Sean Connery

Sean Connery
Image dans Infobox.
Sean Connery pendant le tournage de Goldfinger (1964).
Biographie
Naissance
Décès
(à 90 ans)
Nassau (Bahamas)
Nom de naissance
Thomas Sean Connery
Nationalité
Domiciles
Lyford Cay, Marbella, Kranídi, Domaine de Terre Blanche (en), Édimbourg
Formation
Tollcross Primary School (en)
Activités
Période d'activité
Père
Joseph Connery ()
Mère
Euphamia Maclean ()
Fratrie
Conjoints
Diane Cilento (de à )
Micheline Roquebrune () (de à )
Enfant
Autres informations
A travaillé pour
St. Cuthbert's Co-operative Society (en) (-)
Religion
Parti politique
Arme
Grade militaire
Able seaman (en)
Taille
1,88 m (6 2)
Sport
Position
Site web
Distinctions
Films notables
Filmographie de Sean Connery (en)
Titre honorifique
Sir
signature de Sean Connery
signature

Thomas Sean Connery, dit Sir Sean Connery [ˈʃɔːn ˈkɒnəɹi][1] est un acteur et producteur britannique né le à Édimbourg (Écosse) et mort le à Nassau (Bahamas).

Révélé en devenant le premier acteur incarnant le personnage de James Bond au cinéma, il tient ce rôle, qui lui confère une célébrité mondiale, dans six films d'EON Productions — James Bond 007 contre Dr No (Dr. No, 1962), Bons baisers de Russie (From Russia with Love, 1963), Goldfinger (1964), Opération Tonnerre (Thunderball, 1965), On ne vit que deux fois (You Only Live Twice, 1967) et Les diamants sont éternels (Diamonds Are Forever, 1971) — et revient dans le non officiel Jamais plus jamais (Never Say Never Again, 1983). En parallèle de James Bond, ses autres films notables de l'époque sont Pas de printemps pour Marnie (Marnie, 1964), Le Crime de l'Orient-Express (Murder on the Orient Express, 1974), L'Homme qui voulut être roi (The Man Who Would Be King, 1975) et Un pont trop loin (A Bridge Too Far, 1977).

Après plusieurs années incertaines, il se renouvelle avec des rôles de mentors à partir des années 1980 dans de grands succès commerciaux comme Le Nom de la rose (The Name of the Rose, 1986), Highlander (1986), Les Incorruptibles (The Untouchables, 1987) et Indiana Jones et la Dernière Croisade (Indiana Jones and the Last Crusade, 1989). Sa notoriété consolidée, il remporte de nombreux prix, dont l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle et le Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle pour Les Incorruptibles, le BAFTA du meilleur acteur pour son interprétation du moine Guillaume de Baskerville dans Le Nom de la rose et un Cecil B. DeMille Award en 1996 pour l'ensemble de sa carrière. Il prend sa retraite après son rôle dans La Ligue des gentlemen extraordinaires (The League of Extraordinary Gentlemen, 2003).

Icône du cinéma britannique, Sean Connery a été anobli par la reine Élisabeth II en 2000, pour services rendus au cinéma britannique devenant ainsi Sir Sean Connery[2]. Il est également membre de l'ordre de l'Empire britannique. Fier de ses origines écossaises, il affiche publiquement son soutien à l'indépendantisme écossais[3].

Biographie

Jeunesse

Thomas Sean Connery naît le 25 août 1930 dans le quartier de Fountainbridge, situé à Édimbourg, en Écosse. Issu d'un milieu très modeste, il est le premier fils d'Euphemia McBain "Effie" McLean (1908-1985), femme de ménage, et de Joseph Connery (1902-1972), ouvrier dans une usine de caoutchouc et chauffeur d'engins de chantiers,[5]. Son père était un catholique d'ascendance irlandaise, alors que sa mère était une protestante écossaise[6].

À la naissance de son frère Neil, en 1938, il a huit ans et il doit travailler pour gagner sa vie. Il est distributeur de lait (milkman)[7] le matin et apprenti boucher l'après-midi, après l'école[8]. Sean Connery abandonne ses études à l'âge de 13 ans et s'engage dans la Royal Navy, pour un passage de trois ans. Dans la marine, il se fait faire ses deux tatouages désormais devenus célèbres : « Dad and Mum » (« papa et maman ») et le second : « Scotland forever » (« Écosse pour toujours »). Deux ans plus tard, il doit être rapatrié à cause d'un ulcère gastro-duodénal (UGB). Il exerce alors divers petits métiers : maçon, livreur, terrassier, maître-nageur, vernisseur de meubles, modèle pour les artistes de l'École des Beaux-Arts d'Édimbourg, etc[9].

Il pratique également le culturisme et si sa biographie indique qu'il finit à la 3e place au concours de Mister Univers en 1950[10], c'est un abus de langage car il ne figure pas dans le palmarès et, de toute évidence, il ne possédait pas une musculature capable de rivaliser avec Steve Reeves (le vainqueur de 1950) et de Reg Park (qui est arrivé second). Sean Connery a probablement terminé à la troisième place du concours junior annexe à Londres[11]. Un autre compétiteur lui propose une audition pour un rôle de figurant dans la comédie musicale South Pacific jouée en 1951. Au début des années 1950, il rencontre son premier véritable amour, la jeune actrice Carol Sopel. Mais les parents de cette dernière, juifs orthodoxes refusent le mariage. Dévasté, il s'interdira dès lors toute sensiblerie, se fabriquant un personnage de macho ténébreux[12].

Durant cette décennie, il apparaît tour à tour à la télévision, au théâtre dans Point of Departure, A Witch in Time, Témoin à charge d'Agatha Christie et au cinéma, en 1955, dans Geordie de Frank Launder et Au bord du volcan (Action of the Tiger) de Terence Young, qui constituent son apprentissage. En 1958, il participe à une audition au Royaume-Uni et en Irlande, organisée par le studio Walt Disney Pictures pour Darby O'Gill et les Farfadets (Darby O'Gill and the Little People, 1959)[13]. Il est particulièrement remarqué pour son rôle dans le téléfilm Anna Karénine produit par Rudolph Cartier pour la BBC en 1961, où il partage l'affiche avec Claire Bloom[14]. Son premier rôle à la télévision américaine est celui d'un porteur dans un épisode de The Jack Benny Show. En 1962, il participe à l'épopée du Le Jour le plus long (The Longest Day) : dans le rôle de Flanaghan (dans la scène du débarquement sur la plage de Sword, il tombe à l'eau en sortant de la barge).

James Bond : 1962-1971 et 1983

Sean Connery dans Pas de printemps pour Marnie (1964).

En 1961, le London Express organise un concours afin de trouver un acteur original pour le rôle de James Bond, l'agent 007, sorti de l'imagination de l'écrivain et ancien espion britannique Ian Fleming[15]. Sean Connery remporte le concours devant pas moins de six cents candidats (dont David Niven, qui jouera James Bond dans la parodie Casino Royale, en 1967, James Mason ou encore Cary Grant)[16], et va incarner le héros dans sept épisodes, six produits par EON Productions, la société d'Albert R. Broccoli et d'Harry Saltzman, et le septième non officiel produit par Warner Bros. :

L'acteur est choisi par Harry Saltzman et Albert R. Broccoli après que les autres aspirants au rôle de James Bond ont été écartés, le budget restreint contraignant les producteurs à engager un acteur inconnu. Albert R. Broccoli explique que c'est en visionnant Darby O'Gill et les Farfadets (Darby O'Gill and the Little People) qu'il décida d'engager Sean Connery pour interpréter le personnage de James Bond[17].

Le créateur de James Bond, Ian Fleming, émet des réserves sur le choix de l'acteur : « He's not what I envisioned of James Bond looks » (« Il ne ressemble pas à l'idée que je me faisais de James Bond ») et « I’m looking for Commander Bond and not an overgrown stunt-man » (« Je recherche le capitaine de frégate Bond, pas un cascadeur qui a trop grandi »), ajoutant que Sean Connery (musclé, 1,89 m et écossais) n'est pas raffiné. Malgré tout, la compagne de Ian Fleming lui dit que Sean Connery a le « charisme sexuel requis ». Ian Fleming change d'avis après la première triomphale de James Bond 007 contre Dr No (Dr. No) : il est tellement impressionné par la performance de Sean Connery qu'il imagine un héritage mi-écossais et mi-suisse pour le James Bond littéraire de ses prochains romans. C'est dans ce film qu'il prononce pour la première fois l'un des slogans les plus célèbres du cinéma mondial face à Eunice Gayson, interprète de Sylvia Trench, devant la table d'un casino, lors du dialogue suivant :
« J'admire votre courage, Mlle, euh ...?
— Trench, Sylvia Trench. J'admire votre chance, M... ?
— Bond, James Bond »
[18].

Sean Connery et Tania Mallet sur le tournage de Goldfinger (1964).

Le succès du film donne immédiatement à Sean Connery une dimension internationale et marque le début d’une prestigieuse filmographie, avec des cachets à la hauteur de sa notoriété croissante. Mais en , après le tournage de On ne vit que deux fois (You Only Live Twice), il décide d'abandonner le rôle, lassé des scénarios répétitifs, du manque de développement du personnage, de l'association permanente entre lui et James Bond aux yeux du public et de la peur d'être prisonnier d'un seul emploi.

Sean Connery lors de la production du film Opération Tonnerre (1965).

Sa sixième et dernière participation officielle en tant que 007 a lieu dans l'épisode Les diamants sont éternels (Diamonds Are Forever) en 1971. Il s'agit du 7e épisode de la saga, George Lazenby incarnant l'agent 007 dans le 6e épisode : Au service secret de Sa Majesté (On Her Majesty's Secret Service). Sean Connery est payé un million de dollars pour ce rôle. En 1973, il décline l'offre de cinq millions de dollars pour tourner dans le film suivant Vivre et laisser mourir (Live and Let Die), qui consacrera le début de la prestation de Roger Moore dans le rôle du Commander Bond.

Le remake d’Opération Tonnerre (Thunderball) en 1983 voit Sean Connery revenir pour la septième et dernière fois en James Bond dans le film non officiel Jamais plus jamais (Never Say Never Again). Le titre du film vient d'un commentaire de Sean Connery à la fin des Diamants sont éternels (Diamonds Are Forever), sur le fait qu'il ne jouerait « plus jamais » le rôle de James Bond.

Après plus de quarante ans, l'interprétation de James Bond par Sean Connery reste pour certains la meilleure[20], malgré les interprétations populaires de George Lazenby, Roger Moore, Timothy Dalton, Pierce Brosnan et Daniel Craig.

Les sentiments de Sean Connery à propos du personnage de James Bond vont de l'affection au ressentiment : un jour, il dit qu'il déteste tellement le personnage qu'il pourrait le tuer, et un autre, qu'il n'a jamais détesté James Bond, mais qu'il aurait simplement voulu pouvoir en développer d'autres facettes. Il affirme également qu'il se souciait toujours de l'avenir du personnage et de la franchise, ayant été l'une de ses icônes pendant trop longtemps pour ne pas s'en inquiéter, et que tous les films avaient leurs points positifs.

Collaboration avec Sidney Lumet

Sean Connery collabore plusieurs fois avec Sidney Lumet. Il s'agit, à chaque fois pour l'acteur, de produire des compositions dramatiques dans des œuvres ambitieuses. Drame antimilitariste avec La Colline des hommes perdus (The Hill, 1965), satire noire sur le Watergate avec Le Dossier Anderson (The Anderson Tapes, 1971), suspense divertissant avec Le Crime de l'Orient-Express (Murder on the Orient Express, 1974) et comédie dramatique avec Family Business (1989). The Offence (1973) marque le sommet de leur collaboration. La noirceur totale du film et son traitement radical poussent les distributeurs à annuler la sortie française. Le film est lentement devenu culte et, après des années de purgatoire, est finalement sorti en salle en France presque 35 ans après sa réalisation.

Autres films

Sean Connery tournant Les diamants sont éternels à Amsterdam (1971).

Bien que James Bond soit son rôle le plus connu, Sean Connery réalise en parallèle une carrière brillante et tourne avec les plus grands réalisateurs : Guy Hamilton, Alfred Hitchcock (Pas de printemps pour Marnie), John Huston (L'Homme qui voulut être roi[21]), Richard Lester (Cuba), Richard Attenborough (Un pont trop loin), Steven Spielberg (Indiana Jones et la Dernière Croisade[21]), Jean-Jacques Annaud (Le Nom de la rose) ou Brian De Palma (Les Incorruptibles), pour n’en citer que quelques-uns.

Ses interprétations du Colonel Arbuthnott dans Le Crime de l'Orient-Express (Murder on the Orient Express) de Sidney Lumet en 1974 et du cheik Mulay Hamid El Raisulil dans le film de John Milius Le Lion et le Vent (The Wind and the Lion), en 1975, lui valent une considérable renommée de la part de la critique et du public et font de lui un acteur à part entière, et non plus cantonné dans un seul rôle d'agent secret britannique.

En 1974, il tourne sous la direction de John Boorman l'étrange film de science-fiction Zardoz où il partage l'affiche avec Charlotte Rampling. Film culte pour les uns, « navet » catastrophique pour les autres, Zardoz divise encore critique et spectateurs quarante ans plus tard. Shalako (1968) est la seule incursion de la star dans le western ; ce film, où il donne la réplique à Brigitte Bardot, est peu aimé des amateurs du genre[22]. Traître sur commande (The Molly Maguires) de Martin Ritt, est sabordé et gravement amputé lors de sa sortie éclair en 1969.

Sean Connery lors d'une conférence de presse à Amsterdam (1976).

La Rose et la Flèche (Robin and Marian) de Richard Lester sorti en 1976 offre à Sean Connery la possibilité de jouer un Robin des Bois vieillissant, immature et terrifié par la fuite du temps[23]. Produit par un modeste studio (American International Pictures), Meteor est un échec commercial considéré comme ayant accompagné le déclin du genre du film catastrophe. Au milieu des années 1980, Sean Connery tourne pour Cannon Group un film d'heroic fantasy, L'Épée du vaillant (Sword of the Valiant: The Legend of Sir Gawain and the Green Knight) de Stephen Weeks, adapté du roman de chevalerie Sire Gauvain et le Chevalier vert (Sir Gawain and the Green Knight). Le film, lourd échec commercial, est considéré comme un désastre artistique[24].

En 1982, Sean Connery fait une apparition dans la comédie de Terry Gilliam Bandits, bandits (Time Bandits) dans le rôle d'Agamemnon aux côtés des Monty Python. Le choix du casting vient d'une plaisanterie que le scénariste Michael Palin inclut dans le script, dans lequel il décrit le personnage d'Agamemnon comme étant « Sean Connery (ou quelqu'un d'une stature équivalente, mais moins cher) ». Après avoir lu le script, Sean Connery fut heureux de pouvoir jouer ce rôle secondaire.

Audrey Hepburn et Sean Connery dans La Rose et la Flèche (1976).

Après son expérience dans Jamais plus jamais (Never Say Never Again), en 1983, et l'affaire judiciaire qui s'ensuit à propos des droits d'auteur, Sean Connery a une période de froid avec les majors et ne tourne plus pendant deux ans. En 1983, Fred Zinnemann (qui, à 75 ans, signe son testament cinématographique) le dirige dans Cinq jours, ce printemps-là (Five Days One Summer). Après le succès de la production européenne Le Nom de la rose (The Name of the Rose), en 1986, pour laquelle il reçoit le British Academy Film Award du meilleur acteur, l'intérêt de Sean Connery pour le cinéma est ravivé et sa carrière relancée. La même année, son rôle secondaire dans Highlander, où il donne la réplique à Christophe Lambert, démontre son habileté à jouer les mentors pour de jeunes élèves, ce qui va devenir un rôle récurrent dans les films suivants.

Sean Connery lors de la première de Seems Like Old Times (1980).

En 1987, sa performance remarquée dans le rôle d'un policier dans Les Incorruptibles (The Untouchables) lui vaut l'Oscar du meilleur acteur dans un second rôle[25]. Les succès conséquents au box-office de films comme Indiana Jones et la Dernière Croisade (Indiana Jones and the Last Crusade, 1989), où il joue le professeur Henry Jones, père du personnage titre joué par Harrison Ford (bien qu'ils n'aient que 12 ans d'écart), À la poursuite d'Octobre rouge (The Hunt for Red October, 1990), l'un des épisodes de la série Jack Ryan créée par Tom Clancy, La Maison Russie (The Russia House, 1990), Rock (The Rock, 1996) ou encore Haute Voltige (Entrapment, 1999) le rétablissent comme étant un acteur capable de jouer des rôles majeurs. Ses rôles dans Indiana Jones et la Dernière Croisade (Indiana Jones and the Last Crusade) et Rock (The Rock) sont des clins d'œil à son passé d'agent 007 : Steven Spielberg et George Lucas voulaient que Sean Connery soit le « père d'Indiana Jones » puisque James Bond avait directement inspiré la série Indiana Jones, et son personnage dans Rock (The Rock) est un agent secret britannique emprisonné aux États-Unis dans les années 1960.

Choisissant ses rôles avec discernement, il parvient au fil du temps à modifier son image d’aventurier baroudeur pour afficher une solitude non dénuée d’humour. Il en joue en acceptant des rôles secondaires ou des caméos, mais toujours de prestige (Richard Cœur de Lion dans Robin des Bois, prince des voleurs (Robin Hood: Prince of Thieves) en 1991 ; le roi Arthur dans Lancelot, le premier chevalier (First Knight) en 1995). Certains des derniers films de Sean Connery sont mal accueillis par le public et la critique, comme le film adapté de la série britannique éponyme Chapeau melon et bottes de cuir (The Avengers) ou encore La Ligue des gentlemen extraordinaires (The League of Extraordinary Gentlemen), tirée de la bande dessinée d'Alan Moore, mais il reçoit aussi des retours positifs pour À la rencontre de Forrester (Finding Forrester) de Gus Van Sant en 2001 par exemple. Il a également été souvent critiqué pour ne jamais se défaire de son accent écossais, même lorsqu'il jouait des personnages russes ou irlandais, ce à quoi il a toujours répondu que c'était par respect pour son pays.

Retraite

Sean Connery sur le tapis rouge du Festival de Cannes (1999).

En 2003, après le tournage du film La Ligue des gentlemen extraordinaires (The League of Extraordinary Gentlemen), il annonce sa retraite cinématographique[26]. En , lors d'une interview pour le journal The Scotsman depuis sa maison aux Bahamas, Sean Connery explique qu'il souhaite faire une pause dans sa carrière d'acteur pour se consacrer à l'écriture de son autobiographie[27]. Il révèle qu'il a reçu des offres pour tourner dans les trilogies Matrix (The Matrix) et Le Seigneur des anneaux (The Lord of the Rings), mais les a déclinées toutes les deux, affirmant « ne pas les comprendre »[28]. Après le succès de ces productions, il a décidé d'accepter le rôle proposé dans La Ligue des gentlemen extraordinaires (The League of Extraordinary Gentlemen), bien qu'il « ne l'ait pas compris » non plus.

Un mois avant son 75e anniversaire, en , on rapporte qu'il a décidé de se retirer du cinéma après les désillusions que lui ont causées « the idiots now in Hollywood » (« les idiots qui sont maintenant à Hollywood ») et les désagréments survenus lors du tournage de La Ligue des gentlemen extraordinaires (The League of Extraordinary Gentlemen) en 2003[27], sans compter de mauvaises critiques, même si le film fut un succès au box-office. Il participe cependant aux interviews pour les bonus inclus dans le DVD du film. Il était prévu qu'il joue dans un film à 80 millions de dollars sur Saladin et les croisades qui aurait dû être filmé en Jordanie, mais le producteur Moustapha Akkad est tué lors des attentats du 9 novembre 2005 à Amman et le film est annulé. Toujours en 2005, il reprend le rôle de James Bond en prêtant sa voix au jeu vidéo James Bond 007: Bons baisers de Russie (James Bond 007: From Russia with Love), développé par Electronic Arts, adaptation sur consoles de Bons Baisers de Russie (From Russia with Love)[29].

Au Tartan Day de à New York (la journée de célébration des liens entre l'Écosse et les descendants d'immigrés écossais en Amérique du Nord), il confirme une nouvelle fois son désir de prendre sa retraite. Le , il dément les rumeurs selon lesquelles il ferait une apparition dans le quatrième épisode d'Indiana Jones, disant : « retirement is just too much fun » (« la retraite est simplement trop amusante »)[30]. Il apparaît cependant dans le film, en photo sur le bureau d'Indiana Jones. Sean Connery est malgré tout sorti de sa retraite en 2012 pour prêter sa voix à un petit film d'animation Sir Billi , inédit en France[31].

Vie personnelle

Sean Connery en kilt lors du Tartan Day à Washington (2004).

De 1962 à 1973, Sean Connery est marié à l'actrice australienne Diane Cilento. Leur fils Jason Connery, né à Londres le , deviendra également acteur après des études dans une école d'art dramatique de Bristol, Bristol Old Vic Theatre School. En 1974, en raison d'une fiscalité qu'il juge trop lourde en Angleterre et parce qu'il se dit victime de discrimination politique, Sean Connery décide de s'installer en Espagne. Il se remarie l'année suivante avec une artiste-peintre française, née le , Micheline Roquebrune (grand-mère de la journaliste Stéphanie Renouvin), qu'il rencontra par l'entremise d'Henriette Reboul.

À partir des années 1990, il s'engage pour l'indépendance de l'Écosse, en devenant un des principaux contributeurs du Parti national écossais et en militant activement lors de chaque élection[32]. Cette prise de position retarde son anoblissement par la reine Élisabeth II du Royaume-Uni, qui lui remet cependant les insignes de chevalier (Knight Bachelor's Badge) le , cérémonie au cours de laquelle il arbore un costume traditionnel écossais dont le fameux kilt : une première qui fait s'émouvoir la presse britannique conservatrice.

En 2008, à propos des relations qu'il entretient avec son fils Jason, son ex-épouse déclare : « Mon fils n'a jamais reçu un centime de son père et il n'a aucune intention de lui laisser une part de son importante fortune. »

Sean Connery lors du Festival international du film d'Édimbourg (2008).

Elle affirme également que Jason a été accusé par son père de n'obtenir du travail que grâce à son illustre filiation[33]. En 2010, Sean Connery est poursuivi pour évasion fiscale sur des opérations immobilières douteuses dans le sud de l'Espagne[34], mais il a finalement été blanchi de tout soupçon, contrairement à son épouse ainsi que seize autres personnes poursuivies, elles, pour fraude fiscale[35].

Mort

Dans la nuit du 30 au , Sean Connery meurt de vieillesse dans son sommeil à Lyford Cay, une résidence fermée située à Nassau, aux Bahamas, à l'âge de 90 ans[36]. Son épouse, Micheline Roquebrune, révèle qu'il souffrait de démence depuis un certain temps[37]. D'après sa famille, il y aura une « cérémonie privée suivie d'un mémorial à planifier une fois que le virus aura cessé »[38]. Le site TMZ publie le certificat de décès de Sean Connery mentionnant qu'il est mort d'insuffisance respiratoire due à la vieillesse ayant entraîné une fibrillation atriale[39],[40].

Les producteurs de James Bond Michael G. Wilson et Barbara Broccoli ont publié une déclaration disant : « Il a révolutionné le monde avec son portrait cruel et spirituel de l'agent secret sexy et charismatique. Il est sans aucun doute largement responsable du succès de la série et nous lui en serons éternellement reconnaissants »[41],[42]. Pour certains, ses propos complaisants à l'égard des violences conjugales[43] ressortis à l'occasion de sa mort, ternissent son image[44].

Filmographie

Acteur

Années 1950

Années 1960

Années 1970

Années 1980

Années 1990-2010

Producteur

Distinctions

Sean Connery saluant le public lors des Oscars du cinéma (1988).

De nombreuses récompenses et distinctions balisent la longue carrière de Sean Connery, parmi lesquelles un Oscar du meilleur acteur dans un second rôle et un Golden Globe du meilleur acteur dans un second rôle pour Les Incorruptibles (The Untouchables), ainsi qu'un British Academy Film Award du meilleur acteur pour Le Nom de la rose (The Name of the Rose) en 1988, un Fellowship Award (BAFTA d'honneur pour son « exceptionnelle contribution au cinéma mondial ») en 1990 et un American Film Institute Life Achievement Awards décerné par l'American Film Institute pour l'ensemble de sa carrière en 2006.

Sean Connery a fondé en 1971 le Scottish International Education Trust avec le champion automobile Jackie Stewart, en versant la totalité de ses revenus du film Les diamants sont éternels (Diamonds Are Forever)[45]. Il est par ailleurs docteur honoris causa des universités de St Andrews et Heriot-Watt (Écosse) et membre honoraire de la Royal Conservatoire of Scotland.

En France, il a été fait commandeur des Arts et des Lettres et chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur.

Récompenses

Nominations

Hommage

Astronomie

Dans la culture populaire

Voix francophones

En France, Jean-Claude Michel a été la voix française régulière de Sean Connery pendant plus de 35 ans[49],[50],. En revanche, le doublage des films James Bond (à l'exception de Jamais plus jamais, qui ne fait toutefois pas partie de la saga officielle) a été assuré par Jean-Pierre Duclos[52]. Ce dernier reprend également le rôle pour le jeu vidéo Bons baisers de Russie (James Bond 007: From Russia with Love) et le double dans le film La Femme de paille (Woman of Straw). Occasionnellement, il a été doublé à trois reprises par Bernard Dhéran et par Léon Dony. À titre exceptionnel, il a été doublé par Henry Djanik dans Le Jour le plus long (The Longest Day), Sady Rebbot dans Le Crime de l'Orient-Express (Murder on the Orient Express), Pierre Hatet dans Un pont trop loin (A Bridge Too Far), Claude Giraud dans Le Nom de la rose (The Name of the Rose) ou encore Henri Poirier dans le second doublage de Robin des Bois, prince des voleurs (Robin Hood: Prince of Thieves).

Au Québec, Ronald France et Yves Massicotte ont été les deux seuls comédiens à avoir doublé Sean Connery[53].

Versions françaises
  • Jean-Claude Michel dans L'Homme qui voulut être roi, Jamais plus jamais, Highlander, Les Incorruptibles, À la poursuite d'Octobre rouge, Rock, Haute Voltige[49],[50],etc.
  • Jean-Pierre Duclos dans les films James Bond à l'exception de Jamais plus jamais, La Femme de paille[52].
  • Bernard Dhéran dans La Grande Attaque du train d'or, À la rencontre de Forrester, La Ligue des gentlemen extraordinaires[54].
  • Léon Dony dans Un Anglais sous les tropiques, Juste Cause, Lancelot, le premier chevalier.

Notes et références

  1. Prononciation en anglais britannique retranscrite selon la norme API.
  2. London Gazette : no 55710, p. 1, 31-12-1999
  3. Sean Connery et l'indépendance de l'Écosse sur NouvelObs.com
  4. (en) Kenneth Passingham, Sean Connery: A Biography, Sidgwick & Jackson, , p. 13
  5. Bibliographie sur jamesbond007.net (consulté le 3 juillet 2008).
  6. (en) Biographie sur Scotsman.com (consulté le 3 juillet 2008).
  7. (en) Kenneth Passingham, Sean Connery: A Biography, Sidgwick & Jackson, , p. 17
  8. (en) Kenneth Passingham, Sean Connery: A Biography, Sidgwick & Jackson, , p. 22-24
  9. (en) Bibliographie, site officiel de Sean Connery (consulté le 3 juillet 2008).
  10. (en) Kenneth Passingham, Sean Connery: A Biography, Sidgwick & Jackson, , p. 24
  11. (en) Andrew Yule, Sean Connery: From 007 to Hollywood Icon, Kensington Publishing Corporation, , p. 53
  12. (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 105.
  13. Olivier Wake Rudolph Cartier (1904–1994), sur Screenonline.
  14. Profile: Sean Connery, BBC News Online
  15. Studio Magazine Hors-Série no 20, James Bond, tous les secrets de l'agent 007, page 12
  16. (en) John G. West, The Disney Live-Action Productions, p. 107.
  17. Eunice Gayson est morte: la première James Bond girl s'est éteinte à 90 ans sur Huffingtonpost, en ligne le 9 juin 2018, consulté le 8 décembre 2019
  18. Françoise Hache-Bissette, Fabien Boully et Vincent Chenille, James Bond 007 : Figure mythique, Paris, Éditions Autrement, , 192 p. (ISBN 978-2-7467-1188-4), p. 57
  19. a et b De sa longue filmographie, Sean Connery cite souvent : L'Homme qui voulut être roi de John Huston et Indiana Jones et la Dernière Croisade de Steven Spielberg comme ses deux films préférés.[réf. nécessaire]
  20. Critique sur Télérama
  21. Critique sur nanarland.com
  22. (en) Popculture.com's Oscar Winners Archive, sur popculturemadness.com.
  23. (en-GB) Genevieve Hassan, « The Hollywood stars who quit acting », BBC News,‎ (lire en ligne, consulté le 27 mars 2018)
  24. a et b (en) Never say never, but Connery ends career - Scotsman.com.
  25. Guillaume, « Ces acteurs qui ont refusé des rôles de légende », sur justcinema.net, JustCinema.net - le cinema/films pour les nuls - par Céline Crespin & Guillaume Faou, (consulté le 13 août 2020).
  26. From Russia with Love - EA Games
  27. (en) « Connery Bows out of Indiana Film » sur BBC News.
  28. (en) « Sir Sean calls 'cut' on career », Scotsman.com.
  29. (en) « Connery goes on the SNP offensive », sur le site du quotidien The Guardian, (consulté le 1er novembre 2020).
  30. Philippe Delorme, « Règlements de comptes en héritage : Sean Connery », Point de vue no 3132, page 20, 2008.
  31. « « Sean Connery poursuivi pour fraude fiscale » », lavieimmo.com, 16 juillet 2010.
  32. « Sean Connery accusé d'évasion fiscale » sur linternaute.com.
  33. « Sean Connery, premier interprète de James Bond au cinéma, est mort à l’âge de 90 ans », Le Monde, 31 octobre 2020 [1].
  34. « L'épouse de Sean Connery révèle que l'acteur souffrait de démence », Le Figaro, 1er novembre 2020 [2].
  35. (en-US) Richard Natale,Manori Ravindran et Richard Natale, « Sean Connery, Oscar Winner and James Bond Star, Dies at 90 », sur Variety, (consulté le 1er novembre 2020)
  36. Télé 2 semaines, « Mort de Sean Connery : les causes exactes de son décès viennent d'être révélées »,
  37. (en) « Sean Connery's Cause of Death Pneumonia, Heart Failure », sur TMZ (consulté le 29 novembre 2020)
  38. En anglais : “The name’s Bond... James Bond” — he revolutionised the world with his gritty and witty portrayal of the sexy and charismatic secret agent. He is undoubtedly largely responsible for the success of the film series and we shall be forever grateful to him.
  39. (en) Press Association 2020, « Sir Michael Caine remembers... », sur The Herald, (consulté le 10 novembre 2020)
  40. « C’est la première femme de Sean Connery, Diane Cilento, qui a affirmé que l’acteur écossais avait physiquement et verbalement abusé d’elle lors de leur union ». Cf Bethsabée Krivoshey, « Violences domestiques : les brutes de Hollywood », sur vanityfair.fr, .
  41. Alice Augustin, « Son nom est Lynch, Lashana Lynch », Elle, no 3908,‎ , p. 28
  42. (en) « The Trust : Scottish International Educational Trust », sur scotinted.org.uk (consulté le 7 novembre 2020).
  43. « Décès de Sean Connery : 007 au cinéma, Zérozérosix dans Astérix », sur actuabd.com,
  44. « — J'veux dire un nom, mais c'est une connerie…
    — Oui, Sean Connery, bonne réponse ! »
  45. « Un peu de Sean et beaucoup de conneries. »
  46. a et b « Jean-Claude Michel - Hommage » sur Objectif-cinema.com.
  47. a et b « Doubleurs français et cinéma américain » sur Hollywood70.com.
  48. a et b « Jean-Pierre Duclos » sur Objectif-cinema.com
  49. « Comédiens ayant doublé Sean Connery au Québec » sur Doublage.qc.ca, consulté le 15 novembre 2014.
  50. « Bernard Dhéran, l'élégance du comédien » sur Lefigaro.fr.

Voir aussi

Bibliographie

  • (en) Andrew Rissik, The James Bond Man : The Films of Sean Connery, Elm Tree Books, 1983 (ISBN 9780241110676)
  • (en) Robert Sellers, The Films of Sean Connery, Vision Press, 1990, (ISBN 9780312035679)
  • Christian Dureau, Sean Connery : 50 ans de carrière, Didier Carpentier, 2006 (ISBN 9782841674336)
  • Françoise Hache-Bissette, Fabien Boully et Vincent Chenille, James Bond Figure Mythique, Autrement, Paris, 2008 (ISBN 9782746711884)
  • Alain Silver et Paul Duncan, Sean Connery, Taschen, 2009 (ISBN 9783836508575)

Liens externes