Sylvain Boulouque

Sylvain Boulouque est un historien français né en 1970, enseignant chercheur à l'Université de Reims. Il a publié des ouvrages sur l'histoire du communisme et de l'anarchisme.

Biographie

Depuis 2010, il est enseignant dans le secondaire et à l'École supérieure du professorat et de l'éducation de l'académie de Versailles. Il enseigne par la suite au lycée Guy de Maupassant à Colombes (ZEP)[réf. nécessaire].

Il a été allocataire moniteur puis attaché temporaire d'enseignement et de recherche à l'université de Reims puis chargé de cours dans les universités de Reims et de Paris III - Censier[1],[2],[3].

Il a enseigné l'histoire et la géographie au lycée Paul-Langevin à Suresnes et Gustave-Eiffel à Rueil-Malmaison[réf. nécessaire].

Par ailleurs il est membre du comité de rédaction de la revue Communisme[réf. nécessaire].

Il est membre de l’éditorial board de Twentieth Century Communism[4]. Il contribue également à la revue mensuelle « socialiste de critique littéraire, culturelle, artistique » LOURS, éditée par l'Office universitaire de recherche socialiste.

Il collabore au think tank Fondapol, qui se définit comme de centre-droit et d'orientation libérale[5],[6].

Entre 1994 et 2003, il collabore à la revue d'histoire populaire Gavroche[7] et entre 1996 et 2004 à la revue La Nouvelle alternative, animée par Karel Bartosek.

En 2011, il a également publié une biographie de Maurice Tréand, le responsable des cadres pendant l’entre deux du PCF qui a tenté de faire reparaitre l'Humanité en 1940[8],[9].

Depuis 2012, en tant qu'« historien de la gauche radicale », il anime un « Observatoire de la gauche radicale » sur le site du Nouvel Observateur[10].

Il publie aussi des critiques sur le site Nonfiction[11],[12].

En 2014, il contribue au Dictionnaire des anarchistes. Il a contribué au dictionnaire biographique du mouvement ouvrier[13].

Il collabore également à la Fondation Jean-Jaurès, proche du parti socialiste[14][source insuffisante].

En 2017, Sylvain Boulouque a participé avec ses élèves au projet de l’association « convoi 77 ». Ce travail a été présenté sur France Culture en [réf. nécessaire].

En , il souligne dans plusieurs médias la présence importante de l’extrême droite dans certaines manifestations du début du mouvement des gilets jaunes[15]. Une polémique naît de sa confusion du drapeau picard avec un drapeau royaliste[16].

Travaux

Il collabore au Livre noir du Communisme (1997) dirigé par Stéphane Courtois, dans lequel il rédige le chapitre consacré à l'Afghanistan.

Dans Les listes noires du PCF (2008), Sylvain Boulouque étudie avec l'historien Franck Liaigre les listes de noms dressées par la direction du Parti communiste français entre 1931 à 1945. Ces listes, décrivent les auteurs, forment un total de vingt-huit et furent publiées dans la presse du Parti communiste, sous forme de brochures et de documents pour les responsables de l'organisation. Douze sont établies avant 1939, treize durant l'Occupation et trois à la Libération. Avant la guerre, les motifs premiers d'inscription sur ces listes ne sont pas l'exclusion politique (26 %) mais le soupçon d'« infiltration policière » (37 %) ou le vol (31,1 %)[17].

Les auteurs qui, selon l'historien Jean-Pierre Besse, « ont une très bonne connaissance des fonds d’archives de la Préfecture de police de Paris et en particulier des Brigades spéciales » avancent que 2 300 personnes furent inscrites sur ces listes et nombre d'entre elles furent assassinées à ce titre pendant la Seconde Guerre mondiale[18]. Jean-Pierre Besse estime que certaines conclusions et affirmations « auraient mérité d’être plus argumentées. »[17].

Controverses et erreurs

Drapeau de la Picardie, un symbole monarchiste

Il est interrogé par BFM TV le , en tant que « spécialiste des mouvements sociaux », pour analyser la manifestation du 1er décembre. Dans ce reportage, il analyse les différentes formes de violences présentes et confond le drapeau de la Picardie d’ancien régime avec un symbole monarchiste, déclarant notamment : « on voit un drapeau avec des fleurs de lys, qui illustre la monarchie et la volonté d’un retour du roi », faisant un rapprochement avec l'extrême droite royaliste[19],[20],[21].

Il reconnaît ensuite son erreur dans un échange avec Le Courrier picard[22] et souligne par ailleurs dans un article sur le site de l’Obs, qu’il a subi une attaque de la "fachosphère" qu’il considère comme une « pratique totalitaire de l’intimidation »[23].

À la suite de cette erreur, la chaîne d'information BFM TV fait son mea culpa[24],[25].

Agression du philosophe Alain Finkielkraut

Lors d'un reportage sur TF1 le , Sylvain Boulouque est interrogé en tant qu'expert à propos de l'agression verbale dont le philosophe Alain Finkielkraut a fait l'objet en marge d'une manifestation des Gilets jaunes. Boulouque accuse alors un des agresseurs d'être proche de l'humoriste Dieudonné. Cette accusation étant faite à tort[26], il reconnait le lendemain s’être trompé de personne. Au journal télévisé de 20h du , TF1 présente ses excuses à la suite de cette erreur.

Ouvrages

  • Les anarchistes français face aux guerres coloniales (1945-1962), Atelier de création libertaire, 2003, notice, (ISBN 2905691824).
  • L'affaire de L'Humanité. Comment le célèbre quotidien tenta de reparaître en pleine occupation nazie, Paris, Larousse, 2010, notice.
  • Mensonges en gilet jaune. Comment les réseaux sociaux et les bobards d'État font l'Histoire, Paris, Serge Safran éditeur, 2019.
  • Sylvain Boulouque, Julien Le Pen, un lutteur syndicaliste et libertaire, Atelier de création libertaire, , 372 p. (ISBN 978-2-35104-152-9).

En coécriture

  • Avec Franck Liaigre, Les listes noires du PCF, Calmann Lévy, 2008 & 2009, notice, (ISBN 2702138535).

Contributions à des ouvrages collectifs

  • Voline, Itinéraire : une vie, une pensée, no 13, 1996, p. 3–10, télécharger.
  • 1899 : un débat sur le sionisme dans le mouvement anarchiste, in Philippe Oriol (textes réunis par), Bernard Lazare anarchiste et nationaliste juif, Honoré Champion, 1999, p. 173–180.
  • Présence de Louis Mercier-Vega, Atelier de création libertaire, 1999, notice.
  • Les paradoxes des anarchistes face au sionisme et à la naissance de l’État d’Israël, Archives juives, 2003-1, volume 36, p. 100-108.
  • Violence, guerre, et révolution : l'exemple communiste, Sylvain Boulouque (coord.), Éditions L'Âge d'Homme, 2004, notice.
  • Traîtres et trahisons. Guerres, imaginaires sociaux et constructions politiques, Séli Arslan, 2007, notice, (ISBN 978-2-84276-132-5).
  • Anarchisme et judaïsme dans le mouvement libertaire en France. Réflexions sur quelques itinéraires, in Amedeo Bertolo (sous la dir.), Juifs et anarchistes, éditions de l'Éclat, 2008, p. 113–124, texte intégral.
  • Question juive et antisémitisme : sionisme et antisionisme. Recueil de textes marxistes et anarchistes, Ni patrie ni frontières, 2008 notice.
  • Réseaux et affinités : les amitiés libertaires d’Albert Camus, in Le don de la liberté : les relations d'Albert Camus avec les libertaires, Rencontres méditerranéennes Albert Camus, 2009, notice.
  • Anarchisme, Berlin-Est, Communisme, Internationalisme, Joyeux Maurice, Lazarévitch Nicolas, Lénine, Louis Mercier-Vega, Parti communiste Français, Silone Ignazio, société, URSS in Jean-Yves Guérin, Dictionnaire Albert Camus, Robert Laffont, 2013, 47-49, 84, 169-171, 425-426, 451-452, 472-473, 475-476, 644-645, 826, 838, 843-845, 905-906.

Notes et références

  1. [1]
  2. [2]
  3. [3]
  4. (en) « About Twentieth Century Communism », sur Lawrence & Wishart, (consulté le 23 mars 2019)
  5. Fondation pour l'innovation politique, Sylvain Boulouque, contributions.
  6. Fondation pour l'innovation politique
  7. [4]
  8. « Lafon Boulouque Tréand L'OURS 401 », sur www.lours.org (consulté le 22 mars 2019)
  9. http://est-et-ouest.fr/revue/HL043_articles/043_125.pdf
  10. Tempsreel.nouvelobs.com, [5].
  11. « Sylvain BOULOUQUE - Fiche personnelle - Nonfiction », sur www.nonfiction.fr (consulté le 22 mars 2019)
  12. Entretien de Frédéric Martel à Livres Hebdo, 31 août 2007
  13. « Annuaire des auteurs - Maitron », sur maitron-en-ligne.univ-paris1.fr (consulté le 22 mars 2019)
  14. « Expert », sur Fondation Jean-Jaurès (consulté le 22 mars 2019)
  15. TV5MONDE, « Gilets Jaunes : Sylvain Boulouque, historien spécialiste des mouvements sociaux », (consulté le 22 mars 2019)
  16. Luc Peillon, « Un expert sur BFMTV a-t-il confondu le drapeau picard avec un drapeau d'extrême-droite? », sur Libération.fr, (consulté le 9 décembre 2020)
  17. a et b « Compte rendu de Sylvain Boulouque, Franck Liaigre, Les listes noires du PCF, 2008 », Jean-Pierre Besse, Le Mouvement Social, mis en ligne le 24 octobre 2009
  18. Les listes noires du PCF, Paris, Calmann-Lévy, 2008, 260 pages
  19. BFMTV, « Drapeau de la Picardie: la mise au point de BFMTV », sur BFMTV (consulté le 5 décembre 2018)
  20. « Un expert sur BFMTV a-t-il confondu le drapeau picard avec un drapeau d'extrême-droite? », sur Libération.fr, (consulté le 5 décembre 2018)
  21. « Un expert de BFM prend le drapeau de la Picardie pour un symbole monarchiste », sur Le Courrier Picard (consulté le 5 décembre 2018)
  22. « Après son erreur sur le drapeau de la Picardie, l’historien de BFM «très attaqué par la fachosphère» », sur Le Courrier Picard (consulté le 22 mars 2019)
  23. « "Comment la fachosphère est partie à l'assaut après mon passage sur BFM" », sur L'Obs (consulté le 22 mars 2019)
  24. « Un expert de BFM prend le drapeau de la Picardie pour un symbole monarchiste », sur Le Courrier Picard (consulté le 4 décembre 2018)
  25. « Un expert sur BFMTV a-t-il confondu le drapeau picard avec un drapeau d'extrême-droite? », sur Libération.fr, (consulté le 4 décembre 2018)
  26. « Un proche de Dieudonné a-t-il insulté Alain Finkielkraut, comme l'a dit un historien sur TF1? », sur Libération.fr, (consulté le 20 février 2019)

Liens externes