Pierre-Gaëtan Leymarie

Pierre-Gaëtan Leymarie
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Pierre-Gaëtan Leymarie
Naissance
Tulle, Drapeau de la France France
Décès (à 73 ans)
Paris, Drapeau de la France France
Activité principale
Éditeur et propagateur du spiritisme
Auteur
Mouvement spirite
Genres

Pierre-Gaëtan Leymarie, né le à Tulle et mort le à Paris, est un éditeur qui prit la succession d'Allan Kardec au sein du mouvement spirite français, à la fin du XIXe siècle.

Biographie

Après une enfance en Corrèze, P. G. Leymarie s'installe très jeune à Paris pour subvenir aux besoins de sa famille. En raison de son soutien affiché aux idées républicaines, le coup d'État du 2 décembre 1851 l'oblige à s'exiler au Brésil[1]. L’amnistie du lui permet de rentrer en France où il fonde avec son ami Jean Macé la Ligue de l'enseignement, destinée à promouvoir l'éducation populaire[2]. Il travaille aussi dans l'édition, découvre Le livre des Esprits et devient l'un des plus fervents admirateurs d'Allan Kardec. En 1869, il succède à ce dernier à la tête de la Société spirite et devient directeur de La Revue spirite. À partir de 1878, il fonde la Société scientifique d’études psychologiques et organise la diffusion de la doctrine spirite à travers le monde. Leymarie entreprend aussi de mettre en pratique les principes sociaux du spiritisme et soutient les actions sociales de l'industriel Jean-Baptise Godin, fabricant des appareils de chauffage du même nom. Spirite convaincu, Godin organise un familistère dans lequel les ouvriers participent à la gestion de l'entreprise et améliorent les conditions de travail[3]. Le familistère Godin devient alors un modèle social pour le spiritisme français[3].

Tombe de Pierre Gaetan Leymarie au cimetière du Père-Lachaise (division 70).

P. G. Leymarie meurt en 1901 ; sa tombe au cimetière du Père-Lachaise (division 70) est construite à partir du même bloc de granit que celui utilisé pour la sépulture d'Allan Kardec, elle porte l'inscription « Mourir c’est quitter l’ombre pour entrer dans la lumière ».

Le procès des spirites

Une affaire judiciaire nommée « le procès des spirites » affecte P.G. Leymarie. Elle commence en 1875, quand La Revue spirite publie des « photographies américaines » qui montrent des photos d'esprits posant à côté des membres de leur famille[4]. Leymarie informe ses lecteurs qu'un médium du nom de Buguet est susceptible de fournir des clichés similaires à ses clients. La presse de l'époque s'empare de cette affirmation et la présente comme une escroquerie. Le débat prend de l'ampleur et en 1875, le Ministère Public instruit un procès pour fraude et mystification à l'encontre de Leymarie, de Buguet et du photographe Firman[4]. Le réquisitoire de l'avocat de la République met en cause les prévenus, la doctrine spirite et Madame veuve Kardec, alors âgée de quatre-vingts ans. Les jurés condamnent Leymarie à un an de prison ferme et à une amende de cinq cents francs[5]

Cette sentence provoque un mouvement de sympathie pour les condamnés. Les soutiens arrivent du monde entier pour défendre Leymarie, présenté comme un « martyr de la troisième révélation ». Cent quarante personnes témoignent sur l'honneur avoir obtenu de Buguet la photographie authentique de membres de leur famille décédés[4]. Finalement, lors du procès en appel, la justice conclut à la bonne foi de Leymarie et procède à sa réhabilitation[4].

Bibliographie

  • Les œuvres posthumes d'Allan Kardec, édition de la librairie spirite, Paris, 1890.

Notes et références

Sources

  • Marion Aubrée (anthropologue) et François Laplantine (anthropologue et enseignant), La Table, le Livre et les Esprits : Naissance, évolution et actualité du mouvement social spirite entre la France et le Brésil, Paris, Lattès, . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article
  • Regis Ladous (docteur ès lettres, professeur à l'Université de Lyon III), Le spiritisme, Paris, Cerf, coll. « Bref », . Ouvrage utilisé pour la rédaction de l'article