Cracovie

Cracovie
Kraków
Blason de Cracovie
Héraldique
Drapeau de Cracovie
Drapeau
Kościół parafialny p.w. Wniebowzięcia NMP (Mariacki), Kraków, Rynek Główny, A-3 01.jpg Kraków -Town Hall Tower 01.jpg
XII, XIV, XIX, Kraków.jpg Kościół p.w. św. Piotra i Pawła, Kraków.jpg
Wawel Krakow June 2006 003.jpg Kamienica, Floriańska 55, Kraków 1.JPG
Sukiennice Wieczorem.jpg

De gauche à droite : Basilique Sainte-Marie • Tour de l'Hôtel de Ville • Cathédrale du Wawel • Église Saints-Pierre-et-Paul • Cour Renaissance de Château du Wawel • Rue Floriańska • Sukiennice
Administration
Pays Drapeau de la Pologne Pologne
Voïvodie POL województwo małopolskie COA.svg Petite-Pologne
Président (maire) Jacek Majchrowski
Maire Jacek Majchrowski (depuis le )
Code postal 30-024 à 31-962
Indicatif téléphonique international +(48)
Indicatif téléphonique local 12
Immatriculation KR
Démographie
Gentilé Cracoviens
Population 774 839 hab. (2019)
Densité 2 370 hab./km2
Population de l'agglomération 1 408 690 hab. (2010)
Géographie
Coordonnées 50° 04′ nord, 19° 57′ est
Altitude Min. 188 m
Max. 383 m
Superficie 32 688 ha = 326,88 km2
Localisation
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Cracovie
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Cracovie
Liens
Site web http://www.krakow.pl

Cracovie (en polonais : Kraków /ˈkrakuf/ Écouter) est le chef-lieu de la voïvodie de Petite-Pologne (Małopolska). Située au bord de la Vistule, cette ancienne capitale de la Pologne, riche de mille ans d'histoire est considérée comme le véritable centre culturel et intellectuel du pays, qui s’enorgueillit de posséder l’une des plus anciennes universités d’Europe Centrale, l'Université Jagellonne.

Avec 774 839 habitants intra muros et 1 452 496 dans l'agglomération, Cracovie est la deuxième ville de Pologne.

Les origines de Cracovie remontent au VIIe siècle[1], ce qui en fait l'une des plus anciennes et des plus importantes villes de Pologne. Son centre historique se situe au pied de la colline du Wawel, siège du château et de la cathédrale avec la nécropole des rois de Pologne.

Au fils des siècles, la ville s'épanouit en tant que siège des monarques polonais, puis connaît, du XVe au XVIIe siècle, un véritable essor comme capitale de la République des Deux Nations, le plus grand État de l'Europe d'alors, dont témoigne aujourd'hui la grande variété et richesse de son patrimoine architectural (gothique, renaissance et baroque).

Karol Wojtyła était évêque puis archevêque de Cracovie, avant de devenir pape en 1978, le premier pape non italien depuis 455 ans[2]. La même année, le centre historique de Cracovie a été inscrit au patrimoine mondial de l'UNESCO[3],[4]. Elle est également classée « ville mondiale » par le GaWC avec le rang de « Haute suffisance[5] ». Elle a été capitale européenne de la culture en 2000.

La ville a reçu le Championnat du monde de volley-ball masculin en 2014 et le Championnat d'Europe de handball masculin 2016 en janvier 2016. Cracovie a été l'hôte des Journées mondiales de la jeunesse du 26 au 31 juillet 2016, qui ont réuni près de 2,5 millions de personnes.

Cracovie est la troisième ville la plus polluée d'Europe selon l'Agence européenne de l'Environnement[6].

Situation géographique

Cracovie se trouve dans la partie sud de la Pologne, au bord de la Vistule (en polonais : Wisła), dans une vallée au pied des Carpates, à 219 m au-dessus du niveau de la mer, à mi-chemin entre le plateau du Jura cracovien (au nord) et les montagnes Tatras (au sud), constituant la frontière naturelle avec la Slovaquie et la République tchèque. La ville se situe à 230 km de la frontière avec l'Ukraine. Le centre-ville est placé sur la rive gauche de la Vistule. Le point le plus élevé à la ville est situé au sommet du Tertre de Józef Piłsudski  - 383 m au-dessus du niveau de la mer, le plus bas (la Vistule) - 188 m.

Climat

Relevé météorologique de Cracovie
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) −5,3 −5,1 −0,5 5,5 9 13,8 15 14,7 10,2 4,8 0,2 −2,9 5
Température moyenne (°C) −2,1 −1,8 3,8 9,6 14,1 18 19,6 19,3 14,7 9,2 2,6 0 8,9
Température maximale moyenne (°C) 1,1 1,5 7,9 13,7 19,8 22,1 24,2 23,9 19,2 13,6 5 2,9 12,9
Record de froid (°C) −29,9 −29,4 −22,9 −9,4 −2,7 0,6 4,3 2 −4,1 −7,9 −17,7 −25,5 −29,9
Record de chaleur (°C) 15,7 21 25,2 29,6 33,3 35,5 36,1 38,4 33,1 27,7 21,2 18,9 38,4
Ensoleillement (h) 43 54 102 144 189 204 208 183 153 105 51 33 1 469
dont pluie (mm) 34 34 35 42 56 84 90 82 55 44 41 34 631
Nombre de jours avec précipitations 15 12 13 9 11 12 13 13 11 12 14 12 147
Humidité relative (%) 82 82 77 68 63 69 71 74 75 79 83 86 76
Source : Institute of Meteorology and Water Management, août 2010

La température moyenne de l'année en 2010: +7,5°C, en 2015: +10,0°C , en 2017: +9,1°C , en 2018: +10,0°C[7].

Histoire

Origine du nom

D'après l'Histoire de la Pologne écrite au début du XIIIe siècle par le chroniqueur, chancelier du roi Kazimierz II le Juste et l'évêque de Cracovie Wincenty Kadłubek, la cité de Cracovie fut fondée par Krakus (ou Krak). Ce souverain de légende aurait construit un château sur la colline du Wawel juste au-dessus de l'antre du dragon qu'il venait de tuer. D'après les historiens, il est plus probable que le nom de la ville dérive du proto-slave Krak signifiant « chêne sacré », en référence peut-être au culte païen des Vislanes, le peuple slave qui habitait la région.

Haut Moyen Âge

Les vestiges archéologiques ont montré que la zone où est située Cracovie, à côté de la colline de Wawel et des rives de la Vistule, était déjà habitée au Paléolithique.

Selon les premiers récits historiques, les Slaves s'installent sur les bords de la Vistule au VIIIe siècle. Il semblerait que les Vislanes aient été les premiers parmi les peuples slaves de la région à s’organiser sous forme d’État avec Cracovie pour capitale. Leur prince aurait été baptisé. Il est possible qu'à cette époque Cracovie ait été vassale, alliée ou même partie de la Grande-Moravie, alors vecteur du christianisme dans la région. La légende du dragon, qui rappelle celle de Saint Georges, pourrait être un souvenir de l'abandon du paganisme.

Ce qui est certain est que Cracovie faisait déjà partie de la Pologne au Xe siècle en tant que capitale d'une voïvodie. Elle est mentionnée pour la première fois en 965, dans les relations d'un voyageur et marchand arabe, Ibrahim ibn Ya'qub qui a visité la ville.

À la fin du Xe siècle, Cracovie est un important centre commercial et, conquise par Bolesław le Vaillant, elle passe sous la domination de la dynastie Piast. En l'an 1000 Bolesław obtient de l'empereur du Saint Empire Otton III puis du pape Sylvestre II l'érection de Gniezno en archevêché indépendant de Magdebourg, avec comme suffragants Wroclaw, Kołobrzeg et Cracovie. La ville de Krak voit alors la formation de son évêché et le début de la construction de la Cathédrale du Wawel[8]. D'autres premiers monuments en pierre sont également édifiés à cette époque sur la colline du Wawel : un château et des églises.

Capitale de la Pologne

En 1025, Bolesław le Vaillant est couronné le premier roi de Pologne à Cracovie[9] et le roi Kazimierz le Restaurateur fait de la ville son siège permanent en 1038. Ainsi, Cracovie devient la capitale de la Pologne.

En 1079, l'évêque de Cracovie Stanislas s'oppose au roi et perd la vie comme martyr dans l'église romane Na Skałce (« sur la butte »). Le premier pèlerinage depuis la cathédrale du Wawel, où se trouve le  tombeau du saint, le principal patron de la Pologne, jusqu'à l'église Na Skałce, lieu de sa mort, a lieu le 8 mai 1254. Ce pèlerinage est ensuite effectué par tous les rois polonais la veille de leur couronnement comme acte pénitentiel pour la mort de saint Stanislas sur l'ordre du roi. De nos jours, le dimanche suivant sa fête du 8 mai une procession réunit toujours à Cracovie tout l'épiscopat et ses fidèles de Pologne.

Deux cents ans plus tard, en 1241, la cité est presque totalement détruite par les raids des Tatars.

En 1257, la ville obtient le droit de Magdebourg et voit son centre-ville placé sur un plan en quadrillage avec une grande place du marché qui peut être admirée jusqu'à aujourd'hui. La cité, alors de 30-32 hectares, s'entoure à la fin du XIIIe siècle par une enceinte fortifiée de portes et de tours.

Au milieu du XIVe siècle, les Allemands forment la majorité de la bourgeoisie de Cracovie et l'immigration, de Silésie, Bohême, Moravie surtout, s'y maintient encore fortement jusqu'au milieu du XVe siècle. L'essor topographique, social et économique de Cracovie bénéficie beaucoup de cette participation occidentale[10]. Cracovie se développe rapidement et devient membre de la Ligue hanséatique.

En 1335, le roi Kazimierz dit le Grand fonde la ville de Kazimierz. Le , le roi Kazimierz fonde l’Académie de Cracovie (actuelle Université Jagellonne ; la plus ancienne université d'Europe centrale après celle de Prague, elle comptera parmi ses étudiants l’astronome Nicolas Copernic et le pape Jean-Paul II.)

Festivités chez Wierzynek

Parmi les visiteurs de Cracovie au XIVe siècle, il y a Guillaume de Machaut qui écrit une œuvre sur le banquet de Mikołaj Wierzynek du , pendant le congrès des rois à "Cracouve" auquel participaient le roi Casimir III de Pologne, Louis Ier de Hongrie, Valdemar IV de Danemark et d'autres princes allemands et polonais.

Cracovie connaît une période florissante sous le règne de la dynastie lituanienne Jagellon (1386-1572) qui entretenait de bonnes relations avec les Habsbourg. Capitale d'un État puissant, elle devient un centre bouillonnant des arts et sciences, admirée par les étrangers et encensée par les poètes. De cette époque datent de nombreux monuments et œuvres artistiques de la Renaissance.

En 1488, l'humaniste et poète lauréat de l'Empire Conrad Celtes fonde la Sodalitas Litterarum Vistulana, une société de savants basée sur le modèle des Académies romaines. L’année suivante, Wit Stwosz de Nuremberg apporte la dernière touche au grand autel de l’église Notre-Dame. Il finit aussi le sarcophage de marbre pour Kazimierz IV Jagellon. De nombreux artistes (principalement de Nuremberg) travaillaient à Cracovie.

En 1473, l’imprimeur allemand Kasper Straube  de Bavière crée la première imprimerie à Cracovie, suivi par Johann Haller  qui fait venir de Metz l'imprimeur Kasper Hochfeder.

Collegium Maius

Entre 1491 et 1495, Mikołaj Kopernik étudie à Cracovie.

En 1499, le château de Wawel est partiellement détruit par le feu. Le roi Aleksander Jagiellon nomme Eberhard Rosemberger comme l’architecte principal pour la rénovation. Plus tard, il est remplacé par Francesco Florentino d’origine italienne et, après sa mort, par Bartolomeo Berrecci et par Benedykt de Sandomierz. À la suite de leur travail, le château royal est transformé en une résidence Renaissance dans le style florentin.

En 1505, le « Balthasar Behem Codex », du nom du notaire de Cracovie, décrit et réglemente les statuts des corporations des citoyens de langue allemande dans la ville. En 1520, Johann Behem ordonne la production de la cloche du roi Zygmunt  qui est aujourd'hui encore la plus grosse cloche de Pologne.

Ludwik Decjusz, conseiller du roi Zygmunt Ier Pologne fait construire en 1535 la Villa Decius. Hans Dürer est peintre à la cour de Zygmunt Ier Pologne. Hans von Kulmbach peint l’autel de l’église Saint-Jean.

En 1596, le roi Zygmunt III Vasa transfère la résidence royale à Varsovie. Cracovie voit son influence diminuer et perd de son importance d'autant plus qu'elle est affaiblie par la peste qui en 1652 fait 24 000 victimes et les pillages lors des invasions suédoises (1655-1660).

Sous la domination de l'empire austro-hongrois

Gravure de Cracovie au XVIIe siècle.

La Pologne doit faire face aux envies de puissance de ses pays voisins, la Prusse et la Russie ayant des vues sur ce territoire. Tadeusz Kościuszko lance un dernier mouvement d'insurrection à partir de Cracovie pour tenter de maintenir l'indépendance de la Pologne mais cela se termine par un échec et en 1795, le pays est partagé entre la Prusse, la Russie et l'Autriche qui hérite de Cracovie (incorporée à la province de Galicie).

L'année 1809 apporte la libération à Cracovie qui est intégrée au duché de Varsovie. Entre 1815 et 1846, elle devient une « ville libre » (ville libre de Cracovie) à la souveraineté limitée.

En 1846, après une nouvelle tentative de rébellion, Cracovie repasse sous le contrôle direct de l'empire autrichien. Après la guerre austro-prussienne de 1866, l'Autriche accorde l'autonomie à la province galicienne en échange de la loyauté polonaise. Cracovie est de nouveau un symbole national. Les Autrichiens étant moins durs que les Russes ou les Prussiens, Cracovie peut s'épanouir et redevenir le centre culturel et artistique de la Pologne. De célèbres peintres, écrivains et poètes y viennent travailler : Jan Matejko, Stanisław Wyspiański, Stanisław Ignacy Witkiewicz, Stanisław Przybyszewski, Jan Kasprowicz, Juliusz Kossak et Wojciech Kossak. Cracovie devient le principal centre du modernisme polonais dont les plus grands représentants sont Wyspiański et Przybyszewski.

Les autorités autrichiennes réalisent des travaux de modernisation de la ville : Destruction de l’hotel de ville sur la Place du Marché et assèchement du bras mort de la Vistule (aujourd’hui rue Dietla) séparant Kazimierz et la Vieille ville. Les remparts médiévaux de la ville sont détruits.

XXe siècle

Cracovie en 1912.

Lors de la Première Guerre mondiale, les troupes de Cracovie combattent au côté des Empires centraux avec l'Allemagne et l'Autriche afin d'obtenir une plus grande autonomie, à la suite d'une promesse faite conjointement le 5 novembre 1916. En 1917, les Allemands et les Austro-Hongrois installent un Conseil d’État provisoire. En 1918, le président américain Woodrow Wilson prend parti pour l'indépendance de la Pologne, et Cracovie et la Galicie font partie de la Pologne reconstituée, tandis que les troupes de Józef Piłsudski désarment l'armée austro-hongroise présente dans la région.

En septembre 1939, Cracovie tombe aux mains de la Wehrmacht à la suite de l'accord de partage de la Pologne entre Hitler et Staline. Elle devient la capitale du Gouvernement général, c'est-à-dire des territoires polonais occupés par les Allemands mais non intégrés au Reich. Le gouverneur général Hans Frank aménage des camps de concentration dans les environs de Cracovie, surtout à Płaszów. Bien que les occupants aient fait quelques dégâts, Cracovie a été globalement préservée des bombardements et de destructions massives mais elle a souffert de la perte de nombreux habitants : juifs et intellectuels ont été déportés. Ainsi, plus de 180 professeurs et scientifiques de l'Université Jagellon, convoqués pour une conférence, y ont été arrêtés et déportés au camp de concentration de Sachsenhausen où une grande partie périrent (Sonderaktion Krakau).

Depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale, la population de Cracovie a quadruplé et la ville est redevenue le centre culturel de la Pologne. En 1978, l'Unesco a inscrit le centre historique de Cracovie sur la liste du patrimoine mondial.

Structure de la population

Avec 774 839 habitants intra muros recensés en 2019[11] et 1 452 496 dans l'agglomération, Cracovie est la deuxième ville de la Pologne[12], derrière Varsovie et avant Łódź (682 679 habitants intra muros)[13].

En prenant en compte l’agglomération, Cracovie se classe 3e, derrière Varsovie (3 304 641 habitants) et Katowice-Silésie (3 029 000 habitants ou 5 294 000 habitants pour la zone urbaine[13]).

Selon les données de 2006, la population de Cracovie représente 2 % de la population polonaise et 23 % de la population de la Voïvodie de Petite-Pologne[14],[15].

Indicateurs démographiques Années Cracovie
Population
par centaine
1970 588,0
1978 693,6
1988 746,6
1995 732,9
2002 758,5
Densité de la population
habitants/km2
1970 2,556
1978 2,156
1988 2,285
1995 2,243
2002 2,320
Nombre de femmes pour
100 hommes
1970 110
1978 110
1988 110
1995 112
2002 113

Au Moyen Âge, la population de Cracovie [16] a doublé entre les années 1100 et 1300, en passant de 5 000 à 10 000 habitants. En 1550, la ville recensait pas moins de 18 000 habitants, mais le nombre chuta à 15 000 le demi-siècle à cause de la peste et l'invasion suèdoise [17],[18].

Au début du XVIIe siècle, Cracovie comptait 28 000 habitants[19].

En 1931, 78,1 % des Cracoviens avaient déclaré le polonais comme leur langue maternelle, 20,9 % ont déclaré le yiddish, 0,4 % l'ukrainien, 0,3 % l'allemand, et 0,1 % le russe[20]. Cependant, les ravages de la Seconde Guerre mondiale ont fortement réduit le pourcentage de minorités vivant à Cracovie.

Certains chiffres officiels sont différents selon les sources. C'est le cas de la communauté des Roms. Selon le recensement de 2002, parmi ceux qui ont déclaré leur nationalité, 1 572 sont slovaques, 472 sont ukrainiens, 50 sont juifs et 22 sont arméniens. Les Roms, officiellement recensés au nombre de 1 678, sont estimés à 5 000.

Évolution de la population cracovienne depuis 1791

Religions

La Cathédrale du Wawel, lieu où les couronnements étaient célébrés.

La ville de Cracovie est connue pour ses églises et ses édifices religieux. L'abondance de temples, d'églises, de synagogues et de monastères lui a valu le surnom de « la Rome du Nord » dans le passé. En effet, en 2007 Cracovie recensait pas moins de 120 églises, dont 65 construites au XXe siècle[21].

Parmi ces édifices religieux, figurent 48 églises catholiques, 10 églises millénaristes, 8 temples protestants, 5 temples bouddhistes, et 48 temples orthodoxes.

Cracovie possède aussi beaucoup de lieux de culte de judaïsme. Avant la Seconde Guerre mondiale, la ville était un centre de la vie spirituelle juive très importante. Il y avait environ 90 synagogues actives à travers la ville. Après l'invasion allemande, il n'en reste plus que douze, dont 6 en service. D'autres monuments et lieux de culte du judaïsme ont été détruits par les occupants nazis [22].

Après la guerre, la République populaire de Pologne était le seul État du bloc soviétique à autoriser ses ressortissants juifs à quitter la pays pour rejoindre la Palestine sans demander d'autorisation ou de permis[23]. (Les juifs de URSS ont été retenus par Staline [24]). Depuis la chute du communisme, avec l'aide de l'Etat polonais et grâce aux efforts des organisations juives, et avec l'aide financière de nombreuses associations étrangères, la plupart des synagogues de la ville ont pu être restaurées, et ainsi être ouvertes au public.

Cracovie juive - plusieurs siècles de présence

La synagogue Rem"ou, en 2006.

À l’instar de plusieurs grandes villes de Pologne, l’histoire de Cracovie est fortement marquée par la présence d’une importante communauté juive dont les premières traces remontent au XIIIe siècle. Bénéficiant d’une protection de la part des autorités locales, les Juifs contribuèrent largement à la prospérité économique de la ville et à son enrichissement social. Ils participèrent également à la vie politique jusqu'aux plus hautes fonctions, comme le maire de 1933 à 1939, Mieczysław Kaplicki (né Maurycy Kapellner, 1875-1959), ou le rabbin Ozjasz Thon  (1870-1936), député à la Diète de Pologne de 1919 à 1935[25].

La population juive passa de 25 870 en 1900, à 56 800 en 1931. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, on estime que près d’un quart des habitants de Cracovie étaient Juifs [26].

Une vie culturelle remarquable

Les Juifs de Cracovie résidaient principalement dans le quartier de Kazimierz dans lequel se trouvaient en nombre synagogues, écoles et institutions israélites ainsi que commerces et lieux communautaires.

La rue Szeroka, la synagogue Rem"ou et son cimetière du XVIe siècle, les synagogues Stara, Wysoka, Isaac et Kupa ou encore la place Nouvelle constituent les derniers vestiges de ce qui fut, il y a quelques dizaines d’années encore, l’un des plus éminents lieux de la culture yiddish en Europe centrale.

L'ancien hôtel-de-ville (Ratusz) de Cracovie sur le Rynek Główny.

Le souffle destructeur de la Shoah

Quatre-vingt-dix pour cent des Juifs de Cracovie furent éliminés par les nazis entre 1939 et 1945. L’Holocauste a vidé la ville de ses habitants israélites qui furent déportés dans les camps de concentration des environs ou, pour la plupart, assassinés dès leur arrivée dans les centres d’extermination voisins. Vingt mille d’entre eux furent temporairement enfermés dans le ghetto du quartier de Podgórze construit sur l'ordre de l'occupant allemand de l’autre côté de la Vistule en face du quartier juif de Kazimierz dont tous les habitants ont été expulsés. Le martyre du peuple juif demeure incommensurable durant l'occupation allemande de la Pologne et Cracovie en fut l’un de ses plus tragiques théâtres.

Les rares survivants de la Seconde Guerre mondiale se heurtèrent par la suite à de nouvelles manifestations d'antisémitisme comme en témoigne le pogrom de Cracovie le qui a fait une victime mortelle. Ils furent également victimes de manipulations par le régime de Władysław Gomułka qui tenta de leur faire porter la responsabilité de ses échecs dans les années 1960 et organisa des procès politiques iniques. Il resterait aujourd'hui à Cracovie environ deux cents Juifs polonais, pour la plupart des personnes âgées[26].

La vieille mairie de Kazimierz.

Renouveau

Laissé à l’abandon durant les cinquante années ayant suivi la fin de la Seconde Guerre mondiale, le quartier de Kazimierz connaît actuellement un fort renouveau touristique, principalement en raison du succès rencontré par le film de Steven Spielberg, La Liste de Schindler, réalisé sur place. L’œuvre du cinéaste met en lumière le rôle d’un industriel allemand, Oskar Schindler, qui sauva des centaines de vies en faisant travailler dans son usine des Juifs promis sinon à une mort certaine. Avec le pharmacien du ghetto, Tadeusz Pankiewicz, Schindler reçut le titre de « Juste parmi les nations » du mémorial de Yad Vashem de Jérusalem.

Des visiteurs se rendent à présent sur les lieux du tournage et y découvrent des restaurants, cafés et librairies puisant dans le passé juif de la ville une thématique originale[27]. Le Festival de culture juive de Cracovie est le plus grand événement de ce genre au monde dans un milieu sans population juive locale.

Patrimoine

Cracovie abrite 25% de la collection de l'art polonais[28]. C'est autour du château royal de Wawel que l'on peut admirer le plus grand ensemble des monuments historiques de Pologne avec plus de 6 000 bâtiments classés ainsi que la plus grande collection nationale de l'art, présentée dans les musées qui font partie intégrale du paysage cracovien. Le vieux centre de Cracovie fut inscrit dans la 1ère Liste de l'Héritage Culturel de l'UNESCO en 1978.

Architecture de Cracovie

Cracovie n'a subi pratiquement aucune destruction majeure depuis celle des Tatars au Moyen Âge puis celle des Suédois pendant l'invasion de 1655-1600 passée dans l'histoire sou le nom de Déluge. Si ses trésors artistiques et culturels ont été pillés ou ravagés au cours de la longue et tumultueuse l'histoire de la Pologne, la ville n’a pas été le théâtre des batailles destructrices et les grands monuments gothiques et médiévaux, les palais de la Renaissance, les grandes bâtisses et les belles églises baroques ont été largement conservés. L'industrialisation s'est faite essentiellement en dehors de la ville.

Parmi les centaines de monuments historiques, les plus importants sont :

  • le Château royal et la cathédrale sur la colline du Wawel. La cathédrale est aussi une nécropole nationale, où des rois, des reines, des poètes et des héros nationaux de la Pologne sont enterrés
  • la Vieille ville médiévale avec sa grande place (Rynek Główny), la plus grande place médiévale d'Europe, bordée de demeures colorées des XIVe et XVe siècles) au milieu de laquelle on trouve la Halle aux draps, une grande halle commerciale élevée au 13e siècle (Sukiennice). L'étage de cette Halle aux draps renferme la Galerie de l'Art polonais du XIXe siècle. Côté Est de la place trône la Basilique Sainte Marie, la statue d'Adam Mickiewicz. Côté Ouest, le beffroi de l’Hôtel de Ville.
  • les anciens bâtiments de l'Université Jagellonne datant du XIVe siècle ;
  • l'ancien site médiéval Kazimierz, le centre historique de la vie religieuse et sociale des Juifs de Cracovie.

Longtemps la propagande soviétique a soutenu que la préservation des monuments de Cracovie a été assurée par le général soviétique chargé de la reprise de la ville aux Allemands, Ivan Koniev : cet officier aurait désobéi à l'ordre donné par Staline de bombarder la ville de loin et ordonna l'assaut, voyant dans cette tactique le meilleur moyen de préserver les trésors architecturaux qu'elle recelait. Aujourd'hui cette version est contestée par tous les historiens qui rappellent que les Soviétiques ont bombardé le Wawel et que la situation militaire n’était pas favorable aux plans de bombardements massifs prévus d'abord.

Musées

La richesse de la vie culturelle de Cracovie s'exprime à travers les collections des 28 musées et galeries nationales parmi lesquels le Musée national et le Musée Czartoryski qui possèdent de véritables trésors (par exemple, des œuvres de Léonard de Vinci et de Rembrandt, des sculptures, des chefs-d'œuvre d'orfèvrerie et des documents exceptionnels)

Quelques-uns des nombreux musées de la ville :

  • Château royal du Wawel et la cathédrale de Cracovie
  • Le Musée de la cathédrale
  • Les souterrains de la Grand-Place (filière du Musée historique de la Ville de Cracovie) ouverts au public en 2010 et proposant un itinéraire touristique « Sur les traces de l’identité européenne de Cracovie ». Cette exposition avait été précédée par des fouilles archéologiques, qui ont permis de découvrir les traces d’une histoire pluriséculaire.
  • Musée National de Cracovie abrite trois expositions permanentesː L'art polonais du XXe siècle, Armes et uniformes de Pologne, Galerie d'arts décoratifs et différentes expositions temporaires
  • Galerie de l'Art polonais du XIXe siècle (Filière du Musée National) à l'étage du bâtiment de la Halle aux Draps (Sukiennice). En 1879, elle fut choisie comme site du Musée national, lorsque le peintre polonais Henryk Siemiradzki offrit son tableau Les torches de Néron. La Galerie d’art polonais du 19e siècle possède en outre des œuvres de Jan Matejko, Piotr Michałowski, Jacek Malczewski, Artur Grottger, Józef Chełmoński, Leon Wyczółkowski.
  • Musée des Princes Czartoryski (aujourd'hui filière du Musée National) est lié à la princesse Izabela Czartoryska et au premier musée national, créé sur les terres polonaises à Puławy en 1801, fruit de sa passion de collectionneuse.
  • Musée de l'Art et de la Technique japonaise Manggha. Créé à l’initiative du réalisateur Andrzej Wajda et de son épouse Krystyna Zachwatowicz, il expose les riches collections d’art de l’Extrême-Orient en possession du Musée National de Cracovie. La superbe collection du grand collectionneur Feliks Jasieński surnommé Manggha offerte en 1920, en constitue une partie importante.
  • Palais de l’Évêque Erazm Ciołek  - Le palais gothique et Renaissance de l’évêque de Płock, grand diplomate, humaniste et mécène d’art, est une des plus belles résidences de Cracovie. La résidence accueille des expositions consacrées à l’art polonais ancien et à l’art orthodoxe.
  • L’Immeuble Hipolitów. Cet immeuble bourgeois du XVIIe siècle, situé à deux pas de l’église Notre-Dame, permet de pénétrer dans le climat de l’ancienne vie privée de Cracovie.
  • Musée Emeryk Hutten-Czapski  et Pavillon Józef Czapski (Filière du Musée National). L’histoire du musée est étroitement liée au personnage du collectionneur, le comte Hutten-Czapski (1828-1896) – bibliophile, collectionneur de gravures, d’œuvres d’art et de souvenirs polonais, mais surtout auteur de la plus précieuse collection numismatique polonaise
  • Celestat (filière du Musée historique de la Ville de Cracovie) est la résidence d’une des plus anciennes confréries de ce genre en Pologne, la confrérie des Tireurs de Cracovie (Bractwo Krukowe)
  • Le Palais de l’art, ouvert au début du XXe siècle par l’Association des Amis des Beaux-Arts pour accueillir les expositions des plus importants artistes polonais
  • Bunkier Sztuki (Bunker de 'Art) est une institution culturelle municipale. Il présente l’art moderne dans un large contexte culturel international.
  • Musée d'art contemporain de Cracovie (Mocak) inauguré le 19 mai 2011.
  • Maison de Jan Matejko (1838 - 1893), l'un des artistes polonais les plus importants du XIXe siècle, Jan Matejko
  • Maison de Józef Mehoffer (1860-1946), maître des décors Sécession, auteur de scènes de genre, de portraits, de natures mortes mais aussi de polychromies et de projets de vitraux
  • Musée archéologique de Cracovie, fondé en 1850, avec une exposition permanente sur « 1 000 ans, Cracovie et l'Égypte »
  • Musée de sciences naturelles
  • Musée géologique
  • Musée de l’Archidiocèse (collection de pièces d'art sacré datée entre le XIIIe et XVIIe siècle. Le musée est réparti sur deux bâtiments situés dans le centre-ville)
  • Musée des vitraux
  • Musée juif de Galicie
  • Collegium Maius, musée de l'Université Jagellon
  • Musée de l'ingénierie urbaine à Kazimierz
  • Musée ethnographique de Cracovie est situé dans le bâtiment de l’ancien Hôtel de ville de Kazimierz, élevé au 15e siècle en style gothique et agrandi plus tard en style Renaissance. Le deuxième bâtiment (Maison d’Esterka), accueille des expositions temporaires.
  • Le musée de Podgórze
  • Musée de l'aviation polonaise
  • Fabrique d’émail d’Oskar Schindler (filière du Musée historique de la Ville de Cracovie) est située dans l’ancien bâtiment administratif de la Deutsche Emailwarenfabrik. Le musée présente aussi l’exposition « Cracovie sous l’occupation, 1939–1945 »
  • Vieille synagogue (filière du Musée historique de la Ville de Cracovie)
  • La Pharmacie de l’Aigle (filière du Musée historique de la Ville de Cracovie) qui raconte le rôle de son propriétaire Tadeusz Pankiewicz au sein du Ghetto de Cracovie.
  • Rue Pomorska, Les anciennes cellules de la prison de la Gestapo et un lieu de mémoire nationale.
  • Musée de l’Armée de l'Intérieur (Armia Krajowa)
  • Criquothèque – centre de documentation artistique de Tadeusz Kantor
  • Musée de la photographie

Arts et Culture

Le Théâtre Ancien

Chaque année, Cracovie accueille plus de 40 festivals et environs 3 000 concerts et spectacles[28], dont beaucoup ont une portée internationaleː

8e congrès mondial d’espéranto, 1912

Cracovie a accueilli les 8e et 23e congrès mondiaux d’espéranto en 1912 et 1931, rassemblant environ un millier de participants chacun pendant toute une semaine.

La grande tradition culturelle de la ville inspire la créativité des artistes modernes polonais et nombreux sont ceux qui ont choisi de vivre et de poursuivre leur carrière artistique à Cracovie : Tadeusz Kantor, Nigel Kennedy, Czesław Miłosz, Sławomir Mrożek, Krzysztof Penderecki, Zbigniew Preisner, Wisława Szymborska

Cracovie compte de nombreux théâtres parmi lesquels le Stary Teatr (Théâtre ancien), une institution culturelle nationale et le deuxième plus ancien théâtre de Pologne, le théâtre de Juliusz Słowacki (ancien théâtre de ville), l'Opéra de Cracovie , l'Opérette de Cracovie et le Théâtre Bagatela, le théâtre Groteska, la Philharmonie de Cracovie

Parcs et réserves naturelles

Il y a environ 40 parcs à Cracovie, dont des jardins et de petits bois[29]. Les plus célèbres ː le parc Planty, le jardin botanique de l'Université Jagellonne, le parc Krakowski, le parc de Jordan ou encore le champ Błonia, se situent dans le centre-ville. Les parcs et les espaces verts couvrent une superficie de 318,5 hectares.

Le Parc Planty est le plus connu de Cracovie. Il a été aménagé entre 1822 et 1830 à la place des remparts entourant la vielle cité, formant ainsi une ceinture verte autour de la vieille ville. Il est formé par une série de petits jardins, chacun en rapport avec le monument qu'il entoure. Le parc a une superficie totale de 21 hectares[30].

Parc Krakowski

Conçu en 1889 par le docteur Henryk Jordan, pionnier de l'éducation physique en Pologne, le parc aux bords de la Rudawa qui porte aujourd'hui son nom, a été équipé avec des ateliers de course et d'exercice physique, une place de jeu, une piscine, un amphithéâtre et des activités sur l'eau. Il était le premier parc public de ce type en Europe[31].

Le parc Krakowski a été créé en 1885 sur des anciens terrains militaires sur l’initiative du conseiller municipal Stanisław Rehman. Il s’inspirait des jardins de Vienne: il y avait des cafés, un pavillon pour les concerts, un théâtre d’été, un bassin et même une ménagerie. Avant la Première Guerre Mondiale, le parc accueillait aussi une patinoire très chic, la plus chère de la ville. Un orchestre militaire y agrémentait les ébats des patineurs. C'était, à la fin du XIXe siècle, le point de rendez-vous principal des Cracoviens[32].

Park Tyniec-Bielany

La ville de Cracovie possède cinq réserves naturelles protégés, de la superficie de 48,6 hectares. A l'Ouest de la ville s'étire le parc paysager tire son nom de deux anciens villages, tous deux maintenant situés dans la ville de Cracovie ː Tyniec et Bielany. Une autre partie de la ville est placée dans le « couloir écologique » de la vallée de la Vistule. Ce couloir est aussi évalué comme étant de signification internationale dans le cadre du réseau écologique Pan-européen[33].

Administration

Jacek Majchrowski, le président (maire) de Cracovie

Le conseil municipal de Cracovie, qui a le pouvoir délibératif, compte 43 députés et élit son président, qui n'a aucun rôle exécutif[34]. Le chef de l'exécutif municipal (maire de la ville), qui a traditionnellement le titre de président, est élu pour 4 ans au suffrage universel direct. L'élection du conseil municipal et du président de la ville[35], qui se tiennent en même temps, sont basées sur un décret du 20 juin 2002. Le président actuel de Cracovie, qui a été élu et réélu en 2002, 2006, 2010 et 2014, est Jacek Majchrowski (divers gauche). Plusieurs membres du Parlement national polonais (Sejm) sont des membres du Parlement national Polonais élus de la circonscription de Cracovie.

Le Palais Wielopolski, bureau du maire de Cracovie et siège du conseil municipal.

Parmi les responsabilités du maire, figurent la recherche de solutions aux différents problèmes sociaux et économiques, les arrêtés municipaux, ainsi que la prévention des diverses catastrophes naturelles et autres incidents. C'est aussi lui qui est chargé de promouvoir les postes d'administrateurs municipaux.

Le président de la ville dirige celle-ci sous le contrôle du conseil municipal et des services de la municipalité. Dans les années 1990, la gouvernance locale a été réorganisée afin de mieux différencier ses fonctions politiques de ses fonctions administratives. Un bulletin public d'information a été créé pour informer les citoyens des activités de la municipalité[36].

En 2000, la municipalité a lancé un programme appelé « Ville sûre », en coopération avec la police, les services sociaux, les pompiers et la sécurité publique. Le taux de délinquance a alors baissé de 3 % entre 2000 et 2001[37].

Division administrative

La ville de Cracovie est divisée en 18 quartiers administratifs (également appelés « arrondissements ») (en polonais : dzielnica)[38], chacun avec un degré d'autonomie vis-à-vis de la municipalité.

La Place Jan Matejko avec son monument de Bataille de Grunwald est l'un des plus importants lieux publics de la ville

Les quartiers les plus vieux de Cracovie ont été insérés dans la ville à la fin du XVIIIe siècle.

Les quartiers majeurs qui ont été ajoutés lors des XIXe et XXe siècles incluent Podgórze, qui, jusqu'en 1915, était une ville séparée sur la rive sud de la Vistule et Nowa Huta, à l'est du centre-ville, a été construit après la Seconde Guerre mondiale et a été fusionné avec la ville en 1951.

Parmi les quartiers historiques les plus notables de la ville figurent la colline du Wawel (sur laquelle se situe le château du Wawel ainsi que la cathédrale du Wawel), où plusieurs souverains polonais ont été sacrés et couronnés ; le centre historique dans lequel se trouve la place du Marché, ainsi qu'une douzaine d'églises et de musées ; les bâtiments de l'université Jagellon datant du XIVe siècle ; ou encore le quarter juif de Kazimierz

Le centre historique de Cracovie héberge 6 sites et monument historiques, ainsi que plus de 2 millions d'œuvres d'art[39]. Il compte aussi une riche variété d'architecture historique, comme la Renaissance, le baroque, ou encore l'architecture gothique.

Nom du quartier Population Superficie[40]
Stare Miasto (I) 41 121 5,59 km2
Grzegórzki (II) 30 441 5,86 km2
Prądnik Czerwony (III) 46 621 6,38 km2
Prądnik Biały (IV) 66 649 23,70 km2
Krowodrza (V) 34 467 5,38 km2
Bronowice (VI) 22 467 9,57 km2
Zwierzyniec (VII) 20 243 28,66 km2
Dębniki (VIII) 56 258 46,71 km2
Łagiewniki (IX) 15 014 5,73 km2
Swoszowice (X) 20 461 24,16 km2
Podgórze Duchackie (XI) 52 522 10,65 km2
Bieżanów-Prokocim (XII) 63 270 18,46 km2
Podgórze (XIII) 32 050 25,16 km2
Czyżyny (XIV) 26 169 12,29 km2
Mistrzejowice (XV) 54 276 5,47 km2
Bieńczyce (XVI) 44 237 3,69 km2
Wzgórza Krzesławickie (XVII) 20 234 23,75 km2
Nowa Huta (XVIII) 58 320 65,52 km2
Total 705 000 279,53 km2

La division actuelle a été mise en place le et a été légèrement modifiée le 19 avril 1995 par la municipalité de Cracovie.

Les quartiers sont les suivants (leur nom s'écrit en nombres romains) :

Les quartiers de Cracovie

Éducation

Cracovie est une ville universitaire de premier plan avec près de 70 000 étudiants. Cet aspect insuffle à Cracovie une ambiance très festive et nocturne qui se propage à une multitudes de bars, de pubs et de restaurants. L’Université Jagellon est l’un des fleurons de ce pôle intellectuel polonais.

Enseignement supérieur

Cracovie est un centre de formation important. Il y a plus de dix établissements d'enseignement supérieur et de recherche regroupant 10 000 enseignants-chercheurs et chercheurs et 170 000 étudiants :

Système scolaire

En 2018/2019, la ville compte 317 jardins d'enfants et écoles maternelles, 200 écoles primaires , 37 collèges, 92 établissements post-collège (szkoły ponadgimnazjalne) publics et privés dont 65 lycées publics d'enseignement général[41].

Deux écoles (privées) ont l'anglais comme langue d'enseignement (destinées notamment aux enfants de parents expatriés) :

  • British International School of Cracow  (BISC)[42] ;
  • International School of Kraków  (ISK)[43].

Au sein du système scolaire public, il existe des sections bilingues, notamment :

  • section française à la cité scolaire ZSO 7 regroupant le collège Jan Sobieski (Gimnazjum nr 18 im. Króla Jana III Sobieskiego) et le lycée Jeune-Pologne (XVII Liceum Ogólnokształcące im. Młodej Polski), créée en 1992[44]
  • section espagnole au lycée Adam-Mickiewicz (Liceum nr VI im. Adama Mickiewicza), créée en 1997[45]
  • section anglaise au lycée Adam-Mickiewicz (Liceum nr VI im. Adama Mickiewicza)[46],

Économie

Cracovie est un centre économique majeur pour la Pologne et pour la voïvodie de Petite-Pologne. Elle bénéficie d’un taux de chômage bien moins élevé que la moyenne nationale avec 4,8 % pour 13 % dans le pays.

À la suite de la chute du régime communiste, le secteur privé n’a cessé de progresser de manière régulière. De nombreuses multinationales se sont installées à Cracovie : Google, IBM, Motorola, Delphi, General Electric, Aon Hewitt, Hitachi, Philip Morris, Capgemini ou encore le groupe allemand MAN constructeur de poids lourds dont la ville abrite une usine de production[47]. Samsung a ouvert le Centre d’innovation à Cracovie spécialisé dans le traitement automatique du langage naturel

Tourisme

Rynek Główny, la grand-place vue de la basilique Sainte-Marie.

Le tourisme est un secteur d'activité important à Cracovie, qui est la ville la plus visitée de Pologne. En 2019, la ville a accueilli environ 14 050 000 touristes, dont 3 050 000 étaient les étrangers (14,2 % de l'Allemagne, 13,9 % du Royaume-Uni, 11,5 % de l'Italie, 11,2 % de la France, 10,4 % de l'Espagne, 5,4 % de l'Ukraine)[48].

Cracovie est aussi le point de départ d'excursions vers les mines de sel à Wieliczka, les églises en bois, les montagnes Tatras, Częstochowa, l'ancien camp de concentration d'Auschwitz ou encore vers le parc national d'Ojców (Ojcowski Park Narodow)).

Transports

Tramway Bombardier Flexity Classic (NGT6) à Cracovie, rue Basztowa.

Le système des transports en commun à Cracovie repose sur un vaste réseau de tramway reliant la majorité des quartiers avec le centre-ville et complété par un réseau de bus. Cet ensemble est géré par la SIKiT[49] (Zarząd Infrastruktury Komunalnej i Transportu – Régie de l'infrastructure communale et des transports), et la majorité des prestations est effectuée par la MPK[50] (Miejskie Przedsiębiorstwo Komunikacyjne - Société municipale de transport). Le tout est complété par un certain nombre d'opérateurs privés de minibus desservant la banlieue plus éloignée. Le parc est en renouvellement permanent et, quant aux autobus, a déjà dépassé 90 % des véhicules à plancher bas. Des trains locaux relient la ville à la banlieue. La plus grande partie du centre historique de la ville a été métamorphosée avec une zone piétonne laissant une place à des calèches à cheval, à des cyclo-taxis et à des véhicules électriques destinés à la visite de la ville[51]. Les moyens de transport historiques sont présentés au Musée d'ingénierie municipale dans le quartier de Kazimierz, avec beaucoup de tramways, voitures et autobus anciens.

Les projets futurs, approuvés par le référendum du , seront la construction de plusieurs pistes cyclables ainsi que deux lignes de métros.

Des liaisons ferroviaires directes sont disponibles vers la plupart des grandes villes polonaises, entre autres Katowice, Wrocław, Poznań, Szczecin, Gdańsk, Kielce, Rzeszów et proche Zakopane. Des trains partent régulièrement vers Varsovie. D'autres effectuent des liaisons vers des destinations internationales comme Berlin, Bratislava, Budapest, Prague, Hambourg, Lviv, Kiev et Odessa, Vienne[52],[53]. La gare centrale (dworzec główny) est placée juste à l'extérieur de la Vieille ville. Elle forme un ensemble avec la gare routière, desservie par de nombreuses lignes régulières d'autocar à rayon local, régional, national ou international[54].

L'aéroport Jean-Paul II se situe à 11 km à l'ouest du centre de la ville, à Balice. C'est le deuxième aéroport le plus fréquenté en Pologne : il accueille 1,3 million de passagers par an. Cependant, en 2007, l'aéroport a été fréquenté par plus de 3 millions de passagers, soit 15 % du trafic aérien en Pologne. Il effectue actuellement 59 liaisons et est composé de deux terminaux (le terminal 1 pour l'international, le terminal 2 pour le national). Des navettes ferroviaires spéciales partant de la Gare centrale desservent l'aéroport en 15 minutes.

Les aéroports les plus proches de Cracovie, utilisés en cas de problème météorologique ou autre à Balice (notamment par temps de brouillard) sont ceux de Katowice-Pyrzowice[55], Poprad Tatry (en Slovaquie) et Rzeszów-Jasionka.

Sport

Cracovie est la ville hôte du championnat du monde de volley-ball masculin 2014 et du championnat d'Europe de handball masculin 2016. Elle a aussi été choisie comme la ville européenne du sport pour 2014[56]. Le football est l'un des sports les plus populaires dans la ville[57]. Les deux équipes les plus importantes de la ville sont le Wisła Cracovie[58] (treize fois champion de Pologne) et le Cracovia (cinq fois champion de Pologne). Ces deux clubs, créés tous deux en 1906, sont également les deux plus anciens en Pologne[59],[60]. Ils sont impliqués dans la plus grande rivalité sportive de Pologne et l'une des plus importantes en Europe, surnommée guerre sainte [61]. La ville compte encore trois autres clubs de football, de moindre envergure : l'Hutnik Cracovie, le Wawel Cracovie et le Garbarnia Cracovie, ancien champion national.

En rugby, Cracovie compte un club, le Juvenia Cracovie, qui joue en première division et qui s'entraîne dans le stade dont il est propriétaire, le Juvenia Stadium. Cracovie possède d'autres équipes de haut niveau dans d'autres sports, telles que la section hockey sur glace du Cracovia, dix fois championne de Pologne, ainsi que celle de basket-ball féminin du Wisła Cracovie, vingt-deux fois championne nationale.

Le marathon de Cracovie, couru annuellement par plusieurs milliers de participants provenant de deux douzaines de pays, se déroule dans la ville depuis 2002[62].

Du côté des infrastructures, Cracovie compte plusieurs stades et salles. Son enceinte la plus importante est le stade Henryk-Reyman (33 326 places), stade du Wisła situé à quelques centaines de mètres du stade Józef-Piłsudski (15 016 places), l'antre du Cracovia. Une nouvelle arène sportive est actuellement en construction, depuis mai 2011, et servira pour les concerts, l'athlétisme intérieur, le hockey, le basket-ball et le futsal. Elle sera prête en avril 2014, et son coût est évalué à 363 millions de złotys. Elle pourra accueillir 15 328 visiteurs (18 000 au maximum lors des concerts).

Cracovie fut candidat à l'organisation des jeux olympiques d'hiver de 2022. Le référendum local du montra l'impopularité du processus avec 70 % d'opinions négatives, ce qui annula la candidature.

Personnalités liées à la ville

Relations internationales

Nom de Cracovie dans différentes langues

Le nom de Cracovie (Kraków) est adapté dans la plupart des langues étrangères. La ville est connue sous le nom de Krakau en allemand, Krakov en croate, en tchèque, en slovaque, en serbe, Krakkó en hongrois, Krokuva en lituanien, Cracovia en latin, espagnol et italien, ou encore sous le nom de Cracóvia en portugais. En russe, elle s'appelle Краков, Krakiv (Краків) en ukrainien et Kroke (קראָקע) en yiddish. Enfin, elle porte le nom de Cracow ou plus récemment Krakow en anglais[63]. En chinois, on utilise les sinogrammes suivants : 克拉科夫 (prononcé en mandarin standard kèlākēfū)[64].

Jumelages

La ville a signé des jumelages ou des accords de coopération avec[65],[66] :

Galerie de photos

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Notes et références

  1. (en)Presse écrite de la municipalité de Cracovie (2008) "Notre ville. Histoire de Cracovie (fouilles archéologiques)", consulté le 11 septembre 2007.
  2. (en) Kengor, Paul (2007-10) The judge: William P. Clark, Ronald… – Google Livres.
  3. (en) Liste des monuments entrés au patrimoine mondial de l'UNESCO en 1978
  4. (en)Membres de la seconde session du comité du patrimoine mondial de l'UNESCO
  5. (en) GaWC, The Wolrd according to GaWC, liste des villes classées « villes mondiales » (2010)
  6. « La Bulgarie, pays le plus pauvre et le plus pollué d'Europe », sur Sciences et Avenir (consulté le 4 mai 2019)
  7. (pl) « Rocznik Statystyczny Krakowa 2019 » (consulté le 29 février 2020)
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  9. Cracovie, la belle Polonaise, sur www.routard.com
  10. Charles Higounet, Les Allemands en Europe Centrale et orientale au Moyen Age, Aubier, , p. 223
  11. (pl) « GUS-Bank Danych Lokalnych » (consulté le 23 février 2020).
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  26. a et b (en)Short History
  27. Voir par exemple le site Cracovie juive sur jewishkrakow.net.
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  31. (en) Le parc Jordan de Cracovie
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  34. (pl) Bulletin d'information public, publié par la municipalité de Cracovie
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  48. (pl) « Ruch turystyczny w Krakowie w 2019 roku », sur Biuletyn Informacji Publicznej Miasto Kraków (consulté le 29 février 2020).
  49. (pl)Site de la SIKiT, société gérant une partie de transports en commun de Cracovie
  50. (pl)Site officiel de la MPK
  51. (en)Les moyens de transports à Cracovie, consulté le 1er juin 2013
  52. (pl)Les connexions ferroviaires de Cracovie, consulté le 1er juin 2013
  53. (pl)Site officiel Magiczny Kraków
  54. Site officiel de la gare routière de Cracovie
  55. (pl)L'aéroport de Katowice-Pyrzowice sur e-krakow.com
  56. (pl) Cracovie, Ville pour le Sport 2014, sur Krakow.pl
  57. (en) Les sports à Cracovie, consulté le 7 juin 2013
  58. (pl) Portail du Wisła Cracovie
  59. (pl) Liste des plus anciens clubs sportifs en Pologne
  60. (pl) L'histoire du Wisła Cracovie
  61. (en) La guerre sainte, sur footballderbies.com
  62. (pl) Site officiel du marathon de Cracovie, avec la liste des inscrits, des gagnants et des évènements
  63. (en)Cracow letters : Cracow under German occupation
  64. http://chinese.yabla.com/chinese-english-pinyin-dictionary.php?define=%E5%85%8B%E6%8B%89%E7%A7%91%E5%A4%AB
  65. (fr)Liste des villes jumelées avec Cracovie
  66. (pl)Kraków Otwarty na Swiat
  67. (fr)Le jumelage entre Bordeaux et Cracovie, site officiel de la ville de Bordeaux. Consulté le 18 mai 2013.
  68. (fr)Liste des villes jumelées avec Fès, sur le site officiel de la commune
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  70. (fr)Leipzig, ville jumelée de Cracovie, sur le site de la ville de Leipzig
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  72. (fr)Liste des villes jumelées à Orléans, sur expat.org. Consulté le 18 mai 2013.

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

Bibliographie

  • Edward Hartwig, Cracovie. Introduction de Jerzy Brzoszkiewicz, Varsovie, Éditions « Sport i Turystyka », 1968. Album illustré.
  • Kazimierz Saysse-Tobiczyk, Cracovie, Varsovie, Éditions « Polonia », 1968.