Jean Quatremer

Jean Quatremer
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Jean Quatremer en 2013.
Biographie
Naissance
(68 ans)
Nancy (France)
Pseudonyme
Jean Quatremer
Nationalité
Formation
Activités
Enseignant ( - ), journaliste (depuis )
Rédacteur à
Autres informations
A travaillé pour
Marianne (depuis )
RMC ()
Arte (depuis )
Libération (-)
Distinctions
Prix Louise-Weiss ()
Prix Richelieu ()
Chevalier des Arts et des Lettres ()

Jean Quatremer, né le à Nancy, est un journaliste, éditorialiste et essayiste français.

Il est à partir de correspondant à Bruxelles pour le quotidien français Libération qu'il quitte en pour Marianne. Perçu comme un journaliste « europhile », il est l'auteur de plusieurs livres et reportages sur la politique de l'Union européenne.

Il est aussi chroniqueur pour Arte, RMC et BFM TV.

Biographie

Jean Quatremer[N 1], naît le [2],[3] à Nancy en Meurthe-et-Moselle[4].

À partir de , il est chargé de couvrir l'actualité communautaire pour le journal Libération dont il est le correspondant auprès des institutions européennes[5].

En , dans un contexte de relations dégradées avec une partie de la rédaction lui reprochant des déclarations outrancières en lien avec le conflit israélo-palestinien ou l'islam ainsi que des déclarations insultantes sur les réseaux sociaux, il démissionne de Libération pour rejoindre Marianne[6],[7], justifiant sa décision dans une lettre publiée par l'hebdomadaire Le Point[8]. La société des rédacteurs de Marianne (SRM) s’est élevée contre la « place démesurée » promise à Jean Quatremer au sein du magazine. La direction de celui-ci a cependant assuré que Jean Quatremer « ne va exercer aucun rôle dans la direction de la rédaction, ni l’orientation du journal », mais « va exprimer une opinion »[9].

L'eurodéputée Rima Hassan dépose plainte en juillet 2026 pour cyberharcèlement contre Jean Quatremer. La plaignante fait état d'un « acharnement » du journaliste sur ses réseaux sociaux, de « fausses accusations et des insultes à répétition ». Ce dernier la nomme régulièrement « Rima Hamas » ou « Lady Gaza » plutôt que de la citer par son nom et l'accuse d’être « passionnément antisémite »[10].

Opinions et prises de position

Les écrits de Jean Quatremer ont parfois suscité des controverses. À partir de , devant la répétition de celles-ci, le quotidien Libération demande que Jean Quatremer ne soit plus présenté comme journaliste à Libération dans ses interventions extérieures[11]. Il a également fait l'objet d'entretiens disciplinaires et d'un rappel au règlement en lien avec ces polémiques[11].

Dominique Strauss-Kahn

En , il est le premier à évoquer publiquement la relation particulière qu'entretient Dominique Strauss-Kahn avec les femmes[12],[13], précisant que le candidat potentiel à l'élection présidentielle française frôlait « souvent le harcèlement » et que cette relation risquait de lui coûter son poste au Fonds monétaire international (FMI)[14],[15]. Dans son ouvrage paru en intitulé Sexes, mensonges et médias, il revient sur l'« omerta » médiatique dont bénéficieraient les responsables politiques[15].

Bruxellisation

En , une vive polémique est déclenchée à la suite d'un article évoquant une ville de Bruxelles « pas belle » et victime de la bruxellisation[16].

Dénonciation de l'antisémitisme

En , il présente des excuses à Jean-Luc Mélenchon, qu'il avait accusé d'antisémitisme, et accuse la présentation biaisée de l'AFP à l'origine de ses accusations contre l'homme politique[17].

Le journaliste — qui qualifie l'attaque palestinienne sur Israël du de pogrom — soutient qu'il faut nommer l'antisémitisme « d'où qu'il vienne » et dénonce plus généralement « l'antisémitisme décomplexé » de la gauche et des pays de l'Occident. En et , face à la montée des violences antisémites, notamment en France et en Belgique, il fustige encore ce qu'il considère comme l'antisémitisme de Mélenchon et de l'euro-députée LFI Rima Hassan[réf. nécessaire].

En , il remplace son image de profil sur les réseaux sociaux par une représentation d'Adolf Hitler avec un keffieh pour dénoncer l'antisémitisme autour du conflit israélo-palestinien, induisant le blocage de ses comptes sur ces réseaux sociaux et la désapprobation de la rédaction de Libération[11].

Europhilie

En , L'Obs relève son europhilie[18], un positionnement lui ayant valu, dès l'année , des critiques de personnalités politiques comme l'ancien ministre des Affaires étrangères socialiste Hubert Védrine — qui le qualifie d'« ayatollah du fédéralisme » européen[19] —, ou académiques comme l'économiste Frédéric Lordon[20], ou encore de journalistes comme Daniel Schneidermann[21] ou Éric Zemmour[22].

Communautarisme et islam

En , parlant d'une crise d'identité belge, il évoque Molenbeek et déclare notamment « À deux cent mètres de la Grand-Place, tu es en Arabie saoudite » provoquant de nombreuses réactions[23],[24]. Il explique peu après qu'il s'agissait de « dénonciation du communautarisme, quel qu'il soit, tant le flamingant qu'islamique »[25],[26].

Emmanuel Macron

En , il déclare soutenir Emmanuel Macron, candidat à la présidence de la République, en versant un don au mouvement En marche[27].

Il est l'un des principaux fers de lance du scandale entourant la nomination de Martin Selmayr comme secrétaire général de la Commission européenne[28],[29].[pourquoi ?]

Gilets jaunes

Jean Quatremer prend violemment à partie les manifestants du mouvement des Gilets jaunes, qu'il qualifie dans différents tweets de « beaufs poujadistes », de « France moisie », de « factieux » qu'il est « vraiment temps d'embastiller », de « fascistes », de « racistes », ou encore d'« homophobes »[30]. En réponse à des questions concernant les propos du journaliste, la rubrique Checknews de Libération précise que « la position de Jean Quatremer sur les gilets jaunes ne représente pas celle du journal »[31]. Cette hostilité du journaliste vis-à-vis du mouvement social est relevée par Marianne et Causeur[32],[33].

Covid-19

À l'occasion de la pandémie de Covid-19, il adopte un discours critique envers les mesures de confinement adoptées dans la plupart des pays du monde. En , il s'exprime sur le fait que ces mesures lui semblent disproportionnées et s'accompagnent d'un coût économique déraisonnable face à la gravité de la situation sanitaire[34]. En , il affirme que « les pays qui ont décidé d'un confinement total ont traité les citoyens comme des enfants incapables de se gérer »[35].

Réforme des retraites

En , Valeurs actuelles fait part de la critique de Quatremer aux opposants au projet de réforme des retraites voulue par Emmanuel Macron : « c'est une hystérie collective dès qu'il s'agit d'une réforme », « il n'y a absolument pas de réflexion intelligente »[36]. À cette occasion, Tonino Serafini, journaliste de Libération, se désolidarise du soutien de Quatremer à cette réforme et l'interpelle avec cette remarque : « Tu devrais […] lire l'avis du Conseil d'État qui étrille le projet de réforme des retraites. Il pointe les contours juridiques et financiers incertains du texte[36]. »

Publications

Essais

  • Ces hommes qui ont fait l’euro, querelles et ambitions européennes, Paris, Plon, 1999, en collaboration avec Thomas Klau, journaliste au Financial Times Deutschland
  • Les Maîtres de l’Europe, Paris, Grasset, 2005, en collaboration avec Yves Clarisse, journaliste à l’agence de presse Reuters.
  • Du Larzac à Bruxelles, entretiens avec José Bové, Paris, Le Cherche midi éditeur, 2011
  • Sexe, mensonges et médias, collection « Tribune libre », Plon, 2012
  • Debout l'Europe ! Manifeste pour une révolution postnationale en Europe[37], manifeste de Daniel Cohn-Bendit et Guy Verhofstadt suivi d'un entretien des auteurs avec Jean Quatremer, Acte Sud et André Versaille éditeur, 2012
  • Les Salauds de l'Europe, guide à l'usage des eurosceptiques, Calmann-Levy, 2017
  • Il faut achever l'euro : tout ce que vous avez voulu savoir sur l'euro (sans oser le demander), Calmann-Levy, 2019

Ouvrages en collaboration

  • Notre Europe, sous la direction de Michel Rocard et Nicole Gnesotto, Robert Laffont, 2008
  • 80 propositions qui ne coûtent pas 80 milliards, sous la direction de Patrick Weil, Grasset, 2012

Distinctions

Notes et références

Notes

  1. ↑ Jean Quatremer est un nom de plume utilisé par le journaliste[1].

Références

  1. ↑ « M. Jean Quatremer » (documentation biographique des quotidiens de la Société générale de presse), sur LesBiographies.com, (version du sur archive.org).
  2. ↑ a et b « Jean Quatremer », sur radiofrance.fr (consulté le ).
  3. ↑ Jean Quatremer, « Thèmes récurrents : Introduction », International Law FORUM du droit international, Pays-Bas, Kluwer / International Law Association, vol. 3, no 4,‎ , p. 204 (ISSN 1571-8042, DOI 10.1163/15718040120962950, lire en ligne).
  4. ↑ Raphaël da Silva, « Jean Quatremer : "En démocratie, ceux qui aspirent au pouvoir doivent être transparents" », Luxemburger Wort, .
  5. ↑ Marion Cocquet et Jason Wiels, « Télé grecque : comment a-t-on pu en arriver là ? », Le Point, .
  6. ↑ AFP, « Le journaliste Jean Quatremer quitte « Libération » et rejoint « Marianne » », Le Monde, (consulté le ).
  7. ↑ AFP, « Le journaliste Jean Quatremer quitte Libération et rejoint Marianne », Le Figaro, (consulté le ).
  8. ↑ Erwan Seznec, « Je reprends ma liberté, car elle est mon bien le plus précieux » : Jean Quatremer quitte « Libération », Le Point, (consulté le ).
  9. ↑ « Les journalistes de « Marianne » affirment que Jean Quatremer pourrait « tordre » l’ADN du magazine et « brusquer » ses lecteurs », Le Monde,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne, consulté le )
  10. ↑ « L'eurodéputée LFI Rima Hassan a porté plainte pour cyberharcèlement contre le journaliste Jean Quatremer », sur franceinfo,
  11. ↑ a b et c Pauline Bock, « "Libé" à nouveau dans la tourmente : mais à quoi joue Jean Quatremer ? » Accès payant, sur Arrêt sur image, .
  12. ↑ Bruno Roger-Petit, « Jean Quatremer et l'affaire DSK : le triomphe des culs-bénis du journalisme ? », sur leplus.nouvelobs.com, (version du sur archive.org).
  13. ↑ « DSK / femmes : Quatremer regrette le silence de Libé », sur Arrêt sur images, (consulté le ).
  14. ↑ Jean Quatremer, « FMI : Sarkozy propulse DSK et enterre Fabius » Accès payant, Coulisses de Bruxelles, Libération, .
  15. ↑ a et b Raphaël Stainville, « Sexe, mensonges et médias, retour sur l'affaire DSK », Le Figaro, (consulté le ).
  16. ↑ Jean-Laurent Cassely, « «Bruxelles pas Belle» vs «Paris pourri»: un article de Jean Quatremer déclenche une polémique en Belgique », sur Slate.fr, .
  17. ↑ Sandra Lorenzo, « Antisémitisme : Jean-Luc Mélenchon distribue les coups et les bons points », sur Le HuffPost, (consulté le ).
  18. ↑ Daniel Schneidermann, « Barroso chez Goldman Sachs : un silence assourdissant », L'Obs, (consulté le ).
  19. ↑ Antoine Schwartz, « La gauche française bute sur l'Europe », Le Monde diplomatique, no 687,‎ , p. 1 et 24–25 (lire en ligne Accès limité).
  20. ↑ Frédéric Lordon, « Conspirationnisme : la paille et la poutre », La pompe à phynance, Le Monde diplomatique, .
  21. ↑ Daniel Schneidermann, « Comment on devient "rouge brun" pour Quatremer », Le Matinaute, sur Arrêt sur images, .
  22. ↑ Éric Zemmour, « Éric Zemmour : «Jean Quatremer, l'europhile souriant mais sûr de lui » Accès payant, Le Figaro, (consulté le ).
  23. ↑ Olivier Mouton (Entretien avec Jean Quatremer), « Nous sommes entrés de plain-pied dans la post-Belgique » Accès payant, Le Vif/L'Express, (consulté le ).
  24. ↑ Michaël Bouche, « Quatremer crée un tollé sur Twitter: "À 200 mètres de la Grand-Place, tu es en Arabie Saoudite" », sur 7sur7.be,
  25. ↑ « «À 200m de la Grand-Place, l'Arabie Saoudite»: Quatremer s'explique (vidéo) » Accès payant, Le Soir, (consulté le ).
  26. ↑ R. H., « Jean Quatremer s'explique sur ses propos polémiques: "À 200m de la Grand-Place, l'Arabie Saoudite" », La Libre, (consulté le ).
  27. ↑ Robin Andraca, « Quatremer soutient Macron (mais ne le répétez pas !) » Accès payant, sur Arrêt sur images, (consulté le ).
  28. ↑ (en) Steven Erlanger, « A Sudden Promotion Raises Questions in the Brussels Bubble » Inscription nécessaire, The New York Times, (consulté le ).
  29. ↑ Jean Quatremer, « Commission: comment un eurocrate s'est emparé du pouvoir », Coulisses de Bruxelles, Libération, (consulté le ).
  30. ↑ Étienne Campion et Hadrien Mathoux, « Centrisme autoritaire : top 10 des "modérés", champions du mépris de classe », Marianne, .
  31. ↑ Pauline Moullot, « Les positions du journaliste de Libé Jean Quatremer sur les gilets jaunes gênent-elles la rédaction ? », Libération, (consulté le ).
  32. ↑ Jack Dion, « Quand le gilet est jaune, l'éditocrate voit rouge », Marianne, (consulté le ).
  33. ↑ « Mais enfin, pourquoi les médias sont-ils la cible des gilets jaunes? », sur Causeur, (consulté le ).
  34. ↑ Olivier Mouton, « C'est dingue de plonger le monde en récession pour une pandémie qui a tué moins de 100000 personnes », Le Vif, .
  35. ↑ Antonin Marsac, « Jean Quatremer: "Les pays qui ont décidé d'un confinement total ont traité les citoyens comme des enfants incapables de se gérer" » Accès payant, La Libre, .
  36. ↑ a et b « Quand deux journalistes de Libération règlent leurs comptes en place publique », Valeurs actuelles, (consulté le ).
  37. ↑ Livre paru simultanément en Allemagne, Royaume-Uni, Espagne, Italie, Benelux, Pologne et Grèce.
  38. ↑ « Les lauréats 2006 », Prix Louise Weiss.
  39. ↑ « Le prix Richelieu a été remis le 27 mars 2010 », sur langue-francaise.org, Défense de la langue française (version du sur archive.org).
  40. ↑ Jean Quatremer, « Décoré à l'insu de mon plein gré » Accès payant, Coulisses de Bruxelles, Libération, .
  41. ↑ Arrêté du portant nomination dans l'ordre des Arts et des Lettres, NOR MCCA1302183A.

Liens externes

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