Konbini (site web)

Konbini
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Marque déposée 🛈

Logo de Konbini

Adresse konbini.com
Slogan All pop everything
Commercial Oui
Publicité Oui
Type de site Média en ligne
Langue Français et anglais
Propriétaire Famille Perrodo
Lancement 2008
État actuel  En activité

Konbini est un média en ligne français fondé à Paris en 2008 par deux entrepreneurs, David Creuzot et Lucie Beudet. Il dispose de bureaux à Paris, au Nigeria[2] et de 2017 à 2019 en Suisse[3].

Le nom du site est une référence au konbini japonais, magasin de proximité ouvert 24 heures sur 24.

La stratégie de Konbini utilise une présence importante sur les réseaux sociaux ; les jeunes âgés de 18 à 30 ans sont sa principale cible.

L'entreprise se finance principalement par différentes méthodes dérivées du publirédactionnel, notamment le marketing de contenu et le native advertising[4],[5],[6].

Il est détenu majoritairement par la famille Perrodo, propriétaire de la compagnie pétrolière Perenco[7].

Historique

Fondation et actionnariat

En 1997, les deux fondateurs du site, David Creuzot et Lucie Beudet, ont créé et travaillé ensemble au sein de l'agence digitale Pekin[8] ; cette dernière fusionne en 2006 avec La Chose. En , ils lèvent 700 000 euros et créent le site Konbini, auprès de NextStage AM et notamment de son président Grégoire Sentilhes et qui s'inspirent du modèle d'Acne Studios, agence de communication suédoise qui s'est diversifiée dans plusieurs activités, notamment la production de films, la publication d'un magazine et la création de vêtements, cette dernière activité ayant par la suite donné lieu à la création d'une structure dédiée. Le site produit des vidéos abordant des sujets aussi variés que la musique, la mode, la culture populaire entendue au sens large ou même la politique et des thèmes sociaux d'actualité. La ligne éditoriale est proche de celle de sites comme BuzzFeed.

En 2009, l'entreprise opère à nouveau une levée de fonds de 3 millions d'euros auprès de NextStage[12],[13], afin de renforcer son développement et de lancer une version anglaise du site. En 2012, l'entreprise est rentable et son chiffre d'affaires s'élève à 5 millions d'euros[12].

La Lettre A indique en 2019 que la famille Perrodo est l'« un des principaux actionnaires » de Konbini[14]. La famille détient le média à travers « une multitude de sociétés opaques » : une holding luxembourgeoise dénommée Ommirep, elle-même détenue par trois sociétés immatriculées aux Bahamas[15]. L’article revenait également sur les relations d’affaires entre les fondateurs du média et Stéphane Richard, alors PDG d’Orange[15].

Présence sur les médias sociaux

En , Konbini se lance sur Snapchat via la fonctionnalité « Discover » en France[16]. Konbini est en 2019 l'un des seuls média en Europe à avoir accès aux trois formats Snapchat qui sont Discover, Shows et Curated[17].

L'entreprise se finance principalement par différentes méthodes dérivées du publirédactionnel, comme le marketing de contenu ou le native advertising. Certains contenus publiés par Konbini sont en partie co-produits pour des marques comme Coca-Cola, Netflix ou L'Oréal[18]. Sur son site internet, Konbini entretient une communication transparente quant à l'origine du brand content grâce à la présence de logo signalant les publications créées en partenariat avec des marques[5].

Selon alloweb, Konbini se finance principalement par des levées de fonds[19].

Konbini est partenaire de Disclose depuis 2018[20].

Traitement de l'information depuis 2017

À l'occasion de la campagne pour l'élection présidentielle française de 2017, Konbini lance « Speech », un format dédié aux sujets de société et à la politique[21].

Konbini produit également Boza, un documentaire de quatorze minutes sur le sauvetage des migrants en mer Méditerranée à bord de l'Aquarius, affrété par l'ONG SOS Méditerranée[22].

En , Hugo Clément, ancien journaliste du Petit Journal puis de Quotidien, rejoint Konbini[23],[24]. Il lance la plateforme Konbini News au début du mois de février[25], avec une stratégie éditoriale qui vise à proposer de longs reportages de terrain sur des sujets originaux et fournir des éclairages sur l'actualité politique et culturelle, à dimension internationale[26].

Les reportages de Konbini News traitent de thémes variés : l'emprisonnement de femmes au Salvador, la vie dans le village le plus froid du monde, la perception de l'homosexualité en Tunisie, entre autres. Dans le cadre de la journée internationale des femmes, Hugo Clément interviewe Nikita Bellucci, ancienne actrice pornographique victime de harcèlement sexuel[27].

Konbini est le premier media français à mettre en place une campagne de levée de fonds à la suite de l'un de ses reportages[28]. En , après la diffusion d'un reportage sur la famine au Kasaï, les équipes lèvent 500 000 euros auprès de jeunes lecteurs pour l'association Action contre la faim[29].

À la fin du mois de , Konbini accompagne le président de la République Emmanuel Macron lors de sa première tournée en Afrique[30].

Le , Konbini et France Inter s'associent pour lancer la journée Le plastique non merci[31] qui connaît un vif succès sur les réseaux sociaux[32]. Le parlement européen annonce le même jour son ambition d'interdire la commercialisation du plastique à usage unique dans toute l'Union européenne d'ici 2021 en reprenant le mot-dièse #Leplastiquenonmerci[33].

En , Konbini ferme son bureau suisse situé à Vevey, ouvert en 2017[34].

Selon Capital, les pertes de financières de Konbini ont quadruplé en 2019 et les départs se sont multipliés au sein de son état-major ces dernières années. Les relations entre les différents actionnaires de Konbini se sont tendues et à l’été 2020 et la société a demandé au tribunal de commerce la nomination d’un mandataire ad hoc qui pourrait être lié à un blocage entre actionnaires[35]. « Ce mandat ad hoc était lié plutôt à une discussion entre associés. C'est plus un sujet de gouvernance », justifie David Creuzot dans un entretien à France Culture[36].

Critiques et controverses

Durant l'été 2017, Le Monde diplomatique dépeint un site où les journalistes sont au service des marques et travaillent dans des conditions difficiles. L'article fait témoigner plusieurs salariés ou anciens salariés, qui dénoncent les méthodes de la rédaction, ainsi que le recours à des auto-entrepreneurs pour créer du contenu. « Un jour, on nous a dit : “il faudrait maintenant que vous pensiez à trouver un moyen de mettre votre éthique journalistique de côté” », déclare ainsi un salarié[37].

Fin , Konbini publie une vidéo sur les « techniques de drague » dans laquelle apparaît un homme recommandant de « faire boire la fille un maximum ». Face au tollé provoqué, accusée de participer à la culture du viol, la vidéo est retirée du site internet. La rédaction et son rédacteur en chef présentent leurs excuses[38].

Pour les journalistes Sophie Eustache et Jessica Trochet du Monde diplomatique, les recettes du site reposent sur la publicité, ce qui maintient Konbini dans une forte dépendance vis-à-vis des annonceurs[39] et conduit la rédaction à s'autocensurer pour éviter de les contrarier : « À propos de la Coupe du monde de football au Qatar, on voulait faire un article concernant les conditions de travail sur les chantiers, relate Basile, rédacteur pendant trois ans à Konbini. La rédactrice en chef a refusé, parce que Coca n'aurait pas accepté un tel sujet »[37]. La rédaction en chef maintient cependant conserver une relative liberté de ton et de traitement, sous les angles prédéfinis du site, à savoir une approche pop du sport[40].

En , un article publié par un journaliste du site Arrêt sur images révèle qu'une interview d’Emmanuel Macron réalisée par Konbini au Niger a été tournée par Ariane Vincent, directrice éditoriale et directrice de la communication de Konbini, ancienne responsable de la communication au Parti socialiste entre et , et directrice de la campagne numérique de François Hollande en 2012. L'article souligne un mélange des genres et questionne le fond de l'interview ainsi que le rôle de Konbini : « agence de communication ou site de presse ? »[41]. À la suite de la publication de l'article, Ariane Vincent met en cause son auteur et annonce que ce dernier a postulé chez Konbini en novembre, elle propose en outre d'apporter une preuve à ses dires. Elle provoque une polémique en choisissant de mettre publiquement en cause le journaliste tout en ne s'exprimant pas sur le fond de l'article, avant de présenter ses excuses une heure plus tard sur Twitter[42],[43],[44].

Konbini est accusé de s'engager sur certains thèmes sujets à débat, de manière que leurs articles soient plus partagés et donc qu'ils génèrent plus d'audience[45].

En 2020, Konbini est accusé d'écoblanchiment en faisant une série d'articles appelée Eco Good News en partenariat avec l'entreprise Perrier, propriété du groupe Nestlé. Ce partenariat est notamment critiqué par le journal en ligne Mr. Mondialisation[46].

Le , Konbini met en ligne une vidéo « d'un père masculiniste » donnant de fausses informations[47]. Le compte Twitter de Konbini introduit la vidéo avec une information relayée dans des sites militants comme SOS Papa prétendant qu'il existe en France 1 300 000 pères privés de droits de visites. Après avoir été vue près de 72 000 fois, la vidéo est retirée du site après cinq heures[47].

En , le site d'information Arrêt sur images critique la mise en place de « partenariats » s'apparentant à du marketing de contenu avec l'association antispéciste L214, sans le mentionner aux internautes[48]. De ce fait, ce média est qualifié de « sympathisant » par L214. Des contenus sont ainsi produits par Konbini, sur la base de vidéos et de textes directement fournis par L214. Selon l'enquête d'Arrêt sur images, « un document récapitulatif détaille le plan de communication de l'association sur cette "enquête chevaux". Il révèle que la vidéo de Konbini est montée à partir de séquences présélectionnées par L214, avec un angle correspondant très exactement à ce que souhaitait mettre en avant l'association, qui demande à voir la vidéo avant mise en ligne ». La direction de Konbini indique ne pas avoir eu connaissance de cette collaboration étroite avec L214 organisée par le journaliste Hugo Clément, alors employé du média[48].

Condamnation

Après que La Lettre A a révélé en 2019 que la famille Perrodo comptait parmi les principaux actionnaires de Konbini, ce dernier entame des poursuites en diffamation, qualifiées par Libération de procédure-bâillon ; en , le média d'info-divertissement est débouté et condamné à 6 000 euros de dommages-intérêts pour procédure abusive par la 17e chambre du tribunal judiciaire de Paris[15].

Notes et références

  1. « Afrique de l'Ouest : Konbini vise le marché publicitaire », La Lettre du Continent, (consulté le ).
  2. Clarisse Encontre, « Konbini débarque sur le marché numérique romand », Le Temps, .
  3. Anna Topaloff, « Journalisme : l’irrésistible ascension du contenu publicitaire », L'Obs, (consulté le ).
  4. a et b Juliette Gramaglia, « Publi-rédac : comment les marques se font discrètes (Obs) », sur Arrêt sur images, (consulté le ).
  5. Delphine Le Goff, « Native Advertising : qui fait quoi dans les médias », Stratégies, (consulté le ).
  6. Adrien Franque, «Konbini» condamné après avoir tenté une procédure bâillon contre «la Lettre A», sur Libération, (consulté en )
  7. Candice Satara-Bartko, « David Creuzot et Lucie Beudet, créateurs de Konbini », sur Terrafemina, .
  8. a et b Alexandre Debouté, « Konbini, l'éditeur de contenus qui tisse sa toile sur Facebook », Le Figaro, .
  9. « Konbini : levée de fonds de €3m avec NextStage », Chausson Finance, .
  10. « Vidéos et info sur le web : les mystérieux actionnaires de Konbini », sur La Lettre A, (consulté le ).
  11. a b et c Adrien Franque, «Konbini» condamné après avoir tenté une procédure bâillon contre «la Lettre A», Libération, (consulté le ).
  12. Nicolas Richaud, « Snapchat, l'atout des jeunes médias français », Les Échos, .
  13. Lucinda Southern, « French lifestyle publisher Konbini pivots to news on Snapchat », sur digiday.com, .
  14. Robin Andraca, « Publicité cachée sur Konbini », sur Arrêt sur images, (consulté le ).
  15. « Konbini », sur alloweb (consulté le ).
  16. Audrey Kucinskas, « "Disclose", le média qui veut révolutionner l'investigation », L'Express, (consulté le ).
  17. « Konbini lance Speech », sur L'ADN, .
  18. Solène Cressant, « L'œil du Web - Konbini produit un documentaire sur le sauvetage de migrants en Méditerranée », France Bleu, .
  19. Mélissa Chevreuil, « Hugo Clément:« Je ne pouvais pas refuser les avances de Konbini» », Les Inrockuptibles, (consulté le ).
  20. « Hugo Clément quitte « Quotidien » pour le site Konbini », Le Parisien, .
  21. « Le journaliste Hugo Clément quitte « Quotidien » pour « Konbini » », Le Monde, (consulté le ).
  22. Cassandra de Carvalho, « Hugo Clément explique son nouveau projet à « Konbini » après « Quotidien » », sur HuffPost, .
  23. Arièle Bonte, « Nikita Bellucci, ancienne actrice porno, dénonce le fléau du harcèlement », RTL, .
  24. Cosavostra, « Les medias mutent? oui, mais tant mieux », sur L'ADN, .
  25. « Kasai: une collecte de Konbini pour nos activités », Action contre la faim, .
  26. Ava Djamshidi, « Le grand oral très attendu de Macron en Afrique », Le Parisien, .
  27. Alexandra Segond, « Konbini et France Inter s'attaquent au plastique lors d'une journée spéciale », La Croix, .
  28. Astrid Van Laer, « Institutions, ONG et personnalités: Ils ont soutenu #Leplastiquenonmerci », Konbini News, .
  29. « Le Parlement européen entérine l'interdiction du plastique à usage unique dès 2021 », Le Figaro, .
  30. Florian Delafoi, « Konbini ferme son bureau en Suisse », Le Temps, (consulté le ).
  31. Jamal Henni, « Konbini refuse les avances de Melty », Capital, .
  32. Frédéric Martel, « Konbini, le média des nouvelles générations ? », France Culture, .
  33. a et b Sophie Eustache et Jessica Trochet, « De l'information au piège à clics », Le Monde diplomatique, (consulté le ), p. 21.
  34. « "Faire boire la fille un maximum" : Konbini s'explique », L'Obs, .
  35. « Orange finance la rubrique d’actualités photographiques, la boisson gazeuse américaine subventionne la section Football Stories, d’ailleurs surtitrée "Savoure le football pop avec Coca-Cola et Konbini" » expliquent les journalistes.
  36. Chloé Rebaudo, « L’interview de Lucie Bacon : Entre foot et stories », sur wesportfr.com,  : « On profite des accès que nous donne notre sponsor (Coca-Cola) pour pouvoir faire des formats qui seraient compliqués à réaliser en dehors, comme des blind tests à Clairefontaine avec les Bleus et des Calcul Challenge au PSG. En dehors de ce partenariat, on garde une grande liberté de ton, avec des détournements vidéo et des articles aux sujets qui nous tiennent à cœur ou qui nous font rire. Et puis on a une ligne édito très Konbini, très pop, et basée sur la mise en valeur de belles initiatives et du côté humain du foot. On ne va jamais parler de résultats purs, ça ne nous intéresse pas, d’autres médias le font déjà très bien, on va parler à un public qui a envie de voir autre chose, se marrer, voir les acteurs du foot sous un autre angle ».
  37. Robin Andraca, « Derrière l'interview de Macron au Niger : la directrice de communication de Konbini », sur Arrêt sur images, (consulté le ).
  38. Thomas Vampouille, « Ivre de rosserie, une directrice de Konbini trahit un journaliste qui n'a fait que son métier », Marianne, (consulté le ).
  39. « L’intervieweuse de Macron est la dircom de Konbini, et l’ex-dircom web de Hollande », Les Inrockuptibles, (consulté le ).
  40. « «Arrêt sur images» critique une interview de «Konbini», la directrice dérape sur Twitter », 20 Minutes, (consulté le ).
  41. Harold Grand, « Konbini, Melty, Vice...ces médias qui jouent sur l’engagement pour séduire les jeunes », Le Figaro, (consulté le ).
  42. « De Coca-Cola à L'Oréal, le marketing de « Konbini » exposé », sur Mr Mondialisation, (consulté le ).
  43. a et b Marie Vaton, « Comment Konbini s’est fait piéger par un « père masculiniste » », L'Obs (consulté le ).
  44. a et b Loris Guémart, « Médias et L214 : de la sympathie… au partenariat », sur Arrêt sur images, (consulté le ).

Liens externes