Jean-Luc Bideau

Jean-Luc Bideau
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Jean-Luc Bideau au festival de Cannes 2009
Naissance (80 ans)
Genève (Suisse)
Nationalité Drapeau de Suisse Suisse
Drapeau de France Français (depuis 1991)
Profession Acteur
Films notables La Salamandre
L'Invitation
Les Arpenteurs
Et la tendresse ? Bordel !
Séries notables H
Ainsi soient-ils

Jean-Luc Bideau est un acteur suisse né le à Genève. Il a acquis la nationalité française en 1991[1].

Biographie

Jean-Luc Bideau est le fils de Pierre Bideau et de Lucie Bideau, née Jordi. Il passe son enfance à Genève dans le quartier de Champel. Son père, vaudois d'origine, est chargé de cours de psychologie de la vente à l'université de Lausanne, secrétaire central de l'Union des voyageurs de commerces de la Suisse romande et membre du Parti libéral. Juste après sa naissance ses parents divorcent et il sera élevé par son père qui a obtenu la garde grâce à l'appui de l'avocat Pierre Jaccoud, ainsi que celle de son frère, François qui deviendra plus tard ingénieur d'outre-mer. Jean-Luc a des rapports conflictuels avec son père, qui lui reproche par exemple à neuf ans de lire des bandes dessinées, comme Tintin ou celles d'André Franquin, et de ne pas s'intéresser à la littérature ou la musique classique. Avec sa belle-mère, tante Gisèle comme il l'appelle, femme fortunée originaire d'Hambourg, les rapports ne sont pas toujours simples également. À l'âge de dix ans il fait partie de l'Union chrétienne de jeunes gens, et le professeur de théologie joue également au football dans le club Servette FC. Il trouve donc l'occasion de suivre les matchs de son joueur favori Jacques Fatton au stade des Charmilles. Adolescent, il fait un passage au collège Champittet à Pully, où ses notes s'améliorent, puis entre à l'école de commerce sans aucun enthousiasme, car il est déjà tourmenté par une idée-obsession : le théâtre. À cette époque, il a un lien assez étroit avec un ami de sa mère, Jean Piat, qui vient en vacances à Genève et lui fait découvrir ce qu'est un acteur et la vie d'un parisien. Sa vocation est née. Après son diplôme, en 1959, il annonce froidement à ses parents « je veux faire carrière sur les planches : c'est décidé, irrévocable. Je vais me présenter au Conservatoire d'art dramatique de Paris ». Son père le menace d'appeler la police (à cette époque la majorité est à 20 ans), mais il part quand même pour Paris sans avoir à faire à la police. Sa mère par contre, qu'il ne voyait que pendant les vacances et qui avait de son côté épousé par la suite Nicolas Rauch[2], un homme de culture qui s'occupait de livres anciens, le soutiendra, y compris financièrement pendant les années du Conservatoire[3],[4],[5],[6],[7].

En 1959, il réussi le concours d'entrée au Conservatoire[8]. Ancien élève de la Promotion 1963[9], il obtient cette même année le 2e prix de comédie classique[10]. Durant cette période, son ami Jean-Marc Stehlé, qu'il avait rencontré au collège et qui a fait des études en Art déco à Genève, vient le rejoindre à Paris pour faire des copies au Musée du Louvre. Ils habitent ensemble dans une mansarde à la rue de Rivoli, et cette amitié perdura jusqu'au décès du décorateur en 2013[11],[12].

En 1966, Jean-Luc Bideau rencontre à Prague Marcela Salivarova alors qu'il doit remplacer Jean Bouise pour jouer dans la pièce Les trois mousquetaires avec la troupe du Théâtre national populaire (TNP), et qu'elle est interprète pour l’organisateur de la tournée. Après un court séjour à Paris, Marcela Salivarova décide de retourner en Tchécoslovaquie, et Jean-Luc reviendra à Prague 1968 pour tenter de la reconquérir. En Tchécoslovaquie, Marcela Salivarova a étudié les sciences politiques, lettres françaises et arabes. Au début 1968 elle est engagée à radio Prague comme journaliste dans les émissions en langue française. C'est une période de grande effervescence qui agite la radio avec le Printemps de Prague. Elle couvre notamment le Festival international du film de Karlovy Vary et les conversations glissent également sur l'agitation qui anime le Festival de Cannes. Puis on lui propose de travailler dans l’Institut de recherche auprès du Ministère des affaires extérieures; elle décide donc de quitter la radio, mais en août l'invasion de l'URSS en Tchécoslovaquie met un terme à ses projets. C'est en apprenant ces évènements que Jean-Luc décide au mois de septembre de la contacter[13]. La même année le couple s'installe en Suisse et en octobre 1968 ils se marient. Pour Jean-Luc Bideau son épouse fut un immense soutien et il estime qu'il n’aurait pas fait la même carrière sans elle. C’est elle qui le pousse au début des années 1970 à frapper aux portes des cinéastes Alain Tanner et Michel Soutter, et il devient l’un des acteurs fétiches du nouveau cinéma suisse en tournant également sous la direction de Claude Goretta. Par la suite Marcela Salivarova devient metteur en scène de théâtre et collabore avec Jean-Luc dans certaines pièces qu'il joue[14],[10]. L’envie de faire des projets à deux est née en 1980 à cet instant où le Petithéâtre de Sion lui laisse carte blanche pour l’idée d’un spectacle. Le couple choisit d’adapter Stratégie pour deux jambons de Raymond Cousse[15].

Lors des manifestations de Mai 68 à Paris, il confie qu'il n'était pas encore politisé, qu'il est resté davantage un spectateur qu'un acteur et qu'il ne s'est pas mouillé. Il a tout de même pris du gaz lacrymogène dans le visage, ce qui lui a valu une journée d'hospitalisation. Dans la foulée il prend néanmoins sa carte au Parti socialiste[16].

En France, il travaille entre autres avec Costa-Gavras, Mocky, Chabrol ou Tavernier. En 1979, le film Et la tendresse ? Bordel ! de Patrick Schulmann est un succès critique et populaire[17].

Toujours très actif au théâtre, il devient pensionnaire de la Comédie-Française en 1988, puis sociétaire de 1991 à 1998[10]. C'est Antoine Vitez qui l'a engagé[18].

De 1998 à 2002, sa carrière prend un nouvel essor avec la série française H aux côtés, notamment, de Jamel Debbouze et du duo d'humoristes Éric et Ramzy. Il déclare ne plus vouloir entendre parler de cette série, l'acteur étant désespéré par les comportements blagueurs et insupportables de Jamel Debbouze, Éric Judor et Ramzy Bedia[19]. Jean-Luc Bideau voit tout de même un rapport entre lui et ces trois délurés, en particulier Jamel Debbouze, concernant le début de sa carrière au cinéma, c'est le jeu d'improvisation. Il déclare à ce sujet, « ce qui m’a révélé aux yeux de tous, c’est un film de Michel Soutter, James ou pas, dans lequel le metteur en scène me demanda d’improviser. Au moins, d’essayer… Et j’ai improvisé. À l’arrivée, tout le monde était sur le cul. Ça m’a lancé ! Entre parenthèses, je pense constamment à Jamel Debbouze qui, quarante ans plus tard, a lui aussi bâti sa carrière sur l’improvisation »[20].

En 2007, il fait partie du jury des longs-métrages du 42e Festival international du film de Karlovy Vary.

En 2012, il est remarqué dans la série Ainsi soient-ils, diffusée sur Arte, dans le rôle du père Étienne Fromenger, directeur du séminaire des Capucins.

En 2013, on aperçoit furtivement Jean-Luc Bideau dans une archive du film La Salamandre d'Alain Tanner de 1971. Cette archive est visible dans le long métrage Deux automnes trois hivers de Sébastien Betbeder (source : générique).

Dans le métier, il confie qu'il a pour modèles : Gérard Depardieu, Michel Simon et Charles Laughton, car ils viennent de rien, ils ne vont nulle part, mais ils sont plus présents que quiconque[21].

Jean-Luc Bideau et Marcela Salivarova ont eu deux enfants : Nicolas, directeur de Présence Suisse, organe fédéral chargé de la promotion de la Suisse à l'étranger, et Martine, médecin pédiatre[8] ,[19]. Jean-Luc Bideau et Marcela Salivarova vivent dans un duplex à Bernex depuis la fin des années 60, et ils ont fait construire une résidence secondaire, un chalet à Vercorin en 2003[22],[23].

Filmographie

Cinéma

Années 1960

Années 1970

Années 1980

Années 1990

Années 2000

Années 2010

Années 2020

Courts-métrages

Télévision

1968-1979

Années 1980

Années 1990

Années 2000

Années 2010

Théâtre

Documentaires

Bibliographie

Notes et références

  1. Il a acquis la nationalité française, condition pour devenir sociétaire de la Comédie-Française : « Entre grande et petites histoires », sur cooperation.ch, (consulté le 7 mars 2016)
  2. Une fondation pour les arts et la culture, La Côte, 18 mai 2010 (page 3)
  3. Geneva Show avec Jean-Luc Bideau, Léman bleu, 9 novembre 2018
  4. Jean-Luc Bideau, Lieux communs, Léman bleu, 6 décembre 2018
  5. L'invitation chez Jean-Luc Bideau, L'illustré, 10 janvier 1974
  6. Plans-fixes, Association Films Plans-Fixes, 18 mars 2017
  7. Toute une vie avec Jean-Luc Bideau, Radio télévision suisse, 26 décembre 2018
  8. a et b « Entre grande et petites histoires », sur cooperation.ch, (consulté le 7 mars 2016)
  9. « Annuaire des anciens élèves du CNSAD », sur rueduconservatoire.fr (consulté le 8 mars 2016)
  10. a b et c Françoise Dubor, « Jean-Luc Bideau », dans le Dictionnaire du théâtre en Suisse en ligne.
  11. Bideau-Stehle : à nous deux Paris!, Viva, Radio télévision suisse, 17 octobre 1989
  12. Hommage à Jean-Marc Stehlé, Grandeur Nature Espace 2, 5 janvier 2013
  13. Marcela Salivarova Bideau raconte: Prague 1968, un été capricieux, Le Temps, 20 août 2018
  14. Jean-Luc Bideau: «Entre nous, c’est l’enfer, mais l’attirance est irréversible», Le Temps, 8 février 2019
  15. Jean-Luc Bideau, une carrière accidentée tournée en dérision, lemultimedia.info, 27 octobre 2020
  16. Jean-Luc Bideau, un comédien devenu spectateur des événements, La Liberté, 29 avril 2018
  17. « Jean-Luc Bideau, l’acteur du hasard helvétique », sur tdg.ch, (consulté le 7 mars 2016)
  18. Je suis le Max Brothers de la Comédie française, Le Matin, 10 mai 1998
  19. a et b « Entretien sur un brancard avec le professeur Strauss », sur streetpress.com, (consulté le 8 mars 2016)
  20. Et la tendresse ?… Jean-Luc Bideau !, cinécomédies.com, 23 mai 2016
  21. Jean-Luc Bideau, baril de brut, Tribune de Genève, 17 décembre 2017
  22. L'invitation chez Jean-Luc Bideau, L'illustré, 10 janvier 1974
  23. Mon bonheur tranquille à Vercorin, L'illustré, 6 octobre 2004

Liens externes