Leïla Bekhti

Leïla Bekhti
Leïla Bekhti
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Leïla Bekhti lors du Festival de Cannes 2014.
Nom de naissance Yasmine Leïla Bekhti[1]
Naissance (38 ans)
Issy-les-Moulineaux, Hauts-de-Seine, France
Nationalité Drapeau de la France Française
Profession Actrice
Films notables Sheitan
Tout ce qui brille
La Source des femmes
Avant l'hiver
Nous trois ou rien
Le Grand bain
Séries notables Jour polaire
La Flamme
Le Flambeau : Les Aventuriers de Chupacabra

Leïla Bekhti est une actrice française, née le à Issy-les-Moulineaux.

Elle a notamment reçu le César du meilleur espoir féminin en 2011 pour son rôle dans Tout ce qui brille.

Biographie

Jeunesse et formation

Leïla Bekhti est née au sein d'une famille algérienne, originaire de Sidi Bel Abbès[2] dans l'Ouest de l'Algérie, qui s'installe dans la région parisienne. Née à Issy-les-Moulineaux, Leïla Bekhti grandit à Bagneux[3]. Elle est la benjamine de trois enfants[4]. Alors qu'elle est lycéenne, elle achète régulièrement le magazine Casting, mais elle a alors pour seule intention de s'amuser à regarder si des annonces peuvent lui correspondre, sans engager aucune démarche à chaque fois que c'est le cas[5]. Après un baccalauréat littéraire (option « théâtre »)[4] obtenu au lycée Maurice-Genevoix de Montrouge, elle s'inscrit sans conviction dans une faculté et suit dans ce cadre une formation sur l'art-thérapie[5]. Elle suit aussi pendant six mois des cours de théâtre au sein d'une école à Paris, sans véritable assiduité[4]. Tout en effectuant divers petits boulots pour payer ses cours, dont celui de vendeuse dans une boutique de vêtements appartenant à son frère à Orléans[4],[5], elle intègre ensuite l'école Stéphane-Gildas à Tolbiac, puis le cours de Bérengère Basty à l'Art'aire Studio[4].

Carrière

Débuts et ascension rapide (2005-2009)

En 2005, poussée par des amis[5],[3], elle se rend au casting de Sheitan, film de Kim Chapiron avec Vincent Cassel (également producteur du film), et y obtient un des rôles principaux, celui de Yasmine, une jeune femme n'ayant pas froid aux yeux[3]. Sorti en salles le , le film, thriller français aux frontières du film d'horreur, est interdit aux moins de seize ans et reste treize semaines à l'affiche, réalisant près de trois cent mille entrées[6].

La même année, elle interprète, sous la direction d'Alain Tasma, le rôle de Leïla dans le téléfilm Harkis, avec Smaïn dans le rôle de son père. Elle en profite pour se plonger dans cette période trouble de l'histoire algérienne, renouant avec les origines de sa famille, dont plusieurs membres, notamment son grand-père, ont combattu dans les rangs du FLN[3].

Au cinéma, elle décroche successivement le rôle de Zarka dans Paris je t'aime (fragment Quais de Seine, réalisé par Gurinder Chadha) et celui de Mounia dans Mauvaise Foi, le premier film de Roschdy Zem[7] où elle interprète la sœur de celui-ci. À la télévision, elle enchaîne coup sur coup le rôle de Djamila dans un épisode de la série Madame le Proviseur et celui de Valli Devailly dans la série les Tricheurs, créée par Claude Scasso, à laquelle elle participe jusqu'en 2009, aux côtés de Pascal Légitimus et de Sara Martins.

Suivent Choisir d'aimer, moyen métrage de Rachid Hami (qui lui vaut un prix d'interprétation au Festival Silhouette 2008[8]), Pour l'amour de Dieu, téléfilm d'Ahmed Bouchaala et Zakia Tahri pour Arte, et Ali Baba et les 40 voleurs de Pierre Aknine (aux côtés de Gérard Jugnot), avant le long métrage de Nora Hamdi Des poupées et des anges, où son interprétation de Lya lui permet d'être présélectionnée pour le César du meilleur espoir féminin[9], même si elle n'est finalement pas retenue dans la liste des nommées.

En 2008, deux seconds rôles vont contribuer à accroître sa visibilité : celui de la fille du fellagha dans L'Instinct de mort, de Jean-François Richet, et surtout celui de Djamila dans le film Un prophète de Jacques Audiard. Ce dernier film, qui remporte neuf césars[10], vaut à celle qui tient le seul rôle féminin du casting sa première montée des marches lors du Festival de Cannes 2009, où le film obtient le grand prix du Jury[11].

Parallèlement, elle tourne pour la télévision le Conte de la frustration du rappeur Akhenaton, avec Nicolas Cazalé et Roschdy Zem[12], un nouvel épisode des Tricheurs, et participe à la web-série Twenty Show, fruit d'un partenariat inédit entre Arte et MySpace[13], qui deviendra un film documentaire un an plus tard[14].

En 2009, elle est membre du jury des courts métrages lors du Festival international du film fantastique de Gérardmer 2009. La même année, outre un troisième volet de la série Les Tricheurs, son interprétation de Myriam dans Le Choix de Myriam, une mini-série en deux épisodes de Malik Chibane (avec Mehdi Nebbou et Anémone) qui narre, sur fond de saga familiale[15], l'arrivée en France de la première génération d'immigrés algériens, est saluée des deux côtés de la Méditerranée[réf. souhaitée]. Encore une fois, comme dans Harkis, ce rôle d'une mère courageuse[17] la renvoie vers l'histoire de sa propre famille, et vers des origines dont elle se dit fière, même si elle réfute à l'avance l'idée d'être réduite à « l'Arabe de service »[18].

Consécration et tête d'affiche (2009-2012)

Géraldine Nakache et Leïla Bekhti lors d'une conférence de presse du film Tout ce qui brille en 2010.
L'actrice en à l'avant-première d'Une vie meilleure.

Mais 2009 est surtout l'année de sa rencontre, sur le grand écran, avec Géraldine Nakache. La comédienne, qui a repéré sa prestation de footballeuse impétueuse[19] dans Mauvaise Foi, lui propose le rôle de Lila dans Tout ce qui brille, son premier long-métrage (coréalisé avec Hervé Mimran, rencontré sur le tournage de Comme t'y es belle !, de Lisa Azuelos), dont une première ébauche a été tournée en 2007 sous la forme d'un court métrage intitulé Mind the gap. Sorti le , le film, loué par une partie de la profession[20], obtient très vite un vrai succès public[21] mais aussi critique, réalisant plus d'1,3 million d'entrées[23] et vaut à Leïla d'obtenir le Swann d’Or de la révélation féminine 2010 au Festival du film de Cabourg[24].

En 2010, elle multiplie les tournages. Quatre ans après Harkis, elle retrouve ainsi Alain Tasma pour le téléfilm Fracture[26] (avec Samy Seghir et Anaïs Demoustier), inspiré du roman Ils sont votre épouvante et vous êtes leur crainte de Thierry Jonquet (paru aux Éditions du Seuil en 2006)[27]. Elle joue aussi dans la comédie Il reste du jambon ?, premier film d'Anne Depétrini.

Nommée ambassadrice du Printemps du Cinéma en aux côtés de Fabrice Luchini[28], elle entame en octobre, sous la direction de Radu Mihaileanu, le tournage de la Source des femmes, au Maroc, aux côtés de Hafsia Herzi[29]. Elle est à l'affiche de L'Or Rouge, d'Omar Bekhaled (également avec Hafsia Herzi).

En 2011, Leïla Bekhti confirme en étant tête d'affiche de trois longs-métrages de genres très différents : le film musical Toi, moi, les autres, la comédie Itinéraire bis dans lequel elle donne la réplique à Fred Testot, puis le drame La Source des femmes pour lequel elle est nommée au César de la meilleure actrice en 2012.

Le , elle remporte le César du meilleur espoir féminin, pour le rôle de l'impétueuse Lila dans Tout ce qui brille, de Géraldine Nakache et Hervé Mimran. Elle devient également l'une des égéries de L'Oréal[30], pour les publicités de la gamme de maquillage Accord Parfait.

Confirmation (depuis 2012)

En , à une avant-première du film Avant l'hiver.

Lors du Festival de Cannes 2012 elle est membre du jury Un certain regard, présidé par l'acteur anglais Tim Roth.

La même année, elle retrouve Géraldine Nakache et Hervé Mimran pour leur second long-métrage, Nous York. Elle persévère néanmoins dans le drame pur avec deux films sociaux, menés par des cinéastes confirmés du genre : Une vie meilleure de Cédric Kahn, dans lequel elle donne la réplique à Guillaume Canet ; puis Mains armées, de Pierre Jolivet, où elle retrouve Roschdy Zem et Marc Lavoine.

En 2013, elle donne la réplique à Daniel Auteuil dans le drame Avant l'hiver de Philippe Claudel ; puis mène en 2014 le thriller social Maintenant ou jamais, de Serge Frydman.

En 2015, c'est à Reda Kateb qu'elle donne la réplique pour le drame L'Astragale, de Brigitte Sy. Et enfin elle fait confiance à un réalisateur débutant, Kheiron, pour la comédie dramatique autobiographique Nous trois ou rien, nommé au César du meilleur premier film 2016.

Elle enchaîne avec sa première série télévisée, tournant les huit épisodes de Jour polaire. Cette production franco-suédoise lui permet de jouer un personnage complexe, celui de la policière Kahina Zadi, écrit spécifiquement pour elle : « Ce n'est pas de jouer la Beurette de service qui m'a plu, mais l'intelligence de parler avec nuance de ses origines[31] ».

Elle fera ensuite une pause pour terminer sa grossesse, et accoucher de son premier enfant au milieu de l'année 2017. Mais elle reprend rapidement le chemin des plateaux de tournage. L'année suivante, elle est ainsi à l'affiche de quatre films.

En 2018, elle fait confiance à deux acteurs se lançant dans leurs premières réalisations : Jérémie Renier la dirige, avec son frère Yannick Renier, pour le thriller psychologique Carnivores ; puis Gilles Lellouche l'a intégré dans le casting quatre étoiles de sa comédie très attendue, Le Grand Bain.

Entre-temps, elle tient un second rôle dans son premier film américain, Opération Beyrouth, porté par le tandem Jon Hamm / Rosamund Pike, et qui reçoit d'excellentes critiques au Festival de Sundance 2018.

Enfin, son quatrième et dernier film cette année-là est la comédie dramatique Un homme pressé, qui marque ses retrouvailles avec le co-réalisateur de Tout ce qui brille, Hervé Mimran. Elle en partage l'affiche avec Fabrice Luchini.

Durant cette année riche, elle est membre du jury du Festival du cinéma américain de Deauville 2018[32].

Elle tourne surtout deux films : la comédie sociale La Lutte des classes, de Michel Leclerc, où elle forme un couple de jeunes parents avec Édouard Baer. Puis elle retrouve Géraldine Nakache qui signe sa première réalisation en solo, la comédie J'irai où tu iras. Elle y jouera avec Patrick Timsit.

Prise de position

En , lors d'une de ses rares prises de position politiques, elle publie sur son compte Instagram une lettre manuscrite après une polémique sur les mères voilées accompagnant les sorties scolaires. Elle se dit « effarée par la haine et le rejet de l'autre qui se propagent dans la société. Je ne veux plus que les femmes soient rejetées parce qu'elles portent un voile ou non [...]. Je n'ai pas forcément la solution. On pourra me taxer de naïveté, mais n'en déplaise aux porteurs de haine, la voix du vivre-ensemble existe. À nous de la propager »[33].

Vie privée

En 2010[34], elle s’est mariée avec l'acteur Tahar Rahim qu'elle a rencontré sur le tournage du film Un prophète[35].

Le , elle donne naissance à leur premier enfant, un garçon prénommé Souleiman[36]. En février 2020 (et non 2021 comme l'affirment plusieurs sources[37]), elle donne naissance à une petite fille, née prématurément[38],[39]. Moins d'un an plus tard, ils accueillent leur troisième enfant[40].

Filmographie

Leïla Bekhti en 2009.

Cinéma

Télévision

Web série

  • 2008 : Twenty Show (websérie, Arte, MySpace) de François Vautier : Yasmine Mered

Doublage

Théâtre

Distinctions

Décorations

Récompenses

Nominations

Notes et références

  1. Interview de Leïla Bekhti dans l'émission Les Affranchis du 4 janvier 2012, sur France Inter : « Guillaume Canet et Leila Bekhti / Véronique Cayla - Musique : Erevan Tusk / Gérard Caussé », sur franceinter.fr, .
  2. Interview de Leïla Bekhti dans le journal télévisé de TF1 du .
  3. a b c et d Faïza Zerouala, « Leïla Bekhti, la girl next door », sur bondyblog.liberation.fr, (consulté le ).
  4. a b c d et e Didier Verdurand, « Leïla Bekhti (Sheitan) », sur ecranlarge.com, SARL Digiside, (consulté le ).
  5. a b c et d « Interview avec Géraldine Nakache, Hervé Mimran et Leïla Bekhti pour le film Tout ce qui brille », sur abusdecine.com (consulté le ).
  6. « Sheitan », sur cbo-boxoffice.com, CBO (consulté le ).
  7. « Leila Bekhti », sur imdb.fr, IMDb (consulté le ).
  8. « Palmarès Silhouette 2008 », sur dailymotion.com (consulté le ).
  9. « Révélations 2009 », sur dailymotion.com, Dailymotion (consulté le ).
  10. « Aux Césars, «Un prophète» triomphe en son pays », sur liberation.fr (consulté le ).
  11. « Festival de Cannes », sur festival-cannes.com (consulté le ).
  12. « Conte de la frustration », sur tele.premiere.fr, (consulté le ).
  13. « Avec Twenty Show, Arte a lancé une série... sur le web », sur paperblog.fr, (consulté le ).
  14. « Twenty Show, le film », sur lexpress.fr, (consulté le ).
  15. « Le Choix de Myriam, une mini-série de France 3 », sur paperblog.fr (consulté le ).
  16. « Le Choix de Myriam », sur lechoixdemyriam.com, Nelka Films (consulté le ).
  17. « Interview vidéo », programme-tv.net (consulté le ).
  18. « Critique : Mauvaise Foi, réalisé par Roschdy Zem », Critikat, (consulté le ).
  19. « Brillants compliments », l'Express (consulté le ).
  20. « Tout ce qui brille : les raisons d'un succès », le Blog TV News (consulté le ).
  21. « Le Palmarès des Swann d'Or 2010 », ville de Cabourg, (consulté le ).
  22. « Vous êtes leur crainte », Télé-Première, (consulté le ).
  23. « Leila Bekhti : Ses débuts sur petit écran s'annoncent... très violents ! », Pure People, (consulté le ).
  24. « Interview des Ambassadeurs du Printemps du Cinéma », Tout le Ciné, (consulté le ).
  25. « Leïla Bekhti et Hafsia Herzi », Canal Plus, (consulté le ).
  26. Marie Desnos, « Leïla Bekhti brille pour L’Oréal » Paris Match, 23 mai 2011
  27. Daniel Psenny, « « Jour polaire », noirceurs en pleine lumière », lemonde.fr, (consulté le )
  28. « Festival du cinéma américain de Deauville : le jury dévoilé », sur ouest-france.fr, (consulté le ).
  29. Jérôme Lachasse, « Débat sur le voile: Leïla Bekhti s'en prend aux "porteurs de haine" », sur bfmtv.com, (consulté le ).
  30. « LEÏLA BEKHTI : "AH ! TAHAR. IL EST..." », sur grazia.fr, (consulté le )
  31. « Leïla Bekhti : son amour pour Tahar Rahim et ses envies de bébé », sur voici.fr, 5 luillet 2012 (consulté le )
  32. Prisma Média, « Leila Bekhti maman, découvrez le prénom symbolique de leur bébé - Gala », Gala.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  33. La confusion vient du fait que cette naissance a été confirmée publiquement de façon tardive. Les articles évoquant la naissance prématurée expliquent que Tahar Rahim avait alors pu être présent pour la naissance grâce à une interruption du tournage du film Désigné coupable ; or ce film est sorti en février 2021 aux États-Unis.
  34. Hélène Graffeuille, « Tahar Rahim papa d'une petite fille : cet événement miraculeux qui lui a permis d'assister à l'accouchement de sa compagne, Leïla Bekhti », sur closermag.fr, .
  35. « Leïla Bekhti et Tahar Rahim parents pour la 2e fois : "Ma fille a eu un peu d'avance..." », sur www.purepeople.com (consulté le )
  36. « "Il était là, et c'était comme ça" : Leïla Bekhti parle pour la première fois de son bébé surprise », sur www.purepeople.com (consulté le )
  37. « Nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres – hiver 2021 », sur www.culture.gouv.fr (consulté le )

Liens externes