Mirecourt

Mirecourt
Mirecourt
Vue aérienne de Mirecourt.
Blason de Mirecourt
Blason
Mirecourt
Logo
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Grand Est
Département Vosges
Arrondissement Épinal
Intercommunalité Communauté de communes de Mirecourt Dompaire
(siège)
Maire
Mandat
Yves Séjourné
2020-2026
Code postal 88500
Code commune 88304
Démographie
Gentilé Mirecurtiens
Population
municipale
5 078 hab. (2018 en diminution de 9,29 % par rapport à 2013)
Densité 419 hab./km2
Population
agglomération
7 359 hab. (2015)
Géographie
Coordonnées 48° 18′ 03″ nord, 6° 08′ 06″ est
Altitude 285 m
Min. 261 m
Max. 378 m
Superficie 12,12 km2
Type Commune rurale
Unité urbaine Mirecourt
(ville-centre)
Aire d'attraction Mirecourt
(commune-centre)
Élections
Départementales Canton de Mirecourt
(bureau centralisateur)
Législatives Quatrième circonscription
Localisation
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Mirecourt
Liens
Site web mirecourt.fr

Mirecourt ([miʁkuʁ]Écouter, en vosgien de la montagne [miʁko]) est une commune française, chef-lieu de canton du département des Vosges dans l'arrondissement de Neufchâteau. Située en Lorraine, la commune fait aujourd'hui partie de la région administrative Grand Est.

Ses habitants sont appelés les Mirecurtiens.

Géographie

Situation

Mirecourt est située au cœur du Xaintois, à 24 kilomètres de Vittel, 35 kilomètres d'Épinal, 40 kilomètres de Neufchâteau et 48 kilomètres de Nancy.

Représentations cartographiques de la commune
Carte OpenStreetMap
Carte topographique

Communes limitrophes

Relief et hydrographie

La commune est arrosée par le Madon, affluent de la Moselle, et par quelques ruisseaux affluents : Val d'Arol et ruisseau de Ravenel sur la rive gauche du Madon (ouest), ruisseau de Talencourt sur la rive droite.

L'altitude varie de 261 m à 378 m.

Urbanisme

Typologie

Mirecourt est une commune rurale, car elle fait partie des communes peu ou très peu denses, au sens de la grille communale de densité de l'Insee[Note 1],[1],[2],[3]. Elle appartient à l'unité urbaine de Mirecourt, une agglomération intra-départementale regroupant 4 communes[4] et 7 232 habitants en 2017, dont elle est ville-centre[5],[6].

Par ailleurs la commune fait partie de l'aire d'attraction de Mirecourt, dont elle est la commune-centre[Note 2]. Cette aire, qui regroupe 33 communes, est catégorisée dans les aires de moins de 50 000 habitants[7],[8].

Etablie au confluent du Madon et du Val d'Arol, la ville s'étend surtout sur le versant ouest de la vallée du Madon.

Elle se développe en paliers successifs pour atteindre finalement les rives sinueuses de la rivière.

De ce point bas, Mirecourt offre aux visiteurs un spectacle des plus pittoresques qui laisse apercevoir un bâti intéressant tant par sa richesse architecturale que par le contexte environnemental du site.

Occupation des sols

Carte en couleurs présentant l'occupation des sols.
Carte des infrastructures et de l'occupation des sols de la commune en 2018 (CLC).

L'occupation des sols de la commune, telle qu'elle ressort de la base de données européenne d’occupation biophysique des sols Corine Land Cover (CLC), est marquée par l'importance des territoires agricoles (49,1 % en 2018), néanmoins en diminution par rapport à 1990 (52,8 %). La répartition détaillée en 2018 est la suivante : prairies (30,4 %), zones urbanisées (20,9 %), forêts (18,9 %), terres arables (15,2 %), zones industrielles ou commerciales et réseaux de communication (11 %), cultures permanentes (3,5 %)[9].

L'IGN met par ailleurs à disposition un outil en ligne permettant de comparer l’évolution dans le temps de l’occupation des sols de la commune (ou de territoires à des échelles différentes). Plusieurs époques sont accessibles sous forme de cartes ou photos aériennes : la carte de Cassini (XVIIIe siècle), la carte d'état-major (1820-1866) et la période actuelle (1950 à aujourd'hui)[10].

Communications

Mirecourt est desservie par plusieurs routes départementales. Elle est reliée :

  • par la D 55 à la RN 57 (17 km à l'est), qui relie notamment Nancy à Épinal ;
  • par la D 166 à l'autoroute A31 (26 kilomètres à l'ouest), qui relie Nancy à Dijon.

Mirecourt possède sa propre gare ferroviaire se situant sur la ligne 14 qui relie Nancy à Contrexéville. Les autres gares ferroviaires les plus proches se trouvent à Charmes et à Épinal.

L'aérodrome d'Épinal-Mirecourt est situé à 6 km à l'ouest de la ville, sur le territoire de la commune de Juvaincourt.

Climat

Relevé météorologique de Mirecourt
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température moyenne (°C) 0,7 2,4 4,6 7,4 11,8 14,9 16,7 16,4 13,4 9,5 4,2 1,3 8,6
Précipitations (mm) 66 65 68 57 69 70 49 81 63 47 80 75 792
Source : Données climatiques Mirecourt ( 1965-1980) [1]


Toponymie

Anciennes mentions : In Murici curte (960) ; Murichort (1180) ; De Modoricicurte (Xe siècle) ; Mirecourt, Mirecort (1234) ; Murecourt (1264) ; Murecourt sur Madon (1279) ; Mericourt (1284) ; Myrecort (1286) ; Mercort (1297) ; Muricort (xiiie siècle) ; Miricourt (1331) ; Mircourt (1332) ; Miricour (1392) ; Miricuria (1423) ; De Mirecuria (1427) ; Mercuria (1472) ; De Mercurio (1473) ; Myrecourt, Merecourt (XVIe siècle) ; Prope Mircuriam (1538) ; Mirecour (1656)[11].

Les historiens ont voulu trouver quelque analogie entre le nom de Mirecourt et celui de Mercure ; mais ils ne produisent à l'appui de leur opinion aucune citation, aucune tradition, ni aucun monument ancien[12]. Une autre hypothèse parle de Muricus curtis : curtis signifie domaine rural et Muricus est le nom de son propriétaire[13].

Histoire

Des origines à 1789

Mirecourt est fondée au cours du premier millénaire, au carrefour des routes menant de Toul à Épinal et de Neufchâteau à Châtel-sur-Moselle, au franchissement du Madon. La première mention de Mirecourt date de 960[14], dans un acte de l'empereur Othon II stipulant qu’un dénommé Urson a fait don d’un important domaine situé in Murici Curte.

Dans le courant du XIIIe siècle, elle fait partie du domaine seigneurial du comte-évêque de Toul, qui lui accorde des lettres de franchise en 1234. Un acte de 1284 (Ferry III) constate le rattachement de Mirecourt et de son territoire au duché de Lorraine. Mirecourt devient le chef-lieu de l'important bailliage de Vôge, mais est avant tout une cité de grand négoce.

Au XVIe siècle, les ducs de Lorraine y introduisent le savoir-faire des maîtres italiens dans la fabrication des violons, savoir-faire qui se perpétue jusqu'à nos jours. Ainsi, un certain Dieudonné Montfort, faiseur de violons, est déjà actif à Mirecourt en 1602[15]. En 1732, reconnaissant ce savoir-faire, le duc François III de Lorraine, futur empereur du Saint-Empire romain germanique, édicte une charte pour les « luthiers et faiseurs de violons de Mirecourt et de Mattaincourt »[16]. Il souhaite ainsi protéger cette corporation « des abus qui se glissent dans leur métier », et conserver « la renommée qu'elle s'est autrefois acquise, de contenir d'habiles faiseurs d'instruments »[15]. Parallèlement à cette activité de lutherie, Mirecourt devient également un haut lieu de la facture d’orgues au cours du XVIIIe siècle. Enfant de la ville, Léopold Renaudin illustrera son art à Paris avant d'épouser les idéaux révolutionnaires et de mourir sur l'échafaud.

La loge maçonnique Saint-Jean le Parfait Désintéressement à l'Orient de Mirecourt date de 1750 : c'est une les plus anciennes de France (elle a inauguré son temple le [17],[18]).En fait, il y eut trois loges maçonniques qui se succédèrent : les deux premières au titre distinctif de Saint-Jean le Parfait Désintéressement au XVIIIe siècle, la troisième au titre de l'Harmonie au XIXe siècle[19].

En 1766, à la mort de Stanislas Leszczynski, la Lorraine devient française, mais l'organisation administrative est maintenue. En 1776, Nicolas-Louis François de Neufchâteau achète l'office de lieutenant-général de bailliage.

De 1789 à nos jours

La réforme administrative de 1789 fait de Mirecourt un chef-lieu de district du département des Vosges, puis un chef-lieu d'arrondissement ; ce statut sera perdu en 1926, du fait de la réduction massive du nombre de sous-préfectures (mesures d'économie prises par Raymond Poincaré).

Mirecourt accueille une des toutes premières écoles normales d'instituteurs de France, fondée en 1828.

À partir de 1870, un certain nombre de protestants venus d’Alsace s’installent à Mirecourt et dans ses environs et, en 1983, Pierre Maignial fonde la première église protestante sur Mirecourt[20].

Fondée en 1890 à Mirecourt, la Banque Kolb est la filiale du Crédit du Nord dans le Nord-Est de la France.

On fabrique aussi des instruments mécaniques (orgues de manège, serinettes…). La ville de Mirecourt a eu une renommée mondiale par sa production d'instruments du quatuor et surtout par sa production d'archets. Soixante maisons de luthiers et d’archetiers, de petites entreprises et d’usines de décolletage sont recensées à travers trois siècles. La majeure partie est en activité au XIXe siècle. L'activité d'archèterie a chuté avec l'arrivée des enregistrements sonores, dans la première moitié du XXe siècle[21].

En 1940, après l'Armistice, la Wehrmacht s'installe à Mirecourt. L'hôpital psychiatrique de Ravenel, en construction, est transformé en camp de transit et d'internement, le Frontstalag 120. De nombreux soldats français y restent prisonniers en attendant leur transfert dans des camps de prisonniers d'Allemagne. Les prisonniers « indigènes » (originaires des colonies) y restent plus longtemps ; le Frontstalag est fermé le . Ils seront envoyés dans d'autres camps en zone occupée. La ville est libérée le , par des éléments de l'armée américaine. Le site de Ravenel devient le 21st General Hospital de Washington qui fonctionnera jusqu'en 1946.

On fabrique encore de la dentelle à Mirecourt, notamment à la maison de la dentelle. Une école de lutherie y a été créée en 1970 par Étienne Vatelot.

Politique et administration

Budget et fiscalité 2014

En 2014, le budget de la commune était constitué ainsi[22] :

  • total des produits de fonctionnement : 6 275 000 , soit 1 002  par habitant ;
  • total des charges de fonctionnement : 6 153 000 , soit 982  par habitant ;
  • total des ressources d’investissement : 2 896 000 , soit 446  par habitant ;
  • total des emplois d’investissement : 2 797 000 , soit 447  par habitant.
  • endettement : 2 739 000 , soit 437  par habitant.

Avec les taux de fiscalité suivants :

  • taxe d’habitation : 26,93 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés bâties : 21,20 % ;
  • taxe foncière sur les propriétés non bâties : 29,31 % ;
  • taxe additionnelle à la taxe foncière sur les propriétés non bâties : 38,75 % ;
  • cotisation foncière des entreprises : 24,41 %.

Tendances politiques et résultats

La commune fait partie du canton de Mirecourt, dont elle est le chef-lieu, et de la communauté de communes de Mirecourt Dompaire.

Liste des maires

Depuis 1945, sept maires se sont succédé :

Liste des maires successifs[23]
Période Identité Étiquette Qualité
novembre 1945 octobre 1947 Raymond Brahy Rad.ind. Médecin
Conseiller général du canton de Mirecourt (1945 → 1947)
octobre 1947 mars 1971 Henri Parisot (1895-1984) RI Négociant
Conseiller général du canton de Mirecourt (1947 → 1973)
Sénateur des Vosges (1959 → 1977)
mars 1971 mars 1977 Robert Flambeau UDF-PR Entrepreneur
Conseiller général du canton de Mirecourt (1973 → 1979)
mars 1977 1999 Jacques Zimmermann CNIP Bijoutier
février 1999 mars 2001 René Fritz DVD  
mars 2001 mars 2014 Maria Rouyer (1942- ) DVG Ancienne professeure d'allemand au lycée Jean-Baptiste-Vuillaume
mars 2014 En cours Yves Séjourné (1957- )[24]
Réélu pour le mandat 2020-2026
UDI-PR
puis MRSL
Cadre du secteur privé
Conseiller régional du Grand Est (2015 → )
Président de la CC de Mirecourt Dompaire (2017 → 2020 )
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages

La commune de Mirecourt est jumelée avec le district de Bonn-Bad Godesberg. La localité allemande de Bonn Beuel a d'ailleurs prêté son nom à un quartier de Mirecourt.

Démographie

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[25]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2005[26].

En 2018, la commune comptait 5 078 habitants[Note 3], en diminution de 9,29 % par rapport à 2013 (Vosges : −2,43 %, France hors Mayotte : +2,36 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1856
4 9465 0845 2575 4535 5745 6845 3655 5215 194
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
5 5335 7355 4805 2665 3335 4555 1415 0634 953
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
5 5115 9675 4365 5085 2395 3835 2757 9398 572
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2010 2015 2018
8 8048 6497 9406 9006 3846 0065 8485 3255 078
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[27] puis Insee à partir de 2006[28].)
Histogramme de l'évolution démographique
Le centre hospitalier spécialisé.

Économie

Le Centre hospitalier spécialisé départemental orienté psychiatrie[29] est situé sur la commune de Mirecourt. C'est le premier employeur de la commune (environ un millier de salariés).

L'aéroport d'Epinal-Mirecourt, propriété du conseil départemental des Vosges, est géré par la SEAEM Vosges Aéroport (groupement composé de la Chambre de Commerce et d'Industrie des Vosges et de la société indienne Super Airport Infrastructure India Pvt Ltd).

La Banque Kolb, filiale du Crédit du Nord, a son siège social à Mirecourt.

Culture locale et patrimoine

Patrimoine culturel

Jean Michel Prosper Guérin, La Pietà (1868), huile sur toile, conservée au Lycée Jean-Baptiste-Vuillaume.

Lieux et monuments

Vestige historique

  • Présence romaine : stèle funéraire

Architecture civile

  • Maisons de centre-ville style Renaissance, avec cours intérieures.
  • Halles en pierre, datant de 1617, marché couvert classé monument historique par arrêté du [30].
  • Puits communal, rue Chanzy, classé monument historique par arrêté du [31].
  • Puits, rue du Docteur-Joyeux, inscrit monument historique par arrêté du [32].
  • Tour ronde de Ravenel, reste d'un ancien château fort, (XVIe au XVIIIe siècle).
  • Théâtre aménagé dans l'ancienne chapelle du couvent de la congrégation Notre-Dame et la salle contiguë dite « du Club » sont classés monuments historiques par arrêté du [33].
  • Pont Stanislas, ou pont Saint-Vincent, construit en 1747 sur le Madon, inscrit monument historique par arrêté du [34].
  • Collège Guy-Dolmaire affilié norme HQE

Architecture religieuse et lieux de mémoire

  • Église de la Nativité-de-Notre-Dame[35], classée monument historique par arrêté du [36].
  • Ancien couvent de la congrégation Notre-Dame transformée en théâtre [33].
  • Chapelle de La Oultre (XVe siècle), inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du [42].
  • Monument aux morts tous conflits[43],[44].
  • Cimetière militaire français[45].
  • Statues de la Vierge sur des façades de maisons[46].
  • Sur le petit obélisque d'Épinal, un médaillon illustre l'espoir : les blasons de Remiremont, de Neufchâteau, de Mirecourt et de Saint-Dié dans des triangles en partie supérieure[47].

Musées et les savoir-faire

Équipements culturels

La commune dispose d'un atelier jazz à l'école municipale de musique[50].

Philatélie

En 1979, la poste rend hommage à la lutherie par l'émission d'un timbre postal d'1,30 franc brun-rouge et sépia. Tiré à 10 millions d'exemplaires, il figure un violon symbolisé. Il est mis en vente en 1er jour à Paris et à Mirecourt le . Il porte le n° YT 2072[51].

Personnalités liées à la commune

Personnalités nées à Mirecourt

Personnalités liées à Mirecourt

Tradition et spécialités

La lutherie

Lutherie à la fête du patrimoine.

L'origine de la lutherie lorraine semble remonter aux voyages des ducs de Lorraine en Italie, d'où ils ramenèrent d'excellents musiciens et luthiers à la fin du XVIe siècle[57],[58],[59].

On fabrique des violons en Lorraine depuis le XVIe siècle. Si l'existence du luthier Tywersus, cité par le luthier Nicolas Lupot au XVIIIe siècle, est incertaine, les premiers luthiers attestés en Lorraine, désignés comme « faiseurs de violons », sont contemporains de Girolamo Amati (1561-1630) et de Niccolò Amati (1596-1684). Il s'agit de Nicolas Renauld et de Nicolas Médard, ayant travaillé tous deux pour la Cour de Lorraine[15]. Le premier, qui n'a pas laissé d'instruments, a exercé son activité dans la seconde moitié du XVIe siècle. Le second, dont on connaît plusieurs instruments, a travaillé à Nancy un siècle plus tard[15]. Nicolas Renauld, probablement lié à Kaspar Tieffenbrucker, a travaillé à Paris vers 1570 pour Charles IX, avec Andrea Amati et l'un des aïeux de Nicolas Médard, à la fabrication des instruments destinés à la Chapelle du roi de France. Nicolas Médard a travaillé sur les instruments de la Chapelle ducale de Charles IV[15]. Un violon de cette époque, armorié aux armes du duc de Lorraine et marqué à chaud « Nicolas Médard, à Nancy, 1665 », témoigne du talent de ce luthier. Plus tard, il aurait également fabriqué des instruments pour la Chapelle royale de Louis XIV, armoriés aux armes de France[15].

C'est tout particulièrement à Mirecourt que la lutherie prend son essor. Dès le début du XVIIe siècle, des luthiers s'installent dans la commune. Ainsi, en 1602, Dieudonné Montfort est déjà déclaré comme exerçant le métier de « faiseur de violon »[15]. On compte déjà 43 luthiers en 1635. Au milieu du XVIIe siècle, la famille de luthiers Lupot, dont descend le grand Nicolas Lupot, exerce déjà son art à Mirecourt.

Au XVIIIe siècle, la production artisanale se développe à Mirecourt, profitant des ressources inépuisables de la forêt vosgienne. En 1732, afin de réglementer cette profession florissante, la duchesse douairière Élisabeth-Charlotte d'Orléans, agissant au nom de François III de Lorraine, promulgue une charte visant à protéger la corporation des « luthiers et faiseurs de violons de Mirecourt et de Mattaincourt »[16], « des abus qui se glissent dans leur métier », afin de conserver « la renommée qu'elle s'est autrefois acquise, de contenir d'habiles faiseurs d'instruments »[15]. Ce sont en effet de véritables dynasties de luthiers et archetiers qui font la renommée de cet art, parmi lesquels il faut citer les Aldric, Lupot, Gand, Bernard, Jacquot, Nicolas, Mougenot, Vuillaume, dont Jean-Baptiste, surnommé le Stradivarius français, Charotte, Apparut, Hilaire, Collin, Laberte, Magnié, Peccate, Bazin, Ouchard, Caussin, dont François Hippolyte Caussin.

Le commerce et la fabrication de violons continue se développer au XIXe siècle, faisant de Mirecourt le principal centre de production d'instruments à cordes de France. En 1925, la lutherie à Mirecourt se composait ainsi de dix-huit ateliers et de quatre fabriques employant 680 ouvriers. Par après, on voit disparaître bon nombre de ces prestigieux ateliers. Toutefois, dans les années 1970 apparaît un renouveau grâce à la création de l'École nationale de lutherie à Mirecourt.

De nos jours, la lutherie fait toujours partie des traditions de la ville, qui se perpétuent grâce à l'École nationale de lutherie, où l'une des rares formations de lutherie est donnée dans le lycée Jean-Baptiste-Vuillaume[59],[60] et aux luthiers qui exercent encore dans la commune. Luthier renommé, Jean-Jacques Pages crée et produit des instruments de grande qualité qu'il copie sur les modèles des grands anciens comme les Amati et Stradivarius. Les frères Gérome ne sont que fabricants de guitares et de mandolines, mais la corporation des luthiers les a adoptés. La fierté de ces deux frères qui ont aujourd'hui pris leur retraite restera d'avoir reçu un jour la visite de Georges Brassens, venu leur acheter une guitare.

Un musée municipal de la lutherie permet d'approfondir sa connaissance de cet artisanat d'art. Comme œuvres picturales on notera un Portrait d'un musicien peint par le peintre belge François-Joseph Navez, daté de 1836 et la reproduction photographique d'un Portrait du luthier Nicolas Lupot, par Henriette Lorimier, daté de 1805, l'original a été déposé par le musée municipal de la lutherie à la Cité de la musique de Paris.

La dentelle

Dentellières.
Dentelle aux fuseaux.

L'art aux fuseaux remonterait à l'époque égyptienne. Les grandes invasions plongèrent cet art dans l'oubli et ce n'est qu'à partir du XVIe siècle, qu'il fut introduit en Lorraine et notamment à Mirecourt par les luthiers italiens, soutenus par les Ducs de Lorraine.

Saint Pierre Fourier, curé de Mattaincourt, créa la confrérie des Sœurs de Notre-Dame et encouragea celles-ci à enseigner la dentelle dans leur école et à l'orphelinat. Les jeunes filles de grandes familles travaillaient à cet art d'agrément pour garnir leur trousseau. Les enfants de l'orphelinat, les femmes de familles ouvrières, les paysannes, s'y adonnaient pour le profit. En 1790, des milliers de dentellières travaillaient déjà pour des négociants de tous les pays voisins de nos frontières, la ville était mondialement connue, ainsi vers 1850, ce fut l'âge d'or de la dentelle de Mirecourt. Au milieu du XXe siècle, il ne reste à Mirecourt que quelques dentellières qui enseignèrent cet art, assurant ainsi le maintien de cette activité. Aujourd'hui, grâce à une association dynamique avec plus de 140 participants, Mirecourt a retrouvé sa renommée internationale avec sa dentelle aux fuseaux d'une finesse incomparable, jusqu'à la création de l'association Promotion et Renouveau de la dentelle. Grâce à celle-ci la dentelle renaît à Mirecourt, on y dispense des cours et organise des expositions permanentes, avec des dentellières au travail à la Maison de la Dentelle.

Héraldique

Figure Blasonnement
Blason Mirecourt ancien.svg
Ancien blason

« De sinople, à la fasce d'or. »

— Malte-Brun, la France illustrée, tome V, 1884

Ornements extérieurs ville de 3e classe de l'Empire français.svg
Blason ville fr Mirecourt-Empire.svg
Blason Mirecourt.svg
Depuis le

« D'azur, à la bande d'or ; au franc-quartier senestre de gueules chargé d'un N d'argent surmonté d'une étoile rayonnante du même[62]. »

Les ornements extérieurs napoléoniens ont aujourd'hui disparu[62].

Annexes

Articles connexes

Bibliographie

Liens externes

Notes et références

Notes

  1. Selon le zonage des communes rurales et urbaines publié en novembre 2020, en application de la nouvelle définition de la ruralité validée le en comité interministériel des ruralités.
  2. La notion d'aire d'attraction des villes a remplacé en octobre 2020 l'ancienne notion d'aire urbaine, pour permettre des comparaisons cohérentes avec les autres pays de l'Union européenne.
  3. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2021, millésimée 2018, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2020, date de référence statistique : 1er janvier 2018.

Références

  1. « Typologie urbain / rural », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 5 avril 2021).
  2. « Commune rurale - définition », sur le site de l’Insee (consulté le 5 avril 2021).
  3. « Comprendre la grille de densité », sur www.observatoire-des-territoires.gouv.fr (consulté le 5 avril 2021).
  4. « Unité urbaine 2020 de Mirecourt », sur https://www.insee.fr/ (consulté le 5 avril 2021).
  5. « Base des unités urbaines 2020 », sur www.insee.fr, (consulté le 5 avril 2021).
  6. Vianney Costemalle, « Toujours plus d’habitants dans les unités urbaines », sur insee.fr, (consulté le 5 avril 2021).
  7. « Liste des communes composant l'aire d'attraction de Mirecourt », sur insee.fr (consulté le 5 avril 2021).
  8. Marie-Pierre de Bellefon, Pascal Eusebio, Jocelyn Forest, Olivier Pégaz-Blanc et Raymond Warnod (Insee), « En France, neuf personnes sur dix vivent dans l’aire d’attraction d’une ville », sur insee.fr, (consulté le 5 avril 2021).
  9. « CORINE Land Cover (CLC) - Répartition des superficies en 15 postes d'occupation des sols (métropole). », sur le site des données et études statitiques du ministère de la Transition écologique. (consulté le 20 mai 2021)
  10. IGN, « Évolution de l'occupation des sols de la commune sur cartes et photos aériennes anciennes. », sur remonterletemps.ign.fr (consulté le 20 mai 2021). Pour comparer l'évolution entre deux dates, cliquer sur le bas de la ligne séparative verticale et la déplacer à droite ou à gauche. Pour comparer deux autres cartes, choisir les cartes dans les fenêtres en haut à gauche de l'écran.
  11. Paul Marichal, Dictionnaire topographique du département des Vosges, Paris, Impr. nationale, 1941.
  12. Aristide Guilbert, Histoire des villes de France : avec une introduction générale pour chaque province, tome 4, Paris, 1845.
  13. Aimé Gaugué, Mirecourt : (88) Vosges, Éditions S. A. E. P., 1971.
  14. Bref historique de Mirecourt
  15. a b c d e f g et h Jacquot Albert : La lutherie lorraine et française depuis ses origines jusqu'à nos jours, Minkoff, Genève, 1912 (p.VIII - XIII).
  16. a et b Archives départementales de Meurthe-et-Moselle: B 174, folio 65.
  17. Inauguration du Temple de la loge Saint Jean de Mirecourt
  18. La Fraternité Vosgienne Epinal
  19. CHOLLET Jack, La franc-maçonnerie à Mirecourt : du XVIIIe siècle à nos jours, Haroué, Gérard Louis, , 293 p. p. (ISBN 978-2-35763-046-8).
  20. Le protestantisme à Mirecourt
  21. Hélène Claudot-Hawad, « Un enfant de Mirecourt reprend malgré lui l’archèterie familiale et tente toute sa vie de patron de demeurer un artisan », sur phonotheque.hypotheses.org, .
  22. Les comptes de la commune « Copie archivée » (version du 23 mars 2015 sur l'Internet Archive).
  23. D'après FranceGenWeb
  24. « Répertoire national des élus (RNE) - version du 24 juillet 2020 », sur le portail des données publiques de l'État (consulté le 10 septembre 2020).
  25. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  26. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  27. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  28. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015, 2016, 2017 et 2018.
  29. Historique du Centre hospitalier Ravenel
  30. « Halles, marché couvert », notice no PA00107204, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  31. « Puits communal », notice no PA00107206, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  32. « Puits (rue du Docteur-Joyeux », notice no PA00107207, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  33. a et b « Ancien Couvent de la Congrégation Notre-Dame (Théâtre) », notice no PA00107326, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  34. « Pont Stanislas, ou pont Saint-Vincent », notice no PA00107205, base Mérimée, ministère français de la Culture Pont Stanislas, ou pont Saint-Vincent.
  35. L’église Notre-Dame : architecture, mobilier et grand orgue
  36. « Église de la Nativité-de-Notre-Dame », notice no PA00107203, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  37. Notice no PM88001146, base Palissy, ministère français de la Culture orgue de tribune
  38. Notice no PM88000569, base Palissy, ministère français de la Culture orgue de tribune : tribune et buffet d'orgue
  39. Notice no PM88000570, base Palissy, ministère français de la Culture orgue de tribune : partie instrumentale de l'orgue
  40. Association d’Étude pour la Coordination des Activités Musicales (ASSECARM), Orgues Lorraine Vosges, Metz, Éditions Serpenoise, , 677 p. (ISBN 2-87692-093-X)
    Présentation de l'orgue de l’église Notre-Dame sur la commune de Mirecourt: pages 304 et 387 à 394
    .
  41. « Chapelle de la Oultre », notice no PA00107202, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  42. Monument aux Morts tous conflits
  43. Monument aux morts
  44. Carré militaire, Cimetière communal
  45. Baronnie de Mirecourt
  46. Aux vosgiens victimes en 1870-71. à Épinal
  47. Collection dédiée aux instruments mécaniques
  48. Notice no PM88001048, base Palissy, ministère français de la Culture orgue à cylindres : partie instrumentale de l'orgue
  49. Site big band et atelier jazz école municipale de musique
  50. Catalogue Yvert et Tellier, Tome 1
  51. « Biographie de Albert Aubry », sur le site personnel de Bernard Visse (consulté le 4 mars 2016).
  52. « Biographie de Joseph Emmanuel Aubry », sur le site personnel de Bernard Visse (consulté le 4 mars 2016).
  53. « Biographie de François Victor Fourier Aubry », sur le site personnel de Bernard Visse (consulté le 4 mars 2016).
  54. La chapelle du Bon Père Fourier à Fenneviller (54)
  55. L'oratoire au Bon Père Pierre Fourier à Petitmont (54)
  56. La lutherie - École nationale de lutherie
  57. Site officiel du Musée de la Lutherie et de l'archèterie Françaises de Mirecourt
  58. a et b École nationale de lutherie (Lycée J.B. Vuillaume)
  59. Écoles de lutherie - Luthiers de France
  60. a et b La banque du blason