Institut Montaigne

Institut Montaigne
Logo-institut-montaigne.jpg
Marque déposée 🛈
Logo.
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Forme juridique
Domaine d'activité
Généraliste
Financement
Privé
Méthode
Lobbying
Siège
Paris (59, rue La Boétie, 75008)
Pays
Organisation
Fondateur
Claude Bébéar
Président
Direction
Marie-Pierre de Bailliencourt () (depuis ), Laurent Bigorgne (-)
Idéologie
Budget
7 280 000 € (2021)
Publication
Notes, études, rapports et événements
Site web
Identifiants
RNA
SIREN
SIRET
data.gouv.fr

L'Institut Montaigne est un laboratoire d'idées français qui défend une vision libérale[1],[2],[3]. Créé en 2000 par l'homme d'affaires Claude Bébéar, il est financé par plusieurs grandes entreprises[4],[5].

L'Institut Montaigne a le statut d'association loi de 1901.

Il est domicilié rue La Boétie, dans le 8e arrondissement de Paris.

Thématiques

Objectif

L'institut se présente avec l'objectif de concilier les enjeux de la compétitivité économique et de la cohésion sociale. Ses publications portent sur les enjeux de long terme, notamment en matière de politique publique, auxquels la France et l'Europe sont confrontées[6].

Grands axes

Souvent classé comme libéral, l'institut a pris néanmoins des positions fermes en matière de régulation financière à la suite de la crise financière de 2008[7].

Il propose une forte réduction des dépenses publiques, notamment en augmentant la durée du temps de travail des fonctionnaires et dans le secteur privé, en rendant dégressive l'indemnisation du chômage, en créant une franchise de remboursement médical, enfin en réduisant les allocations familiales, par une diminution progressive de la prise en charge des congés parentaux[8].

Organisation

Comité directeur

L'organisme comprend un comité directeur, organe décisionnel, qui s'assure de la « cohérence des publications et de la qualité scientifique et éditoriale » des travaux[9] :

Selon Laurent Bigorgne, ancien directeur de l'institut « la moitié de notre comité de direction est composée de gens de gauche, et l’autre moitié de gens de droite[2]. » Par ailleurs, de nombreuses personnalités contribuent aux travaux et réflexions menées par l’Institut Montaigne[25].

L'Institut annonce le la démission de Laurent Bigorgne, soupçonné d'avoir drogué une collaboratrice à son insu, lors d'une réunion de travail organisée à son domicile. Une direction provisoire est assurée par la directrice adjointe, Camille Godeau, et par le comité de direction, sous la supervision du président, Henri de Castries, et de ses deux vice-présidents, Jean-Dominique Senard et David Azéma[26],[27],[28].

Équipe permanente

Composée de 35 membres, elle est dirigée par Marie-Pierre de Bailliencourt depuis la démission de Laurent Bigorgne[29].

Financement

D'après Julia Cagé[30], l'institut, contrairement à d'autres laboratoires d'idées comparables, ne perçoit pas de financement public direct (cagnotte du Premier ministre, réserves parlementaires). Il est financé par des entreprises[31] (aucune des cotisations ne peut excéder 2 % du budget total). Les règles de défiscalisation des dons privés à ce type de structure (crédit d'impôt allant jusqu'à 66 %) sont telles que le financement de l'institut est d'initiative exclusivement privée[2].

Le budget de l'institut est en 2021 de 7 280 000 euros, ce qui en fait le plus riche des laboratoires d'idées français.

Son financement provient principalement de LVMH, TotalEnergies, Vinci et Carrefour[5].

Controverses

Actions pendant la campagne présidentielle de 2012

En , dans le cadre de la campagne pour l’élection présidentielle, il est reproché à l'Institut Montaigne de faire de la publicité déguisée pour Nicolas Sarkozy, alors que la publicité de partis politiques est interdite[32].

En effet, une proposition issue de la campagne de publicité menée de mars à avril par l'Institut Montaigne est rapprochée de certains propos tenus par le président-candidat, conduisant le Conseil supérieur de l'audiovisuel à instruire le dossier[33],[34],[35].

À la suite de l'intervention du CSA, BFM TV, BFM Radio ou encore RMC cessent la diffusion pendant la durée de la campagne des spots de l'Institut Montaigne, trop engagées en faveur de Nicolas Sarkozy[5], afin de respecter l'équilibre entre candidats. L'institut se félicite cependant d'avoir atteint son objectif : « Notre campagne aura été programmée 26 jours sur les 31 prévus initialement[36]. »

L'Institut Montaigne a également chiffré les mesures proposées par les candidats à l'élection présidentielle, en partenariat avec le journal Les Échos[37],[38]. La qualité de ce travail a été quelquefois contestée ; pour Mediapart, « les présupposés idéologiques, l'absence de garantie sur l'impartialité des calculs ou encore le secret gardé sur l'identité des "chiffreurs" jettent la suspicion sur ce projet[38]. »

Pendant la campagne, La Chaîne parlementaire (LCP) avait comme éditorialiste de son émission politique Thèmes de campagne Laurent Bigorgne, alors directeur de l'Institut Montaigne[39]. Cette émission, présentée par Patrick Poivre d'Arvor, avait reçu, de mars à , Pascal Lamy, Nicole Notat, Thierry Breton et Jacques Attali[40].

Actions pendant la campagne présidentielle de 2017

Le directeur de l'Institut Montaigne, Laurent Bigorgne, contribue personnellement à la campagne de Emmanuel Macron à partir d'[5].

Dans son analyse, réalisé avec le journal Les Échos, des programmes économiques des candidats, l'institut soutient celui d'Emmanuel Macron et critique sévèrement les candidats de gauche Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon[5].

L'institut présente par la suite une certaine proximité avec le gouvernement[Selon qui ?][réf. nécessaire].

Le Premier ministre Édouard Philippe se rend en au déjeuner que le think tank organise entre les entreprises adhérentes et des personnalités politiques[5]. Laurent Bigorgne est nommé en membre du Comité action publique 2022, installé par le Premier ministre pour concevoir le projet de réforme de l’État, puis est invité à débattre avec Emmanuel Macron le , avec soixante-cinq autres intellectuels, pour faire face à la crise des Gilets jaunes[5]. Gilles Babinet, référent de l'institut sur la question du numérique, est nommé par le gouvernement vice-président du Conseil national du numérique en [5].

Classement

En 2017, l'Institut Montaigne a été classé à la première place du classement « Think Tank & Transparent » de l'Observatoire européen des think tanks, en obtenant les plus hautes notes en matière de gouvernance, de transparence et de production[41],[42].

Notes et références

  1. « Le CSA fait retirer des publicités trop sarkozystes », L'Obs,‎ (lire en ligne).
  2. a b et c Jean-Louis Dell'Oro, « Un think tank libéral se cache-t-il derrière les candidatures Macron et Fillon ? », sur challenges.fr, .
  3. Marie Charrel, « L’Institut Montaigne plaide pour un renforcement de la zone euro », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  4. Jérôme Lefilliâtre, « L'Institut Montaigne, la très riche boîte à idées de la macronie », sur Libération, .
  5. a b c d e f g et h Grégory Rzepski, « Ces viviers où prolifèrent les « experts » médiatiques », sur monde-diplomatique.fr, Le Monde diplomatique, .
  6. Présentation sur institutmontaigne.org.
  7. Nicolas Cori, « Le libéral Institut Montaigne pique une crise d’altermondialisme », sur liberation.fr, .
  8. « L'Institut Montaigne prône des coupes drastiques dans la dépense publique », sur lexpansion.lexpress.fr, .
  9. Comité directeur sur institutmontaigne.org.
  10. « Henri de Castries » (consulté le ).
  11. (en-US) « Intervenants | AZEMA David », sur La Fabrique de la Cité (consulté le ).
  12. « David Azéma », sur Le Figaro.fr (consulté le ).
  13. « Emmanuelle Barbara - Groupe d'Etudes Géopolitiques », sur geopolitique.eu (consulté le ).
  14. « Marguerite Bérard, une banquière si parfaite », sur lefigaro.fr, (consulté le ).
  15. « Jean-Pierre Clamadieu (Solvay) : "Réouvrons le débat sur les gaz de schiste !" », sur Les Echos, (consulté le ).
  16. « Trois axes pour briser la rentabilité du cybercrime », La Croix,‎ (ISSN 0242-6056, lire en ligne, consulté le ).
  17. « Archives des Expert digital • Arkane Persona », sur Arkane Persona (consulté le ).
  18. « Natalie Rastoin - Présidente d'Ogilvy Paris/ IBM », sur lesclesdedemain.lemonde.fr (consulté le ).
  19. « Le directeur de l'Institut Montaigne démissionne », sur Les Echos, (consulté le ).
  20. « Contribution au rapport publié par l'Institut Montaigne et le Comité Médicis "Le capitalisme responsable : une chance pour l'Europe" », sur Gide Loyrette Nouel, (consulté le ).
  21. « Arnaud VAISSIE », sur Les Rencontres Économiques (consulté le ).
  22. « Philippe Manière », sur Les Echos, (consulté le ).
  23. « Natacha VALLA », sur Les Rencontres Économiques (consulté le ).
  24. « "Notre ambition est de développer les conditions d’un numérique de confiance", Philippe Wahl ( Groupe La Poste) », sur La Tribune, 2022-02-12cet11:19:00+0100 (consulté le ).
  25. « Experts », sur Institut Montaigne (consulté le ).
  26. « Démission de Laurent Bigorgne, directeur de l’Institut Montaigne, soupçonné d’avoir drogué une collaboratrice », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  27. « Communication de l'Institut Montaigne », sur institutmontaigne.org, (consulté le ).
  28. « Le directeur de l'Institut Montaigne démissionne », sur lesechos.fr, (consulté le ).
  29. « Marie-Pierre de Bailliencourt prend la tête de l'Institut Montaigne », sur lesechos.fr, (consulté le ).
  30. Julia Cagé, Le prix de la démocratie, Fayard, , 464 p. (ISBN 978-2213704616).
  31. Liste des 100 entreprises sur institutmontaigne.org.
  32. Nabil Touati, « Une pub déguisée pour Sarkozy à la télé ? », sur L'Obs, (consulté le ).
  33. « Institut Montaigne, pub déguisée pour Sarkozy ? », sur arretsurimages.net, (consulté le ).
  34. « Une publicité déguisée pour Sarkozy en question », sur Mediapart, (consulté le ).
  35. « Une publicité déguisée pour l'UMP pourrait être interdite », TDG,‎ (ISSN 1010-2248, lire en ligne, consulté le ).
  36. « Des publicités trop sarkozystes retirées par le CSA », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  37. Lucie Robequain, « Présidentielle : Les Échos et l'Institut Montaigne engagent le chiffrage des programmes pour 2012 », sur Les Echos, (consulté le ).
  38. a et b Laurent Mauduit, « Présidentielle 2012: chiffrages, déchiffrages, enfumages... », sur mediapart.fr, .
  39. Sébastien Rochat, « Le (faux) nez du patronat dans une émission de LCP ? », sur arretsurimages.net, .
  40. « LCP - Thèmes de campagne ».
  41. Observatoire européen des think tanks, « La France des think tanks 2017 » [PDF], sur uploads.strikinglycdn.com, .
  42. « Les think tanks français, des organismes bien structurés mais peu transparents », sur lesechos.fr, .

Liens externes