Ersilia Soudais

Ersilia Soudais
Illustration.
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Ersilia Soudais le , jour de son entrée à l'Assemblée nationale.
Fonctions
Députée française
En fonction depuis le
(2 ans, 10 mois et 16 jours)
Élection 19 juin 2022
Réélection 7 juillet 2024
Circonscription 7e de Seine-et-Marne
Législature XVIe et XVIIe (Cinquième République)
Groupe politique NUPES-LFI
Prédécesseur Rodrigue Kokouendo
Biographie
Date de naissance (36 ans)
Lieu de naissance Aubervilliers
Nationalité française
Parti politique LFI
Profession Professeure certifiée de français en collège

Ersilia Soudais, née le à Aubervilliers, est une femme politique française, élue députée lors des élections législatives françaises de 2022 et réélue lors des élections législatives anticipées de 2024. Elle siège à la Commission du développement durable et de l'aménagement du territoire. Elle est connue pour son soutien à la cause palestinienne.

Biographie

Famille, formation et carrière professionnelle

Née à Aubervilliers, en Seine-Saint-Denis, Ersilia Soudais grandit dans une famille très politisée. Son père, Michel Soudais, journaliste, est l’un des rédacteurs en chef de Politis, hebdomadaire de la gauche antilibérale.

Après une classe préparatoire et des études de lettres, elle est professeure de français à Sevran en Seine-Saint-Denis pendant un an, avant de rejoindre la Seine-et-Marne et de s’engager au sein du SNES-FSU[1],[2].

Carrière politique

Militante féministe[3], élue conseillère municipale d'opposition à Lagny-sur-Marne depuis 2020, elle se fait connaître lors de luttes locales contre le mal-logement dans sa ville[4].

Investie par La France insoumise, elle est élue députée le dans la septième circonscription de Seine-et-Marne[5].

Lors des législatives de 2024, candidate de La France insoumise/Nouveau Front populaire dans la même circonscription de Seine-et-Marne, elle recueille 32,79 % des voix au premier tour derrière la candidate du Rassemblement national, Agnès Laffite, qui obtient 35,72 % des voix[6]. Elles sont les deux seules qualifiées au second tour, où elle parvient à être réélue avec 53 % des voix.

En avril 2025, Bruno Retailleau saisit la justice contre Ritchy Thibault, collaborateur d’Ersilia Soudais, en raison d’appels « à l’insurrection » lors d’un rassemblement à Paris contre l’« islamophobie ». Ce dernier avait appelé à « constituer partout dans le pays des brigades d’autodéfense populaire » pour se défendre contre « l’islamophobie »[7]. Ritchy Thibault est déjà convoqué dans le cadre d’une autre affaire après que celui-ci a appelé à « déborder le dispositif » des forces de l'ordre lors du rassemblement du 1er mai dans la capitale[8]. Il est interdit d’accès à l’Assemblée nationale[9].

Vie privée et affaires judiciaires

Le , Ersilia Soudais porte plainte pour viol conjugal à l'encontre de son compagnon Damien Cassé, également adhérent de LFI ; une enquête de flagrance est engagée par le parquet de Meaux[10]. Après la saisie par la députée du comité de suivi contre les violences sexistes et sexuelles de La France insoumise, le militant est exclu de LFI « à titre conservatoire »[11]. Damien Cassé conteste ces accusations[12]. La plainte pour viol est classée sans suite. Damien Cassé sera jugé pour harcèlement moral[13].

Elle porte plainte en avril 2025 après avoir été la cible de plusieurs menaces de mort[14]. Elle dépose une autre plainte contre le romancier franco-israélien Marco Koskas qui avait appelé à « foutre une balle dans la tête de Madame Soudais, Monsieur Coquerel et toute la mélenchonie »[14].

Prises de positions et controverses

Selon l'hebdomadaire Franc-Tireur, Ersilia Soudais se fait remarquer par « une série d’invectives ou de provocations, dans l’hémicycle ou en commission »[1]. Lorsque l’Assemblée propose d’inscrire le groupe Wagner sur la liste des organisations terroristes, elle accuse la France d’utiliser cette proposition pour « se défausser de la responsabilité de l’usage de la violence et de la force »[1].

Selon Le Figaro, ses déclarations controversées lui ont souvent valu d’être qualifiée d’antisémite par ses détracteurs[15]. Elle est décrite par ce même journal comme « une députée habituée des polémiques »[16]. Elle est également la cible de moqueries parfois violentes sur ses propos, ses propositions de loi, ou encore son physique[14].

Soutien de la cause palestinienne

Elle commence à s'intéresser à la cause palestinienne pendant la campagne législative de 2022, après un ciné-débat consacré à Salah Hamouri : « J’ai été extrêmement touchée et je me suis jetée à corps perdu dans ce sujet[2]. » Pour Franc-Tireur, « [elle] s’est surtout illustrée sur une cause obsessionnelle : l’antisionisme ». Ainsi, elle soutient un projet de résolution communiste qui entend appliquer le terme d’« apartheid » à Israël, au nom d’une « solution à deux États », et elle commémore les « 75 ans de la nakba » (« catastrophe » en arabe), terme désignant l'exil de 700 000 Palestiniens chassés de leurs terres lors de la création de l’État hébreu, aux côtés d’associations antisionistes, soutiens du mouvement Boycott, désinvestissement et sanctions (BDS) qui milite pour le blocus économique et politique d’Israël[1].

Connue pour ses prises de positions pro-palestiniennes[2],[17], Soudais est à l'origine de l'invitation à l'Assemblée nationale, en , d'une militante palestinienne, Maryam Abu Daqqa[18], une des dirigeantes du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP) - organisation reconnue terroriste notamment par l'Union européenne[19]. Cette invitation est rejetée par la présidente, Yaël Braun-Pivet[20]. Par la suite, un document vidéo dans lequel Ersilia Soudais commente cette invitation suscite des critiques[21]. Elle s'affirme « harcelée » alors que la photo du petit Kfir Bibas , nourisson israélien enlevé le 7 octobre 2023, est placardée sur la porte de son bureau à l'Assemblée nationale[22].

Ersilia Soudais fait partie des députés LFI accusés d'antisémitisme et de ne pas avoir condamné l'attaque du Hamas contre Israël de 2023, refusant de la qualifier d'« attentat terroriste à caractère antisémite »[23]. Elle se défend toujours de tout antisémitisme dans ses propos en maintenant ses critiques du sionisme et à l'encontre de l'État d'Israël[23].

Début février 2025, le député RN Frédéric Falcon la qualifie d'« antisémite notoire » durant une séance à l'Assemblée nationale. Ersilia Soudais demande une sanction pour ces propos, que Falcon assume[24]. Ces propos font l'objet d'un rappel au règlement par le président de séance, qui saisit le bureau de l'Assemblée[24].

Accusation de cyberharcèlement de son responsable de communication

En août 2024, elle publie une vidéo sur TikTok se voulant humoristique sur le comportement de son responsable de la communication, Mathieu Garnier, le présentant comme « harceleur de journalistes »[25],[26]. En effet, le journaliste et rédacteur en chef de Décideurs Magazine Lucas Jakubowicz accuse Mathieu Garnier de cyberharcèlement en diffusant des messages envoyés[Par qui ?] et l'accuse d'avoir « ironisé » sur sa famille déportée durant la Shoah pour avoir qualifié Jakubowicz de soutien à Marine Le Pen et pour l'affirmation suivante : « Le gars, il parle de sa famille qui a été décimée pendant la Seconde Guerre mondiale par les nazis… Juste avant d'appeler à défiler avec eux »[27] ; Ersilia Soudais n'a pas réagi à ces accusations[27].

Soutien à Elias d’Imzalène

Le 8 septembre 2024, le militant politique Elias d’Imzalène visé par une fiche S des renseignements généraux est placé en garde à vue dans le cadre d'une enquête initiée par un signalement de l'ex-ministre de l'intérieur Gérald Darmanin accusant celui-ci d'incitation à la haine, après qu'il a demandé à son public d'une manifestation s'il était « prêt à mener l'Intifada dans Paris » afin de « libérer Jérusalem »[28],[29],[30]. Le 25 septembre 2024, Ersilia Soudais affirme vouloir visiter, comme parlementaire, le commissariat de police où il est placé en garde-à-vue pour lui apporter son soutien, déplorant que ce ne soit pas plutôt les soutiens du « génocide perpétré par Israël » qui soient gardés à vue[31],[32].

En première instance, Elias d'Imzalène, qui se défend également[pertinence contestée] de tout antisémitisme, est cependant condamné en décembre 2024 pour « provocation publique à la haine ou à la violence en raison de l'origine, l'ethnie, la nation, la race ou la religion  », à un sursis de peine assorti du versement de dommages-intérêts [33],[34],[35].

Références

  1. ↑ a b c et d Perla Msika, « Ersilia Soudais : recalée à l'oral », sur Franc-Tireur, (consulté le )
  2. ↑ a b et c Charlotte Belaïch, « Le portrait : Ersilia Soudais, la voix de la discorde », Libération,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le )
  3. ↑ Julia Gualtieri, « Lagny. Des noms de rue féminisés pour la journée des droits des femmes », sur actu.fr, (consulté le ).
  4. ↑ Alexandre Métivier, « Lagny-sur-Marne : les locataires de Rothschild face au bailleur Habitat 77 », Le Parisien, (consulté le ).
  5. ↑ Timothée Talbi, « Législatives en Seine-et-Marne : au bout du suspens, Ersilia Soudais est élue députée », Le Parisien, (consulté le ).
  6. ↑ « Législatives : Ersilia Soudais derrière le RN en Seine-et-Marne », Marianne,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  7. ↑ Appel « à l’insurrection » du collaborateur de la députée LFI Ersilia Soudais : Retailleau saisit la justice, sudouest.fr, 27 avril 2025
  8. ↑ Bruno Retailleau saisit la justice contre un collaborateur d'une députée LFI pour appel à l'insurrection, lefigaro.fr, 27 avril 2025
  9. ↑ Paul Sugy, 20 ans, 3 plaintes, 6 gardes à vue… Le palmarès édifiant de Ritchy Thibault, jeune prodige de l’extrême gauche insurrectionnelle, lefigaro.fr, 28 avril 2025
  10. ↑ « La députée LFI Ersilia Soudais a porté plainte pour viol contre son compagnon placé en garde à vue selon Le Parisien », Libération,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  11. ↑ « Damien Cassé, visé par une plainte pour viol déposée par Ersilia Soudais, exclu de LFI "à titre conservatoire" », Le HuffPost,‎ (lire en ligne, consulté le ).
  12. ↑ « Ersilia Soudais, députée La France insoumise, porte plainte pour viol contre son conjoint, placé en garde à vue », Le Monde,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  13. ↑ « La plainte pour viol de la députée LFI Ersilia Soudais contre son ex-conjoint classée sans suite », Libération,‎ (lire en ligne Accès payant, consulté le ).
  14. ↑ a b et c « Seine-et-Marne : la députée de La France Insoumise Ersilia Soudais porte plainte pour menaces de mort », sur actu.fr,
  15. ↑ Wally Bordas, « "Elle est de tous les pires combats" : Ersilia Soudais, l’Insoumise par qui la polémique arrive : PORTRAIT - Avant et depuis les attaques terroristes du Hamas contre Israël, ses déclarations controversées lui ont souvent valu d'être qualifiée d'antisémite par ses détracteurs », sur Le Figaro, (consulté le ).
  16. ↑ « "Harceleur de journaliste" : la députée insoumise Ersilia Soudais (LFI) conspuée pour une nouvelle vidéo », sur Le Figaro, (consulté le ).
  17. ↑ Margaux Duguet et Clément Parrot, « Attaque du Hamas en Israël : les socialistes vont suspendre "temporairement" leurs relations avec les élus LFI au conseil régional d'Île-de-France », sur Franceinfo, (consulté le ).
  18. ↑ Note : Maryam Abu Daqqa sera arrêtée à Marseille et assignée à résidence le 16 octobre 2023 puis expulsée du territoire français, à la suite d'une décision du Conseil d'État du 8 novembre. Lire en ligne sur FR3 Région.
  19. ↑ (en) Official Journal of the European Union, 16.6.2009 (sous #32 : ‘Popular Front for the Liberation of Palestine’).
  20. ↑ « Une militante palestinienne membre d’une organisation classée terroriste interdite de se rendre à l’Assemblée nationale », Le Figaro, (consulté le ).
  21. ↑ « Guerre Hamas-Israël : la députée LFI Ersilia Soudais fortement critiquée pour ses ricanements sur l’attaque du 7 octobre », sur Le Figaro, (consulté le )
  22. ↑ « Les «visages de l’innocence et de l’amour» face à la «barbarie du Hamas» : Macron réagit à la mort annoncée des Bibas à Gaza », sur Le Figaro, (consulté le )
  23. ↑ a et b Charlotte Belaïch, « Ersilia Soudais, la voix de la discorde », sur Libération (consulté le )
  24. ↑ a et b « «Vous êtes une antisémite notoire» : le bureau de l’Assemblée nationale saisi après les propos d’un député RN contre sa collègue de LFI Ersilia Soudais », sur Le Figaro, (consulté le )
  25. ↑ « Une députée LFI ironise sur son collaborateur "harceleur de journalistes" », sur 20minutes.fr, (consulté le ).
  26. ↑ « Ersilia Soudais, influenceuse en cyberharcèlement », sur Atlantico, (consulté le ).
  27. ↑ a et b « Un journaliste accuse le collaborateur de la députée LFI Ersilia Soudais de harcèlement », sur Le Point, (consulté le ).
  28. ↑ T. H. avec Jean-Michel Décugis, « Elias d’Imzalène, influenceur fiché S, visé par un signalement pour avoir appelé à « mener l’intifada à Paris » », sur leparisien.fr, Le parisien, (consulté le )
  29. ↑ « Appel à « mener l’intifada à Paris » : le militant Elias d’Imzalène en garde à vue », sur Le Parisien, (consulté le ).
  30. ↑ « «Prêts à mener l’intifada dans Paris ?» : enquête ouverte après le violent appel d’Elias d’Imzalène lors d’une manifestation propalestinienne », sur Le Figaro, (consulté le )
  31. ↑ Marianne, « Appel à « l’intifada dans Paris » : la députée LFI Ersilia Soudais à la remorque du fiché S Elias d’Imzalène », sur www.marianne.net, (consulté le )
  32. ↑ « Elias d'Imzalène : entre LFI et l'agitateur islamiste, récit d’un rapprochement », sur L'Express, (consulté le )
  33. ↑ « « Intifada dans Paris » : Elias d’Imzalène condamné à 5 mois de prison avec sursis », sur Le Point, (consulté le )
  34. ↑ Olivia Dufour, « Appel à l’intifada : Elias Imzalène condamné à cinq mois de prison avec sursis », sur Actu-Juridique, (consulté le )
  35. ↑ « Le militant pro-palestinien Elias d’Imzalène condamné à 5 mois de prison avec sursis pour avoir appelé à «mener l’intifada» », sur Le Figaro, (consulté le )

Liens externes