », Histoire des idéologies. 3 : Savoir et Pouvoir (du XVIIIe siècle au XXe siècle), Paris, Hachette,‎ , p. 209-228 (ouvrage dirigé par François Châtelet)
  • Salvatore D’Onofrio, « Guerre et récit chez les Indiens ayorés du Chaco boréal paraguayen », Journal de la Société des Américanistes, vol. 89, no 1,‎ , p. 39-81 (lire en ligne)
  • Olivier Allard, « De l’os, de l’ennemi et du divin : Réflexions sur quelques pratiques funéraires tupi-guarani », Journal de la Société des Américanistes, vol. 89, no 2,‎ , p. 149-169 (lire en ligne)
  • Barbara Glowczewski, « Guattari et l'anthropologie : aborigènes et territoires existentiels », Multitudes, no 34,‎ , p. 84-94 (lire en ligne)
Ouvrages
  • Gilles Deleuze et Félix Guattari, Capitalisme et schizophrénie 1 : L' Anti-Œdipe, Paris, Éditions de Minuit, coll. « Critique », (1re éd. 1972)
  • Hélène Clastres, La terre sans mal : Le prophétisme tupi-guarani, Paris, Seuil, coll. « Recherches anthropologiques »,
  • Étienne de La Boétie, Discours de la servitude volontaire, Paris, Payot, coll. « Critique de la politique »,
  • Jean-Loup Amselle (éd.), Le sauvage à la mode, Paris, Le Sycomore, coll. « Les hommes et leurs signes »,
  • Gilles Deleuze et Félix Guattari, Capitalisme et schizophrénie 2 : Mille Plateaux, Paris, Minuit, coll. « Critique »,
  • Joseph Pestieau, Guerres et paix sans État : Anarchie et ordre coutumier, Montréal, L'Hexagone, coll. « Positions philosophiques »,
  • Jacqueline Russ, Les théories du pouvoir, Paris, Librairie Générale Française, coll. « Le livre de poche – Références »,
  • Claude Lefort, Écrire à l'épreuve du politique, Paris, Pocket, coll. « Agora », (1re éd. 1992)
  • Les Colloques Ethnologiques de Bordeaux, L'anti-autoritarisme en ethnologie : Actes du colloque du13 avril 1995, Bordeaux, Université Victor Segalen, Bordeaux 2, coll. « Mémoires des cahiers ethnologiques »,
  • Philippe Gottraux, « Socialisme ou Barbarie » : Un engagement politique et intellectuel dans la France de l'après-guerre, Lausanne, Éditions Payot Lausanne, coll. « Sciences politiques et sociales »,
  • Gérard Gaillard, Dictionnaire des ethnologues et des anthropologues, Paris, Armand Colin, coll. « Cursus – Sociologie »,
  • (en) Clifford Geertz, Available Light : Anthropological Reflections on Philosophical Topics, Princeton, Princeton University Press,
  • Marcel Gauchet, La condition politique, Paris, Gallimard, coll. « Tel », 2005a
  • Marcel Gauchet, Le désenchantement du monde : Une histoire politique de la religion, Paris, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2005b (1re éd. 1985)
  • Marcel Gauchet, La condition historique : Entretiens avec François Azouvi et Sylvain Piron, Paris, Gallimard, coll. « Folio Essais », 2005c (1re éd. 2003)
  • Marc Richir, La contingence du despote, Paris, Payot, coll. « Critique de la politique »,
  • Alban Bensa, La Fin de l'exotisme : Essais d'anthropologie critique, Toulouse, Anacharsis, coll. « Griffe Essais », (1re éd. 2006)
  • Alberto Giovanni Biuso, Anarchisme et anthropologie : Pour une politique matérialiste de la limite, Paris, Asinamali, (ISBN 978-2-9553822-2-6), présentation éditeur.

Documentation complémentaire

Revues
  • Patrick Menget (éd.), « Dossier : Guerre, sociétés et vision du monde dans les basses terres de l'Amérique du sud », Journal de la Société des Américanistes, vol. 71,‎ , p. 129-208 (lire en ligne)
  • Carmen Bernand et Serge Gruzinski (éd.), « La Redécouverte de l'Amérique », L'Homme, vol. 32, nos 122-124,‎ (lire en ligne)
  • Philippe Descola et Anne-Christine Taylor (éd.), « La remontée de l'Amazone », L'Homme, vol. 33, nos 126-128,‎ (lire en ligne)
  • Capucine Boidin (éd.), « Dossier : Paraguay », Journal de la Société des Américanistes, vol. 97, no 2,‎ , p. 137-342 (lire en ligne)
  • Salvatore D'Onofrio et Anne-Christine Taylor (éd.), « La guerre en tête », Cahiers d'anthropologie sociale, no 2,‎ (lire en ligne)
  • Jean-François Dortier (dir.), « Les peuples premiers : Qu'ont-ils à nous apprendre ? », Sciences Humaines, no 327,‎ (lire en ligne)

Articles connexes

Liens externes