Famille de Bérard (Provence)

La famille de Bérard, autrefois Bérard, est une famille subsistante d'ancienne bourgeoisie française connue en Provence depuis le XVIe siècle[1]. Établie successivement à Draguignan et à Flayosc dans le Var, elle se transporta en Guadeloupe, puis à Paris au XIXe siècle.

Famille de robe, elle compte plusieurs avocats au parlement de Provence, des notaires, le premier maire de Flayosc durant la Révolution[2], des diplomates et des militaires. Évremond de Bérard (1824-1881), artiste-peintre de l'école française, élève de François-Édouard Picot et membre de la Société de géographie, en est un membre.

Origine

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acte de baptême de Jean François Bérard le 16 septembre 1750 à Flayosc, fils du sieur Pierre Bérard, bourgeois et de Delle Marguerite Justine Feri

Provence

Le premier représentant connu de cette famille est Antoine Bérard, fils de Jean, né à Draguignan (Var) le 15 janvier 1540. Marié à Honorade de Stancalde, il en eut Boniface Bérard, né le 10 avril 1570 à Draguignan, qui continua la descendance[3]. Cette famille est une lignée notable d'avocats et de notaires ; elle ne porte de particule qu'à partir de la fin du XVIIe siècle (mariage de Marguerite de Bérard avec François Castillon le 15 septembre 1698, à Draguignan ; mariage de Lucrèce de Bérard avec noble Jean de Raimondis d'Allons le 27 janvier 1698 à Draguignan) ; d'ancienne bourgeoisie, elle ne porte pas de qualifications nobles sous l'Ancien régime.

Filiation[4]

I. Antoine Bérard, né le 15 janvier 1540 à Draguignan, épouse Honorade de Stancalde, dont :

II. Boniface Bérard, né le 10 avril 1570 à Draguignan, épouse Isabelle de Carbonnier, dont :

III. Antoine Bérard, né le 21 novembre 1604 à Draguignan, épouse Magdeleine de Clapier, dont :

IV. Pierre Bérard, ou de Bérard (1631-1707), avocat à la cour, épouse Anne de Baudrier (1650), puis Jeanne de Pasquet (1677), dont :

V. François Bérard, ou de Bérard (1678-1748), avocat au parlement de Provence, épouse Catherine de Chieusse (1705), dont :

VI. Pierre Bérard (1719-1797), notaire à Flayosc, épouse Marguerite Justine Feri (1749), dont :

VII. Jean-François Bérard, ou de Bérard (1750-1807), avocat au parlement de Provence, notaire, et maire de Flayosc durant la Révolution, épouse Françoise Marie Sophie de Bovis (1781), dont :

VIII. Jean-Joseph-Vespasien Bérard, ou de Bérard de Montalet-Saint-Pierre (1795-1860), chirurgien-major dans l'Armée du Midi, vice-président du conseil colonial de la Guadeloupe, aide-de-camp colonial, épouse Laure-Gabrielle Lemercier de Maisoncelle de Richemont (1819), dont :

IX. Evremond-Auguste-Léopold de Bérard (1824-1881), artiste-peintre, épouse Céleste-Caroline Selhausen (1850), dont :

X. Adolphe-Joseph-Anne-Gabriel de Bérard (1851-1904), consul de France à Santiago de Cuba, puis à Manille, chevalier de la Légion d'Honneur, épouse Marie-Victorine Pédaing d'Ogeu (1878) puis Estela Villas de Villareal (1894), dont postérité subsistante.

Personnalités

  • Jean-François Bérard, ou de Bérard (1750-1807), avocat au parlement de Provence, fut maire de Flayosc et révolutionnaire. Voici un extrait d'une délibération datée du 10 mai 1792 à Flayosc : « Conseil municipal de la commune de Flayosc du dix du mois de mai mille sept cent quatre vingt douze auquel Conseil, convoqué par billets portés par Jean Clavier, valet de veille, ont été présents les sieurs Jean François Bérard maire, Pierre Franc, François Leidet, Henrri Chieusse, Louis Leidet procureur de la Commune. Le sieur maire représente à l’assemblée qu’en vertu de l’article sept de l aloi du huit avril dernier relative au bien des émigrés chaque municipalité envoie au directoire de son district l’état des biens situés dans son territoire appartenant à des personnes qu’elle ne connaitra pas pour être actuellement domiciliés dans ce département ainssi que les ventes prestations et autres redevences qui leur sont dues, et comme dans notre municipalité, sieur Alexandre Villeneuve que nous scavons être sorti du royaume depuis la révolution y être encore rentré et resorti de nouveau sans scavoir s’il y est aujourd’hui, possède dans notre commune différents effets, le sieur maire pour se conformer au dit article sept de la susdite loi, pense que la municipalité devrait faire un état de tout les effets pour l’envoyer de suite au directoire du district de Draguignan. Sur laquelle proposition l’assemblée, ayant ouï monsieur le procureur de la commune, a unanimement délibéré de faire l’état des biens, rentes, prestations, et redevences, au plutôt, du sieur Alexandre Villeneuve et de l’envoyer de suite au directoire du district de draguignan pour aviser ce qu’il appartiendra. Plus n’a été délibéré. Signatures. Bérard maire, Remy Chieusse officier municipal, Leidet Officier municipal, Leidet procureur de la commune, Trouin secrétaire »
  • Jean-Joseph-Vespasien de Bérard (1795-1860), vice-président du conseil colonial de la Guadeloupe et aide-de-camp colonial, fut officier dans le corps des volontaires royaux en tant que chirurgien-major dans l'Armée du Midi en 1814 et 1815 ; il mena une partie de la révolte royaliste du Var sous les ordres du marquis de Colbert, inspecteur général des gardes nationales de la contrée : « Nous Maire de la Commune de Flayosc, département du Var, certifions et attestons que le Sieur Bérard (Jean Joseph Vespasien) officier de santé et propriétaire de cette commune, a servi en qualité de Chirurgien major dans le Corps des volontaires Royaux du département du Var, qui a fait partie de l’Armée du Midi, sous les ordres de Son Altesse Royale le duc d’Angoulême, et qu’il y a donné des preuves du zèle le plus ardent pour la cause Royale : qu’étant ensuite revenu dans ses foyers, il manifesta hautement et sans ménagement son indignation contre les traîtres qui avaient été trahis leur serment , et diriger leurs coups contre un fils de France ! que sa conduite courageuse ayant soulevé contre lui les satellites de l’usurpateur, il fut obligé de se retirer du pays et d’aller attendre à Marseille les événements ; que cette Ville fidèle ayant secoué le joug du tyran, il s’empressa de revenir dans cette Commune en bravant les fureurs du Maréchal Brune qui dominait la Contrée. Il planta lui-même le drapeau blanc au haut du clocher, aux cris mille fois répétés de Vive le Roi ; que s’étant mis ensuite à la tête de la garde nationale de Flayosc, il se réunit à M. le Marquis de Colbert, inspecteur général des gardes nationales de ce département, pour recevoir ses ordres et se porter partout où besoin seroit, qu’enfin c’est au zèle, au dévouement et à l’intrépidité du Sieur Bérard que la Commune de Flayosc doit l’honneur d’être la troisième Commune du département du Var qui soit rentrée sous le gouvernement paternel de Sa Majesté Louis XVIII. En foi de qui nous lui avons délivré et signé le présent pour servir et valoir ce que de Raison, et donner en même temps à notre jeune concitoyen le Sieur Bérard une preuve signalée de notre estime et de notre considération, à Flayosc en l’hôtel de Ville le 28 janvier 1816. Le Maire de ladite Commune Signé Sigaloux. Vu pour légalisation de la signature de M. le Maire de Flayosc par nous Sous-préfet de l’arrondissement Chef-lieu. Draguignan le 31 janvier 1816. Signé Bovis. Vu et collationné pour copie conforme à l’originale qui nous a été présenté et remis à l’instant par nous Maire du onzième Arrondissement de Paris. Fait en Mairie, le trois février mil-huit-cent-seize. Moëllière[5]. »
  • Évremond de Bérard (1824-1881) est un artiste-peintre. Peintre voyageur, il traverse les Indes, l'Afrique du Nord ou encore Madagascar pour peindre des paysages réalistes[6].
  • Gabriel de Bérard (1851-1904), diplomate, est successivement consul de France à Santiago de Cuba puis à Manille. Il est reçu chevalier de la Légion d'Honneur.

Armoiries, devise

« De gueules, au demi-vol d'argent »[7]".

Devise : « Donec dent sidera sedem »

La famille de Bérard porte, ou a porté, les titres non réguliers de marquis et comte de Montalet-Saint-Pierre[8].

Rattachement à la famille noble de Bérard, en Languedoc

Le rattachement de cette famille d'ancienne bourgeoisie française à la maison noble de Bérard, en Languedoc, éteinte en 1901, est disputé : « Louis de Bérard, chevalier, seigneur de Montalet, marié le 13 juin 1362 à Alix de Châteauvieux en eut deux fils, dont l'aîné, Bérard, continua la descendance de la famille de Bérard de Montalet, et dont le cadet, Jean, alla faire souche dans les Cévennes. D'après la Chesnaye des Bois et les autres généalogistes anciens la descendance de ce Jean n'aurait pas tardé à s'éteindre ; mais, d'après Borel d'Hauterive[9] et d'autres historiens du XIXe siècle[10], il serait venu plus tard se fixer en Provence, aurait épousé Étiennette de Beauregard, et aurait été l'auteur d'une famille de Bérard qui s'est perpétuée en Provence jusqu'à nos jours. On n'a pu se procurer sur cette famille que des renseignements insuffisants. Elle n'est pas mentionnée dans les anciens nobiliaires de Provence et ne figure pas au nombre de celles qui furent maintenues nobles lors des diverses recherches ordonnées par Louis XIV, ni au nombre de celles qui firent enregistrer leur blason à l'Armorial général de 1696, ni au nombre de celles qui prirent part en 1789 aux assemblées de la noblesse[7]. »

Ainsi, Borel d'Hauterive dans son Annuaire de la Noblesse, et le marquis de Magny dans son Livre d'or de la Noblesse, évoquent le testament d'Alix de Châteauvieux daté du 18 octobre 1404, par lequel elle institue ses deux fils "héritiers universels pour égales portions[11]", Bérard et Jean.

Pierre-Marie Dioudonnat indique que cette famille d'ancienne bourgeoisie originaire de Provence « serait, peut-être, un lointain rameau cadet de la famille de Bérard de Montalet-Alais »[12].

Dans ses Vieux noms de la France méridionale et du centre (1981), M. Delcer de Puymège écrit que « cette famille a pour tradition de descendre de la famille de Bérard de Montalet, en Languedoc[13]. »

Références

  1. Les vieux noms de France. Les vieux noms de la France méridionale et centrale, Bérard, de Bérard, 1981, par Maurice-Léo Delcer de Puymège
  2. [1]
  3. Les vieux noms de France. Les vieux noms de la France méridionale et du centre, Bérard, de Bérard, par Maurice-Léon d'Armagnac Delcer, comte de Puymège
  4. Archives départementales du Var, de la Guadeloupe (Sainte-Anne, La Pointe-à-Pitre, Le Moule) et de Paris
  5. [2]
  6. Evremond de Bérard (1824-1881), peintre voyageur
  7. 7,0 et 7,1 Gustave Chaix d'Est-Ange, Dictionnaire des familles françaises anciennes ou notables à la fin du XIXe siècle, tome III, 1904, page 365.
  8. Pierre-Marie Dioudonnat, Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence, Sedopols, 1994, page 90.
  9. [3]
  10. [4]
  11. [5]
  12. Pierre-Marie Dioudonnat, Encyclopédie de la fausse noblesse et de la noblesse d'apparence, Sedopols, 1994, page 90.
  13. Les vieux noms de France. Les vieux noms de la France méridionale et du centre, Bérard, de Bérard, par Maurice-Léon Delcer de Puymège

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