Histoire des femmes au Sénégal

Histoire des femmes au Sénégal
La poétesse Phillis Wheatley, née au Sénégal et vendue comme esclave à Boston en 1761.
Femme sénégalaise et enfants.
Penda Mbow, historienne et militante.
La styliste Oumou Sy à Dakar en 2007.
Footballeuses sur la plage de Ngor.

L’histoire des femmes au Sénégal est marquée par le poids des traditions et des religions.

Droit

Le Sénégal signe en 1980 et ratifie en 1985[1] la Convention sur l'élimination de toutes les formes de discrimination à l'égard des femmes ainsi que son protocole additionnel.

En 2010, une loi sur la parité entre femmes et hommes à l'Assemblée nationale est votée[2]. En 2011 est créé l'Observatoire national de la parité, rattaché à la présidence et chargé de suivre l'évolution de la parité en politique[3].

Musée

Le musée de la Femme Henriette-Bathily, situé de 1994 à 2014 sur l'île de Gorée et à partir de 2015 à Dakar, est consacré à la place et au rôle des femmes dans la société sénégalaise.

Polygamie

La polygamie existe au Sénégal avant l'arrivée de l'islam, mais c'est cette religion qui la codifie et l'inscrit dans une organisation sociale. La sociologue Fatou Sow explique : « Il fallait des bras pour cultiver la terre et remplir son grenier. L’homme se devait d’être équitable et respectueux envers ses épouses. Chacune avait un statut spécial ».

Dans les années 1960-1970, la première génération de Sénégalaises instruites milite vigoureusement pour l'abolition de la polygamie. En 1972, le président Léopold Sédar Senghor, marié à une Française et très imprégné de culture européenne, fait inscrire la monogamie comme une option dans le Code de la famille. Ce code affirme que lors du premier mariage et en concertation avec sa compagne, l'homme doit déclarer devant le maire s'ils formeront un couple monogame ou si d'autres épouses pourront les rejoindre par la suite.

En 2013, 35,2 % des ménages sénégalais se déclarent polygames, contre 38,1 % en 2002. Si la pratique diminue au niveau national, elle est cependant revendiquée par une nouvelle génération, notamment intellectuelle (a contrario de l'idée reçue qu'elle serait réservée aux milieux ruraux). La polygamie reste cependant source de souffrance pour beaucoup de Sénégalaises et leurs enfants puisque le mari peut jouer sur les rivalités entre les épouses. À ce titre, Fatou Sow note : « Faute de travail, les jeunes hommes instruits n’ont plus les moyens de fonder une famille. Les femmes de leur classe d’âge ayant fait de longues études épousent donc des hommes beaucoup plus âgés mais avec une bonne situation matérielle et, très souvent, mariés. La pression sociale autour du mariage contraint les femmes à choisir la polygamie par dépit très souvent » ; « Aujourd’hui, en milieu urbain, on assiste à une forme d’exploitation des femmes. Pour rester mariées, certaines sont prêtes à tout, quitte à inverser les rôles en étant celles qui entretiennent leur mari. Ce dernier joue sur les rivalités entre les coépouses. Ces rivalités épuisent les femmes, détournent leur énergie et les empêchent de prendre leur place dans la société »[2].

Avortement

Au Sénégal, comme dans une vingtaine de pays africains[4], l'avortement est interdit, même en cas de mise en danger de la vie du fœtus, de viol ou d'inceste. La seule exception concerne la mise en danger de la vie de la mère mais sous certaines conditions (accords de médecins et certificat médical payant), à l'origine d'avortements clandestins voire d'infanticides. Si les autorités sénégalaises ont ratifié le protocole de Maputo en 2004 afin de permettre des évolutions législatives sur les cas graves pré-cités, aucune loi n'a encore été votée en date de 2022, notamment en raison de l'influence des courants religieux musulmans et chrétiens conservateurs[5].

Personnalités

Cinéastes
Chanteuses
Chorégraphes
Design
Économie
Éducation
  • Binta Sidibe Mbacke, première femme inspectrice adjointe de l'enseignement, première directrice sénégalaise de l'école normale des jeunes filles Germaine Legoff.
Figures religieuses
Femmes de lettres
Femmes politiques
Scientifiques
Sportives
Stylistes

Notes et références

  1. « Base de données relative aux organes conventionnels de l’ONU », sur tbinternet.ohchr.org (consulté le )
  2. a et b Coumba Kane, « Au Sénégal, la polygamie ne rebute plus les femmes instruites », lemonde.fr, 11 mai 2018.
  3. Manon Laplace, « Sénégal : une parité à l’Assemblée, mais pas à tous les niveaux politiques », Jeune Afrique,‎ (lire en ligne)
  4. « Droit à l’avortement : dans quels pays est-il interdit, restreint ou menacé ? », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  5. Coumba Kane, « Au Sénégal, les ravages de la croisade anti-IVG », sur lemonde.fr, (consulté le ).

Annexes

Bibliographie

  • (de) Bettina Marcinowski, Die Frau in Afrika : Unters. zum schwarzafrikan. frankophonen Roman Kameruns u. Senegals, Francfort et Berne, Lang, 1982, 246 p. (version abrégée d'une thèse de l'Université de Fribourg, 1981 (ISBN 3-8204-7237-1)
  • (en) Isabelle Guérin, « Women and Money: Lessons from Senegal », Development and Change, 2006, 37 (3), p. 549–570.
  • (en) Lisa McNee, Selfish Gifts: Senegalese Women's Autobiographical Discourses, State University of New York, 2000, 197 p. (ISBN 0791445879)
  • (en) Kathleen Sheldon, Historical Dictionary of Women in Sub-Saharan Africa, The Scarecrow Press, Inc., 2005, 448 p.
  • Philippe Antoine et Jeanne Nanitelamio, Peut-on échapper à la polygamie à Dakar ?, Paris, CEPED, 1995, 31 p. (ISBN 2-87762-077-8)
  • Femmes en politique : l'expérience dans cinq pays : Sénégal, Bénin, Burkina Faso, Cameroun, Mali, Dakar, Éditions Démocraties africaines, 1999 ou 2000, 151 p.
  • Philippe Antoine et Jeanne Nanitelamio, Peut-on échapper à la polygamie à Dakar ?, Paris, CEPED, 1995, 31 p. (ISBN 2-87762-077-8)
  • Hélène Bouchard et Chantal Rondeau, Commerçantes et épouses à Dakar et Bamako. La réussite par le commerce, Paris, L'Harmattan, 2007, 436 p. (ISBN 978-2-296-03733-5)
  • May Clarkson, La femme Bedik. Mariage et procréation, approche ethno-démographique à un problème de micro-évolution, Université de Montréal, 1977 (M. Sc.)
  • Katy Cissé Wone, « Le passé politique des femmes : une trajectoire ambiguë », Démocraties africaines, no 5, 1996/03, p. 47-51
  • Marina Co Trung Yung, Des enquêtes sur la participation des femmes sénégalaises à la vie politique de 1945 à 1960, Paris, Université de Paris I, 1980 (Diplôme d’Études Approfondies)
  • Sidy Diallo, Contribution à l’étude du phénomène de la migration au Sénégal : les jeunes filles sereer et diola à Dakar, Dakar, Université de Dakar, 1981, 104 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Nafissatou Diop, La fécondité des adolescentes au Sénégal, Université de Montréal, 1993 (thèse)
  • Adama Diouf, L’éducation des filles dans les quatre communes fin du XIXe-1920. Le cas de Rufisque, Université de Dakar, 1998, 103 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Hadiza Djibo, La participation des femmes africaines à la vie politique : les exemples du Sénégal et du Niger, Paris, L'Harmattan, 2002, 426 p. (ISBN 2747503305)
  • Colette Le Cour Grandmaison, Rôles traditionnels féminins et urbanisation. Lébou et wolof de Dakar, Paris, EPHE, 1970, 4+310+23 p. (Thèse de 3e cycle, publiée en 1972 sous le titre Femmes dakaroises : rôles traditionnels féminins et urbanisation, Abidjan, Annales de l’Université d’Abidjan, 249 p.)
  • Awa Kane Ly, La femme haal-pulaar au Fuuta Tooro, Dakar, Université de Dakar, 1980, 158 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Khalifa Mbengue, Stratégies de communication en planification familiale : Campagne d'information Sénégal (1988-1989), Université de Montréal, 1993 (MSc.)
  • Gora Mboup, Étude des déterminants socio-économiques et culturels de la fécondité au Sénégal à partir de l'enquête sénégalaise sur la fécondité (ESF, 1978) et l'enquête démographique et de santé (EDS, 1986), Université de Montréal, 1993 (thèse)
  • Maty Ndiaye et Marina Co Trung Yung, La condition des femmes colonisées du Sénégal et du Soudan français, Paris, Université de Paris VIII, 1979, 413 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • Oumy K. Ndiaye, Femmes sérères et projets de développement : exemple de la diffusion des foyers améliorés dans le Département de Fatick, Sénégal, Université Laval, 1988 (M.A.)
  • Abdou Karim Ndoye, Facteurs socio-économiques et réussite scolaire des filles en fin d'enseignement élémentaire : cas de deux régions du Sénégal, Dakar?, Rapport d'étude UEPA, 2002, 136 p. (ISBN 2910115275)
  • Mame Fama Niang, Situation de la femme musulmane au Sénégal, Dakar, Université de Dakar, 1979, 95 p. (Mémoire de Maîtrise)
  • (en) Donna Patterson, Pharmacy in Senegal: Gender, Healing and Entreprenuership, Bloomington, Indiana University Press, 2015. 166 p.
  • Dauphine Ravololomanikara, Le rôle et la place de la femme dans quelques romans sénégalais, University of British Columbia, 1974 (M.A.)
  • Ahmed Rufa'i, L'image de la femme africaine dans l'œuvre d'Ousmane Sembene, Université de Sherbrooke, 1983 (M.A.)
  • Marie-Angélique Savané, Les projets pour les femmes en milieu rural au Sénégal, Genève, Bureau International du Travail, 1983, 139 p. (ISBN 9222033949)
  • Sokhna Sané, « Femmes et histoire politico-militaire du Sénégal au XIXe et XXe siècle », L'Amuse-Bouche : La revue française de Yale. The French Language Journal at Yale University, n°1, printemps 2010, p. 79-83.
  • F. Sow, Le pouvoir économique des femmes dans le département de Podor, Saint-Louis, SAED, 1990
  • F. Sow, (sous la direction de), Les femmes sénégalaises à l’horizon 2015, Dakar, Ministère de la Femme, de l’Enfant et de la Famille, République du Sénégal, 1993
  • Papa Sow, « Les récolteuses de sel du lac Rose (Sénégal) : Histoire d'une innovation sociale féminine », Géographie et cultures, 2002, no 41, p. 93-113
  • L'histoire des sociétés signares et femmes gourmettes au Sénégal : roman / Marie-Angélique Guèye Dakar : Maguilen, 2008
  • Céleste ou le temps des Signares / Jean-Luc Angrand Sarcelles : Éd. Anne Pépin, 2006

Filmographie

Articles connexes

Liens externes