Culture en Guyane

Plus que de la culture de Guyane, ce sont des cultures de Guyane qu'il convient de parler. Elles se caractérisent par la diversité des pratiques culturelles de sa population pluriethnique, de 300 000 habitants (estimation 2020). Il existe plus d'une vingtaine de communautés sur ce territoire français d’Amérique du sud, et tout autant de cultures, de langues et de dialectes (créoles).

Parmi ses cultures émergent trois sous-ensembles majeurs :

les peuples autochtones constitués des communautés amérindiennes :

Les Marrons étaient les esclaves qui fuyaient leurs maîtres et se réfugiaient dans la forêt, où ils formaient ensuite leurs communautés. Ces peuples existent également au Brésil, au Pérou, aux États-Unis, en Jamaïque, en Colombie, au Belize, au Suriname et en Guyane[1]. Les peuples marrons, dénommés Bushinengué en Guyane sont les Saramaka, Aluku, Djuka, Paramaka, Matawai et Kwinti);

Puis les Créoles guyanais, et les populations immigrées des Caraïbes (antillais, sainte-luciens, haïtiens).

Par ailleurs, sont présentes les populations européennes (la plupart originaire de France métropolitaine), asiatiques (chinois, Hmong du Laos), et une communauté libanaise.

Puis les populations des pays transfrontaliers et du plateau des Guyanes ; les Surinamais, les Guyaniens, les Brésiliens...

Chaque communauté contribue au métissage de la culture guyanaise à travers ses patrimoines culinaires, humains, historiques, naturels et artistiques (musique, conte, danse, littérature etc...).

Langues et populations

Langues

Kriyòl Gwiyannen.

Tout comme la culture en Guyane est multiculturelle, la langue est également pluriculturelle.[2]

Langues en Guyane, Langues de Guyane, dont :                           

Populations

La société guyanaise a connu une augmentation démographique considérable depuis les années 1960, et cette augmentation est directement liée au grand nombre de migrants qui se trouvent en Guyane, qui ont collaboré non seulement à la croissance démographique mais aussi à la croissance économique.[3]

Démographie de la Guyane

Population d'origine métropolitaine dans la France d'outre-mer

Religion

La Guyane est formée par des gens très religieux, il y a donc beaucoup de pratiques religieuses. La majorité de la population est catholique, elle co-existe avec la tradition chamanique, les religions et rites africains, les évangéliques, les témoins de Jéhovah et plus récemment quelques musulmans. Cette convivialité permet la croyance populaire en l'efficacité de la magie et cela donne une originalité à la formation culturelle religieuse des Guyanais.[4]

Voir Religion en Guyane

Manifestations et festivités

Carnaval de Guyane

Défilé du Carnaval dans les rues de Cayenne en 2007.
Les Touloulous personnages typiques du carnaval guyanais.

Le Carnaval est l'un des événements majeurs de Guyane[5]. Il se déroule, les après-midi de dimanche, entre l'Épiphanie au début de janvier, et le Mercredi des Cendres en février ou mars. Des groupes déguisés selon la thématique de l'année, y défilent autour de chars décorés, au rythme des percussions et des cuivres. La préparation des groupes dure des mois avant le carnaval. Les groupes défilent devant des milliers de spectateurs qui s'amassent sur les trottoirs et les gradins aménagés pour l'occasion.

Puis, au début de soirée, les Touloulous et Tololos se rendent dans les dancings pour participer aux Bals paré-masqués.

Pratiques amérindiennes

Costumes traditionnels

Les femmes créoles portent de nombreuses robes (selon les différents rythmes), le Kanmza, noué a la taille et une coiffe appelée : Lachat. Les hommes portent une chemise et un pantalon et une ceinture de tissu appelée Matchoukann pour danser.

Les femmes bushinenge portent un pangui et les hommes portent un calimbé appelé Kamiza.

Les femmes amérindiennes portent un costume composé de tissu et de perles, les hommes portent un calimbé.

Sport

Florent Malenda, footballeur international français.

Parmi les sports les plus prisés : rugby, football, cyclisme, athlétisme...

Sports traditionnels

Sportifs et entraîneurs

Arts martiaux

Le djokan[6],[7],[8]est une discipline martiale née des pratiques guerrières amérindiennes, créole guyanaises, et bushinenges.

Gastronomie

Galettes de cassave mises à sécher sur une claie.

La gastronomie guyanaise est riche des différentes cultures qui se mélangent en Guyane, les restaurants chinois côtoient les restaurants créoles dans les grandes villes comme CayenneKourou et Saint-Laurent-du-Maroni. La gastronomie guyanaise à l'origine concernait les cuisines créoles, bushinengues, et amérindiennes[9]. Toutes ces cuisines ont plusieurs ingrédients en commun :

Il y a aussi de nombreux mets typiquement guyanais tels que le bouillon d'awara, la galette créole, les œufs de mulets, les comtesses, le gâteau cramanioc, le kalawanng, le gratin et la salade de couac, la fricassée d'iguane ou encore la fameuse Pimentade.

La bière traditionnelle est le cachiri, à base de manioc.

Savoir-faire et artisanat

Artisanat

Sculptures faites par les peuples Noirs marrons.

L'artisanat guyanais continue à se développer[10],[11],[12].

Les Guyanais vivent sur un territoire recouvert à environ 90% de forêt tropicale humide, au cœur de l 'Amazonie : le rapport à la nature est très fort, et l'artisanat du bois très présent.

L'extraction des huiles de palmiers et de certaines arbres à graines, est un savoir-faire qui se transmet de génération en génération.

La construction de carbets : techniques de construction d’ossatures et charpentes à partir de bois ronds (carbets, cases aluku) ou bois sciés (carbets aluku et créoles), assemblages avec des lianes (carbets amérindiens), couvertures en feuilles de palmiers (carbets, cases aluku) ou bardeaux en wapa (carbets créoles), construction de cloisons en gaulette.

La confection du couac, la vannerie, l'orfèvrerie, la fabrication de pirogues et le métier de piroguiers.

  • Pratiques culturales liées à la gestion des abattis (parcelles agricoles défrichées par le feu en milieu tropical).
  • Jardin créole
  • Pratique de la chasse et de la pêche, reposant sur des connaissances fines de l’environnement : pêche à la nivrée, tir à l’arc…
  • Artisanat wayampi, un patrimoine culturel de l'humanité à préserver]
  • Musée des arcs premiers des Guyanes

Médias

Littérature et oralité

La littérature guyanaise est la littérature qui comprend l'ensemble des œuvres, écrites et orales, d'auteurs guyanais ou de personnes liées à la Guyane. Elle s'exprime aussi bien en langue française qu'en créole guyanais.

De ce département ou territoire vient le premier roman écrit dans une langue créole : Atipa.

En Guyane beaucoup de festivals de conteurs sont organisés : ce sont souvent des contes traditionnels racontés en créole guyanais.

Arts visuels

Architecture

Maison créole réhabilitée à Cayenne (Guyane).

Dessin

Porte peinte à Apatou.
Fresque peinte par un bagnard, Église Saint-Joseph d'Iracoubo.

L’art Tembé fait partie des arts guyanais les plus appréciés par la population. Beaucoup sont réalisés à la main.

Peinture

  • Artistes : José Legrand (1955-)[15], Roseman Robinot, Thierry Tian Sio Po, Fabrice Loval[16], Franky Amété[17]...
  • Art Tembé (marron)[18],[19],[20]

Sculpture

Artistes : Makosi, Kafé[21], Kenneth Solega[22]

Musées

Arts de scène

Musiques

Auteurs, compositeurs, musiciens, chanteurs et interprètes

Danses traditionnelles

Chaque communauté en Guyane possède son propre répertoire de danse.

Danses traditionnelles Créoles Guyanaises

On distingue deux catégories de danses.

Il y a tout d'abord les danses de salon. Elles sont exécutées lors de grandes occasions telles que les mariages, les baptêmes, les événements importants dans la communauté. Elles sont généralement en tenues d'apparat. Les femmes sont vêtues de longues robes en tissu uni, ou avec des motifs madras ou fleuris. Les hommes portent un costume composé d'une chemise blanche, d'un pantalon pincé et d'une paire de chaussures de ville.

Danse Origine Signification / Thème Pas caractéristiques
Léròl Vallée de l'Oyapock

(Saint-Georges, Ouanary...)

Présentation et salutation Pas "léròl"
Grajé[24] Plateau des Savanes,

(Sinnamary, Kourou, Iracoubo...)

Tristesse, douleur, mésaventures de la vie Pas "glisé", pas "tournen",

Pas valsé

Grajé-valse Cayenne, Montjoly, Rémire Célébration de la grâce et de la prestance Pas valsé

Il y a ensuite les danses "d'abattis". L'abattis en Guyane désigne les plantations que possédait chaque famille et qui permettaient de cultiver les denrées alimentaires nécessaires à sa survie. Ces danses représentent le travail de la terre, la souffrance des anciens, la tristesse de la vie d'antan. Néanmoins, elles restent une célébration de la force des habitants de ces temps anciens. Elles se pratiquent en tenues courtes et avec très peu de bijoux. Les femmes sont vêtues de robes courtes (avec ou sans jupon) et de "kanmza". Le "kanmza" est un morceau de tissu rectangulaire qui se noue à la taille afin de maintenir les reins. Les vêtements des hommes sont réalisés en bleu de travail.

Danse Origine Signification / Thème Pas caractéristiques
Labasyou Guyane Séduction et hommage à l'amour
Béliya Guyane Plantation et travail de la terre "Ti pa Soté"

"Gran pa soté"

Ladjanbèl Guyane Plantation et travail de la terre Pas "Djanbèl"
Kanmougwé Esclave africain de Guyane d'origine bantoue Travail de la terre, préparation de l'abattis
Kasékò Vallée de l'Oyapock

(Saint-Georges, Ouanary...)

Joie et célébration. Elle se dansait à la fin de la journée de travail.

C'est aussi une danse de séduction à travers laquelle le cavalier pourra effectuer des nikas (acrobaties) afin de séduire la cavalière.

Hommes :

- Nikas

Danses traditionnelles bushinenge (bushikondesama) guyanaises

Awasa, Songhé, Aléké

Danses traditionnelles amérindiennes guyanaises
Carnaval guyanais

Le carnaval de Guyane dure entre 6 et 9 semaines, et est l'occasion d'assister à certains types de danses et de déguisements[25].

Théâtre

  • Centre dramatique Kokolampoe
  • Théâtre de Macouria, scène conventionnée de Guyane
  • Conservatoire Musique Danse Théâtre de Guyane (CMDT)
  • (en) Bridget Jones, Paradoxes of French Caribbean Theatre. An annotated Checklist of Dramatic Works: Guadeloupe, Guyane, Martinique from 1900, London, Roehampton Institute, 1997

Cinéma

Notes et références

  1. Richard Price et Sally Price, LES MARRONS EN GUYANE, éditions Vents d'Ailleurs,
  2. Isabelle LÉGLISE, Bettina MIGGE, Pratiques et représentations linguistiques en Guyane, Paris, INSTITUT DE RECHERCHE POUR LE DÉVELOPPEMENT, (ISBN 978-2-7099-1630-1)
  3. Serge Mam Lam Fouck, La société guyanaise à l'épreuve des migrations du dernier demi-siècle 1965-2015, Guyane française, IBIS ROUGE ÉDITIONS, , 154 p. (ISBN 978 - 2 - 84450 - 490 - 6)
  4. Serge MAM LAM FOUCK, Histoire religieuse de la Guyane française aux XIXe et XXe siècles: La dimension de la religiosité des Créoles, Matoury, Guyane, Ibis Rouge éditions, (ISBN 978-2-84450-353-4)
  5. Le carnaval de Cayenne: Le jeux carnavalesque: une esthétique de proximité, Blodwenn Mauffret, Guyane, Ebis Rouge éditions, (ISBN 2844502466)
  6. « Le Djokan, un art martial amazonien né en Guyane - Guyane la 1ère », sur francetvinfo.fr, Guyane 1ère, (consulté le 28 août 2020).
  7. https://www.erudit.org/fr/revues/as/2018-v42-n2-3-as04040/1052652ar.pdf
  8. « LE DJOKAN », sur Site officiel du djokan art martial amazonien (consulté le 28 août 2020).
  9. La cuisine en Guyane
  10. http://www.guidedelacreationdentreprise.com/carnet-chambre-de-metiers-et-de-l-artisanat-de-la-guyane-636/
  11. « Artisanat », sur Site internet du CTG (Comité du Tourisme de Guyane), (consulté le 28 août 2020).
  12. http://www.artisansdeguyane.com/
  13. https://gallica.bnf.fr/html/und/france/presse-de-guyane
  14. Marie José Jolivet, De "l'habitation" en Guyane : éléments de réflexion sur la question identitaire créole. In : Rey-Hullman D. (ed.). Jeux d'identités : études comparatives à partir de la Caraïbe, Paris, L'Harmattan, (ISBN 2-7384-2133-4), p. 141-165
  15. http://joselegrand.weebly.com/bio.html
  16. https://la1ere.francetvinfo.fr/guyane/quatre-artistes-peintres-guyanais-vont-participer-exposition-theme-amazonie-aux-pays-bas-864702.html
  17. http://www.sur-les-pas-d-albert-londres.fr/franky-amete-artiste-peintre-guyanais-de-lart-traditionnel-tembe-a-lart-moderne/#:~:text=l'art%20moderne-,Franky%20Am%C3%A9t%C3%A9%2C%20artiste%20peintre%20guyanais%20%3A%20de%20l'art%20traditionnel,Temb%C3%A9%20%C3%A0%20l'art%20moderne&text=Rencontr%C3%A9%20dans%20le%20village%20du,l'art%20Temb%C3%A9%20de%20Guyane.
  18. https://www.une-saison-en-guyane.com/bk03/arts-marrons-focus-sur-lart-tembe/
  19. http://ekladata.com/Lk0GDOUAwHQezwXHkx3BM8ANEGg/fiche-exercice-4eme.pdf
  20. https://la1ere.francetvinfo.fr/guyane/saint-laurent-atelier-initiation-art-tembe-714139.html
  21. « Kafé, le sculpteur sur bois de Madjo Kampu - Guyane la 1ère », sur francetvinfo.fr, Guyane 1ère, (consulté le 28 août 2020).
  22. « Charvein : L'art de la sculpture sur bois - Chronique du Maroni », sur Chronique du Maroni, (consulté le 28 août 2020).
  23. Hélène  Lee, « La Musique de Guyane », sur rfi.fr, RFI Musique, (consulté le 28 août 2020).
  24. Marie-Françoise PINDARD, Le grajé de Guyane : musique traditionnelle créole, Guyane, Ibis rouge Editions, , 122 p. (ISBN 978-2-84450-303-9), p. 19 à 29
  25. « Et si le carnaval de Guyane était un peu plus inclusif ? », sur The Conversation (consulté le 28 août 2020).

Voir aussi

Bibliographie

  • Yves Géry, Alexandra Mathieu et Christophe Gruner, Les abandonnés de la République : vie et mort des Amérindiens de Guyane française, A. Michel, Paris, 2014, 341 p. (ISBN 978-2-226-25695-9)
  • Catherine Le Pelletier, Littérature et société : la Guyane, Ibis rouge, Matoury, 2014, 348 p. (ISBN 978-2-8445-0441-8) (texte remanié d'une thèse)
  • Bernard Montabo et Léon Sanite, Guide encyclopédique de la Guyane : découvrir, comprendre, venir, Éd. Orphie, Chevagny-sur-Guye, 2013, 511 p. (ISBN 978-2-87763-781-7)
  • Huguette Tibodo (et al.), Costumes traditionnels créoles guyanais : Entre histoire & mémoire, Éditions Plume Verte, Madrid, 2014, 176 p.
  • Didier Blaizeau, Béatrice Céleste, Pierre-Adrien Bayart, N’Ouara Yahou-Dauvier, Benoît Hurpeau (Insee). (s. d.). Territoire guyanais l’exploitation des matières premières et du tourisme : L’avenir de la Guyane. Insée.
  • Hauger, J. (1957). La population de la Guyane française. Annales de géographie, 66(358), 509‑518.
  • Léglise, I. Migge, B. Bergouniou .G, Alby, S. , Launey, M. et Lescur,O. (s. d.). Langues et cité n° 28 : Les langues de Guyane. 28, 16.
  • Hurault, J. (s. d.). Africains de Guyane (editions guyane presse diffusion).
  • Crouzier,M. (s. d.). Page 1 Actualité de la Recherche en Education et en Formation, Strasbourg 2007 1 Programme « Intervenants en langue et culture maternelles » en Guyane : Une efficacité à confirmer Première évaluation d’un dispositif novateur sur le territoire français.
  • Maurel, É. (1841-1918). (2007). Histoire de la Guyane française. 76.
  • Papy, L. (1955). La Guyane française. Premier article. Les Cahiers d’Outre-Mer, 8(31), 209‑232.
  • Léglise,I. & Migge, B. Pratiques et représentations linguistiques en Guyane : Regards croisés. (2014). In (Éds.), Pratiques et représentations linguistiques en Guyane : Regards croisés. IRD Éditions.
  • Thurmes, M. (2006). les métropolitains en Guyane : Une intégration sociale entre individu et groupe culturel [Phdthesis, Université Paul Valéry - Montpellier III].

Articles connexes

Liens externes