Fred Joaillier

Fred Joaillier

Fred Paris

logo de Fred Joaillier

Création 1936
Dates clés 1958 immatriculation de la société actuelle
Fondateurs Fred Samuel
Forme juridique SA à conseil d'administration
Siège social Paris
Drapeau de France France
Direction Charles Leung depuis le 05-11-2018
Actionnaires LVMH
Activité Commerce de détail d'articles d'horlogerie et de bijouterie en magasin spécialisé
Effectif 346 en 2020
SIREN 582 088 159
Site web www.fred.com/

Fred Joaillier, plus communément appelé Fred, est une marque française de joaillerie et d'horlogerie fondée en 1936 par Fred Samuel à Paris exploitée par la société Fred Paris[1].

L’entreprise compte plus d’une cinquantaine de boutiques en propre dans le monde ainsi que différents points de vente répartis dans une trentaine de pays[2].

L'entreprise est détenue par le Groupe LVMH depuis 1995[3].

Historique

Fondation et débuts (1925-1944)

Fils d'alsaciens émigrés en Argentine après la guerre de 1870, Fred Samuel nait à Buenos Aires, puis arrive en France à l'âge de 16 ans[4].

Il se forme au métier de la joaillerie au sein de l’entreprise Worms, négociante en pierres et en perles. Les frères Worms, fondateurs de l’entreprise, contactés par Mikimoto Kōkichi pour commercialiser en France les perles de culture, décident de détacher Fred Samuel aux opérations douanières en 1925[5].

Après son service national à 28 ans, il s'installe à son compte en 1936 et ouvre une boutique à son nom dans le huitième arrondissement de Paris, au numéro 6 de la rue Royale. Il choisit d’indiquer en lettres capitales sur sa première carte de visite : « Fred Samuel, le moderne, joaillier, créateur »[6].

Il est un des premiers introducteurs en France de la perle de culture, nouveauté japonaise qui bouleverse la joaillerie française jusqu'alors vouée à la perle fine. De cette époque date le nom d'une teinte particulière de perle, d'un crème rosé léger : la couleur « Fred »[4].

Sa renommée grandissante et son audace créative pour l’époque lui vaut la reconnaissance de vedettes hollywoodiennes telles que Mary Pickford, Douglas Fairbanks, Barbara Hutton ou encore Marlène Dietrich[7].

En septembre 1939, Fred Samuel décide de s’engager au sein de la Légion étrangère. Prisonnier à la citadelle de Cambrai le 6 juin 1940, il réussit à s’évader et à passer de la zone rouge vers Paris en septembre 1940 et reprend son magasin de la rue royale en octobre 1940.

En décembre 1941, la boutique est placée sous le contrôle du Commissariat général aux questions juives qui appose l'étoile jaune sur la devanture et contraint à retirer de l’enseigne le nom « Samuel ». Il confie alors sa boutique à un ami « infirmier de guerre ». En mars 1942, il se rend en zone sud avant de rejoindre en 1943 les Forces françaises de l'intérieur (FFI)[8] et assiste à l'arrivée du 1er commando de la 7ème armée Américaine au plateau de Marsanne le 16 août 1944.

Il rentre à Paris en septembre 1944 où il reprend sa boutique. Dans le livre autobiographique « Mémoires d’un joaillier » paru en 1992 aux éditions du Rocher, il explique conserver sur sa devanture le seul prénom de Fred : « peut-être par défi, peut-être pour ne pas oublier ces heures monstrueuses, peut-être aussi pour maintenir le bénéfice d'un anonymat salutaire »[9].

Développement et diversification (1960-1990)

A partir des années 1960, l’entreprise connaît un développement soutenu lorsque Henri et Jean, les fils de Fred Samuel, rejoignent l’entreprise. Ils ouvrent ensemble différentes boutiques en France, à Monaco puis aux États-Unis. Ils décident également d’élargir l’offre de la société en ouvrant en 1975 le « 6 Royale » dans le 8ème arrondissement de Paris, une boutique consacrée à la vente de maroquinerie et d'accessoires de luxe[10].

A cette époque, la société distribue des marques horlogères pendant de nombreuses années avec des marques comme Piaget, Rolex, Baume & Mercier et Audemars Piguet.

En décembre 1962, Fred ouvre une première boutique à l’aéroport d’Orly lors de l’ouverture de l'aérogare[9].

L’entreprise construit sa réputation en collaborant avec des artistes de renom : Jean Cocteau et Bernard Buffet pour la création de leurs propres bijoux en 1962 et en 1971 puis avec l’organisation d’une exposition des bijoux de Georges Braque en 1972. Pour l'inauguration de la boutique de Beverly Hills en 1977, sont exposées des plaques gravées de Picasso représentant « Les Métamorphoses d'Ovide ». Au fil des années, d’autres artistes ont travaillé avec l’entreprise comme Miroslav Brozek, Arman ou encore Jean-Paul Goude[11].

L’entreprise mise également sur les pierres précieuses pour se développer. En 1977, elle acquiert un diamant jaune de 105,54 carats qu’elle baptise le « Soleil d'Or », officiellement classé 52ème parmi les plus gros diamants taillés au monde[12]. Ce diamant fut dévoilé le 24 novembre 1977 au sein de la boutique du 6 rue Royale à Paris à l’occasion d’une exposition intitulée « Quelques-uns des plus beaux diamants du monde », parmi la collection privée de pierres d'exception de De Beers.

En 1981, elle acquiert le « Blue Moon », un saphir de 275 carats.

En 1987, à l'occasion de l'ouverture d’un espace Fred, au cœur des Galeries Lafayette, l'entreprise présente au public une collection de 50 diamants de différentes tailles et différentes couleurs. En 1988, Fred acquiert 42 diamants de couleur et crée une première parure nommée « Arc-en-ciel ». A cette époque, Fred Samuel est le premier joaillier à faire, des diamants de couleur, son domaine de prédilection[13].

L’entreprise inaugure une boutique en 1976 à Monaco, en présence de Grace Kelly et Fred devient joaillier fournisseur de la famille royale. Pour Fred Samuel cette inauguration est un tournant dans sa démarche artistique et créative sans cesse inspirée par la mer et la lumière : « Monte-Carlo a marqué le cours de ma carrière. Il symbolise le lieu où la lumière des pierres me fût restituée »[9],[14] .

L’entreprise signe lors de cette période des commandes pour différentes dynasties dans le monde comme la famille royale du Népal dans les années 1950 ainsi que des princes du Moyen-Orient entre 1970 et 1990[15].

Dans les années 1970 et 1980, Edgar Faure, Michel Debré et Raymond Weill choisissent l’entreprise pour réaliser leur épée d’académicien[13].

Tout au long de ces années, la réputation de l’entreprise attire des célébrités telles que Maurice Chevalier, Sacha Guitry, puis Catherine Deneuve, Régine, Alain Delon, Yves Montand ou Johnny Halliday[16].

De 1990 à nos jours

Dans les années 1990, Fred devient l'un des dix plus grands joailliers au monde, avec 12 boutiques de Paris à Beverly Hills, en passant par New York, Houston, Monte-Carlo, Cannes et Genève. C’est également à cette époque que l'entreprise se développe dans les marchés asiatiques et ouvre sa première boutique à Tokyo en 1994[17],[18].

L’entreprise est associée au cinéma en signant le collier de diamants et de rubis porté par Julia Roberts dans le film Pretty Woman sorti en 1990, tout comme la parure portée par Caterina Murino dans Casino Royal sorti en 2006[19],[20].

En 1995, Fred Joaillier rejoint le groupe LVMH et Dominique Watine-Arnault devient la première dirigeante de l’entreprise[21].

En 2011 et après avoir été égérie en 2009 avec Melvil Poupaud pour une campagne de la marque[22], Kate Moss lance avec le joaillier une collection de bijoux inspirée de ses tatouages[23].

En 2015, Fred déménage sa boutique principale au 14 rue de la Paix à Paris après quinze années au numéro 7 de la place Vendôme[24].

En juin 2017, l’entreprise ouvre sa première boutique en Chine à Shanghai[25].

En 2017, l’entreprise dévoile, à l’occasion du salon Viva Technology[26], « l’Atelier Fred » un outil numérique permettant de personnaliser le bracelet « Force 10 » en choisissant couleurs, matières et pierres[27],[28]. Cette innovation remporte trois distinctions : la « Médaille d’or Expérience Client » du Prix de l’Excellence Marketing 2017 », la « Meilleure utilisation des technologies » du Grand Prix Stratégies et le « Prix du Retailer Connecté 2017 »[29].

En 2018 la direction est confiée à Charles Leung[30], secondé par Valérie Samuel, vice-présidente et directrice artistique depuis 2017, petite fille du créateur[31],[32].

En 2018, la boutique de l'entreprise présente à Tokyo déménage dans le quartier de Ginza[33].

Collections

Collections principales

  • 1966 : Naissance du premier bracelet « Force 10 » inspiré par les câbles et l’univers de la voile, lancement de la collection en 1978 et commercialisation d’un bracelet interchangeable en 2007[34].
  • 1988 : Lancement de la collection de lunettes « Force 10 ».
  • 2000 : Collection « Success »[35].
  • 2011 : Collection « Pain de Sucre » et commercialisation d’une bague interchangeable en 2013[36].
  • 2012 - 2015 : Collections « Riviera » dont : Baie des Anges, Belles Rives, Une Ile d'Or[37].
  • 2016 : Collection « 8°0 », lancée pour les 80 ans de la Maison, qui devient « Chance Infinie » en 2020[38].
  • 2019 : Collection « Ombre Féline » issue des archives de 1960, portée par la princesse Grace de Monaco et relancée à l'occasion de la réouverture de la boutique Fred à Monaco[39],[40].
  • 2020 : Collection « Force 10 #GoBeyond » en soutien à l’association Special Olympics
  • 2021 : Réédition de la collection « Pretty Woman » qui doit son nom à l'apparition d'un collier dans le film éponyme en 1990[41].

Collections historiques

Horlogerie

  • 1986 : Collection « 1936 » lancée pour les 50 ans de l’entreprise.
  • 1987 : Collection « Tigresse ».
  • 1997 : Collection « Cut ».

Joaillerie/Haute-Joaillerie

  • 1989 : Collection « Les Fredy’s », « Mini-Fredy’s » en 1995 puis collaboration avec Jean-Paul Goude en 2009.
  • 1996 : Collection « Mouvementé ».
  • 2005 : Collection « Diamond Tag » issue des archives de 1970.
  • 2011 : Collection « Kate Moss for Fred »[42].

Pierres et créations emblématiques

  • 1977 : « Soleil d’or », un diamant jaune de 105,54 carats.
  • 1982 : « Collier Pretty Woman ».
  • 1984 : « Sac Papillon », pavé de nacre noire et blanche, serti de brillants et orné d’une émeraude gravée[9].
  • 1989 : Broche diamants de couleur dont un diamant taille cœur.
  • 1991 : « Broche Oiseau » en diamants et saphirs multicolores

Implantation

Outre Paris où Fred Joaillier compte plusieurs salons de présentation, notamment rue de la Paix la société possède également également une cinquantaine de boutiques : en France à Cannes, Lyon et Nice, à Monaco, en Angleterre (Londres), en Chine (Beijing, Shanghai, Hangzhou, Qingdao, Chengdu...), au Japon (Tokyo, Kyoto, Osaka, Fukuoka…), en Corée du Sud (Séoul, Daegu, Busan), ainsi qu'à Hong Kong, Macao, Taïwan et en Australie.

Fred est représenté dans plusieurs villes de France ainsi qu'en Andorre, Australie, Bahreïn, Belgique, Chine, Congo, Grande Bretagne, Grèce, Guadeloupe, Guyane Française, Hong Kong, Italie, Côte d’Ivoire, Japon, Luxembourg, Madagascar, Île Maurice, Maroc, Portugal, Île de la Réunion, Russie, Corée du Sud, Espagne, Suisse, Tunisie et aux Etats-Unis d’Amérique[43].

Notes et références

  1. « FRED PARIS (NEUILLY SUR SEINE) Chiffre d'affaires, résultat, bilans sur SOCIETE.COM - 582088159 », sur www.societe.com (consulté le 3 février 2019)
  2. « Sites-fredEuropeanWebsite-Site », sur www.fred.com (consulté le 14 juin 2021)
  3. « LVMH prend pied dans la joaillerie en rachetant Fred », sur Les Echos, (consulté le 14 juin 2021)
  4. a et b Communiqué, « Décès du joaillier Fred Samuel, ancien résistant », AFP, 4 octobre 2006, 16:19:46 GMT.
  5. « WORMS, UNE HISTOIRE DE PERLES », sur Esprit Joaillerie, (consulté le 14 juin 2021)
  6. « Fred Samuel : La panthère jaune », sur m.lesechos.fr (consulté le 14 juin 2021)
  7. Constant Sbraggia, Aria Marina, Éditions FeniXX,
  8. « Fred Samuel : La panthère jaune », sur m.lesechos.fr (consulté le 14 juin 2021)
  9. a b c et d Fred Samuel, Mémoires d'un joaillier, Paris, Éditions du Rocher, (ISBN 978-2268012322)
  10. La rédaction, « VOGUE 1975 », sur Vogue Paris (consulté le 14 juin 2021)
  11. « [Joaillerie] Fred vers l'infini et au-delà », sur LExpress.fr, (consulté le 14 juin 2021)
  12. Ian Balfour, Famous Diamonds, Collins Edition, (ISBN 978-0004122465)
  13. a et b Anne de Jouvenel, Fred Joaillier, de la rue Royale à la Place Vendôme, Éditions du Mécène, (ISBN 2-907970-41-0)
  14. Madame Figaro, « Fred : 80 ans de joaillerie taillée par la lumière et la mer », sur Madame Figaro, (consulté le 14 juin 2021)
  15. Madame Figaro, « Fred : 80 ans de joaillerie taillée par la lumière et la mer », sur Madame Figaro, (consulté le 14 juin 2021)
  16. Madame Figaro, « Fred : 80 ans de joaillerie taillée par la lumière et la mer », sur Madame Figaro, (consulté le 14 juin 2021)
  17. (ja) « フランスのジュエリー業界に新風。 アジア人初のCEOの描く未来。 », sur Forbes JAPAN(フォーブス ジャパン),‎ (consulté le 14 juin 2021)
  18. 李齐, « Room at the top », sur www.chinadaily.com.cn (consulté le 14 juin 2021)
  19. Marine de la Horie, « L'audace créative de Fred », sur Le Point, (consulté le 14 juin 2021)
  20. Emilie Zonino, « Le joaillier Fred dévoile une collection inspirée du collier de Julia Roberts dans Pretty Woman », sur Vogue Paris (consulté le 14 juin 2021)
  21. « dominique watine-arnault (fred) une certaine idée de la femme », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le 14 juin 2021)
  22. Madame Figaro, « Kate Moss s’accroche à Melvil Poupaud », sur Madame Figaro, (consulté le 14 juin 2021)
  23. « Kate Moss dessine des bijoux pour Fred », sur LExpress.fr, (consulté le 14 juin 2021)
  24. Paris Match, « Luxe - La rue de la Paix ça déménage », sur parismatch.com (consulté le 14 juin 2021)
  25. « Le joaillier Fred se relance en multipliant les ouvertures », sur Les Echos, (consulté le 14 juin 2021)
  26. (en-US) Joelle Diderich et Joelle Diderich, « Bernard Arnault Touts Start-up Mentality », sur WWD, (consulté le 14 juin 2021)
  27. « Fred Joaillier se rapproche des clients grâce au digital », sur Les Echos, (consulté le 14 juin 2021)
  28. « 10 innovations à retenir de Vivatech », sur Stratégies, (consulté le 14 juin 2021)
  29. « Grand Prix Stratégies du Luxe 2017 », sur Stratégies (consulté le 14 juin 2021)
  30. 28 Sep 2018 | Management, « LVMH : Charles Leung prend la tête de Fred Paris », sur ABC-Luxe, (consulté le 14 juin 2021)
  31. Marine de la Horie, « Valérie Samuel : le style en héritage », sur Le Point, (consulté le 14 juin 2021)
  32. (en-US) Mimosa Spencer et Mimosa Spencer, « Valérie Samuel Named Artistic Director, Vice President of Fred », sur WWD, (consulté le 14 juin 2021)
  33. (ko) ELLE, « 엘르 코리아 (ELLE KOREA) | No.1 Fashion Media », sur ELLE (consulté le 14 juin 2021)
  34. « Histoire bracelet Force 10 Fred | Journal du Luxe.fr Actualité du luxe », (consulté le 14 juin 2021)
  35. « Success story : la bague Success Caviar de Fred », sur Marie Claire (consulté le 14 juin 2021)
  36. Charlotte-Amalie Daehn | Dreams Magazine, « FRED invente la joaillerie interchangeable », sur Slate.fr, (consulté le 14 juin 2021)
  37. Madame Figaro, « Fred : 80 ans de joaillerie taillée par la lumière et la mer », sur Madame Figaro, (consulté le 14 juin 2021)
  38. « [Joaillerie] Fred vers l'infini et au-delà », sur LExpress.fr, (consulté le 14 juin 2021)
  39. « Le joaillier Fred de retour à Monaco », sur Point de Vue, (consulté le 14 juin 2021)
  40. Les Echos, « Fred Samuel : La panthère jaune », sur lesechos.fr, (consulté le 14 juin 2021)
  41. Emilie Zonino, « Le joaillier Fred dévoile une collection inspirée du collier de Julia Roberts dans Pretty Woman », sur Vogue Paris (consulté le 14 juin 2021)
  42. « Kate Moss lance sa collection de haute joaillerie », sur L'Echo, (consulté le 14 juin 2021)
  43. « Sites-fredEuropeanWebsite-Site », sur www.fred.com (consulté le 14 juin 2021)

Voir aussi

Lien externe