Institut Montaigne

Institut Montaigne
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Histoire
Fondation
Cadre
Type
Domaine d'activité
Généraliste
Siège social
Pays
Organisation
Fondateur
Président
Direction
Budget
4,3 millions d'euros
Publication
Notes, études, rapports et événements
Site web
www.institutmontaigne.org
Identifiants
data.gouv.fr

L'Institut Montaigne, créé en 2000 par Claude Bébéar, est un groupe de réflexion français. Basé à Paris, il regroupe des cadres d'entreprises, des hauts-fonctionnaires, des universitaires et des représentants de la société civile. Il est d'orientation libérale[1],[2],[3].

Recherche

L'institut se présente avec l'objectif de concilier les enjeux de compétitivité et de cohésion sociale. Son expertise porte sur les enjeux de long terme, notamment en matière de politiques publiques[4], auxquels la France et l'Europe sont confrontées.

Grands axes

Il organise ses travaux autour de quatre axes de recherche :

  • cohésion sociale : éducation, enseignement supérieur, emploi, formation professionnelle, égalité des chances, diversité ;
  • action publique : retraites, justice, santé, protection sociale, environnement, Europe, relations internationales ;
  • compétitivité : entreprises, énergie, transports, PME, numérique, régulation financière ;
  • finances publiques : fiscalité, finances locales, dépenses publiques, collectivités territoriales.

L’Institut s’attache à fournir des éléments de décryptage du débat public, notamment en mettant à la disposition des citoyens des outils et des données factuelles. En 2016, l’Institut Montaigne lance avec l’IFOP une grande enquête, aux méthodes rigoureuses et transparentes[citation nécessaire], sur les musulmans de France auprès de plus de 1 000 personnes de confession ou de culture musulmanes. Ainsi, en 2012, à l’occasion de l’élection présidentielle, l’Institut Montaigne a réalisé une estimation de l’impact budgétaire des programmes des principaux candidats à travers l’opération Chiffrages-Déchiffrages 2012. Il a renouvelé cette démarche pour les programmes des deux principaux candidats des dix des plus grandes villes françaises à l’occasion des élections municipales de 2014, des élections régionales de 2015 et de la présidentielle 2017 . Il a également créé le premier serious game sur les finances publiques, permettant à chacun de comprendre en temps réel l’impact des mesures macro-économiques et politiques sur le budget de l’État et de visualiser l’évolution de la dette et du déficit de la France.

L’Institut crée aussi des initiatives participatives comme il l’a fait en organisant en 2012 une conférence de citoyens réunissant 25 personnes pour les former aux principaux enjeux du système de santé, à son fonctionnement et à son financement. Ils ont ensuite débattu avec des experts venus d’horizons très divers avant de se réunir pour rédiger eux-mêmes un « avis citoyen ».

Souvent classé comme libéral, l'institut a pris néanmoins des positions fermes en matière de régulation financière à la suite de la crise financière de 2008[5],[6]. Il propose une forte réduction des dépenses publiques notamment en augmentant le temps de travail des fonctionnaires et dans le secteur privé, en rendant dégressive l'indemnité chômage, en créant une franchise de remboursement médical, enfin en réduisant les allocations familiales, par une diminution progressive de la prise en charge des congés parentaux[7].

L’Institut travaille au renouvellement de certaines pratiques démocratiques en accompagnant des initiatives innovantes. Ainsi il a mené en 2011, sous la direction de Gilles Kepel, une enquête auprès des habitants des communes de Clichy-sous-Bois et Montfermeil (93) qui a donné lieu à Banlieue de la République, monographie d’un territoire qui a été l’épicentre des émeutes de 2005. Gilles Kepel et l’équipe de l’Institut ont également parcouru la France pendant un an et demi pour réaliser le livre numérique Passion française, fruit de rencontres à Roubaix et à Marseille de candidats issus de l’immigration.

En 2012, dans de cadre de l’élection présidentielle, le Conseil supérieur de l'audiovisuel fait suspendre la diffusion par BFM-TV et RMC des publicités de l'institut Montaigne, trop engagées en faveur de Sarkozy, afin de respecter l'équilibre entre candidats. L'institut Montaigne se félicite d'avoir atteint son objectif : « Notre campagne aura été programmée 26 jours sur les 31 prévus initialement »[8].

Production

L’institut Montaigne est un espace de réflexion et d’élaboration de propositions concrètes affranchi de toute logique partisane dont l’objectif est de renforcer la compétitivité et la cohésion sociale. Les propositions formulées sont adressées aux pouvoirs publics. Plus récemment, l’institut Montaigne encourage et promeut des voies nouvelles d’action en lançant des expérimentations rigoureusement évaluées. C’est le cas, par exemple, de la conférence de citoyens organisée à l’automne 2012 sur la réforme du système de santé français et de son financement.

Organisation

Comité directeur

Organe décisionnel, qui s'assure de la cohérence des publications et de la qualité scientifique et éditoriale des travaux[9] :

D'après Laurent Bigorgne, « la moitié de notre comité de direction est composée de gens de gauche, et l’autre moitié de gens de droite »[12].

Conseil d'orientation

Instance consultative, composée de douze membres dont le président est Ezra Suleiman, professeur à l'université de Princeton, le conseil d’orientation de l’institut Montaigne a pour principale finalité de nourrir la réflexion de l’institut sur les tendances sociétales lourdes[13].

Experts

De nombreuses personnalités contribuent aux travaux et réflexions menées par l’institut Montaigne.

  • Gilles Babinet contributeur sur les questions numériques ;
  • Nicolas Baverez contributeur sur les questions de défense ;
  • Patrick Calvar conseiller pour les questions de sécurité ;
  • Eric Chaney conseiller pour les questions économiques ;
  • Olivier Duhamel contributeur sur les questions politiques et institutionnelles ;
  • Ramon Fernandez contributeur sur les questions européennes ;
  • Hakim El Karoui collaborateur sur les questions de politique arabe et relatives à l’Islam ;
  • Marc Lazar contributeur sur les questions politiques et institutionnelles françaises et européennes ;
  • Dominique Moïsi conseiller pour les questions de géopolitique.

Équipe permanente

Composée de 21 membres, dirigée par Laurent Bigorgne depuis 2011[14].

Financement

D'après Julia Cagé[15], l'institut, contrairement à d'autres think tanks comparables, ne perçoit pas de financement public direct (cagnotte du premier ministre, réserves parlementaires). Il est financé par des entreprises[16] (aucune des cotisations ne peut excéder 2 % du budget total). Les règles de défiscalisation des dons privés à ce type de structure (réduction d'impôt allant jusqu'à 66%) sont telles que le financement de l'institut est d'initiative exclusivement privée[12] tout en étant majoritairement à la charge l’État.

Le budget de l'institut était en 2017 de 5,9 millions d'euros, ce qui en fait le plus riche des think tanks français. Son financement provient principalement de LVMH, Total, Vinci et Carrefour[17].

Controverses

Actions pendant la campagne présidentielle de 2012

En avril 2012, il a été reproché à l'institut Montaigne de faire de la publicité déguisée pour Nicolas Sarkozy, alors que la publicité de partis politiques est interdite[18]. En effet, une proposition issue de la campagne de publicité menée de mars à avril par l'institut Montaigne a été rapprochée de certains propos tenus par le président-candidat, Nicolas Sarkozy, conduisant le CSA à instruire le dossier[19],[20],[21]. Cette proposition avait déjà été formulée par l'Institut Montaigne dès 2006 dans une étude de Jacques Bichot[22]. D'autres propositions mises en avant pendant cette campagne font écho aux programmes de François Hollande comme celles sur la priorité à l'école primaire, défendue par l'Institut Montaigne dans son rapport Vaincre l'échec à l'école primaire en 2010[23].

Suite à l'intervention du CSA, BFMTV, BFM Radio ou encore RMC cessent la diffusion pendant la durée de la campagne des spots de l'Institut Montaigne en faveur des propositions de Nicolas Sarkozy[17]. L'institut Montaigne a également chiffré les mesures proposées par les candidats à l'élection présidentielle, en partenariat avec le journal Les Échos[24],[25]. La qualité de ce travail a été quelquefois contestée ; pour Médiapart « les présupposés idéologiques, l'absence de garantie sur l'impartialité des calculs ou encore le secret gardé sur l'identité des «chiffreurs» jettent la suspicion sur ce projet »[25].

Pendant la campagne, La Chaîne parlementaire (LCP) avait comme éditorialiste de son émission politique Thèmes de campagne, Laurent Bigorgne, alors directeur de l'institut Montaigne[26]. Cette émission, présentée par Patrick Poivre d'Arvor, avait reçu, de mars à juin 2012, Pascal Lamy, Nicole Notat, Thierry Breton et Jacques Attali[27].

Actions pendant la campagne présidentielle de 2017

Le président de l'institut, Laurent Bigorgne, contribue à la campagne d'Emmanuel Macron à partir d'avril 2016[17].

Dans son analyse, réalisé avec le journal Les Échos, des programmes économiques des candidats, l'Institut Montaigne soutient celui d'Emmanuel Macron et critique sévèrement les candidats de gauche Jean-Luc Mélenchon et Benoit Hamon[17].

L'Institut présente par la suite une certaine proximité avec le gouvernement. Le Premier ministre Édouard Philippe se rend en novembre 2018 au déjeuner que le think tank organise entre les entreprises adhérentes et des personnalités politiques. Laurent Bigorgne est nommé en juin 2018 membre du Comité action publique 2022, installé par le Premier ministre pour concevoir le projet de réforme de l’État, puis est invité à débattre avec Emmanuel Macron le 22 mars 2019, avec soixante-cinq autres intellectuels, pour faire face à la crise des Gilets jaunes. Gilles Babinet, référent de l'Institut sur la question du numérique, est nommé par le gouvernement vice-président du Conseil national du numérique en mai 2018[17].

Classements

En 2017, l'Institut Montaigne a été classé à la première place du classement “Think Tank & Transparent” de l'Observatoire européen des think tanks, en obtenant les plus hautes notes en matière de gouvernance, de transparence et de production[28],[29].

Notes et références

  1. « INFO OBS. Le CSA fait retirer des publicités trop sarkozystes », L'Obs,‎ (lire en ligne).
  2. Jean-Louis Dell'Oro, « Un think tank libéral se cache-t-il derrière les candidatures Macron et Fillon ? », challenges.fr, 8 décembre 2016.
  3. Marie Charrel, « L’Institut Montaigne plaide pour un renforcement de la zone euro », lemonde.fr, 27 mars 2017.
  4. http://www.institutmontaigne.org/qui-sommes-nous.
  5. Nicolas Cori, Le libéral Institut Montaigne pique une crise d’altermondialisme, Libération, 28 mars 2009.
  6. http://www.institutmontaigne.org/blog/2011/08/12/758-aux-etats-et-aux-investisseurs-de-reprendre-la-main-sur-le-systeme-financier-claude-bebear-edouard-tetreau.
  7. l'Institut Montaigne prône des coupes drastiques dans la dépense publique, lexpansion.lexpress.fr, 13 décembre 2012.
  8. « Des publicités trop sarkozystes retirées par le CSA », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne).
  9. Comité directeur.
  10. Biographie de Christian Forestier sur le site de l'institut.
  11. Biographie de Jean-Paul Tran Thiet sur le site de l'Institut.
  12. a et b Jean-Louis Dell'Oro, « Un think tank libéral se cache-t-il derrière les candidatures Macron et Fillon? », sur Challenges.fr, (consulté le 9 février 2017).
  13. Conseil d'orientation.
  14. Équipe permanente.
  15. Julia Cagé, Le prix de la démocratie, Fayard, 2018.
  16. Liste des 100 entreprises.
  17. a b c d et e Grégory Rzepski, « Ces viviers où prolifèrent les « experts » médiatiques », sur Le Monde diplomatique,
  18. http://tempsreel.nouvelobs.com/l-oeil-de-nabil/20120330.OBS5113/une-pub-deguisee-pour-sarkozy-a-la-tele.html.
  19. http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=13571.
  20. http://www.mediapart.fr/journal/france/040412/une-publicite-deguisee-pour-sarkozy-en-question.
  21. https://www.tdg.ch/monde/europe/publicite-deguisee-ump-risque-detre-interdite/story/14903012.
  22. « Institut Montaigne - Publications ».
  23. « Institut Montaigne - Publications ».
  24. https://www.lesechos.fr/14/11/2011/LesEchos/21057-047-ECH_presidentielle-----les-echos---et-l-institut-montaigne-engagent-le-chiffrage-des-programmes-pour-2012.htm
  25. a et b http://www.mediapart.fr/journal/france/101211/presidentielle-2012-chiffrages-dechiffrages-enfumages.
  26. http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4139.
  27. « LCP - Thèmes de campagne ».
  28. https://uploads.strikinglycdn.com/files/8df09ab7-5fb7-42d6-a1d1-7d974f11a3f9/LA-FRANCE-DES-THINKS-TANKS-2017.pdf.
  29. https://www.lesechos.fr/politique-societe/societe/0301018502889-les-think-tanks-francais-des-organismes-bien-structures-mais-peu-transparents-2138125.php classement.

Voir aussi

Liens externes

  • Site officiel