Edgard-Raoul Duval

Edgard-Raoul Duval
Portrait photographique de E. Bacard.
Fonctions
Directeur de la publication
Le Peuple français
à partir du
Directeur de la publication
L'Ordre
à partir du
Maire de Notre-Dame-du-Vaudreuil
-
Député de l'Eure
-
Conseiller général de l'Eure
-
Député de la Seine-Maritime
-
Conseiller général de la Seine-Maritime
-
Biographie
Naissance
Décès
Sépulture
Nom de naissance
Edgard-Raoul Duval
Nationalité
Activité
Famille
Père
Mère
Octavie Say ()
Fratrie
Autres informations
Parti politique
Crédit image:
licence CC BY-SA 3.0 🛈
Sépulture au Père-Lachaise.

Edgard-Raoul Duval, né le à Laon et mort le à Monte-Carlo, est un magistrat et homme politique français.

Membre de la famille Raoul-Duval, il est le fils de Raoul Duval dit « Raoul-Duval » et, par sa mère, le petit-fils de Jean-Baptiste Say[1].

Biographie

Caricature d'Edgard-Raoul Duval parue dans Le Trombinoscope de Touchatout en 1873.

Duval intègre très jeune la magistrature. En 1856, il est substitut du procureur impérial à Nantes ; il est ensuite successivement avocat général à Angers, à Bordeaux et à Nantes. Il est élu député de la Seine-Inférieure à l’Assemblée nationale le , où il devient un orateur central, notamment lors du vote des lois constitutionnelles de 1875 instaurant définitivement la Troisième République en France.

Il est élu député de l'Eure dans la circonscription de Louviers le  ; battu le par un républicain, Jules Develle, il est réélu à la députation le , cette fois dans la circonscription de Bernay, qu'il représente à la Chambre des députés jusqu'à sa mort le .

Affichant ses sentiments bonapartistes, il se montra un défenseur enthousiaste de « l'Appel au peuple ». Le , à l’acquisition par la société anonyme du journal En Avant ayant acquis l’Ordre et le Peuple français d’Albert Huet, il se voit attribuer la direction politique de ces deux organes d’obédience bonapartiste[2]. Son éloquence et son activisme politique lui valurent d'être qualifié, sans méchanceté, de « hanneton dans un tambour » par le journaliste Paul de Cassagnac.

Familier des salons parisiens comme de ceux de Rouen[3], il était lié d'amitié avec Gustave Flaubert[4]. Les lettres que lui a adressées ce dernier ont été publiées[5]. Il a été maire de Notre-Dame-du-Vaudreuil de 1878 à sa mort.

En 1886, il s’est distingué des conservateurs monarchistes (qui défendaient des intérêts dynastiques et s'opposaient au régime républicain) en essayant de fonder la « Droite républicaine », un groupe politique attaché aux idées conservatrices, mais acceptant les institutions républicaines. Cette même année, il participe à la création de l'« Association française pour la propagation du volapük », et devient membre du Comité central de l'association[6].

Souffrant depuis longtemps d’un rhumatisme larvé, qui remontait jusqu’au cœur, lors de crises durant plusieurs semaines, il commettait l’imprudence de se donner trop d’exercice. Resté alité pendant près d’un mois, en juillet 1886, il s’était livré, à peine guéri, à des parties de chasse et de canotage son château du Vaudreuil, qui l’avaient énormément fatigué. Parti récupérer dans le Midi, à la mi-décembre, il se rendait à pied jusqu’à Menton chez ses deux médecins, qui lui avaient pourtant défendu tout exercice, et allait le soir au théâtre, où il a été pris d’une syncope. Le lendemain, un refroidissement s’étant déclaré, à la suite d’une nouvelle imprudence, il est mort, la soirée suivante[7]. À l’issue de ses obsèques, au temple protestant de l'Oratoire du Louvre, il a été inhumé au cimetière du Père-Lachaise[8]. Son arrière-petite-fille, Nadine Raoul-Duval (1927-), a épousé en secondes noces l'écrivain Roger Nimier (1925-1962). Son arrière-petit-fils, Claude Raoul-Duval (1919-2018), aviateur dans les Forces françaises libres, est compagnon de la Libération[9]. La famille Raoul-Duval est toujours à la tête d'un important groupe commercial (import-export : bois, café, rhum, caoutchouc, etc.) et industriel (chimie, engrais, produits végétaux, etc.) dont les origines remontent à 1826 au Havre[10].

Notes et références

  1. Assemblée Nationale, « Edgar, Raoul Raoul-Duval - Base de données des députés français depuis 1789 - Assemblée nationale », sur www2.assemblee-nationale.fr (consulté le )
  2. « Le Monde et la Ville », Le Gaulois, Paris, 2e série, vol. 12, no 384,‎ , p. 1 (ISSN 1160-8404, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  3. (en) Jeanne Simone Pouquet (trad. Lewis Galantière), The Last Salon : Anatole France and His Muse, New York, Harcourt, Brace, , xxiv, 362 p., in-8º (OCLC 709498, lire en ligne), p. 321.
  4. (en) Frederick Brown, Flaubert : a biography, Paris, , 628 p., 24 pl. : illustr., portr. ; 24 cm (ISBN 978-0-67402-537-0, OCLC 85862632, lire en ligne), p. 534.
  5. (en) Francis Steegmuller (éd.), The Letters of Gustave Flaubert, New York, New York Review Books, , 710 p. (ISBN 978-1-68137-717-9, OCLC 1380466850, lire en ligne), p. 649.
  6. Association française pour la propagation du Volapük, « Association française pour la propagation du Volapük », Le Volapük, Paris, Henri Jouve, vol. 1, no 1,‎ , p. 2 (ISSN 2546-860X, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  7. « Mort de M. Raoul Duval », Journal d'Évreux, Évreux, vol. 5, no 14,‎ , bd6t51179749s/f1 (ISSN 2968-9899, lire en ligne sur Gallica, consulté le ).
  8. 39e division Jules Moiroux, Le cimetière du Père-Lachaise, (lire en ligne sur Gallica), p. 290
  9. « Claude Raoul-Duval », sur ordredelaliberation.fr (consulté le ).
  10. Sur le groupe Raoul-Duval (société en commandite : SCRD) voir : Stéphane Siret, « Le Havre », Le Point, nº 1624, 31 octobre 2003.

Sources

Liens

Articles connexes

Liens externes