Islam en Haute-Saône
L'Islam en Haute-Saône s'est développé dans les années 1970, même si de nombreux soldats coloniaux, dont certains venaient du Maghreb étaient cantonnés dans le département entre 1870 et 1940. Durant la Seconde Guerre mondiale, la présence d'arabo-musulmans en Haute-Saône est attestée notamment dû à l'abondance de tombes musulmanes au cimetière militaire de Navenne. Après la guerre, de multiples travailleurs africains sont accueillis à Vesoul et dans d'autres villes haut-saônoises pour participer au développement économique des communes. Ces travailleurs sont engagés dans le bâtiment et contribuent donc à l'aménagement des nouveaux quartiers.
A partir des années 1970, des migrants en provenance d'Afrique du Nord, dont la plupart sont de confession musulmane, s'installent dans les logements récemment construits dans les aires urbaines haut-saônoises. Les premières associations musulmanes sont créés dans les années 1980 et se développent considérablement dans les années 1990-2000. Au début, la pratique du culte est réalisée dans des petites salles de prières aménagées pour l'occasion jusqu'à ce que des mosquées s'élèvent petit à petit à Vesoul et à Lure.
En 2007, le département de la Haute-Saône comptait environ 10500 immigrés originaires de pays musulmans, majoritairement du Maghreb, dont 1200 immigrés résidaient à Vesoul.
Histoire des musulmans de Haute-Saône
Avant 1945

Des communautés musulmanes en Haute-Saône se forment dès les années 1970, dans les principales villes. Néanmoins, à partir de la défaite française de la guerre franco-allemande de 1870 jusqu'aux années 1940, de nombreux soldats coloniaux, dont plusieurs arabo-musulmans, arrivent dans le département ainsi que dans toute la Franche-Comté et le nord-est de la France, suite à l'appel du gouvernement, afin de renforcer l'armée française[1][source insuffisante]. Ainsi, certains de ces soldats coloniaux sont tombés à Vesoul, lors de la Première Guerre mondiale, et inhumés dans le carré militaire de l'Ancien cimetière de Vesoul, témoin fort de la présence d'arabo-musulmans à Vesoul durant la guerre[Interprétation personnelle ?]. Pas moins de 210 tombes y sont rassemblées dont environ une quinzaine sont de soldats coloniaux maghrébins. Avant la Première Guerre mondiale, la présence de musulmans dans la ville de Vesoul, et globalement dans le département, reste marginale[2],[Interprétation personnelle ?].
Au cours de la Seconde Guerre mondiale, de nombreux arabes, dont des musulmans, sont également présents en Haute-Saône : en effet la commune de Vesoul est connue durant la guerre pour être le camp des prisonniers des indigènes coloniaux de l'armée allemande, nommée Frontstalag 141, qui a un champ d'action couvrant toute la Franche-Comté et la Bourgogne. Le 21 mars 1941, le camp compte 1500 français et 200 indigènes, dont de nombreux nord-africains[4],[5].[Interprétation personnelle ?]
Les musulmans disparus durant la Seconde Guerre mondiale à Vesoul et son agglomération furent enterrés au cimetière militaire de Navenne, situé dans l'agglomération sud de Vesoul, en raison d'une capacité insuffisante de l'Ancien cimetière. Sur les 226 tombes qu'abrite le cimetière, 150 sont musulmanes[6],[7].[réf. nécessaire]
De 1945 aux années 1970
Après la Seconde Guerre mondiale, la France se retrouve dévastée. Le besoin de main-d'œuvre, pour reconstruire le pays, est fort. C'est ainsi que, dès les années 1950, de nombreux nord-africains sont appelés pour travailler en Haute-Saône[Interprétation personnelle ?] et, globalement, dans tout le pays ; cette immigration sera accentuée avec l'indépendance des pays du Maghreb, notamment dans les années 1960. Des chefs d'entreprises du secteur de la construction font appels a des employés arabo-musulmans[réf. nécessaire]. Aux environs des années 1950, des travailleurs coloniaux nord-africains virent s'installer dans la région de Vesoul et de Gray. L'une des premières vagues de travailleurs nord-africains arrive à Vesoul en 1953 ; ils sont pour la plupart employés dans le secteur du bâtiment et travaux publics. Par la suite, en 1956, de nombreux nord-africains débarquent à Vesoul et à Héricourt. En 1962, la ville de Vesoul accueille une nouvelle vague de rapatriés maghrébins, venus pour le travail[8][source insuffisante]. Tous ces travailleurs participent à la construction des communes haut-saônoises : ils aménagent de nombreuses zones urbaines telles que dont le quartier des Rêpes, entre 1957 et 1961 et le quartier du Montmarin, entre 1967 et 1973, à Vesoul. Ces quartiers sont majoritairement constitués de barres et de tours d'immeubles[9][source insuffisante].

Au début des années 1960, grâce à la croissance économique importante que connaît le département, la population musulmane immigrée dans la ville a augmenté dû à la forte demande d'emplois ; le secteur de l'industrie est en pleine expansion[réf. nécessaire] notamment dans le domaine de la mécanique avec le développement de l'usine PSA[10][pertinence contestée].
[Interprétation personnelle ?]. Ces travailleurs sont essentiellement des hommes, et l'immigration féminine se fera quelques temps plus tard grâce aux lois de regroupement familial, décrétées le 29 avril 1976[11].[Interprétation personnelle ?]
Des années 1970 à aujourd'hui
Suite aux aménagements des quartiers du Montmarin et des Rêpes à Vesoul, du quartier du Mortard à Lure, de multiples familles d'immigrés africains, et particulièrement maghrébins, se sont installés dans les résidences souvent collectives des quartiers. Avec entre 15 et 20% d'habitants étrangers, ces zones comportent une part bien supérieure de résidents arabo-musulmans par rapport aux autres quartiers des communes haut-saônoises[12],[13].[source insuffisante]
Le 1er janvier 1983, la première association musulmane vésulienne est créée : il s'agit de l'« Association franco-musulmane de Vesoul ». Elle restera, pendant plusieurs années, la seule association musulmane de Vesoul[14],[15],. Entre les années 1990 et le début des années 2000, de nombreuses associations voient le jour, dont la majorité ont leurs sièges au quartier du Montmarin, comme l'Association culturelle turque Haute-Saône, créée en janvier 1997, l'Association Amitié franco-turque de Vesoul, établie le 25 mars 1999[18],[19] et enfin l'association Nouveau musulmans de France fondée le 6 juin 2000[20].
Les trois tableaux ci-dessous présentent l'évolution de la structure de la population des trois principaux pays musulmans d'origine des immigrés de Vesoul : l'Algérie, le Maroc et la Turquie.
Nombre | % sur total d'immigré | Hommes | % | Femmes | % | |
---|---|---|---|---|---|---|
217 | 18,47 | 111 | 51,05 | 106 | 48,95 | |
320 | 20,00 | 171 | 53,40 | 149 | 46,60 |
Nombre | % sur total d'immigré | Hommes | % | Femmes | % | |
---|---|---|---|---|---|---|
322 | 27,40 | 175 | 54,30 | 147 | 45,70 | |
430 | 26,87 | 217 | 50,50 | 213 | 49,50 |
Nombre | % sur total d'immigré | Hommes | % | Femmes | % | |
---|---|---|---|---|---|---|
127 | 10,80 | 68 | 53,33 | 59 | 46,67 | |
190 | 11,87 | 104 | 54,80 | 86 | 45,20 |
En 2007, selon un recensement mené par l'Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE), la commune de Vesoul totalisait approximativement 1200 immigrés d'origine de pays musulmans dont une part importante venant du Maghreb. Les immigrants du Maroc arrivent au premier rang, avec une population de 430 personnes dans la ville (ce qui représente un cinquième (20%) de l'intégralité des immigrants marocains de Haute-Saône). Les Algériens à Vesoul constitue également une ethnie fortement représentée par rapport au reste du département : la ville totalise près d'un tiers des algériens immigrés du département (320 à Vesoul pour 1 020 en Haute-Saône). Outre le Maghreb, pas moins de 190 immigrants de Vesoul viennent de Turquie, ce qui représente une part relativement minime par rapport à la communauté globale du département, qui compte 1120 membres[22]. Aucun document ne détaille la population musulmane croyante et pratiquante.
La communauté musulmane de Vesoul est connue pour avoir été l'objet d'une polémique raciale. En 2008, l'imam de la mosquée Arrahma, Abakar Mahamat-Zene, un tchadien né en 1958, a volontairement déclaré un appel à la haine juive. À la suite de ces accrochages politiques, une part importante des musulmans de Vesoul se sont mobilisés et ont manifesté pour soutenir l'imam[23],[24],[25],[26].
Certaines stations de radio de Vesoul proposent des émissions en rapport avec la religion musulmane. La radio Fréquence Amitié Vesoul diffuse durant la semaine l'émission « La voix de l'Islam » thématique qui présente les différentes facettes de la religion musulmane[27].
Aujourd'hui, la ville de Vesoul compte plusieurs boucheries halal ainsi que de nombreux restaurants maghrébins dont plus d'une dizaine de kebabs, type de restaurants qui s'est considérablement développé au cours de ces quinze dernières années[28],[29]. Autrefois, l'abattoir de Vesoul distribuait la viande halal dans 80 % des restaurants et boucheries de l'Est de la France[30]. Également, quelques autres organisations originaires du Maghreb sont dénombrées en Haute-Saône telles que des bars à chicha, reflétant les caractéristiques de la communauté arabo-musulmane.
Cultes et organisations culturelles
Lieux de culte et édifice
Quelques lieux de culte musulmans sont dénombrés en Haute-Saône.
La ville de Vesoul dispose d'une mosquée : la mosquée Arrahma (le nom Arrahma signifie la « miséricorde » en arabe), localisée au numéro 23 de la rue du général Juin, dans le quartier du Montmarin, au nord de la ville. Couvrant une surface de plus de 800 mètres², il s'agit de l'une des seules mosquées de la région à être dotée d'un minaret. Elle est également constituée d'un petit dôme. La mosquée Arrahma propose cinq classes d'apprentissage de la langue arabe et du Coran et d'enseignement de l'islam, pour hommes et femmes[31]. Outre la mosquée Arrahma, la ville de Vesoul compte quelques salle de prières telles que celle située 2 place Pascal[32].
Une mosquée est également située à Lure[33].
Le cimetière militaire de Navenne, localisé à deux kilomètres au sud de Vesoul, compte des tombes musulmanes de soldats décédés au cours de la Seconde Guerre mondiale. On dénombre un carré musulman dans lequel sont réunis 150 tombes musulmanes[34],[35], disposés en six rangées de vingt-cinq et séparées d'environ cinquante centimètres.
- Tombes musulmanes de soldats morts pendant la guerre de 39-45, au cimetière militaire de Navenne
- Crédit image:licence CC BY-SA 3.0 🛈
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Associations
Des associations relatives à la religion islamique existent dans la préfecture haut-saônoise qu'est Vesoul.
Les musulmans de Vesoul dispose de plusieurs associations musulmanes déclarées dont la plus ancienne est l'« Association franco-musulmane de Vesoul », qui fut créée le 1er janvier 1983 et qui gère actuellement la mosquée Arrahma[14],[15],.
Événements culturels
Diverses festivités sont organisées dans le département, partiellement en lien avec la religion islamique et le monde arabe.
Le Festival international des cinémas d'Asie (FICA), festivité créée en 1995, est un important festival de cinéma. Avec entre 25 000 et 30000 visiteurs accueillit lors de chaque édition, il s'agit de l'événement culturel rassemblant le plus de personnes dans le département et le troisième en Franche-Comté. Le Festival international des cinémas d'Asie présente environ 90 films en rapport avec tout le continent asiatique dont de nombreux pays musulmans du Proche-Orient tels que la Syrie, la Palestine et la Jordanie ainsi que des pays du Moyen-Orient comme l'Iran, l'Afghanistan, l'Irak et le Tadjikistan[36],[37].
De plus, des expositions et conférences liées à l'islam sont quelquefois organisées dans diverses communes haut-saônoises[38].
Voir aussi
Articles connexes
- Religion à Vesoul
- Généralité
Liens externes
Notes et références
- ↑ Frontière d'Empire, du Nord à l'Est.
- ↑ Règlement municipal des cimetières.
- ↑ Belkacem Recham, Les Musulmans algériens dans l'armée française (1919-1945), Éditions L'Harmattan, , 327 p. (ISBN 978-2-73844-618-3) [lire en ligne (page consultée le 2 juillet 2014)], p. 210.
- ↑ Frontstalag 141.
- ↑ Présentation de Navenne.
- ↑ NAVENNE.
- ↑ Apparition dans la ville suite à la guerre d'Algérie, page 17-18.
- ↑ Historique du RRS de Vesoul.
- ↑ « Usine PSA de Vesoul », notice no IA70000367, base Mérimée, ministère français de la Culture
- ↑ Interview de Paul Dijoud sur le regroupement familial en 1976.
- ↑ ZUS : Grand Montmarin.
- ↑ Non-ZUS : Les Rêpes/Pontarcher.
- ↑ 14,0 et 14,1 Association franco-musulmane de Vesoul.
- ↑ 15,0 et 15,1 Association franco-musulmane de Vesoul.
- ↑ Association Amitié franco-turque de Vesoul.
- ↑ Les associations turques de Vesoul.
- ↑ Nouveau musulmans de France.
- ↑ 21,0 21,1 et 21,2 La population des immigrés de pays musulmans à Vesoul (1999).
- ↑ 22,0 22,1 22,2 et 22,3 La population des immigrés de pays musulmans à Vesoul et en Haute-Saône (2007).
- ↑ La défense de la LDH à l'affaire Akabar.
- ↑ L'IMAM DE VESOUL, UNE MOINDRE MENACE.
- ↑ L'EX-IMAM DE VESOUL ATTEND DES PREUVES.
- ↑ L'imâm de la mosquée de Vesoul définitivement grillé.
- ↑ La voix de l'Islam de Fréquence Amitié Vesoul.
- ↑ Boucheries halal de Vesoul.
- ↑ Liste des Kebabs à Vesoul.
- ↑ Le débat de l'abattoir de Vesoul du régime halal.
- ↑ Mosquée Arrahma.
- ↑ Salle de prières, 2 Place Pascal.
- ↑ Mosquée de Lure.
- ↑ Présentation de Navenne.
- ↑ NAVENNE.
- ↑ Festival international des cinémas d'Asie.
- ↑ Festival international des cinémas d'Asie - Programmes.
- ↑ Expositions et conférences.
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