Jessie Stephen

Jessie Stephen
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Auteur inconnuUnknown author
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Biographie
Naissance
Décès
(à 86 ans)
Bristol
Nationalité
Domiciles
Formation
Activités
Autres informations
Partis politiques
Membre de
Bristol Trades Council (en) ()
Workers' Birth Control Group (en)
National Federation of Women Workers (en)
East London Federation of the Suffragettes ()
Women's Social and Political Union
Personnes liées
Distinction

Jessie Stephen, MBE, née le à Marylebone, Londres, et morte le (à 86 ans) à Bristol est une suffragette, une militante syndicale et une conseillère municipale britannique du XXe siècle.

Elle grandit en Écosse et obtient une bourse d'études pour devenir enseignante. Les finances familiales en ont décidé autrement, ce qui l'a amenée à devenir employée de maison à l'âge de 15 ans. Adolescente, elle s'est impliquée dans les questions nationales liées au travail, par l'intermédiaire d'organisations telles que l'Independent Labour Party (Parti travailliste indépendant) et la Women's Social and Political Union (Union sociale et politique des femmes). Stephen s'est installée à Londres pendant la Première Guerre mondiale et, dans les années 1920, elle a effectué une tournée aux États-Unis et au Canada, où elle a tenu des réunions publiques, y compris avec des travailleurs domestiques anglais immigrés.

Stephen a été élue plusieurs fois conseillère municipale et s'est présentée comme candidate aux élections générales. Après avoir déménagé à Bristol dans les années 1940, elle est devenue la première femme présidente du Bristol Trades Council. Elle a été nommée MBE en 1977 et sa vie est commémorée par une plaque bleue à Bristol.

Biographie

Dans le Dictionary of National Biography, Stephen est considéré comme une « suffragette et militante syndicale »[1], et décrite comme « pratiquement la seule membre écossaise de la Women's Social and Political Union (WSPU) (Union sociale et politique des femmes) dont on sait quelque chose »[2].

Enfance

Jessie Stephen est née à Marylebone, Londres, le 19 avril 1893. Elle est l'aînée des onze enfants du tailleur Alexander Stephen et de son épouse Jane Miller. La famille déménage à Édimbourg, puis à Dunfermline, avant de s'installer à Glasgow en 1901[1]. Le père de Jessie Stephen est un membre fondateur du Independent Labour Party (ILP)[2]. Elle décrit sa mère comme étant « si calme et à l'opposé de père »[3].

Elle fréquente les Écoles du dimanche liées à l'église protestante et au socialisme[1],[4] et fait ses études à l'école de North Kelvinside[1]. Elle obtient une bourse pour suivre une formation d'institutrice[5]. En raison de sa situation familiale, elle n'a pas les moyens de poursuivre son rêve de devenir enseignante et devient employée de maison à l'âge de 15 ans[2],[6].

« Malheureusement pour mes rêves, le chômage s'est aggravé et il n'y avait rien d'autre à faire que de quitter la bourse d'études d'enseignante. »

— Jessie Stephen, cité par Jill Liddington dans "The Road to Greenham Common: Feminism and Anti-Militarism in Britain Since 1820"

Carrière

Engagement politique

Elle est considérée comme une « jeune militante de la branche Maryhill de l'ILP », avant de rejoindre la WSPU[7] en 1909, à l'âge de 16 ans[2]. Vers 1911-12, elle forme la Scottish Federation of Domestic Workers (Fédération écossaise des employées de maison). Elle organise des réunions avec ses collègues domestiques, d'abord dans la rue, puis dans le salon de thé Alston's dans la rue Bothwell, à Glasgow. L'organisation finit par fusionner avec le Domestic Workers' Union of Great Britain and Ireland, basé à Londres, en 1913[8].

Stephen est le plus jeune membre de la délégation de la WSPU Glasgow auprès du chancelier de l'Échiquier David Lloyd George en 1912[5] et elle participe au premier des "outrages écossais", avec des attaques contre des "Pillar boxes" (boîtes aux lettres rouges) à l'acide, à Glasgow en février 1913[4],[10],[11],[12]. Son emploi de femme de chambre lui a été favorable lors de ces attaques, comme elle l'a expliqué dans une interview en 1975 : « J'ai pu faire tomber de l'acide dans les boîtes postales sans être soupçonné, parce que je descendais de mon lieu de travail avec mon bonnet, mon tablier de mousseline et ma redingote noire... personne ne m'aurait jamais soupçonné d'avoir fait tomber de l'acide dans la boîte. »[13].

Stephen est approchée par Sylvia Pankhurst et quitte Glasgow pour Londres[1], où elle est considérée, vers 1916, comme l'un des « membres les plus actifs » avec Emma Boyce de la Workers' Suffrage Federation[14]. En avril 1919, Stephen fait partie des orateurs qui s'adressent à une foule d'environ 10 000 personnes à Trafalgar Square, pour s'opposer au blocus de l'Allemagne[6]. Parmi les autres oratrices figurent Emmeline Pethick-Lawrence et Theodora Wilson Wilson[6]. Elle est également une membre active de la Women's Peace Crusade et, lors de la conférence de l'ILP de 1920, elle s'est prononcée contre le recours à la force lors des événements qui ont précédé le traité sur la création de l'Union soviétique[15].

Dans les années 1920, elle visite les États-Unis, organise des réunions publiques avec les communautés immigrées d'Écosse et du Pays de Galles[1],[16] et collecte des fonds pour le Parti socialiste d'Amérique[1]. Elle se rend également à Vancouver, où elle encourage les travailleurs domestiques anglais immigrés à se syndiquer[1].

Stephen a ensuite vécu dans le Lancashire[5] et à Londres[4],[5], où elle s'est impliquée dans l'East London Federation et a vendu le Workers' Dreadnought[4]. Elle est élue conseillère d'arrondissement pour le Parti travailliste de Bermondsey en 1922, après avoir échoué à être sélectionnée comme candidate aux élections générales pour l'ILP[5], et travaille pour le membre du Parlement de Bermondsey Alfred Salter[4]. Elle se présente comme candidate travailliste pour Portsmouth South aux élections générales de 1923, 1924 et 1929[17], et pour Kidderminster en 1931[4].

À partir de 1924, Stephen travaille comme journaliste indépendante[4], crée une agence de secrétariat à Lewes en 1935[4] et adhère à la National Union of Clerks en 1938[1]. Au moment de la Seconde Guerre mondiale, elle travaille pour Murphy Radio à Welwyn Garden City[4].

En 1944, Stephen est nommée première femme organisatrice syndicale régionale du National Clerical and Administrative Workers' Union pour le sud du Pays de Galles et l'ouest de l'Angleterre et s'installe à Bristol[1]. Elle travaille également à la succursale de Broad Quay de la Co-operative Wholesale Society (CWS) et devient plus tard présidente du comité de gestion local de la CWS[1]. À cette époque, elle prend la parole en public et donne des conseils sur le contrôle des naissances[4]. Elle est élue au conseil municipal de Bristol[4].

En 1952, elle devient la première femme présidente du Bristol Trades Council[18] et en 1955, elle reçoit l'insigne d'or du TUC[19].

Lors des élections générales de 1964, elle est candidate pour le Parti travailliste dans la circonscription de Weston-super-Mare[4].

Mort

Plus tard, Stephen devient aveugle[20]. Elle meurt d'une pneumonie et d'une insuffisance cardiaque à l'hôpital général de Bristol le 12 juin 1979[1].

Distinction

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Ruban civil de Membre de l'Empire Britannique

Hommages

Plaque bleue pour Jessie Stephen MBE (1893-1979) à Chessel Street, Bristol. Conseillère et syndicaliste qui, en 1952, devint la première femme présidente du Trades Council. A vécu et est décédée ici.

Une plaque bleue commémore la vie de Jessie Stephen à son ancien domicile de Bedminster, Bristol[18].

Le 10 novembre 1995, le groupe du Parti socialiste européen de Bristol a honoré sa mémoire en organisant la première conférence commémorative Jessie Stephen, intitulée "Les femmes dans la politique européenne"[1].

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Partie de l'œuvre d'art River of Words sur le canal Forth et Clyde à Stockingfield Junction, Maryhill, Glasgow où appraît le nom de Jessie Stephen.

Son nom figure dans le River of Words, une œuvre d'art réalisée par Anoushka Havinden à Stockingfield Junction sur le canal de Forth et Clyde à Maryhill, Glasgow, qui répertorie les personnes locales ayant une importance historique[22].

L'autobiographie non publiée de Stephen, Submission is for Slaves, est disponible en version numérique à la Working Class Movement Library[23].

Brian Harrison a enregistré un entretien oral avec Stephen en juillet 1977, dans le cadre du projet Suffrage Interviews, intitulé Oral evidence on the suffragette and suffragist movements : the Brian Harrison interviews[24]. Stephen y parle de l'influence de son père, de ses activités au sein de la WSPU et de son engagement aux côtés de Sylvia Pankhurst.

Elle est également le sujet d'une courte animation réalisée dans le cadre du projet Vote 100[25] de la Glasgow Women's Library (bibliothèque des femmes de Glasgow).

Notes et références

  1. a b c d e f g h i j k l et m (en) « Search Results for jessie stephen », sur Oxford Dictionary of National Biography (consulté le )
  2. a b c et d Leah Leneman, The Scottish Suffragettes (Scotªs Lives), National Museums of Scotland, (lire en ligne)
  3. (en) Spare Rib, Spare Ribs Limited, (lire en ligne)
  4. a b c d e f g h i j k et l (en) Stephen, Miss Jessie, (lire en ligne)
  5. a b c d et e (en) Elizabeth Crawford, The Women's Suffrage Movement: A Reference Guide, 1866-1928, Routledge, (ISBN 978-0-415-23926-4, lire en ligne)
  6. a b et c (en) Jill Liddington, The Road to Greenham Common: Feminism and Anti-militarism in Britain Since 1820, Syracuse University Press, (ISBN 978-0-8156-2539-1, lire en ligne)
  7. Internet Archive, Out of bounds : women in Scottish society 1800-1945, Edinburgh : Edinburgh University Press, (ISBN 978-0-7486-0372-5, lire en ligne)
  8. Laura Schwartz, « ‘What we think is needed is a union of domestics such as the miners have’: The Domestic Workers’ Union of Great Britain and Ireland 1908–14 », Modern British History, vol. 25, no 2,‎ , p. 173–198 (ISSN 2976-7016, DOI 10.1093/tcbh/hwt028, lire en ligne, consulté le )
  9. (en) « The Scottish Women's Suffrage Movement », sur Goodreads (consulté le )
  10. (en) T. M. Devine, The Scottish Nation, (lire en ligne)
  11. « Yes needs to do more to persuade Scotland's women », sur web.archive.org, (consulté le )
  12. Elspeth King, The hidden history of Glasgow's women: the Thenew factor, Mainstream Publ, (ISBN 978-1-85158-404-8, lire en ligne)
  13. (en) Prague papers on the history of international relations, Institute of World History, Faculty of Arts, Charles University Prague, (ISBN 978-80-7308-296-3, lire en ligne)
  14. (en) June Hannam et Karen Hunt, Socialist Women: Britain, 1880s to 1920s, Taylor & Francis, (ISBN 978-0-203-20730-7, lire en ligne)
  15. National Women's Trade Union League of a, Life and Labor Bulletin, Volumes 1-10, Creative Media Partners, LLC, (lire en ligne)
  16. Fred W. S. Internet Archive, British parliamentary election results, 1918-1949, Glasgow : Political Reference Publications, (ISBN 978-0-900178-01-6, lire en ligne)
  17. a et b (en-GB) Open Plaques, « Jessie Stephen MBE (1893-1979) historical plaques and markers », sur openplaques.org (consulté le )
  18. Rebecca Mason, « The New Biographical Dictionary of Scottish Women, ed. by Elizabeth Ewan, Rose Pipes, Jane Rendall and Siân Reynolds », The Innes Review, vol. 71, no 1,‎ , p. 136–138 (ISSN 0020-157x, DOI 10.3366/inr.2020.0261, lire en ligne, consulté le )
  19. (en) ukvote100, « Suffragette and Activist Jessie Stephen: A Life Remembered by Jean Corston », sur UK Vote 100: Looking forward to the centenary of Equal Franchise in 2028 in the UK Parliament, (consulté le )
  20. « Page 7099 | Supplement 47234, 10 June 1977 | London Gazette | The Gazette », sur www.thegazette.co.uk (consulté le )
  21. (en) « Stockingfield Artwork projects », sur Scottish Canals (consulté le )
  22. « WCML | Jessie Stephen | Activists », sur web.archive.org, (consulté le )
  23. (en-GB) London School of Economics and Political Science, « The Suffrage Interviews », sur London School of Economics and Political Science (consulté le )
  24. (en) Glasgow Women's Library's, « Vote 100: The Films », sur Glasgow Women's Library's